Fiche de révision : Attitudes en psychologie sociale

Plan du Cours

  1. Attitudes en psychologie sociale
  2. Modèles théoriques des attitudes
  3. Mesures d'attitude
  4. Lien attitude-comportement
  5. Polarisation collective
  6. Effet de groupe sur la prise de risque
  7. Expérience Wallach et Kogan (1965)
  8. Théorie de l’action raisonnée
  9. Théorie du comportement planifié
  10. Test d’associations implicites
  11. Stéréotypes et attitudes implicites

1. Attitudes en psychologie sociale

Notions clés & Définitions

  • Allport (1935) : « Une attitude représente un état psychique et nerveux de préparation à répondre, organisé à la suite de l’expérience et exerçant une influence directrice ou dynamique sur les réponses de l’individu à tous les objets et à toutes les situations qui s’y rapportent. »
    Définition d’une attitude comme un état interne, organisé, influençant les réponses face à un objet ou une situation.

  • Caractéristiques générales des attitudes :

    • Acquises : Elles résultent de l’expérience, de l’éducation et des interactions sociales.
    • Stables : Elles sont relativement durables dans le temps.
    • Polarisées : Connotées affectivement, elles sont positives ou négatives, avec une orientation claire (ex : aimer ou ne pas aimer).
    • Propriétés :
      • Direction : Polarité positive ou négative.
      • Intensité : Force ou degré d’affectivité attaché à l’attitude.
      • Centralité : Importance de l’attitude dans le système de croyances de l’individu.
      • Accessibilité : Facilité avec laquelle l’attitude peut être évoquée ou mobilisée.
  • Fazio (1995) : « Une association en mémoire entre un objet d’attitude et une évaluation donnée de cet objet. »
    L’attitude comme une connexion mentale entre un objet et une évaluation subjective.

  • Eagly & Chaiken (1993) : « Une tendance psychologique exprimée par l’évaluation d’une entité particulière selon un certain degré de faveur ou de défaveur. »
    L’attitude comme une tendance à juger favorablement ou défavorablement un objet.

  • Distinction attitude vs comportement et posture :

    • Attitude : Disposition interne, état mental.
    • Comportement : Manifestation observable de l’attitude.
    • Posture : Position physique ou geste, souvent confondus mais distincts de l’attitude mentale.

Points essentiels

  • Origines et développement :

    • Les attitudes sont acquises par expérience, éducation, interactions sociales (Thomas & Znaniecki, 1918).
    • Elles sont relativement stables mais peuvent évoluer avec le temps ou sous influence (ex : contexte, normes sociales).
  • Propriétés fondamentales :

    • Direction : Polarité (positive/négative).
    • Intensité : Force de l’affect ou de l’évaluation.
    • Centralité : Importance dans le système de croyances.
    • Accessibilité : Facilité de récupération en mémoire.
  • Modélisations :

    • Modèle unidimensionnel (Thurstone & Chave, 1929 ; Fishbein & Ajzen, 1975) : Attitude comme une réponse évaluative affective.
    • Modèle tripartite classique (Rosenberg & Hovland, 1960) : Composantes cognitive, affective, conative.
    • Modèle tripartite révisé (Zanna & Rempel, 1988) : Inclut l’évaluation basée sur informations cognitives, affectives, comportementales, permettant plusieurs attitudes envers un même objet.
  • Mesures :

    • Directes : Questionnaires, échelles de Likert, différenciateurs sémantiques.
    • Indirectes/implicites : Tests d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998), temps de réaction, pour réduire le biais de désirabilité sociale.
  • Lien attitude-comportement :

    • La relation est modérée (corrélation moyenne ~0,38 selon Kraus, 1995).
    • La théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein, 1977) et la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987, 1991) précisent que l’attitude influence l’intention, qui influence le comportement, sous réserve du contrôle perçu (Ajzen, 1991).

À retenir

Les attitudes sont des dispositions internes acquises, stables mais modifiables, polarisées et centralisées, qui orientent nos évaluations et nos comportements, leur influence étant modulée par des facteurs contextuels et normatifs.

