Théories des relations internationales : Ensembles de cadres conceptuels permettant d’analyser, d’interpréter et d’expliquer les comportements et les dynamiques entre États et acteurs dans la société internationale. Elles proposent des grilles de lecture pour comprendre la réalité des RI.
Écoles de pensée : Courants théoriques qui développent des visions spécifiques des RI, en se basant sur des hypothèses, des concepts et des méthodes propres. Chaque école offre une grille de lecture particulière pour analyser la société internationale.
Grilles de lecture : Perspectives ou cadres analytiques issus des écoles de pensée, permettant d’interpréter les phénomènes internationaux selon des principes, des hypothèses et des focalisations spécifiques. Elles orientent la compréhension des enjeux, des acteurs et des dynamiques.
Libéralisme : Courant théorique considéré comme optimiste, qui s’inspire des idées du libéralisme sur l’État et la société civile. Il voit la coopération, la règle et le droit international comme des moyens de garantir la sécurité et la paix, en favorisant l’interdépendance entre États. La société internationale est vue comme une société d’États souverains, mais pouvant évoluer vers plus de coopération via des structures comme l’Organisation Internationale (OI).
Réalisme : Courant théorique ancien, basé sur l’idée que la société internationale est une société anarchique où les États, en compétition permanente, cherchent à maximiser leur puissance pour assurer leur sécurité. La société internationale est caractérisée par un cycle de peur et de guerre, et la puissance est le principal enjeu. La société anarchique impose aux États de privilégier leur souveraineté et leur puissance.
Néo-réalisme : Évolution du réalisme dans les années 70, qui insiste sur l’analyse systémique et structurelle. Il considère que le comportement des États est guidé par la structure du système international, notamment par l’équilibre des puissances, avec des systèmes bipolaires ou multipolaires. Il met en avant la rationalité des États et leur quête de survie, en s’appuyant sur un système d’équilibre des pouvoirs.
Néolibéralisme et néoréalisme : Approches qui évoluent des écoles classiques, en intégrant l’analyse des facteurs économiques, institutionnels et systémiques. Le néoréalisme insiste sur la structure du système, tandis que le néolibéralisme met l’accent sur le rôle des institutions internationales et de l’interdépendance économique dans la régulation des RI.
Les principales écoles de pensée en relations internationales offrent des visions contrastées : le libéralisme privilégie la coopération et la régulation par des institutions, tandis que le réalisme met en avant la compétition et la puissance dans un système anarchique.
Le libéralisme repose sur la conviction que la coopération, le respect des règles et la création d’organisations internationales permettent d’assurer la paix et la sécurité dans un monde anarchique, en favorisant le progrès et l’interdépendance entre États.
Réalisme : Courant des relations internationales qui considère la société internationale comme une société anarchique, où il n’existe pas d’entité supérieure aux États. Selon ce courant, les États sont en compétition permanente, en concurrence et en cycle de peur et de guerre, cherchant à assurer leur sécurité et leur puissance pour ne pas perdre leur souveraineté.
Société anarchique : Situation dans laquelle il n’existe pas d’autorité supérieure aux États, ce qui entraîne une absence de régulation centrale et une compétition constante pour la survie et la puissance.
Cycle de peur et de guerre : Concept selon lequel la société internationale est caractérisée par une répétition continue de tensions, de conflits et de guerres, chaque État cherchant à renforcer sa sécurité face aux autres.
Puissance : Capacité d’un État à assurer sa sécurité et à maintenir son intégrité territoriale, souvent par le développement de ressources, de capacités militaires, et par la construction de stratégies pour dominer ou équilibrer ses concurrents.
Le réalisme voit la société internationale comme un espace de compétition constante où la quête de puissance et la peur de la perte de souveraineté entraînent un cycle permanent de tensions et de conflits, rendant la paix fragile et instable.
Théorie marxiste des RI / courant de la dépendance
Une approche qui considère que la société internationale est structurée par des relations d’exploitation et de dépendance entre les États, inspirée de la lutte des classes de Marx. Elle voit la société internationale comme un système dominé par des classes sociales, où certains États, appelés « États principaux » ou « puissances économiques », exploitent économiquement et politiquement les « États périphériques » ou « pauvres », qui sont dépendants et exploités.
