Fiche de révision : Les Fondements de la Filiation et de l'Adoption

Plan du Cours

  1. Filiation droit civil
  2. Modes d'établissement
  3. Adoption simple/plénière
  4. Procédure d'adoption
  5. Rôle du notaire
  6. Consentement à adoption
  7. Formalités postérieures
  8. Effets de l'adoption
  9. Conditions d'adoptabilité
  10. Droits et obligations

1. Filiation droit civil

Notions clés & Définitions

  • Filiation : lien de droit qui unit un enfant à ses parents, tant sur le plan maternel que paternel, créant une relation juridique de filiation entre eux.
  • Filiation ordinaire : filiation biologique établie par la naissance d’un enfant d’un ou deux parents, selon la filiation maternelle ou paternelle.
  • Filiation par AMP : filiation créée suite à une Assistance Médicale à la Procréation, permettant d’établir un lien de filiation lorsque la conception a été assistée médicalement.
  • Filiation adoptive : lien de filiation volontaire créé par adoption, pouvant être simple ou plénière, entre un adoptant et un adopté.
  • Adoption : création volontaire d’un lien de filiation entre adoptant et adopté, par jugement, selon les articles 343 à 370-5 du Code civil, permettant à l’adopté d’acquérir une filiation juridique distincte ou substituée à celle d’origine.

Point à retenir

La filiation, qu’elle soit ordinaire, par AMP ou adoptive, constitue le socle juridique permettant de définir les droits et obligations entre l’enfant et ses parents.

2. Modes d'établissement

Notions clés & Définitions

  • Filiation ordinaire : lien de droit biologique entre un enfant et ses parents, établi par la naissance ou par reconnaissance (voir section 1).
  • Filiation adoptive : lien de filiation créé volontairement par jugement, permettant à une personne d’établir une nouvelle filiation avec un enfant qui n’est pas biologiquement le sien (voir section 1).
  • Adoption simple : mode d’établissement de filiation où l’adopté conserve ses liens avec sa famille d’origine, coexistence de deux filiations, droits et obligations partagés (article 344 du Code civil).
  • Adoption plénière : mode d’établissement de filiation où la filiation d’origine est totalement substituée par celle de l’adoptant, avec effets irrévocables et droits équivalents à ceux d’un enfant biologique (article 347 du Code civil).
  • Adoption intrafamiliale : adoption réalisée au sein d’un même cercle familial, notamment entre membres du couple ou de la famille élargie, sans intervention extérieure (voir contenu source).
  • Adoption internationale : adoption d’un enfant étranger par des adoptants français ou résidant en France, soumise à des règles administratives spécifiques et à la convention de La Haye (voir contenu source).

Points essentiels

  • La filiation peut être établie par filiation ordinaire, par AMP ou par adoption (voir section 1).
  • La loi n°66-500 du 11 juillet 1966 distingue deux formes d’adoption : adoption simple et adoption plénière (article 344 et suivants du Code civil).
  • La filiation adoptive est créée par jugement, permettant de faire disparaître ou de coexister avec la filiation biologique selon le type d’adoption.
  • La différence majeure entre adoption simple et plénière réside dans la substitution ou la coexistence des filiations, ainsi que dans la nature de leur irrévocabilité (articles 347 et 355 du Code civil).
  • La adoption intrafamiliale concerne notamment l’adoption de l’enfant du conjoint ou du partenaire, souvent sans agrément ni procédure longue (contenu source).
  • La adoption internationale implique des démarches administratives spécifiques, notamment l’obtention d’un agrément et le respect des conventions internationales (contenu source).

À retenir

Les modes d’établissement de la filiation, notamment l’adoption simple et plénière, se distinguent par leur effet sur la filiation d’origine et leur caractère irrévocable ou non, permettant d’adapter la filiation aux situations familiales variées.

3. Adoption simple/plénière

Notions clés & Définitions

  • Adoption plénière : AUTEUR (2016) : création d’un lien de filiation qui se substitue totalement à la filiation d’origine, conférant à l’adopté les mêmes droits et obligations que les autres enfants de l’adoptant, sans conserver aucun lien avec sa famille biologique.
  • Adoption simple : AUTEUR (2016) : création d’un nouveau lien de filiation entre l’adopté et l’adoptant, tout en conservant ses liens avec sa famille d’origine, permettant la coexistence de deux filiations distinctes.
  • Filiation : lien de droit unissant un enfant à ses parents, qui peut être biologique ou adoptif (voir section 1).
  • Filiation d’origine : lien de filiation initiale de l’enfant avec sa famille biologique, qui peut être maintenu ou totalement remplacé selon le type d’adoption.
  • Régime juridique : ensemble des règles qui encadrent chaque type d’adoption, notamment en termes de droits, obligations, et effets juridiques (voir section 4).
  • Consentement à adoption : acte par lequel la personne majeure ou le représentant légal de l’enfant donne son accord éclairé pour l’adoption, recueilli par un notaire dans le cadre de la procédure (voir section 6).

Points essentiels

  • La loi n°66-500 du 11 juillet 1966 distingue deux formes d’adoption : plénière et simple.
  • L’adoption plénière entraîne la substitution totale de la filiation d’origine, supprimant tout lien avec la famille biologique, et confère à l’adopté une filiation identique à celle d’un enfant biologique, avec tous les droits et obligations (voir AUTEUR (2016)).
  • L’adoption simple permet la coexistence de deux filiations, celle de la famille biologique et celle de l’adoptant, avec des droits et obligations partagés, notamment en matière successorale et d’autorité parentale (voir AUTEUR (2016)).
  • La réforme de 2022 a renforcé le statut des pupilles de l’État, assoupli les conditions d’adoption plénière, et précisé le régime juridique de chaque type d’adoption, notamment dans le cadre de l’adoption de l’enfant de l’autre membre du couple.
  • La procédure implique un jugement prononcé par le juge aux affaires familiales, après vérification du respect des conditions légales et de l’intérêt supérieur de l’enfant.
  • Le notaire intervient principalement pour recueillir le consentement dans un acte authentique, garantissant la liberté et la connaissance éclairée des parties (voir AUTEUR (2016)).

À retenir

L’adoption plénière supprime totalement la filiation d’origine, tandis que l’adoption simple permet la coexistence de deux filiations, chacune étant régie par un régime juridique spécifique.

4. Procédure d'adoption

Notions clés & Définitions

  • Procédure judiciaire gracieuse : procédure initiée par une requête déposée par le requérant, sans litige préalable, permettant au juge aux affaires familiales de statuer sur l’adoption en contrôlant la conformité des conditions légales (article 25 du Code de procédure civile). (source : cours)

  • Dépôt de requête : acte par lequel le requérant soumet sa demande d’adoption au tribunal judiciaire, soit par formulaire en ligne, soit par requête rédigée par un avocat, adressée au procureur de la République ou déposée au greffe (article 1166 du Code de procédure civile). (source : cours)

  • Rôle du juge aux affaires familiales : il examine la requête, vérifie la conformité des conditions légales, l’intérêt de l’enfant, l’absence d’effets compromettant la vie familiale, et prononce le jugement d’adoption, notamment en ordonnant la transcription sur les registres de l’état civil (articles 354 et suivants du Code civil). (source : cours)

  • Différenciation procédure administrative et judiciaire : la procédure administrative, notamment l’agrément délivré par le président du Conseil départemental, est préalable à l’adoption et conditionne la procédure judiciaire, qui aboutit au prononcé du jugement d’adoption par le tribunal judiciaire. La procédure judiciaire est gracieuse, sans litige, et contrôlée par le juge (articles L221-1 et suivants du Code de l’action sociale et des familles). (source : cours)

  • Rôle du notaire dans la procédure : il recueille le consentement à adoption sous forme authentique, informe les parties sur les conséquences de l’adoption, rédige l’acte de consentement, et transmet une copie à l’avocat ou au tribunal (article 348-3 du Code civil). (source : cours)

5. Rôle du notaire

Notions clés & Définitions

Recueil du consentement à adoption | Acte authentique par lequel le notaire recueille la volonté libre et éclairée des parties (adoptant, adoptés, représentants légaux) de procéder à l’adoption, conformément à l’article 348-3 du Code civil. | AUTEUR (date) : formalité essentielle pour garantir la légalité de l’adoption.
Ouverture et constitution du dossier de consentement à adoption | Processus par lequel le notaire rassemble toutes les pièces justificatives (identification, capacité, situation matrimoniale) et formalise le dossier nécessaire à l’intervention notariale, afin d’assurer la conformité et la légalité de la procédure. |
Analyse du dossier et devoir de conseil du notaire | Examen approfondi des pièces et de la situation des parties par le notaire, qui doit également informer et conseiller sur les conséquences juridiques, notamment la rétractation ou la révocation du consentement, conformément à l’article 1165 du NCPC. | AUTEUR (date) : rôle de vérification et d’information pour sécuriser la procédure.
Rédaction de l’acte de consentement à adoption | Rédaction par le notaire de l’acte authentique constatant le consentement éclairé des parties, en intégrant les clauses pertinentes selon la situation spécifique, notamment en cas de rétractation ou de révo­cation. |
Collaboration avec avocats et juge aux affaires familiales | Travail en équipe pour assurer la conformité juridique, notamment en déposant la requête en adoption, en préparant le dossier, et en participant à la procédure judiciaire, sous la supervision du juge aux affaires familiales. |

6. Consentement à adoption

Notions clés & Définitions

Consentement à adoption : Accord volontaire et éclairé donné par les parties concernées (adoptant, adoptés, représentants légaux) pour permettre la création d’un lien de filiation par adoption, essentiel pour la validité de la procédure (article 348-3 du Code civil).
Portée du consentement : La manifestation de volonté qui doit être libre, éclairée, et sans contrepartie, condition sine qua non pour que l’adoption soit valable. La rétractation est possible dans un délai légal, mais le consentement devient irrévocable après ce délai (article 1165 du NCPC).
Preuve du consentement : Le consentement doit être recueilli par acte authentique, notamment devant un notaire, permettant de garantir la liberté et l’éclairage des parties. La loi impose que cet acte soit formalisé pour assurer sa validité et sa preuve ultérieure.
Rétractation et irrévocabilité du consentement : La personne ayant donné son consentement peut se rétracter dans un délai de 2 mois à compter de la signature, sauf exceptions (article 1165 du NCPC). Passé ce délai, le consentement devient irrévocable, sauf cas de révocation judiciaire ou de fraude.
Consentement des parents : Nécessaire pour les mineurs, il doit être donné par les représentants légaux ou le conseil de famille, après avoir été informés des conséquences de l’adoption. La loi prévoit aussi le consentement du conjoint de l’adoptant ou de l’adoptée, selon le cas.
Conseil de famille : Instance consultative qui peut intervenir pour donner un avis ou consentir à l’adoption, notamment lorsque les parties sont sous tutelle ou curatelle, ou en cas de vulnérabilité.

Points essentiels

  • Le consentement à adoption doit être donné de manière libre, éclairée et sans contrepartie, conformément à l’article 348-3 du Code civil.
  • La preuve du consentement est assurée par un acte notarié, garantissant la conformité aux conditions légales et la sincérité de la manifestation de volonté.
  • La loi prévoit un délai de rétractation de 2 mois après la signature du consentement, permettant à la partie de revenir sur sa décision sans pénalité, sauf exceptions (article 1165 du NCPC).
  • Le consentement des parents ou représentants légaux est obligatoire pour les mineurs, et doit être recueilli dans le respect des droits de l’enfant et de la famille.
  • Le rôle du notaire est central : il informe les parties sur les implications de l’adoption, recueille leur consentement dans un acte authentique, et veille à la conformité de la procédure.
  • La rétractation du consentement doit être constatée par acte notarié ou par une déclaration écrite, et le délai de 2 mois doit être respecté pour garantir la validité de la procédure.
  • La portée du consentement est irrévocable après le délai de rétractation, sauf en cas de fraude ou de vice du consentement, conformément à la jurisprudence (article 1165 du NCPC).

À retenir

Le consentement à adoption, recueilli par acte authentique, est la pierre angulaire de la procédure, garantissant la liberté et l’éclairage des parties, tout en étant soumis à un délai de rétractation pour assurer la sécurité juridique de l’acte.

7. Formalités postérieures

Notions clés & Définitions

  • Mention marginale sur l’acte de naissance : Inscription en marge de l’acte de naissance original de l’enfant adopté, indiquant l’adoption, permettant d’actualiser la filiation sans modifier l’acte initial (article 355 du Code civil).

  • Enregistrement sur registre de l’état civil : Opération administrative consistant à transcrire le jugement d’adoption dans les registres de l’état civil, rendant officielle la nouvelle filiation (article 354 du Code civil).

  • Notification et publicité de l’adoption : Formalités visant à informer les tiers et à rendre l’adoption opposable, notamment par la transcription du jugement sur les registres et la mention en marge de l’acte de naissance, assurant la publicité légale de la nouvelle filiation (article 354-1 et 355 du Code civil).

Points essentiels

  • La mention marginale sur l’acte de naissance est obligatoire pour l’adoption simple, permettant de conserver la filiation d’origine tout en inscrivant la nouvelle filiation. Elle doit être effectuée dans les 15 jours suivant la transcription du jugement (article 355 du Code civil).

  • L’enregistrement sur registre de l’état civil concerne principalement l’adoption plénière, où le jugement remplace l’acte de naissance, qui est annulé, et la transcription enregistre la nouvelle filiation dans les registres. La transcription doit intervenir dans les 15 jours suivant la décision (article 354 du Code civil).

  • La publicité de l’adoption, par la transcription et la mention en marge, garantit la force exécutoire du jugement et la reconnaissance légale de la filiation adoptive. Elle permet aussi la protection des droits de l’enfant et de l’adoptant, en rendant l’adoption opposable aux tiers (articles 354-1 et 355 du Code civil).

  • La transcription du jugement d’adoption remplace ou modifie l’acte de naissance selon le type d’adoption, avec une distinction claire entre adoption plénière (annulation de l’acte initial) et adoption simple (mention en marge).

À retenir

Les formalités postérieures, notamment l’enregistrement et la mention marginale, assurent la publicité et la reconnaissance légale de l’adoption, garantissant la sécurité juridique de la filiation adoptive.

8. Effets de l'adoption

Notions clés & Définitions

  • Effets de l’adoption plénière : Selon LOI n°66-500 du 11 juillet 1966, cette adoption entraîne une substitution totale de filiation, supprimant tout lien avec la famille d’origine. L’adopté acquiert une filiation qui se substitue entièrement à celle d’origine, avec des droits et obligations complets, notamment en matière successorale et d’autorité parentale.
  • Effets de l’adoption simple : Conformément à l’article 344 du Code civil, cette adoption permet la coexistence de deux filiations, celle de l’adopté avec ses parents biologiques et avec ses adoptants. Elle confère des droits et obligations à l’adopté envers ses deux familles, notamment en matière d’obligations alimentaires et de vocation successorale.
  • Vocation successorale de l’adopté : La capacité de l’adopté à hériter, qui diffère selon le type d’adoption. En adoption plénière, l’adopté hérite comme un enfant légitime, tandis qu’en adoption simple, il conserve ses droits successoraux avec sa famille d’origine.
  • Effets sur l’autorité parentale : L’adoption plénière entraîne une extinction de l’autorité parentale exercée par les parents biologiques, remplacée par celle des adoptants. En adoption simple, l’autorité parentale est maintenue avec la famille d’origine, tout en étant exercée par les adoptants.

Points essentiels

  • L’adoption plénière (LOI n°66-500, 1966) crée un lien de filiation unique, substituant totalement la filiation d’origine par celle de l’adoptant, avec effets irrévocables et une extinction de la filiation précédente. Elle entraîne la transcription du jugement sur les registres de l’état civil, annulant l’acte de naissance initial (articles 354 et 355 du Code civil).
  • L’adoption simple (article 344 du Code civil) permet la coexistence de deux filiations, conservant les liens avec la famille biologique tout en créant une nouvelle filiation avec l’adoptant. Elle n’entraîne pas la suppression de la filiation d’origine, et l’adopté conserve ses droits successoraux avec sa famille biologique.
  • La vocation successorale de l’adopté dépend du type d’adoption : en plénière, il hérite comme un enfant légitime, tandis qu’en simple, il conserve ses droits avec ses proches biologiques (voir section 10).
  • Sur l’effet sur l’autorité parentale, en adoption plénière, celle-ci est exercée exclusivement par les adoptants, la filiation d’origine étant éteinte. En adoption simple, l’autorité parentale est exercée conjointement avec la famille d’origine, sans extinction de celle-ci (voir section 10).

À retenir

L’adoption plénière établit une filiation complète et irrévocable, supprimant tout lien avec la famille d’origine, tandis que l’adoption simple permet la coexistence de deux filiations, avec des effets plus limités sur la filiation et l’autorité parentale.

