Fiche de révision : Les Fondements de la Communication Non Verbale

Plan du Cours

  1. Communication non verbale
  2. Communication verbale et non verbale
  3. Modèle de Shannon-Weaver
  4. Perspective pragmatique
  5. Signification implicite
  6. Communication contextuelle
  7. Comportements non verbaux
  8. Gestes et postures
  9. Toucher et expressions faciales
  10. Le regard et la voix

1. Communication non verbale

Notions clés & Définitions

  • Communication non verbale : Ensemble des formes de communication qui ne reposent pas sur un code linguistique, incluant toutes les autres formes de comportements permettant de véhiculer de l’information (exemples : gestes, expressions faciales, posture, toucher, regard, voix). Elle est souvent difficilement étudiable et dépend fortement du contexte (UE8).

  • Comportements non verbaux : Manifestations corporelles ou faciales qui transmettent des informations sans utiliser de mots, telles que gestes, postures, expressions faciales, toucher, regard, voix (UE8).

  • Gestes et postures : Movements ou positions du corps ou des membres ayant une valeur communicative. Les gestes peuvent être emblématiques, dépendant de la parole, ou liés à la relation, ponctuation, régulation des interactions. Les postures reflètent des contraintes environnementales, sociales et biologiques, et peuvent s’adapter par effet de caméléon (UE8).

  • Toucher : Modalité de communication puissante, véhiculant des affects, attitudes positives ou négatives, émotions, influence, ou servant de rituel ou symbole. La fréquence et la signification du toucher varient selon l’âge, le sexe, la culture, le contexte et l’intimité (UE8).

  • Expressions faciales : Mouvements musculaires du visage permettant d’exprimer des émotions ou des dispositions sociales. Selon Ekman, elles sont universelles pour six émotions de base (joie, peur, colère, tristesse, dégoût, surprise). Selon Fridlund, elles servent à communiquer des attitudes ou intentions sociales, dépendant du contexte (UE8).

  • Le regard : Fonction de gestion de l’attention, de régulation des interactions, d’expression émotionnelle et de relation interpersonnelle. La fréquence du regard, le ratio dominance visuelle (VDR) et la dilatation pupillaire sont des indicateurs de l’état mental ou relationnel. La signification du regard dépend du contexte et de la culture (UE8).

  • La voix (paralangage / paraverbal) : Ensemble des modulations acoustiques de la voix, telles que prosodie, rythme, hauteur, intensité, accentuation, ainsi que les phénomènes vocaux (rires, pleurs, silences). Elle permet d’exprimer des émotions, d’identifier un locuteur, et d’adapter le message à la situation (UE8).

Points essentiels

  • La communication non verbale constitue une majorité des échanges humains, avec environ 80% d’informations transmises par ces canaux (Mehrabian, 1971). Elle fonctionne souvent en complément, contradiction ou substitution du verbal.

  • La signification des comportements non verbaux dépend fortement du contexte, des cultures, et de l’interaction. La méthode des “fines tranches” montre que l’interprétation rapide de comportements non verbaux est souvent fiable, mais sensible au contexte.

  • Les gestes et postures ont des fonctions variées : emblèmes, référents, relation, ponctuation, régulation. Leur fréquence augmente avec l’implication, la proximité, ou la dominance dans la communication.

  • Le toucher influence positivement ou négativement la perception et la relation. Son usage varie selon l’âge, le genre, la culture, et le contexte d’intimité.

  • Les expressions faciales sont à la fois des reflets d’émotions universelles et des signaux sociaux modulés par la culture ou la situation. Elles peuvent révéler ou masquer les véritables sentiments.

  • Le regard est un indicateur de l’attention, de l’émotion, et de la relation de pouvoir ou d’intimité. La dilatation pupillaire, le VDR, et la direction du regard sont des indices précieux.

  • La voix, par ses modulations, véhicule des émotions, identifie le locuteur, et influence la perception du message. La prosodie est essentielle dans la communication émotionnelle.

