Fiche de révision : De la République à la Restauration Monarcale

Plan du Cours

  1. Comeback prisonniers
  2. Répression juin 1848
  3. Louis Napoléon Bonaparte
  4. Second Empire
  5. Empire autoritaire
  6. Empire libéral
  7. Politique extérieure
  8. Guerre franco-prussienne
  9. Naissance IIIe République
  10. Gouvernement provisoire
  11. Commune de Paris
  12. Tentatives restauration monarchie

1. Comeback prisonniers

Notions clés & Définitions

  • Journées de Juin (1848) : Insurrection ouvrière dans les quartiers populaires de Paris, déclenchée suite à la fermeture des ateliers nationaux, marquée par des barricades et une révolte contre la répression gouvernementale.
  • Intervention du général Cavaignac (juin 1848) : Opération militaire menée par le général Cavaignac avec 50 000 soldats et 150 000 gardes nationaux pour réprimer les insurrections de juin, entraînant plusieurs milliers de morts, 1500 fusillés, et des déportations en colonies.
  • Fermeture des ateliers nationaux (juin 1848) : Décision du gouvernement et de l’assemblée pour fermer ces ateliers, jugés coûteux et considérés comme foyer révolutionnaire, ce qui provoque la révolte ouvrière et la répression sanglante.
  • Bilan de la répression (1848) : Plusieurs milliers de morts, 1500 fusillés, arrestations massives (250 000), déportations dans les colonies comme la Nouvelle-Calédonie et l’Algérie, suppression des journaux socialistes et fermeture des clubs ouvriers.
  • Conséquences sociales et politiques : Création d’un fossé entre les ouvriers et la République, avec une majorité bourgeoise et paysanne favorable au retour à l’ordre, mais une République conservatrice qui reste peu sociale.

Points essentiels

  • La fermeture des ateliers nationaux en juin 1848 est motivée par leur coût élevé dans un contexte de crise économique, et par leur rôle perçu comme foyer de révolution, ce qui pousse à leur suppression.
  • La révolte des ouvriers lors des Journées de Juin se traduit par des barricades dans les quartiers populaires, symbolisant la tension entre classes et la défiance envers la nouvelle République.
  • La répression menée par Cavaignac, avec un déploiement massif de forces, aboutit à un bilan humain lourd, avec plusieurs milliers de morts et des arrestations massives, dont 1500 fusillés, ainsi que des déportations en colonies françaises.
  • La répression entraîne la fermeture des journaux socialistes et des clubs ouvriers, renforçant le fossé entre la classe ouvrière et la République, qui apparaît comme conservatrice et peu socialement inclusive.
  • La crise de juin 1848 marque un tournant dans la relation entre ouvriers et pouvoir républicain, accentuant le clivage social et politique.

À retenir

La répression sanglante des Journées de Juin 1848, orchestrée par Cavaignac, marque un tournant brutal dans la gestion des insurrections ouvrières, renforçant le fossé entre la classe ouvrière et la République conservatrice.

2. Répression juin 1848

Notions clés & Définitions

  • Répression violente des insurrections de juin 1848 : Opération de répression menée par le gouvernement pour rétablir l’ordre après la révolte ouvrière, caractérisée par des mesures drastiques telles que arrestations, exécutions et déportations.
  • Rôle du général Cavaignac dans la répression : Commandant militaire chargé d’intervenir rapidement pour reprendre le contrôle des rues de Paris, utilisant une force importante pour disperser les barricades et réprimer la révolte.
  • Mesures prises : arrestations massives, exécutions, déportations, suppression des libertés socialistes (journaux, clubs) : ensemble des actions répressives visant à éliminer toute opposition socialiste et à restaurer l’ordre conservateur, notamment la fermeture des journaux socialistes et la dissolution des clubs politiques.

Points essentiels

  • La révolte de juin 1848, dite "Journées de Juin", éclate dans les quartiers populaires suite à la fermeture des ateliers nationaux, perçus comme un foyer révolutionnaire.
  • Le gouvernement, sous la direction de Cavaignac, mobilise environ 50 000 soldats et 150 000 gardes nationaux pour intervenir immédiatement, reprenant le contrôle des rues de Paris.
  • La répression est sanglante : plusieurs milliers de morts, 1500 fusillés, et de nombreux arrestations (250 000), dont une partie déportée dans les colonies (Nouvelle-Calédonie, Algérie).
  • En parallèle, le gouvernement supprime les journaux socialistes et ferme les clubs politiques, afin d’étouffer toute opposition socialiste.
  • Ces mesures entraînent un fossé profond entre les ouvriers et la République, tandis que la bourgeoisie et les paysans, favorables à l’ordre, soutiennent la répression et la république conservatrice.

