📋 Plan du Cours
- Champ des criminologies
- Perspectives en criminologie
- Construction sociale du crime
- Désistement et processus
- Théorie morphogénique
- Intervention et pouvoir
- Modèle cognitivo-comportemental
- Distorsions cognitives
- Approche motivationnelle
- Modèle psychodynamique
- Instances psychiques freudiennes
📖 1. Champ des criminologies
🔑 Notions clés & Définitions
- Criminologie traditionnelle / Criminologie du passage à l’acte : Focus restreint sur le phénomène criminel, délimité par les institutions pénales, étudiant le comportement criminel en tant que tel.
- Criminologie critique / Criminologie du contrôle social : Approche large qui considère le crime comme un construit social, intégrant les conditions sociales et la réaction sociale dans l’analyse.
- Perspective CRM critique : Vision du crime et du système pénal comme des constructions juridico-politiques, où aucun comportement n’est intrinsèquement criminel ; c’est le droit qui définit le crime.
- Normalisation et pouvoir : L’intervention sociale vise à normaliser et à contrôler, en utilisant le pouvoir pour produire des individus conformes aux normes sociales (Foucault).
- Processus de désistement : Ensemble des étapes par lesquelles une personne cesse de commettre des actes criminels, incluant le désistement primaire, secondaire et tertiaire.
- Modèle cognitivo-comportemental : Approche thérapeutique combinant le comportementalisme et les théories cognitives, visant à modifier pensées, émotions et comportements.
📝 Points essentiels
- La criminologie se divise en deux paradigmes : l’un centré sur le comportement criminel (traditionnel) et l’autre sur les conditions sociales et la réaction sociale (critique).
- La perspective CRM critique remet en question la naturalité du crime, insistant sur la construction sociale et juridique des comportements criminels.
- L’intervention en criminologie a une fonction sociale : normaliser, réinsérer, prévenir, tout en étant une forme de contrôle social.
- La normalisation passe par la discipline et la surveillance, influencée par Foucault, et vise à faire des individus conformes aux normes sociales.
- La distinction entre situation-problème et crime, ainsi que celle entre processus criminel et personnalité criminelle, influence l’approche d’intervention.
- La gestion des risques dans le contexte correctionnel repose sur l’évaluation et la gestion des risques, avec une influence de la Nouvelle Gestion Publique.
- Le rôle du criminologue critique est d’adopter une posture humaniste, réflexive, et de prendre en compte l’impact social des pratiques.
💡 À retenir
Le champ des criminologies se divise entre une approche centrée sur le comportement et une autre qui considère le crime comme une construction sociale, influençant profondément les pratiques d’intervention et de contrôle social. La perspective critique remet en question la naturalité du crime, insistant sur son caractère construit par le droit et la société.
📖 2. Perspectives en criminologie
🔑 Notions clés & Définitions
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Criminologie traditionnelle / Criminologie du passage à l’acte : Approche centrée sur le phénomène criminel en tant que réalité délimitée par les institutions pénales, s’intéressant aux comportements déviants et leur contrôle.
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Criminologie critique / Criminologie du contrôle social : Approche élargie qui considère le crime dans un contexte social plus large, en intégrant les conditions sociales, les rapports de pouvoir et la réaction sociale.
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Perspective CRM critique : Point de vue qui voit le crime et le système pénal comme des constructions juridico-politiques, où aucun comportement n’est intrinsèquement criminel, mais devient tel par le droit et ses définitions.
-
Processus de désistement : Ensemble des étapes menant à l’abandon du comportement criminel, comprenant le désistement primaire (arrêt du comportement), secondaire (changement identitaire) et tertiaire (reconnaissance sociale du changement).
-
Désistement assisté : Processus où une intervention extérieure soutient le désistement, qu’il soit formel (structuré) ou informel (non structuré).
-
Modèle cognitivo-comportemental (TCC) : Approche thérapeutique combinant la modification des pensées (cognitions) et des comportements, basée sur la théorie béhavioriste et cognitive.
📝 Points essentiels
-
La criminologie adopte deux paradigmes principaux : une approche restreinte centrée sur le phénomène criminel (traditionnelle) et une approche large intégrant les conditions sociales et la réaction sociale (critique).
-
La perspective critique remet en question la naturalité du crime, insistant sur sa construction sociale par le droit et le système pénal, comme illustré par l’évolution législative sur la prostitution.
-
L’intervention en criminologie vise à produire des individus mieux intégrés, en utilisant des pratiques de normalisation et de contrôle social, souvent sous l’angle du pouvoir foucaldien.
