📋 Plan du Cours
- Solidarité sociale
- Types de liens
- Solidarité mécanique
- Solidarité organique
- Dispositifs de solidarité
- Crise des solidarités
- Solidarité intergénérationnelle
- Protection sociale
- Solidarité écologique
📖 1. Solidarité sociale
🔑 Notions clés & Définitions
- Solidarité comme sentiment de responsabilité et de dépendance réciproque : valeur morale et sociale qui unit les membres d’un groupe, fondée sur la conscience collective et le devoir mutuel, permettant la cohésion sociale (voir aussi la notion de lien social, Paugam, 2009/2023).
- Rôle de la solidarité dans la cohésion sociale et le lien social : la solidarité assure la stabilité et l’intégration des individus au sein de la société en favorisant la responsabilité mutuelle et la dépendance réciproque, éléments essentiels pour maintenir le lien social.
- Solidarité comme base morale et sociale d’une société : principe fondamental qui structure les comportements sociaux et moraux, en établissant des normes de responsabilité collective, notamment à travers les dispositifs institutionnels et les valeurs partagées.
- Solidarité au pluriel et ses évolutions : conception qui considère la diversité des formes de solidarité selon les contextes sociaux, culturels et historiques, et qui souligne leur transformation dans le temps, notamment avec la montée des solidarités institutionnelles et familiales.
- Les crises comme révélateurs de la solidarité : événements exceptionnels qui mettent en lumière les forces solidaires ignorées ou sous-utilisées, tout en révélant les tensions et contradictions sociales (ex. Covid-19, 2020).
- Le rôle de l’État dans la mise en œuvre de la solidarité : institution qui, par ses dispositifs (ex. protection sociale), organise et garantit la solidarité, notamment en assurant un filet de sécurité collectif face aux risques sociaux.
📝 Points essentiels
- La solidarité désigne un sentiment moral de responsabilité et de dépendance réciproque, qui unit les membres d’un groupe ou d’une société, et constitue une valeur fondamentale pour la cohésion sociale.
- Elle se manifeste sous différentes formes : familiale, professionnelle, citoyenne, institutionnelle, et évolue selon les contextes historiques et sociaux, renforçant ou remettant en question la stabilité du lien social.
- Les crises sociales, comme la pandémie de Covid-19, révèlent souvent des forces solidaires ignorées, mais aussi des fragilités et contradictions dans la société.
- La solidarité joue un rôle clé dans la cohésion sociale en favorisant la responsabilité collective, la reconnaissance mutuelle, et en permettant la stabilité des liens sociaux.
- L’État intervient pour organiser cette solidarité à travers des dispositifs comme la protection sociale, qui assurent un filet de sécurité collectif face aux risques sociaux (voir aussi la référence à la protection sociale).
- La diversité des formes de solidarité (familiale, élective, organique, citoyenne) montre qu’elle doit être considérée au pluriel, en tenant compte de ses dynamiques et de ses transformations dans le temps.
💡 À retenir
La solidarité sociale, en tant que sentiment de responsabilité et de dépendance réciproque, constitue la base morale et sociale de la cohésion d’une société, dont la diversité et l’évolution reflètent ses dynamiques et ses enjeux.
📖 2. Types de liens
🔑 Notions clés & Définitions
- Lien social : Ensemble des relations qui lient les individus dans une société, permettant la cohésion sociale et l’appartenance à une entité supérieure, la société (Serge Paugam, 2009, 2023).
- Filiation : Lien social basé sur la solidarité intergénérationnelle et l’affection, qui unit parents et enfants, impliquant des responsabilités réciproques (Serge Paugam).
- Participation élective : Lien social volontaire et choisi, tel que l’amitié ou le mariage, permettant un soutien mutuel et une solidarité informelle (Serge Paugam).
- Participation organique : Lien social résultant de la division du travail, où les individus occupent des fonctions complémentaires dans l’organisation sociale ou professionnelle, créant une interdépendance (Serge Paugam).
- Citoyenneté : Lien social basé sur l’appartenance à une communauté politique, caractérisée par l’égalité des droits et devoirs, et soutenue par des dispositifs sociaux comme l’Éducation nationale ou la Sécurité Sociale (Serge Paugam).
📝 Points essentiels
- Les quatre types de liens sociaux selon Serge Paugam illustrent la diversité des formes de solidarité :
- La filiation repose sur la transmission et la responsabilité intergénérationnelle, notamment dans la famille.
- La participation élective concerne les relations choisies, comme l’amitié ou le mariage, qui favorisent la solidarité informelle.
- La participation organique se manifeste dans le cadre professionnel ou institutionnel, où la division du travail crée une interdépendance entre individus.
- La citoyenneté établit un lien collectif entre membres d’une même communauté politique, renforcé par des dispositifs institutionnels.
- Protection et reconnaissance : Ces deux dimensions sont fondamentales dans chaque type de lien social, permettant à la fois de faire face aux risques de la vie (protection) et d’assurer la reconnaissance des individus comme membres à part entière (reconnaissance).
- Fragilité des liens : La fragilisation de ces liens, notamment en cas de rupture ou de crise, peut mener à l’exclusion sociale ou à la disqualification, mettant en péril la cohésion sociale.
- Les liens sociaux comme fondement : Ils constituent la base de la solidarité sociale, en permettant la cohésion, l’entraide et la responsabilité mutuelle au sein de la société.
💡 À retenir
Les quatre types de liens sociaux décrivent la diversité des solidarités qui structurent la société, en combinant relations familiales, choix personnels, fonctions professionnelles et appartenance politique, tous soutenus par des dimensions de protection et de reconnaissance.
📖 3. Solidarité mécanique
🔑 Notions clés & Définitions
- Solidarité mécanique : forme de cohésion sociale caractéristique des sociétés traditionnelles, basée sur la ressemblance et la conscience collective, où l’individu est subordonné à l’être collectif (Durkheim, 1917).
- Conscience collective : ensemble des croyances, normes et valeurs partagées qui écrasent la conscience individuelle dans la solidarité mécanique, créant une uniformité morale et sociale (Durkheim, 1917).
- Droit répressif : système juridique associé à la solidarité mécanique, visant à punir collectivement les infractions pour maintenir l’ordre moral et social, en utilisant des sanctions sévères et publiques (Durkheim, 1917).
- Ressemblance et similitudes : principe fondamental de la solidarité mécanique, qui repose sur l’idée que les individus se rassemblent en raison de leurs ressemblances, leur identité commune étant la base de leur cohésion (Durkheim, 1917).
- Solidarité réflexe ou non réfléchie : caractéristique de la solidarité mécanique, qui fonctionne de manière automatique, sans nécessiter de réflexion ou d’interprétation consciente, comme dans la famille ou certaines communautés (Durkheim, 1917).
- Exemple : solidarité mécanique dans la famille et certaines communautés religieuses ou sociales traditionnelles, où la cohésion repose sur des ressemblances et des obligations morales implicites.
📝 Points essentiels
- La solidarité mécanique est typique des sociétés traditionnelles segmentaires ou primitives, où la conscience collective domine et écrase la personnalité individuelle (Durkheim, 1917).
- Elle repose sur la similitude entre individus, qui partagent des croyances, pratiques et valeurs communes, renforçant leur unité et leur cohésion sociale.
- Le droit associé à cette solidarité est répressif, visant à punir les déviances pour préserver l’ordre moral collectif, en utilisant des sanctions publiques et sévères.
- La solidarité mécanique fonctionne de façon automatique, sans réflexion, et est souvent présente dans la famille, les communautés religieuses ou les groupes traditionnels.
- La conscience collective dans ces sociétés est écrasante, empêchant l’individu de se différencier ou d’exprimer sa personnalité propre, renforçant ainsi la cohésion par la ressemblance.
- Bien que caractéristique des sociétés anciennes, cette forme de solidarité persiste dans certains espaces comme la famille ou certaines communautés, même dans les sociétés modernes.
💡 À retenir
La solidarité mécanique repose sur la ressemblance et la conscience collective écrasante, où l’individu est subordonné à l’être collectif, avec un droit répressif pour maintenir l’ordre moral et social.
📖 4. Solidarité organique
🔑 Notions clés & Définitions
- Solidarité organique : forme de cohésion sociale caractéristique des sociétés modernes, fondée sur la division du travail social (DTS) et la complémentarité des individus, où chaque personne est spécialisée et interdépendante.
- Émancipation des consciences individuelles : processus par lequel les individus s’émancipent de la conscience collective, développant une conscience propre tout en restant liés par leur interdépendance.
- Droit restitutif : type de droit visant à maintenir ou rétablir la vie sociale en remettant en état les relations ou les biens endommagés, favorisant la cohésion dans les sociétés modernes.
- Solidarité réfléchie : solidarité basée sur la conscience de l’interdépendance entre individus, où chaque membre reconnaît sa dépendance mutuelle de manière consciente et rationnelle.
- Basée sur la division du travail social (DTS) : principe selon lequel la complexité croissante des sociétés modernes repose sur la spécialisation des tâches, rendant chaque individu complémentaire aux autres.
📝 Points essentiels
- La solidarité organique se développe dans les sociétés modernes avec la division du travail social (DTS), qui concerne tous les domaines de la vie sociale, créant une différenciation et une complémentarité entre individus.
- Selon Durkheim (1858/1917), cette forme de solidarité remplace la solidarité mécanique des sociétés traditionnelles. La solidarité mécanique repose sur la ressemblance et la conscience collective écrasante, avec un droit répressif. La solidarité organique, elle, repose sur la différenciation, la spécialisation et un droit restitutif visant à maintenir la cohésion sociale.
- La conscience individuelle s’émancipe de la conscience collective dans les sociétés modernes, permettant une solidarité réfléchie fondée sur l’interdépendance consciente des individus.
- La solidarité dans ce contexte repose sur la complémentarité des individus, chacun ayant besoin des autres pour leur spécialisation, ce qui renforce l’unité du tout malgré la différenciation.
- La solidarité organique est renforcée par des dispositifs et institutions qui assurent la cohésion, notamment par un droit visant à rétablir l’équilibre social en cas de perturbation.
💡 À retenir
La solidarité organique, caractéristique des sociétés modernes, repose sur la différenciation et la complémentarité des individus, où l’émancipation des consciences individuelles s’accompagne d’une interdépendance consciente et structurée.
📖 5. Dispositifs de solidarité
🔑 Notions clés & Définitions
- Syndicats : Organisations professionnelles qui regroupent des salariés ou des employeurs pour défendre leurs intérêts communs, notamment par la négociation collective et la protection sociale (ex : assurances chômage).
- Mutuelles : Institutions à but non lucratif qui proposent des couvertures de santé ou d’autres risques sociaux, financées par cotisations des membres, assurant un filet de protection en temps normal et en crise.
- Assurances chômage : Dispositifs permettant aux salariés de percevoir une indemnité en cas de perte involontaire d’emploi, financés par des cotisations sociales, contribuant à la solidarité professionnelle.
- Caisses de solidarité : Structures collectives, souvent gérées par des institutions sociales ou des associations, qui apportent une aide financière ou matérielle aux personnes en difficulté, en temps normal ou lors de crises.
- Rôle des institutions sociales (entreprises, État) : Organisation et structuration de la solidarité via des dispositifs formels, comme la Sécurité Sociale ou l’Éducation nationale, qui assurent un filet protecteur collectif et réduisent les inégalités.
📝 Points essentiels
Les dispositifs de solidarité assurent un filet protecteur en temps normal et en crise, en complément des élans spontanés de générosité. Parmi eux, syndicats, mutuelles, assurances chômage, caisses de solidarité jouent un rôle clé dans la structuration de la solidarité professionnelle et nationale. AUTEUR (date) souligne que ces dispositifs formels, notamment la Sécurité Sociale créée en 1945, sont fondamentaux pour réduire les inégalités sociales et assurer la cohésion sociale. La protection sociale repose sur des principes de solidarité horizontale, où les actifs cotisent pour couvrir les risques liés à la maladie, la vieillesse, le chômage, etc. La mise en place de ces dispositifs est aussi une réponse à la nécessité de garantir un minimum de ressources à tous, notamment via des politiques de redistribution. La crise du Covid-19 a mis en lumière l’importance de ces dispositifs, qui, en complément des actes spontanés, assurent la continuité de la solidarité en période de crise. La structuration institutionnelle, notamment par l’État, permet de garantir une couverture collective et de réduire les inégalités, tout en étant financée par des cotisations ou par l’impôt, selon le dispositif.
💡 À retenir
Les dispositifs de solidarité institutionnalisés, tels que la Sécurité Sociale, les syndicats ou les caisses de solidarité, constituent un filet protecteur essentiel en temps normal et en crise, permettant de réduire les inégalités et de renforcer la cohésion sociale.
📖 6. Crise des solidarités
🔑 Notions clés & Définitions
- Crises sociales (voir section 1) : événements exceptionnels qui mettent en lumière les tensions et contradictions d’une société, révélant ses faiblesses et ses dysfonctionnements.
- Réactivation des forces solidaires ignorées (exemple Covid-19) : processus par lequel des comportements de solidarité spontanés ou institutionnels, souvent sous-estimés en temps normal, se renforcent ou émergent lors d’une crise, permettant de soutenir la cohésion sociale.
- Fragilisation des liens sociaux (voir section 1) : processus par lequel les relations qui unissent les individus dans une société s’affaiblissent, pouvant conduire à l’exclusion sociale, à la disqualification sociale ou à la perte de reconnaissance.
- Impact des crises sur la solidarité sociale et les inégalités : modifications, souvent négatives, des mécanismes de solidarité et des écarts sociaux, accentuant les inégalités ou fragilisant la cohésion en période de turbulence.
- Notion de disqualification sociale (voir section 1) : situation où des individus ou groupes voient leur reconnaissance sociale, leur accès aux ressources ou leur participation à la société fortement diminués, souvent à cause de la fragilisation des solidarités.
📝 Points essentiels
Les crises sociales, telles que la pandémie de Covid-19, révèlent souvent les tensions et contradictions internes d’une société, en mettant en évidence ses failles structurelles et ses inégalités. Cependant, elles peuvent aussi entraîner la réactivation de forces solidaires jusque-là ignorées ou marginalisées, comme le montrent les nombreux actes de solidarité spontanés durant la crise sanitaire (exemple Covid-19). Ces élans de générosité, souvent peu visibles en temps normal, jouent un rôle crucial dans le maintien de la cohésion sociale en période de turbulence.
Toutefois, la fragilisation des liens sociaux, qu’elle soit volontaire ou involontaire, peut conduire à une disqualification sociale, où certains individus ou groupes se trouvent marginalisés, exclus ou dévalorisés. La crise peut ainsi accentuer les inégalités sociales, en renforçant la précarité ou en fragilisant la reconnaissance sociale des plus vulnérables.
L’impact des crises sur la solidarité sociale est double : si elles peuvent stimuler des comportements solidaires, elles peuvent aussi révéler et aggraver les fractures sociales, en accentuant la disqualification et en fragilisant la cohésion collective. La réactivation des forces solidaires ignorées en temps normal montre que la solidarité, même si souvent invisible, demeure un levier essentiel pour faire face aux crises et préserver la stabilité sociale.
💡 À retenir
Les crises sociales dévoilent à la fois les tensions et contradictions d’une société, tout en réactivant des solidarités souvent ignorées, mais leur impact peut aussi fragiliser les liens sociaux et accentuer les inégalités, menant à la disqualification sociale.
📖 7. Solidarité intergénérationnelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Liens de filiation : Relations établies entre parents et enfants, fondant une solidarité intergénérationnelle basée sur des responsabilités réciproques, telles que la protection des parents par les enfants vieillissants et l’aide des grands-parents (voir section 1).
- Échanges de services, aides financières et matérielles : Pratiques concrètes par lesquelles les membres d’une famille se soutiennent, notamment par des dons, de l’aide domestique ou financière, renforçant la solidarité familiale (voir section 1).
- Rôle central des grands-parents : Implication majeure dans la garde des petits-enfants et le soutien économique, surtout dans les familles modernes où ils jouent un pivot dans la solidarité familiale, notamment chez les générations du baby-boom (voir section 1).
- Influence de la démographie : La longévité accrue et la faible fertilité modifient la structure familiale, créant des familles "verticales" où plusieurs générations coexistent, renforçant ainsi la solidarité intergénérationnelle (voir section 1).
- Logique de réciprocité, dettes et contre-dons : Principe selon lequel les échanges familiaux s’inscrivent dans une dynamique de dons, de contre-dons et de responsabilités mutuelles, assurant la continuité des solidarités à travers le temps (voir section 1).
📝 Points essentiels
- La solidarité intergénérationnelle repose sur des liens de filiation, où chaque génération a des responsabilités envers les autres, notamment la protection des aînés et le soutien aux jeunes (voir section 1).
- Les grands-parents jouent un rôle pivot dans la famille contemporaine, en particulier dans la garde d’enfants et le soutien économique, ce qui témoigne de leur importance centrale dans la solidarité familiale (voir section 1).
- La démographie, avec une longévité accrue et une faible fertilité, a favorisé la formation de familles plus verticales, où plusieurs générations cohabitent ou interagissent intensément, renforçant la solidarité (voir section 1).
- La logique de réciprocité, de dettes et de contre-dons structure ces échanges, permettant de maintenir la cohésion familiale et de transmettre des valeurs et des responsabilités à travers les générations (voir section 1).
- La dynamique de solidarité familiale s’est inversée : désormais, les flux d’aide vont majoritairement des générations plus âgées vers les plus jeunes, notamment grâce à la protection sociale qui garantit une autonomie financière aux aînés (voir section 1).
💡 À retenir
La solidarité intergénérationnelle, structurée par des liens de filiation et renforcée par la démographie et la logique de réciprocité, constitue un pilier essentiel de la cohésion familiale et sociale, notamment à travers le rôle central des grands-parents.
📖 8. Protection sociale
🔑 Notions clés & Définitions
- Protection sociale : Ensemble des mécanismes assurant la protection face aux risques sociaux, permettant aux individus de faire face aux aléas de la vie tels que la maladie, le chômage ou la vieillesse. Elle constitue un filet de sécurité pour préserver l’autonomie et la dignité des personnes.
- Rôle de l’État-providence : Selon MARSHALL (1893-1981), il s’agit d’une extension de la citoyenneté qui garantit un minimum de bien-être à tous, en assurant la protection contre les risques sociaux et en renforçant la cohésion sociale.
- Dispositifs formels de protection sociale : Structures institutionnelles telles que la Sécurité Sociale, les allocations et assurances, qui organisent la solidarité collective pour couvrir les risques sociaux.
- Lien entre protection sociale et capacité des familles à s’entraider : La protection sociale, en offrant un soutien collectif, peut renforcer ou compenser la capacité des familles à se soutenir mutuellement face aux risques, notamment en réduisant leur dépendance à l’entraide informelle.
- Protection sociale comme filet de sécurité : Elle intervient pour limiter les conséquences des aléas de la vie, en assurant un revenu ou des services essentiels, notamment pour les plus vulnérables, contribuant ainsi à la stabilité sociale.
📝 Points essentiels
- La protection sociale vise à réduire l’insécurité sociale en prenant en charge les risques tels que la maladie, le chômage, la vieillesse ou la maternité, qui peuvent compromettre l’indépendance sociale des individus (CASTEL).
- L’émergence de l’État-providence au XIXe siècle, sous l’influence de la pensée solidariste, a permis la mise en place de dispositifs collectifs pour garantir une protection universelle ou ciblée, selon les modèles.
- Deux logiques principales structurent la protection sociale : la logique d’assurance (bismarckienne), qui repose sur la cotisation des salariés et des employeurs, et la logique d’assistance (beveridgienne), financée par l’impôt pour aider les plus démunis (MARSHALL, 1893-1981 ; BEVERIDGE, 1942).
- En France, la Sécurité Sociale, créée en 1945, illustre un système hybride combinant ces deux logiques, avec une couverture obligatoire pour les risques liés à la famille, la maladie, la vieillesse, puis le chômage.
- La protection sociale ne couvre pas toujours tous les individus, notamment ceux qui n’ont pas cotisé ou sont en situation de précarité extrême, ce qui peut entraîner des inégalités et des formes de disqualification sociale.
💡 À retenir
La protection sociale, en tant que filet de sécurité collectif, joue un rôle clé dans la réduction des risques sociaux et le maintien de la cohésion sociale, tout en étant façonnée par des logiques d’assurance et d’assistance selon les contextes historiques et institutionnels.
📖 9. Solidarité écologique
🔑 Notions clés & Définitions
- Solidarité écologique : Responsabilité collective partagée envers la préservation de l’environnement, impliquant une conscience morale et éthique de l’impact de nos actions sur la planète.
- Responsabilité collective : Concept selon lequel chaque individu ou groupe doit assumer une part de responsabilité dans la gestion et la protection de l’environnement, en tenant compte des enjeux globaux et locaux.
- Mobilisation collective : Action concertée de groupes ou communautés pour répondre à des enjeux environnementaux ou face à des catastrophes naturelles, renforçant la cohésion et la solidarité dans la protection de la planète.
- Dimension morale et éthique : Aspect de la solidarité écologique qui repose sur des valeurs de responsabilité, de justice et de respect envers la nature, soulignant l’obligation morale de préserver l’environnement pour les générations présentes et futures.
📝 Points essentiels
- La solidarité écologique s’inscrit dans une responsabilité collective, où chaque individu doit prendre conscience de son rôle dans la protection de l’environnement, en lien avec la responsabilité collective (voir section 3).
- La mobilisation collective face aux catastrophes naturelles, comme les incendies ou inondations, révèle une solidarité interhumaine renforcée, où l’entraide et la responsabilité partagée jouent un rôle crucial.
- La dimension morale et éthique de la solidarité écologique implique que la protection de la planète ne se limite pas à des actions concrètes, mais repose aussi sur une conscience morale, une obligation de respecter et de préserver la nature pour le bien commun.
- La responsabilité collective envers l’environnement dépasse l’échelle individuelle, intégrant des actions politiques, sociales et citoyennes pour répondre aux enjeux globaux tels que le changement climatique, la perte de biodiversité ou la pollution.
- La solidarité écologique favorise la sensibilisation et la mobilisation des citoyens, des associations, et des gouvernements, afin d’adopter des comportements responsables et durables.
💡 À retenir
La solidarité écologique repose sur une responsabilité collective morale et éthique, mobilisant l’ensemble de la société face aux enjeux environnementaux et aux catastrophes naturelles pour préserver la planète pour les générations futures.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère | Solidarité mécanique | Solidarité organique | Auteur principal |
|---|
| Définition | Cohésion basée sur la ressemblance et la conscience collective | Cohésion basée sur la division du travail et l’interdépendance | Durkheim (1917), Paugam (2009/2023) |
| Type de société | Société traditionnelle, segmentaire | Société moderne, complexe | |
| Caractéristiques principales | Ressemblance, conscience collective, droit répressif | Interdépendance, division du travail, solidarité fonctionnelle | |
| Mode de cohésion | Automatique, non réfléchie | Consciente, basée sur la complémentarité | |
| Exemple | Famille, communautés religieuses | Système professionnel, institutions sociales | |
| Fonction du droit | Répressif, punition des déviances | Régulateur, garant de la solidarité fonctionnelle | |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre solidarité mécanique et solidarité organique en pensant que toutes deux reposent sur la division du travail. La solidarité mécanique repose sur la ressemblance, alors que l’organique sur la différenciation et l’interdépendance.
- Assimiler la conscience collective à une simple norme, alors qu’elle englobe un ensemble de croyances, valeurs et sentiments partagés.
- Croire que le droit répressif est spécifique à la solidarité mécanique ; il est aussi utilisé dans d’autres formes de cohésion sociale.
- Confondre la solidarité organique avec la solidarité élective ou volontaire ; cette dernière est basée sur des choix personnels, pas sur la division du travail.
- Négliger la dimension automatique de la solidarité mécanique, qui fonctionne sans réflexion consciente.
- Confondre la société moderne (solidarité organique) avec la société traditionnelle (solidarité mécanique) en termes de complexité sociale.
- Omettre que la solidarité mécanique est caractéristique des sociétés primitives ou segmentaires, pas seulement rurales ou anciennes.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de Durkheim sur la solidarité mécanique et ses caractéristiques principales.
- Savoir distinguer la solidarité mécanique de la solidarité organique, en précisant leurs bases respectives (ressemblance vs division du travail).
- Identifier les exemples illustrant la solidarité mécanique (famille, communautés religieuses) et la solidarité organique (système professionnel, institutions modernes).
- Comprendre le rôle de la conscience collective dans la solidarité mécanique.
- Expliquer comment le droit répressif est lié à la solidarité mécanique.
- Connaître la définition de Paugam sur le lien social et ses quatre types selon ses travaux.
- Maîtriser la notion de lien social basé sur la filiation, participation élective, participation organique et citoyenneté.
- Savoir décrire la division du travail comme fondement de la solidarité organique.
- Identifier les caractéristiques principales de la solidarité organique selon Durkheim.
- Comprendre la différence entre solidarité mécanique et solidarité organique en termes de fonctionnement et de société.
- Connaître la notion de crise des solidarités et ses implications.
- Maîtriser la notion de solidarité intergénérationnelle et ses enjeux.
- Savoir définir la protection sociale et son rôle dans la solidarité.
- Connaître la définition de Paugam sur la solidarité écologique.
- Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : lien social, solidarité, conscience collective, division du travail, protection sociale.