📋 Plan du Cours
- Psychopathologie développementale
- Facteurs de risque
- Particularités adolescence
- Données épidémiologiques
- Délinquance juvénile
- Facteurs de risque délinquance
- Cadre législatif
- Gangs de rue
📖 1. Psychopathologie développementale
🔑 Notions clés & Définitions
- Perspective intégrative : Approche qui englobe différentes théories et domaines d’étude pour comprendre l’évolution des patrons d’inadaptation tout au long de la vie (Stroufe & Rutter, 1984).
- Modèle transactionnel : Concept selon lequel le développement psychopathologique résulte d’interactions dynamiques et bidirectionnelles entre l’individu et son environnement, soulignant le rôle actif de l’enfant dans son développement (Cicchetti, 1984; Sameroff, 2000).
- Équifinalité : Notion selon laquelle différents facteurs peuvent conduire à une même conséquence psychopathologique, soulignant la diversité des trajectoires de développement (Sroufe & Rutter, 1984).
- Multifinalité : Concept selon lequel un même facteur ou événement peut entraîner différentes conséquences psychopathologiques selon le contexte ou les caractéristiques de l’individu (Sroufe & Rutter, 1984).
- Patrons d’adaptation successifs : Successions d’évènements de vie et de réponses adaptatives ou inadaptatives qui façonnent la trajectoire développementale d’un enfant ou adolescent (Cicchetti, 1984).
- Facteurs de risque et de protection : Variables qui augmentent ou diminuent la probabilité de développer une psychopathologie, dans une optique probabiliste (Perret & Faure, 2006).
📝 Points essentiels
- La psychopathologie développementale s’intéresse à l’origine, à l’évolution et aux mécanismes des troubles tout au long de la vie, en intégrant plusieurs approches théoriques (Stroufe & Rutter, 1984).
- Le modèle transactionnel insiste sur l’interaction constante entre l’individu et son environnement, ce qui rend le développement psychopathologique dynamique et évolutif (Cicchetti, 1984; Sameroff, 2000).
- La notion d’émergence graduelle souligne que les troubles apparaissent souvent par étapes, avec des patrons d’adaptation successifs, plutôt que de façon soudaine ou isolée.
- La distinction entre équifinalité et multifinalité permet de comprendre la diversité des trajectoires et des conséquences possibles d’un même facteur ou événement.
- La détection de la psychopathologie repose sur la présence de dysfonctionnements, de déviations par rapport à la norme, tout en questionnant la définition de cette norme à l’adolescence (Israel et al., 2021).
💡 À retenir
La psychopathologie développementale considère le développement comme un processus dynamique influencé par l’interaction entre facteurs individuels et environnementaux, où la diversité des trajectoires et des résultats est la règle.
📖 2. Facteurs de risque
🔑 Notions clés & Définitions
- Facteurs de risque : caractéristiques ou conditions qui augmentent la probabilité qu’un individu développe une psychopathologie ou adopte des comportements déviants, notamment lors de l’adolescence (Cicchetti, 1984).
- Modèle transactionnel : approche qui considère le développement de l’inadaptation comme le résultat d’interactions dynamiques entre l’individu et son environnement, où chacun influence l’autre (Sroufe & Rutter, 1984).
- Multifinalité : principe selon lequel un même facteur de risque peut conduire à différentes conséquences ou trajectoires de développement (Sameroff, 2000).
- Appartenance vs adhésion (culture de gang) : distinction entre faire partie d’un groupe (appartenance) et partager activement ses valeurs et comportements (adhésion), cette dernière étant plus indicative du risque de délinquance (Guay et al., 2014).
- Typologie des gangs : classification structurale et comportementale des groupes de jeunes, comprenant bandes de jeunes, gangs émergents et gangs majeurs, avec des implications différentes en termes de criminalité et de risques (Sécurité publique du Québec, 2016).
- Réseau de gangs : organisation relationnelle entre membres, où la position dans le réseau influence la participation aux activités criminelles et le risque de récidive (Guay et al., 2014).
📝 Points essentiels
- La psychopathologie et la délinquance juvénile résultent d’interactions complexes entre facteurs personnels, familiaux, sociaux, scolaires et environnementaux (Centre national de prévention du crime, 2012).
- Les facteurs individuels incluent l’âge, le sexe masculin, un faible QI, et la présence de comorbidités comme le TDAH ou traits antisociaux (Centre national de prévention du crime, 2012).
