📋 Plan du Cours
- Rapports sociaux marxistes
- Rapports sociaux de sexe
- Division du travail
- Inégalités de genre
- Rapports sociaux de classe
- Rapports sociaux de race
- Racisme et ethnicisation
- Rapports sociaux de handicap
- Pouvoir et domination
- Évolution des définitions du handicap
📖 1. Rapports sociaux marxistes
🔑 Notions clés & Définitions
- Rapport social : Selon Kergoat (2012), c’est une tension qui traverse la société, cristallisée en enjeux autour desquels les êtres humains sont en confrontation permanente, créant des groupes sociaux. Il s’agit d’un rapport de production entre groupes en tension, où l’un est dominant et l’autre dominé.
- Dialectique entre groupes dominants et dominés : La relation conflictuelle et dynamique qui oppose ces groupes, à l’origine de la structuration sociale, où chaque groupe influence et modifie l’autre.
- Rapports sociaux comme rapports de production : Concept marxiste selon lequel les rapports sociaux sont intrinsèquement liés aux modes de production, structurant l’organisation économique et sociale.
- Caractère dynamique et réversible des rapports sociaux : La possibilité de changement dans ces rapports, où la confrontation et la lutte peuvent entraîner une transformation des rapports de pouvoir, comme le souligne la théorie marxiste et ses critiques féministes (70-80).
- Hiérarchisation des groupes sociaux : La structuration de la société en couches où certains groupes détiennent le pouvoir et les ressources, tandis que d’autres sont subordonnés, ce qui se manifeste dans la division sociale du travail.
- Opposition conceptuelle entre rapport social et nature : La conception marxiste oppose le rapport social à la nature, insistant sur le fait que ces rapports sont construits socialement et historiquement, et non déterminés par la nature biologique ou environnementale.
📝 Points essentiels
- Le concept de rapport social émerge dans la théorie marxienne et marxiste, analysant la société à travers ses rapports de production.
- Ces rapports sont le fondement de la division sociale, structurée par une hiérarchisation entre groupes dominants et dominés, où l’exploitation, la domination et l’oppression jouent un rôle central.
- La théorisation a été critiquée par des chercheuses féministes dans les années 70-80 pour l’analyse exclusive des rapports sociaux de sexe, en soulignant la nécessité d’intégrer d’autres axes comme la race et le handicap (d’après Danielle Kargoat).
- Entre 1990 et 2000, cette approche a été étendue pour inclure les rapports de genre et de race, en insistant sur leur caractère transversal et leur influence dans tous les champs sociaux.
- La dialectique entre groupes dominants et dominés permet de comprendre comment les rapports sociaux se reproduisent, évoluent ou se transforment, en étant à la fois réversibles et conflictuels.
- La hiérarchisation des groupes sociaux se manifeste dans toutes les dimensions sociales, notamment par la division du travail, qui constitue une expression concrète de ces rapports.
💡 À retenir
Les rapports sociaux marxistes sont des tensions dynamiques et hiérarchisées entre groupes en conflit, structurés par des rapports de production, qui façonnent l’organisation sociale et ses inégalités.
📖 2. Rapports sociaux de sexe
🔑 Notions clés & Définitions
- Rapports sociaux de sexe : rapports de pouvoir structurés autour des différences de genre, où un groupe (les hommes) détient une position dominante sur l’autre (les femmes). Selon une approche féministe critique de la théorie marxiste, ces rapports sont intrinsèquement liés à des relations de pouvoir et de domination (Danièle Kergoat).
- Concept de sexe social : notion introduite dans les années 80 pour désigner la construction sociale des différences de genre, distincte de la dimension biologique. Il s’agit d’un ensemble de normes, rôles et attentes assignés aux sexes, qui façonnent les rapports sociaux et la division du travail (années 80).
- Inégalité dans le partage du travail domestique : déséquilibre dans la répartition des tâches domestiques et de soins entre hommes et femmes, souvent invisibilisé dans la définition traditionnelle du travail, mais analysé comme une forme d’oppression matérielle et symbolique (Kergoat).
- Travail procréatif : activités liées à la contraception, à la sexualité et à la reproduction, souvent considéré comme un travail invisible et non rémunéré, mais essentiel à la reproduction sociale et à la continuité des rapports de genre (années 80).
