Fiche de révision : Les propositions relatives chez Du Bellay

Plan du Cours

  1. Étude syntaxique des propositions relatives « qui » et « celui qui » chez Du Bellay
  2. Exclusion des emplois interrogatifs et anaphoriques du pronom relatif « qui »
  3. Analyse des emplois et valeurs sémantiques de « quiconque » au XVIe siècle
  4. Système démonstratif à trois éléments : « qui », « celuy qui » et « cestuy qui » et leurs formes féminines et pluriels
  5. Fonctions stylistiques et sémantiques des tournures en « ceulx qui » dans Les Regrets
  6. Typologie des propositions relatives : adjectivales, substantives et prédicatives et critères de choix entre « qui » et « celuy qui »
  7. Portée générale, valeur maxime et dimension allusive des relatives sans antécédent en « qui » et des pronoms démonstratifs dans les sonnets
  8. Variantes morphologiques et lexicales des tournures en « celuy » (cil, cestuy, lequel) et leurs fonctions stylistiques

1. Étude syntaxique des propositions relatives « qui » et « celui qui » chez Du Bellay

Notions clés & Définitions

  • Qui / celui qui : La construction en « celui qui » est une forme syntaxique utilisée pour désigner un personnage précis ou pour formuler des maximes, caractérisée par une distance entre le démonstratif « celui » et la proposition relative qui suit. Le choix entre « qui » et « celui qui » dépend de critères syntaxiques, sémantiques et métriques, notamment la nature de l'adjectif attribut et la fonction de la proposition relative. Ces propositions relatives se répartissent en trois types : adjectivales avec antécédent, substantives sans antécédent, et prédicatives apparaissant après des verbes de perception, chacune ayant des règles spécifiques de formation et d'interprétation.
  • Adjectives » : Les propositions relatives adjectivales possèdent un antécédent et se divisent en deux catégories : les relatives appositives, qui apportent une information supplémentaire sans modifier l'extension de l'antécédent, et les relatives substantives, qui remplacent un nom et désignent une personne ou une chose. Chez Du Bellay, la construction en « celui qui » est souvent associée à un verbe exprimant la manière ou l'intensité, créant une distance syntaxique entre « celui » et la proposition relative, et peut prendre la forme de maximes ou faire référence à des personnes précises identifiables par le lecteur contemporain.

Points essentiels

  • Les propositions relatives peuvent être classées en adjectivales (avec antécédent), substantives (sans antécédent) et prédicatives (après verbes de perception), chacune ayant des critères distincts de formation et d'interprétation.
  • La construction en « celui qui » est utilisée pour désigner un personnage précis ou pour formuler des maximes, avec une distance syntaxique entre « celui » et la proposition relative.

À retenir

Comprendre la complexité syntaxique et la richesse fonctionnelle des propositions relatives « qui » et « celui qui » chez Du Bellay révèle leur rôle central dans la construction de sens et la formulation de maximes dans ses poèmes.

2. Exclusion des emplois interrogatifs et anaphoriques du pronom relatif « qui »

Notions clés & Définitions

  • Pronom relatif interrogatif : catégorie de pronom utilisé dans des questions directes ou indirectes pour interroger sur une personne ou une chose, sans introduire de sens de référence ou de substitution dans une proposition. Il sert à poser une interrogation portant sur l’identité ou la nature de ce dont on parle, sans faire référence à un élément déjà mentionné ou connu dans le contexte.

  • Pronom relatif anaphorique : type de pronom qui reprend un substantif ou un groupe nominal précédemment exprimé, établissant une référence interne à une entité déjà identifiée. Il fonctionne comme un substitut, permettant d’éviter la répétition, et sa compréhension dépend du contexte antérieur. Dans le cas du pronom « qui », cette fonction est immédiate lorsque le pronom remplace un antécédent déjà connu.

  • Pronom relatif distributif : forme particulière de pronom qui, dans certains usages, indique une distribution ou une répartition individuelle ou séparée d’un ensemble d’éléments. Il peut exprimer la notion que chaque membre d’un groupe est considéré séparément, sans référence à une totalité ou à une unité collective. La distinction avec les emplois interrogatifs ou anaphoriques est essentielle, car ces derniers ne portent pas cette connotation distributive.

Points essentiels

  • L’analyse se concentre sur l’exclusion des usages du pronom « qui » qui relèvent de l’interrogation ou de la référence anaphorique. En ce sens, le pronom « qui » utilisé dans un emploi interrogatif sert à introduire une question directe ou indirecte, visant à obtenir une information précise sur une personne ou une chose. Par exemple, dans la question « Qui a écrit ce poème ? », « qui » ne joue pas un rôle de référence ou de substitution, mais fonctionne comme un outil d’interrogation.

  • De même, dans l’emploi anaphorique, « qui » reprend un antécédent déjà mentionné, comme dans « Le poète, qui a écrit ce vers, est célèbre. » Ici, « qui » ne pose pas une interrogation mais établit une référence à un sujet connu, permettant d’éviter la répétition. La distinction est claire : dans l’emploi interrogatif, le pronom « qui » introduit une interrogation, tandis que dans l’emploi anaphorique, il reprend une entité déjà présente dans le discours.

  • Il est précisé que le corpus ne présente pas de cas où « qui » fonctionne comme COD dans un emploi interrogatif ou anaphorique, ce qui simplifie l’analyse en excluant ces formes de la réflexion. La référence à ces emplois est donc limitée à leur fonction stylistique ou syntaxique dans le « style sublime » de Du Bellay, où leur emploi est marqué par une certaine solennité ou une portée stylistique particulière.

À retenir

Distinguer et exclure les emplois interrogatifs et anaphoriques du pronom « qui » permet de se concentrer sur ses formes relatives qui génèrent un sens général ou stylistiquement marquant, notamment dans le style sublime de Du Bellay. Cela évite toute confusion avec les usages purement référentiels ou interrogatifs, qui ne participent pas à cette dimension stylistique ou générale.

3. Analyse des emplois et valeurs sémantiques de « quiconque » au XVIe siècle

Notions clés & Définitions

  • Valeur concessive : ● Six occurrences de quiconque(s) dans l’œuvre, en deux groupes : 3 = sujets d’un verbe à l’indicatif, 3
  • Antiquités : Le qui initial imprime son mouvement à l’ensemble du poème : « Qui a veu quelquefois un grand chesne asseiché [...] /Qui tel chesne a pu voir, qu’il imagine encores /Comme entre les citez, qui plus florissent ores, /Ce vieil honneur pouldreux est le plus honno
  • Regrets : Recueil de sonnets de Du Bellay où coexistent des formes démonstratives comme « celui qui » et des pronoms relatifs, analysés pour leur valeur sémantique et stylistique, notamment dans le sonnet 180.

Points essentiels

  • L'usage de « quiconque » au XVIe siècle ne correspond pas encore à un pronom indéfini moderne de type « n'importe qui » mais peut désigner tous les représentants d'une catégorie ou avoir une extension plus restreinte.
  • L'emploi adjectival de « quiconque » comme « quelconque » soulève la question de son contenu sémantique et de sa capacité à désigner une catégorie indéfinie, comme illustré dans le sonnet 30 des Antiquités.
  • Le sonnet 30 des Antiquités compare l'extension de « quiconque » à un emploi latinisant de « qui » relatif sans antécédent, illustrant la problématique de son extension sémantique.
  • Sonnet 30 des Antiquités pose, voire résout le problème de cette extension : « Quiconques (mon Bailleul) fait longuement séjour » à comparaison avec « Patriae desiderium » (élégie de DB) : utilisation de digne qui = emploi latinisant à apparition de qui relatif sans antécédent.

À retenir

L'usage de « quiconque » au XVIe siècle ne correspond pas encore à un pronom indéfini moderne de type « n'importe qui » mais peut désigner tous les représentants d'une catégorie ou avoir une extension plus restreinte.

4. Système démonstratif à trois éléments : « qui », « celuy qui » et « cestuy qui » et leurs formes féminines et pluriels

Notions clés & Définitions

  • Pronom démonstratif : III – Concurrence à la tournure pronom démonstratif + relative ● Avec le masculin singulier.

Points essentiels

  • Les pronoms démonstratifs dans ce système sont souvent utilisés de manière cataphorique, servant de support à la détermination apportée par la proposition relative qui suit.
  • Au XVIe siècle, une spécialisation grammaticale distingue les formes démonstratives entre adjectifs et pronoms, avec des emplois différenciés selon le genre et le nombre.
  • Les formes féminines et pluriels ont des emplois spécifiques, par exemple « celles qui » avec effet d'antiphrase et « ceulx qui » comme procédé stylistique récurrent dans Les Regrets.
  • Dans ce corpus, les pronoms ne rappellent pas un substantif précédent et n’en annoncent pas à venir à servent d’appel ou de « support à la détermination apportée » par une prop relative, un compl prépositionnel en de ou un participe : on garde le terme de « cataphore » (quand le substitut précède l’élément qu’il représente), malgré l’inexactitude du terme.

À retenir

Le système démonstratif à trois éléments et ses variantes en genre et nombre illustrent la richesse morphosyntaxique et stylistique des pronoms démonstratifs chez Du Bellay, essentiels pour comprendre ses procédés d'allusion et de détermination.

5. Fonctions stylistiques et sémantiques des tournures en « ceulx qui » dans Les Regrets

Notions clés & Définitions

  • Relative parallèle : Type de construction où la relative manifeste un parallélisme fondamental entre la condition du poète et celle d'autres hommes, souvent pour prendre ses distances ou souligner une opposition implicite.
  • Fraudant : Forme verbale ou adjectivale utilisée pour manifester une critique ou une prise de distance, notamment dans des tournures comme « je ne suis pas de ceulx qui robent la louange » ou « fraudant indignement ».
  • Connivence : Relation implicite ou complicité entre le poète et certains individus évoqués par les tournures en « ceulx qui », pouvant révéler une certaine proximité ou une critique selon le contexte.

Points essentiels

  • L'opposition entre le « je » du poète et « ceulx qui » est parfois seulement apparente, renforcée par l'emploi de relatives parallèles qui soulignent un parallélisme fondamental entre les conditions humaines.
  • Cette tournure manifeste souvent une critique implicite ou une prise de distance du poète vis-à-vis de certaines catégories d'individus.

À retenir

Les tournures en « ceulx qui » dans Les Regrets fonctionnent comme un outil stylistique puissant pour exprimer la critique sociale et la complexité des relations entre le poète et son entourage.

6. Typologie des propositions relatives : adjectivales, substantives et prédicatives et critères de choix entre « qui » et « celuy qui »

Notions clés & Définitions

  • Peuvent être : Forme verbale plurielle indiquant que plusieurs types ou modes de propositions relatives existent, avec des critères de choix dépendant du contexte syntaxique, sémantique et métrique.

Points essentiels

  • Les propositions relatives prédicatives se placent après des verbes de perception et remplissent une fonction spécifique dans la phrase.
  • Les propositions relatives adjectivales peuvent être appositives (information supplémentaire) ou déterminées (restreignant l'antécédent), avec des modes verbaux distincts (indicatif vs subjonctif/conditionnel).

À retenir

La typologie fine des propositions relatives et les critères de choix entre « qui » et « celuy qui » éclairent la complexité syntaxique et stylistique des constructions relatives dans la poésie de Du Bellay.

7. Portée générale, valeur maxime et dimension allusive des relatives sans antécédent en « qui » et des pronoms démonstratifs dans les sonnets

Notions clés & Définitions

  • Relative sans antécédent : Pronom relatif utilisé sans qu'un antécédent explicite ne soit mentionné, permettant d'exprimer des vérités morales ou des expériences communes avec une portée générale.

Points essentiels

  • L'utilisation de ces formes permet à Du Bellay de dire sans nommer, jouant sur la connivence avec le lecteur et la force de l'énoncé.
  • Mais c’est aussi le moyen de dire sans nommer.

À retenir

Les relatives sans antécédent en « qui » et les pronoms démonstratifs dans les sonnets combinent portée générale et allusion subtile, renforçant la densité sémantique et la dimension énigmatique des poèmes.

8. Variantes morphologiques et lexicales des tournures en « celuy » (cil, cestuy, lequel) et leurs fonctions stylistiques

Notions clés & Définitions

  • Celuy vrayement : Expression utilisée dans les poèmes de Du Bellay pour désigner une personne ou un personnage avec une portée générale ou spécifique, souvent dans une sentence ou une périphrase, illustrant une fonction stylistique précise.
  • Lequel : Pronom relatif corrélatif de « celuy » utilisé non seulement pour des raisons métriques mais aussi pour établir une symétrie stylistique parfaite entre les hémistiches, renforçant la cohérence et la musicalité des vers.

Points essentiels

  • Le pronom relatif « lequel » peut être corrélatif de « celuy » et est employé non seulement pour des raisons métriques mais aussi pour établir des symétries stylistiques parfaites.
  • Employé surtout pour des raisons métriques et valeur de généralité, comme un certain nb d’exemples de celuy qui.

À retenir

Le pronom relatif « lequel » peut être corrélatif de « celuy » et est employé non seulement pour des raisons métriques mais aussi pour établir des symétries stylistiques parfaites.

Tableaux de Synthèse

Comparaison des propositions relatives chez Du Bellay

Type de propositionPrésence d'antécédentFonction stylistique
AdjectivaleOuiDésignation précise ou maxime
SubstantiveNonRéférence générale ou indéfinie
PrédicativeAprès verbes de perceptionExpression d'une vérité ou d'une expérience

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confusion entre emplois interrogatifs et relatifs du pronom « qui ».
  2. Mélange entre usages de « quiconque » comme pronom indéfini et comme élément de construction spécifique.
  3. Confusion entre « celui qui » et « cestuy qui » dans leur fonction syntaxique.
  4. Erreur dans la distinction entre emplois de « qui » en emploi interrogatif, anaphorique et relatif.
  5. Confusion entre variantes morphologiques de « celuy » et leur fonction stylistique.
  6. Mauvaise interprétation des critères de choix entre « qui » et « celui qui ».
  7. Confusion entre propositions relatives appositives et déterminatives.

Checklist Examen

  1. Vérifier la distinction entre emplois interrogatifs, anaphoriques et relatifs du pronom « qui ».
  2. Identifier si « quiconque » est utilisé comme pronom indéfini ou dans une construction spécifique.
  3. Analyser la fonction stylistique de « celui qui » dans chaque contexte.
  4. Comparer les formes morphologiques de « celuy », « cil », « cestuy » et « lequel ».
  5. Déterminer le type de proposition relative (adjectivale, substantive, prédicative).
  6. Vérifier la présence ou l'absence d'antécédent dans les relatives sans antécédent.
  7. Analyser la portée générale ou maximo-stylistique des relatives sans antécédent.
  8. Étudier la symétrie stylistique dans l'emploi de « lequel » et « celuy ».

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les propositions relatives chez Du Bellay avec 8 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. En quoi la construction en « celui qui » diffère-t-elle de l'utilisation de « qui » dans les propositions relatives chez Du Bellay ?

2. Quelle affirmation correspond au sujet « Exclusion des emplois interrogatifs et anaphoriques du pronom relatif « qui » » ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les propositions relatives chez Du Bellay avec 16 flashcards interactives.

Qui / celui qui — usage ?

Construction désignant un personnage précis ou formulant une maxime.

Exclusion du qui interrogatif — rôle ?

Distinguer ses emplois stylistiques des usages interrogatifs ou anaphoriques.

Quiconque — valeur XVIe siècle ?

Désigne une catégorie ou un ensemble restreint, pas un indéfini moderne.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches