Fiche de révision : Les défaillances du marché et leurs corrections

Plan du Cours

  1. Défaillances du marché
  2. Asymétries d'information
  3. Sélection adverse
  4. Aléa moral
  5. Externalités négatives
  6. Externalités positives
  7. Biens collectifs
  8. Biens communs
  9. Passager clandestin
  10. Interventions publiques

1. Défaillances du marché

Notions clés & Définitions

  • Défaillance du marché : Situation où le marché ne permet pas une allocation optimale des ressources, c’est-à-dire que les biens et services ne sont pas produits ou distribués de manière efficace, conduisant à une perte d’efficience économique.
  • Autorégulation du marché : Capacité du marché à s’équilibrer seul, sans intervention extérieure, grâce aux mécanismes de l’offre et de la demande. Selon certains économistes libéraux, le marché peut s’autoréguler pour atteindre une allocation optimale des ressources.
  • Rôle de l’État dans la correction des défaillances du marché : Intervention de l’État pour remédier aux situations où le marché ne fonctionne pas efficacement, notamment par la mise en place de mécanismes pour internaliser les externalités, réduire les asymétries d’information ou fournir des biens collectifs.

Points essentiels

  • La théorie économique libérale considère que le marché s’autorégule naturellement, mais certains économistes (non nommés dans le texte) ont démontré que sans intervention, il peut présenter des défaillances empêchant une répartition optimale des ressources.
  • La défaillance du marché peut résulter de plusieurs causes, notamment les externalités (positives ou négatives), les biens collectifs ou les asymétries d’information (voir autres sections).
  • La régulation publique vise à pallier ces défaillances, par exemple en internalisant les externalités via des taxes ou en fournissant des biens non excluables ou non rivaux.
  • La capacité du marché à s’autoréguler est contestée dans le contexte des externalités négatives (pollution), des biens publics ou des asymétries d’information, où l’intervention de l’État est souvent nécessaire.

À retenir

La défaillance du marché désigne une situation où le marché seul ne parvient pas à assurer une allocation efficace des ressources, justifiant l’intervention de l’État pour corriger ces imperfections et atteindre une meilleure efficacité économique.

2. Asymétries d'information

Notions clés & Définitions

  • Asymétrie d'information : Situation où une partie présente sur un marché (offreurs ou demandeurs) possède des informations que l'autre partie ne détient pas, ce qui peut entraîner des défaillances du marché (source : chapitre V).
  • Sélection adverse (ou antisélection) : Phénomène où, en raison d'une asymétrie d'information, les produits ou risques de mauvaise qualité ou plus risqués ont tendance à chasser les bons, pouvant conduire à la disparition du marché (source : chapitre V).
  • Aléa moral : Situation où un agent, protégé partiellement du risque après un échange, adopte un comportement imprudent, sachant qu'il ne supporte pas entièrement les conséquences (source : chapitre V).
  • Rôle de l'État dans la réduction des asymétries d'information : Actions telles que la mise en place de contrôles techniques, de labels de qualité ou d'affichage des caractéristiques pour limiter l'effet des asymétries et améliorer l'efficience du marché (source : chapitre V).
  • Externalités négatives : Conséquences négatives d'une activité non compensées par le marché, souvent liées à des asymétries d'information où les coûts ne sont pas internalisés par les producteurs ou consommateurs (source : chapitre V).

Points essentiels

  • L'asymétrie d'information survient lorsque l'une des parties connaît mieux certains aspects du produit ou du risque que l'autre, ce qui peut entraîner des défaillances du marché telles que la sélection adverse ou l'aléa moral.
  • La sélection adverse est illustrée par le marché des voitures d'occasion, où le vendeur connaît la qualité du véhicule, mais l'acheteur non, ce qui peut conduire à une crise de confiance et à la disparition du marché.
  • L'État peut intervenir pour réduire ces asymétries via des contrôles techniques, des labels ou des dispositifs d'information, afin d'améliorer la transparence et la qualité des échanges.
  • L'aléa moral apparaît après la transaction, lorsque l'agent protégé adopte un comportement risqué, comme un conducteur assurée qui conduit imprudemment, ou un patient qui surconsomme des soins.
  • La réduction de l'aléa moral peut passer par des mécanismes comme le système de bonus-malus ou la différenciation des contrats d'assurance, incitant à un comportement responsable.
  • La présence d'asymétries d'information et d'externalités négatives justifie l'intervention publique pour internaliser les coûts ou inciter à des comportements plus responsables, notamment par la taxation ou la réglementation.

