Fiche de révision : Histoire du sport sous De Gaulle

Plan du Cours

  1. Maurice Herzog
  2. Politique sportive gaullienne
  3. Formation sportive
  4. Infrastructures sportives
  5. Sport de haut niveau
  6. Sport loisir
  7. Médiatisation sport
  8. EP et sport
  9. Modèle du champion

1. Maurice Herzog

Notions clés & Définitions

  • Maurice Herzog (1958-1966) : Haut-Commissaire à la Jeunesse et au Sport nommé par le Général De Gaulle, chargé de la réorganisation et du développement du sport et de la jeunesse en France durant cette période.
  • Conquête de l’Annapurna : Expédition menée par Maurice Herzog et Louis Lachena, lors de laquelle Herzog a perdu ses doigts, symbole du dépassement de soi et de l’engagement sportif extrême.
  • Gestion du sport via le club Alpin Français : Maurice Herzog, ancien secrétaire de cette organisation fondée au milieu du 19ème siècle, utilise cette expérience pour gérer efficacement le sport, notamment l’alpinisme et l’escalade.
  • Réorganisation permanente du sport et de l’éducation physique : Objectif poursuivi par Herzog pour adapter et moderniser en continu le système sportif et éducatif, en lien avec la dynamique économique et sociale de l’époque.
  • Création et soutien à l’UCPA : Maurice Herzog impulse la création de l’Union nationale des Centres sportifs de Plein Air, pour démocratiser les activités de plein air comme l’alpinisme, le ski, la voile, favorisant la massification du sport loisir.

Points essentiels

  • Maurice Herzog, ancien grimpeur, incarne le dépassement de soi, illustré par sa conquête de l’Annapurna où il a perdu ses doigts, devenant un symbole du sportif qui se dépasse.
  • Son rôle de Haut-Commissaire est marqué par une gestion efficace du sport, notamment par son expérience au sein du club Alpin Français, organisation fondée au XIXe siècle, qui lui permet d’avoir une expertise en alpinisme et escalade.
  • La politique sportive sous Herzog vise à réorganiser en permanence le sport et l’éducation physique, en réponse à l’expansion économique et à la volonté de valoriser le citoyen sportif comme modèle de réussite sociale.
  • La médiatisation des champions comme Anquetil, Jazy ou Tabarly, ainsi que la remise de la Légion d’honneur à des sportifs, illustrent la valorisation du sport comme vecteur de grandeur nationale, en lien avec la politique gaullienne.
  • Sur le plan institutionnel, Herzog impulse la formation à travers les brevets d’État obligatoires (1963), la mise en place de 50 Conseillers Techniques Régionaux (1969), et la centralisation de la formation olympique à l’INS, pour préparer les sportifs de haut niveau.
  • La politique d’équipement, via deux lois-programmes (1961-65 et 1966-70), permet la construction de piscines, stades et installations sportives dans les grandes et petites villes, facilitant l’accès au sport et à l’EPS.
  • La création de l’UCPA, fusion d’associations existantes, marque une rupture dans le sport loisir, en favorisant les activités de pleine nature et la démocratisation du sport non compétitif.
  • La période voit une forte croissance des résultats sportifs français, la médiatisation des JO de Grenoble 1968, et la reconnaissance du sport comme vecteur de puissance et d’épanouissement national.

À retenir

Maurice Herzog, en tant que Haut-Commissaire, a impulsé une politique de modernisation du sport français, mêlant dépassement de soi, formation, équipement et médiatisation, pour faire du sport un vecteur de grandeur et de cohésion nationale.

2. Politique sportive gaullienne

Notions clés & Définitions

  • Politique sportive impulsée par le général De Gaulle : Ensemble des actions et orientations gouvernementales visant à valoriser et structurer le sport en France, notamment à travers la valorisation des champions, le développement des infrastructures et la formation, dans le cadre d’une vision de puissance nationale (source : contenu source).

  • Valorisation des champions comme symboles de réussite sociale et nationale : Mise en avant des sportifs d’élite comme figures emblématiques de la réussite individuelle et collective, représentant la grandeur de la France, notamment par leur médiatisation et leur récompense par la Légion d’honneur (source : contenu source).