- Approche féministe critique de la théorie marxiste : critique qui met en évidence que la théorie marxiste classique ne prend pas en compte la dimension spécifique des rapports de genre et de pouvoir entre sexes, insistant sur la nécessité d’intégrer le genre comme dimension fondamentale dans l’analyse des rapports sociaux (années 70-80).
- Mode de production domestique : concept développé par Delphy (2009 [1970]) pour analyser la production de la vie quotidienne et des soins comme un mode de production spécifique, où la reproduction des rapports de pouvoir entre sexes est centralisée.
📝 Points essentiels
- Le concept de rapport social de sexe s’inscrit dans une critique de la vision biologique du genre, en insistant sur sa construction sociale et ses dimensions de pouvoir.
- La théorisation des rapports sociaux de sexe a été fortement influencée par les travaux féministes des années 70-80, notamment par Danièle Kergoat et Christine Delphy, qui insistent sur leur caractère de rapports de pouvoir.
- La notion de sexe social permet de comprendre que la division du travail, notamment dans le domaine domestique, n’est pas naturelle mais socialement construite, hiérarchisée et source d’oppression.
- Le travail procréatif, souvent invisible, est une composante essentielle de ces rapports, lié à la contraception et à la sexualité, et constitue une forme de travail non rémunéré mais socialement indispensable.
- La critique féministe insiste sur le fait que ces rapports de pouvoir ne se limitent pas à la sphère privée mais structurent l’ensemble des champs sociaux, en particulier à travers la division sexuelle du travail.
- La théorie de Delphy (2009 [1970]) met en avant le mode de production domestique comme un système de reproduction des rapports de pouvoir entre sexes, où la domination masculine se maintient par la hiérarchisation et la spécialisation des rôles.
💡 À retenir
Les rapports sociaux de sexe sont des rapports de pouvoir socialement construits, qui se manifestent notamment par la division sexuelle du travail et le travail procréatif, et qui sont analysés comme une forme d’oppression structurée par des normes sociales et symboliques.
📖 3. Division du travail
🔑 Notions clés & Définitions
- Division du travail : Enjeu central des rapports sociaux, correspondant à la répartition des activités sociales dans différentes sphères, structurée par des processus de séparation, hiérarchisation et spécialisation (Dunezat, 2004). Elle reflète l’organisation matérielle et idéelle des activités sociales, notamment selon le genre, la classe ou la race.
- Exploitation : Rapport de pouvoir qui se manifeste par la domination d’un groupe sur un autre, notamment à travers la division sexuelle du travail, impliquant l’appropriation du temps, des produits du corps, et la charge physique (Guillaumin, 1992).
- Domination : Aspect symbolique de la division du travail, où une catégorie sociale impose ses activités et ses rôles à une autre, comme la domination masculine analysée par Bourdieu comme violence symbolique (Bourdieu).
- Oppression : Contrainte mêlant violence physique et symbolique, résultant de la hiérarchisation et de la rigidité de la division du travail, notamment dans le travail domestique, considéré comme oppression matérielle (exemple : violences envers les femmes).
- Rapports sociaux : Relations de production entre groupes en tension, où l’un est dominant et l’autre dominé, se manifestant par des processus de reproduction et de transformation sociales (Kergoat, 2012).
- Trois formes simultanées de division du travail : séparation (différenciation des tâches selon le sexe ou la classe), hiérarchisation (valorisation ou dévalorisation des tâches selon leur attribution), spécialisation (assignation de tâches spécifiques à certains groupes, par exemple femmes ou hommes).
📝 Points essentiels
- La division du travail constitue le cœur des rapports sociaux, articulant la production et la reproduction sociales dans une logique de hiérarchie et de différenciation (Dunezat, 2004).
- Elle se manifeste par trois formes simultanées : séparation, hiérarchisation et spécialisation, qui structurent l’organisation sociale selon des critères comme le genre, la classe ou la race.
- La théorie matérialiste insiste sur la dimension matérielle de la division du travail, notamment par l’analyse des processus d’exploitation, de domination et d’oppression, qui régulent et légitiment ces différenciations.
- La division sexuelle du travail est un exemple clé, où l’exploitation des femmes par la hiérarchisation et la spécialisation dans des tâches domestiques ou de soins constitue une oppression matérielle (Guillaumin, 1992).