2. Modèles théoriques des attitudes

Notions clés & Définitions

  • Modèle unidimensionnel (Thurstone et Chave, 1929 ; Fishbein et Ajzen, 1975) : L’attitude est une réponse évaluative affective (favorable ou défavorable) envers un objet, basée sur une seule dimension continue, allant de l’attirance à la répulsion.
  • Modèle tripartite classique (Rosenberg & Hovland, 1960) : L’attitude résulte de trois composantes interdépendantes : cognitive (croyances et connaissances), affective (émotions et sentiments) et conative (intentions et comportements).
  • Modèle tripartite révisé (Zanna & Rempel, 1988) : L’attitude est un jugement basé sur trois types d’informations : cognitive, affective et comportementale (passé ou intentionnel), permettant plusieurs attitudes à l’égard d’un même objet selon l’information mobilisée.

Points essentiels

  • Le modèle unidimensionnel considère l’attitude comme une simple évaluation affective, soit favorable, soit défavorable, sur un continuum, comme dans la technique de Likert (1932).
  • Le modèle tripartite classique (Rosenberg & Hovland, 1960) propose que l’attitude est une disposition structurée, comprenant la composante cognitive (croyances, connaissances), la composante affective (émotions, sentiments) et la composante conative (intentions, comportements). La composante cognitive influence la formation des jugements, la composante affective exprime la connotation émotionnelle, et la composante conative détermine l’action ou la décision.
  • La modélisation révisée (Zanna & Rempel, 1988) intègre le modèle unidimensionnel en insistant sur le jugement basé sur trois types d’informations : cognitive, affective et comportementale. Elle permet la coexistence de plusieurs attitudes à l’égard d’un même objet, selon la source d’information mobilisée.
  • Ces modèles expliquent que l’attitude est une structure mentale intermédiaire entre l’objet et la réponse, influençant la perception, l’évaluation et le comportement. La compréhension de ces composantes est essentielle pour analyser la formation et la modification des attitudes.
  • La distinction entre attitude et posture ou comportement est fondamentale : l’attitude est une disposition interne, tandis que le comportement est une manifestation observable.

À retenir

Les modèles théoriques des attitudes montrent que celles-ci sont structurées autour de composantes cognitives, affectives et comportementales, permettant d’expliquer leur formation, leur stabilité, et leur influence sur les comportements, avec le modèle révisé de Zanna & Rempel (1988) intégrant plusieurs sources d’informations.

3. Mesures d'attitude

Notions clés & Définitions

  • Mesures directes : Méthodes où l’individu exprime explicitement son attitude à travers des déclarations ou évaluations conscientes, comme les questionnaires ou échelles de Likert (ex : « Êtes-vous favorable ou défavorable à… »).
  • Mesures indirectes et implicites : Techniques permettant d’évaluer l’attitude sans que la personne en ait conscience ou sans qu’elle ne puisse la contrôler, afin de réduire les biais liés à la désirabilité sociale (ex : temps de réaction dans le test d’associations implicites).
  • Test d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998) : Outil qui mesure la force des associations en mémoire entre un objet d’attitude et une évaluation donnée, via la rapidité de catégorisation, révélant ainsi des attitudes implicites non conscientes.

Points essentiels

  • Mesures directes :

    • Utilisent des déclarations auto-rapportées (ex : échelles de Likert, différenciateur sémantique).
    • La méthode des intervalles a priori égaux (Thurstone, 1928, 1931) consiste à faire juger des énoncés par des experts puis à faire classer les participants selon leur accord ou désaccord.
    • La technique de l’addition des estimations (Likert, 1932) consiste à faire évaluer une série d’énoncés, puis à additionner les scores pour obtenir une évaluation globale.
    • Le différenciateur sémantique (Osgood, Suci & Tannenbaum, 1957) utilise des échelles bipolaires pour mesurer la connotation d’un concept.
  • Mesures indirectes et implicites :

    • Permettent de contourner la désirabilité sociale en évaluant l’attitude à l’insu de l’individu (ex : test d’associations implicites).
    • Le test d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998) repose sur la vitesse de catégorisation pour révéler des biais implicites, notamment liés aux stéréotypes ou attitudes sociales.
    • Exemple : associer rapidement des termes positifs ou négatifs à des groupes ou objets pour mesurer des stéréotypes implicites (ex : genre, sciences vs arts).
    • Ces mesures sont particulièrement utilisées pour étudier l’impact des stéréotypes implicites sur les comportements.
  • Relations entre attitude et comportement :

    • La relation est modérée (corrélation moyenne de 0,38 selon Kraus, 1995).
    • La théorie de l’action raisonnée (Fishbein & Ajzen, 1977) et la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987; 1991) précisent que l’attitude influence l’intention comportementale, qui elle-même prédit le comportement.
    • L’ajout du contrôle perçu (théorie du comportement planifié) permet de mieux prédire le comportement en intégrant la perception de facilité ou difficulté à agir.