À retenir

La répression de juin 1848, orchestrée par Cavaignac, marque une réponse violente du pouvoir face à la révolte ouvrière, consolidant un ordre conservateur tout en accentuant le fossé entre la classe ouvrière et la République.

3. Louis Napoléon Bonaparte

Notions clés & Définitions

  • Élection présidentielle de décembre 1848 : Scrutin organisé pour élire le président de la République suite à la Révolution de 1848, avec 6 candidats en lice, dont Louis Napoléon Bonaparte, qui remporte l’élection.
  • Louis Napoléon Bonaparte : Homme politique élu président en 1848, appartenant au Parti de l’Ordre, dont la position politique n’est pas républicaine, mais plutôt conservatrice et monarchiste.
  • Parti de l’Ordre : Formation politique conservatrice, majoritaire lors de l’élection de 1848, favorable à l’ordre social et à la stabilité, opposée aux idées républicaines radicales.
  • Adoption de la constitution du 4 novembre 1848 : Texte fondamental qui établit la République et ses institutions, mais qui laisse une place importante à l’exécutif, renforçant le pouvoir du président.
  • Position politique de Louis Napoléon Bonaparte : Non républicaine, il privilégie une politique autoritaire, se méfiant des institutions républicaines et aspirant à un pouvoir personnel fort, en s’éloignant des principes démocratiques.

Points essentiels

  • En décembre 1848, lors de l’élection présidentielle, Louis Napoléon Bonaparte, candidat du Parti de l’Ordre, est élu face à cinq autres candidats, notamment Lamartine, Cavaignac, Ledru Rollin. Sa victoire est facilitée par le contexte de crise et de méfiance envers la République radicale.
  • La constitution du 4 novembre 1848 établit un régime républicain, mais avec un pouvoir présidentiel renforcé, permettant à Louis Napoléon Bonaparte de centraliser l’autorité.
  • La position politique de Louis Napoléon Bonaparte est clairement non républicaine : il ne partage pas les idéaux démocratiques, privilégie l’ordre, la stabilité et le pouvoir personnel, ce qui annonce ses ambitions monarchistes et autoritaires.
  • Son élection marque le début d’un régime où il cherche à consolider son pouvoir, menant à la proclamation du Second Empire en 1852, tout en utilisant la légitimité démocratique de son élection pour légitimer ses actions.

À retenir

Louis Napoléon Bonaparte, élu président en 1848 avec une position politique non républicaine, utilise la légitimité démocratique pour instaurer un régime autoritaire et préparer la restauration d’un empire, marquant ainsi la fin de la République naissante.

4. Second Empire

Notions clés & Définitions

  • Proclamation du Second Empire (2 décembre 1852) : Acte officiel par lequel Louis Napoléon Bonaparte annonce la naissance du Second Empire, marquant la fin de la Deuxième République et le début du régime autoritaire de Napoléon III.

  • Plebiscite du 21 novembre 1852 : Consultation populaire où 97% des votants approuvent la proclamation de l’Empire par Louis Napoléon Bonaparte, renforçant sa légitimité démocratique pour instaurer son régime.

  • Louis Napoléon Bonaparte devient Napoléon III : Transformation officielle du président de la République en empereur des Français, consolidant son pouvoir personnel et la continuité avec la dynastie napoléonienne.

  • Maintien de la constitution de 1848 : Sous le Second Empire, la constitution adoptée en 1848 reste en vigueur, mais elle est contournée par des lois et décrets qui renforcent le pouvoir exécutif et limitent les libertés politiques.

Points essentiels

  • La proclamation du Second Empire intervient après le succès du plebiscite du 21 novembre 1852, où la majorité écrasante (97%) des votants approuvent la transformation du régime. Ce plébiscite donne une légitimité populaire à Napoléon III, qui se proclame empereur le 2 décembre 1852.

  • La continuité de la constitution de 1848 permet à Napoléon III de légitimer son pouvoir tout en conservant un cadre démocratique formel, mais il concentre l’essentiel du pouvoir dans ses mains, instaurant un régime autoritaire.

  • Le régime repose sur un compromis entre autoritarisme et légitimité démocratique, utilisant le plébiscite comme outil de légitimation populaire pour renforcer la stabilité du régime.

  • La période est marquée par la volonté de Napoléon III de moderniser la France tout en maintenant une forte emprise sur l’administration, la presse, et la vie politique, avec un contrôle accru des institutions.

À retenir

Le Second Empire, proclamé en 1852 par un plébiscite massif, combine un régime autoritaire avec une légitimité démocratique apparente, en maintenant la constitution de 1848 tout en renforçant le pouvoir personnel de Napoléon III.

5. Empire autoritaire

Notions clés & Définitions

  • Contrôle de l’administration : Pouvoir centralisé exercé par le régime pour superviser et diriger tous les services publics, fonctionnaires, et institutions, afin d’assurer la stabilité et la loyauté au pouvoir en place, notamment sous Napoléon III (1852-1870).
  • Lois répressives post-attentat d’Orsini (1858) : Ensemble de lois votées suite à l’attentat d’Orsini contre Napoléon III, visant à renforcer la répression contre les opposants politiques, notamment en emprisonnant ou déportant sans jugement les suspects, illustrant la nature autoritaire du régime.
  • Déportation des députés républicains : Mesure répressive où, sous le Second Empire, plusieurs députés républicains sont envoyés en exil (ex : Victor Hugo en exil à Guernesey), pour éliminer toute opposition politique et maintenir l’ordre autoritaire.
  • Exil de Victor Hugo : Fuite volontaire de l’écrivain Victor Hugo en 1851, suite à la prise de pouvoir de Louis Napoléon Bonaparte, pour échapper à la répression du régime et publier clandestinement ses œuvres contre Napoléon III (ex : Napoléon Le Petit).
  • Contrôle de la presse : Politique de censure et de surveillance stricte exercée par le régime pour limiter la liberté d’expression, notamment par la suppression de journaux ou la condamnation d’auteurs critiques, afin de maintenir l’autorité du régime.

Points essentiels

  • Le régime de Napoléon III (1852-1870) repose sur un régime autoritaire fondé sur l’Église catholique et la bourgeoisie industrielle, visant à assurer la stabilité en contrôlant strictement l’administration, la presse, et les élections.
  • Suite à l’attentat d’Orsini en 1858, le régime adopte des lois répressives permettant d’emprisonner ou déporter sans jugement tout suspect, renforçant la répression contre l’opposition.
  • La déportation des députés républicains, comme Victor Hugo, illustre la politique d’élimination des opposants politiques, contribuant à l’aspect autoritaire du régime.
  • Victor Hugo, exilé en 1851, publie clandestinement ses œuvres contre Napoléon III, incarnant la résistance intellectuelle à l’autoritarisme.
  • La censure et le contrôle de la presse sont systématiques pour empêcher toute critique du régime, consolidant la nature autoritaire et répressive de cette période.

À retenir

Le régime de Napoléon III est caractérisé par un pouvoir centralisé, une répression accrue des opposants, et un contrôle strict des médias, illustrant un régime autoritaire renforcé par des lois répressives et l’exil des figures républicaines.

6. Empire libéral

Notions clés & Définitions

  • Évolution vers un empire libéral (1859-1870) : Transition du régime autoritaire vers un régime plus libéral sous Napoléon III, avec des réformes politiques et sociales visant à concilier pouvoir impérial et libertés publiques, notamment la libéralisation progressive du régime à partir de 1859.

  • Perte du soutien de l’Église catholique et de la bourgeoisie industrielle : En 1859, Napoléon III doit abandonner ses alliances avec l’Église catholique, notamment en raison de son soutien à l’unité italienne, et perd le soutien de la bourgeoisie industrielle, qui réclame plus de libertés et de réformes économiques.

  • Modifications constitutionnelles accordant plus de droits au corps législatif : Entre 1860 et 1864, Napoléon III modifie la constitution pour renforcer le rôle du corps législatif, notamment en lui accordant le droit d’adresse annuelle, en permettant la liberté de presse, de réunion, et en introduisant le droit d’interpellation, marquant une étape vers un régime plus parlementaire.

  • Discours des 5 libertés d’Adolphe Thiers (1864) : Intervention de l’opposant Adolphe Thiers qui réclame la liberté individuelle, de la presse, électorale, parlementaire, et de contrôle du gouvernement, symbolisant la pression pour une libéralisation du régime napoléonien.

Points essentiels

  • À partir de 1859, Napoléon III doit évoluer vers un régime plus libéral pour maintenir sa légitimité et répondre aux pressions politiques croissantes, notamment de la part des républicains et des opposants. La perte du soutien de l’Église catholique, suite à son appui à l’unité italienne, fragilise le régime autoritaire.

  • En 1860, la signature du traité de libre-échange avec le Royaume-Uni marque une ouverture économique, favorisant la production française mais suscitant des inquiétudes sur la concurrence britannique.

  • La réforme constitutionnelle de novembre 1860 introduit des libertés fondamentales, notamment la liberté d’adresse annuelle au corps législatif, la liberté de presse et la liberté de réunion, permettant une vie politique plus dynamique.

  • En 1864, Napoléon III accorde le droit de grève aux ouvriers, illustrant sa volonté de répondre aux revendications sociales et de libéraliser le régime.