- La domination symbolique, notamment par Bourdieu, montre comment la division du travail impose des rôles et des activités selon le genre, renforçant des rapports de pouvoir et de hiérarchie.
- Ces rapports sociaux, en étant transversaux, structurent tous les champs sociaux et participent à la reproduction des inégalités.
💡 À retenir
La division du travail est le mécanisme central par lequel s’organisent, se reproduisent et se transforment les rapports sociaux, en articulant séparation, hiérarchisation et spécialisation, et en étant à la fois source d’exploitation, de domination et d’oppression.
📖 4. Inégalités de genre
🔑 Notions clés & Définitions
- Inégalités de genre liées au partage inégal du travail domestique : Disparités dans la répartition des tâches domestiques et de soin entre hommes et femmes, souvent à l’avantage des hommes, renforçant la hiérarchisation des activités selon le genre (voir section 2).
- Violences conjugales et sexuelles comme manifestations d’inégalités : Formes de violences exercées principalement sur les femmes, témoignant de rapports de pouvoir et d’oppression liés à la domination masculine (voir section 2).
- Domination masculine analysée comme violence symbolique (Bourdieu) : La domination masculine s’impose par des moyens symboliques, notamment la légitimation de la hiérarchisation des rôles et activités selon le genre, considérée comme une violence invisible mais structurante (Bourdieu, 1998).
- Oppression mêlant violence physique et symbolique : Processus où la violence physique (ex : violences conjugales) et la violence symbolique (ex : légitimations culturelles de la hiérarchie des sexes) se combinent pour maintenir l’inégalité de genre (voir section 2).
- Hiérarchisation des activités selon le genre : Organisation sociale où certaines activités, notamment domestiques ou de soin, sont valorisées ou considérées comme naturelles pour un genre (souvent féminin), renforçant la division sexuelle du travail (voir section 2).
- Spécialisation genrée des tâches sociales : Répartition des rôles sociaux et activités selon le genre, avec une spécialisation qui tend à assigner aux femmes les tâches domestiques et de soin, et aux hommes les activités professionnelles ou de pouvoir (voir section 2).
📝 Points essentiels
- La division du travail domestique et de soin est inégalement répartie, avec une surcharge pour les femmes, ce qui contribue à leur position subordonnée dans la hiérarchie sociale (Kergoat, 2012).
- La violence conjugale et sexuelle constitue une manifestation concrète de l’oppression de genre, révélant la domination masculine et ses effets sur la vie des femmes (voir section 2).
- La domination masculine ne se limite pas à une domination physique mais s’appuie aussi sur la violence symbolique, qui légitime et reproduit la hiérarchisation des sexes à travers des normes culturelles et sociales (Bourdieu, 1998).
- La hiérarchisation et la spécialisation des tâches sociales selon le genre participent à la reproduction des inégalités, en maintenant une division rigide du travail qui favorise la domination masculine (Kergoat, 2012).
- La lutte contre ces inégalités implique de déconstruire la division genrée des activités et de remettre en question la légitimité de la hiérarchisation symbolique et matérielle des rôles.
💡 À retenir
Les inégalités de genre résultent d’une division sociale du travail qui hiérarchise et spécialise les activités selon le genre, renforçant la domination masculine à travers des violences physiques et symboliques.
📖 5. Rapports sociaux de classe
🔑 Notions clés & Définitions
- Rapport social (Kergoat, 2012) : tension qui traverse la société, cristallisée en enjeux, autour desquels les groupes sociaux se créent et se confrontent, permettant la reproduction ou la transformation sociale.
- Approche marxiste : conception binaire des rapports sociaux de classe, opposant bourgeois et prolétaires, où ces groupes s’affrontent dans une dynamique de domination et d’exploitation.
- Diversification des classes sociales : processus observé depuis les années 1990-2000, avec l’émergence de classes moyennes, l’effritement de la stratification rigide et la multiplication des frontières sociales, rendant la hiérarchie plus fluide.
- Caractère transversal : notion selon laquelle les rapports sociaux de classe structurent tous les champs sociaux, en étant présents dans toutes les dimensions de la société, et en étant fondamentaux pour l’organisation sociale.
- Lien avec le système capitaliste : selon la théorie marxiste, les rapports sociaux de classe sont intrinsèquement liés au mode de production capitaliste, qui reproduit et renforce la division entre classes dominantes et classes subordonnées.
📝 Points essentiels
- Le concept de rapport social, issu de la théorie marxienne, désigne une tension structurante dans la société, opposant des groupes en conflit, notamment entre bourgeois et prolétaires, dans une dynamique de domination, d’exploitation et de lutte pour le pouvoir (Kergoat, 2012).
- La théorisation marxiste insiste sur la nature binaire des classes sociales, où la classe dominante (bourgeoisie) détient les moyens de production, et la classe subalterne (prolétariat) vend sa force de travail.
- Depuis les années 1990-2000, la conception des classes sociales s’est complexifiée avec l’émergence de classes moyennes et la diversification des positions sociales, rendant la hiérarchie plus fluide et moins figée.
- Les rapports sociaux de classe sont transversaux, c’est-à-dire qu’ils structurent l’ensemble des champs sociaux, de l’économie à la culture, en étant un fondement de l’ordre social.
- La relation entre rapports sociaux de classe et système capitaliste est fondamentale : ce dernier reproduit et accentue ces rapports, en maintenant la division entre classes et en légitimant la domination de la classe capitaliste.
💡 À retenir
Les rapports sociaux de classe, issus de la théorie marxiste, sont des tensions fondamentales qui structurent l’ensemble de la société, en lien étroit avec le système capitaliste, et évoluent avec la diversification et l’effritement des hiérarchies sociales.
📖 6. Rapports sociaux de race
🔑 Notions clés & Définitions
-
Racisme (selon le contenu source) : Relations politiques et sociales entre groupes différenciés, catégorisés et hiérarchisés en fonction des traits ethniques, sociaux et culturels, référés à l’origine. Il peut prendre la forme de racisme de couleur ou d’antisémitisme moderne. (non attribué à un auteur précis dans le contenu source)
-
Ethnicisation : Processus de construction de frontières ethniques et de désignation entre groupes ethniques, renforcé depuis les années 80, rendant les frontières entre groupes de moins en moins étanches et plus poreuses. (d’après le contenu source)
-
Racisme institutionnel : Forme de racisme intégrée dans les institutions, qui hiérarchise et discrimine selon l’origine ethnique, renforçant la hiérarchisation sociale basée sur l’ethnicité. (d’après le contenu source)
-
Différence entre racisme et ethnisme : Le racisme repose sur la naissance, l’origine, la généalogie, et implique une altérisation radicale, tandis que l’ethnisme est une construction identitaire basée sur l’origine, avec une frontière moins radicale. Le racisme crée la race, c’est-à-dire qu’il produit la catégorisation raciale en hiérarchisant les groupes. (d’après le contenu source)
-
Rapports de pouvoir entre racisant et racisé : Le racisme s’inscrit dans un rapport de pouvoir où le groupe racisant se pense comme référence universelle et domine le groupe racisé, placé en position subordonnée. (d’après le contenu source)
📝 Points essentiels
-
La théorie marxienne introduit le concept de rapport social comme tension traversant la société, opposant groupes dominants et dominés, en tension constante. (Pfefferkorn, 2012), (Kergoat, 2012)
-
La construction de la race est une production sociale, le racisme étant la relation qui hiérarchise et catégorise selon l’origine ethnique, renforçant la division sociale. (d’après le contenu source)
-
L’ethnicisation est un processus en expansion depuis les années 80, qui rend les frontières ethniques plus poreuses, contribuant à la fluidification des identités ethniques tout en maintenant des rapports de pouvoir inégalitaires.
-
Le racisme crée la race en produisant des catégories raciales qui justifient la hiérarchie et la domination. La différence entre racisme et ethnisme est mince mais essentielle : le racisme implique une altérisation radicale et une hiérarchisation systématique.
-
Les rapports sociaux de race sont intrinsèquement liés à des rapports de pouvoir où le groupe dominant impose sa référence et maintient la subordination du groupe racisé, dans une dynamique de hiérarchisation sociale.
💡 À retenir
Le racisme, en tant que rapport social, produit la race en hiérarchisant et en catégorisant les groupes ethniques, renforçant ainsi la domination et la subordination dans la société.
📖 7. Racisme et ethnicisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Racisme : Relation politique et sociale entre groupes hiérarchisés, caractérisée par la différenciation, la catégorisation et la hiérarchisation des groupes humains en fonction de traits ethniques, sociaux et culturels, souvent liés à l’origine. Il crée la race, en construisant une distinction entre le racisant et le racisé (voir section 6).
- Antisémitisme moderne : Forme spécifique de racisme visant les Juifs, intégrant des dimensions politiques et sociales, souvent associée à des discours de stigmatisation et de discrimination.
- Ethnicisation : Processus de construction de frontières ethniques, renforcé depuis les années 80, qui désigne la désignation et la différenciation entre groupes ethniques, rendant les frontières entre ces groupes de plus en plus poreuses.
- Processus d’altérisation : Approche fondée sur la naissance et l’origine, qui consiste à différencier et hiérarchiser des groupes humains en fonction de leur appartenance ethnique ou raciale, souvent associé à la construction sociale de la race.
- Groupe dominant comme référence universelle : Concept selon lequel le groupe en position de pouvoir se pense comme référence générale et universelle, ce qui légitime la hiérarchisation et la domination des autres groupes.
📝 Points essentiels
- Le racisme est analysé comme une relation de pouvoir entre groupes différenciés, où le groupe dominant impose sa référence comme norme universelle (voir section 6).
- La différenciation ethnique et raciale repose sur des critères de naissance, d’origine et de généalogie, et s’inscrit dans des rapports sociaux de pouvoir, où le racisant domine le racisé.
- La construction de la race est une production sociale du racisme, qui crée et légitime des hiérarchies entre groupes (voir section 6).
- Depuis les années 80, l’ethnicisation s’intensifie, rendant les frontières ethniques plus poreuses, ce qui contribue à la multiplication des processus de différenciation et de hiérarchisation.
- Le racisme moderne, notamment l’antisémitisme, illustre ces relations sociales et politiques, en particulier dans le contexte européen et mondial.
- La théorie critique insiste sur le fait que ces rapports sociaux de race sont liés à des processus historiques, sociaux et politiques, et qu’ils structurent l’ensemble des champs sociaux.
💡 À retenir
Le racisme est une relation de pouvoir social et politique qui hiérarchise et différencie les groupes humains en fonction de leur origine, renforçant la construction sociale de la race et légitimant la domination du groupe dominant comme référence universelle.
📖 8. Rapports sociaux de handicap
🔑 Notions clés & Définitions
- Approche médicale traditionnelle du handicap : conception du handicap centrée sur l’individu, le considérant comme déficient ou malade, en insistant sur ses limitations physiques ou mentales, souvent traitée comme un problème individuel à corriger ou à soigner.
- Disqualification sociale des personnes handicapées : processus par lequel les personnes en situation de handicap sont exclues ou marginalisées dans la société, souvent en raison de stéréotypes, préjugés ou barrières sociales, limitant leur participation pleine et entière.
- Concepts émergents : validisme, capacitisme, handicapisme : notions critiques qui dénoncent la discrimination et la hiérarchisation des personnes en situation de handicap, en soulignant que ces discriminations sont ancrées dans des normes sociales valorisant la norme « valide » et marginalisant le « différent ».
- Handicap pensé comme rapport social : conception qui voit le handicap non comme une déficience individuelle, mais comme une construction sociale résultant de l’interaction entre la personne et son environnement, notamment par des barrières sociales, architecturales ou culturelles.
- Approche matérialiste du handicap en Grande-Bretagne : perspective qui analyse le handicap en insistant sur ses dimensions matérielles et sociales, en mettant en avant la matérialité des obstacles et des inégalités structurelles plutôt que sur la déficience individuelle.
- Transition des définitions du handicap vers approche sociale (1990-2010) : évolution conceptuelle qui déplace le regard de l’individu vers la société, en insistant sur la nécessité de modifier l’environnement, les politiques et les représentations pour réduire la disqualification et favoriser l’inclusion.
📝 Points essentiels
- La conception médicale du handicap, prédominante jusqu’aux années 1980, considère le handicap comme une déficience individuelle nécessitant une correction ou une réadaptation. Elle a été critiquée par les mouvements sociaux et théories critiques pour son approche réductionniste.
- La disqualification sociale devient centrale dans la critique du modèle médical, soulignant que le problème n’est pas seulement la déficience, mais aussi la manière dont la société construit et maintient l’exclusion des personnes handicapées.
- Les concepts de validisme, capacitisme et handicapisme émergent dans les années 70-80, notamment avec les travaux de Danièle Kargoat (voir section 10), pour dénoncer la discrimination systémique basée sur la norme « valide » et la hiérarchisation des corps et des capacités.
- La conception du handicap comme rapport social s’inscrit dans une perspective critique, influencée par la théorie marxiste et les mouvements sociaux, qui mettent en avant que le handicap est une construction sociale résultant de l’organisation sociale, des politiques et des représentations.
- En Grande-Bretagne, l’approche matérialiste insiste sur l’analyse des obstacles matériels et sociaux, en lien avec la critique des politiques publiques et des aménagements, pour comprendre la production du handicap.
- La période 1990-2010 marque une transition vers une approche plus sociale, où la réduction de la disqualification passe par la transformation des environnements, des lois et des représentations sociales, en lien avec la reconnaissance du handicap comme rapport social.
💡 À retenir
Le handicap n’est plus uniquement perçu comme une déficience individuelle, mais comme un rapport social façonné par l’environnement, les politiques et les normes sociales, nécessitant une transformation sociale pour favoriser l’inclusion.
📖 9. Pouvoir et domination
🔑 Notions clés & Définitions
-
Violence symbolique (Bourdieu, 1990) : forme de domination qui s’exerce par la légitimation des rapports de pouvoir à travers des processus culturels et symboliques, rendant ces rapports acceptables et invisibles pour les dominés. Elle impose des normes et des valeurs sans recours à la violence physique apparente.
-
Pouvoir et domination comme dimensions constitutives des rapports sociaux : le pouvoir désigne la capacité d’un groupe ou d’un individu à imposer sa volonté face à d’autres, tandis que la domination correspond à l’exercice durable de ce pouvoir, souvent légitimé par des mécanismes symboliques ou institutionnels, structurant ainsi les rapports sociaux (voir section 3).
-
Lien entre division du travail et rapports de pouvoir : la division du travail n’est pas seulement technique mais aussi relationnelle, elle reproduit et renforce les rapports de pouvoir, notamment par la hiérarchisation et la spécialisation, qui structurent la hiérarchie sociale et les rapports de domination (voir section 2).
📝 Points essentiels
-
La théorie marxienne introduit le concept de rapport social comme un rapport de production, où la division du travail constitue la base des rapports de pouvoir entre groupes en tension, notamment entre dominants et dominés. Ces rapports sont à la fois économiques, politiques et symboliques, et ils façonnent l’ordre social.
-
La violence symbolique, développée par Bourdieu (1990), désigne une forme de domination invisible, intériorisée par les dominés, qui légitime et reproduit les rapports de pouvoir sans recours à la violence physique. Elle contribue à la hiérarchisation sociale en imposant des normes culturelles.
-
La hiérarchisation sociale, fondée sur ces rapports sociaux, se manifeste par une différenciation et une stratification des groupes selon leur position dans la division du travail, leur capital symbolique ou économique, et leur capacité à imposer leur vision du monde.
-
Les rapports sociaux sont sources de conflits et de pouvoir, car ils impliquent une confrontation permanente entre groupes en position de domination et de résistance, ce qui structure l’ensemble des champs sociaux.
💡 À retenir
Les rapports sociaux, structurés par la division du travail, constituent le fondement du pouvoir et de la domination, où la violence symbolique joue un rôle clé dans la légitimation et la reproduction des inégalités sociales.
📖 10. Évolution des définitions du handicap
🔑 Notions clés & Définitions
- Approche médicale du handicap : conception traditionnelle qui considère le handicap comme une déficience ou une anomalie de l’individu, centrée sur ses limitations physiques ou mentales, souvent associée à une disqualification sociale (approche prévalente jusqu’aux années 1990).
- Transition vers une approche sociale : évolution qui voit le handicap comme un rapport social, résultant des barrières sociales, culturelles et environnementales, plutôt que d’une déficience individuelle, favorisée entre 1990 et 2010.
- Validisme, capacitisme, handicapisme : concepts émergents qui critiquent la discrimination et la stigmatisation des personnes en situation de handicap, en soulignant la construction sociale de ces inégalités (notamment en Grande-Bretagne).
- Handicap comme rapport social : conception qui considère le handicap comme une relation de pouvoir et de domination dans la société, où l’exclusion et la disqualification sont produites par des normes sociales et des pratiques discriminatoires.
- Influence des mouvements sociaux et théories britanniques : ces mouvements ont contribué à faire évoluer la compréhension du handicap vers une perspective plus critique et sociale, notamment à travers l’approche matérialiste britannique.
- Déplacement du focus de l’individu vers la société : passage d’une vision centrée sur la déficience individuelle à une analyse des facteurs sociaux, environnementaux et politiques qui produisent le handicap, favorisant une approche inclusive et de reconnaissance des droits.
📝 Points essentiels
- Entre 1990 et 2010, la conception du handicap évolue d’une vision strictement médicale vers une approche sociale, intégrant la critique des discriminations et des barrières sociales (voir notamment le rapport de l’OMS sur le modèle social du handicap).
- La critique du modèle médical s’appuie sur la reconnaissance que la société, par ses normes et ses pratiques, contribue à disqualifier socialement les personnes en situation de handicap.
- Les concepts de validisme, capacitisme et handicapisme émergent pour dénoncer la discrimination systémique et la stigmatisation, en particulier dans le contexte britannique, où une approche matérialiste influence la réflexion.
- La reconnaissance du handicap comme rapport social permet de comprendre la production des inégalités non pas uniquement par la déficience, mais par la façon dont la société organise l’exclusion et la marginalisation.
- Ce déplacement de perspective favorise la mise en œuvre de politiques inclusives, la lutte contre la discrimination et la valorisation de la diversité.
💡 À retenir
L’évolution des définitions du handicap entre 1990 et 2010 marque un passage d’une vision centrée sur l’individu à une compréhension sociale, où le handicap est considéré comme un rapport de pouvoir et d’exclusion produit par la société elle-même.
📅 Repères chronologiques
(aucune date significative dans le contenu fourni, cette section est omise)
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions clés | Concepts principaux | Auteurs | Particularités |
|---|
| Rapports sociaux marxistes | Rapport social, dialectique, hiérarchisation | Tensions, groupes dominants/dominés, rapports de production | Kergoat (2012), Marx | Structure dynamique, réversible, liée à la production |
| Rapports sociaux de sexe | Genre, pouvoir, division du travail, travail invisible | Sexe social, domination masculine, travail procréatif | Kergoat, Delphy (2009) | Construction sociale, oppression, hiérarchie symbolique |
| Division du travail | Répartition des activités, hiérarchisation, exploitation | Oppression, domination, violence symbolique | Dunezat (2004), Guillaumin (1992), Bourdieu | Organise la société selon genre, classe, race |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre rapport social et rapport de nature biologique (marxisme vs. construction sociale).
- Mélanger rapports sociaux de sexe avec différences biologiques naturelles.
- Confondre division du travail et division sociale, en oubliant leur dimension hiérarchique.
- Sous-estimer le rôle du travail invisible, notamment dans le travail domestique et procréatif.
- Confusion entre domination symbolique (Bourdieu) et domination matérielle.
- Omettre la dimension dialectique et réversible des rapports sociaux.
- Ignorer l’intersectionnalité entre race, genre, classe et handicap dans l’analyse des rapports sociaux.
- Confondre exploitation et oppression, ou leur distinction.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de Kergoat sur le rapport social comme tension entre groupes en conflit.
- Maîtriser la distinction entre rapport social et nature selon la théorie marxiste.
- Expliquer le concept de sexe social introduit par Kergoat et Delphy.
- Identifier les enjeux liés à la division du travail selon Dunezat.
- Définir l’exploitation et la domination dans le cadre de la division du travail.
- Connaître la critique féministe de la théorie marxiste concernant les rapports de sexe.
- Savoir que le travail procréatif est un travail invisible mais essentiel à la reproduction sociale.
- Comprendre la notion de mode de production domestique selon Delphy.
- Identifier les principaux auteurs : Kergoat, Marx, Delphy, Bourdieu, Guillaumin, Dunezat.
- Être capable d’expliquer la hiérarchisation des groupes sociaux dans la société.
- Connaître la différence entre oppression matérielle et symbolique.
- Maîtriser la notion de dialectique entre groupes dominants et dominés, réversible et conflictuelle.
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