À retenir

Les attitudes se mesurent aussi bien par des méthodes déclaratives directes que par des techniques implicites qui révèlent des biais inconscients, et leur lien avec le comportement est modéré mais modulé par des facteurs contextuels et perceptifs.

4. Lien attitude-comportement

Notions clés & Définitions

  • Attitude comme variable intermédiaire (Thomas et Znaniecki, 1918) : L’attitude est une variable qui fonctionne comme une préparation à l’action envers un objet, prédisant la probabilité de comportements spécifiques. Elle est une disposition interne acquise, stable, connotée affectivement, et susceptible de changer selon les circonstances.

  • Relation attitude-comportement (Kraus, 1995) : La relation entre attitude et comportement est modérée, avec une corrélation moyenne de 0,38, indiquant que l’attitude n’est qu’un prédicteur partiel du comportement.

  • Théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein, 1977) : L’attitude influence directement l’intention comportementale, qui elle-même prédit le comportement. L’intention est le « déterminant immédiat » du comportement, modulé par les normes subjectives.

  • Théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) : Ajoute le contrôle perçu sur le comportement comme facteur modérateur. La perception de la facilité ou difficulté influence l’intention, et donc le comportement, même en présence d’attitudes et de normes.

  • Facteurs modérateurs du lien (Richard LaPiere, 1934) : La situation, le contexte, et la conformité sociale peuvent modérer la relation attitude-comportement. Par exemple, une attitude positive ne garantit pas toujours la manifestation d’un comportement en raison de contraintes sociales ou situationnelles.

Points essentiels

  • L’attitude est une variable intermédiaire qui prédispose le comportement, mais son influence est limitée par d’autres facteurs contextuels et situationnels (Kraus, 1995). La relation attitude-comportement est souvent modérée, avec une corrélation moyenne de 0,38, ce qui indique qu’une attitude favorable n’entraîne pas systématiquement le comportement correspondant.

  • La théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein, 1977) met en avant que l’attitude influence l’intention comportementale, qui est le véritable moteur du comportement. La norme subjective, c’est-à-dire la pression sociale perçue, joue également un rôle dans la formation de cette intention.

  • La théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) complète cette approche en intégrant le contrôle perçu, c’est-à-dire la perception de la facilité ou difficulté à réaliser le comportement. Si l’individu pense qu’il peut facilement agir, l’attitude et la norme auront une influence plus forte sur le comportement.

  • Des études comme celle de Richard LaPiere (1934) montrent que la manifestation du comportement ne dépend pas uniquement de l’attitude, mais aussi du contexte social, des contraintes et des normes sociales, qui peuvent renforcer ou freiner l’expression de l’attitude.

  • La relation entre attitude et comportement est donc complexe, dépendante de multiples facteurs modérateurs, et ne peut pas être considérée comme directe ou automatique.

À retenir

L’attitude agit comme une variable intermédiaire qui prédispose le comportement, mais cette relation est modérée par le contexte, les normes sociales, et la perception du contrôle, rendant la prédiction du comportement à partir de l’attitude souvent incertaine.

5. Polarisation collective

Notions clés & Définitions

  • Polarisation collective (Moscovici et Zavalloni, 1969) : phénomène où les individus extrémisent leurs positions initiales lorsqu'ils se retrouvent en groupe, renforçant ainsi leur attitude initiale, qu'elle soit favorable ou défavorable à un objet ou une idée.

  • Renforcement et radicalisation des positions en groupe : processus par lequel la discussion en groupe amplifie l'intensité des attitudes initiales, conduisant à des positions plus extrêmes, souvent en opposition avec le point de départ individuel.

  • Concept de polarisation collective (Moscovici et Zavalloni, 1969) : phénomène plus général où les attitudes deviennent plus extrêmes après une discussion de groupe, illustrant la tendance des individus à extrémiser leurs opinions en contexte collectif.

Points essentiels

  • La polarisation collective est un cas particulier de la polarisation où la discussion en groupe ne se limite pas à renforcer une attitude, mais à l'extrémiser, en divisant le groupe en deux pôles opposés (favorables ou défavorables).

  • Lors d’expériences, comme celle de Moscovici et Zavalloni (1969), le groupe se divise selon deux pôles, et les sujets radicalisent leur position initiale, renforçant leur attitude lors du post-consensus par rapport au pré-consensus.

  • La polarisation est renforcée par le renforcement des positions lors de la discussion, où chaque groupe amplifie ses convictions initiales, ce qui peut conduire à une radicalisation accrue.

  • La théorie de Moscovici et Zavalloni (1969) postule que l’augmentation de la prise de risque en groupe est un exemple spécifique de la polarisation collective, phénomène plus général d’extrémisation des attitudes.

  • Expériences de Fraser (1971) montrent que la connaissance des réponses d’autrui influence la prise de risque, qui devient encore plus extrême après la discussion, confirmant la polarisation.

  • La théorie de Brown (1965) propose que la valorisation du risque, la libération des normes sociales de modération (Pruitt, 1972), et la libération de la responsabilité en groupe expliquent cette extrémisation.

  • La polarisation collective ne concerne pas seulement la prise de risque, mais aussi tout comportement ou attitude où le groupe pousse ses membres vers des positions plus extrêmes.

À retenir

La polarisation collective désigne le processus par lequel la discussion en groupe intensifie et extrémise les attitudes initiales, renforçant ainsi la divergence entre les pôles opposés et menant à des positions plus extrêmes.

6. Effet de groupe sur la prise de risque

Notions clés & Définitions

  • Effet de groupe sur la prise de risque : Phénomène où la présence ou la discussion en groupe modifie la propension individuelle à prendre des risques, souvent en l'augmentant (Wallach & Kogan, 1965).
  • Hypothèse de Wallach et Kogan (1965) : La discussion en groupe entraîne une augmentation de la prise de risque, sous réserve de certaines conditions.
  • Conditions nécessaires pour l’augmentation de la prise de risque en groupe : 1) Discussion effective, 2) Divergences d’opinions entre membres, 3) Matériel à orientation claire (moins l’enjeu est important, plus l’effet est marqué).

Points essentiels

  • Expérience de Wallach et Kogan (1965) :
    • Variantes : groupe avec discussion nécessitant consensus, discussion sans consensus, vote seul.
    • Résultats : augmentation de la prise de risque uniquement lors de discussions effectives avec divergences d’opinions.
    • Conditions : discussion réelle, divergences d’opinions, matériel peu engageant.
  • Explication du phénomène :
    • La discussion permet une dilution de responsabilité (Pruitt, 1972).
    • Brown (1965) propose que la valorisation du risque en société occidentale joue un rôle, en valorisant les arguments risqués.
    • La libération des normes sociales : lors des discussions, la pression normative de prudence s’affaiblit, favorisant le risque.
  • Polarisation collective (Moscovici & Zavalloni, 1969) :
    • Lors de discussions, les positions extrêmes s’amplifient, renforçant la tendance à prendre des risques.
    • La polarisation est plus forte vers la prise de risque que vers la prudence.
  • Expérience de Fraser (1971) :
    • La connaissance préalable des choix d’autrui accentue la polarisation, avec des réponses plus extrêmes après la révélation des positions du groupe.
  • Explication alternative :
    • La valorisation du risque par le groupe, la libération des normes sociales, et la tendance à extrémiser les positions.
    • La théorie de la libération des normes sociales (Pruitt, 1972) : l’individu, en groupe, se lâche dans la prise de risque, moins contraint par ses normes personnelles.

À retenir

L’effet de groupe sur la prise de risque résulte principalement d’une discussion effective, de divergences d’opinions, et de l’orientation du matériel, où la dynamique de polarisation collective et la libération des normes sociales jouent un rôle central dans l’augmentation de la propension au risque.

