📋 Plan du Cours
- Accéder au sens par paraphrase
- Circularité et métalangage
- Opposition massif et comptable
- Conversion massif vers comptable
- Conversion comptable vers massif
- Noms d’action et critères d’identification
- Durativité et ancrage temporel des noms d’action
- Dynamicité nominale et verbes supports
- Télique et atélique dans le domaine nominal
- Paradoxe imperfectif et structure interne
- Noms d’objet et noms d’état
- Adjectifs qualificatifs et relationnels
📖 1. Accéder au sens par paraphrase
🔑 Notions clés & Définitions
- Paraphrase : La paraphrase est une reformulation qui vise à exprimer le même contenu sémantique avec d’autres mots.
- Circularité : La circularité est un raisonnement où le sens est défini par le sens, sans point d’appui extérieur stable.
- Métalangage : Un métalangage est un système de termes et de règles utilisé pour décrire le sens sans retomber dans les définitions circulaires.
- Accès au sens : L’accès au sens désigne la méthode permettant de relier des expressions linguistiques à leur interprétation.
📝 Points essentiels
- L’accès au sens par paraphrase consiste à approcher l’interprétation en remplaçant une expression par une autre équivalente.
- La circularité apparaît quand on tente de définir le sens d’un mot uniquement à l’aide d’autres mots dont le sens dépend du premier.
- Sortir de la circularité exige un niveau de description distinct, où l’on parle du sens avec des outils qui ne reposent pas sur des définitions en boucle.
- Le métalangage sert de cadre pour caractériser le sens de façon contrôlée, afin que les paraphrases ne soient pas la seule source de justification.
- Une paraphrase n’est utile pour l’analyse que si elle conserve l’identité de contenu, pas seulement la proximité de forme.
💡 Astuce mémo
Paraphrase = même sens avec d’autres mots ; Circularité = sens défini par sens ; Métalangage = “langage pour parler du sens” pour casser la boucle.
📖 2. Circularité et métalangage
🔑 Notions clés & Définitions
- Circularité : La circularité est un raisonnement où le sens d’un mot est défini à l’aide d’autres mots qui, à leur tour, renvoient au premier.
- Référent : Le référent est la chose désignée par une expression, c’est-à-dire ce qui est pointé dans le monde (ou dans la situation de discours).
- Paraphrase : Une paraphrase est une expression qui remplace une autre expression tout en gardant à peu près le même sens.
- Métalangage : Un métalangage est un langage spécialisé utilisé pour décrire la sémantique d’une langue naturelle sans se confondre avec cette langue.
- Sémantique formelle : La sémantique formelle est une approche qui décrit le sens avec des outils logiques et des notations de type prédicats.
📝 Points essentiels
- Le sens ne se confond pas avec le référent : c’est le référent qui est observable, pas le sens lui-même.
- Le sens est accessible indirectement via des substitutions paraphrastiques, typiquement utilisées dans les dictionnaires monolingues.
- La circularité apparaît quand on définit « table » par « meuble », puis « meuble » par « objet », etc., sans ancrage extérieur.
- Un métalangage sert à sortir de la circularité en décrivant le sens avec un langage différent de la langue étudiée.
- La sémantique formelle utilise des notations de prédicats, par exemple T(x) pour « x est une table ».
- Les métalangages possibles incluent logique formelle, statistiques/probabilités, sémantique cognitive, approches décompositionnelles et NSM (Natural Semantic Metalanguage).
💡 Astuce mémo
Sens ≠ référent : le référent « pointe », le sens « se décrit » ; pour éviter la circularité, on change de langage (métalangage) et on remplace par des paraphrases.
📖 3. Opposition massif et comptable
🔑 Notions clés & Définitions
- Nom massif : Un nom massif désigne une substance ou une matière perçue comme une masse, généralement sans comptage naturel.
- Nom comptable : Un nom comptable désigne des entités comptables, pour lesquelles le pluriel et les numéraux sont naturellement acceptés.
- Lecture générique : Une lecture générique présente un nom comme représentant une catégorie ou un type, sans viser un ensemble d’individus précis.
- Lecture spécifique : Une lecture spécifique vise un ensemble ou des occurrences identifiables, souvent compatibles avec des quantifieurs et des contextes de repérage.
- Pluralia tantum : Les pluralia tantum sont des noms qui n’apparaissent pas (ou peu) au singulier et qui se comportent comme des pluriels.