-
La distinction entre intervention, traitement, réhabilitation, rééducation, réadaptation, réinsertion, réduction des méfaits et prévention permet d’adapter l’action selon les objectifs et le contexte.
-
La normalisation est un enjeu central : l’intervention tend à faire correspondre les individus aux normes sociales, ce qui soulève une dimension de pouvoir et de contrôle social.
-
La théorie morphogénique, intégrant intentions personnelles et environnement social, est privilégiée pour expliquer le processus de désistement, qui est non linéaire et multifactoriel.
-
La critique du modèle médical vers la TCC souligne une participation active de la personne dans son changement, avec une efficacité prouvée dans la réduction de la récidive.
💡 À retenir
La criminologie contemporaine privilégie une approche critique et contextuelle, où le crime est une construction sociale, et l’intervention vise à transformer non seulement le comportement mais aussi l’identité, tout en étant consciente des enjeux de pouvoir et de normalisation.
📖 3. Construction sociale du crime
🔑 Notions clés & Définitions
- Construction sociale du crime : Approche qui considère que le crime n’est pas une réalité objective, mais une construction sociale façonnée par les normes, valeurs et discours de la société. Ce qui est considéré comme crime dépend du contexte social et historique.
- Déviance : Comportement qui s’écarte des normes sociales établies, sans nécessairement être criminalisé. La déviance peut devenir crime selon la réaction sociale.
- Stade de Miller (changement social) : Modèle expliquant que la perception du crime évolue à travers plusieurs étapes, notamment la reconnaissance, la définition et la légitimation du comportement déviant ou criminel.
- Notion de contrôle social : Ensemble des mécanismes (formels et informels) par lesquels la société régule le comportement des individus pour maintenir l’ordre social.
- Notion de légitimation : Processus par lequel certains comportements ou discours deviennent acceptés ou légitimés socialement, influençant la construction du crime.
- Notion de processus de criminalisation : Ensemble des étapes par lesquelles un comportement devient considéré comme criminel, incluant la définition légale, la stigmatisation et la mise en application.
📝 Points essentiels
- La construction sociale du crime repose sur la relation entre normes sociales, discours médiatiques, politiques et juridiques.
- La perception du crime évolue selon les contextes historiques, culturels et politiques, ce qui explique la variabilité des comportements criminalisés.
- W. Miller décrit un processus en plusieurs étapes : la reconnaissance du comportement comme problématique, sa définition comme crime, puis sa légitimation ou criminalisation officielle.
- La société ne réagit pas de manière neutre face à certains comportements : elle peut renforcer ou remettre en question leur statut criminel.
- La criminalisation est un processus dynamique, influencé par des enjeux de pouvoir, de moralité, et de contrôle social.
- La critique de cette approche souligne que le crime n’est pas une réalité intrinsèque, mais une construction qui reflète les rapports de force et les valeurs dominantes.
💡 À retenir
Le crime est une construction sociale qui évolue selon les normes, discours et rapports de pouvoir, plutôt qu’une réalité objective universelle. La perception du crime dépend largement du contexte social et historique.
📖 4. Désistement et processus
🔑 Notions clés & Définitions
-
Désistement (ou désistance) : Processus par lequel un individu réduit ou abandonne durablement ses comportements criminels ou déviants. Il s'agit d'une absence prolongée de comportements criminels après une période de délinquance ou de transgression.
-
Désistement primaire : Arrêt immédiat du comportement criminel, sans nécessairement changement d’identité ou de perception de soi.
-
Désistement secondaire : Transformation de l’identité de l’individu, qui se définit autrement et peut ne plus s’identifier comme criminel ou déviant.
-
Désistement tertiaire : Reconnaissance officielle ou sociale du changement, avec un changement de vie visible et accepté par la société.
-
Désistement assisté : Processus de désistement qui implique une intervention extérieure structurée ou non, visant à soutenir le retrait du comportement criminel.
-
Théorie morphogénique : Approche intégrant à la fois les intentions personnelles et l’environnement social dans l’explication du processus de désistement.
📝 Points essentiels
-
Le désistement n’est pas un événement ponctuel mais un processus complexe, non linéaire, comprenant plusieurs sous-processus (primaire, secondaire, tertiaire).
-
La théorie morphogénique est privilégiée pour expliquer le désistement, car elle considère à la fois l’agentivité individuelle (volonté, identité) et le contexte social (liens, environnement).
