Déviance : La déviance est la transgression des normes et valeurs en vigueur dans la société. Elle concerne tout acte ou comportement qui s’écarte de ce qui est considéré comme acceptable socialement.
Normes sociales : Ce sont des règles implicites issues de conventions sociales. Elles ne sont pas formellement écrites mais régissent les comportements courants, comme dire bonjour ou souhaiter un anniversaire.
Normes juridiques : Ce sont des règles explicites et formalisées dans des textes législatifs ou réglementaires. Par exemple, respecter la limite de vitesse constitue une norme juridique.
Délinquance : La délinquance désigne la transgression d’une norme juridique, c’est-à-dire le non-respect d’une loi.
Déviance primaire : La déviance primaire correspond à une transgression d’une norme par un individu, sans nécessairement que cela soit reconnu ou stigmatisé par la société.
Déviance secondaire : La déviance secondaire désigne la reconnaissance sociale de l’individu comme déviant, suite à la perception ou à la stigmatisation par la société.
La déviance est la transgression d’une norme sociale, qui peut être implicite et issue de conventions, comme saluer quelqu’un ou respecter des usages courants. En revanche, la délinquance concerne la transgression d’une norme juridique, explicitement formulée dans des textes législatifs, comme respecter la loi sur la vitesse. Les normes sociales et juridiques peuvent coexister, par exemple, ne pas voler implique de respecter à la fois une norme sociale et une norme juridique. La distinction entre déviance primaire et secondaire est fondamentale : la première concerne un acte individuel transgressif, tandis que la seconde implique la reconnaissance et la stigmatisation sociale de cette transgression.
La déviance se définit comme une transgression des normes sociales, tandis que la délinquance concerne la transgression des normes juridiques. La distinction entre déviance primaire et secondaire permet de comprendre comment une transgression peut évoluer vers une reconnaissance sociale du statut de déviant.
Contrôle social : Ensemble des moyens matériels et symboliques mis en œuvre par une société pour s’assurer de la conformité des comportements aux normes en vigueur, afin de limiter la déviance et préserver la cohésion sociale.
Contrôle social informel : Repose sur des règles implicites, tacites, non-écrites, qui relèvent de conventions sociales. Il peut prendre deux formes :
Contrôle social formel : Basé sur des règles explicites, écrites, souvent institutionnalisées. Il se divise en deux formes :
Entrepreneurs de morale : Membres du groupe qui, par leur interaction, attribuent une étiquette déviante à un individu, jouant un rôle clé dans la construction de la déviance secondaire.
Carrière déviante : Processus par lequel une personne, après stigmatisation, s’intègre dans un groupe déviant organisé, internalise l’étiquette et adopte un comportement déviant durable.
Stigmatisation : Processus d’étiquetage négatif d’un individu ou d’un groupe, qui peut conduire à la mise à l’écart et à la construction d’une identité déviante.
Le contrôle social vise à assurer le respect des normes pour éviter que la déviance ne nuise à la cohésion sociale. Il se divise en deux types : informel et formel. Le contrôle social informel repose sur des règles tacites, implicites, qui peuvent être morales ou sociétales. La dimension morale concerne l’intériorisation des normes par l’individu, qui se contrôle lui-même, tandis que la dimension sociétale s’appuie sur la pression exercée par le groupe ou la société, par le regard ou la sanction sociale.
Le contrôle social formel, quant à lui, repose sur des règles écrites et institutionnalisées, pouvant être non-policières (ex : sanctions disciplinaires dans une école) ou policières (ex : arrestation pour délit). Ces formes institutionnalisées assurent la conformité par des moyens plus structurés et souvent coercitifs.
Selon l’interactionnisme, la déviance n’est pas une simple conséquence d’une dérégulation sociale (anomie), mais résulte principalement de l’étiquetage et de la stigmatisation par le groupe. La déviance secondaire, qui en découle, se construit après que l’individu a été étiqueté comme déviant, ce qui peut entraîner une mise à l’écart, une interiorisation de cette étiquette, et la formation d’une carrière déviante, notamment dans des groupes organisés.
La société utilise à la fois des mécanismes informels, basés sur l’intériorisation et la pression sociale, et des mécanismes formels, institutionnalisés et parfois coercitifs, pour maintenir la conformité aux normes et gérer la déviance, en particulier à travers l’étiquetage et la
Nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC) : Ensemble des outils et dispositifs permettant la collecte, la transmission et le traitement de l’information via des moyens numériques et électroniques. Elles ont un effet ambigu sur le contrôle social, pouvant à la fois renforcer la surveillance et offrir des espaces de liberté.
Outils de surveillance : Technologies telles que les caméras, logiciels de collecte de données ou autres dispositifs permettant de surveiller et d’enregistrer les comportements individuels ou collectifs. Ces outils restreignent généralement les libertés individuelles, comme dans le cas du crédit social en Chine.
Crédit social : Système de notation ou de contrôle social basé sur la collecte de données personnelles, permettant d’évaluer la conformité ou la déviance des individus. Exemple : en Chine, il limite la liberté d’action des citoyens selon leur score.
Outil d’affranchissement : Technologies ou espaces numériques permettant aux individus d’exprimer leurs opinions, de s’organiser ou de mobiliser, atténuant ainsi le contrôle social. Les réseaux sociaux en sont un exemple, en offrant des espaces de liberté.
Réseaux sociaux : Plateformes numériques facilitant la communication, l’échange et la mobilisation collective. Ils peuvent atténuer le contrôle social en permettant la diffusion d’informations, la mobilisation de mouvements sociaux et l’expression de libertés individuelles (exemples : #METOO, printemps arabes).
