Fiche de révision : Les acteurs et structures des relations internationales

Plan du Cours

  1. Société internationale complexe
  2. Acteurs non étatiques
  3. Organisation internationales
  4. Relations de pouvoir
  5. Conflits internationaux
  6. Relations diplomatiques
  7. Mouvements migratoires
  8. Crises et conflits récents
  9. Approches théoriques RI
  10. Courants de pensée anciens
  11. Doctrine réaliste

1. Société internationale complexe

Notions clés & Définitions

  • Société hétérogène : société composée d’acteurs de nature différente, incluant des États, des organisations internationales, des ONG, la société civile, et des sociétés transnationales, qui prennent une place croissante dans le jeu international.
  • Multipolarité (voir section 9) : configuration du système international où plusieurs États ou groupes d’États détiennent un pouvoir équivalent, remplaçant la bipolarité de la Guerre froide.
  • Acteurs étatiques et non étatiques : acteurs principaux du système international, comprenant les États souverains et d’autres entités comme les ONG, sociétés transnationales, ou individus, qui participent à la prise de décision et à l’évolution des relations internationales.
  • Élargissement du nombre d’États membres des Nations Unies (depuis 1945) : augmentation progressive du nombre de membres de l’ONU, passant d’environ 50 après la Seconde Guerre mondiale à un nombre supérieur, reflétant la diversification et l’expansion de la société internationale.
  • Interdiction du recours à la force (Charte des Nations Unies) : principe fondamental selon lequel les États ne peuvent recourir à la force contre d’autres États, sauf en cas de légitime défense ou avec l’autorisation du Conseil de sécurité.

Points essentiels

  • La société internationale est caractérisée par une grande hétérogénéité d’acteurs, qui dépasse la seule sphère étatique, notamment avec l’émergence d’organisations internationales comme l’Union européenne, l’OMS, ou le Conseil de l’Europe, ainsi que des acteurs non étatiques tels que les ONG et les sociétés transnationales.
  • Depuis 1945, le nombre d’États membres des Nations Unies a considérablement augmenté, traduisant un élargissement du système international et une diversification des acteurs.
  • La multipolarité actuelle, qui remplace la bipolarité de la Guerre froide, reflète une redistribution des pouvoirs entre plusieurs grands acteurs, rendant le système plus complexe et moins hiérarchisé.
  • La mondialisation a accentué l’interconnexion entre acteurs, bouleversant les règles traditionnelles et renforçant l’importance des acteurs non étatiques dans la gouvernance mondiale.
  • La Charte des Nations Unies établit l’interdiction du recours à la force entre États, tout en confiant au Conseil de sécurité un rôle central dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

À retenir

La société internationale contemporaine est une structure complexe et hétérogène, où la multiplication des acteurs et la montée en puissance des acteurs non étatiques, combinées à un ordre multipolaire, remodèlent en permanence les relations et les règles du système mondial.

2. Acteurs non étatiques

Notions clés & Définitions

  • Acteurs non étatiques : Ensemble des entités qui interviennent dans les relations internationales sans être des États souverains. Ils incluent notamment les ONG, la société civile, les sociétés transnationales, et les individus. Selon Julianne Fernandez (date), ils sont capables d’agir au-delà de la sphère étatique, influençant la dynamique des relations internationales.

  • Sociétés transnationales : Entreprises ou organisations opérant dans plusieurs pays, exerçant une influence significative sur la politique et l’économie mondiale. Exemple : Amazon, qui, par ses activités, bouleverse le jeu des acteurs traditionnels et influence la coopération internationale.

  • Poids des acteurs non étatiques dans les conflits asymétriques : Rôle accru de ces acteurs dans des conflits où la puissance ou la capacité militaire des États est inégale. Leur influence peut compliquer la résolution des conflits, comme dans le cas des groupes armés non étatiques ou des mouvements terroristes.

  • Rôle des médiateurs non étatiques dans les conflits : Acteurs tels que les ONG ou les sociétés civiles qui interviennent pour faciliter la négociation ou la paix, en jouant un rôle de médiateurs ou d’intermédiaires, notamment dans des conflits où l’État n’est pas en position de dialogue ou de médiation.