À retenir

Les asymétries d'information déséquilibrent le marché en favorisant la sélection adverse et l'aléa moral, mais l'intervention de l'État, par des mesures d'information et de régulation, permet d'atténuer ces défaillances et d'améliorer l'efficience économique.

3. Sélection adverse

Notions clés & Définitions

  • Sélection adverse (antisélection) : phénomène où, en raison d'une asymétrie d'information, les mauvais produits ou risques ont tendance à chasser les bons, pouvant conduire à la disparition du marché. (source : Chapitre V, dossier 1)

  • Asymétrie d'information : situation où une partie d’un marché détient des informations que l’autre ne possède pas, ce qui peut entraîner des défaillances comme la sélection adverse ou l’aléa moral. (source : Chapitre V, introduction)

  • Contrôle technique / Labels de qualité : mécanismes mis en place par l’État pour réduire l’asymétrie d’information, notamment sur le marché des voitures d’occasion, afin d’éviter la sélection adverse. (source : Chapitre V, dossier 1)

  • Effet de la sélection adverse : lorsque les mauvaises qualités ou risques dominent le marché, ce qui peut entraîner la disparition des bons produits ou risques, voire la disparition du marché lui-même. (source : Chapitre V, dossier 1)

  • Disparition du marché : conséquence possible de la sélection adverse, lorsque la présence de mauvais risques ou produits pousse les acteurs à se retirer, rendant le marché non viable. (source : Chapitre V, dossier 1)

Points essentiels

  • La sélection adverse apparaît principalement dans des marchés où l’asymétrie d’information est forte, comme celui des voitures d’occasion, où le vendeur connaît mieux la qualité du véhicule que l’acheteur. Cela favorise la vente de mauvaises voitures, car les bons produits sont évincés ou leur prix baisse, ce qui peut conduire à la disparition du marché (exemple du marché des voitures d’occasion).

  • La réduction de cette asymétrie peut être assurée par l’État via des contrôles techniques, des labels ou un affichage des caractéristiques, permettant d’améliorer la transparence et d’éviter la sélection adverse.

  • La sélection adverse peut entraîner une défaillance du marché, car elle déforme la répartition optimale des ressources, en favorisant les risques ou produits de mauvaise qualité, et peut conduire à la disparition totale du marché si la situation perdure.

  • La théorie de la sélection adverse est liée à la notion d’asymétrie d’information, qui est une cause majeure de défaillance du marché, selon Chapitre V.

À retenir

La sélection adverse est une défaillance du marché causée par une asymétrie d’information, où les mauvais risques ou produits finissent par dominer, menaçant la viabilité du marché si aucune mesure corrective n’est mise en place.

4. Aléa moral

Notions clés & Définitions

  • Aléa moral : comportement imprudent d'un agent économique (particuliers ou entreprises) qui, en étant partiellement protégé contre le risque après l’échange, adopte des comportements à risque. Exemple : un skieur hors-piste ou un conducteur assuré qui prend des risques en sachant qu’il sera secouru ou indemnisé. Source : Chapitre V, effets des asymétries d’information.

  • Mécanismes pour limiter l’aléa moral : dispositifs mis en place pour réduire ce comportement, tels que le bonus-malus, la différenciation des contrats d’assurance, ou encore la franchise. Ces outils visent à aligner les intérêts de l’assuré avec ceux de l’assureur en rendant le comportement à risque moins avantageux. Source : Chapitre V, solutions pour limiter l’aléa moral.

  • Bonus-malus : système de tarification différenciée en assurance où la prime augmente après un sinistre (malus) et diminue en l’absence de sinistre (bonus). Il incite l’assuré à adopter un comportement prudent pour bénéficier d’une prime plus faible. Source : Chapitre V, solution pour limiter l’aléa moral.

  • Différenciation des contrats : pratique consistant à proposer différents types de contrats (ex : prime d’assurance élevée avec franchise faible ou prime faible avec franchise élevée) pour encourager les bons conducteurs à rester et dissuader les mauvais. Source : Chapitre V, mécanisme pour limiter l’aléa moral.

Points essentiels

  • L’aléa moral apparaît après la conclusion d’un contrat, lorsque l’agent protégé (par exemple, un assuré) modifie son comportement en prenant plus de risques, sachant qu’il sera partiellement indemnisé ou secouru. Source : Chapitre V, effets de l’aléa moral.

  • La présence d’aléa moral peut conduire à une sélection adverse, où les mauvais risques (ex : mauvais conducteurs) sont plus enclins à souscrire une assurance, ce qui augmente le coût pour l’assureur et peut menacer la viabilité du marché. Source : Chapitre V, asymétries d’information.

  • Les mécanismes comme le bonus-malus ou la différenciation des contrats ont pour objectif d’inciter à un comportement prudent, en rendant le coût d’un comportement à risque plus élevé pour l’assuré. Source : Chapitre V, solutions proposées.

  • La différenciation des contrats permet de faire payer plus cher les mauvais conducteurs tout en offrant des primes plus avantageuses aux bons conducteurs, limitant ainsi l’effet de l’aléa moral. Source : Chapitre V, mécanisme de prévention.

À retenir

L’aléa moral survient lorsque la protection contre un risque incite à adopter un comportement imprudent, mais il peut être atténué par des mécanismes comme le bonus-malus ou la différenciation des contrats, qui alignent mieux les intérêts de toutes les parties.

5. Externalités négatives

Notions clés & Définitions

  • Externalité négative : conséquence négative d'une activité non compensée par le marché, qui engendre des coûts pour la collectivité sans que ces coûts soient pris en charge par les producteurs ou consommateurs.
  • Pollution plastique : exemple d'externalité négative, résultant d'une activité de production et de consommation, qui cause des effets néfastes sur l'environnement, la biodiversité et la santé humaine, sans que ces coûts soient internalisés par les acteurs responsables.
  • Coût social : ensemble des coûts supportés par la société liés à une activité économique, souvent supérieur au coût privé supporté par le producteur ou le consommateur, notamment dans le cas d'externalités négatives.
  • Externalité positive (voir section 6) : conséquence positive d'une activité non rémunérée par le marché, qui bénéficie à la collectivité sans contrepartie financière.
  • Internalisation (voir section 10) : processus par lequel on fait supporter à l'activité responsable les coûts ou bénéfices qu'elle engendre, par exemple via une taxe ou une subvention, afin de corriger une externalité négative.
  • Tragédie des biens communs (voir section 8) : phénomène où la rivalité et la non-excluabilité des ressources naturelles conduisent à leur surexploitation, souvent associé à des externalités négatives comme la dégradation de l’environnement.

Points essentiels

  • Les externalités négatives sont des effets secondaires non pris en compte dans le prix de marché, ce qui entraîne une allocation inefficace des ressources.
  • La pollution plastique illustre cette défaillance : la production et la consommation génèrent des déchets qui polluent les océans, nuisent à la biodiversité et ont des coûts sanitaires, économiques et environnementaux non supportés par les responsables.
  • La gestion des externalités négatives nécessite souvent une intervention publique, notamment par la mise en place de taxes ou de réglementations, afin d’inciter les acteurs à internaliser ces coûts (principe du pollueur-payeur).
  • La difficulté réside dans l’évaluation précise des coûts sociaux et la mise en œuvre efficace de mesures correctives.
  • La pollution par le plastique est un exemple concret où le coût social n’est pas pris en charge par les producteurs ou consommateurs, illustrant la nécessité d’une intervention pour réduire cette externalité négative.

À retenir

Les externalités négatives représentent une défaillance du marché où les coûts pour la société ne sont pas intégrés dans le prix, nécessitant une intervention pour aligner coûts privés et coûts sociaux.

6. Externalités positives

Notions clés & Définitions

  • Externalité positive : conséquence bénéfique d'une activité de production ou de consommation qui n'est pas rémunérée par le marché, c'est-à-dire que les bénéficiaires ne versent pas de compensation.
    Exemple : la pollinisation par les abeilles d’un apiculteur, qui favorise la croissance des arbres fruitiers voisins.

  • Problème du gain privé inférieur au gain social : situation où le bénéfice total pour la société (gain social) d’une activité est supérieur au bénéfice individuel ou privé perçu par l’agent qui la réalise, ce qui peut conduire à une sous-production ou sous-consommation.
    Exemple : la recherche et développement, où les connaissances produites profitent à tous mais le financier ne récupère qu’une partie de ces bénéfices.

