Fiche de révision : Introduction à l'histoire et à l'harmonie du jazz

Plan du Cours

  1. Harmonie jazz
  2. Naissance du jazz
  3. Histoire du blues
  4. Forme blues 12 mesures
  5. Origines du ragtime
  6. Style New Orleans
  7. Jazz swing années 1930
  8. Bebop années 1940
  9. Jazz modal et cool
  10. Jazz fusion et jazz rock
  11. Trio de jazz
  12. Standards de jazz

1. Harmonie jazz

Notions clés & Définitions

  • II V I (cadence caractéristique dans le jazz) : progression harmonique fondamentale en jazz où le ii (degré 2) mineur, le V (degré 5) dominant, et le I (degré 1) majeur ou majeur 7e se succèdent pour créer une résolution harmonique typique. Elle constitue la colonne vertébrale de nombreux morceaux jazz, apportant tension et résolution.

  • Harmonie de la gamme majeure avec accords de 7e : utilisation des accords de septième construits à partir de la gamme majeure, tels que Imaj7, II-7, III-7, IVmaj7, V7, VI-7, VII-7 b5, permettant une palette harmonique riche et sophistiquée propre au jazz.

  • Harmonie de la gamme mineure harmonique avec accords de 7e : emploi de la gamme mineure harmonique pour élaborer des accords de septième, notamment I-7, II-7 b5, IIImaj7, IV-7, V7, VImaj7, VII°, favorisant des sonorités orientées vers la tension et la couleur orientale, caractéristiques du jazz modal.

  • Jeu in/out en harmonie jazz : techniques d'improvisation où le musicien alterne entre l'harmonie diatonique (in) et des notes chromatiques ou hors-harmonie (out), pour créer des effets de tension, de surprise ou de couleur dans l'improvisation.

Points essentiels

  • La cadence II V I est la progression la plus emblématique du jazz, permettant une résolution harmonique fluide et naturelle, souvent utilisée pour conclure ou établir une tonalité. Elle est présente dans de nombreux standards et improvisations.

  • La harmonie de la gamme majeure avec accords de 7e offre une palette riche pour l'harmonie jazz, permettant des voicings complexes et des progressions variées, tout en conservant une base tonale claire.

  • La harmonie de la gamme mineure harmonique est essentielle pour le jazz modal, notamment dans le contexte de l'improvisation et de la composition, en apportant une couleur orientale ou exotique.

  • Le jeu in/out est une technique d'improvisation qui enrichit la narration musicale, en jouant avec la tension et la résolution, en dehors ou en restant dans l'harmonie, pour créer des effets expressifs et dynamiques.

À retenir

L'harmonie jazz repose principalement sur la progression II V I, utilisant des accords de septième issus de la gamme majeure ou mineure harmonique, et exploite la technique du jeu in/out pour dynamiser l'improvisation et la narration musicale.

2. Naissance du jazz

Notions clés & Définitions

  • Original Dixieland Jass Band (1917) : Premier groupe à enregistrer un disque explicitement étiqueté « jazz/jass », avec l’enregistrement de Livery Stable Blues et Dixie Jass Band One-Step, marquant la première diffusion commerciale du jazz à grande échelle.
  • Buddy Bolden (avant 1910) : Cornetiste considéré comme l’un des pères fondateurs du jazz, jouant dans la première moitié du XXe siècle, sans enregistrement connu, mais dont l’influence est majeure dans l’émergence du jazz.
  • Naissance du jazz comme mélange : Émergence d’un style musical combinant blues, ragtime, musique créole et marches, reflet de l’histoire afro-américaine et de leur appropriation musicale dans le sud des États-Unis.
  • Migration des musiciens de La Nouvelle-Orléans vers Chicago (1917) : Départ massif des musiciens suite à la fermeture du quartier de Storyville, entraînant le développement du style Chicago, caractérisé par une importance accrue des solos individuels et une évolution du jazz.
  • Histoire du jazz / Grandes périodes : Chronologie des styles et évolutions majeures, de la naissance dans le sud en 1910, à l’ère du swing dans les années 1930, puis au bebop dans les années 1940, jusqu’au jazz fusion dans les années 1970, en passant par le blues, ragtime, et jazz de La Nouvelle-Orléans.

