Relations internationales : Étude des interactions entre les États, organisations internationales, et autres acteurs dans le cadre de la société mondiale, en s’appuyant sur des écoles de pensée et des outils d’analyse.
Écoles de pensée : Courants théoriques qui proposent des façons de concevoir et d’analyser les relations internationales, en partant de faits pour élaborer des grilles de lecture permettant d’expliquer le comportement des États.
Outils d’analyse : Méthodes ou cadres conceptuels issus des écoles de pensée, permettant d’interpréter les relations internationales, comme la grille de lecture libérale ou réaliste.
Faits : Événements ou comportements observés dans la société internationale, qui servent de base empirique pour élaborer ou critiquer des théories.
Grilles de lecture : Perspectives ou cadres conceptuels issus des écoles de pensée, utilisés pour interpréter et expliquer le comportement des États dans diverses situations.
Comportement des États : Manière dont les États agissent dans la société internationale, influencée par leur nature, leur environnement, et les outils d’analyse issus des différentes écoles.
Les théories des relations internationales, issues d’écoles de pensée, offrent des grilles de lecture structurées pour analyser le comportement des États et leur interaction dans la société mondiale, en se fondant uniquement sur des faits observés.
Libéralisme : Courant de pensée qui s’appuie sur les écrits d’auteurs issus d’autres disciplines pour analyser la société internationale. Il considère que les individus et les États sont capables de progrès si on leur fournit les outils appropriés (source : Auteurs du libéralisme). Il porte un regard optimiste sur la capacité de la société internationale à évoluer positivement.
Auteurs du libéralisme : Personnes ayant contribué à cette pensée en s’inspirant de disciplines autres que les relations internationales, notamment Erasmus, Hugo Grotius, John Locke, Adam Smith, Jeremy Bentham, Abraham Lincoln.
Optimisme : Attitude positive que les libéraux ont envers la société internationale, croyant en la possibilité de progrès et d’amélioration grâce à la coopération et aux institutions.
Interdépendance : Relation de dépendance mutuelle entre États, créée par la coopération institutionnelle, qui réduit l’intérêt à la guerre en rendant celle-ci coûteuse pour tous.
Institutions internationales : Organisations créées pour favoriser la coopération entre États, instaurer des garanties mutuelles, assurer la sécurité et la stabilité dans la société internationale (ex : Société des Nations, ONU).
Société internationale : Ensemble des relations entre États, considérée comme pouvant évoluer vers plus de coopération et de paix grâce à l’interdépendance et aux institutions.
Le libéralisme part du constat que la société internationale est anarchique, sans entité supérieure pour réguler les relations. Il s’appuie sur l’idée que, dans un état de nature, les États et individus ont un dilemme de sécurité, similaire à celui des sociétés internes, où ils acceptent de perdre une partie de leur liberté en échange de la sécurité assurée par un État.
La solution proposée par le libéralisme pour la société internationale est la création d’interdépendances entre États, notamment via des institutions et organisations internationales, pour rendre la guerre moins avantageuse.
Après la Première Guerre mondiale, le libéralisme a été incarné par Woodrow Wilson, qui a prôné la création de la Société des Nations pour instaurer la paix par des alliances ouvertes, la liberté de navigation, la réduction des stocks d’armes, et la mise en place d’une assemblée générale.
Après la Seconde Guerre mondiale, le besoin d’organisations internationales s’est renforcé, avec la création de l’ONU et d’autres communautés économiques régionales, pour promouvoir la paix et l’interdépendance.
Paul-Henri Spaak a développé l’idée de « paix indivisible » : la paix mondiale ne peut exister si un seul pays est en guerre, soulignant l’importance de créer des organisations mondiales et régionales pour assurer une paix durable.
Le libéralisme considère que la coopération, l’interdépendance et la création d’institutions internationales sont essentielles pour assurer la paix et le progrès dans la société internationale, en transformant l’anarchie en un système plus stable et pacifique.
Constat d'anarchie : Selon le réalisme, la société internationale est dépourvue d'une entité supérieure pour réguler les relations entre États, ce qui crée une situation d'absence d'autorité centrale.
Société anarchique : La société internationale, composée principalement d'États souverains, fonctionne sans autorité suprême, ce qui entraîne un cadre d'absence de régulation supérieure.
Cycle de guerre perpétuelle : Approche pessimiste selon laquelle, en raison de la compétition constante entre États pour la puissance et la sécurité, la guerre est inévitable et continue de façon permanente.
Quête de puissance : Motivation fondamentale des États dans le cadre réaliste, visant à augmenter leur puissance pour assurer leur sécurité et leur survie dans un environnement anarchique.
Approche pessimiste : La vision que le réalisme adopte quant à la nature des relations internationales, considérant que la compétition et la guerre sont inévitables en raison de la nature humaine et de la structure du système international.
Le réalisme voit la société internationale comme une structure anarchique où la compétition pour la puissance entraîne un cycle de guerre perpétuelle, adoptant une approche profondément pessimiste quant à la possibilité d'une paix durable.
Néo-réalisme : Courant de pensée apparu dans les années 1970, qui explique les comportements des États par la structure du système international. Selon Waltz, le système est composé d’unités rationnelles qui interagissent selon des régularités, notamment dans un contexte d’anarchie, pour assurer leur survie et leur puissance. Il distingue principalement deux types de systèmes : le système bipolaire et le système multipolaire. La stabilité du système dépend de cette structure.
Système international : Ensemble d’acteurs souverains (principalement des États) qui interagissent selon des régularités comportementales. La structure du système, qu’elle soit bipolaire, multipolaire ou zéropolaire, influence fortement la dynamique des relations internationales.
Équilibre des pouvoirs : Situation dans laquelle plusieurs États ou blocs d’États disposent d’une puissance comparable, empêchant une domination unilatérale. Selon le néo-réalisme, cet équilibre contribue à la stabilité du système international.
Système bipolaire : Configuration du système international caractérisée par deux grandes puissances ou blocs antagonistes (ex : États-Unis et URSS durant la Guerre froide). Ce système est considéré comme le plus stable par Waltz, car chaque puissance a un intérêt à maintenir l’équilibre.
Système multipolaire : Configuration où plusieurs grandes puissances coexistent sans domination claire. Ce système est considéré comme plus instable et plus dangereux, car il favorise les alliances changeantes et le risque de conflit.
Système zéropolaire : Hypothèse d’un système sans puissance dominante ou sans puissance capable d’assurer une stabilité globale. Selon certains, ce système n’a pas encore émergé mais représenterait une configuration où aucune puissance ne contrôle les affaires mondiales.
Le néo-réalisme explique que la configuration structurelle du système international, notamment le type de système (bipolaire, multipolaire ou zéropolaire), détermine la stabilité mondiale, en mettant en avant l’importance de l’équilibre des puissances pour prévenir la guerre.
Courant marxiste (voir section 4) : Analyse la société internationale comme le résultat d’un système capitaliste mondial, où les relations entre classes sociales internes et classes dans la société internationale déterminent la dynamique globale.
Système capitaliste mondial : Organisation économique mondiale basée sur la production de biens et services par des classes sociales, où la bourgeoisie exploite le prolétariat, et cette logique s’étend à l’échelle internationale, façonnant les relations entre États.
Classes sociales : Groupes sociaux différenciés par leur position dans le système de production. En société interne, on distingue le prolétariat (travailleurs), la classe moyenne, et la bourgeoisie (propriétaires). Dans la société internationale, on identifie les États principaux (riches, puissants), les États semi-périphériques, et les États périphériques (pauvres, nombreux).
Exploitation : Mécanisme par lequel la classe dominante (bourgeoisie ou États principaux) tire profit du travail ou des ressources des classes subordonnées (prolétariat ou États périphériques), sans leur rémunération équitable.
Globalisation : Processus d’intégration économique, politique, et sociale à l’échelle mondiale, considéré par les marxistes comme un produit du système capitaliste mondial, soutenu par la compétition entre États principaux.
Système de dépendance : Modèle théorique selon lequel les États périphériques sont exploités par les États centraux, ce qui limite leur développement autonome et maintient leur position subalterne dans le système mondial.
L’approche féministe des relations internationales, inspirée du courant marxiste, met en lumière que la société internationale est structurée par des relations d’exploitation et de dépendance, où la hiérarchie entre États reflète celle des classes sociales dans le système capitaliste mondial.
Approche féministe : Courant qui cherche à analyser la société internationale en mettant en lumière la domination masculine et en proposant de repenser ses structures en intégrant une perspective de genre, afin de réduire la hiérarchie et la violence.
Genre : Catégorie sociale construite socialement, qui attribue des caractéristiques, des rôles et des attentes différentes selon qu’on est considéré comme homme ou femme, influençant la perception et la structuration des relations internationales.
Modèle patriarcal : Organisation sociale hiérarchique où la prise de décision et le pouvoir sont concentrés principalement chez les hommes, reproduisant une domination masculine dans la société internationale.
Caractéristiques attribuées selon le genre : Traits ou qualités que la société associe en fonction du genre, telles que la force, la rationalité, l’indépendance pour le masculin, et la fragilité, l’émotion, le besoin de protection pour le féminin.
Repenser la société internationale : Processus visant à modifier les structures, les codes et les dynamiques actuels en intégrant une perspective de genre, afin d’instaurer moins de violence, de guerre, et de privilégier la diplomatie et des moyens pacifiques.
Pacifisme : Attitude ou courant qui prône la résolution des conflits par la négociation, la diplomatie et des moyens non violents, dans une optique de réduction de la guerre et de la violence dans la société internationale.
Société des Nations : Organisation internationale créée après la Première Guerre mondiale dans le but de maintenir la paix et la sécurité internationales, en favorisant la coopération entre États et la résolution pacifique des différends.
Création après la Première Guerre mondiale : La Société des Nations a été instaurée à la suite du conflit mondial, en réponse à la nécessité d’éviter de nouvelles guerres et de réguler les relations internationales dans un cadre institutionnalisé.
Objectifs de paix et de sécurité : Assurer la stabilité mondiale en prévenant les conflits, en favorisant le dialogue entre nations, en créant des garanties mutuelles et en intervenant pour régler pacifiquement les différends.
Organisation internationale : Structure institutionnelle regroupant des États membres, dotée de mécanismes pour gérer les relations internationales, notamment par des conférences, des assemblées et des commissions spécialisées.
Échec de la SDN : La Société des Nations n’a pas réussi à prévenir certains conflits majeurs, n’a pas disposé d’un pouvoir contraignant, et a vu ses membres se désengager ou violer ses décisions, ce qui a contribué à son incapacité à maintenir la paix.
Leçon pour l'ONU : L’échec de la SDN a permis d’en tirer des enseignements, notamment sur l’importance d’un pouvoir contraignant, d’une autorité reconnue et d’un engagement collectif plus solide, qui ont été intégrés dans la création de l’Organisation des Nations Unies.
La Société des Nations, créée pour garantir la paix après la Première Guerre mondiale, a échoué en raison de ses limitations structurelles, ce qui a permis d’en tirer des leçons pour la construction d’une organisation internationale plus efficace, comme l’ONU.
Échec de la SDN : La Société des Nations, organisation créée après la Première Guerre mondiale pour maintenir la paix, n’a pas réussi à prévenir les conflits majeurs, notamment l’agression de l’Italie en Éthiopie ou l’expansion de l’Allemagne nazie, ce qui révèle ses limites.
Limitations de l'organisation : La SDN manquait d’un pouvoir contraignant, notamment d’un mécanisme d’intervention obligatoire et d’une autorité capable d’imposer des sanctions ou d’intervenir militairement, ce qui affaiblissait son efficacité.
Conflits non résolus : La SDN n’a pas su régler durablement certains différends internationaux, laissant persister ou s’aggraver des tensions, comme celles en Asie ou en Europe, favorisant la montée des tensions menant à la Seconde Guerre mondiale.
Absence d’autorité contraignante : La SDN ne disposait pas d’un pouvoir d’obligation ou de coercition pour faire respecter ses décisions, dépendant du consensus des États membres, ce qui limitait sa capacité d’action face aux agressions.
Leçons tirées pour l’ONU : La faiblesse de la SDN a montré la nécessité d’une organisation internationale dotée d’un pouvoir contraignant, d’un mécanisme d’intervention et d’une autorité supérieure, éléments qui seront intégrés dans la création de l’ONU.
Impact sur la paix mondiale : L’incapacité de la SDN à prévenir la montée des tensions et des conflits a contribué à la dégradation de la paix mondiale, menant à la Seconde Guerre mondiale et révélant ses limites en tant qu’organisation de maintien de la paix.
L’échec de la SDN, dû à son manque d’autorité contraignante et à ses limitations organisationnelles, a montré qu’une organisation internationale doit disposer de moyens coercitifs pour assurer la paix, ce qui a influencé la conception de l’ONU.
Relations internationales après 1945 : Période marquée par la fin de la Seconde Guerre mondiale, caractérisée par la structuration du système mondial autour de nouvelles puissances et enjeux, avec la création d’organisations internationales et la montée de nouveaux défis mondiaux.
Guerre froide : Conflit idéologique, politique et militaire non direct entre les deux superpuissances de l’époque, les États-Unis et l’URSS, s’étendant de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la fin des années 1980. Elle se manifeste par une compétition pour la domination mondiale, une course aux armements, et des conflits par procuration.
Organisation des Nations Unies (ONU) : Organisation internationale créée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité internationales, promouvoir la coopération entre États, et répondre aux enjeux mondiaux. Elle repose sur des institutions telles que l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité.
Nouveaux enjeux mondiaux : Défis contemporains qui transcendent les États, tels que le changement climatique, la mondialisation, la sécurité sanitaire, la migration, la pauvreté, et la gestion des ressources naturelles, nécessitant une coopération globale.
Multipolarité : Configuration du système international caractérisée par la présence de plusieurs grandes puissances ou pôles d’influence (ex : États-Unis, Chine, Union européenne, Russie), plutôt qu’un système bipolaire ou unipolaire. Elle implique une distribution plus équilibrée du pouvoir mondial.
Interdépendance : Situation où les États et acteurs mondiaux sont liés par des échanges économiques, politiques, sociaux et environnementaux, rendant leur destin mutuellement dépendant. Elle favorise la coopération mais peut aussi accentuer la vulnérabilité face aux crises globales.
Après 1945, le système international se transforme sous l’effet de la bipolarisation, de la création de l’ONU et de l’émergence de nouveaux enjeux mondiaux, favorisant une configuration multipolaire et une interdépendance accrue entre acteurs.
| Date | Événement |
|---|---|
| Non mentionné | Création de la Société des Nations (SDN) |
| Non mentionné | Échec de la SDN |
| Non mentionné | Création de l'ONU après 1945 |
| Thème | Notions clés | Auteurs / Concepts | Objectifs principaux |
|---|---|---|---|
| Libéralisme | Interdépendance, institutions internationales, progrès, coopération | Erasmus, Hugo Grotius, John Locke, Adam Smith, Jeremy Bentham, Abraham Lincoln | Favoriser la paix et la stabilité par la coopération et la création d'organisations internationales |
| Réalisme | Anarchie, quête de puissance, cycle de guerre perpétuelle, sécurité | Morgenthau | Expliquer la compétition constante entre États dans un cadre pessimiste |
| Courant marxiste dépendance | Structure du système mondial, dépendance, domination économique | Non mentionné précisément | Analyser la dépendance des pays du Sud vis-à-vis des pays du Nord, critique du système capitaliste mondial |
Teste tes connaissances sur Théories et évolutions des relations internationales avec 9 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. En quelle année la Société des Nations a-t-elle été créée ?
2. En quoi la Société des Nations et l'Organisation des Nations Unies diffèrent-elles dans leur conception de l'institutionnalisation de la paix avant 1945 ?
Mémorisez les concepts clés de Théories et évolutions des relations internationales avec 18 flashcards interactives.
Relations internationales — définition ?
Étude des interactions entre acteurs mondiaux.
Écoles de pensée — rôle ?
Proposent des cadres d’analyse des comportements étatiques.
Outils d’analyse — exemple ?
Grilles de lecture comme le libéralisme ou le réalisme.
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