7. Expérience Wallach et Kogan (1965)

Notions clés & Définitions

  • Dilution de responsabilité (Wallach & Kogan, 1965) : phénomène selon lequel la responsabilité individuelle est partagée entre les membres d’un groupe, réduisant ainsi la perception de responsabilité personnelle lors de la prise de décision ou d’une action collective.
  • Valorisation du risque (Brown, 1965) : processus par lequel le groupe ou l’individu perçoit le risque comme étant plus valorisé ou acceptable dans un contexte social, influençant la propension à prendre des risques.
  • Libération des normes sociales (Pruitt, 1972) : phénomène où la discussion en groupe permet aux individus de se libérer des normes sociales de modération, favorisant l’expression d’attitudes plus extrêmes ou risquées.
  • Discussion effective (Wallach & Kogan, 1965) : interaction en groupe où les membres échangent des arguments, discutent réellement des enjeux, contrairement à une simple réunion ou vote.
  • Conditions nécessaires à l’augmentation de la prise de risque (Wallach & Kogan, 1965) : 1) discussion effective ; 2) divergence des positions individuelles ; 3) matériel ayant une certaine orientation ou enjeu.
  • Polarisation collective (Moscovici & Zavalloni, 1969) : phénomène où, lors d’une discussion en groupe, les individus extrémisent leurs positions initiales, renforçant ainsi la tendance vers des attitudes plus extrêmes, notamment vers la prise de risque.

Points essentiels

  • Protocole de l’expérience : mesures d’attitude à l’égard de la prise de risque, effectuées avant et après une discussion en groupe. Variantes : discussion avec nécessité de consensus, discussion sans nécessité de consensus, et vote (sans discussion).
  • Conditions expérimentales : la discussion doit être effective, les positions doivent être divergentes, et le matériel doit avoir une certaine orientation pour observer une augmentation de la prise de risque.
  • Résultats : augmentation significative de la prise de risque uniquement dans la condition de discussion effective avec divergence des opinions. La condition de vote seul n’entraîne pas cette augmentation.
  • Explications proposées :
    • La dilution de responsabilité explique partiellement l’augmentation, en suggérant que la responsabilité partagée facilite la prise de risque.
    • Brown (1965) évoque une valorisation du risque dans la culture occidentale, où la discussion pourrait renforcer cette tendance.
    • Pruitt (1972) propose que la libération des normes sociales permet aux individus de « se lâcher » dans la prise de risque.
    • La polarisation collective, selon Moscovici et Zavalloni (1969), montre que la discussion renforce les positions extrêmes, notamment vers la prise de risque.
  • Résistance à la simple logique du vote : l’expérience montre que la discussion effective, et non le vote ou la simple confrontation, est le facteur clé de l’augmentation de la prise de risque.
  • Explication alternative : la valorisation du risque, selon Brown (1965), et la libération des normes sociales, selon Pruitt (1972), contribuent à ce phénomène. La responsabilité diluée et la polarisation collective renforcent également cette tendance.

À retenir

L’expérience Wallach et Kogan (1965) démontre que la discussion effective en groupe, sous conditions de divergence et d’un matériel orienté, augmente la prise de risque, notamment par dilution de responsabilité, valorisation du risque, et libération des normes sociales, illustrant la polarisation collective.

8. Théorie de l’action raisonnée

Notions clés & Définitions

  • Théorie de l’action raisonnée (Fishbein & Ajzen, 1975) : Modèle qui postule que le comportement humain est principalement déterminé par l’intention comportementale, elle-même influencée par l’attitude envers le comportement et les normes subjectives. Elle suppose que si l’individu a une intention forte, il est plus susceptible de réaliser le comportement.

  • Rôle des intentions comportementales (Fishbein & Ajzen, 1975) : Variable centrale dans la prédiction du comportement, représentant la motivation ou la volonté de réaliser une action. L’intention est considérée comme le meilleur prédicteur du comportement, sous réserve que le contrôle sur celui-ci soit suffisant.

  • Influence des attitudes et normes subjectives (Fishbein & Ajzen, 1975) : Les deux principaux déterminants de l’intention. L’attitude reflète la perception favorable ou défavorable du comportement, tandis que les normes subjectives correspondent à la pression perçue par l’individu d’agir conformément aux attentes sociales ou des référents.

Points essentiels

  • La théorie de l’action raisonnée établit une relation causale entre attitude, normes subjectives, intention et comportement, en postulant que l’individu agit selon ses intentions qu’il forme à partir de ses évaluations et des pressions sociales perçues.

  • L’attitude envers un comportement est une évaluation positive ou négative de celui-ci, basée sur des croyances sur ses conséquences. Elle influence directement l’intention, qui elle-même prédit le comportement.

  • Les normes subjectives sont constituées des croyances sur ce que pensent les autres (référents sociaux) et de la motivation à se conformer à ces attentes, influençant également l’intention.

  • La prédiction du comportement par la théorie est limitée par le contrôle perçu, introduit dans la version élargie (théorie du comportement planifié, Ajzen, 1987), qui considère la perception de la facilité ou difficulté à réaliser le comportement.

  • La corrélation entre intention et comportement est généralement modérée (méta-analyse de Sheeran, 2002 : 0,53), indiquant que d’autres facteurs, comme le contrôle perçu, peuvent moduler cette relation.

À retenir

La théorie de l’action raisonnée met en évidence que le comportement humain est principalement déterminé par l’intention, elle-même façonnée par l’attitude et les normes sociales, mais reste influencé par la perception du contrôle sur l’action.

9. Théorie du comportement planifié

Notions clés & Définitions

  • Théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) : Modèle qui prédit le comportement en intégrant l’attitude, les normes subjectives et le contrôle comportemental perçu, en insistant sur l’impact du contrôle perçu sur l’intention et le comportement.

  • Contrôle comportemental perçu (Ajzen, 1987 ; 1991) : La perception qu’a un individu de la facilité ou difficulté à réaliser un comportement, basée sur l’expérience passée et les obstacles anticipés, influençant directement l’intention et le comportement.

  • Impact du contrôle perçu (Ajzen, 2001 ; Ajzen & Fishbein, 2005) : La croyance que la perception de la facilité ou difficulté à réaliser un comportement modère la relation entre l’intention et l’action, permettant d’expliquer certains comportements qui échappent à la volonté consciente.

Points essentiels

  • La théorie du comportement planifié étend la théorie de l’action raisonnée en introduisant la variable du contrôle comportemental perçu, qui reflète la perception de la facilité ou difficulté à effectuer un comportement donné (Ajzen, 1987 ; 1991).

  • Selon cette théorie, l’intention est le principal déterminant du comportement, mais cette relation est modulée par le contrôle perçu. Si une personne pense qu’elle ne pourra pas réaliser le comportement, son intention, même favorable, peut ne pas se traduire en action (Ajzen, 2001).

  • Le contrôle perçu est influencé par des facteurs tels que l’expérience passée, la disponibilité des ressources, ou la présence d’obstacles anticipés, ce qui explique pourquoi certains comportements échappent à la simple volonté ou à l’attitude (Ajzen & Fishbein, 2005).

  • La méta-analyse de Sheeran (2002) montre que la corrélation entre intention et comportement est de 0,53, soulignant l’importance du contrôle perçu dans la prédiction comportementale.

  • La théorie permet d’intégrer des comportements complexes ou contextuels où la volonté seule ne suffit pas, en tenant compte des contraintes perçues par l’individu.

À retenir

La théorie du comportement planifié souligne que la réalisation d’un comportement dépend non seulement des attitudes et des normes sociales, mais aussi de la perception individuelle de la facilité ou difficulté à le réaliser, ce qui influence directement l’intention et l’action.

