Fiche de révision : Crise traumatique et régulation émotionnelle

Plan du Cours

  1. Définition effraction psychique
  2. Physiopathologie stress cérébral
  3. Typologie trauma en pédopsychiatrie
  4. Manifestations cliniques trauma
  5. Outils d'évaluation psychologique
  6. Posture du psychologue
  7. Vigilance diagnostique trauma
  8. Orientation et prise en charge

1. Définition effraction psychique

Notions clés & Définitions

  • Événement submergeant les capacités de défense du sujet : Situation où l'événement traumatique dépasse la capacité de l'individu à le contenir psychiquement, provoquant une rupture dans l'enveloppe narcissique.
  • Rupture de l'enveloppe narcissique : Désintégration temporaire ou durable de la structure protectrice du moi, laissant l'individu vulnérable face à l'événement.
  • Confrontation à l'impuissance ou à la mort : Situation où le sujet est face à sa propre vulnérabilité ultime, souvent liée à une perte ou une menace existentielle.
  • Événement trop fort, trop vite, trop soudain : Caractéristique de l'événement traumatique qui survient de manière imprévue et intense, empêchant la digestion psychique.
  • Court-circuit empêchant la digestion psychique : Dysfonctionnement du traitement normal de l'information traumatique, qui reste bloquée dans le présent ou dans l'immédiateté de l'événement.
  • Porte de la sécurité intérieure ouverte : Ouverture momentanée ou durable de la zone de tolérance, laissant l'individu vulnérable à des réactions de dissociation ou d'effraction psychique.

Points essentiels

  • L'effraction psychique se produit lors d’un événement qui dépasse la capacité de défense du sujet, provoquant une rupture de l’enveloppe narcissique et une confrontation à l’impuissance ou à la mort (voir section 2).
  • La notion de court-circuit psychique indique que l’événement empêche la digestion normale de l’information traumatique, laissant la porte de la sécurité intérieure grande ouverte (voir section 8).
  • La caractéristique principale de l’effraction est sa soudaineté et son intensité, qui empêchent la mise en place d’un processus de traitement adaptatif.
  • La rupture de l’enveloppe narcissique expose le sujet à une vulnérabilité accrue, pouvant conduire à des symptômes dissociatifs ou à une crise psychique majeure.
  • La porte de la sécurité intérieure ouverte favorise la dissociation ou d’autres mécanismes de sauvegarde pour faire face à l’effraction.

À retenir

L’effraction psychique correspond à un événement traumatique d’une intensité telle qu’il submerge la capacité de défense du sujet, provoquant une rupture de l’enveloppe narcissique et laissant la porte de la sécurité intérieure grande ouverte, souvent sans possibilité de digestion psychique immédiate.

2. Physiopathologie stress cérébral

Notions clés & Définitions

  • Amygdale hyper-activée en mode survie : Structure limbique responsable de la détection du danger, dont l'hyperactivité entraîne une réaction de peur constante et une réponse de stress chronique, comme le souligne Le Doux (2000). Elle devient le centre de l'alarme, déclenchant des réponses de fuite ou de lutte inadaptées.

  • Cortex préfrontal hypo-activé avec difficulté de régulation émotionnelle : Zone frontale impliquée dans la régulation des émotions et la prise de décision. Son hypo-activation, décrite par Arnsten (2009), limite la capacité du sujet à moduler ses réactions face au stress, favorisant l'impulsivité et l'absence de contrôle.

  • Hippocampe altéré empêchant le rangement du souvenir au passé : Structure clé pour la mémoire et l'orientation dans le temps. Selon Bremner (2006), l'altération de l'hippocampe empêche la différenciation claire entre passé et présent, contribuant à la persistance des souvenirs traumatiques.

  • Dissociation comme mécanisme de sauvegarde ultime : Processus de déconnexion entre l'esprit et le corps, permettant au sujet de se couper de la douleur ou de l'événement traumatique. Janet (1907) la décrit comme une réponse adaptative extrême face à une menace insupportable.

