Fiche de révision : Influence sociale et dynamique de groupe

Plan du Cours

  1. Définition et objet de la psychologie sociale selon Moscovici
  2. Le regard psychosocial ternaire dans l’analyse des relations sujet-objet
  3. Influence sociale : conflit entre désir de similarité et d’individualité
  4. Facteurs sociaux favorisant l’uniformité : normes, modelage et comparaison sociale
  5. Fonctions sociales et cognitives des règles de conduite dans les interactions
  6. Phénomène de facilitation sociale et influence de la présence d’autrui sur la performance
  7. Théorie de la comparaison sociale de Festinger et évaluation des opinions par autrui
  8. Expériences d’Asch sur le conformisme et profils psychologiques des sujets
  9. Procédures expérimentales en psychologie sociale : étude des chocs électriques et apprentissage
  10. Influence du compère minoritaire et rôle des déviants dans la dynamique de groupe
  11. Mesure de l’influence sociale par l’évaluation visuelle et validation des résultats expérimentaux
  12. Effets de la cohésion et des caractéristiques du groupe sur la réaction aux déviants

1. Définition et objet de la psychologie sociale selon Moscovici

Notions clés & Définitions

  • Définition : Le phénomène de facilitation sociale renvoie au fait que la simple présence d’autrui lors de l’accomplissement d’une tâche a une influence directe sur les performances du sujet.
  • La formation des normes : Un processus par lequel, en l'absence de repères extérieurs objectifs, les individus créent des normes internes pour évaluer des stimuli indéfinis, comme illustré par l'effet autocinétique de Sherif où la perception de distance ou de mouvement est influencée par l'absence de points de référence.
  • La version française : Pression de groupe et action contre un individu.
  • Psychologie sociale : Textes fondamentaux anglais et américains, tome 1, (pp.

Points essentiels

  • Selon Moscovici (1984), la psychologie sociale est la science des phénomènes d’idéologie (cognitions et représentations sociales) et de communication aux divers niveaux des rapports humains.
  • L’objet de la psychologie sociale est donc l’interdépendance entre le sujet individuel, le groupe et la société à laquelle il appartient, c’est-à-dire les relations d’influence et de conflits entre les individus eux-mêmes, entre les groupes ou entre l’individu et le groupe.

À retenir

La psychologie sociale est une discipline intégrative centrée sur l’interdépendance entre individu, groupe et société, selon Moscovici.

2. Le regard psychosocial ternaire dans l’analyse des relations sujet-objet

Notions clés & Définitions

  • Sujet individuel ou Ego : La dimension individuelle du sujet dans la relation Sujet-Objet, représentant l'individu en tant qu'entité distincte.

Points essentiels

  • Le regard psychosocial ternaire analyse la relation Sujet-Objet médiatisée par un Autrui (réel ou imaginaire).
  • Le sujet évalue un objet social toujours à travers le regard d’autrui, notamment son groupe social ou culturel.
  • Cette médiatisation implique que le jugement porté sur un objet social est socialement construit et dépend des rapports sociaux.
  • La psychologie sociale se distingue par ce regard ternaire rompant avec une lecture binaire Sujet-Objet.

À retenir

L’analyse psychosociale intègre toujours la médiation d’autrui dans la relation entre sujet et objet social.

3. Influence sociale : conflit entre désir de similarité et d’individualité

Notions clés & Définitions

  • Conflit entre : Une tension résultant de la coexistence de deux désirs opposés : celui de ressembler aux autres pour être accepté socialement et celui de maintenir sa propre individualité.
  • Influence sociale : Une pression exercée par un groupe ou la société sur un individu, qui modifie progressivement ses comportements afin de favoriser la similarité avec autrui.

