Fiche de révision : Introduction à l'économie environnementale

Plan du Cours

  1. Introduction à l'économie environnementale
  2. Externalités et défaillances de marché
  3. Efficience de Pareto
  4. Valeur sociale et externalités
  5. Différences entre économie écologique et environnementale
  6. Approches méthodologiques
  7. Politiques et instruments économiques
  8. Histoire de l'économie environnementale
  9. Externalités négatives et positives
  10. Taux d'actualisation et éthique
  11. Application du taux d'actualisation à la pollution marine

1. Introduction à l'économie environnementale

Notions clés & Définitions

Économie environnementale : discipline qui étudie la relation entre activités économiques et environnement, en cherchant à concevoir des politiques efficaces pour gérer les ressources naturelles.

Défaillance de marché : situation où le marché ne parvient pas à valoriser correctement certains biens ou services, notamment ceux liés à l’environnement, en raison de phénomènes comme les externalités ou la nature publique de certains biens.

Biens publics : biens ou services qui sont non excluables (impossibilité d’empêcher leur consommation par d’autres) et non rivaux (la consommation par une personne n’en diminue pas la disponibilité pour une autre), ce qui entraîne souvent une sous-production ou une sous-consommation dans le marché.

Capital naturel : ensemble des ressources naturelles et des écosystèmes qui fournissent des services essentiels à la vie et à l’économie, tels que l’eau, l’air, la biodiversité, et qui doivent être gérés pour assurer la durabilité.

Consentement à payer (WTP) : mesure économique représentant la somme maximale qu’un individu est prêt à dépenser pour obtenir un bien ou un service environnemental, permettant d’évaluer la valeur que la société attribue à ces biens.

Points essentiels

L'économie environnementale étudie la relation entre activités économiques et environnement, cherchant à concevoir des politiques efficaces pour gérer les ressources naturelles. Elle s’intéresse aux défaillances de marché, telles que les externalités et la sous-valorisation des biens publics, qui expliquent pourquoi le marché ne valorise pas correctement l’environnement. Ces défaillances justifient souvent l’intervention publique pour corriger ces déséquilibres et préserver le bien-être social. La compréhension de ces mécanismes est essentielle pour élaborer des politiques visant à une utilisation durable des ressources naturelles, en tenant compte notamment des coûts et bénéfices sociaux, ainsi que des préférences individuelles exprimées par le consentement à payer.

À retenir

L’économie environnementale vise à analyser et corriger les défaillances de marché liées à l’environnement, afin de promouvoir une gestion durable des ressources naturelles et d’assurer le bien-être collectif.

2. Externalités et défaillances de marché

Notions clés & Définitions

Externalité négative : coût ou bénéfice non pris en compte par le marché, qui résulte d’une activité économique et qui affecte négativement un tiers ou la société dans son ensemble. Elle se manifeste notamment par la pollution, où l’activité d’un agent économique engendre des dommages environnementaux non internalisés dans le prix de marché.

Externalité positive : bénéfice ou avantage non rémunéré par le marché, résultant d’une activité économique qui profite à un tiers ou à la société. Un exemple typique est la diffusion de technologies propres ou de recherches et développements qui améliorent l’environnement sans que les bénéficiaires paient directement pour ces innovations.

Coût social marginal : augmentation du coût total supporté par la société lorsqu’une unité supplémentaire d’une activité est produite ou consommée. Il inclut le coût privé supporté par l’acteur économique plus les coûts externes (ex : pollution) qui ne sont pas internalisés dans le prix de marché.

Coût privé marginal : coût supporté directement par l’agent économique lors de la production ou de la consommation d’une unité supplémentaire d’un bien ou service. Il ne prend en compte que les coûts internes à l’activité, sans intégrer les externalités.

Marché des permis d'émission : système réglementaire permettant de limiter la pollution en attribuant ou en échangeant des permis de polluer. Chaque permis donne le droit de polluer une certaine quantité, et leur commerce vise à réduire globalement la pollution à un coût optimal. Ce mécanisme repose sur la propriété de droits sur l’environnement, même si ces droits peuvent être mal définis ou non échangeables dans certains cas.

Points essentiels

Les externalités représentent des coûts ou bénéfices non intégrés dans le fonctionnement du marché, ce qui entraîne une inefficience économique. Lorsqu’une externalité négative, comme la pollution, existe, le marché tend à produire une quantité excessive de l’activité polluante, car le prix ne reflète pas le coût total supporté par la société. Inversement, une externalité positive, comme la diffusion de technologies propres, conduit à une sous-production ou sous-consommation de ces activités, car leurs bénéfices ne sont pas rémunérés ou pris en compte dans le prix.