À retenir

La communication non verbale, omniprésente et contextuellement dépendante, joue un rôle crucial dans la transmission d’informations, d’attitudes et d’émotions, souvent en complément ou en contradiction avec le message verbal.

2. Communication verbale et non verbale

Notions clés & Définitions

Modèle de Shannon-Weaver (1948) : Modèle selon lequel la communication repose sur un code partagé entre émetteur et récepteur, permettant une transmission claire de l'information. La compréhension dépend de la connaissance préalable du code par le récepteur.
Communication contextuelle : La communication ne se limite pas au message linguistique mais dépend également du contexte d'énonciation, comprenant le contexte physique, épistémique et linguistique, ainsi que le terrain commun partagé par les interlocuteurs.
Signification implicite : Ensemble des sens non explicitement exprimés dans l'énoncé mais déduits par le récepteur à partir de l'interaction, des implicatures conventionnelles ou conversationnelles, et du contexte.
Perspective pragmatique : Approche qui met l'accent sur l'intention du locuteur, la négociation du sens, et l'importance des contextes d'énonciation pour comprendre ce qui est réellement signifié, en distinguant ce qui est dit de ce qui est signifié.
Communication verbale : Utilisation d’un système de codes linguistiques (langues humaines) pour véhiculer de l’information, permettant à l’espèce humaine de se représenter le monde.
Communication non verbale : Ensemble des formes de communication qui n’utilisent pas le langage, mais d’autres modes comme gestes, expressions faciales, regard, posture, toucher, etc., souvent dépendantes du contexte et de la situation.

Points essentiels

  • La communication humaine intègre des modes variés : parole, gestes, regard, espace interindividuel, traces graphiques, etc.
  • La communication verbale repose sur un code conventionnel, facilitant la transmission de l’information, mais sa compréhension dépend aussi du contexte.
  • Le modèle de Shannon-Weaver simplifie la communication en insistant sur la connaissance du code, mais il est critiqué pour négliger le rôle du contexte et des négociations implicites.
  • La perspective pragmatique, notamment par Grice, insiste sur la distinction entre ce qui est dit et ce qui est signifié, en soulignant l’importance des inférences et des implicatures.
  • La signification implicite inclut des implicatures conventionnelles (présupposés) et conversationnelles (sous-entendus), qui nécessitent une coopération entre interlocuteurs selon les maximes de Grice.
  • La communication est influencée par le contexte d’énonciation, comprenant le contexte physique, épistémique et linguistique, ainsi que le terrain commun.
  • La polysémie (multiplicité de sens) des mots et des phrases dépend fortement des contextes, rendant la compréhension souvent implicite et construite.

À retenir

La communication humaine repose sur un équilibre entre le code partagé, le contexte d’énonciation, et la capacité à inférer le sens implicite, rendant la compréhension une activité coopérative et contextuelle.

3. Modèle de Shannon-Weaver

Notions clés & Définitions

  • Modèle de Shannon-Weaver (1948) : Modèle de communication qui décrit le processus de transmission de l'information entre un émetteur et un récepteur, en insistant sur l'importance du code partagé pour la compréhension. Il suppose que la transmission est efficace lorsque le récepteur connaît le code utilisé par l’émetteur.

  • Code et décodeur : Ensemble de conventions ou de règles permettant de transformer un message en un signal (codage) et de le reconvertir en message compréhensible (décodage). La compréhension dépend de la connaissance partagée du code par l’émetteur et le récepteur.

  • Transmission de l'information : Processus par lequel un message est envoyé d’un émetteur à un récepteur via un canal, en utilisant un code commun. La qualité de cette transmission repose sur la fidélité du signal et la compréhension du message.

  • Canal de communication : Support ou voie physique ou symbolique par laquelle l'information est transmise (exemple : parole, écrit, signal électronique). Il constitue le médium entre l’émetteur et le récepteur.

  • Critiques du modèle : Limites soulignées par la critique, notamment l’idée que le sens est entièrement dans le code, et que la communication est déconnectée du contexte. La négociation du sens entre émetteur et récepteur, ainsi que l’implicature, ne sont pas prises en compte dans ce modèle.

Points essentiels

  • Le modèle de Shannon-Weaver (1948) propose une vision linéaire de la communication où l’émetteur encode un message selon un code, qui est transmis via un canal, puis décodé par le récepteur. La compréhension suppose que le récepteur connaît le même code que l’émetteur.

  • La communication est considérée comme efficace lorsque le message est transmis sans erreur, en supposant une parfaite connaissance du code partagé.

  • La critique principale est que ce modèle suppose que le sens est dans le code, négligeant la négociation de sens et le rôle du contexte. Il ne prend pas en compte la dimension implicite ou les interprétations subjectives.

  • La transmission de l'information est vue comme un flux unidirectionnel, sans interaction ou rétroaction explicite.

  • Le canal de communication peut être affecté par des bruits ou interférences, qui peuvent altérer la transmission.

À retenir

Le modèle de Shannon-Weaver est une représentation linéaire de la communication centrée sur la transmission de l'information via un code partagé, mais il est critiqué pour sa vision simpliste qui ignore la négociation de sens et le rôle du contexte dans la compréhension.

4. Perspective pragmatique

Notions clés & Définitions

Perspective pragmatique : Approche qui met l’accent sur l’intention de communication et la négociation de sens entre émetteur et récepteur, en tenant compte du contexte d’énonciation (Paul Grice, 1975). Elle distingue la phrase (ce qui est dit) de l’énoncé (ce qui est signifié).

Inférence de sens : Processus par lequel le récepteur déduit ce que le locuteur veut réellement signifier, au-delà du contenu explicite, en se basant sur le contexte et les attentes coopératives (Grice, 1975).

Maximes conversationnelles : Règles implicites que les interlocuteurs respectent pour assurer une communication efficace et coopérative. Elles incluent la quantité, la qualité, la relation, et la manière. Leur transgression oblige à faire des inférences pour comprendre le sens implicite (Grice, 1975).

Implication et implicature : La signification qui n’est pas explicitement exprimée mais déduite par le récepteur à partir des maximes ou du contexte. L’implicature peut être conventionnelle (présupposés) ou conversationnelle (sous-entendus, Grice, 1975).

Contexte d’énonciation : Ensemble des éléments situés hors du code linguistique qui contribuent à déterminer le sens d’un énoncé. Il comprend le contexte physique, épistémique, linguistique, et le terrain commun, qui est l’ensemble des connaissances partagées entre interlocuteurs (Clark, 1985).

Points essentiels

  • La communication humaine repose sur une activité coopérative où le sens est négocié, et non simplement décodé selon un code strict (Grice, 1975).
  • La distinction entre ce qui est dit (phrase) et ce qui est signifié (implicature) est centrale pour comprendre l’intention réelle du locuteur.
  • La majorité de l’information véhiculée est implicite, et l’interprétation nécessite d’inférer ce qui n’est pas explicitement exprimé, en se basant sur le contexte d’énonciation.
  • Les maximes conversationnelles guident la coopération : leur respect facilite la compréhension, leur transgression oblige à faire des inférences.
  • La polysémie des mots et la dépendance au contexte rendent la signification souvent ambigüe ou approximative, nécessitant des processus d’interprétation pour saisir l’intention réelle.
  • La signification dépend à la fois du code linguistique et des contextes physiques, épistémiques, et linguistiques, ainsi que du terrain commun partagé par les interlocuteurs.

À retenir

La perspective pragmatique insiste sur l’importance du contexte et de l’intention dans la compréhension du sens, en montrant que la communication repose sur une activité coopérative où l’implicature joue un rôle clé pour saisir ce que le locuteur veut réellement transmettre.

5. Signification implicite

Notions clés & Définitions

Implication conventionnelle : Véhicules par des mots ou expressions dont la signification est déterminée par des conventions sociales ou linguistiques, telles que les présupposés. Exemple : “Le bus démarre” implique qu’il était à l’arrêt (Ekman et Friesen, 1978).

Implication conversationnelle : Signification sous-entendue qui ne découle pas directement du sens littéral de l’énoncé mais est inférée par le contexte et les règles de coopération (Grice, 1975). Elle inclut les implicatures sous-entendues, métaphores, allusions, etc.

Déictique : Mots ou expressions dont la référence dépend du contexte d’énonciation, nécessitant une interprétation contextuelle pour en saisir le sens précis (exemple : “je”, “ici”, “demain”). La langue française en comporte environ 60% de mots déictiques.

Polysémie : Caractère d’un mot ou d’une phrase ayant plusieurs significations possibles selon le contexte. La signification dépend donc directement des contextes d’énonciation, de situation ou de culture.

Implication implicite : Informations non explicitement exprimées dans l’énoncé mais déduites par l’interlocuteur à partir du contexte, des conventions ou des règles de communication (Grice, 1975).

Points essentiels

  • La signification implicite ne repose pas uniquement sur le code linguistique mais dépend aussi fortement des contextes d’énonciation (physique, épistémique, linguistique).
  • Les implicatures conventionnelles sont véhiculées par les mots eux-mêmes, souvent par des présupposés (ex : “Le bus démarre” implique qu’il était à l’arrêt).
  • Les implicatures conversationnelles sont sous-entendues et nécessitent une inférence basée sur la coopération et le contexte (ex : “Il est midi” signifiant que le temps imparti est passé).
  • La polysémie est la règle et pas l’exception ; la compréhension d’un mot ou d’une phrase dépend du contexte dans lequel il est utilisé.
  • La théorie de l’implicature (Grice, 1975) souligne que le sens n’est pas seulement dans ce qui est dit, mais aussi dans ce qui est impliqué.

À retenir

La signification implicite repose sur des inférences contextuelles, conventionnelles ou conversationnelles, rendant la communication souvent plus riche et nuancée que le seul sens littéral des mots.

6. Communication contextuelle

Notions clés & Définitions

  • Communication contextuelle : Ensemble des éléments hors du code linguistique qui contribuent à déterminer le sens d’un énoncé, en s’appuyant sur les contextes d’énonciation (source : synthèse des concepts). Elle ne se limite pas à la simple transmission de mots, mais inclut tout ce qui influence l’interprétation du message.

  • Contexte physique : Ensemble des éléments matériels et environnementaux immédiats à la situation de communication, tels que le lieu, l’espace interindividuel, l’environnement physique, qui permettent d’interpréter un message (exemple : la position dans une pièce, le bruit ambiant).

  • Contexte épistémique : Ensemble des connaissances, hypothèses et croyances partagées par les partenaires de la communication, formant le terrain commun. Il sert de référence pour inférer le sens implicite d’un énoncé (source : Clark, 1985).

  • Contexte linguistique : Ensemble des éléments linguistiques présents dans le discours ou le co-texte, tels que les mots, phrases, expressions précédentes ou suivantes, qui aident à comprendre le sens d’un énoncé dans une situation donnée.

  • Terrain commun : Ensemble des connaissances, hypothèses et croyances partagées par les partenaires, présumées telles par chacun, qui facilite la compréhension mutuelle lors des interactions verbales (source : Clark, 1985).

Points essentiels

  • La signification d’un message dépend à la fois du code linguistique et des contextes d’énonciation, notamment physique, épistémique et linguistique.
  • La polysémie des mots et des phrases est la règle, et leur interprétation dépend fortement des contextes.
  • Le terrain commun constitue la base des connaissances partagées nécessaires pour que la communication soit efficace.
  • La compréhension implicite repose sur l’inférence du sens à partir des contextes, notamment quand les énoncés sont approximatifs, ambigus ou figuratifs.
  • La communication humaine repose sur l’articulation entre verbal, non-verbal et contextes, formant un tout cohérent.

À retenir

La communication contextuelle désigne l’ensemble des éléments hors du code linguistique qui, en interaction avec celui-ci, permettent d’interpréter correctement un message, en s’appuyant notamment sur le terrain commun et les différents contextes d’énonciation.

7. Comportements non verbaux

Notions clés & Définitions

Comportements non verbaux : Ensemble des actions et réactions physiques qui véhiculent des informations sans utiliser de mots, souvent inconscients ou intentionnels, et dépendant du contexte (UE8).
Gestes et postures : Manifestations corporelles qui transmettent des messages, comprenant des gestes indépendants de la parole (emblèmes) ou dépendants de la parole (gestes de référence, ponctuation, interaction) ainsi que des postures reflétant contraintes environnementales, sociales ou biologiques (UE8).
Signaux non verbaux : Indices corporels, faciaux, vocaux ou liés au toucher qui communiquent des attitudes, émotions ou intentions, souvent en complément ou en contradiction avec le message verbal (UE8).
Langage corporel : Ensemble des comportements corporels, notamment gestes, postures, expressions faciales, regard, et toucher, utilisés pour communiquer, réguler ou influencer une interaction (UE8).
Fines tranches de comportement : Courtes séquences d’observations comportementales sans contexte, permettant d’évaluer rapidement certains traits ou états (Ambady, 2013).

Points essentiels

  • La communication non verbale est omniprésente, implicite, et s’apprend dès l’enfance par des règles implicites.
  • Les gestes peuvent être emblématiques (transcription verbale) ou dépendants de la parole, avec des fonctions variées : contrôle, référence, ponctuation, régulation, interaction.
  • La fréquence des gestes augmente avec l’implication, la dominance, ou la concrétude du référent, et varie selon les cultures.
  • Les postures reflètent d’abord des contraintes physiques et sociales, et leur mimétisme (effet caméléon) favorise une meilleure interaction.
  • Le toucher, puissant, influence positivement ou négativement, selon l’âge, le genre, la culture, et le contexte.
  • Les expressions faciales, codifiées par le FACS (Ekman, 1978), expriment universellement des émotions de base (joie, peur, colère, tristesse, dégoût, surprise) mais sont aussi orientées socialement (Fridlund).
  • Le regard, outil de gestion de l’attention, de l’émotion et de la relation, dépend de nombreux facteurs comme la distance, la culture ou la situation. La dilatation pupillaire, souvent associée à l’attitude positive, est influencée par la reconnaissance de stimuli.
  • La voix, par le paralangage, transmet des émotions et des caractéristiques sociales ou personnelles, utilisant la prosodie, le rythme, l’intensité, et d’autres phénomènes vocaux.

À retenir

Les comportements non verbaux, par leur omniprésence et leur complexité, jouent un rôle crucial dans la communication humaine, souvent en complément ou en contradiction avec le message verbal, et leur interprétation dépend fortement du contexte.

8. Gestes et postures

Notions clés & Définitions

Gestes emblématiques : Gestes qui ont une transcription verbale et obéissent à un code, permettant de représenter directement une idée ou une instruction. Exemple : faire un signe de la main pour dire "viens ici" (Ekman, 1976). Ces gestes sont acquis chez l’enfant avant leur premier mot et peuvent varier selon les régions ou cultures.

Code gestuel : Ensemble de conventions ou de règles qui régissent la production et l’interprétation des gestes. Il fonctionne comme un vocabulaire ou une syntaxe spécifique, permettant de transmettre du sens de manière systématique (exemple : la langue des signes).

