L'évolution de la biodiversité au cours du temps : fiche de révision
Sélection naturelle, dérive génétique, spéciation et notion d'espèce : comment la biodiversité se transforme, fiche complète avec quiz.
1Le cours condensé
La biodiversité s'observe à trois échelles : diversité des écosystèmes, diversité des espèces, diversité génétique au sein des espèces. Elle n'est qu'un instantané : les peuplements du passé, connus par les fossiles, diffèrent radicalement des actuels.
Deux mécanismes font évoluer les fréquences alléliques d'une population. La sélection naturelle favorise les allèles qui améliorent la survie ou la reproduction dans un environnement donné : c'est un tri non aléatoire, dépendant du milieu (exemple de la phalène du bouleau dans les régions industrielles). La dérive génétique est une variation aléatoire des fréquences alléliques, d'autant plus forte que la population est petite : après un effet fondateur ou un goulot d'étranglement, certains allèles peuvent être perdus ou fixés par pur hasard.
La spéciation — l'apparition d'une nouvelle espèce — survient quand deux populations cessent d'échanger des gènes : isolement géographique (spéciation allopatrique) ou isolement reproducteur au sein d'un même territoire (spéciation sympatrique, par exemple par décalage des périodes de reproduction). Chaque population accumule alors ses propres mutations, sélections et dérives, jusqu'à l'interfécondité perdue.
2La notion d'espèce, une construction
Le programme insiste sur le caractère construit et discuté de la notion d'espèce. Le critère biologique (Ernst Mayr) définit l'espèce comme un ensemble de populations interfécondes, dont la descendance est viable et fertile — c'est ce qui exclut le mulet, hybride stérile du cheval et de l'âne.
Ce critère a ses limites : inapplicable aux fossiles et aux organismes à reproduction asexuée, mis en difficulté par les hybridations fertiles occasionnelles entre espèces « distinctes » (l'ADN de Néandertal présent dans nos génomes en est l'illustration célèbre). Une espèce est donc une définition pratique, valable un temps donné : deux populations en cours de spéciation ne sont ni tout à fait une espèce, ni tout à fait deux.
Retiens que l'espèce se définit a posteriori : c'est l'arrêt durable des échanges génétiques qui, rétrospectivement, permet de parler de deux espèces.
3Ce qui tombe au bac et les pièges
Exercices types : interpréter un suivi de fréquences alléliques (distinguer sélection — directionnelle, corrélée au milieu — et dérive — fluctuations aléatoires, surtout en petit effectif) ; analyser une simulation numérique de dérive ; argumenter un scénario de spéciation à partir de données géographiques, comportementales et génétiques (pinsons des Galápagos, cichlidés des grands lacs africains…).
Pièges majeurs : la sélection naturelle ne « crée » pas d'allèles (elle trie une variation préexistante née des mutations) ; la dérive n'a AUCUNE direction adaptative (ne jamais écrire qu'un allèle « avantageux » a été fixé par dérive : la dérive fixe au hasard) ; une espèce ne « décide » pas d'évoluer — bannir tout vocabulaire finaliste (« pour s'adapter », « afin de »), les correcteurs le sanctionnent.
Sur la spéciation, précise toujours le mécanisme d'interruption du flux génétique : c'est lui qui structure l'argumentation.
4Comment s'entraîner
Entraîne-toi à rédiger deux paragraphes types : « montrer qu'il s'agit d'une sélection naturelle » (variation + avantage reproductif + corrélation au milieu) et « montrer qu'il s'agit d'une dérive » (petit effectif + fluctuations aléatoires + absence de corrélation au milieu). Ces canevas se réutilisent dans presque tous les sujets.
Avec Revizly, transforme ce chapitre en QCM : les questions pièges sur dérive/sélection et sur la définition de l'espèce sont exactement celles du bac.
Définitions à connaître par cœur
Quiz : teste-toi sur l'évolution de la biodiversité au cours du temps
8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !
1. La dérive génétique est plus marquée…
- A.Dans les grandes populations
- B.Dans les petites populations
- C.En l'absence de mutations
- D.Quand la sélection est forte
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Réponse : B. Dans les petites populations
Le hasard de l'échantillonnage des gamètes pèse d'autant plus que l'effectif est petit — comme un petit nombre de lancers de pièce s'écarte facilement du 50/50.
2. Quelle affirmation sur la sélection naturelle est correcte ?
- A.Elle crée les allèles avantageux
- B.Elle trie une variation préexistante
- C.Elle agit au hasard
- D.Elle vise un but adaptatif
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Réponse : B. Elle trie une variation préexistante
Les mutations créent la variation ; la sélection ne fait que trier les variants selon leur succès reproducteur, sans intention ni but.
3. Le mulet, hybride stérile, montre que le cheval et l'âne…
- A.Sont la même espèce
- B.Sont deux espèces distinctes
- C.Sont en cours d'hybridation fertile
- D.Partagent le même caryotype
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Réponse : B. Sont deux espèces distinctes
Le critère biologique exige une descendance viable ET fertile : la stérilité du mulet sépare les deux espèces.
4. Une spéciation allopatrique commence par…
- A.Une polyploïdisation
- B.Un isolement géographique
- C.Un changement de comportement
- D.Une extinction
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Réponse : B. Un isolement géographique
Une barrière géographique (bras de mer, montagne…) interrompt le flux génétique ; les deux populations divergent ensuite indépendamment.
5. La présence d'ADN de Néandertal dans nos génomes illustre…
- A.La dérive génétique
- B.Les limites du critère d'interfécondité
- C.Une spéciation sympatrique
- D.Un effet fondateur
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Réponse : B. Les limites du critère d'interfécondité
Des hybridations fécondes ont eu lieu entre deux lignées pourtant considérées comme des espèces distinctes : le critère biologique n'est pas absolu.
6. Un goulot d'étranglement démographique entraîne…
- A.Une hausse de la diversité génétique
- B.Une perte aléatoire d'allèles
- C.Une sélection plus efficace
- D.L'apparition de mutations
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Réponse : B. Une perte aléatoire d'allèles
La chute brutale d'effectif ne conserve qu'un échantillon aléatoire des allèles : c'est une dérive génétique intense.
7. Écrire qu'une espèce a évolué « pour s'adapter » est…
- A.Une formulation correcte
- B.Une formulation finaliste à bannir
- C.Le vocabulaire attendu au bac
- D.Une définition de la sélection
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Réponse : B. Une formulation finaliste à bannir
L'évolution n'a pas de but : la variation naît au hasard, le milieu trie ensuite. Le finalisme est une erreur de raisonnement sanctionnée.
8. La biodiversité actuelle est…
- A.Stable depuis le Cambrien
- B.Un instantané d'une histoire évolutive
- C.Limitée à la diversité des espèces
- D.Indépendante des extinctions passées
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Réponse : B. Un instantané d'une histoire évolutive
Les peuplements changent en permanence : la biodiversité se mesure à trois échelles (écosystèmes, espèces, gènes) et à un instant donné.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre sélection naturelle et dérive génétique ?
La sélection est un tri NON aléatoire lié au milieu (les allèles avantageux progressent) ; la dérive est une fluctuation ALÉATOIRE des fréquences, sans lien avec un avantage, surtout sensible dans les petites populations.
Comment se forme une nouvelle espèce ?
Par interruption durable des échanges génétiques entre deux populations (isolement géographique ou reproducteur), qui divergent alors par mutations, sélection et dérive jusqu'à perdre leur interfécondité.
Pourquoi dit-on que l'espèce est une notion construite ?
Parce qu'aucun critère n'est universel : l'interfécondité ne s'applique ni aux fossiles ni aux asexués, et des hybridations fécondes existent entre espèces reconnues. L'espèce est une définition pratique, datée.
Quels exemples citer dans une dissertation sur ce chapitre ?
La phalène du bouleau (sélection), les simulations et effets fondateurs (dérive), les pinsons des Galápagos ou les cichlidés (spéciation), le mulet et Néandertal (limites de la notion d'espèce).