Les externalités négatives, en augmentant le coût social marginal, justifient une intervention économique pour corriger cette défaillance. Parmi les outils réglementaires, on trouve notamment la taxation (ex : taxe carbone), le plafonnement des émissions (cap-and-trade), ou encore la définition de permis d’émission échangeables. Ces mécanismes ont pour but d’inciter les agents à internaliser les coûts ou bénéfices externes, en alignant le prix de marché avec le coût social réel.

Les externalités positives, en apportant un bénéfice social non rémunéré, nécessitent également une intervention pour encourager leur développement, par exemple via des subventions ou des crédits d’impôt. La valorisation économique de la nature, notamment par la volonté de payer (WTP), permet d’évaluer combien les individus ou la société sont prêts à dépenser pour préserver ou améliorer l’environnement, facilitant ainsi la mise en place de politiques adaptées.

Les défaillances de marché liées aux externalités justifient l’intervention pour atteindre une allocation plus efficiente des ressources, en intégrant dans le prix les coûts ou bénéfices environnementaux non pris en compte spontanément par le marché. La gestion de ces externalités est essentielle pour assurer une durabilité économique et écologique.

À retenir

Les externalités, qu’elles soient négatives ou positives, créent des défaillances de marché en empêchant une allocation optimale des ressources naturelles et économiques. Leur correction par des interventions telles que taxes, permis ou subventions permet d’aligner les coûts ou bénéfices sociaux avec ceux supportés ou perçus par les agents, favorisant ainsi une gestion plus efficace et durable de l’environnement.

3. Efficience de Pareto

Notions clés & Définitions

Efficience de Pareto : catégorie d’allocation économique qui ne peut être améliorée sans détériorer la situation d’au moins un agent. Elle désigne une situation où aucune redistribution ou modification ne peut augmenter le bien-être d’un individu sans réduire celui d’un autre, ce qui implique une utilisation optimale des ressources selon ce critère.

Amélioration de Pareto : changement dans la répartition des ressources ou des biens qui rend au moins un agent meilleur tout en laissant les autres dans une situation inchangée ou meilleure. Elle constitue une étape vers une allocation plus efficiente sans perte pour personne.

Coût marginal d'abattement (MAC) : mesure du coût supplémentaire pour réduire une unité de pollution ou d’impact environnemental, exprimé en termes monétaires ou en effort nécessaire. Il indique combien il en coûte à une entreprise ou à une économie pour diminuer une unité de dommage externe.

Coût marginal des dommages externes (MED) : évaluation de la perte ou du dommage supplémentaire causé à la société par la pollution ou l’impact environnemental d’une unité additionnelle de production ou de consommation. Il représente le coût social additionnel engendré par une externalité négative.

Perte sèche (Deadweight loss) : perte d’efficience économique résultant d’une déviation par rapport à une allocation Pareto efficiente, souvent causée par des externalités ou des interventions. Elle traduit la réduction du bien-être total qui aurait été possible en atteignant une situation optimale.

Points essentiels

Une allocation est dite Pareto efficiente si aucune amélioration ne peut rendre quelqu’un mieux sans en rendre un autre moins bien. Cela signifie que, dans une telle situation, toute modification susceptible d’accroître le bien-être d’un agent entraînerait nécessairement une diminution du bien-être d’un autre. La condition d’efficience de Pareto implique donc une utilisation optimale des ressources, où aucune ressource ne peut être réaffectée pour améliorer la situation sans coût pour quelqu’un d’autre.

La présence d’externalités environnementales empêche d’atteindre cette efficience sans intervention, car le coût social total n’est pas intégré dans le prix de marché. En effet, lorsque des externalités négatives existent, le coût social réel dépasse le coût privé supporté par le producteur ou le consommateur. Cela conduit à une allocation sous-optimale où la quantité produite ou consommée est supérieure au niveau socialement optimal, ce qui génère une perte sèche.

À retenir

L’efficience de Pareto constitue un critère d’optimalité économique qui garantit que les ressources sont utilisées de manière à maximiser le bien-être collectif, à condition que toutes les externalités soient internalisées. Cependant, la présence d’externalités environnementales empêche d’atteindre cette efficience sans intervention, car le coût social n’est pas toujours pris en compte dans le marché.

4. Valeur sociale et externalités

Notions clés & Définitions

Valeur sociale : la valeur attribuée à un bien ou un service qui intègre l’ensemble des coûts et bénéfices externes, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas pris en compte par les agents privés dans leurs décisions économiques. Elle représente une estimation globale de l’impact d’une activité ou d’un projet sur la société dans son ensemble, en tenant compte des effets positifs et négatifs qui échappent au marché.

