📋 Plan du Cours
- Modèle de Mirrlees
- Elasticités de l'offre
- Taux marginal optimal
- Taux linéaire vs non linéaire
- Effets de la réforme fiscale
- Taux pour revenus élevés
- Réactions comportementales
- Migration et fiscalité
- Elasticité de migration
- Effets de mobilité sur la progressivité
📖 1. Modèle de Mirrlees
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle simple sans réponse comportementale : Modèle où l’individu ne modifie pas son comportement face à la fiscalité, avec une utilité qui dépend uniquement du revenu après impôt, sans ajustements stratégiques (voir limite du modèle simple).
- Utilité strictement croissante et concave : Fonction d’utilité U(c) qui augmente avec le revenu c, mais à un rythme décroissant, reflétant une aversion pour l’inégalité et une préférence pour la redistribution (voir modèle simple).
- Fonction utilitarienne de bien-être W : Expression W = ∫ U(z − T(z))h(z)dz, représentant le bien-être social total, où T(z) est l’impôt sur le revenu z, et h(z) la densité de la distribution des revenus.
- Condition de premier ordre U'(z − T(z)) = λ : Condition optimale indiquant que le marginal de l’utilité après impôt est égal pour tous les individus, impliquant que z − T(z) est constant, ce qui mène à un taux marginal d’imposition de 100%.
- Limites du modèle simple sans réponse comportementale : Hypothèse irréaliste que z est exogène et que l’impôt n’affecte pas le comportement, ce qui conduit à une redistribution totale (taux marginal de 100%) et à une uniformisation du revenu après impôt, limitant la validité pratique du modèle.
📝 Points essentiels
- Le modèle de Mirrlees (1971) établit une relation entre la fonction d’utilité, la distribution des revenus, et la politique fiscale optimale, en supposant une utilité croissante et concave, sans réponse comportementale.
- La fonction utilitaire W = ∫ U(z − T(z))h(z)dz est maximisée sous contrainte budgétaire ∫ T(z)h(z)dz ≥ E, avec T(z) la fonction d’impôt.
- La condition de premier ordre U'(z − T(z)) = λ implique que z − T(z) est constant, ce qui entraîne un taux marginal d’imposition de 100%, uniformisant le revenu après impôt.
- La limite majeure est que ce modèle ne prend pas en compte la réaction des agents à la fiscalité, rendant ses conclusions peu réalistes pour la politique fiscale pratique.
- La concavité de la fonction de bien-être social G(.) (voir section 4) traduit une préférence pour la redistribution, mais complique la détermination explicite des taux d’imposition.
💡 À retenir
Le modèle de Mirrlees propose une approche théorique d’imposition optimale basée sur une utilité décroissante et une distribution de revenus, mais ses hypothèses simplificatrices, notamment l’absence de réponse comportementale, limitent son application pratique.
📖 2. Elasticités de l'offre
🔑 Notions clés & Définitions
- Élasticité de l’offre de travail : Mesure de la sensibilité de la quantité d’offre de travail (l) à une variation du revenu avant impôt (z). Elle indique comment l’offre de travail réagit face à une modification du revenu ou du taux d’imposition.
- Offre de travail Marshallienne : Approche où l’offre de travail est analysée en fonction du revenu net (après impôt) et du prix du travail, en considérant que la décision de travailler dépend principalement du revenu disponible.
- Offre de travail Hicksienne : Approche où l’offre de travail est étudiée en fonction du revenu de substitution, c’est-à-dire la réaction à un changement de prix relatif du travail par rapport à d’autres biens, en maintenant le niveau de satisfaction constant.
- Lien entre revenu avant impôt z et offre de travail l : Relation qui exprime comment l’offre de travail (l) varie en fonction du revenu brut (z), notamment via la fonction d’élasticité, permettant de reformuler le problème de Mirrlees en intégrant la sensibilité de l’offre aux changements de revenu ou de taux d’imposition.
- Utilisation des élasticités pour reformuler le problème de Mirrlees : Approche qui consiste à exprimer la réponse de l’offre de travail en termes d’élasticités, afin de simplifier et rendre plus empirique la détermination des taux d’imposition optimaux, en reliant la variation de l’offre à celle du revenu ou du taux marginal d’imposition.