-
Trois sous-processus du désistement :
- Désistement primaire : arrêt du comportement.
- Désistement secondaire : changement identitaire, redéfinition de soi.
- Désistement tertiaire : reconnaissance sociale du changement.
-
Le processus peut se faire avec ou sans aide extérieure, ce qui distingue le désistement assisté structuré ou informel.
-
La normalisation sociale et la normalisation du comportement sont des fonctions sociales de l’intervention, visant à intégrer ou réintégrer l’individu dans la société.
-
La difficulté principale pour un individu comme Antoine réside dans l’échec à se réinsérer socialement (emploi, liens sociaux), et dans la gestion de son identité post-criminalité.
-
La prévention du retour au crime implique l’élargissement des réseaux sociaux, le soutien social, et des interventions ciblées.
💡 À retenir
Le désistement est un processus dynamique, influencé par des facteurs personnels, sociaux et contextuels, qui nécessite souvent un accompagnement structuré pour favoriser une sortie durable du comportement criminel et une reconstruction identitaire.
📖 5. Théorie morphogénique
🔑 Notions clés & Définitions
- Paradigmes en criminologie : Cadres théoriques qui orientent la compréhension du crime. Deux principaux : la criminologie traditionnelle (passage à l’acte) et la criminologie critique (contrôle social).
- Criminologie critique : Approche qui considère le crime comme une construction sociale, juridico-politique, et non une réalité intrinsèque. Elle remet en question la nature « criminelle » des comportements.
- Construction sociale du crime : Idée que ce n’est pas le comportement en soi qui est criminel, mais la définition légale et la réaction sociale qui le rendent tel.
- Processus de normalisation : Mécanisme par lequel l’intervention vise à faire conformer les individus aux normes sociales, utilisant le pouvoir pour produire du « normal ».
- Désistement (ou désistance) : Processus par lequel un individu cesse durablement ses comportements criminels, souvent considéré comme un processus non linéaire, influencé par des facteurs sociaux, identitaires et cognitifs.
- Intervention sociale : Actions visant à modifier ou prévenir comportements problématiques ou criminels, avec pour objectif la réinsertion, la prévention ou la réduction des méfaits.
📝 Points essentiels
- La théorie morphogénique insiste sur la complexité du processus de désistement, intégrant des dimensions identitaires, sociales et cognitives.
- La perspective critique remet en question la « nature » du crime, soulignant que le système juridique construit la criminalité par ses définitions.
- L’intervention en criminologie critique ne se limite pas à la punition, mais cherche à comprendre et à accompagner le changement social et individuel.
- Le processus de désistement comporte trois étapes : primaire (arrêt du comportement), secondaire (redéfinition de soi), tertiaire (reconnaissance sociale du changement).
- La normalisation par l’intervention peut renforcer la cohésion sociale mais aussi reproduire des rapports de pouvoir.
- La critique de la criminologie traditionnelle porte sur son focus étroit sur le comportement et ses limites à prendre en compte le contexte social.
💡 À retenir
La théorie morphogénique et critique en criminologie mettent en lumière que le crime est une construction sociale et que le processus de changement individuel, tel que le désistement, est influencé par des facteurs sociaux, identitaires et cognitifs, remettant en question la vision essentialiste et déterministe du comportement criminel.
📖 6. Intervention et pouvoir
🔑 Notions clés & Définitions
- Intervention : Actions visant à modifier ou prévenir des comportements ou situations problématiques ou criminelles, dans une optique de contrôle social ou de réhabilitation.
- Pouvoir (foucaultien) : Capacité à influencer, normaliser ou contrôler les comportements, non dans une opposition binaire mais comme une relation diffuse et omniprésente.
- Normalisation : Processus par lequel l’intervention vise à faire correspondre un individu aux normes sociales, en utilisant le pouvoir pour définir ce qui est « normal » ou « déviant ».
- Désistement : Processus par lequel un individu met fin à un comportement criminel ou déviant, pouvant être primaire (arrêt immédiat), secondaire (changement identitaire) ou tertiaire (reconnaissance sociale).
- Criminologie critique : Paradigme qui voit le crime et le système pénal comme des constructions juridico-politiques, dénués d’une « nature » intrinsèque.
- Réduction des méfaits : Stratégie d’intervention visant à diminuer les impacts négatifs d’un comportement, sans nécessairement en arrêter la pratique.
📝 Points essentiels
- La criminologie critique insiste sur le fait que le crime n’est pas une réalité intrinsèque, mais une construction sociale et légale.