  • Solution des brevets : mécanisme permettant de protéger temporairement les inventeurs en leur conférant un monopole d’exploitation, afin d’inciter à l’innovation en leur garantissant un gain privé plus proche du gain social.
    Auteur : PERROUX (date) : souligne que les brevets internalisent l’externalité positive en rémunérant l’inventeur.

Points essentiels

  • Les externalités positives résultent d’activités qui génèrent des bénéfices pour la collectivité sans que ces bénéfices soient rémunérés par le marché, ce qui conduit à une sous-production ou sous-consommation par rapport à l’optimum social.
  • La recherche et développement est un exemple clé d’externalité positive, où le gain social dépasse le gain privé, justifiant une intervention publique pour encourager l’innovation.
  • La mise en place de brevets est une solution classique pour internaliser cette externalité, en assurant une rémunération à l’inventeur et en stimulant l’investissement dans la recherche.
  • La problématique centrale est que le gain privé de l’agent qui réalise l’activité est inférieur au gain social total, ce qui justifie une intervention pour aligner ces deux niveaux.
  • La théorie économique insiste sur le rôle des politiques publiques (subventions, crédits d’impôt, brevets) pour encourager ces activités bénéfiques pour la société.

À retenir

Les externalités positives justifient l’intervention publique pour encourager des activités dont les bénéfices dépassent ceux directement perçus par les agents, notamment par la protection des innovations via les brevets.

7. Biens collectifs

Notions clés & Définitions

  • Bien collectif : bien non rival et non excluable, dont la consommation par une personne n'empêche pas celle des autres, et pour lequel il est difficile ou impossible d'exclure certains bénéficiaires.
    Exemple : défense nationale, phares, feux d'artifice.
    Point essentiel : leur production est difficile par le marché en raison de la non-excluabilité et de la non-rivalité (voir rappel).

  • Non rivalité : caractéristique d’un bien dont la consommation par une personne n’en diminue pas la disponibilité pour les autres.
    Exemple : l’éclairage d’une salle de classe éclairée.

  • Non excluabilité : propriété d’un bien pour laquelle il est impossible ou coûteux d’empêcher quelqu’un de bénéficier de ses avantages.
    Exemple : la défense nationale, les feux d’artifice.

  • Difficulté de production par le marché : situation où la non-excluabilité et la non-rivalité empêchent la réalisation d’un profit par une entreprise, car il est difficile de faire payer les bénéficiaires ou de limiter l’accès.

  • Ressources naturelles (biens communs) : ressources qui sont rivales (leur consommation par un individu réduit la disponibilité pour les autres) et non excluables (impossible de limiter l’accès).
    Exemple : forêts, poissons, qualité de l’air.

Points essentiels

Les biens collectifs sont caractérisés par leur non rivalité et leur non excluabilité, ce qui pose un problème pour leur production dans une économie de marché. La non-rivalité signifie que leur consommation par une personne n’affecte pas la consommation par une autre, tandis que la non-excluabilité rend difficile la mise en paiement ou la restriction d’accès.

Ce double aspect entraîne une difficulté pour les producteurs à réaliser un profit, car ils ne peuvent pas facilement faire payer les bénéficiaires, ce qui justifie souvent l’intervention publique. La production de biens collectifs est souvent assurée par l’État, notamment pour des biens publics comme la défense nationale ou la sécurité, afin de pallier l’échec du marché.

Les ressources naturelles, en tant que biens communs, illustrent aussi ces caractéristiques : rivales mais non excluables, ce qui mène à la surexploitation et à la "tragédie des biens communs" (ex : surpêche, déforestation).

À retenir

Les biens collectifs sont difficiles à produire par le marché en raison de leur non rivalité et non excluabilité, ce qui justifie souvent une intervention publique pour garantir leur fourniture.

8. Biens communs

Notions clés & Définitions

  • Bien commun : Bien rival mais non excluable, dont la consommation par une personne réduit la disponibilité pour les autres, et auquel il est difficile d'empêcher l'accès.
  • Rivalité : Caractéristique d’un bien dont la consommation par une personne empêche ou diminue la consommation par une autre.
  • Non excluabilité : Caractéristique d’un bien dont il est impossible ou coûteux d’empêcher l’accès à certains usagers.
  • Tragédie des biens communs : Phénomène de surexploitation d’un bien rival et non excluable, menant à sa dégradation ou disparition (ex : surpêche, déforestation, réchauffement climatique).
  • Externalité négative : Conséquence négative d’une activité non compensée par le marché, souvent liée aux biens communs, comme la pollution ou la dégradation des ressources naturelles (ex : pollution plastique, déforestation).
  • Passager clandestin : Comportement d’un agent qui profite d’un bien commun ou collectif sans en contribuer au financement ou à la gestion, favorisant la surexploitation (ex : pays refusant de réduire leurs émissions de CO2).

Points essentiels

Les biens communs sont caractérisés par leur rivalité et leur non excluabilité, ce qui pose un problème pour leur gestion. La rivalité implique qu’une utilisation excessive par certains peut réduire la disponibilité pour tous, menant à la surexploitation. La non excluabilité empêche souvent la mise en place de mécanismes de marché efficaces pour leur gestion, favorisant la tragédie des biens communs, comme illustré par la surpêche ou le changement climatique. La difficulté à limiter l’accès ou à faire payer leur utilisation entraîne une externalité négative, où les coûts de leur dégradation ne sont pas internalisés par les usagers. La problématique du passager clandestin accentue ces risques, car certains pays ou acteurs profitent sans contribuer à la préservation, aggravant la dégradation des ressources naturelles.

À retenir

Les biens communs, par leur rivalité et leur non excluabilité, nécessitent une intervention publique ou collective pour éviter leur surexploitation et préserver leur disponibilité pour les générations futures.

9. Passager clandestin

Notions clés & Définitions

  • Passager clandestin : Comportement consistant à profiter d’un bien collectif ou commun sans en contribuer au financement, en espérant que d’autres le feront à sa place. Exemple : un pays qui refuse de réduire ses émissions de CO2 en comptant sur les efforts des autres, ce qui nuit à la coopération internationale et à la gestion des biens communs.

  • Bien commun : Bien rival mais non excluable, dont l’utilisation par une personne réduit la disponibilité pour les autres, et auquel il est difficile d’empêcher l’accès. Exemple : ressources naturelles comme l’air ou les océans.

  • Externalité négative : Conséquence négative d’une activité non compensée par le marché, entraînant des coûts pour la collectivité. Exemple : pollution plastique, qui cause des dégâts environnementaux et sanitaires sans que les producteurs ou consommateurs en supportent le coût.

  • Ressources naturelles : Biens communs caractérisés par leur rivalité (leur consommation par certains réduit leur disponibilité pour d’autres) et leur non-excluabilité (impossibilité d’empêcher leur accès). Exemple : forêts, poissons, qualité de l’air.

  • Tragédie des biens communs : Surexploitation de ces biens en raison de leur rivalité et non-excluabilité, menant à leur dégradation ou disparition (ex : surpêche, réchauffement climatique).

Points essentiels

  • Le comportement de passager clandestin apparaît souvent dans le contexte des biens communs, où la non-excluabilité et la rivalité favorisent la surexploitation (ex : gestion des ressources naturelles, pollution). La caractéristique de non-excluabilité empêche souvent la mise en place de mécanismes de financement ou de régulation efficaces, ce qui mène à la "tragédie des biens communs".

  • La coopération internationale est compliquée par le phénomène de passager clandestin, notamment dans la lutte contre le changement climatique, où certains pays refusent de réduire leurs émissions de CO2 en espérant que d’autres prendront l’initiative, ce qui compromet la gestion collective des biens communs.

  • La gestion des externalités négatives, comme la pollution, nécessite une intervention publique (ex : taxe du pollueur-payeur) pour internaliser ces coûts et limiter le comportement de passager clandestin.

À retenir

Le passager clandestin est un obstacle majeur à la gestion efficace des biens communs et à la coopération internationale, car il incite certains acteurs à profiter des ressources ou des efforts collectifs sans y contribuer, aggravant ainsi la dégradation des biens communs.

10. Interventions publiques

Notions clés & Définitions

  • Intervention publique : Actions de l'État visant à corriger les défaillances du marché, notamment par la mise en place de mécanismes pour améliorer l’allocation des ressources et limiter les effets négatifs des externalités (voir section 5, externalités négatives).
  • Internalisation des externalités : Processus par lequel l’État impose des taxes ou des réglementations pour faire supporter aux producteurs ou consommateurs le coût ou le bénéfice social de leur activité, conformément au principe du pollueur-payeur (voir Dossier 3, externalités négatives).
  • Mécanismes pour limiter la sélection adverse et l’aléa moral : Outils tels que l’assurance publique obligatoire, le ticket modérateur, et la franchise, permettant de réduire les comportements imprudents ou déloyaux des agents économiques après l’échange (voir section 4, aléa moral, et section 3, sélection adverse).

Points essentiels

  • La légitimité de l’intervention publique repose sur la nécessité de pallier les défaillances du marché, notamment en internalisant les externalités négatives par la taxation, conformément au principe du pollueur-payeur (PERROUX, 1960).
  • Pour limiter la sélection adverse, l’État peut imposer une assurance publique obligatoire, ce qui évite que seuls les risques élevés soient assurés, et mettre en place des tickets modérateurs ou des franchises pour responsabiliser les assurés et réduire les comportements à risque (AUTEUR).
  • Ces mécanismes visent à aligner les intérêts privés avec l’intérêt social, en réduisant les comportements opportunistes et en assurant une meilleure allocation des ressources, notamment dans le domaine de la santé ou de la protection de l’environnement.

À retenir

L’intervention publique, par la taxation des externalités et la mise en place de mécanismes de contrôle, permet de corriger les défaillances du marché en internalisant les coûts ou bénéfices sociaux, tout en limitant la sélection adverse et l’aléa moral pour favoriser une allocation optimale des ressources.

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésConcepts associésAuteur / Référence
Défaillances du marchéSituation où le marché ne permet pas une allocation optimale des ressourcesExternalités, biens collectifs, asymétries d'informationNon spécifié
Asymétries d'informationPartie détient plus d’informations que l’autre, entraînant défaillancesSélection adverse, aléa moralChapitre V
Sélection adverseMauvaises qualités ou risques dominent, menant à la disparition du marchéContrôles techniques, labelsChapitre V
Aléa moralAgent adopte un comportement risqué après la transactionBonus-malus, différenciation des contratsChapitre V

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre sélection adverse et aléa moral : la première concerne la qualité du produit ou risque avant la transaction, la seconde concerne le comportement après la transaction.
  2. Croire que le marché s’autorégule toujours efficacement : certains défaillances nécessitent une intervention.
  3. Sous-estimer le rôle de l’État dans la réduction des asymétries d’information par des labels ou contrôles.
  4. Confondre externalités positives et négatives : les premières apportent un bénéfice social, les secondes un coût.
  5. Penser que les biens publics sont toujours fournis par le marché : ils nécessitent souvent une intervention publique.
  6. Omettre que la réduction de l’asymétrie d’information peut limiter la sélection adverse et l’aléa moral.
  7. Confondre passager clandestin avec externalités : le passager profite sans contribuer, alors que les externalités concernent des coûts ou bénéfices non internalisés.

Checklist Examen

  • Connaître la définition de la défaillance du marché selon la théorie libérale et ses causes principales (externalités, biens collectifs, asymétries d’information).
  • Maîtriser la notion d’autorégulation du marché et ses limites.
  • Expliquer le rôle de l’État dans la correction des défaillances du marché, notamment par l’internalisation des externalités.
  • Définir et distinguer asymétries d’information, sélection adverse et aléa moral.
  • Illustrer la sélection adverse avec l’exemple du marché des voitures d’occasion.
  • Identifier les mécanismes publics pour réduire l’asymétrie d’information (contrôles, labels, affichages).
  • Comprendre le concept d’externalités négatives et positives, avec exemples.
  • Connaître la différence entre biens collectifs et biens communs.
  • Définir le passager clandestin et ses implications.
  • Expliquer la nécessité d’interventions publiques pour pallier les défaillances du marché.
  • Maîtriser la théorie de Perroux sur la croissance économique.
  • Revoir les principales interventions publiques pour corriger les défaillances.
  • Vérifier la maîtrise des notions clés de chaque auteur ou référence mentionnée dans le contenu.

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1. Qu'est-ce qu'une défaillance du marché ?

2. Qu'est-ce qu'une défaillance du marché selon la théorie économique libérale ?

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Défaillance du marché — définition ?

Situation où le marché n'alloue pas efficacement les ressources.

Défaillance du marché — définition?

Marché ne permettant pas une allocation optimale.

Asymétries d'information — rôle ?

Créent des défaillances en favorisant la sélection adverse et l’aléa moral.

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