Points essentiels

  • Le trauma modifie le fonctionnement neurobiologique du cerveau, en particulier dans trois régions clés : l'amygdale, le cortex préfrontal et l'hippocampe.
  • L'hyperactivité de l'amygdale en mode survie entraîne une vigilance constante et une réaction de stress exacerbée, empêchant une régulation émotionnelle efficace.
  • La hypo-activation du cortex préfrontal limite la capacité à contrôler ces réactions, renforçant le cercle vicieux de l'anxiété et de l'impulsivité.
  • L'altération de l'hippocampe empêche la différenciation claire entre souvenirs passés et présent, favorisant la réactivation des souvenirs traumatiques dans le vécu actuel.
  • La dissociation apparaît comme une réponse neurobiologique ultime pour protéger le sujet de la surcharge émotionnelle, mais peut devenir un mécanisme de maintien du trauma si elle devient chronique.
  • Ces modifications expliquent la difficulté à intégrer et à réguler le trauma, favorisant la persistance des symptômes cliniques et des comportements de survie.

À retenir

Le stress cérébral traumatique repose sur une hyperactivation de l'amygdale, une hypo-activation du cortex préfrontal, et une altération de l'hippocampe, qui ensemble perturbent la régulation émotionnelle, la différenciation temporelle des souvenirs, et favorisent la dissociation comme mécanisme de sauvegarde.

3. Typologie trauma en pédopsychiatrie

Notions clés & Définitions

  • Type I Trauma Simple : Événement unique, soudain et intense (accident, agression isolée) qui provoque des souvenirs nets et envahissants, souvent accompagnés d’un sentiment d’injustice et de peur.
  • Type II Trauma Complexe : Résulte d’événements répétés ou prolongés (maltraitance, négligence) entraînant des souvenirs flous, fragmentés ou amnésie, avec une altération de l’identité et du lien d’attachement.
  • AUTEUR (date) : La classification en Type I et Type II a été conceptualisée pour différencier la nature et la complexité des traumatismes selon leur répétition et leur impact psychique.
  • Souvenirs nets vs flous : Dans le trauma simple, les souvenirs sont précis et envahissants ; dans le trauma complexe, ils sont souvent déformés ou fragmentés, rendant la mémoire difficile à reconstituer.
  • Altération de l’identité et du lien d’attachement : Caractéristique majeure du trauma complexe, elle se manifeste par des difficultés à maintenir des relations stables et une perception déformée de soi-même.

Points essentiels

  • La distinction entre trauma simple et complexe repose principalement sur la nature de l’événement (unique vs répété) et la qualité des souvenirs (nets vs flous).
  • La classification aide à orienter la prise en charge psychothérapeutique : le trauma simple peut souvent bénéficier d’un traitement ciblé sur le souvenir précis, tandis que le trauma complexe nécessite une approche plus globale intégrant la reconstruction de l’identité et des liens d’attachement.
  • La compréhension de ces typologies permet d’éviter une confusion avec d’autres troubles, notamment le TDAH, en différenciant l’hyperactivité liée à l’hypervigilance traumatique.
  • La conceptualisation de ces types s’appuie sur des observations cliniques et sur la nécessité d’adapter l’intervention thérapeutique à la nature du trauma.

À retenir

Les traumatismes en pédopsychiatrie se différencient en trauma simple, caractérisé par un événement unique et des souvenirs précis, et trauma complexe, marqué par la répétition, la fragmentation des souvenirs, et une altération profonde de l’identité et des liens affectifs.

4. Manifestations cliniques trauma

Notions clés & Définitions

  • Répétition : Jeux post-traumatiques stéréotypés, cauchemars, flashbacks, qui ramènent l'individu à l'événement traumatique de façon involontaire et envahissante, souvent associé à une sensation de reviviscence (voir section 3).
  • Évitement : Refus de lieux, mutisme sélectif, retrait social, visant à fuir ou à réduire la confrontation avec les stimuli liés au trauma (voir section 3).
  • Hyper-activation : Suractivation du système nerveux, se manifestant par sursauts, irritabilité, troubles de la concentration, témoignant d'une vigilance accrue et d'une réponse de survie permanente (voir section 3).
  • Expressions somatiques : Manifestations corporelles du trauma, telles que maux de ventre, céphalées, qui traduisent une somatisation liée au stress psychique (voir section 3).
  • Régressions : Retour à des comportements ou langages d'enfance, comme énurésie, encoprésie ou langage bébé, souvent en réponse à une surcharge émotionnelle ou à une difficulté à gérer le traumatisme (voir section 3).
  • Symptômes neuro-végétatifs : Troubles du système nerveux autonome, notamment tachycardie, sueurs, troubles du sommeil, témoignant d'une activation physiologique chronique liée au trauma (voir section 3).

Points essentiels

  • La clinique du trauma se manifeste par un ensemble de symptômes variés, souvent en interaction, qui peuvent évoluer selon la gravité et la chronicité du traumatisme.
  • La répétition, avec cauchemars et flashbacks, constitue une signature centrale de la reviviscence traumatique, souvent accompagnée d’un sentiment d’impuissance.
  • L’évitement, en refusant certains lieux ou en se repliant socialement, est une stratégie de défense pour réduire la confrontation à l’événement.
  • L’hyper-activation traduit une vigilance accrue, pouvant entraîner irritabilité, troubles de concentration et troubles du sommeil, souvent observés dans la phase aiguë ou chronique.
  • Les expressions somatiques, telles que maux de ventre ou céphalées, sont fréquentes et peuvent masquer ou accompagner les autres symptômes psychiques.
  • Les régressions, notamment énurésie ou langage bébé, indiquent une difficulté à intégrer le traumatisme, surtout chez l’enfant.
  • La vigilance diagnostique doit faire la différence entre ces manifestations et d’autres troubles, notamment le faux TDAH (voir section 7).

À retenir

Les manifestations cliniques du trauma sont polymorphes, mêlant reviviscence, évitement, hyper-activation et symptômes somatiques, nécessitant une évaluation fine pour orienter la prise en charge.

5. Outils d'évaluation psychologique

Notions clés & Définitions

  • Échelles d’évaluation : CPTS-RI : Outil standardisé permettant d’évaluer la réaction post-traumatique chez l’enfant et l’adolescent, en mesurant la gravité des symptômes liés au trauma (voir section 6).
  • Échelles d’évaluation : TSCYC : Inventaire spécifique pour les enfants de 3 à 12 ans, qui permet d’évaluer les symptômes de traumatisme, d’anxiété, de dépression, et d’autres troubles liés au trauma (voir section 6).
  • Médiations : dessin : Technique d’observation où le thérapeute analyse le dessin réalisé par l’enfant pour détecter des figements, des thèmes récurrents ou des zones d’immobilité, indicateurs d’un trauma non verbalement exprimé (voir section 6).
  • Médiations : jeu de sable : Outil permettant à l’enfant de représenter symboliquement ses émotions et ses expériences traumatiques, facilitant la mise en scène de l’impuissance ou de la menace, tout en restant dans la zone de tolérance (voir section 6).
  • Fenêtre de Tolérance : Concept développé par Dan Siegel (2001), désignant la zone où l’enfant peut gérer ses émotions sans sombrer dans l’hypervigilance ou l’hypoactivation, permettant une régulation optimale pour l’évaluation et la thérapie (voir section 6).
  • Différenciation hypervigilance traumatique / faux TDAH : La hypervigilance traumatique correspond à une surveillance constante du danger, souvent confondue avec un trouble de l’attention, mais elle résulte d’un état de survie, contrairement au TDAH qui est un trouble neurodéveloppemental (voir section 6).

Points essentiels

  • Les échelles CPTS-RI et TSCYC sont essentielles pour objectiver la gravité des symptômes post-traumatiques, en particulier chez l’enfant. La CPTS-RI cible la réaction post-traumatique, tandis que la TSCYC évalue un ensemble de symptômes liés au trauma, à l’anxiété et à la dépression.
  • Les médiations telles que le dessin, le jeu de sable ou la mise en scène avec figurines permettent d’accéder à des représentations symboliques de l’état intérieur de l’enfant, souvent difficile à verbaliser. Ces outils facilitent la détection de figements, de thèmes récurrents ou de zones d’immobilité, indicateurs de trauma non verbal.
  • La Fenêtre de Tolérance est un concept clé pour maintenir l’enfant dans un état de régulation émotionnelle, évitant ainsi la dissociation ou l’hyperactivation lors de l’évaluation ou de la thérapie.
  • La différenciation entre hypervigilance traumatique et faux TDAH est cruciale pour éviter les faux diagnostics et adapter la prise en charge. La hypervigilance est une réponse adaptative au danger, alors que le TDAH est un trouble neurodéveloppemental (voir section 6).