9. Conditions d'adoptabilité

Notions clés & Définitions

  • Mineurs : Enfants de moins de 18 ans, susceptibles d’être adoptés selon l’article 344 du Code civil, sous réserve de leur consentement si âgés de plus de 13 ans.
  • Pupilles de l’État : Enfants mineurs confiés aux services du département après la perte ou l’abandon de leur famille, conformément à l’article 381-1 du Code civil, qui peuvent faire l’objet d’une adoption.
  • Agrément : Procédure administrative permettant d’évaluer la capacité et la motivation des futurs adoptants, délivrée par le président du Conseil départemental de l’aide sociale à l’enfance, selon l’article L 221-1 du Code de l’action sociale et des familles (délai de 9 mois, validité 5 ans).
  • Conditions liées à l’adopté : L’adopté doit être un pupille de l’État ou un enfant délaissé, ou un enfant étranger non lié au conjoint de l’adoptant, conformément à l’article 344 du Code civil.
  • Conditions liées à l’adoptant : Capacité de répondre aux besoins de l’enfant, différence d’âge maximale de 50 ans avec l’enfant, et préparation spécifique à l’adoption, conformément à l’article 345 du Code civil.
  • Exceptions au besoin d’agrément : Adoption de l’enfant du conjoint ou du partenaire jusqu’au 6e degré de parenté, ou lorsque des liens affectifs justifient la mesure, sans nécessité d’agrément (art. L225-2-2 du Code de l’action sociale et des familles).

Points essentiels

  • La capacité d’adopter est conditionnée par la situation juridique et familiale des adoptants, notamment leur aptitude à satisfaire aux besoins fondamentaux de l’enfant (capacité physique, intellectuelle, sociale et affective).
  • La loi n°2016-297 du 14 mars 2016 et la loi 2022-219 du 21 février 2022 ont renforcé la sécurisation des parcours d’adoption, notamment en facilitant l’adoption des enfants en difficulté et en simplifiant les démarches pour les parents adoptants.
  • La condition d’âge maximale de 50 ans entre l’adoptant et l’enfant est dérogatoire pour certains motifs justifiés.
  • L’agrément doit être renouvelé tous les 5 ans, après une évaluation sociale et psychologique, et peut être refusé si les conditions ne sont pas remplies (art. L 221-1 du Code de l’action sociale et des familles).
  • L’adoption de l’enfant du conjoint ou du partenaire ne nécessite ni agrément ni placement en vue de l’adoption, ce qui facilite ces démarches dans le cadre des familles recomposées.
  • La procédure d’adoption doit respecter le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, en tenant compte de ses liens familiaux et de sa situation personnelle.

À retenir

Les conditions d’adoptabilité encadrent strictement qui peut être adopté, en privilégiant l’intérêt de l’enfant, tout en permettant des exceptions pour certaines situations familiales ou affectives. La procédure d’agrément constitue une étape clé pour garantir la capacité et la motivation des futurs adoptants.

10. Droits et obligations

Notions clés & Définitions

  • Droits et obligations des adoptants et adoptés : Ensemble des droits (ex : droit à l’éducation, à la protection, à l’héritage) et obligations (ex : obligation alimentaire, devoirs de soin) qui lient l’adoptant et l’adopté, notamment après l’adoption (voir section 8).
  • Obligation alimentaire : Devoir légal de fournir à une personne les moyens de subsistance, d’entretien et d’éducation, notamment entre parents et enfants ou dans le cadre de l’adoption (voir section 8).
  • Autorité parentale : Ensemble des droits et devoirs que la loi confère aux parents pour assurer l’éducation, la surveillance et la protection de l’enfant, ainsi que la gestion de ses biens (voir section 8).
  • Lien de parenté et ses conséquences juridiques : Relation de droit entre membres d’une famille, qui entraîne des droits (héritage, obligation alimentaire) et devoirs (respect, devoir de secours) selon la filiation (voir section 8).
  • Droits successoraux : Droits liés à la transmission du patrimoine d’une personne à ses héritiers, modifiés par l’adoption, notamment par la substitution totale ou partielle de filiation (voir section 8).
  • Effets sur la famille d’origine : Impact de l’adoption sur les liens avec la famille biologique, notamment la suppression ou la conservation de certains droits et obligations, ainsi que la modification du lien de filiation (voir section 8).

Points essentiels

  • La loi prévoit que l’adoption entraîne la création de nouveaux droits et obligations pour l’adoptant et l’adopté, notamment en matière d’obligation alimentaire et d’autorité parentale, qui deviennent des devoirs réciproques (voir section 8).
  • L’obligation alimentaire, en particulier, est une obligation fondamentale qui subsiste souvent même après l’adoption, permettant notamment à l’adopté de bénéficier d’un droit à l’entretien et à l’éducation (voir section 8).
  • L’autorité parentale confère à l’adoptant le pouvoir d’éduquer, de surveiller et de prendre soin de l’enfant, tout en étant responsable de ses biens (voir section 8).
  • La modification du lien de parenté par l’adoption a des conséquences directes sur les droits successoraux, notamment la substitution de la filiation d’origine par celle de l’adoptant, ce qui modifie la vocation successorale de l’adopté (voir section 8).
  • La famille d’origine peut conserver certains droits ou obligations selon le type d’adoption (simple ou plénière), mais en général, l’adoption plénière entraîne la rupture totale avec la famille d’origine, tandis que l’adoption simple permet la coexistence des filiations (voir section 8).
  • La réciprocité des droits et obligations est essentielle pour assurer la protection juridique de l’enfant adopté et pour garantir la stabilité de sa situation familiale.

À retenir

L’adoption modifie profondément les droits et obligations entre l’adoptant et l’adopté, notamment en ce qui concerne l’obligation alimentaire, l’autorité parentale et les droits successoraux, tout en ayant des effets significatifs sur la famille d’origine.

Tableaux de Synthèse

CritèreAdoption simpleAdoption plénièreAuteur / Référence
Substitution de filiationNon, coexistence avec filiation d’origineOui, substitution totaleArticle 344 et 347 du Code civil
Effets sur filiation d’origineMaintien des liens avec la famille biologiqueSuppression totale des liens avec la famille biologiqueArticle 347 du Code civil
IrrévocabilitéNon, peut être révoquée sous conditionsOui, irrévocableArticle 355 du Code civil
Droits et obligationsPartagés entre famille biologique et adoptiveExclusifs à la famille adoptiveAuteur (2016)
Coexistence de filiationsOuiNonAuteur (2016)

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre adoption simple et plénière en ce qui concerne la substitution ou la coexistence de filiations.
  2. Croire que l’adoption plénière peut être révoquée : elle est irrévocable.
  3. Oublier que l’adoption simple permet la coexistence de deux filiations, notamment pour des raisons successorales.
  4. Confondre la procédure judiciaire d’adoption avec la procédure d’agrément administrative.
  5. Négliger le rôle du notaire dans la formalisation du consentement à l’adoption.
  6. Confondre adoption intrafamiliale et adoption internationale.
  7. Omettre que la filiation adoptive peut être créée par jugement ou par accord à l’amiable dans certains cas (ex : adoption par un conjoint).

Checklist Examen

  • Connaître la définition de la filiation selon le Code civil.
  • Maîtriser la différence entre filiation ordinaire, AMP, et adoptive.
  • Connaître les articles du Code civil relatifs à l’adoption (articles 343 à 370-5).
  • Savoir distinguer adoption simple et plénière, notamment leurs effets juridiques.
  • Comprendre la procédure judiciaire d’adoption : rôle du juge, requête, transcription.
  • Identifier le rôle du notaire dans la procédure d’adoption.
  • Connaître les conditions d’adoptabilité (âge, consentement, capacité).
  • Maîtriser les effets de l’adoption sur la filiation d’origine.
  • Connaître les formalités postérieures à l’adoption (transcription, mention sur l’acte de naissance).
  • Comprendre le rôle et la procédure d’obtention de l’agrément.
  • Connaître la procédure pour l’adoption internationale et ses spécificités.
  • Savoir que la réforme de 2022 a renforcé le cadre juridique de l’adoption, notamment pour les pupilles de l’État.

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Filiation — définition ?

Lien juridique entre enfant et parent.

Filiation ordinaire — origine ?

Naissance ou reconnaissance biologique.

Filiation par AMP — création ?

Suite à une assistance médicale à la procréation.

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