- L’intervention en criminologie a une fonction sociale de normalisation, visant à produire des individus conformes aux normes sociales, en utilisant le pouvoir pour discipliner et contrôler.
- La notion de pouvoir chez Foucault ne se limite pas à la répression, mais inclut aussi la discipline, la normalisation et la production de sujets « normaux ».
- Différentes formes d’interventions existent : réhabilitation, rééducation, réadaptation, réinsertion, réduction des méfaits, prévention.
- La relation entre intervention et normalisation implique une tension entre la protection du public et le respect des droits individuels.
- La pratique de l’intervention doit prendre en compte la dimension contextuelle, sociale et identitaire des personnes concernées.
- La critique du paradigme médical vers une approche cognitivo-comportementale et une intervention plus participative et responsabilisante.
💡 À retenir
L’intervention en criminologie, sous l’influence du paradigme critique, n’est pas simplement une action de correction, mais un exercice de pouvoir visant à normaliser et à intégrer socialement, tout en questionnant la construction même du crime et du déviant.
📖 7. Modèle cognitivo-comportemental
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle cognitivo-comportemental (TCC) : Approche thérapeutique combinant les théories comportementales et cognitives, visant à modifier les pensées, émotions et comportements problématiques.
- Béhaviorisme : Paradigme selon lequel le comportement est une réponse à un stimulus, modifiable par le conditionnement (classique ou opérant).
- Distorsions cognitives : Pensées erronées ou déformées qui influencent négativement le comportement et les émotions, souvent présentes chez les délinquants ou personnes en difficulté.
- Renforcement : Processus qui augmente la probabilité d’un comportement, positif (ajout d’un stimulus agréable) ou négatif (retrait d’un stimulus désagréable).
- Interventions cognitives : Techniques visant à modifier les pensées dysfonctionnelles, à développer de nouvelles stratégies de coping et à prévenir la rechute.
- Théorie morphogénique : Modèle intégrant les intentions personnelles et l’environnement social pour expliquer le processus de désistement criminel.
📝 Points essentiels
- La TCC est une approche efficace, particulièrement dans le contexte criminologique, car elle cible des comportements observables et mesurables, facilitant l’évaluation de l’efficacité.
- Elle repose sur la compréhension que le comportement est influencé par des processus cognitifs, et que modifier ces processus peut entraîner un changement comportemental durable.
- La normalisation et le contrôle social sont des fonctions sociales implicites de l’intervention, visant à aligner le comportement individuel avec les normes sociales.
- La distinction entre intervention et traitement est importante : l’intervention sociale cherche à modifier ou prévenir des comportements problématiques dans un cadre structuré.
- La théorie morphogénique est privilégiée pour expliquer le désistement, car elle considère à la fois l’intention personnelle et le contexte social, avec une approche en plusieurs phases (primaire, secondaire, tertiaire).
- La pratique en centre jeunesse illustre l’application de la TCC pour agir sur le comportement, la cognition et l’émotion, tout en respectant la dimension individuelle et contextuelle.
💡 À retenir
Le modèle cognitivo-comportemental, en combinant la modification des pensées et des comportements, constitue une approche structurée et efficace pour intervenir auprès des populations judiciarisées, en favorisant la responsabilisation et la réinsertion sociale. Son succès repose sur une compréhension intégrée des processus cognitifs, comportementaux et sociaux, ainsi que sur une évaluation rigoureuse de ses effets.
📖 8. Distorsions cognitives
🔑 Notions clés & Définitions
- Distorsions cognitives : Pensées erronées ou déformées qui reflètent des perceptions irréalistes ou déformées de la réalité, souvent à l’origine de comportements problématiques.
- Cognition : Ensemble des processus mentaux (pensées, mémoires, croyances, langage) par lesquels une personne acquiert, traite et utilise l’information.
- Cognitions automatiques : Pensées rapides, souvent inconscientes, qui influencent les émotions et comportements sans réflexion consciente.
- Distorsions fréquentes chez les agresseurs sexuels : Justifications déformées pour minimiser ou rationaliser leurs actes, telles que la perception que l’enfant était consentant ou que l’acte n’était pas une agression.
- Modifications cognitives : Interventions visant à corriger ou restructurer les pensées erronées pour modifier le comportement.
📝 Points essentiels
- Les distorsions cognitives jouent un rôle central dans la compréhension des comportements criminels, notamment chez les agresseurs sexuels.