10. Test d’associations implicites

Notions clés & Définitions

  • Test d’associations implicites (IAT) : Méthode expérimentale conçue pour mesurer la force d’associations automatiques entre des concepts (ex : groupes sociaux) et des évaluations (positif/négatif). Greenwald, McGhee & Schwartz (1998) : "Un test qui évalue la rapidité avec laquelle une personne associe des stimuli pour révéler des attitudes implicites non conscientes."
  • Mesure implicite des attitudes : Évaluation des attitudes qui ne sont pas accessibles à la conscience ou difficiles à exprimer volontairement, souvent biaisées par la désirabilité sociale. Greenwald, McGhee & Schwartz (1998) : "Une méthode indirecte permettant de détecter des biais implicites à travers la vitesse de catégorisation."
  • Principe du fonctionnement du IAT : Basé sur la comparaison de temps de réaction lors de catégorisations simultanées de stimuli liés à des concepts (ex : race, genre) et des évaluations (positif/négatif). La rapidité d’association indique la force de l’attitude implicite. Greenwald, McGhee & Schwartz (1998) : "Plus une association est automatique, plus la réaction est rapide, révélant une attitude implicite."
  • Utilisation en psychologie sociale : Permet de révéler des biais implicites liés à des stéréotypes, préjugés ou attitudes non conscientes, souvent difficiles à détecter par des mesures déclaratives. Greenwald, McGhee & Schwartz (1998) : "Utilisé pour étudier les biais raciaux, de genre, ou autres stéréotypes implicites."
  • Biais implicites : Préjugés ou attitudes non conscients qui influencent le comportement sans que l’individu en ait conscience. Greenwald, McGhee & Schwartz (1998) : "Les biais implicites sont des associations automatiques qui échappent à la conscience et peuvent influencer les décisions et actions."

Points essentiels

  • Le test d’associations implicites (IAT) repose sur la différence de vitesse de catégorisation pour révéler des associations automatiques entre concepts et évaluations.
  • La mesure implicite permet d’accéder à des attitudes non conscientes, souvent masquées par la désirabilité sociale ou la volonté de se présenter favorablement.
  • La logique du test : Lorsqu’une association implicite est forte, la personne catégorise plus rapidement les stimuli liés à cette association, ce qui indique une attitude implicite plus ancrée.
  • Le déroulement : Les stimuli (ex : noms, mots) sont présentés rapidement, et la tâche consiste à associer ces stimuli à des catégories (ex : "bon", "mauvais") en utilisant des touches. La différence de temps entre différentes conditions d’association est analysée.
  • Applications : Études sur les stéréotypes raciaux, de genre, sur la discrimination implicite, et sur la prévision des comportements à partir des biais implicites.

À retenir

Le test d’associations implicites (IAT) est une méthode indirecte qui mesure la force des associations automatiques entre concepts et évaluations, révélant des attitudes implicites souvent inconscientes et difficiles à exprimer volontairement.

11. Stéréotypes et attitudes implicites

Notions clés & Définitions

  • Attitudes implicites : Greenwald, McGhee & Schwartz (1998) : Réactions ou évaluations automatiques, rapides et non conscientes, qui influencent le comportement sans que l’individu en ait conscience. Elles sont souvent mesurées par des tests comme l’IAT.
  • Stéréotypes implicites : Aucune définition précise dans le contenu source, mais généralement, ce sont des croyances ou images automatiques, souvent inconscientes, qui attribuent des caractéristiques à un groupe social, influençant les attitudes implicites.
  • Distinction entre stéréotypes et attitudes implicites : Les stéréotypes sont des croyances ou images sociales, souvent automatisées, tandis que les attitudes implicites sont des évaluations automatiques, pouvant découler ou être renforcées par ces stéréotypes.
  • Origines des attitudes implicites : Elles naissent de l’apprentissage social, des expériences personnelles, et de l’exposition répétée à des stéréotypes sociaux, se formant souvent de manière automatique et inconsciente.
  • Fonctionnement des attitudes implicites : Elles opèrent de façon automatique, influençant spontanément les jugements, décisions et comportements, surtout dans des contextes où la réflexion consciente est limitée ou absente.
  • Impact sur les comportements : Les attitudes implicites peuvent prédire des comportements sociaux, notamment dans des situations où la personne n’est pas consciente de ses évaluations, ou lorsqu’elle cherche à dissimuler ses attitudes explicites.