📝 Points essentiels
- En français, l’opposition massif/comptable se manifeste dans le domaine nominal par la compatibilité avec les déterminants et la possibilité de quantifier.
- Un nom massif est typiquement singulier avec des déterminants comme du/de la (ex. de l’eau, de la farine), alors qu’un nom comptable accepte facilement un numéral (ex. trois farines, trois tables).
- Certains noms sont polysémiques : ils peuvent basculer d’une lecture massive à une lecture comptable selon le contexte (ex. du sable vs trois sables, du pain vs trois pains).
- Les déterminants définis (le, la, les) et démonstratifs (ce, cette, ces) sont compatibles avec des lectures comptables, tandis que l’article partitif (du, de la, de l’) favorise une lecture massive.
- Les déterminants numéraux (un, deux, trois, cent, mille) et l’article indéfini (un, une, des) orientent fortement vers une lecture comptable, mais peuvent produire des effets de sens quand le nom est massifs.
- Le passage massif → comptable peut être déclenché par des “machines” sémantiques : machine du multiplicateur (pluriel par multiplication d’individus) et machine du trieur/conditionneur (tri ou conditionnement en sous-esp
💡 Astuce mémo
Massif = “matière en bloc” ; Comptable = “unités à compter” (du/de la → bloc, un/trois → unités).
📖 4. Conversion massif vers comptable
🔑 Notions clés & Définitions
- Conditionnement : Le conditionnement est un agencement qui prépare une matière en vue d’un usage déterminé, ce qui peut changer la façon dont le nom se combine avec le comptage.
- Ellipse du nom de quantité : L’ellipse du nom de quantité est une hypothèse selon laquelle une étape intermédiaire implicite (un nom de quantité) expliquerait une conversion de massif vers comptable.
- Conversion massif → comptable : La conversion massif → comptable est un changement de comportement syntaxique et sémantique où un massif est employé comme si c’était un comptable, typiquement via un contexte de conditionnement.
- Marque de genre après conversion : La marque de genre après conversion est l’observation du genre grammatical du nom obtenu, utilisée pour vérifier s’il existe ou non une étape intermédiaire implicite.
📝 Points essentiels
- Le conditionnement dérive de « conditionner » au sens d’agencer en vue d’un usage déterminé, et sert de contexte à des emplois où un massif devient comptable.
- Exemple de conditionnement : Du Ricard → un verre de Ricard, où le massif « Ricard » est associé à un contenant comptable.
- Contre-exemple visé : si l’ellipse était vraie, Du Ricard → un verre de Ricard → un (nom de quantité) Ricard devrait exister comme étape intermédiaire.
- Argument contre l’ellipse via le genre : on dit une Suze et non un Suze, donc il n’y a pas d’étape intermédiaire passant par un « verre » au niveau de l’ellipse.
- Comparaison avec une ellipse attestée : Un bateau à vapeur → un (nom) vapeur, où le résultat ne conserve pas le même comportement que la conversion massif → comptable.
- Le cas « immeuble » illustre une difficulté : selon l’objet mis dans la machine, la sortie n’est pas l’objet initial mais des matériaux (gravats/décombres), ce qui montre que la conversion ne correspond pas à une simple
💡 Astuce mémo
Conditionnement = contenant/usage ; ellipse = étape cachée ; test genre : Ricard (un) vs Suze (une) ⇒ pas d’étape cachée.
📖 5. Conversion comptable vers massif
🔑 Notions clés & Définitions
- Massif à valeur plurielle : Un massif à valeur plurielle désigne une lecture où le massif renvoie à une pluralité d’unités, même si la forme reste massive.
- Massifs pluriels : Des massifs pluriels sont des expressions où un nom massif apparaît avec une marque de pluralité, tout en gardant un comportement proche du massif.
- Prédicats collectifs : Des prédicats collectifs sont des verbes qui décrivent un rassemblement ou une mise en groupe, compatibles avec massif et pluriel.
- Référence atomique : La référence atomique est une propriété sémantique où toute partie d’un événement/objet pertinent ne vérifie pas le même prédicat que l’ensemble.
- Divisibilité : La divisibilité est une propriété sémantique où toute partie d’un événement/objet pertinent vérifie le prédicat.
📝 Points essentiels
- La divisibilité du pluriel n’est pas vérifiée : une cuillère n’est pas des cuillères.
- Le massif et le pluriel ont des comportements proches, notamment via des lectures de pluralité et la compatibilité avec des prédicats collectifs.