  • Influence des acteurs non étatiques dans la coopération internationale : Ces acteurs participent à la mise en œuvre et à la gouvernance des politiques globales, notamment dans des domaines comme la santé, l’environnement ou la lutte contre le terrorisme, en complétant ou en contestant l’action des États et des organisations internationales.

Points essentiels

  • La société internationale est une société hétérogène, comprenant une diversité d’acteurs non étatiques qui prennent une place croissante dans le jeu des relations internationales, notamment après la Seconde Guerre mondiale. Leur influence dépasse souvent les frontières nationales, remettant en question la primauté des États dans la prise de décision.

  • Les ONG et la société civile jouent un rôle crucial dans la mobilisation de l’opinion publique, la sensibilisation et la pression sur les gouvernements, notamment dans la gestion des crises humanitaires ou environnementales.

  • Les sociétés transnationales comme Amazon ou d’autres grandes entreprises ont un poids économique et politique qui peut influencer la régulation internationale, la gouvernance mondiale et les politiques publiques.

  • Dans les conflits asymétriques, la présence et l’action des acteurs non étatiques complexifient la résolution des conflits, car ils peuvent agir comme parties prenantes ou médiateurs, ou encore alimenter la violence.

  • Les médiateurs non étatiques interviennent souvent dans des négociations de paix ou de cessez-le-feu, en particulier dans des conflits où l’État n’est pas en position de dialogue ou de médiation efficace.

  • La coopération internationale s’enrichit de l’action de ces acteurs, qui participent à la gouvernance globale, notamment dans des domaines comme la santé publique, l’environnement ou la lutte contre le terrorisme, en complément des États et des organisations internationales.

À retenir

Les acteurs non étatiques, en particulier les ONG, la société civile et les sociétés transnationales, jouent un rôle de plus en plus influent dans la configuration des relations internationales, notamment dans la gestion des conflits asymétriques et la coopération globale.

3. Organisation internationales

Notions clés & Définitions

  • ONU (Organisation des Nations Unies) : Organisation internationale créée en 1945 pour promouvoir la paix, la sécurité, la coopération internationale et le développement. Elle constitue le cadre multilatéral principal pour la régulation des relations internationales et la gestion des crises mondiales.

  • OMS (Organisation mondiale de la santé) : Agence spécialisée de l’ONU, créée en 1948, chargée de la coordination de la santé publique mondiale, notamment dans la prévention et la lutte contre les pandémies, comme le COVID-19.

  • OIM (Organisation internationale pour les migrations) : Organisation faisant partie du système des Nations Unies, créée dans la période post-conflit, pour coordonner la gestion des migrations internationales, témoignant de la volonté des États de coopérer sur cette problématique.

  • Union européenne : Organisation régionale supranationale, regroupant 27 États membres, qui joue un rôle dans la régulation des relations économiques, politiques et sociales entre ses membres, ainsi qu’au niveau international.

  • Conseil de l’Europe : Organisation internationale créée en 1949, distincte de l’Union européenne, visant à promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit en Europe, avec une influence sur la régulation des relations interétatiques.

  • Rôle des organisations internationales dans la régulation des relations internationales : Ces organisations agissent comme des cadres de coopération, de médiation, de maintien de la paix, et de coordination des politiques publiques mondiales ou régionales, en s’appuyant sur des règles communes et des mécanismes de gouvernance.

Points essentiels

  • La société internationale est une société hétérogène avec une pluralité d’acteurs, dont les organisations internationales jouent un rôle central dans la régulation et la gestion des relations internationales, notamment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. AUTEUR (date) : ces acteurs prennent de plus en plus de place dans le jeu des relations internationales, en s’affranchissant parfois des frontières nationales, notamment par le biais des ONG, des sociétés transnationales ou des grandes armes.

  • La création de l’ONU en 1945 marque un tournant majeur dans la gouvernance mondiale, en établissant un cadre multilatéral pour la paix et la sécurité, avec des institutions comme le Conseil de sécurité, qui dispose de pouvoirs coercitifs pour assurer la stabilité internationale. Cependant, des tensions géopolitiques, comme celles entre la Russie et l’Ukraine ou entre les États-Unis et la Chine, impactent le fonctionnement et l’efficacité de ces organisations.

  • La gestion des crises humanitaires et migratoires, notamment par l’OIM, témoigne de l’importance croissante des acteurs non étatiques dans la régulation des flux migratoires, surtout face aux phénomènes de déplacement liés aux conflits ou au changement climatique. La pandémie de COVID-19 a aussi mis en lumière la nécessité d’une coordination mondiale, notamment via l’OMS, bien que certains États adoptent une posture plus souveraine ou hostile au multilatéralisme.

  • Les tensions géopolitiques, telles que celles entre la Chine et les États-Unis, influencent directement le fonctionnement des organisations internationales, qui doivent souvent naviguer entre intérêts nationaux divergents tout en poursuivant leur mission de régulation globale.

À retenir

Les organisations internationales, en tant que cadres multilatéraux, jouent un rôle essentiel dans la régulation des relations internationales, mais leur efficacité est souvent mise à l’épreuve par les tensions géopolitiques et les intérêts divergents des États membres.

4. Relations de pouvoir

Notions clés & Définitions

  • Hard power : Capacité d’un État à imposer sa volonté par la force ou la coercition, notamment via le pouvoir militaire, économique ou diplomatique. Machiavel (1513) souligne l’importance de la puissance pour préserver l’indépendance de l’État.
  • Pouvoir de coercition militaire : Utilisation de la force ou de la menace de force pour influencer ou contraindre un autre acteur international, souvent associé au hard power. Doctrine réaliste (approche post-2GM) insiste sur ce rôle central dans la relation entre États.
  • Tensions géopolitiques sino-américaines : Conflit d’intérêts et rivalités stratégiques entre la Chine et les États-Unis, impactant l’ordre mondial et les équilibres de puissance, notamment dans la sphère économique, militaire et diplomatique.
  • Équilibres de pouvoir multipolaires actuels : Situation où plusieurs grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, UE) détiennent une influence significative, remplaçant le système bipolaire de la Guerre froide, et nécessitant une gestion complexe des relations internationales.
  • Influence des États dans les organisations internationales : Capacité des États à orienter, contrôler ou limiter le fonctionnement des organisations internationales (ex : ONU, OMS), en fonction de leurs intérêts et de leur puissance relative.

Points essentiels

  • La société internationale contemporaine se caractérise par une multiplication des acteurs et une complexification des relations de pouvoir, notamment par l’usage accru du hard power et du pouvoir militaire pour peser dans les relations internationales.
  • La rivalité sino-américaine illustre des tensions géopolitiques majeures, qui bouleversent l’ordre mondial et remettent en question la stabilité des équilibres de puissance multipolaires.
  • La doctrine réaliste insiste sur la prééminence de la puissance et de la stratégie de coercition militaire comme moyens principaux pour assurer la sécurité et défendre les intérêts nationaux dans un contexte d’incertitude et de compétition.
  • La capacité des États à influencer ou à contrôler les organisations internationales dépend de leur puissance relative, ce qui peut limiter ou renforcer leur influence dans la gouvernance mondiale.
  • La montée des tensions entre grandes puissances, notamment entre la Chine et les États-Unis, impacte directement la stabilité de l’ordre mondial, en particulier dans les domaines économique, militaire et diplomatique.

À retenir

Les relations de pouvoir actuelles reposent principalement sur l’utilisation du hard power et du pouvoir militaire, dans un contexte multipolaire où les tensions géopolitiques, notamment sino-américaines, bouleversent l’ordre mondial et influencent le rôle des États dans les organisations internationales.

5. Conflits internationaux

Notions clés & Définitions

  • Conflit russo-ukrainien : conflit armé débuté le 24 février 2022, lorsque la Russie envahit militairement l’Ukraine, en violation du droit international (Charte des Nations Unies). La Russie justifie son action par la volonté de « dénazifier » l’Ukraine et de limiter l’influence de l’OTAN, mais le Conseil de sécurité est impuissant à intervenir efficacement en raison du veto russe.

  • Conflit palestinien entre Israël et Hamas : affrontement asymétrique débuté le 7 octobre 2023, marqué par une offensive du Hamas contre Israël et une réponse militaire israélienne. Ce conflit illustre l’impact des acteurs non étatiques et la difficulté pour l’ONU de faire respecter un cessez-le-feu, avec des violations répétées des accords.

  • Conflits asymétriques impliquant acteurs non étatiques : affrontements où un acteur non étatique, comme une organisation terroriste ou une milice, oppose un État ou une coalition d’États, rendant la résolution plus complexe. Exemple : Hamas contre Israël, où la disparité de puissance complique la médiation internationale.

  • Rôle du droit international dans les conflits armés : ensemble de règles visant à limiter la violence et à protéger les civils en temps de guerre, notamment la Charte des Nations Unies qui interdit le recours à la force entre États. Cependant, dans certains conflits, comme celui russo-ukrainien, ces règles sont souvent ignorées ou contestées.

  • Difficultés du Conseil de sécurité à résoudre certains conflits : institution clé pour le maintien de la paix, mais souvent paralysée par le veto des membres permanents, notamment la Russie dans le cas du conflit russo-ukrainien. Cela limite son efficacité face à des crises majeures, comme la guerre en Ukraine ou le conflit israélo-palestinien.

6. Relations diplomatiques

Notions clés & Définitions

  • Négociations bilatérales et multilatérales : Processus de dialogue et de négociation entre deux acteurs (bilatérales) ou plusieurs acteurs (multilatérales) pour résoudre des différends, établir des accords ou coordonner des politiques. Ces négociations sont essentielles pour gérer les relations internationales et éviter les conflits.

  • Rôle des médiateurs dans les conflits internationaux : Acteurs ou États qui interviennent pour faciliter la résolution pacifique d’un conflit en proposant des solutions, en organisant des rencontres ou en assurant un arbitrage. Leur intervention vise à réduire la tension et à favoriser un compromis acceptable par toutes les parties.

  • Politiques d’accueil des migrants et négociations internationales : Ensemble des stratégies et accords entre États pour gérer l’accueil, l’intégration et la régulation des flux migratoires. Ces politiques impliquent souvent des négociations pour établir des quotas, des droits ou des aides financières, afin de répondre aux enjeux humanitaires et sécuritaires.

Points essentiels

  • La société internationale est caractérisée par une grande hétérogénéité d’acteurs, incluant États, organisations internationales (ex : OMS, Union européenne), ONG, société civile, et sociétés transnationales comme Amazon. Leur interaction complexifie la prise de décision et l’organisation des relations diplomatiques.

  • La diplomatie repose principalement sur des négociations bilatérales ou multilatérales, permettant aux acteurs de dialoguer pour préserver la paix, gérer les différends ou établir des accords commerciaux. Ces négociations peuvent être directes ou médiatisées par des acteurs tiers.

  • Les médiateurs jouent un rôle crucial dans la résolution des conflits, notamment en facilitant le dialogue entre parties antagonistes. Leur intervention est souvent sollicitée lorsque la diplomatie classique échoue ou lorsque la situation devient critique.

  • La gestion des migrations internationales implique des négociations entre États pour définir des politiques d’accueil, de régulation et d’aide. La crise sanitaire mondiale de 2020 (COVID-19) a également mis en évidence la nécessité de coopérations internationales renforcées, notamment via l’OMS, pour faire face aux crises sanitaires.

  • Le retrait d’États de certaines organisations internationales, comme les États-Unis de l’OMS, illustre les tensions diplomatiques et la volonté de certains États de privilégier leurs intérêts nationaux, ce qui peut fragiliser la coopération mondiale.

  • Les tensions diplomatiques impactent directement les échanges commerciaux internationaux, pouvant entraîner des sanctions, des embargos ou des restrictions, et modifier l’équilibre économique mondial.

À retenir

Les relations diplomatiques, à travers négociations, médiation et politiques d’accueil, constituent le socle de la gestion pacifique des relations internationales, mais elles sont souvent fragilisées par des tensions et des intérêts divergents.

7. Mouvements migratoires

Notions clés & Définitions

  • Mouvements migratoires internationaux : Déplacements de personnes d’un pays à un autre pour s’y établir de façon durable ou temporaire. En 2020, ils concernaient environ 281 millions de personnes, soit 3,6 % de la population mondiale.
  • Déplacés environnementaux : Personnes forcées de quitter leur domicile en raison du changement climatique ou de catastrophes naturelles, dont le nombre atteignait 26,4 millions en 2023 selon l’ONU. Selon les estimations, plus de 1 milliard pourraient être exposées à des risques climatiques d’ici 2050, avec environ 216 millions de déplacés climatiques.
  • Politiques d’accueil des migrants : Ensemble des mesures et négociations entre États visant à organiser l’entrée, l’intégration et l’aide aux migrants internationaux, incluant accords bilatéraux ou multilatéraux.
  • Rôle de l’OIM : Organisation internationale pour les migrations, partie du système des Nations Unies, créée pour coordonner la gestion des migrations, notamment en période post-conflit ou crise humanitaire.
  • Causes des migrations : Facteurs économiques (recherche d’emploi, meilleures conditions de vie), conflits (guerres, violences), changement climatique (déplacements liés à la montée des eaux, sécheresses, catastrophes naturelles).

Points essentiels

  • La migration internationale est un phénomène majeur, avec 281 millions de migrants en 2020, représentant 3,6 % de la population mondiale.
  • Les causes principales incluent des raisons économiques, des conflits armés, et des effets du changement climatique, qui provoquent des déplacements forcés et environnementaux.
  • Les déplacés environnementaux, en forte augmentation, pourraient atteindre plus d’un milliard d’ici 2050, ce qui pose d’importants enjeux pour la gestion globale des flux migratoires.
  • L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), intégrée au système des Nations Unies, joue un rôle clé dans la coordination des politiques migratoires et la gestion des crises.
  • Les États négocient des politiques d’accueil pour réguler ces flux, mais certains restent réticents à ouvrir leurs frontières, ce qui complique la mise en place d’un cadre international commun.
  • La pandémie de COVID-19 a accentué la complexité des mouvements migratoires, révélant la nécessité de politiques communes pour la santé et la sécurité des migrants.
  • La gestion des migrations influence directement les relations internationales, notamment par le biais d’accords bilatéraux ou multilatéraux, et soulève des enjeux de souveraineté et de solidarité.

À retenir

Les mouvements migratoires internationaux, motivés par des facteurs économiques, conflictuels et climatiques, constituent un enjeu majeur des relations internationales, nécessitant une coopération multilatérale pour leur gestion équilibrée et humaine.

8. Crises et conflits récents

Notions clés & Définitions

Invasion russe de l’Ukraine (2022) : Opération militaire lancée par la Russie le 24 février 2022, visant à renverser le gouvernement ukrainien, en invoquant la dénazification et la proximité de l’Ukraine avec l’OTAN. Ce conflit viole la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la force entre États. La Russie a été incapable de faire respecter ses intérêts par le Conseil de sécurité, illustrant ses limites dans la gestion des crises internationales.

Offensive du Hamas contre Israël (2023) : Attaque militaire lancée par le Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant une réponse israélienne massive au-dessus de Gaza. Ce conflit asymétrique met en évidence l’impact des acteurs non étatiques dans les relations internationales et la difficulté pour l’ONU de faire respecter un cessez-le-feu, en raison des tensions persistantes et des accords non respectés.

Cessez-le-feu et difficultés de respect des accords : Accords temporaires visant à arrêter les hostilités, comme celui de janvier 2025 entre Israël et le Hamas, souvent violés dès leur entrée en vigueur. La non-application de ces accords montre la faiblesse des mécanismes internationaux pour faire respecter la paix, notamment face à des acteurs non étatiques ou à des enjeux de souveraineté.

Pandémie de COVID-19 (2020) : Crise sanitaire mondiale révélant la nécessité d’une coordination internationale renforcée. La pandémie a mis en évidence la fragilité de la gouvernance mondiale en santé, avec certains États adoptant des positions hostiles au multilatéralisme, comme le retrait des États-Unis de l’OMS, illustrant la tension entre souveraineté nationale et coopération globale.

Tensions sino-américaines récentes : Conflit géopolitique marqué par la rivalité économique, technologique et militaire entre la Chine et les États-Unis, impactant l’ordre mondial et les organisations internationales. Ces tensions bouleversent l’ordre intercommercial et illustrent la montée du hard power dans les relations internationales contemporaines.

Impact sur les organisations internationales : Ces crises montrent la limite des institutions comme l’ONU ou l’OMS face à des enjeux de souveraineté, de conflits asymétriques ou de crises globales. La difficulté à faire respecter les accords ou à coordonner une réponse efficace traduit la complexité du système international actuel, marqué par une multipolarité et des intérêts divergents.

9. Approches théoriques RI

Notions clés & Définitions

  • Diversité des définitions : La discipline des relations internationales n’a pas une définition unique, mais multiple, reflétant différentes perspectives sur ce qui constitue l’objet d’étude, telles que l’étude des liens entre acteurs capables d’agir au-delà de la sphère étatique (Julianne Fernandez) ou l’analyse des relations humaines par-delà les frontières nationales.

  • Poids des acteurs selon les approches : Selon les différentes approches, l’importance relative des acteurs varie. Certaines approches donnent autant de poids aux individus qu’aux États, tandis que d’autres privilégient la place prépondérante des États et des organisations internationales dans la régulation des relations internationales.

  • Science transdisciplinaire : La science des RI est une discipline qui mêle plusieurs champs du savoir, notamment l’histoire, le droit, la sociologie et l’économie, afin d’appréhender la complexité des relations internationales. Elle s’inscrit dans une démarche mouvante, évoluant avec le contexte mondial (voir aussi "Évolution des relations internationales post-2e GM").

Points essentiels

  • La discipline des RI est jeune, apparue aux États-Unis dans l’entre-deux-guerres, et s’est fortement développée après 1945, notamment pour limiter et prévenir les conflits mondiaux. Elle s’inspire de penseurs anciens comme Machiavel, Hobbes ou Rousseau, mais aussi de réflexions plus modernes comme celles de Kant ou Grotius, qui ont contribué à élaborer des théories sur la paix et le droit international.

  • La diversité des définitions reflète la pluralité des approches, allant d’une étude centrée sur les liens entre acteurs capables d’agir au-delà des États, à une analyse plus large intégrant l’ensemble des acteurs (État, ONG, sociétés transnationales, etc.) et leurs interactions.

  • La science des RI est caractérisée par sa nature transdisciplinaire, intégrant l’histoire diplomatique, le droit, la sociologie et l’économie, ce qui lui permet d’analyser la dynamique des relations internationales dans leur complexité et leur mouvance constante.

  • Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs doctrines ont émergé, notamment le réalisme, qui insiste sur la primauté des rapports de force et la souveraineté des États, et le courant libéral, qui privilégie la coopération et la régulation par le droit international.

  • La multipolarité et la mouvance des équilibres internationaux illustrent l’évolution constante du système mondial, passant d’un ordre bipolaire (Guerre froide) à un ordre multipolaire actuel, où plusieurs centres de pouvoir coexistent et s’affrontent.

À retenir

Les approches théoriques des relations internationales reflètent la diversité des visions du monde, oscillant entre la compréhension des rapports de force et la recherche de la coopération, dans un contexte en perpétuelle évolution.

10. Courants de pensée anciens

Notions clés & Définitions

  • Thucydide (vers -460 à -400) : Historien grec considéré comme un précurseur de la doctrine réaliste, il analyse l’origine des conflits entre cités, notamment la guerre du Péloponnèse, en mettant en avant le rôle de la puissance et de l’équilibre des forces dans l’éclatement des hostilités.

  • Philosophie des Lumières (XVIIe-XVIIIe siècle) : Mouvement intellectuel qui mène une réflexion critique sur la guerre et la paix, prônant le développement du droit et de la morale pour limiter la violence entre États, avec des penseurs comme Grotius, Kant, Hobbes ou Machiavel.

  • Grotius (1625) : Juriste et philosophe néerlandais, il formule dans Le droit de la guerre et de la paix l’idée que la paix peut être développée par le droit et la morale, proposant des modes alternatifs de règlement des différends, tels que la diplomatie et l’arbitrage.

  • Kant (1795) : Philosophe allemand qui, dans Essai philosophique sur la paix perpétuelle, défend l’idée qu’une organisation internationale, comme une Société des Nations, pourrait instaurer une paix durable en s’appuyant sur le droit et la coopération entre États.

  • Philosophes contractualistes (XVIIe-XVIIIe siècle) : Courant de pensée qui voit dans le contrat entre États ou individus la base d’un ordre pacifique, en opposition aux approches fondées sur la force ou la domination, comme le défendent Hobbes ou Kant.

Points essentiels

  • Antiquité : La guerre est la principale relation entre cités, mais quelques penseurs, notamment Thucydide, ont analysé l’origine des conflits liés à la puissance. Il montre que la construction d’empires, comme celui d’Athènes, alimente la rivalité et la méfiance entre cités, anticipant la doctrine réaliste.

  • Philosophie des Lumières : Elle marque une étape clé dans la critique de la guerre, avec des penseurs comme Grotius qui introduisent l’idée que le droit peut limiter la violence et instaurer la paix. Kant propose une paix perpétuelle fondée sur le droit international et la coopération entre États, une idée qui influence la création future d’organisations internationales.

  • Courants de pensée : Machiavel insiste sur la puissance et la souveraineté des États, avec une vision réaliste et pragmatique. Hobbes voit la nature humaine comme égoïste et méfiante, ce qui rend la paix fragile. Schmitt rejette le droit naturel et privilégie la force, tandis que Kelsen défend le rôle pacificateur du droit.

  • Évolution doctrinale : Après la Seconde Guerre mondiale, ces courants ont nourri diverses approches, notamment le réalisme, qui insiste sur la compétition et la puissance, et le courant libéral, qui valorise la coopération et le droit international.

À retenir

Les courants de pensée anciens ont posé les bases des réflexions modernes sur la guerre et la paix, en insistant tour à tour sur la puissance, le droit, ou la moralité comme moyens de réguler les relations internationales.

11. Doctrine réaliste

Notions clés & Définitions

  • Thucydide (Vème siècle av. J.-C.) : historien grec considéré comme un précurseur de la doctrine réaliste, il analyse la guerre du Péloponnèse en soulignant que la puissance et la rivalité entre cités-États, notamment Athènes et Sparte, sont à l’origine des conflits. Il établit un lien direct entre la puissance d’un État et la probabilité de guerre.

  • Lien entre puissance et guerre : concept central du réalisme selon lequel la compétition pour la puissance entre États est la cause fondamentale des conflits internationaux. Plus un État est puissant, plus il cherche à préserver ou accroître sa position, ce qui peut mener à des affrontements.

  • Vision pessimiste des relations internationales : approche qui considère que les relations entre États sont intrinsèquement conflictuelles, dominées par la lutte pour la survie et la domination, rendant la paix fragile et difficile à maintenir.

  • Importance du pouvoir militaire (hard power) : notion selon laquelle la capacité de coercition militaire constitue l’outil principal pour assurer la sécurité et défendre les intérêts des États. Le hard power est considéré comme le levier essentiel dans la compétition entre puissances.

  • Conflits comme expression naturelle des rivalités entre États : idée que les différends et guerres ne sont pas exceptionnels mais constituent la conséquence logique et inévitable des rivalités de puissance, selon laquelle la compétition entre États est permanente et structurante.

Points essentiels

  • La doctrine réaliste trouve ses origines dans l’analyse de Thucydide (Vème siècle av. J.-C.), qui relie la guerre à la quête de puissance des cités grecques, notamment Athènes. Il considère que la compétition pour la puissance est à la base des conflits, ce qui constitue une vision pessimiste mais réaliste des relations internationales.

  • Elle établit un lien direct entre puissance et guerre, soulignant que plus un État est puissant, plus il cherche à préserver ou augmenter cette puissance, ce qui peut entraîner des affrontements. La rivalité de puissance est vue comme le moteur principal des conflits.

  • La vision pessimiste des RI insiste sur le fait que la coopération est limitée, et que la sécurité des États dépend principalement de leur capacité militaire, renforçant l’importance du hard power dans la politique internationale.

  • Les conflits sont considérés comme une expression naturelle des rivalités, non pas comme des anomalies ou des déviations, mais comme la conséquence inévitable de la lutte pour la puissance entre États souverains.

  • La pensée réaliste a une influence majeure sur la pensée contemporaine des RI, notamment dans l’analyse des stratégies de puissance, des équilibres et des tensions géopolitiques, tout en étant souvent critiquée pour son côté cynique et sa vision conflictuelle.

À retenir

La doctrine réaliste, en s’appuyant sur Thucydide, voit la compétition pour la puissance comme le moteur principal des conflits internationaux, considérant que la nature des relations entre États est intrinsèquement conflictuelle et dominée par le pouvoir militaire.

Tableaux de Synthèse

ThèmeActeurs principauxRôleExemples / AuteurParticularités
Société internationale complexeÉtats, ONG, sociétés transnationales, organisations internationalesDiversification et interaction des acteursONU (Charte, 1945), UE, OMSMultipolarité, mondialisation, interdiction du recours à la force
Acteurs non étatiquesONG, sociétés transnationales, société civile, individusInfluence sur la gouvernance, conflits, coopérationJulianne FernandezInfluence croissante, rôle dans conflits asymétriques, médiation

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre acteurs étatiques et non étatiques : ne pas limiter la société internationale aux seuls États.
  2. Sous-estimer l’impact des acteurs non étatiques dans la gouvernance mondiale.
  3. Confondre la multipolarité avec la bipolarité de la Guerre froide.
  4. Omettre le rôle des ONG et sociétés civiles dans la gestion des crises.
  5. Confusion entre organisations internationales (ONU, UE, Conseil de l’Europe) et acteurs non étatiques.
  6. Mal différencier la notion de société hétérogène et celle de société civile.
  7. Ignorer l’impact des sociétés transnationales dans la régulation économique et politique.
  8. Confondre la Charte des Nations Unies avec d’autres textes internationaux.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la société internationale complexe et ses acteurs principaux.
  2. Maîtriser la notion de multipolarité et ses implications pour le système international, selon Mearsheimer ou Waltz.
  3. Identifier les acteurs non étatiques, notamment les ONG, sociétés transnationales, et leur influence, selon Julianne Fernandez.
  4. Expliquer le rôle et le fonctionnement de l’ONU, en précisant la date de création (1945) et ses missions principales.
  5. Connaître la différence entre organisations régionales (UE, Conseil de l’Europe) et mondiales (ONU, OMS).
  6. Comprendre le principe d’interdiction du recours à la force dans la Charte des Nations Unies.
  7. Savoir citer des exemples de sociétés transnationales influentes (Amazon, Shell).
  8. Identifier le rôle des acteurs non étatiques dans les conflits asymétriques et la médiation.
  9. Maîtriser la notion de société hétérogène et ses composantes.
  10. Connaître la date de création de l’OMS (1948) et ses missions.
  11. Savoir définir la mondialisation et ses effets sur la gouvernance mondiale.
  12. Connaître la différence entre acteurs étatiques et non étatiques, avec exemples.

Teste tes connaissances

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1. Qui est crédité d'avoir formulé ou créé l'Organisation des Nations Unies en 1945 ?

2. Qu'est-ce que la société internationale complexe ?

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Société internationale — définition ?

Ensemble d’acteurs divers interagissant à l’échelle mondiale.

Multipolarité — rôle ?

Organisation du système international avec plusieurs grandes puissances.

Acteurs non étatiques — exemples ?

ONG, sociétés transnationales, société civile, individus.

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