- Elles alimentent la justification et la minimisation des actes déviants, renforçant la récidive.
- La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) cible ces distorsions pour réduire la probabilité de rechute ou de comportement problématique.
- La modification des distorsions implique l’identification, la confrontation et la restructuration des pensées erronées.
- La prévention des rechutes passe par le développement de stratégies cognitives et émotionnelles pour mieux gérer les situations à risque.
💡 À retenir
Les distorsions cognitives sont des pensées déformées qui alimentent les comportements problématiques ; leur correction est essentielle dans l’intervention pour favoriser un changement durable.
📖 9. Approche motivationnelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Criminologie critique : Paradigme qui considère le crime et le système pénal comme des constructions juridico-politiques, insistant sur le rôle des définitions sociales et légales dans la criminalisation des comportements.
- Constructivisme juridique : Idée que le comportement n’est pas intrinsèquement criminel, mais devient tel par la définition et la réaction du droit pénal.
- Désistement (ou désistance) : Processus par lequel un individu réduit ou cesse durablement ses comportements criminels, souvent considéré comme un processus non linéaire et complexe.
- Désistement assisté : Intervention structurée ou non, visant à soutenir le processus de désistement par un accompagnement extérieur.
- Normalisation : Processus par lequel l’intervention vise à faire conformer un individu aux normes sociales, en utilisant le pouvoir comme moyen de contrôle social.
- Pouvoir selon Foucault : Concept qui dépasse la simple opposition dominants/dominés, considéré comme diffus et omniprésent dans les pratiques sociales, notamment à travers la discipline et la normalisation.
📝 Points essentiels
- La criminologie critique remet en question la naturalité du crime, insistant sur la construction sociale et légale du comportement criminel.
- L’intervention en criminologie a une fonction sociale de normalisation, visant à produire des individus conformes aux normes sociales, tout en étant une forme de contrôle social.
- La distinction entre différentes formes d’intervention (réhabilitation, rééducation, réadaptation, réinsertion, réduction des méfaits, prévention) permet d’adapter les stratégies selon les objectifs visés.
- La relation entre intervention et normalisation reflète une dynamique de pouvoir, où l’intervention sert à maintenir la cohésion sociale en façonnant les comportements.
- La posture du criminologue critique privilégie une approche humaniste, réflexive, et prenant en compte l’impact social des pratiques.
💡 À retenir
L’approche motivationnelle en criminologie, notamment dans la perspective critique, met en lumière que le crime est une construction sociale et que l’intervention vise à normaliser plutôt qu’à punir, tout en respectant la complexité du processus de changement chez l’individu. La désistance est un processus multifacette, influencé par des facteurs identitaires, sociaux et cognitifs, et peut être soutenu par des interventions adaptées.
📖 10. Modèle psychodynamique
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle psychodynamique : Approche qui explore l'influence des processus inconscients, des conflits internes et des expériences passées sur le comportement actuel.
- Inconscient : Partie de l'esprit contenant des pensées, désirs et souvenirs non accessibles à la conscience, mais qui influencent le comportement.
- Conflit intrapsychique : Lutte entre différentes instances psychiques (ex. ça, moi, surmoi) qui peut mener à des comportements problématiques.
- Défense psychique : Mécanismes inconscients (ex. refoulement, dénégation) permettant de réduire l'anxiété liée aux conflits internes.
- Transfert : Processus par lequel le patient projette sur le thérapeute des sentiments ou désirs liés à des figures importantes de son passé.
- Résistance : Comportements ou attitudes du patient qui entravent le processus thérapeutique en empêchant l'accès à l'inconscient.
📝 Points essentiels
- Le modèle psychodynamique considère que le comportement criminel peut résulter de conflits internes non résolus, de traumatismes ou de mécanismes de défense inadéquats.
- La compréhension des processus inconscients permet d'expliquer la persistance de certains comportements déviants ou problématiques.
- La thérapie vise à rendre conscients ces conflits et mécanismes pour favoriser un changement durable.
- La relation thérapeutique, notamment le transfert, est centrale pour explorer les dynamiques inconscientes.
- La notion de résistance doit être analysée pour comprendre les blocages dans le processus de changement.
- La critique principale concerne la difficulté de mesurer objectivement les processus inconscients et la durée souvent longue des interventions.
💡 À retenir
Le modèle psychodynamique met en lumière l'importance des processus inconscients et des conflits internes dans la genèse des comportements problématiques, en insistant sur la nécessité d'une exploration approfondie pour favoriser le changement.