- Un massif peut avoir une lecture à valeur plurielle, comme « beaucoup d’immeubles » malgré la forme massive.
- Les massifs pluriels existent (ex. épinards) et montrent une affinité structurelle avec le pluriel.
- Massif et pluriel acceptent des prédicats collectifs du type se rassembler, contrairement à des formes où la lecture collective ne s’obtient pas.
- Correspondance visée : verbes atéliques ↔ propriétés des massifs, verbes téliques ↔ propriétés des comptables, via référence atomique, divisibilité et cumulativité.
💡 Astuce mémo
Massif/Pluriel : même « collectif » (se rassembler) ; Atélique : « divisible et cumulable » ; Télique : « atomique et non cumulable ».
📖 6. Noms d’action et critères d’identification
🔑 Notions clés & Définitions
- Nom d’action : Un nom d’action désigne une action, c’est-à-dire une situation dynamique située dans le temps.
- Nact : Un Nact est un nom d’action qui dénote une situation temporelle dynamique.
- Critère morphologique : Le critère morphologique identifie les Nact via des schémas de dérivation depuis des verbes.
- Critère temporel : Le critère temporel identifie les Nact grâce à leur compatibilité avec des tests de durativité, d’ancrage et de repérage.
- Critère aspectuel dynamicité : Le critère aspectuel repère la dynamicité des Nact en les rapprochant de l’aspect dynamique des verbes.
📝 Points essentiels
- Le critère morphologique est souvent positif quand un verbe sert de base et que le nom apparaît avec un suffixe typique (ex. -ade, -age, -ance, -erie, -ion, -ment, -ure).
- Le critère morphologique n’est pas suffisant à lui seul : il existe des noms d’action non déverbal (Nact non déverbal).
- Test de durativité : une tournure du type « le N a duré x Ntemporel » est compatible avec des Nact (ex. tournage, négociation, construction) mais pas avec des noms d’événements très brefs (ex. discussion, sieste).
- Test d’ancrage temporel : « il y a eu un N à MarqueurTemporel » marche avec des Nact (ex. concert, entraînement) et un marqueur d’heure ou de moment (ex. à 14h, en ce moment).
- Test de repérage temporel : « lors/pendant/durant/au cours de/après/avant/dès/depuis lors de N » sert de diagnostic temporel pour les Nact (ex. pendant la dispute, après la guérison).
- Dynamicité verbale (test) : « il est en train de + V » donne une lecture dynamique pour des verbes d’action (courir, travailler) mais pas pour des verbes non dynamiques (aimer, savoir, connaître).
💡 Astuce mémo
Nact = Morphologie (suffixe) + Temps (durée/ancrage/repère) + Aspect (dynamique).
📖 7. Durativité et ancrage temporel des noms d’action
🔑 Notions clés & Définitions
- Nom d’action : Nom d’action : nom qui décrit un événement se déroulant dans le temps et qui se prête à des tests de dynamicité (action vs non-action).
- Action durative : Action durative : action dont la durée peut s’étendre sur une période, compatible avec une mesure de temps longue (ex. « trois mois »).
- Action non durative : Action non durative : action ponctuelle, compatible avec une durée très brève (ex. « dix minutes ») et qui ne se laisse pas profiler comme un processus long.
- Action culminante : Action culminante : action structurée vers un point d’aboutissement, où un « arrêt » implique l’existence de l’événement.
- Action non culminante : Action non culminante : action sans point d’aboutissement interne net, où l’arrêt ne garantit pas l’existence de l’événement.
📝 Points essentiels
- Les noms d’action se distinguent des noms non dynamiques par des tests de dynamicité (pouvoir être mis en contexte d’occurrence temporelle et d’action).
- Le critère duratif oppose les formes compatibles avec une durée longue (durative) à celles compatibles seulement avec une durée brève (non durative).
- Le critère culminatif oppose les actions orientées vers un point final (télique) à celles sans point final net (atélique).
- Le test du « paradoxe imperfectif » : « X a été interrompu » implique l’existence de X pour une dispute/discussion, mais pas pour un accouchement.
- Dans le bilan, les noms non occurrentiels (massif) sont nécessairement non culminatifs (atélique).
- Dans le bilan, les noms non duratifs (ponctuels) sont nécessairement culminatifs (télique).
💡 Astuce mémo
Duratif = « ça dure », culminatif = « ça aboutit » ; paradoxe imperfectif : interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, mais pas pour accouchement.
📖 8. Dynamicité nominale et verbes supports
🔑 Notions clés & Définitions
- Dynamicité nominale : La dynamicité nominale est la propriété d’un nom à pouvoir se combiner avec des verbes supports qui expriment une action ou un événement plutôt qu’un simple objet stable.
- Verbes supports actionnels : Les verbes supports actionnels servent à construire une lecture événementielle d’un nom, comme dans des tournures du type faire/accomplir/ effectuer/ procéder + nom.
- Verbes supports événementiels : Les verbes supports événementiels permettent d’exprimer qu’un nom renvoie à un événement, via des tournures comme avoir lieu ou se produire + nom.
- Test de stativité : Le test de stativité consiste à vérifier si un nom accepte des emplois qui décrivent un état ou une expérience statique, ce qui signale qu’il ne dénote pas une action.
- Verbes supports : Les verbes supports sont des verbes “vides” sémantiquement qui portent la dynamique (action/événement) et laissent le nom fournir le contenu.
📝 Points essentiels
- Un nom à lecture dynamique passe des tests de type action/événement avec des verbes supports, alors qu’un nom statique échoue à ces tests.
- Pour la dynamique nominale, on utilise des verbes supports actionnels comme faire, accomplir, effectuer, procéder.
- Pour la dynamique nominale, on utilise des verbes supports événementiels comme avoir lieu et se produire.
- Le test de stativité sert à repérer les noms qui ne se laissent pas interpréter comme une action (ex. “faire preuve de …”, “être d’une grande …”, “état de …” deviennent inacceptables).
- Le contraste “domaine verbal” distingue être en train (lecture en cours) de formes qui ne conviennent pas à certains verbes (ex. aimer vs courir).
- Dans l’exemple “visite”, la conclusion est que le nom est monosémique avec une lecture action, car il ne passe pas le test de stativité.
💡 Astuce mémo
Action/événement = verbes supports (faire/accomplir/effecuer/procéder ; avoir lieu/se produire) ; statique = échec du test de stativité.
📖 9. Télique et atélique dans le domaine nominal
🔑 Notions clés & Définitions
- Zeugme : Le zeugme est une figure qui coordonne des éléments de sens différents, produisant souvent un effet humoristique.
- Adjectif relationnel : Un adjectif relationnel relie un nom à un domaine ou à une notion (comme climatique) plutôt qu’à une propriété mesurable.
- Adjectif qualificatif : Un adjectif qualificatif dénote une propriété ou une qualité attribuée à un ensemble d’entités.
- Propriété scalaire : Une propriété scalaire est une qualité représentable sur une échelle de degrés ordonnés.
- Gradabilité : La gradabilité est la possibilité d’exprimer une propriété à différents degrés, notamment via comparatif et superlatif.
📝 Points essentiels
- Un zeugme peut associer un adjectif relationnel et un adjectif qualificatif, même si leurs types de sens ne sont pas du même ordre.
- La circularité est un piège quand on définit une propriété par des synonymes (qualité, trait, caractéristique) sans critère distinctif.
- Une bonne approche linguistique traite les propriétés comme des qualités exprimées par des adjectifs, pas comme une simple liste de synonymes.
- Les propriétés sont souvent (mais pas toujours) scalaires/gradables et souvent (mais pas toujours) en relation d’antonymie.
- Une échelle correspond à un ensemble de degrés, à une dimension (température, coût, taille, etc.) et à une relation d’ordre sur ces degrés.
- Les échelles peuvent avoir des structures variées : minimum sans maximum, maximum sans minimum, bornée (plein/vide), ou sans bornes (long/court).
💡 Astuce mémo
Zeugme = « réunion de sens incompatibles » : relationnel + qualificatif = souvent drôle.
📖 10. Paradoxe imperfectif et structure interne
🔑 Notions clés & Définitions
- Antonymes complémentaires : Antonymes dont l’assertion de l’un entraîne la négation de l’autre, et inversement.
- Antonymes contraires : Antonymes dont l’assertion de l’un implique la négation de l’autre, mais dont la négation ne garantit pas l’assertion du second.
- Antonymes converses : Antonymes correspondant à une relation à deux arguments, où l’inversion des arguments produit la relation converse.
- Polarité adjectivale : Propriété qui distingue un terme adjectival comme « positif » ou « négatif » dans une opposition, indépendamment de la polarité naturelle.
📝 Points essentiels
- Les opposés peuvent paraître à la fois proches et distants : leurs distributions peuvent être presque identiques tout en restant sémantiquement opposés.
- La proximité se reflète aussi dans des erreurs de parole où le mot visé est remplacé par son opposé.
- Antonymes complémentaires : X présent ⇒ X non absent, et X non présent ⇒ X absent.
- Antonymes contraires : X chaud ⇒ X non froid, mais X non chaud n’implique pas X froid (possibilité d’un état intermédiaire).
- Antonymes converses : si R est une relation à deux places, alors R(x,y)=R’(y,x) pour sa converse.
- Antonymes directionnels : monter/descendre s’organisent via une orientation sur une échelle (ex. échelle et sens).
💡 Astuce mémo
Complémentaire = double implication (présent↔absent), Contraire = implication seulement d’un côté (chaud→non froid).
📖 11. Noms d’objet et noms d’état
🔑 Notions clés & Définitions
- Adjectifs non gradables : Adjectifs non gradables : ils ne se prêtent pas à une échelle de degrés, car ils ne comportent que deux valeurs (positive vs négative) sans standard intermédiaire.
- Adjectifs relatifs : Adjectifs relatifs : ils ont un standard qui dépend du contexte (souvent du nom recteur), ce qui permet des comparaisons comme plus X que Y.
- Adjectifs absolus : Adjectifs absolus : ils ont un standard fixé (souvent un maximum ou un minimum), ce qui rend les comparaisons contextuelles moins libres.
- Adjectifs totaux : Adjectifs totaux : ils ont un standard maximal atteint au bout de l’échelle, typiquement avec un antonyme dont le standard est minimal.
- Adjectifs partiels : Adjectifs partiels : ils ont un standard minimal atteint au bas de l’échelle, et leur antonyme a alors un standard maximal.
📝 Points essentiels
- Adjectifs non gradables avec degré : les formes comme très/trop, assez, un peu, à peine, légèrement sont incompatibles avec des adjectifs du type marié, mort, enceinte (#Il est très marié, #Il est assez mort).
- Adjectifs non gradables avec comparatif/superlatif : les comparaisons et superlatifs sont aussi défectueux (#plus marié que, #le plus marié) car il n’y a pas d’échelle de degrés.
- Adjectifs non gradables à deux points : ils se comportent comme une échelle à deux degrés seulement, sans zone intermédiaire.
- Adjectif absolu vs adjectif relatif : dans absolu, la comparaison se fait par un standard fixe (plein/vide), tandis que dans relatif le standard glisse selon le nom recteur (grand/petit).
- Test de description définie (relatif vs absolu) : avec un relatif, la description définie vise l’élément au standard le plus haut du contexte (la bouteille la plus grande).
- Test de description définie (relatif vs absolu) : avec un absolu, la description définie peut viser l’extrême opposé sur l’échelle (la bouteille la plus vide / la moins pleine).
💡 Astuce mémo
Non gradable = 2 cases seulement (oui/non) ; relatif = standard variable (glisse avec le nom) ; absolu = standard fixé (extrême repérable).
📖 12. Adjectifs qualificatifs et relationnels
🔑 Notions clés & Définitions
- Adjectifs absolus : Adjectifs dont le standard maximal est fixé et ne dépend pas du contexte, ce qui rend les degrés comme « complètement » compatibles mais « très » souvent inadaptés.
- Adjectifs relatifs : Adjectifs dont le standard varie selon le nom recteur ou le contexte, ce qui permet des degrés partiels comme « très » ou « légèrement ».
- Coercition : Phénomène où un élément (souvent un adverbe de degré) force l’adjectif à changer de lecture, par exemple d’absolu vers relatif.
- Adjectifs fermés : Adjectifs qui ont une structure à deux bornes (maximum/minimum) et dont l’interprétation de « très » ou « complètement » suit une logique de fermeture.
📝 Points essentiels
- Certaines lectures donnent un standard fixe (adjectif absolu), tandis que d’autres donnent un standard variable selon le nom recteur ou le contexte (adjectif relatif).
- Le couple certain/incertain illustre un standard fixe pour « certain » et « incertain », alors que des cas comme « propre » peuvent devenir relatifs selon le nom recteur (rat vs salle de bain).
- Sec/humide montre deux lectures possibles : « chemise sèche » peut viser un standard fixe, tandis que « climat sec » dépend fortement du lieu (donc standard variable).
- Allumé/éteint pour une lampe est non gradable : on décrit l’état par tout ou rien, pas par « légèrement » ou « à moitié » allumé/éteint.
- Droit/tordu suit une structure scale : « complètement droit » correspond au total, « légèrement/très tordu » au partiel, et « à moitié tordu » ne doit pas être confondu avec une moitié de la barre droite.
- Habillé/nu et plein/vide sont plus faciles car l’adjectif vise une surface/quantité méréologique (surface du corps couverte, volume de liquide), ce qui rend « à moitié nu/habillé » cohérent.
💡 Astuce mémo
Absolu = standard fixe (tout ou presque), Relatif = standard qui bouge (selon le contexte).
📊 Tableaux de synthèse
Correspondances massif/comptable et atélique/télique (verbes)
| Distinction | Atélique | Télique |
|---|
| Référence atomique | non vérifiée | vérifiée (faible) |
| Divisibilité | vérifiée | non vérifiée |
| Cumulativité | vérifiée | non vérifiée |
| Exemples (verbes) | courir ; penser à qqch | décider qqch ; trouver la solution |
Typologie des noms d’action (bilan)
| Classe | Occurrentiel | Duratif | Culminatif |
|---|
| Jardinage / natation | - | + | - |
| Promenade / manifestation / conversation / dispute / discussion | + | + | - |
| Accouchement / cambriolage | + | + | + |
| Assassinat / découverte | + | - | + |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre sens et référent : le référent est observable, le sens n’est accessible qu’indirectement via des signes et des paraphrases.
- Croire qu’une paraphrase suffit à définir le sens : on retombe vite dans la circularité (table→meuble→objet→…→table).
- Penser que la télicité dépend du COD comptable : en réalité, pour manger, c’est la cumulativité du COD qui module télique vs atélique.
- Confondre “diviser” (référence/divisibilité) et “interrompre” : l’interruption sert au diagnostic télique/atélique, pas à la divisibilité.
- Dire que “trouver” est télique parce que le complément est comptable : trouver impose la télicité au GV complet (ce n’est pas un incremental theme verb).
- Croire que “très” fonctionne avec tous les adjectifs : avec les non gradables (marié/mort/enceinte) ou les fermés (plein/vide), les tests échouent sauf coercition.
- Pour les adjectifs, confondre absolu et relatif : “la bouteille la plus vide” (absolu) ne se lit pas comme “la bouteille la plus grande” (relatif).
✅ Checklist Examen
- Expliquer comment la substitution paraphrastique permet un accès indirect au sens, et pourquoi elle devient circulaire sans métalangage.
- Définir métalangage et donner au moins 3 types cités (logique formelle, statistiques/probabilités, sémantique cognitive, etc.).
- Rappeler la différence massif/comptable en français via déterminants et tests (partitif vs numéral) et donner un exemple de polysémie.
- Décrire les deux machines de conversion massif→comptable : machine du trieur et machine du conditionneur, avec exemples.
- Expliquer l’argument contre l’ellipse (test de genre après conversion) en comparant Ricard vs Suze, et rappeler le cas d’ellipse attestée (bateau à vapeur→vapeur).
- Décrire la conversion comptable→massif via massifs à valeur plurielle, massifs pluriels, prédicats collectifs, et les notions de référence atomique/divisibilité/cumulativité.
- Donner les critères d’identification des Nact : morphologique, temporel (durativité/ancrage/repérage) et aspectuel (dynamicité) avec au moins un test par critère.
- Distinguer duratif vs non duratif et culminant vs non culminant, et utiliser le paradoxe imperfectif (interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, pas pour accouchement).
- Expliquer la dynamicité nominale avec verbes supports actionnels vs événementiels, et le test de stativité (échec pour noms statiques).
- Relier télique/atélique (domaine verbal) à massif/comptable (domaine nominal) en s’appuyant sur les propriétés : référence atomique, divisibilité, cumulativité.
- Identifier noms d’action vs noms d’objet vs noms d’état à l’aide des tests de dynamicité, localisation spatiale et stativité (faire preuve de / être d’un grand N / ressentir du N).
- Classer adjectifs relationnels vs qualificatifs en suivant les 3 étapes (morphologique, sémantique, syntaxique) et donner un exemple où l’antéposition/postposition tranche.
- Classer adjectifs sur une échelle (gradable/non gradable, relatif/absolu, total/partiel) et justifier avec les tests (description définie, compatibilité avec très/complètement/légèrement/à moitié, polarité).
Crée tes propres fiches de révision
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches