📋 Plan du Cours
- Entreprise, activités et formes juridiques
- Rôle de la comptabilité
- Bilan et patrimoine
- Classement de l’actif et du passif
- Amortissements et dépréciations
- Compte de résultat et charges
- TVA et opérations courantes
- Fonctionnement des comptes
- Personnel, effets et stocks
- Clôture de l’exercice et ajustements
- Dépréciations, provisions et sorties d’actif
- Normes comptables et IFRS
🔑 Notions clés & Définitions
- Entreprise : Une entreprise est une organisation dont l’activité vise à produire et/ou commercialiser des biens ou des services pour répondre à des besoins, parfois sans recherche systématique de bénéfice.
- Entreprise individuelle (en nom propre) : Une entreprise individuelle est une forme où l’exploitant agit sous son propre nom et où l’entreprise ne constitue pas un sujet de droit séparé.
- Société anonyme (SA) : Une SA est une société de capitaux dotée d’une personnalité juridique propre, où la responsabilité des actionnaires est en principe limitée à leurs apports.
- Société par actions simplifiée (SAS) : Une SAS est une société par actions dont les statuts offrent une grande liberté d’organisation, avec des règles moins strictes que la SA.
- Association loi 1901 : Une association régie par la loi de 1901 exerce une activité en commun, avec un but non lucratif portant sur l’interdiction de distribuer les profits.
📝 Points essentiels
- Dans la comptabilité, le type d’activité détermine surtout la qualification des stocks : les prestataires de services fournissent des services et ont en général peu ou pas de stocks ; les entreprises de négoce revendent des marchandises sans transformation ;
- Pour l’entreprise individuelle, aucun capital minimum n’est exigé et l’exploitant répond personnellement des dettes ; la loi du 12 mai 2010 permet une responsabilité limitée via une EIRL, avec des formalités juridiques.
- En 2023, l’INSEE recense 114 000 créations d’entreprises individuelles classiques et 667 500 microentreprises, soit 63 % des 1 051 500 entreprises créées en 2023.
- Pour la SA, il faut au moins 2 actionnaires (ou 7 si cotée) et le capital minimum est de 37 000 € (ou 225 000 € en cas d’appel public à l’épargne), le résultat est soumis à l’IS et l’affectation se fait en assemblée générale dans les 6 mois.
- Pour la SAS, les règles de fonctionnement sont fixées par les statuts, il n’y a pas de capital minimum ni l’obligation de 7 actionnaires comme en SA, et elle ne permet pas l’appel public à l’épargne.
- Pour l’association loi 1901, le but non lucratif interdit la distribution des profits mais n’empêche pas la réalisation de bénéfices, et si elle a une activité économique elle peut être soumise à la TVA et à l’IS.
💡 Astuce mémo
Services : pas (ou peu) de stocks ; Négoce : revente sans transformation ; Industrie : transformation → semi-finis/en-cours.
📖 2. Rôle de la comptabilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Information du public : La comptabilité produit des documents financiers pour informer les tiers (rentabilité et situation de l’entreprise) afin qu’ils puissent décider avec fiabilité.
- Information légale : La comptabilité fournit des données utiles au calcul des impôts et à la production d’informations macroéconomiques, et sert aussi de moyen de preuve en litige.
- Information des gestionnaires : La comptabilité fournit des indicateurs exploités par l’entreprise pour éclairer les décisions de gestion et orienter la stratégie.
- Plan comptable général : Le plan comptable général regroupe les règles à respecter et la liste des comptes à utiliser pour enregistrer les écritures au quotidien.
📝 Points essentiels
- Les documents de synthèse déposés au RCS sont ensuite publiés au BODDAC et deviennent consultables par le public, ce qui renforce la transparence financière.
- L’obligation de dépôt et publication des comptes ne concerne pas les exploitants individuels ni certaines structures comme les SNC/SCI, et des règles simplifiées existent pour les PME.
- La comptabilité alimente la centrale des bilans de la Banque de France, utilisée pour établir des statistiques nationales et éclairer les politiques publiques.
- Les documents comptables doivent être conservés au moins 10 ans car les délais de prescription en matière civile et commerciale atteignent souvent cette durée.
- Les règles comptables sont principalement regroupées dans le plan comptable général, en vigueur en grande partie depuis l’arrêté du 22 juin 1999, et complété pour l’harmonisation européenne dont IFRS.
- La période d’activité retenue pour la comptabilité est l’exercice (12 mois) avec possibilité de choisir une date de clôture, ce qui peut générer un exercice plus long ou plus court.
💡 Astuce mémo
Public (tiers) → Légal (impôts/preuves/stats) → Gestion (décisions).
📖 3. Bilan et patrimoine
🔑 Notions clés & Définitions
- Bilan : Le bilan est un état du patrimoine à la date de clôture qui présente la situation financière de l’entreprise à un instant donné.
- Actif : L’actif regroupe les emplois de l’entreprise, c’est-à-dire ce que ses ressources lui permettent de financer à la date du bilan.
- Passif : Le passif regroupe les origines des ressources accumulées par l’entreprise, classées selon leur nature et leur caractère permanent ou provisoire.
- Contrôle IFRS : Le contrôle IFRS remplace la logique de propriété pour qualifier certains éléments d’actif, sans changer l’idée générale pour la majorité des cas.
- Patrimoine : Le patrimoine correspond à la situation financière de l’entreprise à une date donnée, reflétée par la combinaison actif et passif du bilan.
📝 Points essentiels
- Le bilan doit être daté, car il décrit le patrimoine à une date précise et doit respecter une image sincère et fidèle du patrimoine à la clôture.
- Le bilan est équilibré : total de l’actif égal total du passif, ce qui permet de justifier chaque emploi par une origine de ressources.
- Le passif sépare les capitaux propres (ressources durables) des dettes (ressources provisoires à rembourser à terme).
- Sous les normes internationales, la logique de contrôle remplace la notion de propriété pour l’analyse de l’actif.
- Le rapprochement patrimoine→bilan s’exprime aussi par l’égalité : les éléments du bilan permettent de refléter la valeur économique à la clôture, une incohérence reviendrait à masquer la réalité du patrimoine.
💡 Astuce mémo
Actif = emplois (quoi financer), Passif = ressources (d’où ça vient), et Actif = Passif à la clôture.
📖 4. Classement de l’actif et du passif
🔑 Notions clés & Définitions
- Actif immobilisé : Un poste d’actif regroupe les biens et droits destinés à rester durablement dans l’entreprise.
- Actif circulant : Un poste d’actif regroupe les éléments destinés à être consommés ou cédés sur un cycle court.
- Capitaux propres : Une rubrique du passif regroupe les ressources appartenant aux associés, augmentées ou diminuées par le résultat.
- Dettes : Une rubrique du passif regroupe les obligations de l’entreprise envers des tiers à régler.
📝 Points essentiels
- Au bilan, l’actif est présenté en valeur brute, puis en amortissements et dépréciations, et enfin en valeur nette par différence.
- Les amortissements et dépréciations obligent à ne pas afficher à l’actif une valeur supérieure à la valeur actuelle des éléments.
- L’actif est classé en actif immobilisé et actif circulant, avec des comptes d’amortissements/dépréciations associés côté actif.
- Le passif se classe en capitaux propres puis en dettes, chacune correspondant à une origine différente des ressources.
- Au passif, les comptes de capitaux propres soulignés apparaissent avec un signe négatif, tandis que les autres montants apparaissent avec un signe positif même si leur solde est négatif.
- Un actif qui a pris de la valeur n’est en général pas réévalué au bilan pour des raisons fiscales, ce qui peut créer une tension avec l’exigence d’image fidèle.
💡 Astuce mémo
Immobilisé = reste, Circulant = tourne ; Brute → (Amos/Dép.) → Nette ; Passif = Propre (signe - quand souligné) puis Dettes.
📖 5. Amortissements et dépréciations
🔑 Notions clés & Définitions
- Dotations aux amortissements : Une charge comptable qui constate, sur l’exercice, l’usure ou la perte de valeur prévisible d’une immobilisation amortissable.
- Amortissements dérogatoires : Des amortissements enregistrés selon un rythme ou une durée exceptionnellement courts, permis par la loi, pour accélérer la prise en compte de l’usure.
- Dépréciations financières : Des charges qui reflètent la perte de valeur d’actifs financiers dépréciés, comme des participations dans des filiales.
- Pertes de valeur exceptionnelles : Des dépréciations comptabilisées lorsque la baisse de valeur d’un élément de l’actif résulte de circonstances exceptionnelles.
📝 Points essentiels
- Les amortissements sont repris en charges via les comptes de dotations (ex. 6811 pour les amortissements sur immobilisations) et correspondent à l’usure de l’outil de travail sur l’exercice.
- Les amortissements financiers portent sur les primes de remboursement liées à l’émission d’un emprunt obligataire.
- Les PPRC financiers (dans les charges financières) visent à anticiper une perte de change.
- Les dépréciations exceptionnelles (6876) sont utilisées quand la perte de valeur de l’actif provient de circonstances exceptionnelles, notamment des catastrophes naturelles.
- Les amortissements dérogatoires (68725) enregistrent la partie d’amortissement qui dépasse la traduction normale de l’usure, avec un caractère exceptionnel de constatation.
📖 6. Compte de résultat et charges
🔑 Notions clés & Définitions
- Charges : Les charges représentent une utilisation de ressources par l’entreprise, traduisant une baisse de l’actif net et donc une consommation de ressources.
- Comptes de charges classe 6 : Les comptes de charges sont des comptes de gestion qui apparaissent dans la partie gauche du compte de résultat et servent à enregistrer les charges de l’exercice.
- Reprise des charges : La reprise des charges est l’écriture de clôture qui solde les comptes de charges et fait remonter leur total dans le résultat de l’exercice.
📝 Points essentiels
- Les comptes de charges (classe 6) ont un solde qui augmente lorsqu’ils sont débités et diminue lorsqu’ils sont crédités, et ils sont normalement débiteurs à la clôture avant reprise.
- Lors de la clôture, les comptes de charges sont soldés par une écriture qui crédite ces comptes et débite le compte 120 pour le total des charges.
- Le compte 120 reçoit à son crédit le total des produits et à son débit le total des charges, ce qui détermine le résultat de l’exercice par son solde.
💡 Astuce mémo
Charges = “Gauche” du compte de résultat : on débite pour augmenter le solde, puis on crédite en clôture pour les remettre à zéro via la reprise des charges.
📖 7. TVA et opérations courantes
🔑 Notions clés & Définitions
- TVA collectée 44571 : Compte de passif utilisé pour enregistrer la TVA due à l’État quand l’entreprise facture la TVA à ses clients.
- TVA déductible 44562 44566 : Compte d’actif circulant utilisé pour enregistrer la TVA récupérable sur les achats lorsqu’une facture fournisseur mentionne une TVA déductible.
- Escomptes accordés 665 : Compte de charges qui enregistre les escomptes consentis aux clients lorsque l’escompte réduit le montant facturé.
- RRR accordés 709 : Compte de produits qui enregistre les réductions commerciales (rabais, remises, ristournes) accordées après coup via un avoir.
📝 Points essentiels
- La TVA collectée est créditée lors de la facturation et débité lors d’un avoir, puis la dette disparaît quand la TVA est déclarée sur la CA3.
- La TVA déductible est débitée à la réception d’une facture fournisseur avec TVA déductible et créditée lors d’un avoir fournisseur, puis la créance disparaît quand la TVA est déclarée sur la CA3.
- Pour une vente soumise à TVA, on débite le compte Clients pour le net à payer TTC, on crédite le compte de produit pour le net commercial HT, puis on crédite 44571 pour la TVA.
- Si un escompte est déduit sur la facture, l’escompte est enregistré au débit 665 tandis que la TVA collectée est calculée sur le montant HT net commercial.
- Lors d’un achat, on débite le compte de charges (classe 6) pour le montant HT récupérable si la TVA est déductible, ou TTC si elle ne l’est pas, puis on débite 44562/44566 pour la TVA déductible.
- Pour un escompte obtenu, il est comptabilisé au crédit 765, mais les IFRS imposent de ne pas l’enregistrer ainsi sur une immobilisation : il réduit directement la base amortissable inscrite en classe 2.
💡 Astuce mémo
TVA en miroir : 44571 (collectée) augmente au crédit, 44562/44566 (déductible) augmente au débit, et disparaît à la CA3.
📖 8. Fonctionnement des comptes
🔑 Notions clés & Définitions
- Escomptes obtenus : Les escomptes obtenus sont des diminutions liées au règlement anticipé, traitées en comptabilité selon qu’elles concernent des achats ou des immobilisations.
- RRR sur achats marchandises : Les remises et avoirs sur achats constituent des RRR qui corrigent le montant initial des achats lors de la réception d’un document modificatif.
- TVA déductible : La TVA déductible est la part de TVA que l’entreprise peut récupérer, selon le droit à déduction applicable à l’opération.
- Immobilisations TTC : La logique « immobilisations TTC » consiste à intégrer au coût d’une immobilisation la TVA non déductible, car elle ne peut pas être récupérée.
📝 Points essentiels
- Pour une facture d’achat avec escompte (ex. 1 %), l’escompte se calcule sur le brut HT et la TVA suit le HT net (ici : 2 000 × 1 % = 20, puis TVA 20 % sur 1 980).
- Lorsqu’il s’agit d’une immobilisation, les escomptes obtenus viennent en déduction du montant inscrit au débit du compte de classe 2 (règle IFRS mentionnée à partir du 01.01.2005).
- Si la TVA n’est pas déductible sur un véhicule non utilitaire (ex. Mégane : remise 10 % puis TVA non déductible), c’est le prix TTC qui sert de base comptable au coût de l’immobilisation.
- Quand la TVA est partiellement déductible (ex. gazole : 70 € TTC avec déduction à 80 %), la TVA déductible se calcule en prorata : 70/1,20 × 20 % × 80 % = 9,33 €, le reste en charge (60,67 €).
- Un avoir pour retour (ex. 120 € HT + 24 € TVA) s’enregistre « à l’envers » de la facture d’achat correspondante afin de corriger fournisseur et TVA.
- Un avoir pour remise ou pour escompte corrige le montant facturé via les comptes de RRR (ici : remise de 6 % donnant 360 € HT et 72 € TVA, ou escompte de 1 % donnant 45 € HT et 9 € TVA).
💡 Astuce mémo
Escompte = correction du HT, TVA suit le HT net ; TVA déductible sinon elle « colle » au coût (immobilisation TTC).
📖 9. Personnel, effets et stocks
🔑 Notions clés & Définitions
- Heures supplémentaires : Les heures supplémentaires sont des heures effectuées au-delà de la durée légale du travail, rémunérées normalement à un taux majoré.
- Heures complémentaires : Les heures complémentaires sont les heures travaillées au-delà de l’horaire normal d’un salarié à temps partiel, mais tant que l’horaire ne dépasse pas l’horaire légal.
- Congés payés : Les congés payés sont des jours de repos acquis au fil de la période de référence, avec des règles de prise incluant un congé principal et une “cinquième semaine”.
- Variation de stock : La variation de stock est l’écart entre le stock final et le stock initial, qui corrige le résultat en fin d’exercice via des comptes 603 ou 713.
📝 Points essentiels
- Les heures supplémentaires portent la durée légale au-delà de 35 heures hebdomadaires et s’effectuent en principe par semaine civile, avec majoration de 25% de la 36e à la 43e puis de 50% au-delà de la 43e.
- Les heures supplémentaires sont exonérées d’IR dans la limite de 5 000 € nets imposables par an (et exonérées de cotisations salariales vieillesse dans la limite de 11.31% du salaire) depuis le 01.12.2019.
- En l’absence d’accord, le contingent annuel d’heures supplémentaires est de 220 heures par an, et le repos compensateur dû au-delà du contingent est de 50% (entreprises de 20 salariés ou moins) ou 100% (au-delà de 20 salariés).
- La période de référence des congés payés va du 1er juin au 31 mai, et chaque mois travaillé (ou de congés pris) donne droit à 2,5 jours ouvrables, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) en année ordinaire.
- Un congé principal de 4 semaines consécutives (24 jours ouvrables) doit être pris entre le 1er mai et le 31 octobre, et la “cinquième semaine” doit être prise en dehors de cette période sauf fractionnement avec accord du salarié.
- La variation annuelle de stock se calcule par Δ=Stock Final−Stock Initial, et elle se traduit au résultat via 603 (stock acheté) ou 713 (stock fabriqué) en ajoutant ou soustrayant selon que le stock augmente ou diminue.
💡 Astuce mémo
603 = Achat : hausse de stock => charge en moins ; 713 = Fabrication : hausse de stock => produit en plus.
📖 10. Clôture de l’exercice et ajustements
🔑 Notions clés & Définitions
- Opérations d’inventaire : En clôture, ce sont les écritures passées pour mettre le bilan et le résultat en accord avec la réalité (stocks, amortissements, dépréciations, provisions, ajustements).
- Variation annuelle de stock : La différence entre la valeur du stock final et celle du stock initial qui corrige les charges et produits comptabilisés pendant l’exercice.
- Charges à payer : Des charges de l’exercice restant à enregistrer, certaines quant à l’objet mais avec montant ou échéance incertains, même si rien n’est encore payé.
- Produits constatés d’avance : Des produits de l’exercice suivant déjà enregistrés au crédit pendant l’exercice, qu’il faut neutraliser pour ne pas gonfler à tort le résultat de l’exercice clos.
📝 Points essentiels
- L’inventaire physique à la clôture sert à déterminer les quantités en stock, puis la valorisation du stock final dépend de la nature du stock : coût d’achat pour un stock acheté et coût de production pour un stock fabriqué.
- La variation annuelle s’écrit Δ=Stock Final−Stock Initial, et une hausse (Δ>0) traduit une partie des achats/charges restée en stock.
- Les ajustements obligatoires à la clôture rendent le résultat conforme à la période concernée et l’écriture doit être extournée le premier jour de l’exercice suivant en sens inverse.
- Les 4 catégories d’ajustements obligatoires sont : charges à payer, produits à recevoir, charges constatées d’avance et produits constatés d’avance.
- Pour les charges à payer (classe 6), on débite une charge de classe 6 et on crée une dette provisoire, puis l’extourne neutralise la charge pour basculer sur l’exercice suivant.
- Pour les charges et produits constatés d’avance (comptes 486 et 487), on constate une régularisation pour neutraliser la part qui concerne l’exercice suivant.
💡 Astuce mémo
Complément = à ajouter (charges à payer, produits à recevoir) ; Avance = à enlever (charges constatées d’avance, produits constatés d’avance).
📖 11. Dépréciations, provisions et sorties d’actif
🔑 Notions clés & Définitions
- Dépréciation : Une dépréciation est la constatation comptable d’une baisse de valeur d’un actif due à des causes dont les effets ne sont pas jugés irréversibles.
- Provisions pour risques et charges : Une provision pour risques et charges est une charge probable mais incertaine, dont la réalisation dépend d’événements survenus ou en cours à la clôture.
- Compte de dépréciation : Un compte de dépréciation est un compte d’actif permettant de retrancher la perte de valeur estimée pour obtenir la valeur nette au bilan.
- Reprise de dépréciation : Une reprise de dépréciation est l’écriture qui annule ou réduit la perte de valeur devenue injustifiée et qui augmente la valeur nette au bilan.
- Sortie d’actif : Une sortie d’actif est la disparition comptable d’une immobilisation cédée ou disparue du bilan, après régularisation des amortissements et constatation de la valeur comptable.
📝 Points essentiels
- À la clôture, les dépréciations doivent être constatées pour présenter une image fidèle, et elles suivent le principe de prudence car leur estimation peut rester incertaine.
- Les dotations aux dépréciations sont enregistrées au débit d’un compte 68 (nature selon l’actif) et compensées par un crédit d’un compte de dépréciation (29, 39, 49 ou 59) pour calculer la valeur nette.
- Pour une créance douteuse, l’impayé anticipe le risque en ne retenant que la partie HT, la TVA d’un impayé entraînant l’annulation de la TVA collectée.
- Les provisions pour risques et charges sont obligatoires et doivent couvrir des risques et charges nettement précisés, rendus probables mais dont la réalisation reste incertaine à la clôture.
- La reprise d’une provision (compte 78 selon la nature) augmente le résultat et implique en principe le reversement des impôts économisés lors de la dotation, pour la part devenue injustifiée.
- Lors d’une cession, le résultat exceptionnel se calcule par différence entre le produit de cession (775) et la valeur comptable de l’actif cédé (charge 675), après régularisation des amortissements au prorata temporis jusqu’à la date de cession.
💡 Astuce mémo
Dépréciation = baisse d’actif (HT en créances) ; Provision = risque/charge probable ; Sortie d’actif = valeur comptable (775 − 675).
📖 12. Normes comptables et IFRS
🔑 Notions clés & Définitions
- IFRS : Référentiel international de reporting financier utilisé pour présenter des états financiers selon des règles harmonisées.
- IASB : Organisme international chargé d’élaborer les normes IFRS, issues historiquement de l’IASC.
- IASC : Organisme international de normalisation créé en 1973, dont les normes IAS ont ensuite évolué vers les IFRS via l’IASB.
- Juste valeur : Principe de valorisation qui estime certains actifs et passifs à leur valeur de marché ou à une valeur estimée au moment considéré.
- Substance over form : Principe international qui privilégie la réalité économique de l’opération plutôt que sa présentation juridique.
📝 Points essentiels
- Les IFRS (fondées sur des critères économiques, dont la substance over form) se sont imposées progressivement à l’échelle internationale malgré des limites discutées après certains scandales financiers.
- En France, le règlement européen IFRS 2005 impose l’usage des IFRS pour les comptes consolidés des sociétés cotées à partir des exercices ouverts le 01.01.2005, tandis que les comptes individuels restent sans obligation au niveau européen.
- La France a choisi d’interdire aux entreprises non cotées de présenter leurs comptes individuels en IFRS, mais les groupes non cotés peuvent établir des comptes consolidés en IFRS sur option.
- La convergence PCG vers les IFRS modifie surtout les règles sur les actifs et leur amortissement, tout en conservant des options pour préserver la connexion comptabilité-fiscalité dans les comptes individuels.
- Les états financiers IFRS incluent bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie (optionnel en France), annexe et tout document utile à la compréhension des comptes.
- Pour l’information IFRS selon l’IASB, l’information doit être intelligible, pertinente, d’importance relative et fiable.
💡 Astuce mémo
IFRS = I(A)S B : Information Intelligible, Applicable (pertinente), Significative (importance relative), Fiable (reliable).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 12 mai 2010 | Ouverture de la responsabilité limitée via une EIRL (responsabilité limitée aux biens nécessaires à l’activité et aux biens à affectation mixte déclarés) |
| 22 juin 1999 | Arrêté : plan comptable en vigueur en grande partie |
| 01.01.2005 | Règlement IFRS 2005 : exercices ouverts à compter de cette date pour les comptes consolidés des sociétés cotées |
📊 Tableaux de synthèse
Amortissements vs dépréciations (idées de base)
| Critère | Amortissement | Dépréciation |
|---|
| Caractère de la perte de valeur | Perte de valeur normale, inévitable et définitive | Effets non jugés irréversibles ; ajustements possibles si la valeur reprend |
| Type d’actifs visés | Immobilisations (actif amortissable) | Peut concerner actifs circulants et immobilisations |
| Possibilité d’ajustement ultérieur | Pas présenté comme ajustable en reprise | Peut faire l’objet de reprises si la perte devient injustifiée |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la variation de stock Δ=Stock Final - Stock Initial : Δ>0 signifie hausse du stock, mais au compte 603/713 le signe comptable ne correspond pas directement au signe de Δ.
- Intervertir débit/crédit selon le type de compte : un compte d’actif/charge augmente au débit, tandis qu’un compte de passif/produit augmente au crédit.
- Croire que la TVA “augmente” le résultat : en principe, pour les assujettis, la TVA est neutre sur le résultat (HT en produits/charges, compensation collectée/déductible).
- Mélanger RRR (rabais/remises/ristournes) et escomptes : les RRR corrigent la marge (logique commerciale), alors que les escomptes relèvent de la gestion de trésorerie (financière).
- Compter une provision/dépréciation “sans inventaire” : comme ce sont des opérations d’inventaire, elles se constatent à la clôture, puis s’ajustent (dotations/reprises).
- Oublier que les amortissements s’enregistrent via 6811 puis un compte 28, et que la valeur nette au bilan est brute moins amortissements/dépréciations (pas une réévaluation).
- Traiter la sortie d’actif sans régulariser au préalable la période de cession : il faut d’abord la dotation complémentaire/prorata temporis puis le 775/675 pour le résultat de cession.
✅ Checklist Examen
- Définir “entreprise”, distinguer prestataires de services / vendeurs de biens de négoce / industriels (cycle et type de stocks).
- Expliquer les 3 finalités de la comptabilité (information du public, information légale, information des gestionnaires) et le rôle du plan comptable général (PCG) + notion d’exercice/12 mois et date de clôture.
- À partir de la définition, justifier le bilan daté, son équilibre Actif/Passif, la séparation capitaux propres vs dettes, et l’idée de contrôle IFRS (remplaçant la notion de propriété pour qualifier certains éléments).
- Savoir classifier au bilan : actif immobilisé vs circulant, capitaux propres vs dettes, et interpréter la présentation en brute puis amortissements/dépréciations puis nette (valeur nette au bilan).
- Construire la logique de comptabilisation des amortissements et dépréciations : obligation à la clôture, comptes de charges 6811/68… vs comptes de contrepartie d’amortissements/dépréciations 28/29/39/49/59, et rôle prudence/image fidèle.
- Maîtriser le compte de résultat : produits (classe 7) vs charges (classe 6), principe d’engagement vs trésorerie (BNC), et la détermination du résultat par différence + intégration en compte 120 (reprise produits/charges).
- Pour la TVA : écrire le schéma de neutralité (collectée 44571 crédit au moment facturation/avoir, déductible 44562/44566 débit à réception/avoir), puis appliquer exigibilité (ventes biens=livraison, services=encaissement) et déductibilité (conditions + exclusions).
- Sur une facture/avoir de vente ou d’achat : appliquer le traitement des RRR vs escomptes, ventiler HT/TTC, et utiliser les comptes de TVA et de produits/charges correspondants aux réductions et aux avoirs “à l’envers”.
- Connaître la mécanique effets de commerce : lettre de change/billet à ordre, et comptabiliser pour le débiteur (401/403/405 puis 512) et pour le bénéficiaire (411/413 puis 5113/5114 selon encaissement ou escompte).
- Pour le personnel : distinguer salaire (lien de subordination), rappeler que les honoraires/intérim n’entrent pas en “charges de personnel”, et connaître les écritures type liées à la paie (classe 6-7 selon traitements, comptes de personnel/tva/pas à établir non requis ici).
- Calculer et comptabiliser une variation de stock : Δ=Stock final - Stock initial, l’écriture de clôture (annulation stock initial puis constatation stock final via 603/713), et en déduire la marge brute et l’impact sur le résultat.
- Réaliser les opérations de clôture et d’inventaire : ajustements obligatoires (charges à payer/produits à recevoir vs charges/produits constatés d’avance avec extourne), dépréciations & reprises (68/29/78), provisions PPRC (68x/15x puis 78x), et sortie d’actif (prorata temporis + 775/675 pour résultat de cession).
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