QCM : Pensée économique classique et critique — 19 questions

Questions et réponses du QCM

1. Selon P. Bairoch, de combien la production industrielle s’est-elle multipliée entre 1700 et 1900 ?

Par 8
Par 16
Par 12
Par twenty

Par 16

Explication

P. Bairoch estime que la production industrielle a été multipliée par 16 entre 1700 et 1900. Les autres coefficients ne correspondent pas à l’ampleur indiquée pour cette transformation industrielle.

2. Quel enchaînement décrit le mieux les effets de la mécanisation sur la société industrielle ?

Hausse de la productivité, urbanisation et transformation du travail
Stagnation de la productivité, urbanisation et recul du travail industriel
Baisse de la productivité, exode urbain et maintien des métiers
Hausse des salaires, dépeuplement urbain et disparition des usines

Hausse de la productivité, urbanisation et transformation du travail

Explication

La mécanisation accroît la productivité, favorise l’urbanisation et modifie l’organisation du travail industriel. Elle ne provoque donc pas un exode urbain ni une stagnation générale de la productivité.

3. Quelle chronologie des droits sociaux est correcte en France ?

Le droit de grève est reconnu en 1864 et le droit syndical en 1884
Les deux droits sont reconnus simultanément en 1864
Le droit syndical est reconnu en 1864 et le droit de grève en 1884
Le droit de grève est reconnu en 1884 et le droit syndical en 1901

Le droit de grève est reconnu en 1864 et le droit syndical en 1884

Explication

Le droit de grève est reconnu en 1864, tandis que le droit syndical l’est en 1884. La confusion entre ces deux dates inverse les deux étapes de la reconnaissance juridique.

4. Que désigne la division du travail au sens microéconomique ?

La répartition de la production entre des tâches spécialisées
La spécialisation des pays selon leurs ressources naturelles
La fixation des salaires par les institutions publiques
La séparation des marchés selon les niveaux de revenu

La répartition de la production entre des tâches spécialisées

Explication

À l’échelle microéconomique, la division du travail répartit la production entre des tâches spécialisées. La spécialisation entre pays relève plutôt de la division internationale du travail.

5. Comment l’étendue du marché peut-elle favoriser les gains de productivité selon Smith ?

Elle limite l’accumulation pour maintenir les prix à leur niveau initial
Elle remplace la spécialisation par une production organisée à petite échelle
Elle réduit l’investissement afin de préserver les méthodes traditionnelles
Elle soutient l’accumulation, l’investissement et la spécialisation des tâches

Elle soutient l’accumulation, l’investissement et la spécialisation des tâches

Explication

Pour Smith, un marché plus étendu permet l’accumulation du capital, l’investissement et une spécialisation accrue, ce qui favorise la division du travail et la productivité. Les autres réponses associent à tort l’extension du marché à un recul de l’investissement ou de la spécialisation.

6. Comment Smith relie-t-il l’intérêt personnel et l’intérêt collectif ?

L’intérêt personnel peut contribuer à l’intérêt collectif dans un cadre institutionnel
L’intérêt personnel produit l’intérêt collectif en dehors de toute règle sociale
L’intérêt personnel conduit principalement à supprimer les institutions économiques
L’intérêt collectif exige que les individus renoncent à toute recherche personnelle

L’intérêt personnel peut contribuer à l’intérêt collectif dans un cadre institutionnel

Explication

Chez Smith, l’amour de soi peut orienter les actions individuelles vers des effets collectifs, mais les institutions et les contraintes sociales encadrent ce mécanisme. Il ne s’agit donc pas d’une absence de règles ni d’un rejet des institutions.

7. Que signifie l’avantage comparatif dans l’analyse de Ricardo ?

Un pays se spécialise dans tous les biens où sa productivité dépasse celle des autres
Un pays se spécialise dans la production où il est le meilleur ou le moins mauvais
Un pays privilégie la production dont le prix intérieur est le plus élevé
Un pays abandonne les échanges lorsqu’il présente une productivité inférieure

Un pays se spécialise dans la production où il est le meilleur ou le moins mauvais

Explication

L’avantage comparatif conduit un pays à se spécialiser dans la production où sa productivité du travail est relativement la plus favorable, qu’il soit le meilleur ou le moins mauvais. Il ne suppose pas qu’un pays soit supérieur dans toutes les productions.

8. Quelles relations résument la loi des débouchés de J. B. Say ?

Y=C−SY = C - S et D=E−ID = E - I
Y=C+SY = C + S et D=E+ID = E + I
Y=E+IY = E + I et D=C+SD = C + S
Y=C+IY = C + I et D=E+SD = E + S

$$Y = C + S$$ et $$D = E + I$$

Explication

Selon Say, le revenu se décompose en consommation et épargne, soit Y=C+SY = C + S, tandis que la demande comprend les dépenses et l’investissement, soit D=E+ID = E + I. Les autres associations intervertissent ou soustraient les composantes.

9. Quelle conception de la monnaie est associée à J. B. Say ?

La monnaie détermine la production réelle et rend les prix nominaux indépendants de sa quantité
La monnaie provoque les crises de débouchés en réduisant nécessairement la consommation
La monnaie facilite les échanges, reste neutre pour la production réelle et agit surtout sur les prix nominaux
La monnaie remplace l’épargne et supprime le rôle de l’investissement dans la demande

La monnaie facilite les échanges, reste neutre pour la production réelle et agit surtout sur les prix nominaux

Explication

Pour Say, la monnaie est un voile qui facilite les échanges sans modifier la production réelle, tandis que sa quantité influence principalement les prix nominaux. Cette conception s’oppose à l’idée que la monnaie déterminerait directement la production réelle.

10. Quels facteurs Malthus met-il en avant pour expliquer la baisse des salaires ?

La baisse des prix nominaux et l’augmentation de l’épargne
La hausse de la productivité et la diminution de la population
L’expansion du commerce extérieur et la spécialisation internationale
Les rendements décroissants et la croissance de la population

Les rendements décroissants et la croissance de la population

Explication

Malthus explique la baisse des salaires par l’effet conjoint des rendements décroissants et de la croissance démographique. Les autres facteurs proposés ne correspondent pas à son explication de cette évolution.

11. Quelle stratégie correspond au protectionnisme éducateur défendu par Friedrich List ?

Protéger temporairement l’économie afin de développer ses capacités productives, puis favoriser l’ouverture commerciale
Ouvrir immédiatement les marchés afin d’accélérer la spécialisation internationale des économies
Subventionner les importations afin de réduire les coûts des entreprises exposées à la concurrence étrangère
Maintenir durablement des barrières douanières afin de préserver les producteurs nationaux de toute concurrence

Protéger temporairement l’économie afin de développer ses capacités productives, puis favoriser l’ouverture commerciale

Explication

Le protectionnisme éducateur vise à protéger provisoirement une économie pour construire des avantages productifs avant de s’ouvrir au libre-échange. Un protectionnisme durable correspond à une autre logique et ne prépare pas nécessairement l’ouverture commerciale.

12. Quelle situation illustre une crise de sous-consommation selon Sismondi ?

La production augmente tandis que le pouvoir d’achat des populations pauvres reste insuffisant pour absorber les biens offerts
La production diminue tandis que les revenus élevés stimulent fortement la demande de biens et de services
Les exportations progressent parce que les entreprises réduisent leurs coûts grâce aux innovations techniques
Les débouchés se développent parce que chaque hausse de la production crée automatiquement une demande équivalente

La production augmente tandis que le pouvoir d’achat des populations pauvres reste insuffisant pour absorber les biens offerts

Explication

La sous-consommation apparaît lorsque la demande et le pouvoir d’achat des plus pauvres sont trop faibles par rapport à la production. La dernière proposition renvoie plutôt à la loi de Say, que Sismondi critique.

13. Comment Sismondi analyse-t-il les effets du progrès technique sur les travailleurs ?

Il peut accroître le chômage lorsque le capital se substitue au travail, tandis que les salaires restent soumis à une pression à la baisse
Il stabilise l’emploi lorsque les entreprises remplacent progressivement le capital par une main-d’œuvre plus abondante
Il réduit le chômage lorsque les machines remplacent les travailleurs et que les salaires progressent avec la productivité
Il améliore les salaires lorsque la production augmente, indépendamment de la répartition des revenus entre classes sociales

Il peut accroître le chômage lorsque le capital se substitue au travail, tandis que les salaires restent soumis à une pression à la baisse

Explication

Sismondi estime que les travailleurs reçoivent un salaire de subsistance soumis à une pression à la baisse et que le progrès technique peut provoquer du chômage par substitution du capital au travail. L’idée d’une amélioration automatique des salaires ne correspond pas à son analyse critique.

14. Que signifie le matérialisme historique chez Marx ?

Les conditions matérielles et l’infrastructure économique façonnent les superstructures ainsi que la conscience sociale
Les idées et les institutions politiques constituent le fondement matériel qui détermine l’organisation économique
Les choix individuels expliquent les structures sociales sans dépendre des conditions de production et d’existence
Les superstructures religieuses et juridiques déterminent directement les rapports économiques entre les classes

Les conditions matérielles et l’infrastructure économique façonnent les superstructures ainsi que la conscience sociale

Explication

Le matérialisme historique donne un rôle déterminant à l’infrastructure économique et aux conditions matérielles d’existence dans la formation des superstructures et de la conscience. Inverser cette relation, comme dans la dernière proposition, contredit le principe marxien.

15. Quelle conception Marx associe-t-il à l’État et à la religion dans sa critique du capitalisme ?

L’État protège les intérêts ouvriers, tandis que la religion organise directement la production industrielle
L’État disparaît dans la société capitaliste, tandis que la religion devient une institution économique dominante
L’État exprime les intérêts de la classe bourgeoise, tandis que la religion est qualifiée d’opium du peuple
L’État arbitre les conflits entre les classes, tandis que la religion garantit l’autonomie morale des travailleurs

L’État exprime les intérêts de la classe bourgeoise, tandis que la religion est qualifiée d’opium du peuple

Explication

Marx considère que l’État représente la classe bourgeoise et décrit la religion comme l’opium du peuple. Il ne présente donc pas l’État comme un arbitre neutre des conflits sociaux.

16. Comment Marx définit-il la plus-value ?

Elle correspond à la valeur produite par le surtravail du salarié et conservée sans revenir au travailleur
Elle correspond au salaire versé au salarié pour rémunérer intégralement la totalité de son activité productive
Elle correspond au profit obtenu lorsque les consommateurs paient les marchandises à un prix supérieur à leur utilité
Elle correspond à la valeur des machines utilisées pour accroître la productivité du travail industriel

Elle correspond à la valeur produite par le surtravail du salarié et conservée sans revenir au travailleur

Explication

La plus-value est la valeur créée par le surtravail du salarié et qui ne lui revient pas. Le salaire rémunère une partie de la valeur du travail, tandis que les machines relèvent du capital constant.

17. Une entreprise dispose d’un capital constant cc et d’un capital variable vv, et produit une plus-value plpl. Quelle expression représente sa valeur finale dans le circuit du capital marxien ?

c+vplc + \frac{v}{pl}
c+v+plc + v + pl
c+v−plc + v - pl
c×v+plc \times v + pl

$$c + v + pl$$

Explication

Dans le circuit du capital marxien, la valeur finale additionne le capital constant, le capital variable et la plus-value, soit c+v+plc + v + pl. La plus-value s’ajoute donc aux deux composantes du capital engagé au lieu d’en être soustraite ou de les multiplier.

18. Quelle rupture caractérise la révolution marginaliste par rapport à l’analyse classique ?

Elle privilégie l’individu et la valeur-utilité dans une approche microéconomique plutôt que les classes sociales et la valeur-travail
Elle privilégie les classes sociales et la valeur-travail dans une analyse historique plutôt que les décisions individuelles et l’utilité
Elle explique les prix par les rapports de production collectifs plutôt que par les préférences et les choix des agents
Elle conserve l’analyse de la valeur-travail tout en remplaçant les conflits de classes par une étude des institutions

Elle privilégie l’individu et la valeur-utilité dans une approche microéconomique plutôt que les classes sociales et la valeur-travail

Explication

La révolution marginaliste rompt avec l’analyse en classes sociales et la valeur-travail pour privilégier l’individu, la valeur-utilité et l’analyse microéconomique. La deuxième proposition décrit au contraire les priorités de l’analyse classique.

19. Quel portrait correspond à l’homo oeconomicus ?

Un individu principalement déterminé par son origine sociale et les normes de son groupe d’appartenance
Un acteur guidé par la tradition collective et détaché de toute recherche d’optimisation personnelle
Un agent dont les décisions résultent principalement des rapports de classe et des institutions politiques
Un individu rationnel, hédoniste et maximisateur qui choisit en fonction de ses objectifs

Un individu rationnel, hédoniste et maximisateur qui choisit en fonction de ses objectifs

Explication

L’homo oeconomicus est modélisé comme un individu rationnel, hédoniste et maximisateur. L’explication des choix par l’origine sociale relève plutôt d’une approche holiste.

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Par combien la production industrielle a-t-elle augmenté entre 1700 et 1900 ?

Elle s'est multipliée par 16.

Selon qui la production industrielle s’est multipliée par 16 entre 1700 et 1900 ?

Selon P. Bairoch.

Quels effets la mécanisation a-t-elle sur le travail industriel ?

Elle augmente la productivité, favorise l’urbanisation et transforme le travail.

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