Transition vers véhicules électriques : processus de passage de la production et de l’utilisation de véhicules thermiques à des véhicules électriques, impliquant une transformation profonde de la filière automobile, soutenue par des politiques publiques et des investissements dans l’innovation, la production et la formation (Corberand, Fogelman, Vatimbella, 2024).
Décarbonation de l’Union européenne : stratégie visant à réduire drastiquement les émissions de CO2 du secteur automobile européen, notamment par l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à partir de 2035, dans le but de lutter contre le changement climatique et d’accélérer la transition énergétique (Corberand, Fogelman, Vatimbella, 2024).
Interdiction de la vente de véhicules thermiques à partir de 2035 : décision prise par les 27 États membres de l’Union européenne d’interdire la commercialisation de nouveaux véhicules à moteur thermique, dans le cadre de la stratégie de décarbonation, avec une trajectoire de réduction progressive des émissions, impactant en profondeur la filière automobile (Corberand, Fogelman, Vatimbella, 2024).
La transition vers les véhicules électriques, soutenue par l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à partir de 2035, constitue une transformation majeure de la filière automobile française, combinant enjeux réglementaires, industriels et technologiques pour répondre aux objectifs de décarbonation de l’UE.
Situation de la filière automobile française : état actuel de l’ensemble des activités industrielles liées à la conception, la fabrication et la commercialisation de véhicules en France, en particulier dans le contexte de sa transition vers l’électrique et de ses enjeux économiques et technologiques (Corberand, Fogelman, Vatimbella, 2024 ; Molière, 2024).
Baisse de la production automobile en France depuis 2000 : diminution significative de la quantité de véhicules produits en France, passant de 3,3 millions en 2000 à 1,4 million en 2022, avec une chute de 59 % sur cette période (OICA, 2022). Elle est liée à des délocalisations plus importantes que dans d’autres pays et à une perte de compétitivité-prix (Head et Mayer, 2019).
Part de la production française dans la production mondiale : proportion de véhicules produits en France par rapport à la production mondiale, qui est passée de 5,7 % en 2000 à 1,6 % en 2023, témoignant du déclin relatif de la filière française face à la montée en puissance de la Chine et de l’Europe centrale et orientale (OICA, 2023).
La filière automobile française a connu une restructuration importante dans les années 2010, avec une réduction de la production et des effectifs, notamment dans le noyau industriel (constructeurs et équipementiers) qui a perdu environ 30 % de ses emplois entre 2009 et 2020.
La baisse de la production est en partie due à des délocalisations plus importantes en France que dans d’autres pays, notamment en Allemagne, aux États-Unis, au Japon et au Royaume-Uni, avec une montée en puissance de la production dans des pays hors OCDE, comme la Chine (+ 31,8 % de part dans la production mondiale en 2023).
La part de la production française dans la production mondiale a fortement diminué, passant de 5,7 % en 2000 à 1,6 % en 2023, tandis que la production chinoise a explosé, passant de 3,5 % à 31,8 %.
La compétitivité-prix de la France a été affectée par des coûts du travail plus élevés que dans d’autres pays, notamment en raison de la fiscalité et des impôts de production, ce qui a favorisé la délocalisation.
La filière française se caractérise par une forte présence de grandes entreprises multinationales, notamment Stellantis, Renault et Toyota, qui ont maintenu une activité en France tout en délocalisant une partie de leur production.
La décennie 2020 est marquée par des enjeux réglementaires et technologiques majeurs, notamment l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à partir de 2035, la transition vers l’électrique, et la concurrence accrue de la Chine, qui est devenue le premier pays exportateur de véhicules en 2023.
La filière automobile française a connu un déclin de sa production depuis 2000, principalement en raison de délocalisations et d’un déficit de compétitivité, mais elle se trouve aujourd’hui à un tournant stratégique avec la transition vers l’électrique et la nécessité de préserver ses atouts industriels face à une concurrence mondiale renforcée.
Déclin de la production : diminution progressive ou rapide de la quantité de véhicules fabriqués en France, observée depuis le début des années 2000, avec une baisse de 59 % entre 2000 et 2022 (source : OICA).
Perte de parts de marché à l’international : réduction de la proportion de la production française dans la production mondiale, passant de 5,7 % en 2000 à 1,6 % en 2023, malgré une délocalisation accrue, ce qui indique une baisse relative de la présence commerciale et industrielle de la France sur le marché mondial.
Compétitivité-prix : capacité de la filière automobile française à rivaliser avec d’autres pays en termes de coûts de production, notamment influencée par le coût horaire du travail et la fiscalité, qui ont contribué à la délocalisation des activités.
La production automobile en France a connu une baisse importante depuis les années 2000, avec une chute de 18 % de l’indice de production entre 2000 et 2019, puis 14 % entre 2019 et 2023, en partie à cause de la crise de la Covid-19 et de la crise énergétique (source : INSEE).
La production de véhicules en France a diminué de 59 % entre 2000 et 2022, passant de 3,3 à 1,4 million, et le solde des échanges extérieurs est passé d’un excédent de 11 milliards d’euros en 2000 à un déficit de 15 milliards en 2022.
La délocalisation d’entreprises françaises, plus importante que dans d’autres pays comme l’Allemagne, les États-Unis, le Japon ou le Royaume-Uni, a fortement contribué à ce déclin, notamment par le transfert de la production vers l’Europe centrale, la Chine, et d’autres pays à bas coûts.
La part de la production française dans la production mondiale est passée de 5,7 % en 2000 à 1,6 % en 2023, tandis que la Chine a vu sa part passer de 3,5 % à 31,8 %.
La compétitivité-prix de la France a été affectée par une augmentation plus rapide du coût horaire du travail (37 % contre 17 % en Allemagne entre 2000 et 2008) et par des impôts de production plus élevés, ce qui a favorisé la délocalisation vers des pays à moindre coût.
La spécialisation de la filière française sur des véhicules de gamme moyenne et basse, moins compétitifs hors prix, a accentué la tendance à la délocalisation, notamment pour les modèles à prix bas.
La concentration des grandes entreprises, notamment les constructeurs et grands équipementiers, sensibles au risque de délocalisation, a aussi influencé cette dynamique.
Malgré le déclin, la part des véhicules produits en France dans la production mondiale a chuté, mais la délocalisation a permis de maintenir, voire d’accroître, la compétitivité à l’échelle internationale.
La tendance à la baisse de l’activité s’est ralentie dans la seconde moitié des années 2010, avec une stabilisation partielle des effectifs et une relance dans certains secteurs, notamment avec la montée en puissance de la production de véhicules électriques.
Le déclin de la production automobile française résulte d’un mouvement de délocalisation accru, motivé par des enjeux de compétitivité-prix, qui a entraîné une baisse de parts de marché à l’international, tout en obligeant la filière à se restructurer pour s’adapter aux nouveaux défis technologiques et réglementaires.
Restructuration : Processus de modification de l’organisation, de la production ou de la localisation des entreprises pour s’adapter à de nouvelles conditions économiques ou réglementaires, notamment la transition vers l’électrique dans la filière automobile (source : portrait de la filière automobile à l’heure de sa transition).
Délocalisations : Transfert de tout ou partie de la production ou des activités d’une entreprise vers un autre pays, souvent pour réduire les coûts, notamment ceux liés à la main-d’œuvre ou à la fiscalité. La délocalisation d’entreprises initialement en France a été plus importante que dans d’autres pays comme l’Allemagne, les États-Unis ou le Japon (source : Head et Mayer, 2019).
Fermeture d’usines : Suppression d’unités de production en France, souvent liée à la délocalisation ou à la baisse d’activité, contribuant au déclin de la filière automobile française. La baisse de la production automobile en France depuis 2000 a été marquée par la fermeture ou la réduction d’activités dans plusieurs sites (source : Insee, Organisation internationale des constructeurs automobiles).
La restructuration et la délocalisation ont profondément transformé la filière automobile française, marquée par une baisse de la production et des emplois, mais aussi par une adaptation vers des activités à plus forte valeur ajoutée dans un contexte de transition vers l’électrique.
Enjeux de la décennie 2020 : défis et opportunités liés à la transformation de la filière automobile française, notamment la transition vers l’électrique, la décarbonation et la compétitivité dans un contexte international accru.
Transformation de la filière automobile française : processus de changement structurel et technologique de l’industrie automobile en France, marqué par une baisse historique de la production, la délocalisation, et l’adaptation aux nouvelles réglementations environnementales et technologiques.
Opportunités et risques liés à la transition électrique : possibilités de création d’emplois, de développement technologique et de maintien de la compétitivité, contreparties de risques de délocalisation, de perte d’emplois, et de baisse du contenu local dans la production de véhicules électriques.
La décennie 2020 est décisive pour la filière automobile française, qui doit concilier transition écologique, compétitivité et maintien de l’emploi face à une concurrence internationale renforcée et à des enjeux de délocalisation.
Soutien public à la filière : Actions et dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour accompagner la transformation, la compétitivité et la relance de la filière automobile, notamment face aux enjeux de décarbonation et d’électrification. Il inclut des financements, des accompagnements et des mesures réglementaires pour soutenir l’innovation, la reconversion des salariés et la modernisation des entreprises.
Appels à projets France 2030 : Initiatives lancées dans le cadre du programme France 2030 pour financer des projets innovants liés à l’électrification et à la décarbonation de la filière automobile. Ces appels visent à soutenir la recherche, le développement et la mise en œuvre de solutions technologiques dans le secteur.
Dispositifs d’accompagnement des salariés et formations : Mécanismes et programmes destinés à soutenir la reconversion, la formation et le reclassement des salariés affectés par la transition vers les véhicules électriques. Ils incluent notamment le Fonds d’accompagnement et de reconversion des salariés et le dispositif de Transition collective, visant à préparer la main-d’œuvre aux nouvelles compétences requises.
Le soutien public, à travers des financements et des dispositifs d’accompagnement, joue un rôle clé dans la transition de la filière automobile vers l’électrique, en favorisant l’innovation, la reconversion des salariés et la compétitivité industrielle.
Impacts sur l’emploi : changements dans le volume, la nature et la localisation des emplois au sein de la filière automobile, liés à la transition vers l’électrique, notamment la création ou la destruction d’emplois (Corberand, Fogelman, Vatimbella, 2024 ; Molière, 2024).
Réduction des effectifs dans la filière automobile : diminution du nombre d’emplois dans l’industrie automobile française, observée depuis les années 2000, avec une baisse de 400 000 emplois entre 2012 et 2019, notamment dans le noyau de la filière (Corberand, Fogelman, Vatimbella, 2024).
Reconversion et formation des salariés : processus d’adaptation des compétences et de changement d’activité des salariés pour répondre aux nouveaux besoins liés à la transition électrique, soutenu par des dispositifs publics comme le Fonds d’accompagnement et de reconversion, et le dispositif de Transition collective (Corberand, Fogelman, Vatimbella, 2024).
La transition vers les véhicules électriques a un fort impact sur l’emploi, avec une projection d’environ 40 000 postes à créer ou à supprimer dans la prochaine décennie, nécessitant un accompagnement massif des salariés et des entreprises.
Depuis le milieu des années 2010, l’emploi dans la filière automobile en France s’est stabilisé, passant d’environ 400 000 à 330 000 emplois en 2019, avec une baisse plus marquée dans le noyau (-30 %) que dans la périphérie (-14 %).
La baisse d’effectifs est concentrée dans la première moitié des années 2010, mais un ralentissement de la destruction d’emplois est observé à partir de 2017, avec une augmentation du nombre d’entreprises dans la filière.
La délocalisation de sous-traitants et la diversification vers des activités à haute valeur ajoutée ont permis de limiter la chute des emplois, mais la filière reste vulnérable face à la compétition internationale et aux stratégies de délocalisation.
La reconversion des salariés est une priorité, avec des actions publiques pour financer la formation, accompagner le reclassement, et soutenir la transition vers des métiers liés à l’électrification et à la décarbonation.
La filière automobile française connaît une transformation majeure qui impacte fortement l’emploi, nécessitant des efforts importants en reconversion et formation pour accompagner la transition vers l’électrique tout en limitant la perte d’emplois.
Les stratégies des constructeurs et sous-traitants s’adaptent à la transition électrique par une diversification des activités, une relocalisation ciblée, et une gestion fine des coûts, afin de répondre aux enjeux réglementaires tout en conservant leur compétitivité.
| Date | Événement |
|---|---|
| 2000 | La production automobile française atteint 3,3 millions de véhicules, représentant 5,7 % de la production mondiale. |
| 2009 | Perte d'environ 30 % des emplois dans le noyau industriel de la filière automobile française. |
| 2010 | Restructuration majeure de la filière en France, avec baisse de la production et délocalisations accrues. |
| 2019 | Baisse de l’indice de production automobile en France de 18 % depuis 2000. |
| 2022 | La production en France chute à 1,4 million de véhicules, soit 1,6 % de la production mondiale. |
| 2023 | La part de la Chine dans la production mondiale atteint 31,8 %, la France 1,6 %. |
| Critère | France | Allemagne | Chine | Europe centrale et orientale | Auteur |
|---|---|---|---|---|---|
| Part de la production mondiale en 2000 | 5,7 % | — | 3,5 % | — | OICA 2023, 2022 |
| Part en 2023 | 1,6 % | — | 31,8 % | — | OICA 2023 |
| Baisse de la production (2000-2022) | 59 % | — | — | — | OICA, INSEE |
| Coût du travail (2000-2008) | Augmentation +37 % | — | — | — | INSEE, Head et Mayer 2019 |
| Délocalisations principales | Vers Europe centrale, Chine | — | — | — | Corberand et Vatimbella, 2024 |
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