Points essentiels

  • La première trace enregistrée du jazz commercial est celle de l’Original Dixieland Jass Band en 1917, avec Livery Stable Blues et Dixie Jass Band One-Step, qui marque une étape historique dans la diffusion du jazz.
  • Buddy Bolden, actif avant 1910, est considéré comme un pionnier du jazz, jouant du cornet, mais aucun enregistrement n’existe de lui. Son influence est cependant fondamentale dans la genèse du style.
  • Le jazz naît d’un métissage musical : blues, ragtime, musique créole et marches, reflétant la diversité culturelle afro-américaine. La tonalité du blues est caractérisée par une « tonalité ouverte » et l’utilisation de blue notes, avec des accords de dominante 7e sur I, IV, V, conférant une sonorité hybride.
  • La migration des musiciens de La Nouvelle-Orléans vers Chicago en 1917, suite à la fermeture de Storyville, est un tournant majeur, permettant la naissance du style Chicago, qui privilégie l’improvisation individuelle et prépare le swing des années 1930.
  • La chronologie des styles montre une évolution constante : du jazz de la Nouvelle-Orléans, au swing, puis au bebop, jazz modal, jazz cool, jazz rock, et fusion, illustrant la richesse et la diversification du jazz à travers le temps.

À retenir

La naissance du jazz est marquée par un métissage musical et une évolution géographique, avec la première diffusion commerciale en 1917 par l’Original Dixieland Jass Band, et la contribution essentielle de musiciens comme Buddy Bolden, dont l’impact reste fondamental même sans enregistrement.

3. Histoire du blues

Notions clés & Définitions

  • Forme 12 mesures du blues : Structure musicale caractéristique du blues, composée de 12 mesures avec une progression harmonique basée sur les accords I7, IV7, V7, intégrant des blue notes et une tonalité ouverte ou hybride. Elle sert de cadre à l’expression lyrique des thèmes du blues.
  • Blue notes : Notes chromatiques, généralement la tierce et la quinte, jouées avec une approche chromatique ou légèrement abaissée, conférant au blues son caractère expressif et mélancolique.
  • Premiers enregistrements vocaux de blues : Initiatives pionnières dans l’enregistrement du blues vocal, notamment Mamie Smith en 1920 avec "Crazy Blues", qui a marqué le début de la diffusion commerciale de cette musique.
  • St. Louis Blues (W.C. Handy) : Chanson emblématique du blues, publiée en 1914, composée par W.C. Handy. Elle est devenue un standard de jazz, avec une structure en trois thèmes (blues 12 mesures, habanera, blues 12 mesures) et une influence majeure dans l’histoire du blues.
  • Tonalité ouverte/hybride du blues : Résultat de l’utilisation simultanée des accords I7, IV7, V7, et de blue notes, créant une tonalité flexible, expressive, et moins centrée sur une tonalité unique, permettant une grande liberté d’interprétation.
  • Influence du blues sur le jazz : La grille harmonique, les motifs mélodiques, et l’utilisation de la gamme blues dans le jazz témoignent de l’impact profond du blues, notamment dans la structure, l’improvisation et l’expression lyrique.

Points essentiels

  • La forme 12 mesures du blues, avec ses accords de 7e sur I, IV, V, constitue la base de nombreux morceaux, permettant une improvisation libre et une transmission orale.
  • Les blue notes jouent un rôle clé dans l’expression émotionnelle du blues, en particulier la tierce et la quinte chromatiques, souvent abaissées pour accentuer la mélancolie ou l’intensité.
  • Les premiers enregistrements vocaux de Mamie Smith en 1920, avec "Crazy Blues", ont ouvert la voie à une reconnaissance commerciale et artistique du blues, inspirant des artistes comme Ma Rainey et Bessie Smith.
  • St. Louis Blues, composé par W.C. Handy, est le premier blues à avoir connu un succès massif, avec une structure en trois thèmes, influençant la musique populaire et le jazz.
  • La structure blues + habanera dans "St. Louis Blues" illustre l’influence afro-cubaine, avec un rythme syncopé et dansant, intégrée dans la composition.
  • Le blues est une musique de témoignage, évoquant la souffrance, l’espoir, l’humour, et la vie quotidienne des Afro-Américains dans le sud des États-Unis, avec peu d’instruments et une transmission orale privilégiée.

À retenir

Le blues, par sa structure en 12 mesures et ses blue notes, constitue une expression musicale ouverte, émotionnelle et influente, qui a profondément façonné l’histoire du jazz et de la musique populaire américaine.

4. Forme blues 12 mesures

Notions clés & Définitions

  • Forme de 12 mesures : Structure musicale caractéristique du blues, composée de douze mesures répétées, souvent avec une progression harmonique I-IV-V. Elle sert de base pour de nombreux morceaux de blues et influence le jazz (voir structure simplifiée dans "St. Louis Blues").
  • Accords de 7e : Accords construits sur la septième, essentiels dans la forme blues pour créer une sonorité riche et expressive. La progression harmonique repose principalement sur ces accords, notamment I7, IV7, V7.
  • Blue notes chromatiques : Notes légèrement abaissées ou approchées chromatiquement, notamment la tierce et la quinte, qui donnent au blues son caractère expressif et "hybride" (voir "Blue notes chromatiques").
  • Structure simplifiée de "St. Louis Blues" : Exemple emblématique de la forme blues, comprenant trois thèmes : un blues en 12 mesures, une section en rythme de habanera, et un autre blues en 12 mesures, illustrant la flexibilité de la forme.
  • Héritage historique : La forme blues en 12 mesures, avec ses accords de 7e et ses blue notes, constitue une base fondamentale pour la transmission orale et l’expression lyrique des thèmes de souffrance, d’espoir et d’humour dans la musique afro-américaine.

Points essentiels

  • La forme classique du blues en 12 mesures repose sur une progression harmonique I-IV-V, utilisant principalement des accords de 7e pour renforcer l’aspect expressif et tonal.
  • Les blue notes chromatiques, notamment la tierce et la quinte abaissées, participent à l’identité sonore du blues, créant une tonalité "ouverte" et "hybride" (voir "Blue notes chromatiques").
  • La structure de "St. Louis Blues" illustre la flexibilité du blues, intégrant une section en rythme de habanera pour une ambiance dansante, tout en conservant la base en 12 mesures.
  • La transmission orale et la simplicité harmonique ont permis au blues de devenir une musique populaire, témoignant de la vie et des luttes des Afro-Américains.
  • Le blues a influencé de nombreux styles et artistes, conservant ses caractéristiques fondamentales : grille de 12 mesures, accords de 7e, blue notes, thèmes lyriques.

À retenir

La forme blues en 12 mesures, avec ses accords de 7e et ses blue notes chromatiques, constitue une structure expressive et flexible, essentielle à l’histoire et à l’évolution du jazz et du blues.

5. Origines du ragtime

Notions clés & Définitions

  • Naissance du ragtime (vers 1890, Midwest) : Origine géographique et temporelle du ragtime, apparu dans des régions comme le Missouri, Kansas, Arkansas, marquant le début d’un style musical distinctif.
  • Maple Leaf Rag (1899, Scott Joplin) : Composition emblématique du ragtime, considérée comme un succès majeur et symbole de l’âge d’or du genre.
  • Publication sous forme de partitions : Mode de diffusion initial du ragtime, privilégiant la transmission écrite plutôt que l’enregistrement, ce qui favorise sa diffusion dans les cercles musicaux.
  • Popularité entre 1895 et 1915 : Période de rayonnement maximal du ragtime, durant laquelle il connaît une diffusion massive et influence la musique populaire américaine.

Points essentiels

  • Le ragtime naît vers 1890 dans le Midwest, notamment dans des États comme le Missouri, Kansas et Arkansas, en tant que style musical original et innovant.
  • La composition Maple Leaf Rag de Scott Joplin (1899) est un tournant majeur, marquant la reconnaissance nationale du ragtime et son succès commercial.
  • Le mode de diffusion principal du ragtime est la publication de partitions, ce qui permet une large appropriation par les musiciens amateurs et professionnels, avant l’ère de l’enregistrement.
  • La période de 1895 à 1915 constitue l’âge d’or du ragtime, période durant laquelle il devient un phénomène culturel et influence la naissance du jazz et d’autres styles musicaux américains.

À retenir

Le ragtime, né dans le Midwest vers 1890, s’est rapidement popularisé grâce à ses partitions, culminant entre 1895 et 1915, avec Maple Leaf Rag de Scott Joplin comme œuvre emblématique, marquant une étape clé dans l’histoire de la musique américaine.

6. Style New Orleans

Notions clés & Définitions

  • Style New Orleans : un style musical issu des fanfares et de la musique de rue, caractérisé par des improvisations collectives menées principalement par le cornet et la clarinette, né dans le quartier de Storyville à La Nouvelle-Orléans. (source)
  • Improvisations collectives : mode d'improvisation où plusieurs musiciens jouent simultanément, créant une texture sonore dynamique et enjouée, typique du style New Orleans. (source)
  • Origine à Storyville : le quartier de Storyville, à La Nouvelle-Orléans, est le lieu historique où le jazz a émergé dans les années 1910, notamment dans les clubs de musique de rue et les fanfares. (source)
  • Musiciens clés : Louis Armstrong, Sidney Bechet, King Oliver, Jelly Roll Morton, qui ont tous contribué à l'essor et à la popularisation du style New Orleans. (source)
  • Différence entre New Orleans et Dixieland : ces termes désignent un mode d’expression très proche, le style New Orleans étant souvent associé à la musique de rue et aux fanfares, tandis que Dixieland fait référence à un ensemble plus large de musiques traditionnelles de la région. (source)
  • Fermeture de Storyville en 1917 et migration vers Chicago : la fermeture du quartier en 1917, sous la pression des autorités, a provoqué le déplacement des musiciens vers Chicago, où le style a évolué vers le style Chicago, avec une importance accrue des solos individuels. (source)

Points essentiels

  • Le style New Orleans est à l’origine une musique de rue, issu des fanfares brass bands, avec une forte improvisation collective menée par le cornet et la clarinette.
  • La naissance du jazz dans ce contexte est liée à Storyville, le quartier de La Nouvelle-Orléans, où se mêlaient musiques créoles, blues, ragtime et marches.
  • Louis Armstrong, Sidney Bechet, King Oliver et Jelly Roll Morton sont des figures emblématiques qui ont façonné ce style, en popularisant notamment le scat, la virtuosité instrumentale et l’improvisation collective.
  • La fermeture de Storyville en 1917, lors de la Première Guerre mondiale, a entraîné la migration des musiciens vers Chicago, donnant naissance au style Chicago, marqué par une importance accrue des solos individuels.
  • La distinction entre New Orleans et Dixieland est principalement terminologique, ces termes désignant des modes d’expression très proches, avec une origine commune dans la musique de rue et les fanfares.

À retenir

Le style New Orleans, né dans le quartier de Storyville, est le berceau du jazz, caractérisé par des improvisations collectives menées par le cornet et la clarinette, et a influencé l’évolution du jazz à travers la migration vers Chicago en 1917.

7. Jazz swing années 1930

Notions clés & Définitions

  • Ère du swing (années 1930) : Période caractérisée par l’expansion des big bands, une musique de danse dynamique et une organisation orchestrale qui privilégie la section rythmique et les solos individuels, marquant une étape majeure dans l’histoire du jazz.
  • Rythme shuffle : Rythme syncopé et swingué, typique du swing, où la subdivision du temps est décalée, créant une sensation de balancement et de groove irrésistible.
  • In the Mood (Glenn Miller, 1939) : Standard swing emblématique, composé par Joe Garland et Andy Razaf, arrangé par Glenn Miller, illustrant la popularité du style swing avec ses arpèges de blues et son rythme entraînant.
  • Importance des solos individuels (style Chicago) : Dans le style Chicago, qui dérive du jazz de la Nouvelle-Orléans, l’accent est mis sur l’improvisation individuelle, chaque musicien développant des solos expressifs et virtuoses, contribuant à la dynamique du morceau.
  • Origines du swing à partir du style Chicago : Le swing naît du style Chicago, qui lui-même trouve ses racines dans le jazz de La Nouvelle-Orléans, en intégrant la liberté improvisée et la section rythmique renforcée, avec une importance accrue des solos.

Points essentiels

  • L’ère du swing se déploie dans les années 1930 avec l’émergence des big bands, dirigés par des chefs d’orchestre comme Glenn Miller, Duke Ellington ou Count Basie, qui popularisent un jazz dansant et accessible.
  • Le rythme shuffle, caractéristique du swing, repose sur une subdivision ternaires du temps, donnant cette sensation de balancement qui invite à la danse.
  • In the Mood de Glenn Miller, enregistré en 1939, est un exemple parfait du style swing, avec ses arpèges de triades majeures et son rythme entraînant, devenant un standard incontournable.
  • La transition vers le swing s’appuie sur le style Chicago, où l’improvisation individuelle devient centrale, permettant aux musiciens de briller lors des solos, tout en conservant une cohésion orchestrale.
  • La musique swing marque une révolution dans la musique populaire, en combinant la sophistication harmonique, la section rythmique puissante et la liberté improvisée.

À retenir

L’ère du swing dans les années 1930, avec ses big bands et son rythme shuffle, a transformé le jazz en une musique de danse mondiale, en mettant l’accent sur l’improvisation individuelle et la cohésion orchestrale, incarnée par des standards comme In the Mood.

8. Bebop années 1940

Notions clés & Définitions

  • Révolution be-bop (années 1940) : Mouvement musical qui marque une rupture avec le swing, caractérisé par une complexité harmonique, un tempo rapide, et une approche plus improvisée et virtuose. **AUTEUR (date) : le bebop constitue une révolution artistique, sociale et esthétique dans l’histoire du jazz.

  • Tempo rapide et harmonies complexes : Traits fondamentaux du be-bop, avec un rythme soutenu et des progressions harmoniques riches, utilisant souvent des arpèges complexes, chromatismes, et superpositions rythmiques. **AUTEUR (date) : ces caractéristiques renforcent la virtuosité et la sophistication du style.

  • Petits ensembles (quartet, quintet) : Formations typiques du bebop, favorisant l’interaction individuelle et l’improvisation collective. Contrairement aux big bands du swing, ces petits groupes permettent une plus grande liberté d’expression. **AUTEUR (date) : le format réduit est essentiel à l’émergence du style solo et à la nouvelle dynamique musicale.

  • Charlie Parker (Bird) : Saxophoniste alto considéré comme une figure emblématique du bebop. Son surnom « Bird » symbolise son importance dans le développement du style. **AUTEUR (date) : Parker est reconnu pour ses solos virtuoses, arpèges complexes, chromatismes, et sa contribution à la révolution du jazz.

  • Caractéristiques du solo be-bop : Solo marqué par des arpèges complexes, chromatismes, superpositions rythmiques, et déplacements d’accent. Il privilégie l’improvisation virtuose et la créativité mélodique. **AUTEUR (date) : ces éléments illustrent la nouvelle approche technique et expressive du jazz bebop.

Points essentiels

  • La révolution be-bop dans les années 1940 constitue une rupture majeure avec le swing, en introduisant une complexité harmonique et rythmique accrue, ainsi qu’un tempo rapide. **AUTEUR (date) : cette période marque une transformation profonde dans l’histoire du jazz, avec une orientation vers la virtuosité et l’improvisation individuelle.

  • Le bebop privilégie les petits ensembles (quartet, quintet), favorisant une interaction étroite entre musiciens, notamment pour permettre des solos longs et virtuoses. **AUTEUR (date) : cette configuration facilite l’expression individuelle et la créativité, en opposition aux big bands du swing.

  • Charlie Parker, surnommé « Bird », est une figure centrale. Son style, avec ses arpèges complexes, chromatismes et superpositions rythmiques, a profondément influencé le jazz moderne. **AUTEUR (date) : Parker est considéré comme l’un des plus grands créateurs du jazz et un maître de l’improvisation.

  • Les solos en bebop se caractérisent par leur virtuosité, avec des arpèges complexes, chromatismes, superpositions rythmiques, et déplacements d’accent, témoignant d’une nouvelle esthétique musicale. **AUTEUR (date) : cette approche technique a renouvelé la pratique de l’improvisation dans le jazz.

À retenir

Le bebop des années 1940 révolutionne le jazz par sa vitesse, ses harmonies riches, et ses solos virtuoses, incarnés par des figures comme Charlie Parker, et marque une rupture avec le swing en privilégiant l’expression individuelle et la complexité musicale.

9. Jazz modal et cool

Notions clés & Définitions

  • Jazz modal : Style de jazz caractérisé par l’utilisation de modes plutôt que de progressions harmoniques classiques, permettant une liberté d’improvisation plus grande. Miles Davis (années 1950) est une figure majeure de ce style, notamment avec l’album Kind of Blue (1959).
  • Jazz cool : Mouvement de jazz des années 1950 qui privilégie la douceur, la subtilité et une approche plus détendue par rapport au bebop. Miles Davis est également une figure centrale dans ce courant, avec une esthétique plus apaisée et sophistiquée.
  • Jazz waltz : Style de jazz en 3/4, introduit à la fin des années 1950, avec une rythmique en valses jazz, comme dans l’album Jazz in ¾ Time (1957) de Max Roach.
  • Interaction égalitaire des instruments : Évolution du trio de jazz à partir des années 1950-60, où chaque instrument participe au dialogue musical sans hiérarchie stricte. Bill Evans, avec Scott LaFaro et Paul Motian, est un pionnier de cette approche.
  • Miles Davis (1950) : figure emblématique du jazz modal et cool, ayant révolutionné ces styles avec ses albums Kind of Blue et Birth of the Cool.

Points essentiels

  • Le jazz modal, popularisé par Miles Davis dans les années 1950, se distingue par l’utilisation de modes, permettant une improvisation plus libre et moins structurée que la cadence II-V-I classique. Son album Kind of Blue (1959) est une référence majeure.
  • Le jazz cool, également incarné par Miles Davis, se caractérise par une sonorité douce, une atmosphère détendue, et une esthétique sophistiquée, en réaction au bebop plus énergique. Il se manifeste notamment dans l’album Birth of the Cool (années 1950).
  • Le style jazz waltz, introduit à la fin des années 1950, offre une nouvelle dimension rythmique en 3/4, avec des morceaux comme ceux de Bill Evans sur Portrait in Jazz (1959).
  • L’émergence de l’interaction égalitaire dans le trio de jazz, notamment avec Bill Evans, marque une rupture avec la hiérarchie traditionnelle : chaque instrument participe activement au dialogue, favorisant une texture plus riche et une improvisation collective.
  • Bill Evans (années 1950-60) : figure clé de cette évolution, avec un jeu lyrique, des voicings ouverts et une approche impressionniste influencée par Debussy et Ravel. La mort tragique de Scott LaFaro en 1961 a renforcé cette dynamique d’interaction.

À retenir

Le jazz modal et cool, incarné par Miles Davis, a introduit une nouvelle esthétique dans le jazz des années 1950, privilégiant la subtilité, la liberté d’improvisation et l’interaction égalitaire entre les instruments, marquant une étape essentielle dans l’évolution du jazz moderne.

10. Jazz fusion et jazz rock

Notions clés & Définitions

  • Jazz fusion (années 1960-1970) : courant musical qui mélange le jazz avec le rock, la funk, et d’autres styles, caractérisé par l’utilisation accrue d’instruments électriques et de claviers, notamment dans le but d’expérimenter de nouvelles sonorités. Weather Report est un groupe emblématique de cette période.
  • Miles Davis (années 1960) : trompettiste et figure majeure du jazz, il est considéré comme l’un des pionniers du jazz fusion, notamment avec l’album Bitches Brew (1970), où il fusionne jazz et rock en intégrant des instruments électriques.
  • Fusion des éléments jazz et rock : processus de mélange où les rythmes, les structures harmoniques et les instruments électriques issus du rock sont intégrés au jazz, créant un style hybride innovant.
  • Utilisation accrue des claviers et instruments électriques : caractéristique essentielle du jazz fusion, avec l’emploi de pianos électriques (Fender Rhodes), orgues Hammond B3, synthétiseurs, et autres instruments électroniques pour enrichir la palette sonore et expérimenter de nouvelles textures.

Points essentiels

  • Le jazz fusion émerge dans les années 1960-1970, avec des figures clés comme Miles Davis, qui, à partir de l’album In a Silent Way (1969) puis Bitches Brew (1970), introduit des éléments rock et électriques dans le jazz, bouleversant ses codes traditionnels.
  • Weather Report, fondé par Joe Zawinul (claviers) et Wayne Shorter (saxophone), devient un groupe emblématique du jazz fusion, utilisant intensément claviers électriques (Fender Rhodes, synthétiseurs) et instruments électroniques pour créer des textures innovantes.
  • La fusion des éléments jazz et rock se traduit par des rythmes plus syncopés, des improvisations libres, et une utilisation expérimentale des instruments électriques, permettant une plus grande expressivité et une ouverture vers la musique populaire.
  • La période voit également l’intégration de nouveaux instruments comme l’orgue Hammond B3, le synthétiseur, et la guitare électrique, contribuant à la sonorité caractéristique du jazz fusion.
  • La révolution musicale initiée par Miles Davis et Weather Report influence durablement la scène jazz et rock, ouvrant la voie à de nouvelles formes d’expression musicale.

À retenir

Le jazz fusion des années 1960-1970, incarné par des figures comme Miles Davis et Weather Report, est un mouvement qui fusionne harmonieusement jazz et rock en utilisant massivement instruments électriques et claviers, renouvelant ainsi le langage musical du jazz.

11. Trio de jazz

Notions clés & Définitions

  • Interaction égalitaire (voir section 9) : Mode de fonctionnement où chaque instrument du trio (piano, contrebasse, batterie) participe activement au dialogue musical, remettant en question la hiérarchie traditionnelle du jazz en trio.
  • Rôle révolutionnaire de Scott LaFaro (1961) : Innovation dans l’utilisation de la contrebasse, LaFaro ne se limite pas à jouer une ligne de basse mais développe des lignes mélodiques, favorisant une interaction dynamique avec le piano, ce qui transforme la conception du trio jazz.
  • Jeu expressif et libre de Paul Motian : Style de batterie caractérisé par une approche plus improvisée, moins rythmique et plus nuancée, contribuant à une texture sonore plus riche et à une dynamique plus souple dans le trio.
  • Album 'Sunday at the Village Vanguard' (1961) : Enregistrement en concert considéré comme un sommet du jazz moderne, illustrant la nouvelle conception du trio avec une interaction égalitaire et une liberté d’expression accrue.
  • Bill Evans (1959) : Pianiste dont l’approche lyrique et impressionniste influence la nouvelle dynamique du trio, avec des voicings ouverts et une harmonie sophistiquée, favorisant une interaction plus intime entre les instruments.

Points essentiels

  • La formation du trio historique (Bill Evans, Scott LaFaro, Paul Motian) marque une rupture avec la conception hiérarchique traditionnelle où le piano est le soliste principal, la contrebasse un accompagnement rythmique, et la batterie un soutien.
  • LaFaro révolutionne le rôle de la contrebasse en développant des lignes mélodiques et en participant au dialogue musical, ce qui permet une interaction égalitaire entre tous les instruments.
  • La conception du trio devient plus flexible, expressive et improvisée, notamment grâce au jeu de Paul Motian, qui abandonne le rôle strictement rythmique pour une participation plus nuancée et expressive.
  • L’album 'Sunday at the Village Vanguard' (1961), enregistré peu après la mort tragique de LaFaro, illustre cette nouvelle approche du jazz en trio, avec une synergie exceptionnelle entre les musiciens.
  • Bill Evans influence cette évolution par ses voicings ouverts, ses accords enrichis, et son phrasé lyrique, qui instaurent une nouvelle esthétique du trio de jazz.

À retenir

Le trio de jazz moderne à partir des années 1950-60, incarné par Bill Evans, Scott LaFaro et Paul Motian, révolutionne la conception du groupe en favorisant une interaction égalitaire et expressive entre instruments, illustrée par l’enregistrement emblématique 'Sunday at the Village Vanguard'.

12. Standards de jazz

Notions clés & Définitions

  • Standards de jazz : Morceaux incontournables du répertoire jazz, souvent issus de comédies musicales ou de films hollywoodiens, utilisés comme références dans l'improvisation et la performance (voir section 11).
  • St. Louis Blues : Standard de blues composé par W. C. Handy en 1914, référence majeure dans l’histoire du blues et du jazz, popularisé par Louis Armstrong.
  • Importance des reprises et adaptations : La pratique de réinterpréter, modifier ou improviser sur des standards, permettant leur transmission, leur évolution stylistique et leur rôle dans les jam sessions.

Points essentiels

  • La majorité des standards de jazz proviennent des comédies musicales des années 1930, notamment de Broadway, ou de films hollywoodiens, avec des chansons telles que "Summertime" (George Gershwin, 1935) ou "My Funny Valentine" (Richard Rodgers et Lorenz Hart, 1937).
  • Le Real Book, créé clandestinement dans les années 1970 par des étudiants du Berklee College of Music, rassemble une compilation de grilles d’accords et de mélodies simplifiées, devenant une référence pour l’interprétation des standards.
  • "St. Louis Blues" de W. C. Handy, publié en 1914, est le premier blues à succès massif, devenu un standard de jazz, notamment grâce à Louis Armstrong. La structure musicale comporte trois thèmes : un blues en 12 mesures, une section en rythme de habanera, et un second thème en mineur.
  • "In the Mood" de Glenn Miller, emblématique du swing, illustre l’importance des standards dans la période du big band, avec une grille de blues et des arpèges majeurs.
  • Les standards comme "Autumn Leaves" ou "Les Feuilles mortes" ont été popularisés par des artistes tels que Miles Davis, Ella Fitzgerald ou Nat King Cole, et illustrent la transmission intergénérationnelle et géographique du jazz.
  • La pratique de reprises et d’adaptations permet aux musiciens de développer leur créativité, leur maîtrise technique et leur dialogue improvisé lors des jam sessions, en utilisant ces morceaux comme base commune.

À retenir

Les standards de jazz, issus principalement du théâtre et du cinéma, constituent le socle du répertoire improvisé, favorisant la transmission, l’évolution stylistique et la cohésion lors des jam sessions.

Tableaux de Synthèse

ThèmePoints clésAuteur / Référence
Harmonie jazzProgression II V I, accords de 7e (majeurs et mineurs harmoniques), jeu in/outConnaître la définition de PERROUX sur la croissance
Naissance du jazz1917, Original Dixieland Jass Band, Buddy Bolden, migration La Nouvelle-Orléans-Chicago-
Histoire du bluesForme 12 mesures, blue notes, "Crazy Blues" (Mamie Smith, 1920), "St. Louis Blues" (W.C. Handy, 1914)-

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la progression II V I avec d’autres progressions harmoniques courantes (ex : I IV V).
  2. Assimiler à tort "blue notes" uniquement comme des notes abaissées, alors qu’elles expriment aussi une tension émotionnelle.
  3. Confondre la naissance du jazz (1917, enregistrement de l’Original Dixieland Jass Band) avec ses origines plus anciennes (Buddy Bolden, avant 1910).
  4. Croire que le jazz modal et le jazz cool sont des styles distincts sans lien avec l’harmonie modale.
  5. Confondre la forme 12 mesures du blues avec d’autres formes de blues ou de musiques populaires.
  6. Oublier que le style New Orleans privilégie la polyphonie et la collective improvisation.
  7. Confondre la chronologie des styles (swing, bebop, jazz fusion) sans repérer leurs caractéristiques harmoniques ou rythmiques spécifiques.

Checklist Examen

  • Connaître la définition de PERROUX sur la croissance et son application au jazz.
  • Identifier la progression II V I et ses fonctions harmoniques principales dans un standard jazz.
  • Savoir distinguer les accords de la gamme majeure avec accords de 7e et ceux de la gamme mineure harmonique.
  • Expliquer la technique du jeu in/out en improvisation jazz.
  • Connaître la date et l’importance de l’enregistrement de l’Original Dixieland Jass Band en 1917.
  • Identifier Buddy Bolden comme un pionnier du jazz, même sans enregistrement.
  • Décrire la structure de la forme 12 mesures du blues et l’utilisation des blue notes.
  • Connaître l’impact de Mamie Smith en 1920 sur l’enregistrement du blues vocal.
  • Identifier la composition "St. Louis Blues" de W.C. Handy comme un standard majeur.
  • Comprendre l’évolution géographique et stylistique du jazz, du sud à Chicago, puis aux styles swing, bebop, jazz modal, cool, fusion.
  • Maîtriser les principaux styles et leurs caractéristiques harmoniques et rythmiques.
  • Assimiler la contribution de l’histoire du blues à l’improvisation jazz et à l’expression musicale.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à l'histoire et à l'harmonie du jazz avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quand la forme blues 12 mesures a-t-elle été établie ou popularisée de manière significative dans l'histoire de la musique ?

2. Quel est le rôle principal des standards de jazz dans la pratique musicale ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à l'histoire et à l'harmonie du jazz avec 24 flashcards interactives.

Harmonie II V I — définition ?

Progression harmonique fondamentale en jazz.

Accords de 7e — rôle ?

Enrichissent l'harmonie jazz et créent des couleurs.

Jeu in/out — mécanisme ?

Alterne notes diatoniques et chromatiques en improvisation.

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