  • Attribution de la Légion d’honneur aux sportifs pour la première fois : Pratique instaurée durant la période gaullienne où certains sportifs, exemplaires dans leurs exploits, sont décorés par cette distinction, soulignant leur rôle dans la promotion de l’image nationale (source : contenu source).

  • Lois-programmes d’équipement sportif (1961-65 et 1966-70) : Dispositifs législatifs inscrivant dans la loi des investissements massifs pour la construction d’infrastructures sportives, telles que piscines, stades et gymnases, visant à moderniser et démocratiser l’accès au sport (source : contenu source).

  • Politique de recrutement massif des professeurs d’EPS : Stratégie d’accroissement significatif du nombre d’enseignants en éducation physique et sportive, passant de 7 000 en 1958 à 16 000 en 1968, pour soutenir la massification et la professionnalisation du sport scolaire (source : contenu source).

Points essentiels

  • La période gaullienne voit une forte impulsion politique pour structurer et valoriser le sport en France, incarnée par Maurice Herzog, nommé Haut-Commissaire à la Jeunesse et au Sport (1958-1966). Herzog, ancien grimpeur, symbolise le dépassement de soi, incarnant l’idéal du sportif exemplaire, en lien avec la vision de la société comme un espace de lutte et de réussite (source : contenu source).

  • La valorisation des champions, tels que Jean Anquetil, Michel Jazy ou Éric Tabarly, participe à la construction d’une image de réussite nationale, renforcée par la médiatisation et la décoration par la Légion d’honneur, pour la première fois attribuée à des sportifs.

  • La politique d’équipement sportif se traduit par deux lois-programmes : la première (1961-65) construit 1000 piscines et 1500 stades dans les grandes villes, la seconde (1966-70) développe des installations plus modestes dans les petites villes, favorisant la pratique de masse et l’accès à l’EPS dans les écoles.

  • La formation et la préparation olympique sont centralisées à l’Institut National des Sports (INS), créé en 1945, pour former des sportifs de haut niveau en vue des Jeux Olympiques, notamment ceux de Grenoble en 1968, symboles du succès sportif français.

  • La politique de recrutement massif des enseignants d’EPS, avec une augmentation de leur nombre, permet une meilleure diffusion du sport dans le système éducatif, intégrant pleinement le sport dans la formation du citoyen sportif et dans l’éducation nationale.

  • La création du UCPA (Union nationale des Centres sportifs de Plein Air) illustre la volonté de démocratiser le sport loisir, notamment par le biais d’activités de pleine nature, contribuant à la massification du sport non compétitif.

À retenir

La politique sportive gaullienne, sous l’impulsion de Maurice Herzog, vise à faire du sport un vecteur de puissance, de réussite sociale et de rayonnement national, en développant infrastructures, formation et valorisation des champions, dans une logique de modernisation et de démocratisation.

3. Formation sportive

Notions clés & Définitions

  • Brevet d’État (1963) : Diplôme obligatoire pour enseigner certaines activités sportives, permettant de structurer la formation des éducateurs sportifs et d’assurer un niveau de compétence reconnu par l’État.
  • Conseillers Techniques Régionaux (CTR) : Professionnels formés et déployés dans chaque région (50 en 1969), chargés d’encadrer, de former et de contrôler la pratique sportive à un niveau régional, favorisant la diffusion et la qualité de l’enseignement sportif.
  • Centralisation de la formation olympique à l’INS : Organisation de la formation des sportifs de haut niveau à l’Institut National des Sports, créé en 1945, pour préparer efficacement les athlètes aux compétitions olympiques, sous la tutelle de l’État.
  • Structuration et contrôle de la formation sportive par l’État : Mise en place d’un cadre réglementaire avec les brevets d’État, la création des CTR, et la centralisation à l’INS, afin d’assurer une formation cohérente, homogène et contrôlée pour le développement du sport de haut niveau.
  • Politique d’équipement sportif (1961-1970) : Programmes d’investissement législatifs visant à construire des infrastructures modernes (piscines, stades, gymnases) dans les grandes et petites villes, facilitant l’accès à la pratique sportive et la formation des enseignants.
  • Médiatisation et valorisation du sport : Utilisation des exploits sportifs et des champions (ex : Killy, Dürr) pour renforcer l’image nationale, notamment par la médiatisation des JO de Grenoble 1968, et la récompense des sportifs par la légion d’honneur, symbolisant leur rôle dans la grandeur de la France.