Variabilité culturelle : Différences dans la signification, la fréquence ou l’usage des gestes selon les cultures ou régions. Par exemple, un geste peut signifier "bonne chance" dans une culture et une invitation à des rapports sexuels dans une autre. Ces différences montrent que certains gestes ne sont pas universels.

Fonctions des gestes : Rôles que remplissent les gestes dans la communication, telles que :

  • Contrôle interpersonnel (faire venir ou arrêter quelqu’un)
  • Indication ou référence (pointer un objet ou une personne)
  • Expression de sentiments ou d’attitudes
  • Insistance ou ponctuation dans le discours
  • Régulation des interactions (donner ou céder la parole)
  • Facilitation de la compréhension et de la mémorisation en structurant les idées

Points essentiels

  • Les gestes ont une valeur communicative distincte d’un simple mouvement, notamment les gestes emblématiques qui ont une transcription verbale précise.
  • La production de gestes dépend de leur appartenance à un code, qui peut varier selon les régions ou cultures.
  • Les gestes peuvent remplir diverses fonctions, notamment pour contrôler, référencer, insister ou réguler une interaction.
  • La fréquence des gestes augmente dans certains contextes : présence de l’interlocuteur, implication dans la conversation, volonté de dominer, signes d’incompréhension, ou selon la nature concrète ou abstraite du référent.
  • La variabilité culturelle influence fortement la signification et l’usage des gestes, rendant leur interprétation contextuelle essentielle.

À retenir

Les gestes, qu’ils soient emblématiques ou dépendants de la parole, jouent un rôle clé dans la communication humaine en complétant, renforçant ou régulant le discours, tout en étant fortement influencés par la culture et le contexte.

9. Toucher et expressions faciales

Notions clés & Définitions

  • Toucher : Modalité de communication non verbale impliquant le contact physique, pouvant véhiculer des affects, influencer, ou réguler les interactions (Fischer, Rytting et Heslin, 1976). La puissance du toucher dépend de l’âge, du sexe, des cultures, du contexte et du degré d’intimité.

  • Expressions faciales : Mouvements musculaires du visage permettant de produire des configurations expressives. Selon Ekman et Friesen (1978), le Facial Action Coding System (FACS) décrit finement ces configurations à partir d’unités d’action. Elles peuvent exprimer des émotions, réguler l’interaction ou envoyer des signaux sociaux.

  • Le visage : Composé d’une vingtaine de muscles, il permet de gérer l’ouverture/fermeture des orifices faciaux et de former diverses expressions. Les expressions faciales sont universelles selon la théorie d’Ekman, mais leur usage et leur interprétation varient selon les cultures et les contextes (Fridlund).

  • Le regard : Fonction principale de gérer l’attention, refléter l’activité cognitive, exprimer des émotions, et réguler l’interaction. La proportion de contact visuel (VDR) indique la relation d’égalité, de dominance ou de soumission (Argyle et Dean, 1965). La dilatation pupillaire peut indiquer une attitude positive ou reconnaître un stimulus familier.

  • La voix et prosodie : La paralangage ou paraverbal inclut la prosodie, qui modifie l’intensité, la hauteur, le rythme, et l’accentuation de la voix pour exprimer des émotions ou des intentions. La voix est unique à chaque individu et permet d’identifier le locuteur ou de percevoir ses états émotionnels.

Points essentiels

  • La communication non verbale, notamment le toucher, les expressions faciales, le regard et la voix, constitue une majorité d’informations échangées dans l’interaction humaine, souvent plus que le contenu verbal (Mehrabian, 1971).

  • Le toucher peut véhiculer des affects positifs ou négatifs, influencer l’évaluation de l’interlocuteur, ou servir de rituel ou symbole. Son usage varie selon l’âge, le genre, la culture, et le contexte.

  • Les expressions faciales, universelles selon Ekman, sont principalement le reflet d’émotions de base (joie, peur, colère, tristesse, dégoût, surprise), mais leur expression et leur interprétation sont modulées par des règles culturelles et sociales (display rules).

  • Le regard joue un rôle crucial dans la gestion de l’interaction, la régulation du contact visuel, et la communication des relations interpersonnelles. La proportion de contact visuel varie selon la culture, la situation, et la relation.

  • La prosodie permet d’exprimer des émotions et des intentions à travers la modulation de la voix, influençant la perception de l’interlocuteur. La synchronisation de la voix et du visage renforce la cohérence du message.

À retenir

Les signaux non verbaux tels que le toucher, les expressions faciales, le regard et la prosodie jouent un rôle central dans la communication humaine, en véhiculant des émotions, régulant les interactions, et renforçant ou contredisant le message verbal. Leur interprétation dépend fortement du contexte culturel et situationnel.

10. Le regard et la voix

Notions clés & Définitions

Le regard : Fonction principale de déterminer l’attention portée par une personne à un moment donné, sans révéler ce qu’elle pense réellement. Il reflète l’activité cognitive, l’émotion, la relation interpersonnelle et permet de gérer l’interaction. La théorie de l’intimité équilibrée (Argyle et Dean, 1965) évoque l’importance du ratio de contact visuel dans la relation (ratio dominance visuel, VDR). La dilatation des pupilles, autrefois perçue comme un index d’attitude positive (Hess et Polt, 1960), est aussi liée à la reconnaissance de stimuli familiers.

La voix : Canal par lequel la communication non verbale s’exprime par la paralangage ou paraverbal, comprenant la prosodie (modulations acoustiques telles que intensité, hauteur, rythme, accentuation). La voix permet d’identifier un locuteur (sexe, âge, origine, traits de personnalité, psychopathologie) et d’exprimer des émotions. Elle est unique à chaque individu et joue un rôle dans la reconnaissance et l’émotion.

Proxémie : (non défini dans le contenu source mais mentionné comme concept réservé à une autre section, donc non défini ici).

Prosodie : Mélodie de la voix, comprenant les modulations acoustiques qui véhiculent des émotions et des attitudes, influençant la perception du message.

Expression faciale : Utilisation des muscles du visage pour produire des configurations expressives, permettant de réguler l’interaction, d’envoyer des signaux sociaux, ou d’exprimer des émotions. Les expressions faciales sont universelles pour certaines émotions de base (joie, peur, colère, tristesse, dégoût, surprise) selon Ekman, mais leur usage dépend aussi du contexte social et culturel (Théorie de Fridlund).

Communication non verbale : Ensemble des comportements, signaux et modalités qui véhiculent de l’information sans utiliser de langage verbal, incluant le regard, la voix, la posture, les gestes, le toucher, et l’expression faciale. Elle fonctionne souvent en synergie avec la communication verbale, pouvant se répéter, se contredire, se compléter, ou réguler le message verbal.

Points essentiels

  • Le regard ne révèle pas ce que pense une personne mais indique ce sur quoi elle porte son attention, sa relation avec l’interlocuteur, et ses émotions. La théorie de l’intimité équilibrée (Argyle et Dean, 1965) utilise le ratio dominance visuel (VDR) pour caractériser la relation (égalité, subordination, dominance).
  • La dilatation des pupilles, autrefois considérée comme un indicateur d’attitude positive, est aussi liée à la reconnaissance de stimuli familiers.
  • La voix, via la prosodie, transmet des émotions et des attitudes. Elle permet aussi d’identifier un locuteur par ses caractéristiques acoustiques (sexe, âge, origine, traits de personnalité).
  • L’expression faciale, selon Ekman, exprime principalement des émotions de base de manière universelle, mais Fridlund insiste sur la fonction sociale et contextuelle des expressions.
  • La communication non verbale fonctionne souvent en synergie avec le verbal : elle peut se répéter, se contredire, ou s’utiliser pour réguler l’échange.

À retenir

Le regard et la voix sont des vecteurs essentiels de la communication non verbale, permettant d’interpréter l’attention, les émotions, et la relation interpersonnelle, tout en étant fortement influencés par le contexte social et culturel.

Tableaux de Synthèse

AspectCommunication verbaleCommunication non verbaleAuteur / Référence
DéfinitionUtilisation de codes linguistiques (langues) pour transmettre l'informationEnsemble des comportements corporels, faciaux, gestuels, liés au contexteUE8, Ekman, Fridlund
Fonction principaleTransmission claire, représentation du mondeExpression d’émotions, régulation des interactions, attitudes socialesUE8
Éléments clésLangue, prosodie, implicatures, contexteGestes, postures, toucher, regard, expressions faciales, voixUE8
FonctionnalitésCode partagé, dépend du contexte, inférences implicitesSignaux sociaux, culturels, souvent universels ou modulésUE8
Fonction dans la communicationComplément ou contradiction du verbalRenforce ou modère le message verbalUE8
Modèle de Shannon-WeaverDescriptionLimites
DéfinitionTransmission d’un message via un code partagé entre émetteur et récepteurNéglige le rôle du contexte et des implicatures
Concepts clésCode, décodeur, canal, transmission, fidélitéSimplification du processus de communication
CritiqueNe prend pas en compte la négociation de sens, la polysémie, le contexte

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre gestes emblématiques et gestes de régulation : les premiers ont une signification fixe, les seconds régulent l'interaction.
  2. Sous-estimer l’impact du contexte culturel sur la signification des comportements non verbaux.
  3. Confondre communication verbale et communication non verbale : leur interaction est complémentaire, pas interchangeable.
  4. Croire que la communication non verbale est universelle : elle est souvent modulée par la culture.
  5. Confondre signification implicite et explicite : la première dépend du contexte et des implicatures.
  6. Négliger le rôle du regard dans la gestion de l’attention et la régulation des interactions.
  7. Surinterpréter la dilatation pupillaire ou le VDR sans considérer le contexte émotionnel ou social.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la communication non verbale selon UE8, Ekman et Fridlund.
  2. Savoir distinguer les comportements non verbaux : gestes, expressions faciales, toucher, regard, voix.
  3. Identifier les fonctions des gestes et postures : emblèmes, régulation, relation, ponctuation.
  4. Comprendre le rôle du toucher dans la communication, selon l’âge, le sexe, la culture et le contexte.
  5. Expliquer la fonction universelle des expressions faciales pour six émotions de base selon Ekman.
  6. Définir le rôle du regard dans la gestion de l’attention, la régulation des interactions et l’expression émotionnelle.
  7. Maîtriser la notion de paralinguistique / paraverbal : prosodie, rythme, hauteur, intensité, silences.
  8. Connaître le modèle de Shannon-Weaver (1948) : ses concepts clés, ses limites, et la critique qu’il reçoit.
  9. Comprendre la différence entre communication verbale et non verbale, et leur interaction.
  10. Savoir ce que recouvre la communication contextuelle : physique, épistémique, linguistique, terrain commun.
  11. Maîtriser la notion de signification implicite, implicatures conventionnelles et conversationnelles.
  12. Connaître l’approche pragmatique selon Grice, la distinction entre ce qui est dit et ce qui est signifié.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les Fondements de la Communication Non Verbale avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quand Paul Grice a-t-il publié ses travaux fondamentaux sur la perspective pragmatique et la théorie des maximes conversationnelles ?

2. Qu'est-ce qu'un comportement non verbal dans la communication humaine ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les Fondements de la Communication Non Verbale avec 20 flashcards interactives.

Communication non verbale — définition ?

Transmission d’informations sans mots, gestes, expressions, regard, toucher.

Comportements non verbaux — exemples ?

Gestes, postures, expressions faciales, regard, toucher, voix.

Gestes et postures — rôle ?

Transmettent des messages, régulent l’interaction, expriment des émotions.

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