📖 11. Instances psychiques freudiennes
🔑 Notions clés & Définitions
- Ça (Es) : Instance inconsciente de la personnalité, source des pulsions et désirs primitifs, opérant selon le principe de plaisir. Il cherche la satisfaction immédiate sans tenir compte de la réalité.
- Moi (Ego) : Partie rationnelle de la personnalité, médiateur entre le Ça, le Surmoi et la réalité. Il fonctionne selon le principe de réalité, en adaptant les pulsions aux contraintes extérieures.
- Surmoi : Instance morale et éthique, représentant les idéaux et interdits appris durant l’enfance. Il juge et condamne certains comportements, générant culpabilité ou honte.
- Idéal du moi : Image idéale de soi que l’individu souhaite atteindre, basé sur des objectifs moraux et sociaux.
- Moi idéal : Image de soi fantasmatique, souvent irréaliste, associée à des aspirations de toute-puissance ou de perfection.
📝 Points essentiels
- La théorie freudienne distingue deux topiques : la première (1900) avec le Ça, Moi, Surmoi ; la seconde (1923) introduit l’Idéal du moi et le Moi idéal.
- Le comportement humain résulte de l’équilibre ou du conflit entre ces instances : par exemple, un Surmoi trop rigide peut engendrer de la culpabilité, tandis qu’un Ça trop dominant peut mener à des comportements impulsifs.
- Le Moi utilise des mécanismes de défense (refoulement, déni, projection, etc.) pour gérer l’anxiété liée aux conflits internes.
- La santé mentale dépend d’un équilibre dynamique entre ces instances, permettant une adaptation efficace à la réalité.
- La compréhension des tensions entre le Surmoi, le Moi idéal et l’Idéal du moi est essentielle pour analyser la honte, la culpabilité et les troubles psychiques.
💡 À retenir
Les instances psychiques freudiennes forment un système dynamique où l’équilibre entre pulsions, morale et réalité détermine le fonctionnement psychique et le comportement, tout en étant modulé par des mécanismes de défense face aux conflits internes.
📊 Tableaux de Synthèse
| Aspect | Criminologie traditionnelle / Passage à l’acte | Criminologie critique / Contrôle social |
|---|
| Focus | Comportement criminel, délimité par institutions | Construction sociale, conditions sociales, pouvoir |
| Approche | Restreinte, centrée sur le délit ou la déviance | Large, intégrant contexte social et réaction sociale |
| Perspective | Nature du crime, personnalité criminelle | Construction sociale, pouvoir, normes |
| Intervention | Répression, contrôle, réadaptation | Normalisation, contrôle social, transformation sociale |
| Aspect | Modèle cognitivo-comportemental | Théorie morphogénique |
|---|
| Approche | Modification des pensées et comportements | Interaction intentions personnelles et environnement social |
| Objectif | Réduction de la récidive | Comprendre processus de changement non linéaire |
| Méthode | Techniques thérapeutiques structurées | Analyse multifactorielle, processus dynamique |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre crime et déviance : la déviance n’est pas toujours criminalisée.
- Assimiler la construction sociale du crime à une relativité totale, alors qu’elle implique aussi des mécanismes légaux et sociaux.
- Confondre intervention de normalisation et réhabilitation : la première vise à conformer, la seconde à transformer.
- Croire que la perspective critique nie toute réalité du comportement criminel, alors qu’elle questionne sa définition.
- Confondre processus de criminalisation et processus de légitimation : ils sont liés mais distincts.
- Oublier que la théorie morphogénique considère le processus de changement comme non linéaire.
- Confondre modèle cognitivo-comportemental avec une simple technique comportementale, alors qu’il intègre cognition et émotion.
✅ Checklist Examen
- Définir la différence entre criminologie traditionnelle et criminologie critique.
- Expliquer la construction sociale du crime selon Miller.
- Identifier les étapes du processus de criminalisation.
- Décrire le rôle de la normalisation dans l’intervention sociale.
- Comparer le modèle cognitivo-comportemental et la théorie morphogénique.
- Analyser le concept de désistement et ses différentes formes.
- Expliquer la perspective CRM critique sur le système pénal.
- Identifier les mécanismes de contrôle social formels et informels.
- Définir la notion de déviance et sa relation avec le crime.
- Illustrer comment la perception du crime évolue selon le contexte historique.
- Décrire le processus de légitimation et ses enjeux.
- Conclure sur l’impact de la construction sociale du crime sur les pratiques d’intervention.
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