Fiche de révision : Les Fondements et Défis de la Solidarité Sociale

Plan du Cours

  1. Définition de la solidarité
  2. Genèse de la solidarité
  3. Typologies de solidarité
  4. Protection sociale en France
  5. Modèles de protection sociale
  6. Crises de l’État-providence
  7. Financement de la protection
  8. Nouveaux risques sociaux
  9. Solidarités intergénérationnelles

1. Définition de la solidarité

Notions clés & Définitions

Solidarité (valeur)
La solidarité est une valeur qui guide l’action individuelle, en incitant à l’entraide et à la coopération entre personnes ou groupes. Elle se manifeste dans des actions concrètes telles que le Téléthon, Solidays ou l’aide à l’Ukraine, en valorisant l’engagement altruiste.

Principe politique de solidarité
Elle constitue également un principe utilisé dans diverses politiques publiques, comme l’ISF, le PACS, le RSA ou la journée de solidarité. Elle sert de fondement à des dispositifs visant à assurer une cohésion sociale et une redistribution des ressources.

Mot-problème
La solidarité est à la fois un mot-clé et un mot-problème, en raison de son usage massif dans le discours social et politique, ce qui complique sa définition précise. Selon Marie-Claude Blais, elle est un « maître-mot » mais aussi un « mot-problème », soulignant sa polysémie et sa complexité.

Notion transversale
Elle est présente à la fois à gauche et à droite, ce qui montre qu’elle transcende les orientations politiques. La solidarité est une notion transversale, intégrée dans divers discours et pratiques, rendant sa définition difficile mais essentielle dans la compréhension de l’action collective.

Points essentiels

La solidarité est à la fois une valeur et un principe politique, ce qui la rend polysémique et difficile à définir clairement en raison de son usage massif dans le discours social et politique. Elle guide l’action individuelle par des exemples concrets d’entraide, tout en étant un principe structurant des politiques publiques. La notion de solidarité est transversale, présente à gauche comme à droite, ce qui témoigne de sa complexité et de sa polysémie.

À retenir

La solidarité est un concept central et polysémique, à la fois valeur et principe politique, dont la définition reste complexe en raison de son usage étendu et transversal dans les discours sociaux et politiques.

2. Genèse de la solidarité

Notions clés & Définitions

Obligation in solidum : Origine juridique de la solidarité, cette obligation désigne une situation où plusieurs débiteurs sont tenus envers le créancier de manière indivisible. Chacun peut être poursuivi pour la totalité de la dette, permettant au créancier de se retourner contre l’un ou l’autre des débiteurs pour la totalité. Elle trouve ses racines dans le Code civil de 1804.

Solidarité mécanique : Concept sociologique développé par Durkheim, cette forme de solidarité caractérise les sociétés traditionnelles où la cohésion sociale repose sur la similitude des membres, leur conscience collective forte, et leur mode de vie uniforme.

Solidarité organique : Autre concept de Durkheim, cette solidarité apparaît dans les sociétés modernes où la cohésion repose sur la différenciation des rôles et la complémentarité des individus, chacun étant dépendant des autres dans un système interconnecté.

Solidarisme : Doctrine politique élaborée par Léon Bourgeois, il s’agit d’un principe fondé sur la dette sociale, justifiant l’intervention de l’État pour assurer la justice sociale et la solidarité entre les citoyens, notamment par la mise en place de protections sociales.

Dette sociale : Concept développé par Léon Bourgeois, il désigne l’obligation morale et politique de la société envers ses membres, notamment pour garantir leur bien-être, leur sécurité et leur égalité, en particulier à travers l’action de l’État.

Points essentiels

La solidarité trouve ses origines juridiques dans le Code civil de 1804 avec l’obligation in solidum, qui établit une responsabilité indivisible entre plusieurs débiteurs envers un créancier, permettant une gestion efficace des dettes communes.

Selon Durkheim, deux formes de solidarité structurent la société : la solidarité mécanique, typique des sociétés traditionnelles où la cohésion repose sur la similitude et la conscience collective forte, et la solidarité organique, caractéristique des sociétés modernes où la cohésion découle de la différenciation des rôles et de l’interdépendance entre individus.