Points essentiels

  • L’influence sociale résulte d’un conflit entre le besoin d’être accepté par autrui et celui de se démarquer.
  • L’uniformité sociale n’est pas un simple instinct d’imitation, mais une conséquence de plusieurs facteurs sociaux.
  • Le désir de similarité vise à éviter le rejet social, tandis que le désir d’individualité pousse à la différenciation.
  • Ces deux besoins coexistent et influencent les comportements sociaux.
  • Sociale 12 L’idée première n’est pas comme chez Festinger que l’incertitude du sujet est réduite dans la comparaison avec autrui ; ce n’est pas en fonction de cette incertitude que les sujets se comparent. Ce serait plutôt en fonction de normes sociales en vigueur dans une situation où soi et autrui sont simultanément impliqués. Ce qui devient important est donc la situation particulière. Définition La conformité supérieure de soi serait caractérisée par le fait que l’individu à tendance à se valoriser par rapport aux normes en vigueur dans un ensemble social en s’attribuant des caractéristiques valorisées positivement. Mais l’individu a aussi tendance à se valoriser par rapport à autrui en se décrivant comme plus conforme que les autres. On voit bien que la notion de comparaison reste essentielle dans ce modèle. L’explication de l’effet P.I.P. fait alors intervenir un conflit entre deux termes :
    • d’une part, le désir de plaire qui conduit à un certain conformisme social ;
    • d’autre part, la volonté de préserver son moi qui conduit à une certaine volonté de différenciation sociale. Ce conflit ne trouverait une solution satisfaisante que dans le phénomène de conformité supérieure de soi : il n’est en effet qu’une façon de se présenter différent d’autrui dans le respect de la conformité aux normes sociales : c’est de s’affirmer comme en plus grande conformité que les autres à ces normes. Voyons maintenant la définition et les différents types de normes que cet auteur distingue : a. la norme peut être un état de fait habituel. Autrement dit ce qui est ordinaire, ce qui est courant, en conformité avec la majorité des cas, dans un groupe ou dans une situation donnée. C’est la norme de fait : notée F. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie
  • Sociale 4 Aujourd’hui on s’accorde à dire que l’uniformité est la résultante de plusieurs facteurs d’ordre social tels que : - les normes sociales, c’est-à-dire des règles informelles ; - le modelage, c’est-à-dire le fait d’imiter les actions d’autrui lorsque celles-ci se sont révélées efficaces dans une situation donnée ; autrement dit c’est le fait d’utiliser les actions d’autrui comme modèle ; on parlera de phénomène de contagion lorsque le comportement d’un modèle est imité par un grand nombre de personnes ; - la comparaison sociale, c’est-à-dire le fait que les gens comparent leurs attitudes et leurs actions avec celles des autres et ce, afin de juger de leur à-propos en fonction de l’accord observé avec ceux des autres. Autrement dit, la comparaison sociale renvoie au fait que les gens sont particulièrement susceptibles d’utiliser les actions des autres pour juger de leur propre comportement. Ces facteurs d’ordre social ont deux fonctions essentielles :  La première de ces fonctions est la facilitation des relations interindividuelles. En effet, l’adoption de règles de conduites (parfois peu formalisées) facilite le déroulement des échanges sociaux entre les individus. L’adoption de règles communes permet ainsi d’éviter de trop grandes différences interindividuelles ce qui limite les conflits ;  La deuxième est un fonctionnement économique du système cognitif. Ainsi, l’adoption de ces règles de conduites nous permet aussi de fonctionner de manière économique. Chaque individu a en tête des patterns de conduites applicables aux différentes situations auxquelles il est confronté ce qui lui permet de ne pas systématiquement avoir à s’interroger sur la conduite à tenir. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie

À retenir

L’influence sociale représente un équilibre dynamique entre le besoin d’appartenance et l’affirmation de soi.

4. Facteurs sociaux favorisant l’uniformité : normes, modelage et comparaison sociale

Notions clés & Définitions

  • Normes : Des règles informelles qui régissent les comportements, favorisant l’uniformité dans un groupe.
  • Comparaison sociale : Un processus par lequel les individus évaluent leurs attitudes et comportements en se référant à ceux des autres, pour juger de leur adéquation ou de leur valeur.

Points essentiels

  • Les normes sociales sont des règles informelles qui favorisent l’uniformité dans les comportements.
  • Le modelage consiste à imiter les actions efficaces d’autrui, pouvant entraîner une contagion comportementale.

À retenir

Les normes sociales sont des règles informelles qui favorisent l’uniformité dans les comportements.

5. Fonctions sociales et cognitives des règles de conduite dans les interactions

Notions clés & Définitions

  • Sociales en vigueur dans : Règles sociales qui s'appliquent dans un contexte donné où soi et autrui sont simultanément impliqués, influençant la valorisation de soi par rapport à un ensemble social.
  • Normes sociales : Règles informelles qui régissent les comportements dans une société ou un groupe, contribuant à l'uniformité des conduites sociales.

Points essentiels

  • Les règles de conduite facilitent les échanges sociaux en réduisant les différences interindividuelles.
  • Elles assurent la prévisibilité et la coordination des interactions sociales.
  • Ces règles ont une fonction cognitive en aidant à traiter l’information sociale de manière efficace.
  • L’adoption de règles communes évite les conflits et favorise la cohésion sociale.

À retenir

Les règles de conduite sont des outils essentiels pour la coordination sociale et la gestion cognitive des interactions.

6. Phénomène de facilitation sociale et influence de la présence d’autrui sur la performance

Notions clés & Définitions

  • Résultats : Les sujets infériorisés respectent beaucoup moins la consigne que les autres, c’est-à-dire qu’ils utilisent plus de dimensions graphiques (telles que le dessin, la forme, la composition qui n’étaient pas mentionnées dans la consigne) et de couleurs simples.
  • Présence d’autrui : Situation dans laquelle un individu accomplit une tâche en étant physiquement accompagné d’autres personnes, ce qui peut modifier sa performance.

Points essentiels

  • La présence d’autrui peut améliorer la performance sur des tâches simples ou bien maîtrisées (facilitation sociale).
  • Ce phénomène montre que la performance individuelle est influencée par la simple présence d’autres personnes.
  • La facilitation sociale illustre l’impact direct des facteurs sociaux sur les comportements individuels.
  • Ce phénomène est un exemple concret de l’influence sociale sur la performance.
  • Sociale 4 Aujourd’hui on s’accorde à dire que l’uniformité est la résultante de plusieurs facteurs d’ordre social tels que : - les normes sociales, c’est-à-dire des règles informelles ; - le modelage, c’est-à-dire le fait d’imiter les actions d’autrui lorsque celles-ci se sont révélées efficaces dans une situation donnée ; autrement dit c’est le fait d’utiliser les actions d’autrui comme modèle ; on parlera de phénomène de contagion lorsque le comportement d’un modèle est imité par un grand nombre de personnes ; - la comparaison sociale, c’est-à-dire le fait que les gens comparent leurs attitudes et leurs actions avec celles des autres et ce, afin de juger de leur à-propos en fonction de l’accord observé avec ceux des autres. Autrement dit, la comparaison sociale renvoie au fait que les gens sont particulièrement susceptibles d’utiliser les actions des autres pour juger de leur propre comportement. Ces facteurs d’ordre social ont deux fonctions essentielles :  La première de ces fonctions est la facilitation des relations interindividuelles. En effet, l’adoption de règles de conduites (parfois peu formalisées) facilite le déroulement des échanges sociaux entre les individus. L’adoption de règles communes permet ainsi d’éviter de trop grandes différences interindividuelles ce qui limite les conflits ;  La deuxième est un fonctionnement économique du système cognitif. Ainsi, l’adoption de ces règles de conduites nous permet aussi de fonctionner de manière économique. Chaque individu a en tête des patterns de conduites applicables aux différentes situations auxquelles il est confronté ce qui lui permet de ne pas systématiquement avoir à s’interroger sur la conduite à tenir. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie
  • Sociale 19 Si chaque individu du groupe établit une norme, s’agira-t-il de sa norme personnelle, différente de la norme des autres membres du groupe ? Ou bien, établiront-ils une norme commune, propre à la situation particulière du groupe et qui dépendra de la présence de ces individus ensemble et de leur influence réciproque les uns sur les autres ? Si tel est le cas alors il sera possible d’observer le prototype du processus psychologique de la formation d’une norme dans un groupe. Pour répondre à l’ensemble de ce questionnement, Sherif utilise l’effet autocinétique. Cet effet est le suivant : dans l’obscurité totale une lumière petite et unique semble se déplacer dans toutes les directions. Si, à plusieurs reprises, on présente le point lumineux à une personne, celle-ci peut voir la lumière apparaître chaque fois en différents points de la pièce, surtout si elle ignore la distance entre elle et la lumière. Dans une pièce complètement sombre, il est impossible de localiser de façon précise un point lumineux unique, car il n’existe pas de point de référence par rapport auquel le situer. L’effet a lieu même lorsque la personne qui regarde la lumière sait parfaitement que celle-ci ne se déplace pas. Il s’agit d’une étude quantitative de la formation des normes. Procédure L’amplitude du mouvement perçu a été étudiée dans deux situations : 1. quand l’individu est seul, 2. quand l’individu est dans une situation de groupe. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie

À retenir

Intégrer que la présence d’autrui modifie la performance individuelle, révélant l’impact social sur le comportement.

7. Théorie de la comparaison sociale de Festinger et évaluation des opinions par autrui

Notions clés & Définitions

  • Théorie de la comparaison sociale : Une théorie développée par Festinger selon laquelle l’individu, en l’absence de base objective, évalue ses opinions et capacités en se comparant à autrui, principalement en situation d’incertitude, afin de rétablir un état d’équilibre.
  • Réalité sociale : En effet, on peut se demander si la réalité sociale n’est pas un des facteurs constitutifs de la réalité physique plutôt qu’un de ses substituts.

Points essentiels

  • La comparaison sociale intervient principalement en situation d’incertitude pour rétablir un état d’équilibre.
  • Ce processus montre la dépendance du sujet à autrui pour valider ses jugements personnels.
  • La théorie souligne le rôle central de la comparaison sociale dans la construction des attitudes.
  • Sociale 8 Dans ce cas, il n’a pour seul moyen de comparaison que la "réalité sociale", c’est-à-dire d’autres individus ou encore le consensus, c’est-à-dire que si son opinion est partagée, il en conclura qu’elle est valide. Voyons deux exemples permettant d’illustrer cela : 1/ face à une surface (réalité physique), un individu peut penser qu’elle est cassable ou non ; il peut donner un coup de marteau sur cette surface et être convaincu que l’opinion qu’il avait est juste ou fausse. Si une personne lui dit que la surface est incassable après qu’il l’ait cassée, cela aura peu d’effet sur son opinion. 2/ prenons maintenant le cas d’une personne qui croit que si les élections sont gagnées par l’opposition dans son pays, la vie sera plus agréable qu’elle ne l’est ; si cette opinion est partagée, alors elle est valide, sinon elle ne l’est pas. Notons cependant que pour valider l’opinion d’un individu il n’est pas nécessaire que tout le monde pense comme lui. Il suffit que les personnes du groupe auquel il se réfère partagent son opinion. En 1954, Festinger élargit sa théorie en y intégrant l’évaluation des aptitudes ou des capacités d’un individu. Les aptitudes d’une personne se manifestent dans ses performances. De la même manière que pour les opinions, l’individu ne possède pas toujours de base objective pour évaluer certaines de ces capacités parce qu’il ne peut se référer à la "réalité physique". Si ses capacités sont appréciées par autrui ou si elles se situent correctement par rapport aux capacités d’autrui, il en conclura qu’elles sont satisfaisantes. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie
  • Sociale 9 Voici deux exemples permettant d’illustrer l’un et l’autre cas : 1/ l’évaluation de l’aptitude à la course à pied se fait en comparant le temps mis par plusieurs personnes pour parcourir la même distance. (cas où il existe une réalité physique permettant de comparer les aptitudes) 2/ l’évaluation de l’aptitude d’un individu à l’écriture poétique dépend, pour une large part, de l’idée que s’en font les autres. (cas où il n’existe pas de réalité physique mais une réalité sociale permettant de comparer les aptitudes) Les hypothèses concernant les opinions et les capacités qui sont avancées par Festinger dans la théorie de la comparaison sociale sont les suivantes : - il existe chez tout individu une tendance à évaluer ses opinions et ses capacités personnelles ; - en l’absence de moyens objectifs non sociaux, on évalue ses opinions et ses capacités en les comparant avec les opinions et les capacités des autres ; - la tendance à se comparer à autrui diminue à mesure qu’augmente la différence entre soi-même et cet autre, tant pour les opinions que pour les capacités. Il résulte de ces trois premières hypothèses que : 1/ c’est en se comparant à des autrui proches de soi en ce qui concerne une opinion ou une capacité que l’on peut en faire une évaluation stable. 2/ si on ne peut se comparer à des personnes proches de soi, on essaiera de se rapprocher de ces personnes ou de rapprocher ces personnes de soi en ce qui concerne les opinions ou les capacités en question. 3/ un individu préfèrera les situations dans lesquelles les opinions et les aptitudes d’autrui sont proches des siennes aux situations dans lesquelles elles sont éloignées. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie

À retenir

Comprendre la comparaison sociale comme un mécanisme fondamental d’évaluation et d’ajustement des opinions en contexte social.

8. Expériences d’Asch sur le conformisme et profils psychologiques des sujets

Notions clés & Définitions

  • Conformisme : Une pression exercée par un groupe qui pousse un individu à modifier ses opinions, attitudes et comportements pour les rendre concordants avec la norme dominante.
  • Sujets naïfs : Des participants à une expérimentation qui ignorent la véritable hypothèse et sont soumis à la pression d'une majorité unanime.
  • Sujets sont : Les participants à l'expérimentation qui doivent répondre publiquement face à une majorité, en se conformant ou en s'opposant à celle-ci.
  • Extrême on a les sujets : Une classification des profils psychologiques des sujets où certains restent indépendants et sûrs d'eux, tandis que d'autres sont conformistes, hésitants et perdent confiance en eux.

Points essentiels

  • Les expériences d’Asch montrent que des sujets naïfs peuvent se conformer à une majorité même si cela contredit leur perception.
  • Le conformisme se manifeste par la renonciation publique à son propre jugement pour éviter le rejet social.
  • Les erreurs des sujets varient significativement, illustrant la pression sociale sur l’évaluation perceptive.
  • Le mode d’énonciation (oral ou écrit) influence le taux d’erreurs conformistes.
  • Sociale 36 n’y avait pas d’enjeu réel, on voit qu’ici l’enjeu est très fort et pourtant on observe les mêmes effets de conformisme. La seule explication que l’on peut avancer concernant le comportement des sujets c’est qu’ils se déresponsabilisent face à la majorité. Toutefois, il faut souligner ici que ce phénomène de conformisme apparaît alors même que cette majorité n’est pas massive (deux individus contre un). Ce phénomène de déresponsabilisation semble confirmé par une expérimentation complémentaire, on note en effet sue le taux d’obéissance augmente considérablement (il passe à 93%) si le sujet naïf est affecté à une tâche subalterne (seconder un compère qui administre les chocs électriques). Il est à noter quoi qu’il en soit que le paradigme expérimental utilisé pose des questions éthiques. Il est en effet difficile de prétendre que le sujet n’est pas affecté psychologiquement et ce même si l’expérimentateur prend la précaution de lui démontrer que la situation est fictive. CONCLUSION générale sur le conformisme Les expérimentations réalisées sur le conformisme montrent à l’évidence que nos conduites individuelles peuvent dépendre de la pression du groupe. Dès lors certains auteurs se sont interrogés d’une part sur les caractéristiques des individus qui se conforment en comparaison à ceux qui restent indépendants ; d’autre part ces auteurs se sont intéressés aux processus qui sous-tendent le phénomène de conformisme. Concernant le premier point : certains auteurs se sont demandés s’il existait une personnalité conformiste. En d’autres termes existe-t-il des individus qui se conforment au groupe quelles que soient les circonstances ? U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie
  • Sociale 30 Je ne détaillerai pas ces expérimentations ici, je donnerai simplement les principaux résultats : 1. Lorsqu’au milieu de la majorité il y a deux sujets naïfs, dans ce cas les sujets sont 2 contre 6 ou lorsque au milieu de la majorité il y a un sujet naïf et un compère qui a pour consigne de donner des réponses correctes (dans ce cas aussi ils sont 2 contre 6), on constate que la fréquence des erreurs est bien moindre (10,4% dans le premier cas et 5,5% dans le second). Dans ces situations le sujet naïf a beaucoup moins tendance à se conformer parce qu’il perçoit un appui et ce même si à eux 2 ils sont loin d’égaler en taille la majorité. 2. Lorsque le compère instruit à donner des réponses exactes a pour consigne de se rallier à la majorité au milieu de l’expérimentation, on constate que contrairement aux hypothèses, le sujet naïf suit le mouvement dans la plupart des cas ce qui fait augmenter la proportion d’erreurs à 28,5%. 3. Lorsque le compère n’a pour consigne de donner des bonnes réponses que vers la deuxième moitié de l’expérience, on constate que si au départ le sujet naïf était indépendant, alors cela renforce son indépendance. Par contre, s’il était conforme, il devient plus indépendant (mais beaucoup plus fluctuant que les indépendants d’origine). 4. Lorsque l’on fait varier la taille de la majorité on constate les mêmes effets que dans la première expérience dès lors que le sujet est face à une majorité de 3 individus (il n’y a pas d’accentuation des effets si l’on augmente la taille de la majorité). 5. Enfin, cas extrêmes, si un seul compère ayant pour consigne de donner des mauvaises réponses aux essais critiques est glissé dans un groupe de U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie

À retenir

Le conformisme est un mécanisme social puissant qui peut altérer la perception individuelle sous pression de la majorité.

9. Procédures expérimentales en psychologie sociale : étude des chocs électriques et apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Psychologie Sociale : Discipline qui étudie les interactions entre individus et la manière dont la présence réelle ou implicite d'autrui influence leurs comportements, attitudes et perceptions.

Points essentiels

  • Les expériences utilisent des groupes composés de sujets naïfs et de compères pour étudier l’influence sociale.
  • Les tâches expérimentales incluent apprentissage d'association de mots et administration simulée de chocs électriques.
  • Le rôle des compères est manipulé pour créer des situations de conformité ou de déviance.
  • Ces procédures permettent d’observer les réactions des sujets face à la pression sociale dans des contextes variés.
  • Sociale 30 Je ne détaillerai pas ces expérimentations ici, je donnerai simplement les principaux résultats : 1. Lorsqu’au milieu de la majorité il y a deux sujets naïfs, dans ce cas les sujets sont 2 contre 6 ou lorsque au milieu de la majorité il y a un sujet naïf et un compère qui a pour consigne de donner des réponses correctes (dans ce cas aussi ils sont 2 contre 6), on constate que la fréquence des erreurs est bien moindre (10,4% dans le premier cas et 5,5% dans le second). Dans ces situations le sujet naïf a beaucoup moins tendance à se conformer parce qu’il perçoit un appui et ce même si à eux 2 ils sont loin d’égaler en taille la majorité. 2. Lorsque le compère instruit à donner des réponses exactes a pour consigne de se rallier à la majorité au milieu de l’expérimentation, on constate que contrairement aux hypothèses, le sujet naïf suit le mouvement dans la plupart des cas ce qui fait augmenter la proportion d’erreurs à 28,5%. 3. Lorsque le compère n’a pour consigne de donner des bonnes réponses que vers la deuxième moitié de l’expérience, on constate que si au départ le sujet naïf était indépendant, alors cela renforce son indépendance. Par contre, s’il était conforme, il devient plus indépendant (mais beaucoup plus fluctuant que les indépendants d’origine). 4. Lorsque l’on fait varier la taille de la majorité on constate les mêmes effets que dans la première expérience dès lors que le sujet est face à une majorité de 3 individus (il n’y a pas d’accentuation des effets si l’on augmente la taille de la majorité). 5. Enfin, cas extrêmes, si un seul compère ayant pour consigne de donner des mauvaises réponses aux essais critiques est glissé dans un groupe de U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie
  • Sociale 19 Si chaque individu du groupe établit une norme, s’agira-t-il de sa norme personnelle, différente de la norme des autres membres du groupe ? Ou bien, établiront-ils une norme commune, propre à la situation particulière du groupe et qui dépendra de la présence de ces individus ensemble et de leur influence réciproque les uns sur les autres ? Si tel est le cas alors il sera possible d’observer le prototype du processus psychologique de la formation d’une norme dans un groupe. Pour répondre à l’ensemble de ce questionnement, Sherif utilise l’effet autocinétique. Cet effet est le suivant : dans l’obscurité totale une lumière petite et unique semble se déplacer dans toutes les directions. Si, à plusieurs reprises, on présente le point lumineux à une personne, celle-ci peut voir la lumière apparaître chaque fois en différents points de la pièce, surtout si elle ignore la distance entre elle et la lumière. Dans une pièce complètement sombre, il est impossible de localiser de façon précise un point lumineux unique, car il n’existe pas de point de référence par rapport auquel le situer. L’effet a lieu même lorsque la personne qui regarde la lumière sait parfaitement que celle-ci ne se déplace pas. Il s’agit d’une étude quantitative de la formation des normes. Procédure L’amplitude du mouvement perçu a été étudiée dans deux situations : 1. quand l’individu est seul, 2. quand l’individu est dans une situation de groupe. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie

À retenir

Les méthodes expérimentales en psychologie sociale, impliquant des groupes mixtes de sujets naïfs et compères dans des tâches variées, illustrent la complexité et la rigueur nécessaires pour étudier l’influence sociale en laboratoire.

10. Influence du compère minoritaire et rôle des déviants dans la dynamique de groupe

Notions clés & Définitions

  • Hypothèse : La simple présence d’autrui ne suffit pas à créer ou provoquer des comportements de différenciation de la part du sujet.
  • Compère minoritaire : Membre introduit dans un groupe expérimental qui adopte systématiquement une position minoritaire constante et persistante, capable d’influencer la majorité malgré la pression majoritaire.
  • Dans le groupe : Situation où les interactions entre membres permettent l’émergence et la contestation des normes sociales, influencées par la présence de minorités ou de déviants.

Points essentiels

  • Le compère minoritaire peut influencer les sujets naïfs malgré la pression majoritaire.
  • Les déviants jouent un rôle clé en remettant en question la norme et en modifiant la dynamique de groupe.
  • La stabilité et la persistance du déviant renforcent son influence sur le groupe.
  • La présence de déviants peut modifier la cohésion et les décisions du groupe.
  • Sociale 52 6.3.1. Les recherches de FAUCHEUX et MOSCOVICI (1967)14 Ces deux auteurs sont les premiers à avoir réalisé des expérimentations sur l’innovation. Leur point de départ est relatif aux études faites classiquement sur l’influence sociale. Ils chercheront à renverser des paradigmes expérimentaux utilisés de façon classique. Selon les auteurs, ces recherches partent du postulat selon lequel seule la majorité peut exercer une pression sur les minorités et que ce résultat est essentiellement dû aux différences de taille entre les groupes considérés. Pour ces auteurs ce qui est important ce n’est pas la taille c’est la consistance et plus particulièrement la consistance synchronique (consensus au sein de la source d’influence) et consistance diachronique (durabilité du consensus dans le temps). En d’autres termes une minorité peut parfaitement influencer la majorité à partir du moment où elle est consistante. Pour appuyer leur hypothèse, les auteurs se réfèrent aux résultats obtenus lors des expérimentations réalisées par Asch. On constate que si le consensus est rompu par un compère qui doit se désolidariser, le sujet se sent soutenu. Dans ce cas le nombre de sujets qui se conforment passe de 32% à 10,4% alors que la taille de la majorité ne diminue pas considérablement puisqu’elle passe de 7 à 6. Pour les auteurs, c’est parce qu’un individu a rompu le consensus et que la
  • Sociale 57 6.3.3. Conclusion sur l’influence minoritaire Lorsque la majorité perçoit une dissidence en son sein, elle exerce une pression afin de rétablir l’équilibre et éviter que cette minorité dissidente n’entrave son fonctionnement et l’empêche d’atteindre son but. Ces réactions seront d’autant plus marquées que le groupe est cohésif et que la tâche à accomplir est pertinente vis-à-vis du but que s’est fixé le groupe. Pour exercer cette pression, la majorité adresse des communications à la minorité afin de l’amener à changer d’attitude. Elle peut également tenter de décrédibiliser cette minorité en utilisant le procédé de naturalisation. Dans certaines conditions, la minorité peut résister aux pressions de la majorité et peut ainsi introduire des innovations et ainsi faire basculer certaines normes ou attitudes. Pour qu’elle puisse réussir il faut qu’elle reste indépendante. En outre, certaines autres conditions sont favorisantes, il faut que : 1/ la minorité soit consistante (consistance synchronique et diachronique) ; 2/ elle ne fasse pas preuve de rigidité (faire preuve d’une certaine ouverture d’esprit tout en restant cohérente avec le point de vue qu’elle soutient) ; 3/ elle apparaisse objective (en ne défendant pas, par exemple, une cause qui ne semble servir que ses intérêts propres) ; 4/ les nouvelles normes qu’elle tente d’introduire ne soient pas rétrogrades mais

À retenir

Le compère minoritaire peut influencer les sujets naïfs malgré la pression majoritaire.

11. Mesure de l’influence sociale par l’évaluation visuelle et validation des résultats expérimentaux

Notions clés & Définitions

  • Tâche : Une activité expérimentale où les sujets évaluent ou réagissent à des stimuli visuels ou sociaux, souvent en réponse publique, pour mesurer l'influence sociale.
  • Constat : Groupes Df – atmosphère et organisation moins bonnes – refusent de laisser inspecter leur travail (ferme leur frontière) – se différencient en faisant autre chose que les groupes F, ils décident de faire un jardin autour de la construction.

Points essentiels

  • La répétition des expériences avec stimuli visuels permet de valider la robustesse des résultats.
  • Les réponses orales publiques accentuent la pression sociale et influencent les résultats.

À retenir

Comprendre que la mesure précise de l’influence sociale repose sur des protocoles expérimentaux rigoureux et reproductibles.

12. Effets de la cohésion et des caractéristiques du groupe sur la réaction aux déviants

Notions clés & Définitions

  • Conditions expérimentales : Les différentes configurations mises en place lors de l'étude, notamment la cohésion du groupe et la pertinence de l’activité, qui influencent la réaction des groupes face aux membres déviants.
  • Caractéristiques du groupe : Les traits spécifiques d’un groupe, tels que la motivation, la pertinence de l’activité et la cohésion, qui modulent la manière dont le groupe réagit aux comportements déviants.
  • Forte cohésion : Un état d’unité élevée au sein d’un groupe, caractérisé par une motivation forte à atteindre un but commun et à créer une identité partagée, conduisant à une pression accrue pour le consensus et au rejet des membres déviants.
  • Face aux déviants : La naturalisation Définition : il y a naturalisation lorsque le groupe ou le système social cherche à s’immuniser contre les déviants non pas en se heurtant de front à leurs conceptions mais en ruinant leur crédibilité.
  • Membres du groupe : et b) si les membres du groupe estiment de façon majoritaire que ces activités sont indispensables concernant leurs propres intérêts et besoins.

Points essentiels

  • La cohésion du groupe influence la manière dont il réagit aux membres déviants.
  • Des groupes très cohésifs tendent à rejeter plus fortement les déviants.
  • Les caractéristiques spécifiques du groupe, comme la pertinence de l’activité, modulent cette réaction.
  • La dynamique de rejet ou d’acceptation des déviants affecte la stabilité des normes du groupe.
  • Sociale 39 6- Les processus d’influence minoritaire : les phénomènes de déviance et d’innovation 6.1. Introduction Définitions : On parle de déviance dès lors qu’un individu ou un groupe d’individus minoritaire ne se conforme pas aux normes ou règles sociales en vigueur dans un système social donné. C’est donc un comportement qui remet en cause à la fois les normes sociales et la cohésion ou l’unité du système. Par contre, on parle d’innovation dès lors qu’un individu ou un groupe d’individus minoritaire s’efforcera soit d’introduire ou de créer des idées nouvelles, de nouveaux modes de pensée ou de comportements, soit de modifier les idées reçues, les attitudes traditionnelles d’anciens modes de pensées ou de comportements. Un peu d’histoire Ces deux définitions concernent des champs de recherche traitant de l’influence sociale qui sont issus de deux conceptions différentes de l’évolution de la société : la première est classique et aujourd’hui obsolète, la seconde est plus récente. Parler de déviance c’est avoir en tête un système social statique, caractérisé par des règles et des normes sociales immuables. La déviance est analysée comme un dysfonctionnement de certains individus ou groupe sociaux minoritaires qui sont incapables de s’adapter à la société et donc d’intégrer les normes. Dans ce cadre de recherche on a analysé d’une part les caractéristiques psychologiques des déviants et d’autre part les réactions de la majorité face à ces déviants. U.E. MAJEURE FONDAMENTALE : U.E.7 - Psychologie
  • Résumé des hypothèses L’auteur fait l’hypothèse que les réactions des membres du groupe face aux déviants se traduiront par une pression vers l’uniformité d’attitudes.

À retenir

La cohésion du groupe influence la manière dont il réagit aux membres déviants.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1984Publication de Moscovici sur psychologie sociale
1954Expériences d’Asch sur le conformisme
1967Théorie de la comparaison sociale de Festinger

Tableaux de Synthèse

Comparaison des phénomènes sociaux et psychologiques

AspectDéfinitionExemples
Facilitation socialeInfluence de la présence d’autrui sur la performanceAmélioration sur tâches simples
ConformismeAdoption des opinions ou comportements du groupeExpérience d’Asch
Normes socialesRègles informelles favorisant l’uniformitéImitation et comparaison sociale
Déviance et innovationComportements minoritaires remettant en cause ou modifiant les normesDéviance

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confusion entre normes sociales et règles formelles
  2. Mélange entre influence minoritaire et majorité
  3. Confusion entre déviance et innovation
  4. Sous-estimer l’impact de la présence d’autrui sur la performance
  5. Confondre conformité et déviance

Checklist Examen

  1. Revoir la définition de la psychologie sociale selon Moscovici
  2. Étudier l’impact de la présence d’autrui sur la performance
  3. Comprendre le phénomène de conformité selon Asch
  4. Analyser le rôle des normes sociales dans l’uniformité
  5. Différencier déviance et innovation
  6. Étudier la comparaison sociale selon Festinger
  7. Revoir les facteurs favorisant l’uniformité
  8. Comprendre le regard psychosocial ternaire

Teste tes connaissances

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1. En quoi la psychologie sociale diffère-t-elle d'une discipline centrée uniquement sur l'individu ?

2. En quoi le regard psychosocial ternaire diffère-t-il d'une analyse binaire de la relation Sujet-Objet ?

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Psychologie sociale — définition ?

Science des phénomènes d’idéologie et de communication

Regard psychosocial ternaire — rôle ?

Analyser la relation sujet-objet médiatisée par autrui

Influence sociale — conflit ?

Désir de similarité vs individualité

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