Points essentiels

  • La période est marquée par une forte impulsion de l’État pour structurer la formation sportive, notamment par la mise en place des brevets d’État obligatoires en 1963, qui imposent un cadre de qualification pour l’enseignement des activités sportives.
  • La création et le déploiement des CTR en 1969 permettent une gestion décentralisée, mais contrôlée, de la formation et de la diffusion du sport à l’échelle régionale, assurant une homogénéité dans la qualité de l’enseignement.
  • La centralisation de la formation olympique à l’INS, créée en 1945, s’inscrit dans une logique de préparation optimale des sportifs de haut niveau, sous l’égide de l’État, pour maximiser les chances de succès lors des compétitions internationales.
  • La politique d’équipement, notamment via deux lois-programmes (1961-1965 et 1966-1970), permet la construction massive d’infrastructures modernes (piscines, stades, gymnases), facilitant la pratique et la formation sportive, tout en modernisant le matériel utilisé par les enseignants.
  • La médiatisation des exploits sportifs, notamment lors des JO de Grenoble 1968, participe à la valorisation du sport comme vecteur de puissance nationale et d’intégration sociale, renforçant le modèle du citoyen sportif.
  • La reconnaissance officielle des sportifs par la légion d’honneur, sous De Gaulle, illustre l’intégration du sport dans la sphère de la grandeur nationale, valorisant la réussite individuelle comme reflet de la réussite collective.

À retenir

La période des années 60 voit une structuration systématique de la formation sportive par l’État, avec la mise en place de diplômes obligatoires, la création de dispositifs régionaux, et la centralisation de la formation olympique, afin de faire du sport un vecteur de puissance, de prestige et de cohésion nationale.

4. Infrastructures sportives

Notions clés & Définitions

  • Construction de 1000 piscines et 1500 stades dans les grandes villes (1ère loi-programme) : Programme d’investissement lancé entre 1961 et 1965 visant à doter les grandes agglomérations françaises d’équipements sportifs modernes et compétitifs, notamment des piscines olympiques et des stades adaptés aux normes internationales.

  • Construction d’installations sportives modestes dans les petites villes (2ème loi-programme) : Entre 1966 et 1970, ce programme privilégie la création d’équipements sportifs plus simples, tels que gymnases, stades et piscines de taille plus modeste, souvent à usage saisonnier (ex : piscines Tournesol), pour favoriser la démocratisation du sport dans les zones moins urbanisées.

  • Piscines Tournesol : Innovation pour usage saisonnier, ces piscines de 25 mètres conçues pour être ouvertes en été et couvertes en hiver grâce à un toit rétractable, permettant une utilisation prolongée tout au long de l’année dans un contexte de développement des équipements sportifs modestes.

  • Impact des infrastructures sur l’enseignement de l’EPS : La mise en place d’équipements modernes et accessibles dans les villes facilite l’intégration du sport dans l’éducation physique scolaire, permettant aux professeurs d’EPS d’utiliser ces installations pour diversifier et améliorer la formation des élèves, tout en renforçant la dimension technique et compétitive de l’enseignement (voir aussi la référence à Andrieu, 1993).

Points essentiels

  • La période des années 60 est marquée par une politique d’équipement sportif ambitieuse, impulsée par Maurice Herzog sous l’égide du gouvernement gaullien, avec un double objectif : doter les grandes villes d’installations de haut niveau et favoriser la démocratisation dans les petites villes.

  • La première loi-programme (1961-1965) prévoit la construction massive de piscines et stades dans les grandes villes, notamment des piscines olympiques, pour répondre aux besoins du sport de haut niveau et de la compétition.

  • La seconde loi-programme (1966-1970) privilégie la construction d’installations plus modestes dans les petites villes, telles que gymnases, stades et piscines saisonnières (ex : piscines Tournesol), afin de rendre le sport accessible à un plus grand nombre et de soutenir le développement du sport loisir.

  • La création de piscines Tournesol répond à la nécessité d’un usage saisonnier, permettant une utilisation efficace tout au long de l’année, notamment dans des zones où l’équipement permanent serait coûteux ou peu pratique.

  • La politique d’équipement a un impact direct sur l’enseignement de l’EPS : elle permet aux professeurs d’accéder à des infrastructures modernes, facilitant la diversification des activités et renforçant la technicité de l’enseignement, contribuant ainsi à la formation du citoyen sportif (Andrieu, 1993).

  • La croissance du nombre de professeurs d’EPS, passant de 7 000 en 1958 à 16 000 en 1968, accompagne cette dynamique d’équipement et de professionnalisation de l’enseignement.

À retenir

Les politiques d’équipement sportif des années 60, en construisant massivement des infrastructures dans les grandes et petites villes, ont permis de démocratiser l’accès au sport et de renforcer l’impact de l’infrastructure sur l’enseignement de l’EPS, tout en soutenant la politique de valorisation des champions et la médiatisation du sport français.

5. Sport de haut niveau

Notions clés & Définitions

  • Préparation et formation des sportifs de haut niveau à l’INS : Organisation centralisée de la formation olympique à l’Institut National des Sports (INS), créée en 1945, visant à préparer les athlètes pour les compétitions internationales et notamment les Jeux Olympiques (voir aussi "Structuration de la formation olympique").
  • Succès des champions français (ex : Jean-Claude Killy, Françoise Dürr) : Réalisations sportives remarquables de sportifs français lors des compétitions internationales, notamment aux Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble 1968, illustrant la montée en puissance du sport français (ex : Killy triple médaillé d’or).
  • Récompenses nationales des sportifs de haut niveau : Distinctions officielles telles que la Légion d’honneur attribuées aux sportifs exemplaires, symbolisant la reconnaissance de l’État et la valorisation sociale du sport de haut niveau (première attribution en lien avec la politique gaullienne).
  • Participation aux Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble 1968 : Événement majeur de médiatisation et de réussite sportive française, avec des exploits comme ceux de Jean-Claude Killy, qui renforcent l’image de la France comme nation sportive de premier plan (voir aussi "Médiatisation sport").
  • Modèle du champion comme reflet de la société : Idéal valorisant le dépassement de soi, la lutte individuelle et la réussite comme miroir des valeurs sociales et économiques, incarné par des figures emblématiques telles que Jean-Claude Killy ou Françoise Dürr (voir aussi "Modèle du champion").

Points essentiels

  • La période des années 60 voit une structuration accrue de la formation sportive avec la création de l’INS en 1945, centralisant la préparation olympique. La mise en place des brevets d’État obligatoires en 1963 et la création de conseillers techniques régionaux (CTR) en 1969 renforcent cette organisation.
  • La politique sportive gaullienne, impulsée par Maurice Herzog, vise à valoriser le sport comme vecteur de puissance nationale, avec un budget en expansion, la médiatisation des exploits sportifs et la remise de décorations telles que la Légion d’honneur à des champions comme Louison Bobet ou Jean-Claude Killy, pour illustrer la réussite française (voir aussi "Succès des champions français").
  • La politique d’équipement, à travers deux lois-programmes (1961-65 et 1966-70), permet la construction de piscines, stades et installations sportives modernes dans les grandes villes et petites communes, facilitant la formation et la pratique sportive de haut niveau. La construction de piscines olympiques et de structures modestes pour le sport de masse accompagne cette dynamique.
  • La médiatisation des Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble 1968, retransmis en couleur et Eurovision, constitue un moment clé de la visibilité internationale du sport français, avec la performance de Killy et la participation de médias étrangers, renforçant l’image de puissance sportive.
  • La réussite sportive et la reconnaissance officielle participent à la construction d’un modèle du champion, reflet de la société, incarnant le dépassement, la lutte et la réussite sociale, avec une forte valorisation par l’État.

À retenir

Le développement du sport de haut niveau dans les années 60, sous l’impulsion de Maurice Herzog et de la politique gaullienne, repose sur une organisation structurée, des investissements en infrastructures et une médiatisation accrue, visant à faire de la France une nation sportive de référence et à valoriser ses champions comme symboles de réussite nationale.

6. Sport loisir

Notions clés & Définitions

  • Développement du sport loisir non compétitif : processus visant à promouvoir des activités sportives accessibles à tous, sans objectif de compétition, pour favoriser la participation et la démocratisation du sport (source).
  • Création de l’UCPA (Union nationale des Centres sportifs de Plein Air) : organisation fondée pour démocratiser la pratique des activités de plein air comme l’alpinisme, le ski ou la voile, en proposant des formations et en regroupant des associations existantes (source).
  • Fusion des associations UNCM et UNF sous l’UCPA : rapprochement de l’Union nationale des centres de montagnes (UNCM) et de l’Union nautique française (UNF) pour créer une structure unique dédiée aux activités de pleine nature, renforçant la massification sportive non compétitive (source).
  • Sport loisir comme levier de massification sportive : utilisation du sport non compétitif pour augmenter le nombre de pratiquants, en rendant le sport accessible et attractif pour le plus grand nombre, contribuant ainsi à la démocratisation du sport (source).

Points essentiels

  • La période des années 1960 voit une rupture avec l’approche élitiste du sport, notamment par la création de l’UCPA, qui vise à démocratiser la pratique sportive de plein air, notamment par la fusion des associations UNCM et UNF (source).
  • Maurice Herzog, en tant que Haut-Commissaire à la Jeunesse et au Sport (1958-1966), impulse une politique de massification du sport loisir, en soutenant la formation et la structuration des activités de plein air, notamment via la mise en place de formations diplômantes et la création de centres spécialisés (source).
  • La politique de développement du sport loisir s’inscrit dans une logique de démocratisation, en rendant accessible la pratique sportive à un large public, notamment par la création de centres, la formation d’encadrants, et la fusion d’associations existantes pour renforcer l’offre d’activités non compétitives (source).
  • La médiatisation des événements sportifs, notamment les JO d’hiver de Grenoble en 1968, participe à valoriser le sport comme vecteur de réussite nationale et de cohésion sociale, tout en promouvant le sport loisir auprès du grand public (source).

À retenir

La politique de sport loisir, incarnée par la création de l’UCPA et la fusion des associations de plein air, constitue un levier majeur de massification sportive dans les années 1960, favorisant l’accès aux activités de plein air pour tous et renforçant la dimension démocratique du sport.

7. Médiatisation sport

Notions clés & Définitions

  • Médiatisation des Jeux Olympiques de Grenoble 1968 en couleur et Eurovision : Première retransmission en couleur des Jeux Olympiques d’hiver, permettant une visibilité accrue et une valorisation du sport français à l’échelle internationale, notamment via la participation de la France à l’Eurovision pour la diffusion.
  • Couverture internationale des événements sportifs français : Processus par lequel les médias étrangers diffusent et mettent en avant les exploits sportifs français, contribuant à renforcer l’image de puissance sportive et nationale à l’étranger.
  • Utilisation des champions pour renforcer l’image nationale : Méthode de valorisation par la médiatisation des exploits individuels de sportifs de haut niveau (ex : Killy, Dürr, Jazy), qui deviennent des symboles de réussite et de grandeur nationale, notamment par leur récompense par la légion d’honneur.
  • Rôle des médias dans la valorisation du sport : Fonction de diffusion et d’amplification des exploits sportifs, qui participe à la construction d’une image positive de la France, à travers la retransmission d’événements, la mise en avant des champions et la diffusion en couleurs ou en direct.
  • AUTEUR : Andrieu (1993) : « L’EP participe au réveil de la France, à sa politique élitiste et à sa volonté de puissance. Le sport, idéalisé dans les exploits, devient l’ambassadeur de cette France nouvelle. »

Points essentiels

  • La médiatisation en couleur des Jeux Olympiques de Grenoble 1968, retransmis notamment via l’Eurovision, marque une étape majeure dans la visibilité du sport français à l’échelle mondiale. Elle témoigne de l’investissement des médias dans la valorisation du sport comme vecteur d’image nationale.
  • La couverture internationale des exploits sportifs français, notamment grâce à la médiatisation des champions (Killy, Dürr, Jazy), participe à la construction d’une image de puissance sportive et de réussite nationale. Ces sportifs sont souvent récompensés par la légion d’honneur, illustrant leur rôle dans la diplomatie sportive.
  • La médiatisation permet également de renforcer la cohésion nationale en diffusant des exploits qui deviennent des symboles de grandeur et de dépassement, contribuant à l’idéologie du citoyen sportif et à la valorisation du modèle du champion.
  • Les médias jouent un rôle central dans cette dynamique, en diffusant en couleur, en direct, et en mettant en scène les exploits pour maximiser leur impact symbolique et politique. La retransmission des JO en couleur en 67 est un exemple clé de cette stratégie.
  • La médiatisation participe aussi à la diffusion de l’image d’une France moderne, dynamique, et puissante, en lien avec la politique de grandeur impulsée par le gouvernement gaullien.

À retenir

La médiatisation des événements sportifs, notamment en couleur et à l’échelle internationale, sert à renforcer l’image de puissance et de réussite de la France, en valorisant ses champions et en diffusant ses exploits comme symboles de grandeur nationale.

8. EP et sport

Notions clés & Définitions

  • Entrée complète du sport dans le système scolaire dans les années 60 : Intégration systématique et généralisée du sport dans l’éducation physique scolaire, marquée par une structuration et une valorisation accrue des activités sportives dans le cadre scolaire, notamment par la mise en place de politiques publiques et de formations spécifiques.

  • Obligation de l’EPS au baccalauréat à partir de 1959 : Mise en place officielle de l’épreuve d’éducation physique dans le cadre de l’examen du baccalauréat, renforçant la légitimité et la place du sport dans le cursus scolaire, avec un impact sur la valorisation de l’EPS.

  • Transformation de la demi-journée de plein air en demi-journée de sport : Modification des activités proposées lors de la demi-journée réservée à la sortie scolaire, passant d’activités de plein air à des activités sportives structurées, afin de mieux intégrer le sport dans l’éducation physique.

  • Sport comme support principal de l’éducation physique (textes de 1961, 62, 67) : Reconnaissance officielle du sport comme le principal moyen d’enseigner et de structurer l’EPS, remplaçant les activités traditionnelles comme la gymnastique ou l’hébertisme, conformément aux textes législatifs de cette période.

  • Augmentation du nombre de professeurs d’EPS : Croissance significative du corps enseignant dédié à l’EPS, passant de 7 000 en 1958 à 16 000 en 1968, afin de répondre à la demande croissante d’activités sportives dans le cadre scolaire.

  • Modèle techniciste de l’EPS avec enseignants aussi entraîneurs : Approche centrée sur la technicité et la performance, où les enseignants d’EPS jouent également le rôle d’entraîneurs, favorisant la formation de champions et une pratique sportive orientée vers la compétition.

Points essentiels

  • La nomination de Maurice Herzog (1958-1966), ancien grimpeur et héros de l’Annapurna, en tant que Haut-Commissaire à la Jeunesse et au Sport par le Général De Gaulle, marque une période de forte impulsion politique en faveur du sport scolaire. Herzog, issu du club alpin, incarne le dépassement de soi et la gestion sportive, avec une volonté de réorganiser en permanence l’EP et le sport dans le cadre scolaire.

  • La politique sportive gaullienne valorise les champions (ex : J. Anquetil, M. Jazy, E. Tabarly) comme symboles de réussite nationale, récompensés par la légion d’honneur, illustrant la dimension patriotique et la médiatisation du sport.

  • La mise en place de brevets d’État obligatoires (1963) et de Conseillers Techniques Régionaux (CTR) (50 en 1969) structure la formation sportive, assurant un contrôle et une qualification professionnelle pour l’enseignement et la pratique sportive.

  • La centralisation de la formation olympique à l’INS (Institut National des Sports), créé en 1945, permet de préparer spécifiquement les sportifs de haut niveau pour les Jeux Olympiques, sous l’impulsion de Herzog.

  • La politique d’équipement, via deux lois-programmes (1961-65 et 1966-70), permet la construction massive d’installations sportives : 1000 piscines et 1500 stades dans les grandes villes, puis des équipements plus modestes dans les petites villes, favorisant l’accès au sport et la pratique scolaire.

  • La croissance du corps enseignant d’EPS (de 7 000 en 1958 à 16 000 en 1968) accompagne cette dynamique, permettant une meilleure diffusion des activités sportives dans les écoles.

  • La création de l’UCPA (Union nationale des Centres sportifs de Plein Air) participe à la démocratisation des activités de pleine nature, notamment le ski, l’alpinisme, la voile, en lien avec la politique de massification du sport loisir.

  • La médiatisation des JO de Grenoble 1968 (en couleur, Eurovision) et la réussite de champions comme Killy renforcent l’image du sport français comme vecteur de puissance nationale, avec une couverture médiatique sans précédent.

  • La période voit une intégration forte du sport dans l’EP, avec une évolution vers une pratique plus techniciste, orientée vers la compétition et la performance, tout en étant un vecteur de cohésion nationale et de dépassement individuel.

À retenir

L’intégration du sport dans le système scolaire dans les années 60, sous l’impulsion de Herzog et du contexte gaullien, transforme l’EPS en un vecteur de puissance nationale, de dépassement de soi et de citoyenneté sportive, en s’appuyant sur une structuration renforcée, une médiatisation accrue et une valorisation des champions.

9. Modèle du champion

Notions clés & Définitions

  • Modèle du champion : Représentation idéalisée d’un sportif exemplaire, incarnant le dépassement de soi, la réussite sociale et la valorisation de la performance, souvent médiatisé et récompensé par l’État (ex : légion d’honneur).
  • Dérives liées à la technicisation excessive de l’EPS : Risque de transformer l’éducation physique en une pratique purement technique, où l’enseignant devient aussi entraîneur, au détriment d’une dimension éducative globale (Andrieu, 1993).
  • Oppositions autour de la valorisation du sport de compétition dans l’école : Divergences d’opinions sur l’intérêt et l’impact du sport de haut niveau en milieu scolaire, certains estimant qu’il privilégie la performance au détriment de l’éducation globale.
  • Le champion comme symbole de dépassement et réussite sociale : Le champion est perçu comme un modèle social, illustrant la possibilité d’ascension par le travail et la performance, et servant d’exemple à la société dans son ensemble.
  • Maurice Herzog (1958-1966) : Haut-Commissaire à la Jeunesse et au Sport, ancien grimpeur, symbole du dépassement de soi, il impulse une politique de formation, d’équipement et de médiatisation du sport pour valoriser l’idéal du champion.

Points essentiels

  • Maurice Herzog incarne l’idéal du sportif qui se dépasse, illustrant la réussite par l’effort extrême, comme lors de sa conquête de l’Annapurna, malgré la perte de ses doigts.
  • La politique sportive gaullienne, sous Herzog, privilégie la valorisation des champions par la médiatisation, la récompense (Légion d’honneur) et la structuration de la formation (brevets d’État, CTR, INS).
  • La formation olympique est centralisée à l’INS, avec un accent sur la préparation des sportifs de haut niveau pour les Jeux Olympiques, notamment Grenoble 1968.
  • La politique d’équipement se traduit par la construction massive d’infrastructures sportives dans les grandes villes (piscines, stades), puis dans les petites villes, permettant une meilleure accessibilité et une pratique plus technique.
  • La médiatisation des exploits sportifs (ex : Killy, Dürr, JO Grenoble 68) participe à la construction de l’image du champion comme héros national, renforçant la dimension symbolique et éducative du sport.
  • La technicisation de l’EPS, avec un modèle du champion comme idéal, suscite des oppositions, certains dénonçant une pratique trop orientée vers la performance et la compétition, au détriment d’une dimension éducative plus large.

À retenir

Le modèle du champion, promu par la politique gaullienne et Maurice Herzog, incarne l’idéal de dépassement et de réussite sociale, mais soulève aussi des enjeux liés à la technicisation excessive de l’EPS et à la valorisation du sport de compétition dans l’école.

Tableaux de Synthèse

CritèrePolitique sportive gaullienneMaurice HerzogFormation sportive
Objectif principalStructurer, valoriser, moderniser le sport en FranceDépassement de soi, gestion efficace du sport, démocratisationProfessionnaliser, certifier, former les éducateurs et sportifs de haut niveau
Acteurs clésGouvernement, Ministère des Sports, Maurice HerzogMaurice Herzog, UCPA, Ministère des SportsMinistère des Sports, INS, CTR, enseignants d’EPS
InfrastructuresLois-programmes (1961-65, 1966-70), construction piscines, stadesConstruction d’installations sportives (piscines, stades)Établissements de formation, centres régionaux
ValorisationChampions médiatisés, Légion d’honneur, symboles de réussiteConquête de l’Annapurna, dépassement de soiDiplômes d’État, formation certifiée
FormationRecrutement massif d’enseignants, formation des cadresFormation à travers clubs, expérience alpinismeBrevet d’État, CTR, formation olympique à l’INS
CritèreInfrastructures sportivesSport de haut niveauSport loisir
ObjectifDémocratiser l’accès au sport, massifierPréparer et valoriser les championsFavoriser la pratique non compétitive, accessible à tous
MoyensLois-programmes, investissements publicsCentres d’entraînement, formation spécialiséeUCPA, activités de pleine nature
RésultatsMultiplication des équipements, médiatisationSuccès aux JO, médailles, reconnaissancePratique pour le plaisir, santé, cohésion sociale

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre Maurice Herzog, figure de l’alpinisme, avec la politique sportive gaullienne en général.
  2. Confondre la valorisation des champions (médias, décorations) avec la politique de formation et d’équipement.
  3. Assimiler la création de l’UCPA uniquement à la compétition, alors qu’elle vise aussi la démocratisation et le loisir.
  4. Confondre le rôle du Haut-Commissaire Herzog avec celui du gouvernement dans la politique sportive.
  5. Confondre les lois-programmes (1961-65, 1966-70) avec la politique de médiatisation ou de formation.
  6. Confondre le Brevet d’État avec le diplôme de formation initiale ou le diplôme universitaire.
  7. Confondre la médiatisation des champions avec la politique de développement des infrastructures.

Checklist Examen

  • Connaître la définition de Maurice Herzog et son rôle en tant que Haut-Commissaire à la Jeunesse et au Sport (1958-1966).
  • Identifier les objectifs de la politique sportive gaullienne : structurer, valoriser, moderniser le sport en France.
  • Citer les principaux champions valorisés durant cette période (Anquetil, Jazy, Tabarly) et leur rôle symbolique.
  • Expliquer la création des lois-programmes d’équipement sportif (1961-65, 1966-70) et leur impact.
  • Définir le rôle des Conseillers Techniques Régionaux (CTR) et leur importance dans la formation sportive.
  • Connaître la fonction du Brevet d’État (1963) dans la formation des éducateurs sportifs.
  • Identifier l’objectif de la centralisation de la formation olympique à l’INS.
  • Connaître la création de l’UCPA et ses missions dans la démocratisation du sport loisir.
  • Comprendre le lien entre médiatisation, grandeur nationale et politique sportive sous De Gaulle.
  • Savoir que Maurice Herzog a impulsé la modernisation du sport français par la formation, l’équipement et la médiatisation.
  • Connaître les grands axes de la politique sportive gaullienne : infrastructures, formation, valorisation.
  • Maîtriser la notion de dépassement de soi illustrée par la conquête de l’Annapurna.
  • Se rappeler que la politique sportive vise aussi à faire du sport un vecteur de puissance et de cohésion nationale.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire du sport sous De Gaulle avec 9 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est l'effet principal de la médiatisation sportive, notamment lors des Jeux Olympiques de Grenoble 1968, selon le contexte ?

2. Quelle est la fonction principale de la formation sportive dans le contexte de la politique sportive des années 1960 en France ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire du sport sous De Gaulle avec 18 flashcards interactives.

Maurice Herzog — rôle ?

Haut-Commissaire à la Jeunesse et au Sport (1958-1966)

Politique sportive gaullienne — objectif ?

Structurer, valoriser, moderniser le sport en France

Formation sportive — outil clé ?

Brevet d’État (1963)

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