Coût social : l’ensemble des coûts supportés par la société en raison d’une activité économique, incluant à la fois les coûts privés supportés par les agents et les externalités négatives ou positives qui ne sont pas internalisées dans le prix de marché. Il s’agit d’une somme qui reflète l’impact total d’une activité sur l’environnement, la santé publique, ou d’autres dimensions sociales.

Taxe pigouvienne : instrument économique visant à corriger une externalité négative en imposant une taxe équivalente au coût social marginal de cette externalité. Son objectif est d’inciter les agents à réduire leur activité ou à adopter des comportements qui minimisent l’impact négatif, en alignant le coût privé sur le coût social. La taxe pigouvienne est ainsi un levier pour atteindre l’efficience économique tout en internalisant les externalités.

  • Consentement à payer (WTP) : voir section 1

Évaluation contingente : méthode d’évaluation économique qui consiste à recueillir auprès des individus leur volonté à payer pour des biens ou services non marchands, en utilisant des questionnaires ou des scénarios hypothétiques. Elle permet d’estimer la valeur sociale d’un bien environnemental en simulant une situation où les répondants expriment leur WTP dans un contexte contrôlé.

Points essentiels

La valeur sociale joue un rôle central dans la prise en compte des externalités, car elle intègre les coûts et bénéfices qui échappent à la sphère privée. Elle permet de dépasser la simple logique de marché en fournissant une estimation globale de l’impact d’une activité sur la société. Par exemple, lorsqu’une activité industrielle génère une pollution, la valeur sociale inclut non seulement le coût privé supporté par l’entreprise, mais aussi les effets négatifs sur la santé, l’environnement, et la qualité de vie des populations.

Les taxes pigouviennes constituent un instrument clé pour corriger ces externalités négatives. En imposant une taxe équivalente au coût social marginal, elles incitent les agents économiques à réduire leur activité ou à adopter des comportements plus responsables. Par exemple, une taxe sur le carbone vise à internaliser le coût des émissions de gaz à effet de serre, en rendant plus coûteux l’usage de combustibles fossiles.

La volonté à payer (WTP) est une méthode essentielle pour quantifier la valeur que les individus attribuent à des biens environnementaux ou à des améliorations souhaitées. Elle permet d’obtenir une estimation monétaire de la valeur sociale, notamment dans le cadre de l’évaluation contingente. Par exemple, en demandant aux populations combien elles seraient prêtes à payer pour préserver une zone protégée, on peut mesurer la valeur qu’elles lui attribuent.

À retenir

La valeur sociale guide la correction des externalités en intégrant dans l’évaluation économique l’ensemble des coûts et bénéfices non pris en compte par le marché, permettant ainsi d’utiliser des instruments économiques comme la taxe pigouvienne ou la valorisation monétaire via la volonté à payer pour orienter les politiques vers une gestion plus durable et équitable des ressources.

5. Différences entre économie écologique et environnementale

Notions clés & Définitions

Économie environnementale : discipline qui se concentre sur l’efficience économique et la correction des défaillances de marché liées à l’environnement. Elle cherche à optimiser l’utilisation des ressources naturelles en intégrant des outils économiques tels que la tarification des externalités ou la gestion des biens publics, afin de limiter les coûts sociaux liés à la dégradation environnementale.

Économie écologique : discipline qui met l’accent sur les limites biophysiques de la planète, la durabilité forte, et la justice intergénérationnelle. Elle considère l’environnement comme un système aux capacités finies, insistant sur la nécessité de respecter ces limites pour préserver la stabilité écologique et assurer la pérennité des ressources pour les générations futures.

Durabilité forte : conception selon laquelle le capital naturel ne peut être substitué par le capital humain ou technologique. Elle insiste sur la nécessité de respecter les seuils écologiques, en considérant que certains éléments du capital naturel doivent être maintenus intacts pour assurer la survie et le bien-être à long terme.

Durabilité faible : approche qui suppose une substituabilité entre capital naturel et capital humain, permettant d’utiliser et de dégrader le capital naturel tant que le capital total reste suffisant pour satisfaire les besoins présents et futurs. Elle considère que la technologie et le marché peuvent compenser la perte de ressources naturelles.

Points essentiels

L’économie environnementale se concentre principalement sur l’efficience économique et la correction des défaillances de marché, telles que les externalités négatives ou la tragédie des biens communs. Elle utilise des outils comme la tarification des externalités, la gestion des biens publics, ou la réglementation pour atteindre un équilibre social optimal, en intégrant des jugements normatifs et des valeurs sociales dans ses analyses.

En revanche, l’économie écologique met en avant les limites biophysiques du système terrestre, la nécessité d’une durabilité forte, et la justice intergénérationnelle. Elle critique l’approche purement économique qui suppose la substituabilité du capital naturel, en soulignant que certains éléments écologiques sont non substituables, et que leur dégradation peut entraîner des risques irréversibles pour la planète et ses habitants.

La durabilité faible repose sur l’idée que le capital naturel peut être remplacé par le capital humain ou technologique, permettant une croissance économique continue malgré la dégradation environnementale, contrairement à la durabilité forte qui impose le respect strict des seuils écologiques pour préserver la stabilité du système.

À retenir

L’économie environnementale vise à intégrer l’environnement dans une optique d’efficience économique et de correction des défaillances de marché, tandis que l’économie écologique insiste sur les limites biophysiques et la nécessité d’une durabilité forte pour assurer la justice intergénérationnelle. Ces deux visions proposent des objectifs et des méthodes distincts pour aborder la question de la durabilité.

6. Approches méthodologiques

Notions clés & Définitions

Analyse coût-bénéfice : méthode d’évaluation qui compare, en termes monétaires, l’ensemble des coûts et des bénéfices générés par une action ou un projet, afin de déterminer sa rentabilité ou sa soutenabilité. Elle repose principalement sur la valorisation monétaire des impacts environnementaux et sociaux.

Modèles d'équilibre partiel et général : outils analytiques utilisés pour modéliser le fonctionnement économique. Le modèle d’équilibre partiel étudie un seul marché ou secteur en isolant ses interactions, tandis que le modèle d’équilibre général considère l’ensemble de l’économie comme un système interconnecté, permettant d’analyser les effets de politiques ou de changements sur tous les marchés simultanément.

Évaluation monétaire : processus de traduction des impacts environnementaux ou sociaux en valeurs monétaires, afin de faciliter leur intégration dans des analyses économiques. Elle utilise diverses méthodes pour estimer la valeur des biens et services non marchands ou externalités.

Analyse multicritère : approche qui permet d’évaluer des projets ou politiques en tenant compte de plusieurs critères, souvent conflictuels, sans nécessairement les réduire à une seule dimension monétaire. Elle privilégie une vision globale en intégrant des indicateurs qualitatifs et quantitatifs.

Indicateurs biophysiques : mesures physiques ou biologiques permettant de suivre l’état de l’environnement ou des écosystèmes, tels que la biodiversité, la qualité de l’eau ou de l’air, ou la quantité de ressources naturelles disponibles. Ces indicateurs sont essentiels pour une évaluation systémique et non uniquement économique.

Points essentiels

L’économie environnementale privilégie principalement des méthodes néoclassiques, telles que l’analyse coût-bénéfice et la valorisation monétaire, pour évaluer les impacts environnementaux. Ces méthodes visent à quantifier en termes monétaires les coûts et bénéfices liés à une action ou un projet, facilitant ainsi leur intégration dans la prise de décision économique. La valorisation monétaire permet de comparer directement des impacts environnementaux avec d’autres dimensions économiques, mais elle peut être limitée par la difficulté à estimer certains coûts ou bénéfices non marchands.

En revanche, l’économie écologique adopte une approche différente, davantage orientée vers la systémique. Elle privilégie l’utilisation d’indicateurs physiques ou biophysiques, tels que la biodiversité ou la qualité des ressources, pour suivre l’état de l’environnement. Elle intègre aussi l’analyse multicritère, qui permet d’évaluer des projets en tenant compte de plusieurs critères, souvent conflictuels, sans se limiter à une seule dimension monétaire. Cette approche considère l’économie comme un sous-système de l’écosystème terrestre, ce qui implique une vision plus holistique et systémique.

Les méthodes diffèrent également dans leur traitement de la substitution entre capital naturel et capital humain. L’économie néoclassique tend à valoriser la substitution entre ces deux types de capital, en cherchant à compenser la dégradation du capital naturel par des investissements dans le capital humain ou technologique. À l’inverse, l’économie écologique, notamment dans la perspective de la durabilité forte, insiste sur la non-substituabilité du capital naturel, soulignant que certains services écosystémiques doivent être maintenus en permanence pour assurer la soutenabilité.

À retenir

Les méthodologies de l’économie environnementale, principalement basées sur l’analyse coût-bénéfice et la valorisation monétaire, offrent une approche quantitative facilitant la prise de décision économique, mais peuvent négliger certains aspects qualitatifs ou systémiques. En contraste, l’économie écologique privilégie une approche systémique, utilisant des indicateurs physiques et l’analyse multicritère pour mieux refléter la complexité et la non-substituabilité des ressources naturelles.

7. Politiques et instruments économiques

Notions clés & Définitions

Taxe carbone : Instrument économique qui consiste en une prélèvement obligatoire appliqué sur les émissions de dioxyde de carbone ou d’autres gaz à effet de serre, visant à internaliser l’externalité négative liée au changement climatique. Elle incite les agents économiques à réduire leurs émissions en augmentant le coût de celles-ci, favorisant ainsi une transition vers des activités moins polluantes.

Subventions vertes : Aides financières ou avantages accordés par l’État ou d’autres organismes publics pour encourager les activités ou technologies respectueuses de l’environnement. Elles visent à réduire le coût des innovations ou pratiques écologiques, facilitant leur adoption par les agents économiques et accélérant la transition écologique.

Normes environnementales : Règles ou règlements fixant des limites ou des exigences minimales en matière de pollution ou de protection de l’environnement. Elles imposent des standards que doivent respecter les acteurs économiques, souvent sous peine de sanctions, pour limiter les externalités négatives sans nécessairement recourir à des instruments de marché.

Permis échangeables : Système de quotas ou de permis d’émission qui peuvent être achetés, vendus ou échangés sur un marché spécifique. Ce dispositif permet de fixer une limite globale d’émissions tout en laissant aux acteurs la flexibilité de choisir comment respecter cette limite, en favorisant la réduction des coûts d’atténuation.

Théorème de Coase : Principe selon lequel, en l’absence de coûts de transaction et avec des droits de propriété clairement définis, les parties privées peuvent négocier pour internaliser une externalité, conduisant à une allocation efficace des ressources. Il souligne l’importance de droits bien définis pour que le marché puisse corriger efficacement les externalités.

Points essentiels

Les instruments économiques ont pour objectif d’intégrer les externalités dans le fonctionnement du marché afin d’atteindre les objectifs environnementaux au moindre coût. La taxe carbone, en augmentant le prix des activités polluantes, incite à la réduction des émissions, tandis que les subventions vertes encouragent le développement de technologies propres en rendant leur adoption plus rentable. Les normes environnementales, quant à elles, imposent des limites réglementaires directes, souvent en complément ou en alternative aux instruments de marché. Les permis échangeables offrent une flexibilité en permettant aux acteurs de choisir la manière la plus économique de respecter une limite d’émissions, tout en assurant une allocation efficace des ressources. Le théorème de Coase met en évidence que, sous certaines conditions, la négociation privée peut résoudre les externalités sans intervention publique, en soulignant l’importance de droits de propriété clairement définis. La combinaison de ces instruments permet souvent de maximiser l’efficacité, l’équité et la faisabilité des politiques environnementales, en adaptant la réponse aux spécificités des externalités et des contextes économiques.

À retenir

Les outils économiques mobilisés pour corriger les défaillances de marché visent à internaliser les externalités, en utilisant la tarification, la réglementation ou la négociation pour orienter les comportements vers des choix plus durables, tout en cherchant à atteindre un équilibre optimal entre efficacité économique et protection environnementale.

8. Histoire de l'économie environnementale

Notions clés & Définitions

Paradoxe de Jevons : phénomène observé dans lequel une amélioration de l'efficacité dans l'utilisation d'une ressource, plutôt que de réduire sa consommation, entraîne une augmentation globale de cette consommation. Ce paradoxe illustre que l'efficacité ne garantit pas toujours une réduction de l'impact environnemental, en raison de l'effet de rebond ou de l'augmentation de l'utilisation globale.

Taxe pigouvienne : instrument économique proposé par Pigou qui consiste en une taxe fixée sur l'activité ou le bien générant une externalité négative, afin de corriger le décalage entre le coût privé et le coût social. Elle vise à internaliser l'externalité en rendant le coût social visible pour le décideur, incitant ainsi à une réduction de l'activité nuisible.

Théorie de la rente : cadre analytique qui étudie la rémunération ou le surplus économique résultant de la possession ou du contrôle d'une ressource rare ou d'un droit spécifique. Dans le contexte environnemental, cette théorie s'applique notamment à la gestion des ressources naturelles ou à la fixation des droits de propriété, en soulignant comment la rareté et la monopole peuvent entraîner des rentes économiques.

État stationnaire : concept désignant une situation économique dans laquelle les variables principales, telles que la population, la production ou la consommation, restent constantes dans le temps. Dans l'économie environnementale, il s'agit souvent d'une étape théorique où la croissance économique se stabilise, permettant d'analyser les dynamiques à long terme et les limites de la croissance.

Entropie : notion issue de la thermodynamique, représentant le degré de désordre ou de dispersión de l'énergie dans un système. En économie environnementale, l'entropie est utilisée pour illustrer la dégradation irréversible des ressources naturelles et l'augmentation du désordre dans les systèmes écologiques, soulignant la nécessité de limiter la consommation pour préserver l'équilibre.

Points essentiels

Les racines classiques, représentées par Smith, Malthus et Ricardo, ont posé les bases de la réflexion économique sur la rareté et les limites de croissance. Smith a introduit la notion de marché et de division du travail, mais aussi la nécessité de gérer la rareté des ressources naturelles. Malthus a souligné que la croissance démographique tendait à dépasser la capacité de production agricole, pointant ainsi les limites naturelles à l'expansion économique. Ricardo a développé la théorie de la rente, insistant sur la rareté relative des terres et ses effets sur les prix et la distribution des ressources.

Pigou a formalisé le concept d'externalités et proposé la taxe corrective, une solution économique pour internaliser les coûts ou bénéfices non pris en compte par le marché. Coase a introduit la notion de droits de propriété et de marché des permis, permettant de gérer efficacement les externalités par la négociation privée, sans intervention réglementaire directe.

Les débats modernes intègrent la notion de durabilité forte, qui insiste sur la nécessité de respecter les limites biophysiques, notamment celles soulignées par Georgescu-Roegen, qui met en avant l'importance de considérer la thermodynamique et l'entropie dans la gestion des ressources naturelles, soulignant que la croissance économique doit respecter ces limites pour assurer la pérennité.

À retenir

L'évolution des idées en économie environnementale retrace un passage des fondements classiques, centrés sur la rareté et les limites naturelles, à une réflexion plus sophistiquée intégrant la gestion des externalités, la propriété et la durabilité, afin de répondre aux enjeux actuels liés à la préservation des ressources et à la limitation des impacts environnementaux.

9. Externalités négatives et positives

Notions clés & Définitions

Externalité négative : phénomène économique où une activité génère des coûts sociaux non pris en compte par le marché, comme la pollution. Elle résulte d’un décalage entre le coût privé supporté par l’agent économique et le coût total supporté par la société.

Externalité positive : situation où une activité produit des bénéfices sociaux qui ne sont pas entièrement intégrés dans le marché, par exemple la diffusion de technologies propres. Elle se caractérise par un décalage entre le bénéfice privé et le bénéfice social.

Bénéfice social : avantage total pour la société résultant d’une activité économique, incluant les bénéfices privés et les bénéfices externes (positifs ou négatifs).

Coût social : ensemble des coûts supportés par la société liés à une activité économique, comprenant à la fois les coûts privés et les coûts externes (non internalisés par l’agent).

Technologie propre : innovation ou procédé qui minimise ou élimine les externalités négatives, notamment la pollution, en réduisant le coût social associé à l’activité.

Points essentiels

Les externalités négatives engendrent des coûts sociaux non pris en compte par le marché, comme la pollution. Par exemple, lorsqu’une entreprise pollue, elle ne supporte pas l’intégralité du coût que cette pollution impose à la société, ce qui conduit à une surproduction de cette activité par rapport au niveau socialement optimal.

Les externalités positives apportent des bénéfices sociaux, par exemple par la diffusion de technologies propres. Ces bénéfices ne sont pas toujours pleinement valorisés par le marché, ce qui peut conduire à une sous-production de ces activités ou innovations.

La distinction entre externalités négatives et positives est essentielle pour concevoir des politiques publiques adaptées. Les externalités négatives peuvent être corrigées par des taxes ou des réglementations visant à internaliser le coût social, tandis que les externalités positives peuvent être encouragées par des subventions ou des incitations financières pour augmenter leur diffusion.

À retenir

Identifier si une externalité est négative ou positive permet de cibler efficacement les interventions économiques, en utilisant des taxes pour réduire les externalités négatives ou des subventions pour promouvoir les externalités positives, afin d’atteindre un optimum social.

10. Taux d'actualisation et éthique

Notions clés & Définitions

Taux d'actualisation : taux qui permet de convertir des coûts ou bénéfices futurs en valeurs présentes, en tenant compte de la préférence pour le présent par rapport à l’avenir. Il influence directement la valorisation des impacts environnementaux à long terme.

Approche de Stern : méthode qui recommande un taux d’actualisation faible, environ 1,4 %, afin de mieux intégrer les enjeux climatiques et la justice entre générations. Elle repose sur une vision éthique qui privilégie la protection des générations futures.

Équité intergénérationnelle : principe selon lequel la société doit traiter de manière équitable les différentes générations, en tenant compte de leur droit à un environnement sain et à une qualité de vie comparable, indépendamment du moment de leur existence.

Valeur temps : concept économique qui reflète la préférence pour la consommation immédiate plutôt que future, traduite par le taux d’actualisation. Elle implique que les bénéfices ou coûts futurs ont une valeur moindre que ceux d’aujourd’hui.

Dépréciation du capital naturel : diminution de la valeur du capital environnemental, notamment des ressources naturelles, en raison de leur utilisation ou dégradation, ce qui impacte la capacité des générations futures à satisfaire leurs besoins.

Points essentiels

Le taux d'actualisation détermine la valeur actuelle des coûts et bénéfices futurs, ce qui influence fortement les décisions en matière environnementale. Un taux élevé réduit l’importance accordée aux impacts à long terme, tandis qu’un taux faible, comme dans l’approche de Stern, valorise davantage les effets futurs, justifiant des investissements immédiats pour la protection climatique. L’approche de Stern, en utilisant un taux faible, repose sur une justification éthique qui considère que la valorisation des générations futures doit être équivalente à celle des générations présentes, évitant ainsi de privilégier le présent au détriment du futur. La sélection du taux d’actualisation est ainsi un enjeu éthique majeur, car elle reflète la valeur que la société attribue aux générations futures, influençant la légitimité et la priorité des actions environnementales à long terme.

À retenir

L’éthique et l’économie se croisent dans le choix du taux d’actualisation, qui détermine la valeur accordée aux impacts futurs. Un taux faible, comme celui prôné par Stern, met en avant une responsabilité morale envers les générations à venir, alors qu’un taux plus élevé reflète une approche plus pragmatique et orientée marché.

11. Application du taux d'actualisation à la pollution marine

Notions clés & Définitions

Pollution marine : contamination des océans par des substances ou des déchets, notamment microplastiques, qui altèrent la qualité des écosystèmes marins et affectent les activités humaines dépendantes de la mer. Selon le contenu, cette pollution résulte notamment de la production de plastiques comme le Poly-X, dont la libération engendre des dommages futurs aux pêcheries mondiales.

Actualisation des dommages : processus permettant de convertir en valeur présente les coûts ou bénéfices futurs liés à une activité ou un phénomène, en utilisant un taux d’actualisation. Elle permet d’évaluer l’impact économique des dommages futurs de la pollution marine, comme ceux causés à la pêche dans 100 ans, en les ramenant à leur valeur aujourd’hui.

Coût social marginal de la pollution : estimation de la perte ou du dommage supplémentaire causé à la société par une unité additionnelle de pollution. Dans le cas présenté, chaque tonne de plastique libérée génère un coût social de 8 000 € en dommages futurs aux pêcheries mondiales, évalués à 100 ans.

Modélisation économique environnementale : approche analytique qui utilise des outils mathématiques et économiques pour représenter, analyser et prévoir les impacts environnementaux, notamment en intégrant la dimension temporelle via l’actualisation. Elle aide à concevoir des politiques efficaces pour la gestion durable des océans en tenant compte des coûts et bénéfices futurs.

Gestion durable des océans : ensemble de stratégies et de politiques visant à préserver la santé des écosystèmes marins tout en permettant une utilisation responsable des ressources océaniques. La modélisation économique environnementale contribue à cette gestion en évaluant les impacts à long terme et en guidant les décisions politiques.

Points essentiels

L’application du taux d’actualisation permet d’évaluer les coûts futurs de la pollution marine en valeur présente, en utilisant un taux d’actualisation qui reflète la préférence pour le présent par rapport au futur. Par exemple, dans le scénario présenté, le dommage futur de 8 000 € à 100 ans peut être converti en une valeur présente en appliquant un taux d’actualisation, ici de 5 % ou de 1 %, selon le contexte.

Une actualisation trop élevée (par exemple 5 %) sous-estime la valeur des dommages futurs, car elle réduit leur poids dans l’évaluation économique. Cela peut conduire à une sous-estimation des coûts à long terme, notamment des impacts sur les écosystèmes marins et les activités humaines dépendantes, comme la pêche.

Inversement, une actualisation faible (par exemple 1 %) maintient une forte importance aux dommages futurs dans le calcul économique. Elle tend à valoriser davantage les coûts à long terme, ce qui peut influencer la décision de limiter ou d’interdire la pollution marine pour préserver les ressources futures.

Le choix du taux d’actualisation influence directement la conception des politiques de gestion durable des océans. Un taux élevé tend à favoriser la poursuite de la pollution, en minimisant la valeur des dommages futurs, tandis qu’un taux faible incite à une réduction plus stricte de la pollution pour tenir compte de l’impact sur les générations futures.

À retenir

L’évaluation économique de la pollution marine dépend fortement du taux d’actualisation choisi. Un taux élevé réduit la perception de l’importance des dommages futurs, favorisant une gestion moins restrictive, alors qu’un taux faible valorise ces dommages, encourageant une politique plus prudente et durable. La décision sur la gestion des océans doit donc prendre en compte cette dimension éthique et économique liée à la temporalité.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1789(présence dans le résumé, mais pas explicitement mentionnée comme événement daté)
Mai 1968(présence dans le résumé, mais pas explicitement mentionnée comme événement daté)
IIIe siècle(présence dans le résumé, mais pas explicitement mentionnée comme événement daté)

Tableaux de Synthèse

Notions clés / DéfinitionsDescriptionConcepts associésCommentaires
Économie environnementaleÉtudie la relation entre activités économiques et environnement, visant à concevoir des politiques efficacesDéfaillance de marché, biens publics, capital naturel, consentement à payerSe concentre sur gestion durable et correction des défaillances
Externalité négativeCoût non internalisé par le marché, comme la pollutionCoût social marginal, externalité, marché des permis d’émissionJustifie intervention par taxation ou permis échangeables
Externalité positiveBénéfice non rémunéré par le marché, comme innovations vertesValorisation par WTP, subventionsNécessite encouragement via subventions ou crédits d’impôt
Efficience de ParetoAllocation où aucune amélioration ne peut se faire sans détériorer un autreAmélioration de Pareto, perte sèche (deadweight loss)Critère d’optimalité économique

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre externalité négative et positive : la première coûte à la société, la seconde lui profite.
  2. Supposer que le marché valorise toujours correctement l’environnement : il ne valorise souvent que partiellement ou pas du tout.
  3. Confondre coût privé marginal et coût social marginal : ce dernier inclut les externalités.
  4. Croire que l’efficience de Pareto implique une répartition égalitaire : ce n’est pas le cas.
  5. Oublier que la gestion des externalités peut nécessiter des outils réglementaires ou économiques spécifiques.
  6. Confondre la valeur sociale (WTP) avec la valeur privée : la première inclut les préférences sociales.
  7. Négliger que la correction des défaillances de marché vise aussi à atteindre une durabilité écologique.

Checklist Examen

  1. Définir l’économie environnementale et ses objectifs principaux.
  2. Expliquer ce qu’est une défaillance de marché et donner un exemple.
  3. Différencier biens publics et biens privés dans le contexte environnemental.
  4. Définir externalité négative et donner un exemple concret.
  5. Définir externalité positive et donner un exemple concret.
  6. Expliquer le rôle du coût social marginal dans l’analyse des externalités.
  7. Décrire le fonctionnement du marché des permis d’émission.
  8. Illustrer comment les externalités justifient une intervention publique.
  9. Définir l’efficience de Pareto et donner un exemple d’amélioration de Pareto.
  10. Expliquer ce qu’est une perte sèche (deadweight loss).
  11. Comprendre la différence entre coût privé marginal et coût social marginal.
  12. Connaître les outils économiques pour corriger les externalités (taxes, subventions, permis).
  13. Savoir ce qu’est la valeur sociale (WTP) dans l’évaluation environnementale.
  14. Identifier les différences entre économie écologique et économie environnementale si mentionnées.
  15. Connaître l’impact du taux d’actualisation sur l’évaluation des politiques environnementales.
  16. Savoir appliquer le concept de taux d’actualisation à la pollution marine si abordé dans le contexte.
  17. Maîtriser les notions fondamentales sur la gestion durable des ressources naturelles.
  18. Être capable d’identifier une externalité négative ou positive dans un exemple donné.
  19. Reconnaître les principaux instruments politiques pour gérer les externalités.
  20. Comprendre l’approche méthodologique en économie environnementale selon le résumé fourni.

Fin de la checklist

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à l'économie environnementale avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle est la définition de l'économie environnementale ?

2. Qu'est-ce qu'une externalité en économie ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à l'économie environnementale avec 22 flashcards interactives.

Économie environnementale — définition ?

Étudie la relation entre activités économiques et environnement.

Défaillance de marché — rôle ?

Explique pourquoi le marché ne valorise pas toujours l’environnement.

Biens publics — caractéristiques ?

Non excluables et non rivaux.

Voir les flashcards →

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