Points essentiels

  • La distinction entre stéréotypes et attitudes implicites repose sur leur nature : les stéréotypes sont des croyances sociales, alors que les attitudes implicites sont des évaluations automatiques et inconscientes (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998).
  • Les attitudes implicites se forment par l’exposition répétée à des stéréotypes sociaux, souvent via l’apprentissage social et les médias, et sont généralement non accessibles à la conscience (Aucune référence précise dans le contenu source).
  • Leur fonctionnement repose sur des processus automatiques, rapides, et peu contrôlables, influençant la perception, le jugement et le comportement dans des situations sociales.
  • Ces attitudes peuvent avoir un impact significatif sur les comportements, notamment dans des contextes où la personne ne souhaite ou ne peut pas contrôler ses réponses, ou lorsqu’elle veut dissimuler ses attitudes explicites.
  • La mesure des attitudes implicites est souvent réalisée par des tests comme l’IAT (Test d’Associations Implicites), qui révèlent des évaluations automatiques non accessibles par des questionnaires déclaratifs.

À retenir

Les attitudes implicites, souvent inconscientes, naissent des stéréotypes sociaux et influencent de manière automatique et durable les comportements, même lorsque l’individu n’en a pas conscience.

Tableaux de Synthèse

Modèles d’attitudesComposantes principalesAuteur(s)Caractéristiques clés
UnidimensionnelÉvaluation affective (favorable/défavorable)Thurstone, FishbeinBasé sur une seule dimension continue, simple à mesurer
Tripartite classiqueCognitive, affective, conativeRosenberg & HovlandStructure intégrée, influence la formation et la stabilité
Tripartite réviséCognitive, affective, comportementaleZanna & RempelPermet plusieurs attitudes selon sources d’info, plus flexible
Mesures d’attitudeMéthodesAuteur(s)Points clés
DirectesQuestionnaires, échelles de LikertThurstone, LikertAuto-rapport, facile à administrer
Indirectes/implicitesTests d’associations implicitesGreenwald, McGhee & SchwartzRéduisent biais de désirabilité, mesurent attitudes non conscientes

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre attitude (interne, mentale) et comportement (manifestation observable).
  2. Surestimer la corrélation entre attitude et comportement (corrélation moyenne ~0,38).
  3. Confondre modèle unidimensionnel et tripartite, ou croire qu’un seul modèle explique toutes les attitudes.
  4. Négliger l’impact du contexte et des normes sociales dans la relation attitude-comportement.
  5. Confondre attitude explicite et attitude implicite, ou sous-estimer leur différence.
  6. Utiliser uniquement des mesures directes pour évaluer des attitudes implicites, ce qui peut biaiser les résultats.
  7. Ignorer la stabilité relative des attitudes face aux changements ou influences sociales.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition d’Allport (1935) sur l’attitude comme état psychique organisé.
  2. Savoir distinguer attitude, comportement et posture.
  3. Maîtriser les propriétés fondamentales des attitudes : direction, intensité, centralité, accessibilité.
  4. Connaître le modèle unidimensionnel de Fishbein & Ajzen (1975) et ses limites.
  5. Comprendre le modèle tripartite classique de Rosenberg & Hovland (1960).
  6. Savoir que le modèle tripartite révisé de Zanna & Rempel (1988) permet plusieurs attitudes selon l’information mobilisée.
  7. Connaître les méthodes de mesure directe (questionnaires, échelles de Likert) et indirecte (tests d’associations implicites).
  8. Être capable d’expliquer la relation modérée entre attitude et comportement (corrélation ~0,38).
  9. Connaître la théorie de l’action raisonnée d’Ajzen & Fishbein (1977) et la théorie du comportement planifié d’Ajzen (1987, 1991).
  10. Savoir ce qu’est un test d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998).
  11. Comprendre la différence entre attitudes explicites et implicites, et leur importance respective.
  12. Connaître la définition et l’impact des stéréotypes et attitudes implicites.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Attitudes en psychologie sociale avec 9 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Selon Allport (1935), qu'est-ce qu'une attitude en psychologie sociale ?

2. Selon Allport (1935), qu'est-ce qu'une attitude en psychologie sociale ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Attitudes en psychologie sociale avec 9 flashcards interactives.

Attitudes en psychologie sociale

Dispositions internes acquises, stables, polarisées, influençant réponses et comportements.

Attitudes — définition?

État psychique influençant réponses à objets.

Modèles d’attitudes — types

Unidimensionnel, tripartite classique, tripartite révisé.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches