Déterminants de santé : Ensemble des facteurs socio-économiques, environnementaux et comportementaux qui interagissent pour influencer l’état de santé d’un individu ou d’une population. Selon Emilie SALVAT (Introduction), ils résultent d’interactions complexes entre ces facteurs et leur combinaison détermine l’état de santé global.
Les 12 déterminants selon l'agence de santé publique du Canada : Représentent les principaux facteurs influençant la santé, incluant le revenu, le soutien social, l’éducation, l’emploi, l’environnement, les habitudes de santé, la génétique, etc. (http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/ISS/determinants-sante.asp).
Représentations sociales de la santé et maladie : Connaissances socialement élaborées, partagées, qui construisent une réalité commune dans un groupe social. Denise Jodelet (1997) définit cela comme une connaissance pratique et collective, façonnée par la culture et les croyances.
Interaction entre facteurs : La santé résulte de l’interdépendance entre facteurs socio-économiques, environnementaux et individuels. La combinaison de ces déterminants a un effet synergique, influençant l’état de santé de façon globale (Introduction).
Influence combinée des déterminants : La santé ne dépend pas d’un seul facteur mais de leur interaction simultanée, ce qui explique la complexité de la prévention et de l’intervention en santé publique (Introduction, SALVAT).
La santé et la maladie ne sont pas uniquement des phénomènes organiques ou physiologiques, mais aussi socialement construits, comme le souligne Anne-Cécile Broutelle et François Le Morvan (2009). La définition de la santé doit donc intégrer ses dimensions sociales.
Les 12 déterminants de santé identifiés par l’agence de santé publique du Canada illustrent la diversité des facteurs influençant la santé, allant du revenu au patrimoine génétique, en passant par l’environnement physique et social.
La représentation sociale de la santé et de la maladie repose sur des connaissances partagées, façonnées par la culture, les croyances et les pratiques sociales, comme le montrent Jodelet (1997) et Vega (2007).
La perception du corps, ses soins, et ses représentations varient selon les cultures, influençant la manière dont les individus abordent leur santé et leur maladie (Anne Véga, 2007).
La compréhension des représentations sociales permet d’appréhender les itinéraires thérapeutiques, notamment la manière dont les individus réagissent face à la maladie, leurs croyances et leur recours aux soins (Vega, 2007).
Les déterminants de santé sont des facteurs interconnectés qui, par leur interaction, façonnent l’état de santé d’une population, soulignant l’importance d’une approche globale en santé publique.
Représentations sociales (Denise Jodelet, 1997) : Connaissances socialement élaborées et partagées, ayant une visée pratique, qui contribuent à la construction d’une réalité commune au sein d’un groupe ou d’une société. Elles façonnent la perception et l’interprétation des phénomènes, notamment ceux liés à la santé et à la maladie.
Construction sociale de la réalité (concept général) : Processus par lequel une société ou un groupe construit, à travers ses interactions, une vision partagée du monde, influençant notamment la perception des phénomènes corporels et de la santé.
Pensée profane sur la santé et la maladie (référence à la culture populaire) : Représentation non spécialisée, souvent intuitive, qui s’appuie sur des notions, symboles et schèmes de référence intériorisés par les individus en fonction de leur appartenance sociale et culturelle, distincte du savoir médical professionnel.
Notions, symboles et schèmes de référence (interne) : Ensemble d’éléments mentaux, symboliques ou culturels, qui orientent l’interprétation des phénomènes corporels et influencent la manière dont les individus perçoivent la santé et la maladie.
Les représentations sociales sont une forme de connaissance collective, élaborée socialement, qui permet aux individus de donner un sens pratique à leur environnement et à leur corps (Jodelet, 1997). Elles participent à la construction d’une réalité partagée, notamment dans le domaine de la santé.
Les causes explicatives des maladies varient selon les cultures et croyances, avec des causes exogènes ou endogènes, et chaque société développe sa « cause préférée » (F. Laplantine). Ces causes influencent la manière dont la maladie est perçue, traitée et intégrée dans la vie sociale.
Les représentations du corps sont socialisées et modelées par les cultures, qui peuvent transformer la perception biologique universelle du corps en pratiques, symboles ou rituels spécifiques. Par exemple, la médecine traditionnelle haïtienne mêle guérisseurs, classifications de maladies comme le Koro ou Susto, et croyances religieuses (Marie Meudec, 2007 ; Anne Véga, 2007).
Les approches médicales et les traitements sont également intégrés dans ces représentations, avec des systèmes variés (traditionnel, populaire, biomédical) qui reflètent des visions culturelles différentes du corps et de la maladie.
Les vécus liés à la religion ou à des croyances culturelles peuvent influencer la reconnaissance ou le retard dans la consultation médicale, en valorisant des formes de pathologies spécifiques ou en rejetant certains diagnostics (Anne Véga, 2007).
Les types de représentations sociales de la santé et de la maladie incluent une pensée profane, indépendante du savoir professionnel, qui s’appuie sur des symboles, notions et schèmes intériorisés, façonnés par l’appartenance sociale et culturelle (Philippe Adam, Claudine Herzlich).
Les représentations sociales de la santé et de la maladie sont des constructions sociales, façonnées par la culture, la religion et l’histoire, qui influencent la perception, le traitement et la gestion des phénomènes corporels, en dehors du savoir médical professionnel.
Cause préférée selon F. Laplantine (1986) : La cause qui prédomine dans une société ou une époque pour expliquer la maladie ou la santé, influençant les pratiques thérapeutiques et les représentations sociales. Elle reflète les valeurs et croyances culturelles dominantes.
Causes exogènes et endogènes : Selon la distinction, les causes exogènes proviennent de facteurs extérieurs à l’individu (par exemple, le mal, la sorcellerie), tandis que les causes endogènes sont liées à des facteurs internes ou biologiques (génétique, physiologiques). La perception de ces causes varie selon les cultures et croyances.
Variabilité des causes selon les cultures et croyances : La conception des causes de la maladie diffère selon les sociétés, influencée par leur système de croyances, leur histoire, et leur rapport au corps. Par exemple, Anne Véga (2007) souligne que le corps biologique est universel, mais sa socialisation et ses traitements diffèrent culturellement.
Représentations sociales de la santé et maladie : Définies par Denise Jodelet (1997) comme des connaissances socialement élaborées et partagées, ces représentations façonnent la compréhension et la gestion des maladies dans chaque société, intégrant des notions, symboles et schèmes de référence.
Socialisation du corps : Le corps est modelé socialement à travers des pratiques culturelles (habillage, soins, mutilations, rituels). Anne Véga (2007) insiste sur que ces pratiques reflètent et renforcent les représentations sociales et croyances culturelles liées à la santé et à la maladie.
La santé et la maladie ne sont pas uniquement des phénomènes organiques ou physiologiques, mais aussi fortement influencés par des facteurs sociaux, culturels et symboliques, comme le souligne Anne-Cécile Broutelle et François Le Morvan (2009). La définition sociale de la maladie dépend des représentations et croyances propres à chaque société.
La perception des causes de la maladie varie selon les cultures : certains groupes privilégient des causes exogènes (sorcières, malédictions, sorcellerie), tandis que d’autres mettent en avant des causes endogènes (déséquilibres, hérédité). Anne Véga (2007) montre que ces conceptions influencent fortement les pratiques thérapeutiques.
La médecine traditionnelle et populaire joue un rôle majeur dans de nombreuses sociétés, comme en Haïti où 60 à 90 % de la population recourt à ces pratiques (Marie Meudec, 2007). La classification des maladies (ex. Koro, Susto) et leur reconnaissance diffèrent selon les croyances religieuses et culturelles.
Les représentations sociales influencent aussi la perception du corps : la souillure, la pudeur, la saleté sont des notions qui varient culturellement et impactent la manière dont les individus vivent leur santé ou leur maladie (Mary Douglas, 1992).
Les syndromes culturellement conditionnés (ex. syndrome méditerranéen, minorités LGBTQIA+) illustrent que certaines pathologies ne sont reconnues que dans certains contextes culturels, ce qui influence le parcours thérapeutique et la stigmatisation (Anne Véga, 2007).
Les causes de la maladie sont socialement construites et varient selon les cultures, influençant ainsi les représentations, pratiques et parcours thérapeutiques propres à chaque société.
La perception et la représentation du corps sont profondément ancrées dans la culture, façonnant ses pratiques sociales, ses rituels et ses soins, tout en étant influencées par des approches médicales variées.
Itinéraires thérapeutiques : Parcours suivis par un individu pour accéder aux soins, influencés par ses représentations, croyances, vécus et contexte socioculturel. Selon Anne Véga (2007), ils résultent de l’interaction entre facteurs personnels, sociaux et culturels, façonnant la manière dont la maladie est perçue et traitée.
Vécus et imaginaires de l’individu : Représentations mentales et symboliques que se forge une personne sur la maladie, le corps, et le risque, influençant ses choix de recours aux soins. Par exemple, l’imaginaire du mal contagieux évoqué par N. Houel (1573), montre comment la peur de la contagion peut modifier les comportements hygiéniques.
Représentations sociales de la santé et de la maladie : Connaissances socialement élaborées, partagées, qui orientent la perception des maladies et des soins. Denise Jodelet (1997) définit cela comme une construction sociale de la réalité, intégrant causes, traitements et stigmates, selon les cultures et croyances.
Impact culturel sur le corps et la maladie : La conception du corps et des maladies varie selon les sociétés, influencée par des pratiques sociales, symboliques et religieuses. Anne Véga (2007) souligne que le corps est socialisé à travers des rituels, soins, mutilations, façonnant la perception de la santé.
Stigmatisation et stigmates : Processus de marginalisation liés à des différences corporelles, caractérielles ou sociales, comme le décrit Erving Goffman (1975). Exemple : les stigmates tribaux ou liés à l’orientation sexuelle, qui influencent l’itinéraire thérapeutique en créant des barrières ou des retards dans la prise en charge.
Les itinéraires thérapeutiques sont le résultat d’interactions complexes entre représentations sociales, vécus individuels et contextes socioculturels, influençant la manière dont chaque société et chaque individu perçoivent et gèrent la maladie.
Erving Goffman (1975) : Classification des stigmates en trois catégories :
Stigmates corporels : caractéristiques physiques visibles ou déviations du corps qui entraînent une stigmatisation, comme les difformités ou marques visibles.
Stigmates du caractère : traits ou comportements perçus comme déviants ou immoraux, souvent liés à des aspects psychologiques ou moraux, comme la déviance ou la maladie mentale.
Stigmates tribaux : éléments d’appartenance sociale ou identitaire (race, religion, nationalité) qui peuvent être transmis et renforcer la stigmatisation collective, comme le syndrome méditerranéen ou les minorités LGBTQIA+ (Arnaud Alessandrin).
La stigmatisation selon Goffman (1975) se manifeste par la présence de stigmates qui marquent l’individu et influencent ses interactions sociales.
Les stigmates corporels peuvent être visibles ou invisibles, mais leur impact social est souvent négatif, pouvant conduire à l’exclusion ou à la discrimination.
Les stigmates du caractère sont souvent mal compris, renforçant les préjugés et la stigmatisation sociale, notamment dans le contexte mental ou comportemental.
Les stigmates tribaux concernent des caractéristiques transmises génétiquement ou socialement, comme la race ou la religion, et peuvent entraîner des discriminations systémiques.
Exemples concrets :
La stigmatisation influence fortement le parcours thérapeutique, pouvant conduire à la marginalisation ou à la réticence à consulter.
La stigmatisation, selon Goffman, se divise en trois types principaux : corporels, du caractère et tribaux, et constitue un facteur clé dans la construction sociale de la maladie et de la différence, impactant la prise en charge et l’intégration sociale des individus stigmatisés.
Imaginaire du mal contagieux : Représentation sociale selon laquelle la maladie ou la souillure peuvent se propager par contact ou proximité, alimentant la peur et la stigmatisation. Exemple : la crainte de la peste, évoquée par N. Houel (1573), où la chaleur et la proximité sont perçues comme facilitant la contagion.
Relations au corps : souillure et pudeur : La souillure, perçue comme une transgression de l’interdit, est considérée comme source de maladies selon Mary Douglas (1992). La pudeur et l’intimité sont des mécanismes sociaux visant à préserver la pureté du corps, en lien avec la gestion sociale de la saleté et de la transgression.
Notion de risque : Perception subjective ou sociale d’un danger potentiel lié à la maladie, influençant les comportements et les pratiques sociales. Elle est souvent liée à l’imaginaire du mal contagieux, renforçant la peur et la stigmatisation.
Dimensions sociales et culturelles de la douleur : La douleur n’est pas seulement physiologique mais aussi socialement construite, intégrée dans des représentations culturelles. Elle peut être valorisée ou stigmatisée, selon les normes sociales et croyances (voir AUGE & HERZLICH, 1984).
Imaginaires liés à la maladie : Représentations symboliques et mythiques qui façonnent la perception collective de la maladie, comme l’idée que certains corps ou comportements sont intrinsèquement porteurs de mal.
Les imaginaires du mal contagieux et les représentations sociales du corps façonnent profondément les comportements, les pratiques sociales et les stigmates liés à la maladie, en intégrant des dimensions symboliques, culturelles et sociales.
Les représentations sociales du corps, façonnées par la culture et les croyances, influencent profondément la perception, la gestion et la symbolique de la santé, de la maladie, de la saleté et de la pureté dans chaque société.
Influence des croyances religieuses sur la perception et le vécu de la maladie : Les croyances religieuses façonnent la manière dont les individus interprètent, acceptent ou rejettent la maladie, influençant leur comportement face aux soins et leur rapport au corps (voir aussi "Vécus et imaginaires" en itinéraires thérapeutiques).
Rôle des croyances dans la reconnaissance ou non de certaines pathologies : Certaines pathologies, comme le Koro ou le Susto, sont reconnues comme réelles et pathologiques dans certains groupes culturels ou religieux, mais pas dans d’autres, ce qui influence leur prise en charge (Vega, 2007).
Stigmates tribaux liés à la religion : La religion peut être à l’origine de stigmates transmis de génération en génération, notamment liés à la race, la nationalité ou la foi, pouvant entraîner des discriminations et des exclusions sociales (Goffman, 1975 ; Alessandrin, 2020).
La perception de la maladie est fortement influencée par les croyances religieuses, qui peuvent considérer la maladie comme une épreuve divine, une purification ou une punition (Vega, 2007). Ces représentations façonnent l’attitude des malades et leur recours aux soins.
Certaines pathologies sont culturellement reconnues comme des syndromes spécifiques (ex : Susto, Koro), qui ne correspondent pas toujours aux classifications biomédicales, mais ont une réalité vécue par les communautés concernées (Vega, 2007).
La religion peut aussi générer des stigmates, notamment tribaux, liés à la race, la nationalité ou la religion, qui se transmettent et influencent la manière dont certains malades sont perçus et traités dans la société (Goffman, 1975 ; Alessandrin, 2020).
La médecine traditionnelle ou populaire, souvent liée à la religion, joue un rôle majeur dans la gestion de la santé dans de nombreuses cultures, avec des guérisseurs ou tradipraticiens qui interviennent en complément ou en alternative à la médecine biomédicale (Meudec, 2007).
La reconnaissance ou le déni de certaines maladies par la communauté ou la religion influence le parcours thérapeutique, pouvant entraîner retards ou refus de soins, notamment pour des pathologies considérées comme "impossibles" ou "surnaturelles" (Anne Véga, 2007).
Les croyances religieuses façonnent profondément la perception, la reconnaissance et la gestion des maladies, tout en étant à l’origine de stigmates tribaux pouvant influencer le vécu social des malades.
Les systèmes médicaux, qu'ils soient traditionnels, populaires ou biomédicaux, reflètent des visions du corps, de la maladie et de la santé profondément ancrées dans la culture, influençant les pratiques, la classification des maladies et l’accès aux soins.
| Critère | Définition / Notions clés | Auteur / Référence | Particularités |
|---|---|---|---|
| Déterminants de santé | Facteurs socio-économiques, environnementaux, comportementaux influençant la santé | Emilie SALVAT | Interaction complexe, 12 déterminants selon l'agence de santé publique du Canada |
| Représentations sociales | Connaissances socialement élaborées, partagées, construisant une réalité commune | Denise Jodelet (1997) | Influencent perception, traitement, et itinéraires thérapeutiques |
| Causes culturelles | Causes explicatives selon la société, exogènes ou endogènes, reflètent valeurs culturelles | F. Laplantine (1986) | Cause préférée selon contexte culturel, influence pratiques thérapeutiques |
| Critère | Comparatif | Particularités |
|---|---|---|
| Causes exogènes | Provenant de facteurs extérieurs (sorcellerie, maléfice) | Souvent valorisées dans cultures traditionnelles |
| Causes endogènes | Internes, biologiques (génétique, physiologie) | Approche biomédicale privilégiée dans la médecine moderne |
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2. Selon Emilie Salvat, les déterminants de santé résultent d’interactions entre plusieurs facteurs. Quels sont ces principaux types de facteurs ?
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Déterminants de santé — définition ?
Facteurs influençant l’état de santé d’un individu ou groupe.
Représentations sociales — définition?
Connaissances socialement élaborées et partagées
Représentations sociales — rôle ?
Construisent une réalité partagée et influencent perception et comportement.
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