Les NTIC ont un effet ambigu sur le contrôle social. D’un côté, elles renforcent ce contrôle par le biais des outils de surveillance tels que les caméras et les logiciels de collecte de données, qui limitent les libertés individuelles, comme le montre le système de crédit social en Chine. D’un autre côté, elles peuvent atténuer ce contrôle en offrant des outils d’affranchissement, notamment via les réseaux sociaux, qui constituent des espaces de liberté permettant la mobilisation sociale et l’expression individuelle, comme illustré par les mouvements #METOO ou le printemps arabe.
Les NTIC présentent un paradoxe : elles renforcent le contrôle social par la surveillance tout en facilitant la contestation et la mobilisation sociale grâce aux espaces de liberté qu’elles offrent.
Variabilité des normes : La variation des normes sociales et juridiques selon le temps et l’espace, ce qui influence la perception de la déviance. Par exemple, l’acte d’avorter était considéré comme déviant en France avant, mais ne l’est plus aujourd’hui ; alors qu’au Maroc, il reste toujours considéré comme déviant. Cette différence montre que la définition de la déviance n’est pas fixe mais dépend du contexte.
Anomie : Concept expliquant la déviance par la perte de repères normatifs en période de crise. Selon EMILE DURKHEIM, l’anomie survient lorsque les normes perdent leur sens, s’affaiblissent ou ne suffisent plus à encadrer la comportement des individus, notamment lors de crises morales ou économiques, provoquant une dérégulation sociale. ROBERT MERTON voit l’anomie comme un décalage entre les idéaux véhiculés par la société et les moyens disponibles pour les atteindre, ce qui génère frustration et actes déviants.
Interactionnisme : Approche qui considère que la déviance résulte des interactions sociales. Certains actes déviants peuvent, par leur transgression, faire évoluer les normes sociales et juridiques, comme l’exemple de Rosa Parks ou des lanceurs d’alerte, qui remettent en question ou modifient les règles en vigueur.
Les normes sociales et juridiques varient selon le temps et l’espace, modifiant ainsi la définition de la déviance. Par exemple, en France, l’avortement était autrefois considéré comme déviant, mais cette perception a évolué avec le temps, alors qu’au Maroc, il reste toujours considéré comme déviant. Ces différences illustrent que la norme est dynamique et contextuelle.
Certains actes déviants peuvent aussi faire évoluer ces normes. Rosa Parks, en refusant de céder sa place dans un bus, a transgressé une norme raciste, ce qui a permis de remettre en question la ségrégation. De même, les lanceurs d’alerte dénonçant la corruption, initialement sanctionnés, ont contribué à faire évoluer la perception et la législation.
Le concept d’anomie, développé par DURKHEIM, explique la déviance par la perte de repères en période de crise, lorsque les anciennes règles déclinent et que de nouvelles ne sont pas encore intégrées. Selon MERTON, la déviance résulte aussi d’un décalage entre les idéaux de la société et les moyens pour les atteindre, créant frustration et actes déviants.
La mesure de la délinquance est complexe. Elle repose principalement sur les chiffres officiels fournis par la police, la gendarmerie ou la justice, mais ces données sont critiquables. Elles peuvent être influencées par l’activité policière, la manipulation à des fins politiques, ou encore regrouper des actes de gravité différente sous une même catégorie. De plus, certains actes ne donnent pas lieu à plainte, ce qui limite la fiabilité des chiffres officiels.
Il existe un chiffre noir de la délinquance, correspondant aux actes ni constatés ni connus. Il se calcule par la différence entre les données estimées par les enquêtes de victimation et celles recueillies par les forces de l’ordre, mettant en question la fiabilité des mesures officielles.
Les enquêtes de victimation complètent ces données en interrogeant un échantillon représentatif de la population pour réduire le chiffre noir. Cependant, elles présentent des limites : réponses biaisées par la peur ou la honte, échantillons non parfaitement représentatifs, ou formulation des
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| Aspect | Définition | Exemples | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|
| Déviance | Transgression des normes sociales | Saluer quelqu’un, respecter un usage | — |
| Normes sociales | Règles implicites issues de conventions sociales | Dire bonjour, respecter les usages courants | — |
| Normes juridiques | Règles explicites dans la loi | Respect de la vitesse, interdiction de voler | — |
| Délinquance | Transgression d’une norme juridique | Vol, violence, fraude | — |
| Déviance primaire | Acte transgressif sans stigmatisation sociale | Petit vol isolé, acte isolé de déviance | — |
| Déviance secondaire | Reconnaissance et stigmatisation sociale | Étiquetage comme déviant, carrière déviante | — |
| Contrôle social informel | Règles implicites, tacites, régulant comportements | Morale (auto-contrôle), pression du groupe | — |
| Contrôle social formel | Règles écrites, institutionnalisées | Sanctions disciplinaires, arrestations | — |
| Entrepreneurs de morale | Acteurs attribuant une étiquette déviante | Groupes sociaux ou institutions labellisant déviants | — |
| Carrière déviante | Processus d’intégration dans un groupe déviant après stigmatisation | Rejoindre un groupe organisé, internaliser l’étiquette | — |
| NTIC (Nouvelles Technologies) | Outils numériques pour la collecte et la transmission d’informations | Caméras, réseaux sociaux, logiciels de surveillance | — |
| Crédit social (exemple chinois) | Système de notation basé sur la collecte de données personnelles pour contrôler la conformité | Score social limitant libertés individuelles | — |
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Déviance — définition ?
Transgression des normes sociales en société
Déviance — définition?
Transgression des normes et valeurs sociales.
Contrôle social — rôle ?
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