Léon Bourgeois développe le solidarisme, une doctrine qui met en avant la dette sociale comme fondement d’une responsabilité collective. Il justifie l’intervention de l’État pour combler les inégalités et assurer la cohésion sociale, en insistant sur la nécessité d’un compromis entre l’individu et la société.

À retenir

La solidarité, à ses origines juridiques et sociologiques, repose sur un principe d’interdépendance et de responsabilité collective, façonné par l’obligation in solidum dans le droit civil et par la distinction entre solidarité mécanique et organique selon Durkheim. Le solidarisme de Bourgeois insiste quant à lui sur la dette sociale comme fondement d’une intervention étatique pour garantir la cohésion.

3. Typologies de solidarité

Notions clés & Définitions

  • Solidarité nationale : Mise en commun obligatoire des ressources pour couvrir les besoins de tous, généralement via des impôts ou cotisations. Elle vise à assurer une cohésion sociale en garantissant à chaque citoyen un minimum de protection ou de soutien.
  • Solidarité civile : Forme de solidarité basée sur la responsabilité individuelle, la participation volontaire et l’engagement civique. Elle se manifeste par des actions de bénévolat, d’associations ou d’entraide entre citoyens.
  • Solidarité familiale : Solidarité qui s’établit au sein de la famille, impliquant un soutien mutuel entre membres (parents, enfants, proches). Elle repose sur des liens affectifs et/ou légaux, et constitue une forme de solidarité primaire.
  • Régimes de solidarité familialiste : Modèles où la solidarité repose principalement sur la famille. Les aides et protections sociales sont souvent conditionnées ou modulées selon la situation familiale et la contribution des membres.
  • Régimes de solidarité organiciste : Modèles où la solidarité est organisée selon une structure intégrée, souvent à travers des institutions ou des mécanismes qui assurent la cohésion sociale, comme dans le modèle bismarckien ou social-démocrate.
  • Régimes de solidarité volontariste : Modèles où la solidarité repose sur la participation volontaire des individus ou des groupes, sans obligation légale ou institutionnelle forte, privilégiant l’engagement personnel ou associatif.

Points essentiels

La solidarité se décline en plusieurs formes : morale, fait social et principe politique. Elle peut prendre des formes diverses, reflétant la complexité des liens sociaux et des mécanismes d’entraide. La typologie de Durkheim distingue notamment la solidarité mécanique, caractéristique des sociétés traditionnelles où la cohésion repose sur la similitude et la conscience collective, de la solidarité organique, propre aux sociétés modernes où la cohésion résulte de la division du travail et de l’interdépendance.
Serge Paugam propose une typologie plus fine : la solidarité familialiste, qui s’appuie sur la famille ; la solidarité organiciste, qui s’appuie sur des institutions structurées ; la solidarité volontariste, basée sur l’engagement volontaire ; et la solidarité universaliste, qui vise une couverture étendue à tous sans distinction. La diversité de ces solidarités illustre la pluralité des mécanismes d’entraide et leur adaptation aux contextes sociaux et politiques.

À retenir

La pluralité des formes de solidarité, qu’elles soient familiales, civiles ou nationales, reflète la complexité des liens sociaux et des mécanismes d’entraide. Comprendre ces différentes typologies permet d’analyser comment la société organise la cohésion et la solidarité face aux défis sociaux.

4. Protection sociale en France

Notions clés & Définitions

Sécurité sociale
AUTEUR (date) : La Sécurité sociale est un système de protection instauré en 1945 en France, visant à couvrir les risques sociaux majeurs tels que la maladie, la vieillesse et le chômage. Elle repose sur le principe de solidarité nationale, permettant de répartir les risques et les coûts entre tous les membres de la société.

Citoyenneté sociale
AUTEUR (date) : La citoyenneté sociale désigne l’intégration de droits sociaux à la citoyenneté politique, introduisant des droits liés à la protection sociale en complément des droits civiques et politiques. Elle confère à chaque citoyen des droits sociaux fondamentaux, notamment en matière de santé, de retraite et d’aide.

Cotisations sociales
AUTEUR (date) : Les cotisations sociales sont des prélèvements obligatoires effectués sur les revenus des salariés et des employeurs, destinés à financer la protection contre les risques sociaux. Elles constituent la principale ressource du système de sécurité sociale.

Risques sociaux
AUTEUR (date) : Les risques sociaux sont des événements ou situations susceptibles de provoquer une perte de revenus ou une augmentation des dépenses pour un individu ou une famille, tels que la maladie, la vieillesse ou le chômage. La protection sociale vise à couvrir ces risques.

Assurance sociale
AUTEUR (date) : L’assurance sociale est un dispositif de protection basé sur la mutualisation des risques, où les assurés cotisent pour bénéficier d’indemnités ou de prestations en cas de survenance d’un risque social. Elle constitue une composante essentielle de la sécurité sociale.

Points essentiels

La protection sociale française repose sur la création de la Sécurité sociale en 1945, fondée sur le principe de solidarité nationale. Ce système vise à garantir une couverture universelle contre les risques sociaux majeurs, tels que la maladie, la vieillesse et le chômage, en utilisant principalement les cotisations sociales comme ressource. La citoyenneté sociale a été introduite pour ajouter aux droits politiques des droits sociaux, renforçant ainsi la cohésion et la solidarité au sein de la société. Cependant, le système fait face à des crises multiples : financière (dépenses > recettes, déficit, dette sociale), d’efficacité (persistances des inégalités) et de légitimité (critiques néolibérales). La protection sociale fonctionne par une mutualisation des risques et des ressources, visant à assurer une protection collective contre les aléas de la vie.

À retenir

La protection sociale en France, fondée sur la solidarité nationale et la citoyenneté sociale, constitue un pilier institutionnel essentiel pour garantir à chaque citoyen une couverture contre les risques sociaux majeurs, malgré les défis financiers et sociaux qu’elle doit relever.

5. Modèles de protection sociale

Notions clés & Définitions

Modèle bismarckien : Système basé sur l'assurance liée au travail et aux cotisations. La protection sociale est financée par des cotisations sociales prélevées sur les salariés et les employeurs, et les prestations sont proportionnelles aux cotisations versées.

Modèle beveridgien : Système reposant sur une assistance universelle financée par l'impôt, offrant des prestations minimales pour couvrir les besoins essentiels, indépendamment des cotisations ou de l'activité professionnelle.

Modèle corporatiste-conservateur : Selon Esping-Andersen, ce modèle privilégie la solidarité familiale et la conservation des rôles traditionnels, avec une forte influence des institutions professionnelles ou corporatives dans l'organisation de la protection sociale.

Modèle libéral : Système caractérisé par une faible intervention de l'État, où la protection sociale repose principalement sur le marché ou la famille, avec des prestations souvent limitées et orientées vers l'individu.

Modèle social-démocrate : Selon Esping-Andersen, ce modèle favorise une protection sociale universelle, étendue et égalitaire, financée principalement par l'impôt, visant à réduire les inégalités sociales.

Points essentiels

Le modèle bismarckien est basé sur l'assurance liée au travail et les cotisations, où chaque individu contribue en fonction de ses revenus pour bénéficier de prestations proportionnelles. Il repose sur le principe de contributivité et de solidarité entre cotisants, avec un financement par cotisations sociales.

Le modèle beveridgien repose sur une assistance universelle financée par l'impôt, offrant des prestations minimales pour couvrir les besoins essentiels, sans lien direct avec les cotisations ou la participation à l'activité.

Esping-Andersen distingue trois mondes de l'État-providence : le modèle corporatiste-conservateur, qui valorise la solidarité familiale et les institutions professionnelles ; le modèle libéral, qui privilégie le marché et la responsabilité individuelle ; et le modèle social-démocrate, qui promeut une protection universelle et égalitaire.

La France possède un système hybride, combinant des éléments bismarckiens (assurance liée au travail, cotisations) et beveridgiens (aides sociales financées par l'impôt), reflétant une organisation complexe de la protection sociale.

À retenir

Les modèles internationaux de protection sociale illustrent des visions différentes de la solidarité : certains privilégient l'assurance liée au travail et la responsabilité individuelle, d'autres favorisent une solidarité universelle financée par l'impôt, permettant de comprendre les fondements idéologiques et organisationnels des systèmes nationaux.

6. Crises de l’État-providence

Notions clés & Définitions

Crise financière : Situation où l’État-providence doit faire face à des difficultés économiques importantes, notamment dues au vieillissement de la population et au chômage, qui mettent en péril ses ressources et sa stabilité financière.

Crise d’efficacité : Moment où, malgré la mise en place de dispositifs sociaux, les inégalités persistent ou s’aggravent, remettant en question la capacité de l’État-providence à atteindre ses objectifs de cohésion sociale.

Crise de légitimité : Perte de confiance ou de crédibilité de l’État-providence, alimentée par la montée du néolibéralisme et par les critiques concernant le coût élevé et l’efficacité limitée des aides sociales.

Néolibéralisme : Courant de pensée qui prône la réduction de l’intervention de l’État dans l’économie, favorise le marché libre et remet en question le modèle de solidarité traditionnel de l’État-providence.

RMI (Revenu Minimum d’Insertion) : Dispositif social visant à garantir un revenu minimum aux personnes sans ressources, dans une logique d’insertion sociale et professionnelle.

RSA (Revenu de Solidarité Active) : Successeur du RMI, il vise à assurer un revenu minimum tout en encourageant l’activité, dans une optique de lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

Points essentiels

L’État-providence doit faire face à une crise financière liée au vieillissement de la population et au chômage, qui fragilisent ses ressources. La croissance du nombre d’aînés, souvent soutenue par la droite ou le centre (ex : Macron), entraîne une surreprésentation politique de leurs intérêts, ce qui accentue le sentiment d’injustice chez les jeunes. La crise d’efficacité se manifeste par la persistance des inégalités sociales malgré la mise en place de dispositifs comme le RMI ou le RSA, qui tentent de réduire la pauvreté mais restent insuffisants face aux enjeux socio-économiques. La crise de légitimité est alimentée par la montée du néolibéralisme, qui prône une réduction de l’intervention de l’État, et par les critiques sur le coût et l’efficacité des aides sociales. La perception d’un système coûteux et peu efficace remet en cause la confiance dans la capacité de l’État à assurer une solidarité équilibrée. La solidarité intergénérationnelle, pilier de la cohésion sociale, est mise à mal par ces crises, notamment avec la fracture économique et politique entre générations, la dépendance accrue des personnes âgées, et le sentiment d’un sacrifice généralisé, notamment chez les jeunes. La tension entre ces enjeux menace le consentement collectif et soulève la nécessité de préserver une solidarité équitable pour maintenir la cohésion sociale.

À retenir

Les multiples crises que traverse l’État-providence — financière, d’efficacité et de légitimité — fragilisent son rôle et remettent en question son avenir, notamment dans un contexte où la solidarité intergénérationnelle doit être repensée pour préserver la cohésion sociale.

7. Financement de la protection

Notions clés & Définitions

  • Cotisations sociales : voir section 4

Contribution sociale généralisée (CSG) : Impôt créé pour financer la protection sociale, dont la fiscalisation est en augmentation. Elle repose sur un prélèvement social qui s'applique à une large base de revenus. (Source : non précisée dans le contenu source)

Fiscalisation : Processus par lequel le financement de la protection sociale s’accroît par le biais de prélèvements fiscaux, notamment la CSG, au détriment des cotisations sociales. (Source : non précisée dans le contenu source)

Dépenses publiques de protection sociale : Sommes consacrées par l’État et les organismes publics pour financer la protection sociale, représentant environ un tiers du PIB français, avec une forte part pour la vieillesse et la santé. (Source : non précisée dans le contenu source)

Réformes paramétriques des retraites : Ajustements des paramètres du système de retraite (âge de départ, taux de cotisation, durée de cotisation) visant à stabiliser les dépenses face au vieillissement de la population. (Source : non précisée dans le contenu source)

Points essentiels

Le financement de la protection sociale repose principalement sur deux sources : les cotisations sociales et la fiscalisation croissante via la CSG. Les cotisations sociales, prélevées sur les revenus du travail, constituent la principale ressource, mais la tendance actuelle montre une augmentation de la fiscalisation, notamment par la CSG, pour assurer la pérennité du système. Les dépenses sociales représentent environ un tiers du PIB français, avec une part importante consacrée à la vieillesse et à la santé, ce qui pose des défis de soutenabilité face au vieillissement démographique. Pour faire face à ces enjeux, des réformes paramétriques des retraites ont été mises en œuvre, visant à ajuster les paramètres du système afin de maîtriser l’évolution des dépenses liées aux retraites.

À retenir

Le financement durable de la protection sociale en France repose principalement sur les cotisations sociales, mais la fiscalisation via la CSG devient de plus en plus prégnante. Les dépenses sociales, notamment pour la vieillesse et la santé, nécessitent des réformes paramétriques pour garantir la stabilité face au vieillissement de la population.

8. Nouveaux risques sociaux

Notions clés & Définitions

Précarité : La précarité désigne une situation d’insécurité ou d’instabilité dans laquelle se trouvent certains individus ou familles, notamment en matière d’emploi, de logement ou de ressources. Elle reflète une vulnérabilité accrue face aux risques sociaux.

Non-recours : Le non-recours correspond à la situation où des personnes éligibles à une aide sociale ou à une prestation ne la demandent pas ou ne la reçoivent pas, souvent en raison de la complexité administrative, du manque d’information ou de la stigmatisation.

Activation des aides : L’activation des aides consiste à conditionner l’accès aux prestations sociales à des obligations ou à des démarches visant à responsabiliser les bénéficiaires, notamment en leur demandant de s’engager dans des actions d’insertion ou d’activité.

Conditionnement des prestations : Le conditionnement des prestations désigne le fait d’établir des critères ou des obligations pour bénéficier d’aides sociales, comme la recherche active d’emploi ou la participation à des programmes d’insertion, afin de renforcer la responsabilisation des bénéficiaires.

Stigmatisation des bénéficiaires : La stigmatisation des bénéficiaires renvoie à la perception négative ou à la discrimination dont peuvent faire l’objet les personnes recevant des aides sociales, souvent perçues comme responsables de leur situation ou indignes d’aide.

Points essentiels

L’émergence de la précarité a créé un régime à deux vitesses dans la protection sociale. D’un côté, une partie de la population bénéficie d’un accès renforcé aux aides, tandis que de l’autre, une proportion importante reste en situation de non-recours. Ce dernier est élevé, souvent lié à la stigmatisation des bénéficiaires, à la complexité administrative ou à un manque d’information. Par ailleurs, les aides sociales sont de plus en plus conditionnées à des obligations d’activité ou d’engagement, ce qui renforce la responsabilisation des bénéficiaires. Ce processus de conditionnement vise à inciter à l’insertion, mais peut aussi aggraver la stigmatisation et la marginalisation des plus vulnérables.

À retenir

La protection sociale s’adapte aux nouvelles formes de pauvreté en conditionnant davantage les aides à des obligations, ce qui peut renforcer la responsabilisation mais aussi accentuer la stigmatisation et le non-recours.

9. Solidarités intergénérationnelles

Notions clés & Définitions

  • Solidarité familiale : voir section 3

Solidarité intergénérationnelle : La solidarité intergénérationnelle concerne les relations de soutien entre différentes générations, souvent entre les aînés et les jeunes ou les adultes actifs. Elle inclut diverses formes d’aides, comme les aides financières, les transmissions ou les soins, favorisées par la cohabitation ou la proximité géographique.

Transmission patrimoniale : La transmission patrimoniale désigne le transfert de biens, de patrimoine ou d’héritages d’une génération à une autre. Elle constitue une forme essentielle de solidarité intergénérationnelle, permettant aux générations successives de bénéficier d’un patrimoine accumulé.

Cohorte générationnelle : La cohorte générationnelle regroupe les individus nés dans une même période, partageant des expériences sociales, économiques et démographiques communes. La composition et la dynamique de ces cohortes influencent la solidarité intergénérationnelle.

Espérance de vie : L’espérance de vie correspond à la durée moyenne de vie d’une population ou d’un individu. Son augmentation favorise la cohabitation de plusieurs générations et complexifie les solidarités intergénérationnelles, notamment en allongeant la période de dépendance des aînés.

Points essentiels

L’augmentation de l’espérance de vie favorise la cohabitation de plusieurs générations, ce qui complexifie les solidarités intergénérationnelles. En effet, plus les générations vivent longtemps ensemble, plus les enjeux liés à la prise en charge des aînés, à la transmission patrimoniale et aux aides financières se multiplient. La solidarité familiale financière est souvent inégalitaire, bénéficiant principalement aux ménages aisés, ce qui accentue les disparités sociales. Les solidarités intergénérationnelles prennent des formes variées, incluant les aides monétaires, les héritages et la transmission de patrimoine. Ces relations sont essentielles pour assurer la cohésion sociale, mais elles sont aussi marquées par des inégalités, notamment en fonction des ressources et des situations familiales.

À retenir

L’allongement de l’espérance de vie intensifie la cohabitation entre générations, rendant les solidarités intergénérationnelles plus complexes et inégalitaires, avec des enjeux majeurs pour la cohésion sociale et la transmission patrimoniale.

Tableaux de Synthèse

CritèreSolidarité MécaniqueSolidarité OrganiqueAuteur / Concept
DéfinitionCohésion basée sur la similitude et la conscience collectiveCohésion basée sur la différenciation des rôles et l’interdépendanceDurkheim
Société typiqueTraditionnelleModerneDurkheim
Mode de cohésionUniformité, similitudeDivision du travail, différenciationDurkheim
ResponsabilitéCollective, forteInterdépendance, différenciéeDurkheim
Origine juridiqueObligation in solidum (Code civil 1804)N/AN/A
Doctrine politiqueSolidarisme (Léon Bourgeois)N/ALéon Bourgeois

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre solidarité mécanique et organique en pensant qu’elles sont interchangeables.
  2. Croire que la solidarité est uniquement une valeur morale ou uniquement une obligation juridique.
  3. Confondre solidarité familiale et solidarité nationale, en surestimant leur portée mutuelle.
  4. Omettre la distinction entre solidarité volontaire (civile) et obligatoire (nationale).
  5. Assimiler la solidarité à une seule forme d’action ou de mécanisme, alors qu’elle est plurielle.
  6. Confondre le solidarisme de Bourgeois avec la simple aide individuelle ou associative.
  7. Négliger la polysémie du mot « solidarité » dans le discours social et politique.
  8. Confondre la responsabilité individuelle et la responsabilité collective dans les formes de solidarité.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la solidarité comme valeur, principe politique et mot-problème selon Marie-Claude Blais.
  2. Maîtriser la genèse juridique de la solidarité avec l’obligation in solidum du Code civil de 1804.
  3. Comprendre les concepts sociologiques de solidarité mécanique et organique développés par Durkheim.
  4. Expliquer le solidarisme de Léon Bourgeois et le concept de dette sociale.
  5. Identifier les différentes typologies de solidarité : nationale, civile, familiale, familialiste, organiciste, volontariste.
  6. Savoir distinguer la solidarité mécanique et organique en termes de cohésion sociale.
  7. Connaître les formes de solidarité selon Serge Paugam : familialiste, organiciste, volontariste, universaliste.
  8. Définir la protection sociale en France en lien avec la sécurité sociale.
  9. Identifier les modèles de protection sociale en France (Bismarckien, Beveridgien, etc.).
  10. Analyser les crises de l’État-providence et leurs causes principales.
  11. Comprendre le financement de la protection sociale (cotisations sociales, impôts).
  12. Connaître les nouveaux risques sociaux et leur impact sur les systèmes de solidarité.
  13. Expliquer le rôle des solidarités intergénérationnelles dans le contexte actuel.
  14. Connaître les auteurs clés : Marie-Claude Blais, Durkheim, Léon Bourgeois, Serge Paugam.
  15. Maîtriser la notion de solidarité comme un concept transversal présent à gauche comme à droite.

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1. Quelle est la fonction principale de la solidarité selon le texte ?

2. Qui est crédité d'avoir formulé la doctrine du solidarisme, centrée sur la dette sociale comme principe de solidarité ?

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Solidarité — définition ?

Entraide et coopération entre personnes ou groupes

Genèse juridique — fondement ?

Obligation in solidum dans le Code civil 1804

Solidarité mécanique — sociologue ?

Durkheim, cohésion par similitude

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