Classes sociales
Division de la société en groupes distincts selon leur rôle dans la production et la distribution des richesses. Dans la société interne, Marx distingue la bourgeoisie (propriétaires des moyens de production) et le prolétariat (travailleurs exploités). La théorie étend cette division à la société internationale, où certains États jouent le rôle de la classe dominante exploitant d’autres.
Exploitation économique
Processus par lequel la classe dominante (ou les États principaux) tire profit du travail ou des ressources des classes ou États subalternes (ou périphériques) sans leur donner une contrepartie équitable. Dans la société internationale, cela se traduit par l’exploitation des États périphériques par les États principaux via des relations économiques inégales.
Dépendance
Situation où les États périphériques ou pauvres sont économiquement et politiquement dépendants des États principaux ou riches. La dépendance est entretenue par l’exploitation, empêchant ces États de se développer indépendamment et maintenant leur position subalterne dans le système mondial.
Système mondial / société internationale selon Marx
Une organisation du monde dominée par des forces systémiques invisibles, principalement la logique de l’économie capitaliste mondiale. La société internationale est façonnée par le fonctionnement de cette économie, où les États sont intégrés dans un réseau d’exploitation et de dépendance, reproduisant la lutte des classes à l’échelle globale.
Exploitation des États périphériques
Les États riches ou puissants exploitent les ressources naturelles, la main-d'œuvre et les marchés des États pauvres ou périphériques, souvent par des moyens économiques (contrats, investissements, multinationales) et politiques (contrôle, influence, domination). Cela maintient une hiérarchie mondiale inégale.
Globalisation selon Marxistes
Un phénomène historique qui n’est pas récent mais qui s’est développé au fil du temps, permettant aux États principaux d’étendre leur contrôle par le biais des multinationales, des institutions internationales et des zones d’influence. La globalisation est vue comme un moyen de renforcer la domination des États dominants sur les États périphériques, consolidant le système d’exploitation mondial.
La théorie marxiste des RI voit la société internationale comme un système d’exploitation et de dépendance, où la lutte des classes ne se limite pas à l’intérieur des États mais s’étend à la scène mondiale, consolidant la domination des puissances économiques sur les États périphériques.
Approche féministe des RI : Courant théorique qui analyse la société internationale à travers la grille du genre, en mettant en évidence que cette société est construite sur un modèle patriarcal, principalement façonné par les hommes. Elle cherche à repenser les relations internationales en intégrant la dimension du genre, en questionnant les caractéristiques masculines et féminines attribuées socialement et leur influence sur la scène internationale.
Genre : Construction sociale qui définit les caractéristiques, rôles, attentes et comportements attribués aux femmes et aux hommes dans une société donnée. La société patriarcale valorise la masculinité, associée à la force, la rationalité, l’indépendance, et la sphère publique, tandis que la féminité est liée à la faiblesse, l’émotion, le relationnel, et la sphère privée.
Caractéristiques féminité et masculinité : Traits socialement construits, où la masculinité est souvent associée à la force, la rationalité, l’indépendance, et la masculinité à la faiblesse, l’émotion, le besoin de protection. Ces caractéristiques influencent la manière dont les acteurs sont perçus et agissent dans la société patriarcale et dans les RI.
Langage binaire : Mode de communication et de représentation qui oppose systématiquement le bien au mal, la force à la faiblesse, la guerre à la paix, illustrant la vision dualiste et sexiste de la société patriarcale. Ce langage reflète et renforce la domination masculine dans les RI.
Grille du genre / grille du genre : Outil analytique permettant d’étudier comment les rôles, attentes et représentations liés au genre structurent la société et les relations internationales. Elle met en lumière la construction sociale des différences entre femmes et hommes et leur impact sur la diplomatie, la sécurité, et la gouvernance.
Bilarité : Concept désignant la vision dualiste et simplifiée du monde selon laquelle il existe deux catégories opposées (ex : masculin/féminin), souvent utilisée dans le cadre de la critique du langage et des représentations patriarcales dans les RI.
L’approche féministe des RI met en évidence que la société internationale est structurée par un modèle patriarcal, et propose de la repenser en intégrant la dimension du genre pour favoriser la paix, la négociation et l’égalité.
Relations avant 1945 : Ensemble des interactions, conflits, alliances et institutions qui ont structuré la société internationale de la fin du 19e siècle jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, marquant une période d’affirmation des puissances européennes, de colonisation et de tensions croissantes.
Guerres mondiales : Conflits armés d’envergure planétaire, notamment la Première Guerre mondiale (1914-1918) et la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), qui ont impliqué la majorité des grandes puissances et modifié durablement l’ordre international.
Équilibre des puissances : Situation où plusieurs États ou alliances disposent d’un pouvoir comparable, empêchant une seule puissance de dominer totalement la société internationale, souvent recherché pour maintenir la paix et éviter la domination d’un seul acteur.
Conflits : Oppositions ou affrontements armés ou diplomatiques entre États ou groupes d’États, pouvant résulter de rivalités territoriales, économiques, idéologiques ou de compétition pour la puissance, souvent à l’origine de guerres ou de crises internationales.
Institutionnalisation centrée sur l’Europe : Après Napoléon, le Congrès de Vienne (1814-1815) établit un système de concert européen, avec des réunions régulières entre grandes puissances (GB, Prusse, Autriche, Russie) pour discuter des problèmes communs et maintenir la paix. Ce système évolue avec le temps, intégrant d’autres États et régions, mais reste un moyen de contrôle et de gestion des tensions.
Le concert européen : Ensemble de conférences et réunions régulières visant à gérer pacifiquement les différends en Europe, notamment entre 1830 et 1907, avec une participation croissante d’États non européens, comme les États-Unis, le Mexique, et certains pays africains.
Les conférences de paix et la limitation de la guerre : Initiatives pour réduire la violence des conflits, avec des accords sur la réglementation de la guerre (ex : interdiction de certains armes, distinction entre combattants et civils) et la création d’organisations humanitaires (ex : CICR en 1863).
Expansion territoriale et colonisation : Conquête et occupation de territoires en Afrique et en Asie par les puissances européennes, motivées par des raisons démographiques, économiques, politiques et idéologiques. La colonisation s’intensifie au 19e siècle, avec la domination de l’Afrique, de l’Asie, et la compétition entre puissances pour contrôler ces zones.
Tensions et rivalités coloniales : Conflits et tensions croissants entre nations européennes (ex : France vs Royaume-Uni en Afrique, rivalités en Asie), menant à des tensions accrues, voire à des crises qui précèdent la guerre mondiale.
Les guerres mondiales : La Première Guerre mondiale (1914-1918) marque la fin de l’équilibre européen, avec la chute des monarchies et la montée de nouveaux États. La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) résulte de tensions non résolues, de rivalités idéologiques et de la course à la puissance, entraînant la destruction massive et la fin de l’ordre ancien.
L’émergence de nouveaux acteurs et la fin de l’ordre ancien : La fin de la Seconde Guerre mondiale voit la défaite des puissances de l’Axe, la montée en puissance des États-Unis et de l’URSS, et la remise en question de l’équilibre des puissances traditionnel.
Avant 1945, la société internationale est marquée par une institutionnalisation européenne, une rivalité coloniale intense, et une course aux armements qui culminent dans deux guerres mondiales, bouleversant durablement l’ordre mondial.
Conflits : Situations de désaccord ou de lutte entre acteurs, notamment entre États, pouvant conduire à des affrontements ou à des guerres, souvent liés à des enjeux de sécurité, de territoire ou d’intérêts.
Institutions : Structures ou mécanismes organisés, souvent créés par des accords ou conventions, qui régulent les relations entre acteurs internationaux. Elles visent à instaurer un cadre de coopération et à gérer pacifiquement les différends.
Organisations internationales (OI) : Institutions créées par des États ou d’autres acteurs pour favoriser la coopération, la régulation et la gestion pacifique des relations internationales. Exemples mentionnés : Société des Nations (SDN), ONU, CECA, CEE.
Coopération : Action concertée entre acteurs internationaux visant à atteindre des objectifs communs, notamment par le biais d’organisations ou de régimes spécifiques, pour renforcer la sécurité ou résoudre des problèmes communs.
Règlement pacifique : Ensemble de moyens non violents pour résoudre les différends entre acteurs internationaux, notamment la diplomatie, la médiation, l’arbitrage, ou la création de règles juridiques pour limiter la guerre et favoriser la paix. Exemples : arbitrage international, conventions sur la guerre, CICR.
Les conflits entre États ont été progressivement encadrés par des institutions et des mécanismes de coopération visant à privilégier le règlement pacifique, dans un contexte d’anarchie de la société internationale.
Les deux guerres mondiales de 1914 à 1945 ont profondément transformé la scène internationale, impliquant la majorité des grandes puissances et laissant des traces durables dans l’organisation politique, économique et sociale du monde.
Organisation internationale (OI) : Structures créées par des États pour gérer des questions communes, promouvoir la coopération et assurer la régulation dans divers domaines. Elles sont des entités formées par des accords entre États, dotées de compétences spécifiques pour atteindre des objectifs communs.
ONU (Organisation des Nations Unies) : Organisation internationale créée en 1945, regroupant des États membres pour maintenir la paix et la sécurité internationales, promouvoir la coopération dans divers domaines, et favoriser le développement global.
OI sectorielles : Organisations internationales spécialisées qui interviennent dans un domaine précis, comme la santé, l’agriculture ou le transport aérien. Elles permettent aux États de coopérer sur des sujets spécifiques en créant des régimes internationaux adaptés.
Régulation : Ensemble des règles et des normes établies par les OI pour encadrer les comportements des États ou des acteurs dans un domaine donné, afin d’assurer une gestion ordonnée des relations internationales.
Les organisations internationales, notamment l’ONU et les OI sectorielles, sont essentielles pour réguler la société internationale en créant un cadre de coopération face à l’anarchie des relations entre États.
Nouveaux acteurs : Acteurs autres que les États traditionnels, tels que les organisations internationales, mouvements de libération ou acteurs non étatiques, qui jouent un rôle dans la scène internationale. (source : mention de la coopération internationale, OI, mouvements de libération)
Décolonisation : Processus par lequel des territoires colonisés par des puissances européennes accèdent à l’indépendance et deviennent des États souverains. Elle intervient principalement à partir de la seconde moitié du 20e siècle, notamment après la Seconde Guerre mondiale. (source : contexte historique de colonisation et tensions internationales)
Acteurs non étatiques : Entités qui ne sont pas des États souverains mais qui participent aux relations internationales, comme les mouvements de libération, ONG, multinationales ou autres organisations. (source : mention de mouvements de libération dans le contexte de la décolonisation)
Mouvements de libération : Groupes ou mouvements politiques qui cherchent à obtenir l’indépendance ou à libérer leur territoire de la domination coloniale ou étrangère. (source : référence à la lutte pour l’indépendance dans le contexte de décolonisation)
La décolonisation marque l’émergence de nouveaux acteurs non étatiques, comme les mouvements de libération, qui transforment la scène internationale en intégrant des États souverains issus de territoires auparavant colonisés.
Hégémonie américaine : Domination exercée par les États-Unis sur le système international, caractérisée par leur position de puissance prééminente dans plusieurs domaines, notamment économique, militaire et culturel, leur permettant d'imposer leur leadership à l’échelle mondiale.
Puissance unipolaire : Situation où un seul État détient une supériorité incontestée sur les autres dans le système international, sans rival capable de lui faire face en termes de puissance ou d’influence.
Domination économique : Supériorité d’un pays dans le domaine économique, permettant d’influencer ou de contrôler les échanges, les marchés et les institutions financières mondiales, renforçant ainsi sa position de leader.
Leadership : Rôle de guide ou d’initiative dans la conduite des affaires internationales, que ce soit par l’action, la norme ou la persuasion, exercé par un État hégémonique pour orienter le système mondial selon ses intérêts.
L’hégémonie américaine repose sur une puissance unipolaire où le leadership économique, militaire et culturel permet aux États-Unis d’exercer une influence prépondérante dans le système international, façonnant ses règles et ses dynamiques.
| Courant | Hypothèses principales | Acteurs clés | Concepts majeurs | Vision de la société internationale |
|---|---|---|---|---|
| Libéralisme | Coopération, institutions, progrès | États, organisations internationales | Interdépendance, règles, droit | Société anarchique mais coopérative, progrès possible |
| Réalisme | Anarchie, compétition, puissance | États | Souveraineté, cycle de peur, équilibre des puissances | Société anarchique, cycle de conflit et de sécurité |
| Néo-réalisme | Structure systémique, équilibre des puissances | États | Systèmes bipolaires/multipolaires, rationalité | Système structuré par l’équilibre des puissances |
| Néolibéralisme | Rôle des institutions, interdépendance économique | États, institutions | Institutions internationales, interdépendance | Système régulé par institutions et échanges économiques |
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1. Quel est le rôle principal des organisations internationales dans la société mondiale ?
2. Qu'est-ce que l'hégémonie américaine dans le contexte des relations internationales ?
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