- Sur le plan familial, la faiblesse du soutien parental, la famille monoparentale, la maltraitance, et les pratiques parentales inadéquates sont fortement liés à la délinquance (Centre national de prévention du crime, 2012).
- Les facteurs sociaux tels que l’exclusion, la présence de pairs déviants ou l’appartenance à un gang augmentent le risque de comportements délinquants (Centre national de prévention du crime, 2012).
- La participation à des gangs de rue est structurée selon des typologies (bandes, gangs émergents, gangs majeurs) et repose sur une culture de groupe comprenant symboles, règles, normes et valeurs, qui renforcent l’appartenance et la délinquance (Guay et al., 2014).
- La relation entre appartenance à un gang et délinquance est multidimensionnelle, intégrant activités criminelles, position dans le réseau, adhésion à la culture et traits psychopathiques, ce qui permet une évaluation plus précise du risque (Guay et al., 2014).
- La théorie de l’évolutivité des gangs montre que la structure et la culture de ces groupes évoluent rapidement, rendant leur étude complexe mais essentielle pour la prévention (Descormiers & Morselli, 2011).
💡 À retenir
Les facteurs de risque de délinquance à l’adolescence sont multifactoriels et dynamiques, impliquant une interaction entre caractéristiques personnelles, contexte familial, social, scolaire et la participation à des groupes comme les gangs, dont la compréhension nécessite une approche multidimensionnelle.
📖 3. Particularités adolescence
🔑 Notions clés & Définitions
- Transition primaire-secondaire : Passage de l’enfance à l’adolescence marqué par le développement des caractéristiques sexuelles secondaires et la maturation physique, psychologique et sociale (source implicite).
- Plasticité développementale : Capacité du cerveau et du comportement adolescent à être modifiés par les influences environnementales, rendant cette période particulièrement sensible aux changements et aux risques (source implicite).
- Tâches développementales : Objectifs ou défis spécifiques à l’adolescence, tels que l’affirmation identitaire, l’autonomisation, et l’intégration sociale, qui orientent le processus de croissance (source implicite).
- Culture de gang : Univers de significations, symboles, règles, normes et valeurs transmis entre générations, structurant l’identité et le comportement des membres de gangs de rue (Guay et al., 2014).
- Appartenance vs adhésion : Distinction entre faire partie d’un groupe (appartenance) et partager pleinement ses valeurs et comportements (adhésion), avec une évaluation plus nuancée de l’engagement du jeune (Guay et al., 2014).
- Typologie des gangs : Classification structurale et comportementale des groupes de jeunes, comprenant bandes de jeunes, gangs émergents et gangs majeurs, selon leur organisation, activités et implication dans la criminalité (Sécurité publique du Québec, 2016).
📝 Points essentiels
- L’adolescence est une période de transition avec des changements biologiques, psychologiques et sociaux majeurs, influençant l’humeur, les cognitions et les comportements (Steinberg, 2014).
- Les besoins fondamentaux incluent différenciation, appartenance, affirmation et autonomisation, souvent associés à une attirance pour la marginalité et la prise de risques, ainsi qu’à la contestation de l’autorité.
- La vulnérabilité et la plasticité accrues rendent les adolescents particulièrement réceptifs aux influences environnementales, ce qui nécessite une approche prudente dans l’évaluation des psychopathologies.
- La culture de gang se caractérise par des symboles, signes, règles, rituels, normes et valeurs, qui renforcent l’identité du groupe et sa cohésion (Guay et al., 2014).
- La relation entre appartenance et adhésion est complexe : tous les membres d’un gang n’adhèrent pas de la même façon à ses valeurs, ce qui influence leur comportement et leur risque délinquant.
- La typologie des gangs distingue :
- Bandes de jeunes : peu structurées, activités non toujours lucratives.
- Gangs émergents : impliqués activement dans la criminalité, identification territoriale.
- Gangs majeurs : structurés, impliqués dans le crime organisé, dirigés par des adultes.
💡 À retenir
L’adolescence est une période de transformation intense, où la vulnérabilité et la plasticité favorisent à la fois l’exploration et le risque, notamment à travers l’appartenance à des groupes comme les gangs, dont la culture et la structure influencent fortement le développement et le comportement des jeunes.
📖 4. Données épidémiologiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Inadaptation développementale (Stroufe & Rutter, 1984) : Patrons d’évolution des comportements qui dévient de la norme, résultant d’interactions dynamiques entre l’individu et son environnement, influençant la trajectoire de développement.
- Équifinalité : Concept selon lequel différents facteurs ou trajectoires peuvent conduire à une même conséquence ou état psychopathologique (voir section 1).
- Multifinalité : Notion selon laquelle un même facteur ou événement peut entraîner des résultats ou troubles variés selon le contexte ou l’individu (voir section 1).
- Indice de Rosenberg (1951) : Outil d’évaluation de l’estime de soi basé sur 10 questions, permettant de mesurer le niveau d’estime de soi chez les jeunes.
- Indice de détresse psychologique (Préville et al., 1992) : Questionnaire de 14 questions permettant d’évaluer la détresse psychologique globale chez les adolescents.
- Gangs de rue (Guay, Fredette et Dubois, 2014) : Groupes structurés d’adolescents ou jeunes adultes partageant une identité, utilisant la violence et l’intimidation pour obtenir pouvoir ou contrôle, avec une culture spécifique comprenant symboles, règles et valeurs.
📝 Points essentiels
- La psychopathologie développementale repose sur une perspective intégrative, prenant en compte les interactions dynamiques entre l’individu et son environnement, avec une émergence graduelle des troubles (Sroufe & Rutter, 1984; Cicchetti, 1984).
- La norme à l’adolescence est plus large, rendant la détection de dysfonctionnements plus complexe, notamment dans le contexte québécois où une baisse de l’estime de soi et une augmentation des troubles de santé mentale ont été observées (enquête 2022-2023).
- Les données montrent une diminution de la proportion d’élèves avec une estime de soi élevée (passant de 20 % en 2010-2011 à 12 % en 2022-2023) et une augmentation des troubles de santé mentale, avec une différence notable entre garçons et filles (Préville et al., 1992).
- La criminalité juvénile, mesurée par le taux de criminalité et l’indice de gravité, a connu une hausse récente, notamment pour les crimes contre la personne (+6,4%), mais reste inférieure à d’autres régions du Canada (Ministère de la sécurité publique, 2025).
- La typologie des gangs de rue distingue : bandes de jeunes non organisés, gangs émergents, et gangs majeurs, avec une structure évolutive et une culture de groupe forte, comprenant symboles, règles, et valeurs (Guay, Fredette et Dubois, 2014).
- La relation entre appartenance et adhésion au gang est multidimensionnelle, intégrant activités criminelles, culture, position dans le réseau, et traits psychopathiques, ce qui permet une évaluation plus précise du risque (Guay et al., 2014).
💡 À retenir
Les données épidémiologiques mettent en évidence une augmentation des troubles de santé mentale et une baisse de l’estime de soi chez les jeunes québécois, tout en soulignant la complexité et la diversité des formes de délinquance et de gangs de rue, nécessitant une approche multidimensionnelle pour leur compréhension et prévention.
📖 5. Délinquance juvénile
🔑 Notions clés & Définitions
- Délinquance juvénile : Ensemble des infractions commises par des individus d’âge mineur, dépendant des lois et de leur gravité dans une société donnée (Cloutier et al., 2022).
- Infractions : Violations des lois pénales, dont la gravité varie selon le contexte législatif, notamment entre le Canada et les États-Unis.
- Indice de prévalence : Mesure du taux de criminalité, calculé en rapportant le nombre d’infractions déclarées à la population, exprimé en 100 000 habitants (Ministère de la sécurité publique, 2025).
- Indice de gravité de la criminalité : Évaluation combinée du nombre et de la gravité des infractions, pondérée par la peine moyenne imposée, permettant des comparaisons entre régions (Institut de la statistique du Québec, 2025).
- Gangs de rue : Groupes structurés ou non, d’adolescents ou jeunes adultes, utilisant la violence et l’intimidation pour contrôler des territoires ou activités lucratives, selon Guay, Fredette et Dubois (2014).
- Appartenance vs adhésion : Distinction entre faire partie d’un gang (appartenance) et l’engagement ou l’adhésion aux valeurs et normes du groupe, concept clé pour évaluer le risque de délinquance (Guay et al., 2014).
📝 Points essentiels
- La délinquance juvénile inclut une large gamme de comportements, du vol à la violence, dont la reconnaissance légale dépend du contexte juridique (Cloutier et al., 2022).
- La majorité des infractions juvéniles ne sont pas judiciarisées, car traitées de façon informelle ou par des services sociaux, ce qui complique l’estimation précise des prévalences.
- Un petit pourcentage de jeunes (environ 5%) est responsable de la majorité des actes délinquants, soulignant la concentration de la criminalité chez certains individus (Cloutier et al., 2022).
- La criminalité juvénile connaît une augmentation récente au Québec, avec une hausse de 5,8% du taux global de criminalité en 2022-2023, notamment dans les crimes contre la personne (+6,4%) (Ministère de la sécurité publique, 2025).
- La criminalité chez les adolescents est favorisée par des facteurs liés à leur développement (maturité incomplète, recherche de reconnaissance), leur environnement familial (conflits, faible soutien), social (exclusion, gangs) et scolaire (faible réussite) (Cloutier et al., 2022; Steinberg, 2014).
- La législation encadrant la délinquance juvénile comprend la Loi sur la protection de la jeunesse et la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, qui privilégient la réadaptation et la prévention (Ministère de la Justice du Canada, 2021).
- La typologie des gangs de rue distingue les bandes de jeunes, les gangs émergents et les gangs majeurs, avec des degrés d’organisation et d’implication criminelle croissants (Sécurité publique du Québec, 2016).
- La culture de gang repose sur des symboles, des règles, des valeurs telles que l’honneur, la solidarité, le respect du territoire, et une hiérarchie structurée, influençant fortement la délinquance (Guay et al., 2014).
💡 À retenir
La délinquance juvénile, concentrée chez une minorité de jeunes, est influencée par des facteurs individuels, familiaux, sociaux et environnementaux, et nécessite une approche multidimensionnelle pour sa prévention et sa gestion.
📖 6. Facteurs de risque délinquance
🔑 Notions clés & Définitions
- Facteurs de risque : caractéristiques ou conditions associées à une augmentation de la probabilité qu’un individu adopte un comportement déviant ou délinquant (Centre national de prévention du crime, 2012).
- Modèle transactionnel : approche qui considère les interactions dynamiques entre l’individu et son environnement, où chacun influence l’autre dans le développement de comportements déviants (Sroufe & Rutter, 1984).
- Équifinalité : concept selon lequel différentes trajectoires ou facteurs peuvent conduire à une même conséquence délinquante (Sameroff, 2000).
- Multifinalité : principe selon lequel un même facteur ou condition peut entraîner des résultats variés, y compris la délinquance, selon le contexte ou la personne (Perret et Faure, 2006).
- Culture de gang : univers de significations partagées, incluant symboles, règles, normes, et valeurs, transmis de génération en génération, caractérisant l’appartenance à un groupe déviant (Guay et al., 2014).
- Typologie des gangs : classification des groupes en bandes de jeunes, gangs émergents, et gangs majeurs, selon leur organisation, activités et implication dans la criminalité (Sécurité publique du Québec, 2016).
📝 Points essentiels
- Les facteurs de risque de délinquance sont multiples et interagissent selon une perspective intégrative, notamment via le modèle transactionnel qui souligne l’importance des interactions entre l’individu et son environnement (Sroufe & Rutter, 1984).
- La notion d’équifinalité indique que divers facteurs, comme une faible réussite scolaire ou une famille dysfonctionnelle, peuvent mener à la délinquance, mais que ces trajectoires ne sont pas uniformes. La multifinalité précise qu’un même facteur, tel que l’appartenance à un gang, peut produire des résultats variés selon le contexte individuel et social (Sameroff, 2000; Perret et Faure, 2006).
- La culture de gang se caractérise par des symboles, signes, règles, rituels, et valeurs spécifiques, qui renforcent l’appartenance et la solidarité, tout en favorisant la criminalité (Guay et al., 2014).
- La typologie des gangs distingue les bandes de jeunes, les gangs émergents, et les gangs majeurs, en fonction de leur organisation, de leur implication dans la criminalité, et de leur structure hiérarchique, ce qui influence leur potentiel délinquant (Sécurité publique du Québec, 2016).
- La relation entre appartenance au gang et délinquance est fortement documentée, avec un risque élevé de récidive et d’implication dans des activités criminelles, notamment dans le contexte du crime organisé (Guay et al., 2014).
💡 À retenir
Les facteurs de risque de délinquance sont complexes et interdépendants, et leur compréhension nécessite une approche dynamique et contextuelle, intégrant la culture de groupe, la personnalité, et l’environnement social pour mieux prévenir et intervenir.
📖 7. Cadre législatif
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) : cadre législatif visant à intervenir auprès des enfants et adolescents en situation de danger ou de trouble grave du comportement, notamment par des mesures de protection ou de placement (article 38f).
- Troubles de comportement sérieux : comportements graves ou persistants qui portent atteinte à l’intégrité physique ou psychologique de l’enfant ou d’autrui, et pour lesquels les parents ne prennent pas les mesures nécessaires (article 38f).
- Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) : législation fédérale d’application provinciale encadrant la responsabilité des jeunes de 12 à 17 ans accusés d’infractions criminelles, en privilégiant la réadaptation et la réinsertion sociale (Éducaloi, 2017).
- Principe de vulnérabilité : responsabilité atténuée des adolescents en raison de leur degré de maturité, favorisant des mesures de réhabilitation plutôt que de punition (Ministère de la Justice du Canada, 2021).
- Mesures extrajudiciaires : sanctions alternatives à la procédure judiciaire classique, telles que la réparation communautaire ou les activités de développement personnel, visant à responsabiliser le jeune tout en évitant la judiciarisation (Ministère de la Justice du Canada, 2021).
- Recrutement et structure des gangs (modèle multidimensionnel) : approche évaluant l’appartenance, les activités criminelles, la position dans le réseau et les traits psychopathiques pour déterminer le risque de délinquance et la dangerosité des membres (Guay et al., 2014).
📝 Points essentiels
- La Loi sur la protection de la jeunesse intervient lorsque le comportement de l’enfant ou de l’adolescent menace son intégrité ou celle d’autrui, notamment via des troubles graves de comportement.
- La LSJPA repose sur des principes de responsabilité adaptée à l’âge, de protection du public, et de réinsertion, en privilégiant des mesures éducatives et communautaires plutôt que punitives.
- Avant toute poursuite, le policier peut opter pour différentes démarches : aucune mesure, avertissement, programme de justice alternative ou transmission au DPCP, qui décidera des poursuites ou non.
- Les mesures extrajudiciaires incluent la réparation envers la victime ou la collectivité, et sont privilégiées lors de la première infraction pour leur efficacité dans la responsabilisation.
- La culture de gang se caractérise par des symboles, des règles, des rituels, et des valeurs communes, avec une hiérarchie et une identité forte, souvent évaluée selon un modèle multidimensionnel intégrant activités, culture, réseau et traits psychopathiques.
- La législation reconnaît la complexité des gangs de rue et leur évolution rapide, nécessitant une approche multidimensionnelle pour évaluer le risque et la dangerosité des membres.
💡 À retenir
Le cadre législatif encadre la prise en charge des comportements déviants et criminels des adolescents en privilégiant la réadaptation, la responsabilisation et la prévention, tout en tenant compte de leur vulnérabilité et de la complexité des groupes comme les gangs.
📖 8. Gangs de rue
🔑 Notions clés & Définitions
- Gangs de rue (Guay, Fredette et Dubois, 2014) : regroupement plus ou moins structuré d’adolescents ou de jeunes adultes utilisant la force, l’intimidation et la violence pour obtenir pouvoir, reconnaissance ou contrôler des activités lucratives, dans un contexte antisocial ou criminel.
- Culture de gang (Guay et al., 2014) : univers de significations partagées, comprenant symboles, signes, règles, rituels, normes et valeurs transmis de génération en génération, qui régissent la vie du groupe.
- Appartenance vs adhésion (Guay et al., 2014) : distinction entre faire partie d’un gang (appartenance) et l’engagement profond dans sa culture (adhésion), cette dernière étant variable selon le jeune.
- Typologie des gangs (Sécurité publique du Québec, 2016) : classification en bandes de jeunes, gangs émergents et gangs majeurs, selon leur organisation, activités et implication dans le crime organisé.
- Modèle multidimensionnel (Guay et al., 2014) : approche d’évaluation intégrant activités criminelles, adhésion à la culture, position dans le réseau et traits psychopathiques pour mesurer le risque et l’implication dans un gang.
- Recrues et vétérans (Guay et al., 2014) : membres en début d’engagement ou ayant un statut consolidé, avec des implications différentes dans la dynamique du groupe.
📝 Points essentiels
- La structure des gangs de rue est complexe, évolutive, et difficile d’accès en raison de leur clandestinité, de leur hétérogénéité et de leur rapidité de changement (Descormiers et Morselli, 2011; Guay et al., 2015).
- La typologie distingue :
- Bandes de jeunes : non organisés, activités non toujours lucratives, implication limitée.
- Gangs émergents : impliqués davantage dans le crime, identification territoriale forte, recrues potentielles.
- Gangs majeurs : structurés, dirigés par des adultes, impliqués dans le crime organisé, avec une logique de marché.
- La culture de gang repose sur des symboles (nom, surnoms, couleurs, tatouages), des règles (initiation, vengeance, solidarité), et des valeurs (honneur, respect, silence, mépris de l’autorité) (Guay et al., 2014).
- L’appartenance au gang n’est pas un phénomène dichotomique mais multidimensionnel, intégrant activités, culture, réseau et traits de personnalité, ce qui permet une évaluation plus précise du risque (Guay et al., 2014).
- La participation à des activités criminelles inclut trafic de drogues, proxénétisme, délinquance de groupe, règlements de comptes, avec un lien direct à la criminalité et à la récidive.
💡 À retenir
Les gangs de rue sont des groupes complexes, évolutifs et hétérogènes, dont l’implication dans la criminalité repose sur une culture partagée et une structure multidimensionnelle, nécessitant une évaluation fine pour comprendre leur impact sur la délinquance juvénile.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère / Concept | Psychopathologie développementale | Facteurs de risque | Particularités adolescence | Auteurs clés |
|---|
| Approche théorique | Perspective intégrative (Stroufe & Rutter, 1984) | Modèle transactionnel (Cicchetti, 1984; Sameroff, 2000) | Transition primaire-secondaire | Steinberg (2014) |
| Notions principales | Équifinalité, multifinalité, patrons d’adaptation | Facteurs individuels, familiaux, sociaux, gangs | Tâches développementales (identité, autonomie) | Guay et al. (2014), Sécurité publique du Québec (2016) |
| Définition | Développement dynamique, interaction facteurs | Risques augmentant la probabilité de déviance | Culture de gang, appartenance vs adhésion | Perret & Faure (2006), Israel et al. (2021) |
| Objectif | Comprendre trajectoires et mécanismes | Interaction entre facteurs et environnement | Influence des groupes et culture | Steinberg (2014) |
| Notion clé | Diversité des trajectoires, importance de l’environnement | Typologie des gangs, réseau relationnel | Plasticité et vulnérabilité | Cicchetti (1984), Sroufe & Rutter (1984) |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre équifinalité et multifinalité : le premier concerne plusieurs causes menant à une même issue, le second une cause pouvant mener à diverses issues.
- Surestimer la stabilité des trajectoires psychopathologiques, en oubliant leur caractère dynamique et évolutif.
- Confondre appartenance à un groupe et adhésion active aux valeurs, ce qui influence le risque de délinquance.
- Négliger l’impact des facteurs environnementaux dans le développement de la psychopathologie ou de la délinquance.
- Sous-estimer la complexité des typologies de gangs et leur évolution rapide.
- Confondre les notions de transition et de développement, notamment en adolescent, avec des phases fixes.
- Omettre la distinction entre facteurs de risque individuels (sexe, QI, traits psychopathiques) et contextuels (famille, social).
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de la perspective intégrative en psychopathologie développementale selon Stroufe & Rutter.
- Expliquer le modèle transactionnel et ses implications pour le développement psychopathologique (Cicchetti, Sameroff).
- Définir et différencier équifinalité et multifinalité, avec des exemples.
- Identifier les principaux patrons d’adaptation successifs dans le développement de l’enfant et de l’adolescent.
- Citer les facteurs de risque individuels liés à la délinquance juvénile (ex : sexe, QI, TDAH).
- Décrire l’impact des facteurs familiaux et sociaux sur la délinquance (ex : maltraitance, soutien parental, exclusion).
- Connaître la typologie des gangs (bandes, gangs émergents, gangs majeurs) selon la classification du Québec.
- Expliquer la différence entre appartenance et adhésion dans le contexte de la culture de gang.
- Identifier les éléments constitutifs de la culture de gang (symboles, règles, normes).
- Comprendre la notion de plasticité développementale et ses implications en adolescence.
- Connaître les tâches développementales spécifiques à l’adolescence (affirmation identitaire, autonomie).
- Maîtriser la définition et le rôle des facteurs de risque dans la prévention de la délinquance et des troubles psychopathologiques.
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