📝 Points essentiels
- L’élasticité de l’offre de travail est cruciale pour comprendre comment les agents réagissent aux changements de fiscalité, notamment dans le cadre du modèle de Mirrlees. Elle permet de quantifier la réaction de l’offre face à une variation du revenu avant impôt (z) ou du taux d’imposition.
- La distinction entre offre Marshallienne et Hicksienne reflète deux perspectives différentes : la première se concentre sur le revenu net et le prix du travail, la seconde sur le revenu de substitution et la réaction à la variation du prix relatif du travail.
- La relation entre le revenu avant impôt (z) et l’offre de travail (l) peut s’écrire en termes d’élasticités, facilitant ainsi la reformulation du problème de maximisation du bien-être social en intégrant la sensibilité de l’offre.
- La reformulation du problème de Mirrlees via les élasticités permet d’obtenir des résultats plus empiriques et pratiques, en utilisant des objets de premier ordre et en assurant la robustesse des conclusions face à diverses hypothèses.
- AUTEUR (date) : La démarche d’utiliser les élasticités pour reformuler le problème de Mirrlees a été développée notamment par Saez (2001), qui montre comment ces objets peuvent guider la conception optimale des taux d’imposition.
💡 À retenir
L’élasticité de l’offre de travail, qu’elle soit Marshallienne ou Hicksienne, est essentielle pour modéliser la réaction des agents face à la fiscalité et pour reformuler le problème d’optimalité en intégrant la sensibilité de l’offre, rendant ainsi la théorie plus empirique et applicable.
📖 3. Taux marginal optimal
🔑 Notions clés & Définitions
- Taux marginal optimal d’imposition : taux d’imposition appliqué à la dernière unité de revenu, qui maximise le bien-être social tout en respectant la contrainte budgétaire, en équilibrant incitations et redistribution (voir approche Diamond-Saez).
- Formule du taux marginal optimal : en utilisant les élasticités, il s’écrit généralement comme τ* = 1 / (1 + e), où e est l’élasticité du revenu par rapport au taux d’imposition (voir Saez, 2001).
- Lien avec l’élasticité de l’offre de travail : plus cette élasticité est élevée, plus le taux optimal doit être faible pour éviter une réduction excessive de l’offre de travail (voir concepts d’élasticités).
- Approche Diamond-Saez : méthode qui reformule le problème de taxation en intégrant directement les élasticités de l’offre de travail, permettant d’obtenir des taux marginaux optimaux robustes et empiriquement pertinents (voir Diamond, 1998 ; Saez, 2001).
- Conditions pour le taux marginal optimal : elles incluent la maximisation du bien-être social sous contrainte budgétaire, avec une condition de premier ordre reliant utilité marginale et revenu après impôt, souvent exprimée via l’élasticité du revenu (voir modèle de Mirrlees).
📝 Points essentiels
- La formule τ* = 1 / (1 + e) indique que le taux marginal optimal diminue lorsque l’élasticité du revenu par rapport au taux d’imposition augmente, reflétant une sensibilité plus forte des revenus à la fiscalité.
- La méthode Diamond-Saez permet de relier directement le taux optimal aux estimations empiriques des élasticités de l’offre de travail, rendant la théorie plus applicable à la réalité.
- La condition de premier ordre dans le modèle de Mirrlees, adaptée avec les élasticités, montre que le taux optimal équilibre l’incitation à travailler et la redistribution.
- La relation entre taux marginal optimal et élasticités est fondamentale pour déterminer la structure de la fiscalité, notamment dans le contexte de revenus élevés ou de comportements spécifiques.
- La critique principale de l’approche est qu’elle suppose une connaissance précise des élasticités, souvent difficiles à estimer avec précision.
💡 À retenir
Le taux marginal optimal d’imposition est déterminé par un équilibre entre incitations et redistribution, et sa formule clé, τ* = 1 / (1 + e), montre que plus l’offre de travail est sensible à la fiscalité, plus le taux doit être faible pour maximiser le bien-être social.
📖 4. Taux linéaire vs non linéaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Taux linéaire : Taux d'imposition constant appliqué à tous les niveaux de revenu, indépendamment de leur montant. Il implique une proportion fixe de prélèvement sur le revenu, sans distinction selon la tranche de revenu.
- Taux non linéaire : Taux d'imposition variable selon le niveau de revenu, souvent progressif ou dégressif, permettant d'ajuster la charge fiscale en fonction des différentes tranches de revenu.
- Motivations pour taux non linéaires : Favoriser la redistribution, réduire la distorsion des incitations au travail, ou répondre à des considérations d'équité. Selon Diamond (1998), un taux progressif peut suivre une courbe en U inversé pour optimiser la redistribution et l'efficacité.
- Avantages du taux linéaire : Simplicité de mise en œuvre, transparence, facilité de compréhension pour les contribuables.
- Inconvénients du taux linéaire : Moins d'incitation à l'effort pour les hauts revenus, risque d'être perçu comme injuste ou confiscatoire, et peut réduire la progressivité souhaitée pour la redistribution.
📝 Points essentiels
- La différence fondamentale réside dans la constance du taux d'imposition (linéaire) versus sa variation selon le revenu (non linéaire).
- Les modèles de taxation optimale, comme celui de Mirrlees (1971), montrent que le taux marginal d’imposition optimal peut être non linéaire, souvent progressif ou dégressif, pour équilibrer redistribution et incitation.
- Diamond (1998) et Saez (2001) proposent que les taux non linéaires peuvent suivre une courbe en U inversé, permettant d’atteindre une meilleure efficacité économique tout en favorisant la redistribution.
- La motivation principale pour adopter des taux non linéaires est la recherche d’un compromis entre équité et efficacité, en tenant compte des réactions comportementales et des élasticités de l’offre de travail.
- La structure de taux non linéaires peut inclure des seuils, des paliers ou des taux progressifs, permettant d’adapter la fiscalité à la capacité contributive et aux objectifs sociaux.
💡 À retenir
Les taux linéaires offrent simplicité et transparence, mais les taux non linéaires, souvent progressifs, permettent une meilleure adaptation aux objectifs de redistribution et d’incitation, en tenant compte des réactions comportementales et des élasticités.
🔑 Notions clés & Définitions
- Effets de la réforme fiscale sur l’offre de travail : Impact qu’une modification de la politique fiscale, notamment des taux d’imposition, peut avoir sur la quantité de travail fournie par les individus, en influençant leur comportement à la marge (voir aussi "Réactions comportementales").
- Réactions comportementales induites par la réforme : Changements dans le comportement des agents économiques, notamment l’offre de travail, en réponse à une modification de la fiscalité, qui peuvent atténuer ou amplifier l’effet initial de la réforme (voir aussi "Effets de la réforme fiscale sur l’offre de travail").
- Conséquences sur la redistribution et l’équité : Effets qu’une réforme fiscale peut avoir sur la répartition du revenu entre différentes classes sociales, en modifiant la progressivité ou la redistribution, influençant ainsi l’équité perçue par la société (voir aussi "Limites pratiques des réformes fiscales").
- Limites pratiques des réformes fiscales : Contraintes et difficultés liées à la mise en œuvre des politiques fiscales, telles que la réaction des agents, la mobilité, ou la difficulté à cibler précisément les effets souhaités, limitant l’efficacité des réformes (voir aussi "Réactions comportementales").
📝 Points essentiels
- La réforme fiscale modifie directement l’offre de travail via le taux marginal d’imposition, mais ses effets sont souvent atténués par les réactions comportementales des agents, notamment la réduction de l’offre de travail en réponse à une augmentation des taux (voir aussi "Effets de la réforme fiscale sur l’offre de travail").
- Les réactions comportementales peuvent inclure la réduction du nombre d’heures travaillées ou la sortie du marché du travail, ce qui peut réduire l’efficacité des politiques de redistribution ou de financement public (voir aussi "Réactions comportementales").
- La redistribution et l’équité sont influencées par la structure des taux d’imposition et la capacité de la réforme à cibler efficacement les revenus élevés, tout en évitant des effets négatifs sur la croissance ou la mobilité (voir aussi "Limites pratiques des réformes fiscales").
- La mise en œuvre des réformes doit tenir compte des limites pratiques telles que la mobilité des contribuables, la difficulté à mesurer précisément l’impact, ou la résistance politique, qui peuvent limiter leur succès (voir aussi "Limites pratiques des réformes fiscales").
💡 À retenir
Les réformes fiscales influencent l’offre de travail et la redistribution, mais leurs effets réels sont modulés par les réactions comportementales et les contraintes pratiques, ce qui complique leur conception et leur efficacité.
📖 6. Taux pour revenus élevés
🔑 Notions clés & Définitions
- Caractéristiques des taux d’imposition pour revenus élevés : Particularités dans la structure des taux d’imposition appliqués aux contribuables à hauts revenus, souvent caractérisées par des taux marginaux plus élevés, mais modulés pour préserver l’incitation au travail (voir modèle de Mirrlees, 1971).
- Comportement des taux marginaux pour hauts revenus : Réactions des contribuables à hauts revenus face à la variation des taux marginaux, notamment leur réaction à l’élasticité de l’offre de travail et aux effets de revenu, influençant la conception des taux optimaux (voir Saez, 2001).
- Implications sur l’incitation au travail : Influence des taux d’imposition élevés sur la motivation à travailler, où une hausse excessive peut réduire l’offre de travail en raison de l’effet de revenu et de l’effet de substitution, nécessitant un équilibre pour optimiser la recette et la motivation (voir modèle de Mirrlees, 1971).
- Modèles empiriques sur taux pour revenus élevés : Approches basées sur des estimations empiriques des élasticités et comportements réels pour déterminer la structure optimale des taux pour hauts revenus, intégrant des données sur la mobilité, l’offre de travail et la redistribution (voir Saez, 2001).
📝 Points essentiels
- La structure des taux pour revenus élevés doit équilibrer la maximisation des recettes fiscales et la préservation de l’incitation à travailler, en tenant compte de l’élasticité de l’offre de travail et des comportements réels (modèle de Mirrlees, 1971).
- La réaction des contribuables à hauts revenus face à la fiscalité influence directement la conception des taux : un taux marginal élevé peut réduire l’offre de travail ou encourager l’évasion fiscale, ce qui limite l’efficacité de la taxation (Saez, 2001).
- La détermination du taux optimal pour hauts revenus implique d’évaluer l’effet de revenu et l’élasticité de l’offre, en tenant compte des préférences sociales pour la redistribution, représentée par le paramètre ¯g (voir modèle avancé).
- Les modèles empiriques montrent que le taux optimal n’est pas nécessairement maximal, mais ajusté pour maximiser les recettes tout en minimisant la perte d’incitation, notamment en utilisant les estimations de l’élasticité du revenu par rapport au taux d’imposition (Saez, 2001).
💡 À retenir
Les taux d’imposition pour revenus élevés doivent être conçus pour maximiser la recette tout en maintenant l’incitation au travail, en s’appuyant sur une compréhension fine des comportements réels et des élasticités, comme le suggèrent les modèles empiriques et théoriques (Mirrlees, 1971 ; Saez, 2001).
📖 7. Réactions comportementales
🔑 Notions clés & Définitions
- Réactions comportementales à la fiscalité : Changements dans le comportement des agents économiques (travailleurs, contribuables) en réponse à une modification des taux d’imposition, notamment sur l’offre de travail ou la consommation, pouvant réduire ou augmenter l’efficacité de la politique fiscale (voir aussi "Impact des taux marginaux sur l’offre de travail").
- Comportement à la marge intensive : Ajustement du nombre d’heures travaillées par un individu déjà en activité, en réaction à la fiscalité, sans changer sa décision de travailler ou non (voir aussi "Impact des taux marginaux sur l’offre de travail").
- Impact des taux marginaux sur l’offre de travail : Effet que les variations des taux d’imposition marginaux ont sur la quantité d’heures ou de travail offerte par les agents, influençant la productivité fiscale et l’incitation au travail (voir aussi "Réactions comportementales à la fiscalité").
- Conséquences sur la base fiscale : Modifications de la population ou du montant total des revenus imposables suite aux réactions comportementales, pouvant réduire la base fiscale effective et compliquer la conception des politiques fiscales optimales (voir aussi "Impact des taux marginaux sur l’offre de travail").
📝 Points essentiels
- Les réactions comportementales peuvent atténuer ou renforcer l’impact des politiques fiscales, notamment en modifiant la base fiscale ou l’offre de travail. La compréhension de ces réactions est cruciale pour déterminer le taux marginal optimal, comme le montre la distinction entre l’effet mécanique positif (augmentation des recettes) et l’effet comportemental négatif (réduction de l’offre de travail ou de la base fiscale).
- La méthode des perturbations permet d’évaluer l’impact marginal d’un changement de taux d’imposition sur le bien-être social, en intégrant à la fois l’effet mécanique (recettes) et l’effet comportemental (réduction de l’offre ou de la base fiscale).
- La théorie souligne que l’élasticité de l’offre de travail à la fiscalité, notamment l’élasticité du revenu par rapport au taux d’imposition, détermine la magnitude des réactions comportementales et influence le taux optimal.
- La formule du taux de taxation optimal pour les revenus élevés montre que plus l’élasticité est élevée, plus le taux optimal doit être faible pour éviter une réduction excessive de la base fiscale.
💡 À retenir
Les réactions comportementales à la fiscalité, notamment à travers le comportement à la marge intensive, jouent un rôle déterminant dans la conception des politiques fiscales, en modulant l’impact des taux marginaux sur la base fiscale et l’offre de travail, et doivent être intégrées dans l’évaluation du taux optimal.
📖 8. Migration et fiscalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Interaction entre migration et fiscalité : Étude de la manière dont les politiques fiscales influencent la mobilité des individus à l’échelle internationale, en tenant compte des comportements migratoires en réponse aux différences de fiscalité entre pays.
- Effets des politiques fiscales sur la migration : Impact des mesures fiscales (taux d’imposition, exonérations, transferts) sur la décision des individus de migrer ou de rester, en modifiant l’attractivité fiscale d’un pays.
- Considérations pour la mobilité internationale : Prise en compte des flux migratoires dans la conception des politiques fiscales, notamment en évaluant comment la fiscalité peut encourager ou dissuader la migration, tout en respectant la légitimité (voir section 3).
- Implications pour la conception fiscale : Adaptation des structures fiscales pour équilibrer la redistribution, la compétitivité et la mobilité, en intégrant l’impact potentiel sur la migration, conformément aux analyses de PERROUX (date).
📖 9. Elasticité de migration
🔑 Notions clés & Définitions
- Elasticité de migration : mesure de la sensibilité des flux migratoires face à une variation des taux fiscaux ou des coûts de migration, indiquant comment le nombre de migrants réagit à une modification de ces paramètres.
- Rôle dans l’analyse des politiques fiscales : permet d’évaluer l’impact des changements de fiscalité sur la mobilité internationale, en quantifiant la réaction des migrants aux incitations fiscales.
- Estimation empirique de l’élasticité de migration : processus de mesure de cette sensibilité à partir de données économiques et démographiques, souvent par des méthodes économétriques, pour fournir des valeurs concrètes de l’élasticité.
- Notion de sensibilité : en référence à PERROUX (date), l’élasticité traduit la réaction proportionnelle du flux migratoire à une variation relative des taux fiscaux.
📝 Points essentiels
- L’élasticité de migration est un indicateur crucial pour comprendre la mobilité en réponse aux politiques fiscales, notamment dans un contexte international où la fiscalité influence la localisation des individus.
- La mesure empirique de cette élasticité repose sur des données historiques et des modèles économétriques, permettant d’estimer la réaction des flux migratoires à des variations de taux ou de coûts de migration.
- Une élasticité élevée indique une forte réaction des migrants face aux changements fiscaux, ce qui peut limiter l’efficacité des politiques de redistribution ou de fiscalité.
- La compréhension de cette sensibilité est essentielle pour la conception de politiques fiscales optimales, en évitant des effets indésirables de fuite de capitaux ou de migration.
💡 À retenir
L’élasticité de migration quantifie la réaction des flux migratoires aux variations fiscales, jouant un rôle clé dans l’évaluation de l’impact des politiques fiscales sur la mobilité internationale.
📖 10. Effets de mobilité sur la progressivité
🔑 Notions clés & Définitions
- Effets de la mobilité sur la progressivité fiscale : Impact que la capacité des contribuables à changer de résidence ou de situation fiscale a sur la structure progressive de l’impôt, pouvant réduire ou renforcer la redistribution.
- Conséquences de la mobilité sur la base fiscale : Modifications de la population imposable ou de ses revenus dues à la mobilité, influençant la composition et la taille de la base d’imposition.
- Impact sur la structure des taux marginaux : Changements dans la répartition et la progressivité des taux d’imposition en réponse à la mobilité, pouvant entraîner une adaptation des taux pour maintenir l’efficacité ou l’équité.
- Adaptations des politiques fiscales face à la mobilité : Ajustements des mécanismes fiscaux (ex : taux, seuils, mesures anti-abus) pour limiter les effets négatifs de la mobilité sur la stabilité et l’équité du système fiscal, en réponse aux comportements des contribuables.
- Référence : La mobilité peut entraîner une érosion de la base fiscale et une distorsion de la progressivité, nécessitant des politiques adaptées pour préserver l’efficacité redistributive (voir section 8).
📝 Points essentiels
- La mobilité des contribuables influence directement la base fiscale en modifiant la localisation ou la situation fiscale des individus, ce qui peut réduire la progressivité si les plus aisés déplacent leur résidence vers des juridictions à taux plus faibles.
- KUZNETS (date non précisée) souligne que la mobilité peut entraîner une érosion de la progressivité en déplaçant la base fiscale, ce qui pousse à des adaptations des politiques fiscales pour limiter ces effets.
- Les politiques fiscales doivent s’adapter pour limiter la fuite des contribuables à haute mobilité, notamment par des mesures anti-abus ou des taux différenciés, afin de préserver la stabilité et l’équité du système.
- La capacité de mobilité influence aussi la structure des taux marginaux, en incitant à des ajustements pour maintenir l’incitation au travail tout en évitant la perte de recettes fiscales.
- La réaction des gouvernements face à la mobilité peut inclure des mesures pour renforcer la coopération internationale ou la transparence fiscale, afin de limiter la délocalisation fiscale et préserver la progressivité.
💡 À retenir
La mobilité des contribuables peut réduire la progressivité fiscale et éroder la base fiscale, obligeant les gouvernements à adapter leurs politiques pour préserver l’équité et l’efficacité du système.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère / Concept | Modèle de Mirrlees | Elasticités de l'offre | Taux marginal optimal | Auteur / Référence |
|---|
| Hypothèse principale | Utilité croissante, sans réponse comportementale | Sensibilité de l’offre de travail au revenu ou taux | Taux d’imposition maximisant le bien-être social | Saez (2001), Diamond (1998) |
| Fonction d’utilité | U(c), concave, croissante | Élasticité de l’offre (Marshallienne / Hicksienne) | τ* = 1 / (1 + e), avec e l’élasticité du revenu | Saez (2001) |
| Condition de premier ordre | U'(z − T(z)) = λ | Relation entre z et l’offre de travail via élasticités | Équilibre entre incitation et redistribution | Mirrlees (1971), Saez (2001) |
| Limite pratique | Absence de réaction comportementale | Utilisation empirique des élasticités | Dépend de la connaissance précise des élasticités | Saez (2001), Diamond (1998) |
| Forme du taux optimal | Taux marginal de 100% dans modèle simple | Représenté par des fonctions d’élasticité | Faible lorsque élasticité élevée | Saez (2001) |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre le taux marginal d’imposition optimal avec un taux fixe ou linéaire.
- Négliger l’impact des réponses comportementales dans le modèle de Mirrlees simplifié.
- Confondre elasticité de l’offre de travail Marshallienne et Hicksienne.
- Surestimer la précision des estimations d’élasticités pour déterminer le taux optimal.
- Ignorer la limite du modèle sans réaction comportementale, qui mène à des taux de 100%.
- Confondre la condition de premier ordre avec une solution optimale sans contraintes.
- Omettre la distinction entre revenu avant impôt (z) et revenu après impôt (z − T(z)) dans l’analyse.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition du modèle de Mirrlees (1971) et ses hypothèses principales.
- Savoir que la fonction d’utilité U(c) est croissante et concave, et son rôle dans la maximisation du bien-être social.
- Comprendre la formule du taux marginal optimal τ* = 1 / (1 + e) et son lien avec l’élasticité de l’offre de travail.
- Maîtriser la différence entre elasticités Marshallienne et Hicksienne.
- Savoir que la condition de premier ordre implique que U'(z − T(z)) = λ, menant à une uniformisation du revenu après impôt dans le modèle simple.
- Identifier la limite du modèle sans réponse comportementale, notamment le taux marginal de 100%.
- Connaître le rôle des élasticités dans la reformulation du problème de Mirrlees.
- Être capable d’expliquer la méthode Diamond-Saez pour déterminer le taux marginal optimal.
- Connaître la relation entre élasticité du revenu et le taux optimal, et ses implications pour la fiscalité des revenus élevés.
- Savoir que la connaissance précise des élasticités est souvent difficile, ce qui limite la précision des taux optimaux.
- Comprendre que le modèle de Mirrlees ne prend pas en compte la migration ou la mobilité, sauf si explicitement intégré.
- Vérifier la maîtrise des concepts clés : utilité, bien-être social, redistribution, élasticités, taux marginal, réponse comportementale.
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