À retenir

Les outils d’évaluation psychologique, combinant échelles standardisées et médiations symboliques, permettent une compréhension fine du trauma chez l’enfant, en distinguant hypervigilance traumatique et troubles de l’attention. La Fenêtre de Tolérance guide le maintien d’un état de régulation pour une évaluation efficace.

6. Posture du psychologue

Notions clés & Définitions

  • Quand orienter : Moment où le psychologue doit envisager une intervention spécialisée ou un signalement, notamment en cas de danger immédiat, stagnation du suivi, dissociation massive ou risque suicidaire (adolescent).
  • Réseau de soin : Ensemble des structures pluridisciplinaires telles que CMP (Centre Médico-Psychologique) et CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique), permettant une prise en charge globale et coordonnée du patient (voir section 3).
  • Traitements ciblés : Psychothérapies spécifiques adaptées au trauma, telles que l’EMDR (Désensibilisation et Reprogrammation par les Mouvements Oculaires) ou l’ICV (Intégration du Cycle de la Vie), visant à traiter les traumatismes en profondeur (voir section 3).
  • Prise en charge corporelle : Approche thérapeutique intégrant la psychomotricité pour réinvestir le corps sereinement, notamment chez l’enfant traumatisé, afin de favoriser la régulation émotionnelle et la sécurité intérieure.
  • Posture du psychologue : Attitude d’écoute, de maintien dans la fenêtre de tolérance, d’empathie et de sécurisation, essentielle pour accompagner le patient dans la gestion de ses traumatismes.

Points essentiels

  • La posture du psychologue doit privilégier la sécurité affective et physique du patient, notamment en situation de dissociation massive ou de risque suicidaire, en orientant rapidement vers des structures adaptées (CMP/CMPP).
  • Lorsqu’un danger immédiat ou une dissociation massive est identifié, il est crucial d’orienter sans délai vers des soins spécialisés ou d’assurer une prise en charge d’urgence.
  • La collaboration avec le réseau de soin est fondamentale pour une prise en charge pluridisciplinaire, permettant d’adapter les traitements ciblés comme l’EMDR ou l’ICV, en fonction des besoins spécifiques de l’enfant ou de l’adolescent.
  • La psychomotricité constitue un outil complémentaire pour réinvestir le corps sereinement, en particulier chez les jeunes traumatisés, facilitant la régulation émotionnelle et la sécurisation de l’enfant.
  • La vigilance du psychologue doit être constante pour détecter les signes de dissociation massive ou de risque suicidaire, en utilisant des outils d’évaluation et en maintenant une posture empathique et sécurisante.

À retenir

La posture du psychologue doit être à la fois sécurisante, vigilante et adaptée, en orientant rapidement vers les structures ou traitements appropriés dès que la situation le nécessite, notamment en cas de danger immédiat ou de dissociation massive.

7. Vigilance diagnostique trauma

Notions clés & Définitions

  • Vigilance diagnostique : Processus d'attention et de précaution clinique visant à différencier un trouble traumatique d'autres troubles tels que le TDAH, afin d'éviter les faux diagnostics. Elle implique une évaluation fine des symptômes et de leur contexte.

  • Faux TDAH : Diagnostic erroné d’un trouble de l’attention qui en réalité résulte d’un trauma ou d’un état d’hypervigilance traumatique. La vigilance consiste à reconnaître que l’agitation ou l’inattention peut être liée à une réponse de survie plutôt qu’à un trouble neurodéveloppemental (voir aussi la différenciation clinique).

  • Reconnaissance des symptômes spécifiques du trauma : Identification des manifestations cliniques propres au trauma, telles que cauchemars, flashbacks, évitement, hyperactivation, et expressions somatiques, qui peuvent être confondues avec d’autres troubles mais nécessitent une approche différenciée (voir aussi la typologie trauma en pédopsychiatrie).

  • Différenciation clinique : Approche analytique permettant de distinguer les symptômes liés au trauma de ceux d’autres troubles, notamment le TDAH, en tenant compte du contexte, de la nature des symptômes et de leur évolution. Elle repose sur une évaluation précise et l’observation des mécanismes sous-jacents (voir aussi la physiopathologie du stress cérébral).

  • AUTEUR : La vigilance diagnostique repose sur la compréhension que l’agitation traumatique est souvent une hypervigilance, non un trouble neurologique de l’attention, ce qui nécessite une différenciation claire pour éviter les erreurs de diagnostic (voir aussi la différenciation entre hypervigilance traumatique et faux TDAH).

Points essentiels

  • La vigilance diagnostique est cruciale pour éviter le faux TDAH, en particulier chez l’enfant ou l’adolescent ayant subi un trauma, car l’agitation et l’inattention peuvent être des réponses adaptatives à une situation de danger ou de stress chronique.

  • La reconnaissance des symptômes spécifiques du trauma, tels que cauchemars, flashbacks, évitement, et expressions somatiques, permet de différencier un trouble traumatique d’un trouble de l’attention. Ces manifestations sont souvent accompagnées de réactions physiologiques comme tachycardie ou troubles du sommeil.

  • La différenciation clinique s’appuie sur une évaluation attentive des mécanismes sous-jacents : le trauma entraîne une hyperactivation de l’amygdale (hypervigilance) et une hypoactivation du cortex préfrontal (difficulté de régulation émotionnelle), ce qui peut simuler un TDAH mais relève d’un état de survie.

  • La distinction entre hypervigilance traumatique et faux TDAH doit guider la prise en charge, en évitant de traiter un état de stress chronique par des médicaments destinés à un trouble de l’attention, ce qui pourrait aggraver la situation.

  • La sensibilisation à ces différences permet une meilleure orientation vers des traitements adaptés, notamment psychothérapies spécifiques comme l’EMDR, et évite la médicalisation inappropriée.

À retenir

La vigilance diagnostique consiste à différencier l’hypervigilance traumatique du TDAH en reconnaissant que l’agitation et l’inattention peuvent être des réponses adaptatives au trauma, afin d’éviter les faux diagnostics et d’adapter la prise en charge.

8. Orientation et prise en charge

Notions clés & Définitions

Posture du psychologue : Attitude professionnelle qui consiste à maintenir le patient dans sa fenêtre de tolérance émotionnelle, permettant ainsi une régulation optimale des émotions et une meilleure prise en charge (voir section 6).

Utilisation des médiations : Techniques telles que le dessin, le jeu de sable ou les figurines, employées pour observer et accompagner le patient, notamment pour accéder à l'inconscient, favoriser l’expression et repérer les mécanismes de défense (voir section 5).

Approche empathique et sécurisante : Démarche centrée sur l’écoute active, la bienveillance et la création d’un espace de confiance, essentielle pour accompagner un patient traumatisé, en particulier en pédo-psychiatrie (voir section 6).

Maintien dans la fenêtre de tolérance : Concept issu de la théorie de la régulation émotionnelle, visant à éviter la surcharge ou l’évitement, pour favoriser la stabilité émotionnelle et la progression thérapeutique (voir section 6).

Réseau de soin : Ensemble des structures pluridisciplinaires (CMP, CMPP) mobilisées pour assurer une prise en charge globale et coordonnée du patient, notamment en cas de danger immédiat ou de dissociation massive (voir section 6).

Soin ciblé : Intervention thérapeutique spécifique, comme l’EMDR ou l’ICV, adaptée à la nature du trauma, pour favoriser la désensibilisation et l’intégration des souvenirs traumatiques (voir section 6).

Points essentiels

  • La posture du psychologue doit privilégier le maintien dans la fenêtre de tolérance pour éviter la dissociation ou la surcharge émotionnelle, facilitant ainsi l’accès à la verbalisation et à la régulation (voir section 6).
  • Les médiations, telles que le dessin ou le jeu, sont des outils précieux pour observer les mécanismes de défense, favoriser l’expression non verbale et accompagner la reconstruction psychique (voir section 5).
  • L’approche empathique et sécurisante est fondamentale pour instaurer une relation de confiance, particulièrement chez les enfants traumatisés, permettant une meilleure efficacité des interventions (voir section 6).
  • L’orientation doit intervenir en cas de danger immédiat, de stagnation du suivi ou de dissociation massive, en mobilisant le réseau de soin pour une prise en charge pluridisciplinaire (voir section 6).
  • La différenciation entre hypervigilance traumatique et un faux TDAH est essentielle pour éviter une orientation inadaptée et privilégier une prise en charge adaptée au trauma (voir section 5).

À retenir

La posture du psychologue, centrée sur le maintien dans la fenêtre de tolérance, combinée à l’utilisation de médiations et à une approche empathique, est clé pour orienter efficacement et accompagner le patient traumatisé vers la stabilisation et la reconstruction.

Tableaux de Synthèse

CritèreTrauma simpleTrauma complexeAuteurs clésRemarques
Nature de l'événementUnique, soudainRépété, prolongéClassification en Type I et II (Herman, 1992)
SouvenirsNets, envahissantsFlous, fragmentésImpact sur la mémoire et l'identité
Impact psychiqueRéactions immédiates, souvent résoluesAltération de l'identité, troubles relationnelsNécessite une prise en charge adaptée
Manifestations cliniquesFlashbacks, cauchemarsDissociation, dépersonnalisationDifférenciation essentielle en pédopsychiatrie
CritèrePhysiopathologie du stress cérébralAuteurs clésRemarques
AmygdaleHyper-activation en mode survieLe Doux (2000)Centre de la peur, réaction exagérée
Cortex préfrontalHypo-activation, déficit de régulationArnsten (2009)Difficulté à contrôler l'émotion
HippocampeAltéré, mémoire déforméeBremner (2006)Difficulté à différencier passé et présent
DissociationMécanisme de sauvegardeJanet (1907)Peut devenir chronique si mal gérée

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre effraction psychique avec simple crise de stress ou crise d'angoisse sans rupture narcissique.
  2. Négliger la différence entre trauma simple (événement unique) et trauma complexe (répété, prolongé).
  3. Confondre dissociation comme mécanisme adaptatif temporaire et dissociation chronique comme trouble.
  4. Sous-estimer l’impact de l’altération hippocampale sur la mémoire traumatique.
  5. Confondre hyperactivité amygdalienne avec une simple réaction de peur normale.
  6. Omettre de considérer la hypo-activation du cortex préfrontal comme cause de l’impulsivité.
  7. Confondre souvenirs nets et précis avec souvenirs déformés ou fragmentés dans la typologie trauma.

Checklist Examen

  • Connaître la définition d’effraction psychique selon la littérature (notamment la rupture de l’enveloppe narcissique et le court-circuit psychique).
  • Maîtriser la physiopathologie du stress cérébral, en particulier le rôle de l’amygdale hyperactive, du cortex préfrontal hypoactif, et de l’hippocampe altéré, en citant Le Doux (2000), Arnsten (2009), Bremner (2006).
  • Savoir différencier le trauma simple du trauma complexe en termes de nature de l’événement, souvenirs, et impact sur l’identité (Herman, 1992).
  • Identifier les manifestations cliniques principales du trauma : répétition, évitement, hyperactivation.
  • Connaître les outils d’évaluation psychologique adaptés au trauma en pédopsychiatrie.
  • Comprendre la posture du psychologue face au trauma : posture d’écoute, neutralité, et vigilance.
  • Être capable d’identifier la vigilance diagnostique face à un trauma : signes d’effraction, dissociation, altération de la mémoire.
  • Savoir orienter et prendre en charge un patient traumatisé, en intégrant la dimension thérapeutique adaptée.
  • Connaître la classification des traumatismes en pédopsychiatrie (simple vs complexe).
  • Maîtriser la notion de court-circuit psychique et ses implications.
  • Connaître la définition de Perroux sur la croissance (si applicable dans le contenu).
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : dissociation, effraction, hyperactivation, hypo-activation, fragmentation.
  • Se rappeler que la dissociation peut être une réponse neurobiologique ou psychologique, selon Janet.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Crise traumatique et régulation émotionnelle avec 8 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Qu'est-ce que l'effraction psychique ?

2. Quel auteur a décrit en 2000 l'hyperactivation de l'amygdale en mode survie dans la physiopathologie du stress cérébral?

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Effraction psychique — définition ?

Rupture de la barrière narcissique lors d’un trauma intense.

Stress cérébral — structure hyperactivée ?

L’amygdale, en mode survie, déclenche la réaction de peur.

Trauma en pédopsychiatrie — typologie ?

Simple (événement unique) ou complexe (répété, prolongé).

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