  • La politique extérieure reste ambitieuse, mais le régime doit aussi faire face à des échecs, comme la défaite de 1870 face à la Prusse, qui marque la fin de l’Empire.

À retenir

L’Empire libéral de Napoléon III, marqué par des réformes politiques et sociales progressives, représente une tentative d’adapter le régime autoritaire à une société en mutation, tout en conservant le contrôle impérial.

7. Politique extérieure

Notions clés & Définitions

Guerre de Crimée (1854-1855) : Conflit opposant la Russie à une alliance comprenant la France, le Royaume-Uni, l’Empire ottoman et la Sardaigne, principalement pour contrôler la région de la péninsule de Crimée et préserver l’équilibre européen.
Alliance avec Royaume-Uni : Coopération stratégique entre la France et le Royaume-Uni, notamment lors de la Guerre de Crimée, pour contrer l’expansion russe et préserver leur influence en Méditerranée et en Europe.
Guerre contre l’Autriche (1859) : Conflit où la France, alliée au royaume de Piémont-Sardaigne, combat l’Autriche pour l’unification italienne, notamment lors de la bataille de Solférino.
Bataille de Solférino : Engagement majeur de la guerre de 1859, qui permet à la France de s’implanter durablement en Italie et de récupérer la Savoie et le comté de Nice.
Expédition au Mexique (1861-1867) : Intervention française visant à établir un empire sous Maximilien de Habsbourg, en soutien aux dettes mexicaines, mais qui échoue face à l’opposition américaine et à la doctrine Monroe.
Neutralité dans la guerre austro-prussienne (1866) : Position de la France qui choisit de ne pas intervenir dans le conflit entre l’Autriche et la Prusse, afin de préserver ses intérêts en Europe centrale.

Points essentiels

  • La France, sous Napoléon III, cherche à restaurer son prestige international par des interventions militaires et des alliances stratégiques.
  • La Guerre de Crimée (1854-1855) marque une alliance avec le Royaume-Uni contre la Russie, visant à limiter l’expansion russe en Méditerranée et à renforcer la position française en Orient.
  • La guerre de 1859 contre l’Autriche, menée avec le Piémont-Sardaigne, aboutit à la bataille de Solférino, qui permet à la France d’obtenir la Savoie et le comté de Nice, renforçant son influence en Italie.
  • L’expédition au Mexique (1861-1867) est une tentative de créer un empire latin sous Maximilien de Habsbourg, mais elle échoue face à la résistance mexicaine et à l’opposition des États-Unis, qui invoquent la doctrine Monroe pour soutenir le Mexique et s’opposer à l’intervention française.
  • La neutralité dans la guerre austro-prussienne de 1866 permet à la France de préserver ses intérêts, mais cette position devient problématique lors de la guerre franco-prussienne de 1870, qui mène à la défaite de Napoléon III.
  • La politique extérieure de Napoléon III vise à restaurer la grandeur de la France par des interventions militaires et des alliances, tout en évitant un conflit direct avec la Prusse jusqu’à la guerre de 1870.

À retenir

La politique extérieure de Napoléon III repose sur une stratégie de prestige par des interventions militaires en Europe et en Amérique, cherchant à renforcer la position de la France, mais elle se solde par des échecs majeurs, notamment au Mexique et lors de la guerre franco-prussienne.

8. Guerre franco-prussienne

Notions clés & Définitions

Déclaration de guerre à la Prusse (19 juillet 1870) : Acte officiel par lequel la France déclare la guerre à la Prusse, marquant le début du conflit, suite à des tensions diplomatiques et militaires croissantes.

Défaite rapide et invasion de l’Alsace-Lorraine : Résultat de la défaite militaire française lors de la guerre, entraînant l’occupation rapide de l’Alsace-Lorraine par les Prussiens fin août 1870.

Captivité de Napoléon III à Sedan (2 septembre 1870) : Napoléon III est encerclé et fait prisonnier à Sedan, ce qui marque la fin du Second Empire et accélère la chute du régime.

Fuite d’Eugénie en Angleterre : Après la capture de Napoléon III, l’impératrice Eugénie quitte la France pour l’Angleterre, évitant la capture ou la répression.

Proclamation de la IIIe République (4 septembre 1870) : Événement où, face à la défaite et à la chute de l’Empire, la République est proclamée à Paris par Gambetta, établissant un nouveau régime démocratique.

Points essentiels

  • La guerre débute par la déclaration de guerre de la France à la Prusse le 19 juillet 1870, suite à des provocations diplomatiques et à la crise de l’Ems (voir section 7).
  • La défaite française est rapide, notamment lors de la bataille de Sedan où Napoléon III est encerclé et fait prisonnier le 2 septembre 1870, ce qui entraîne la chute du Second Empire.
  • L’invasion de l’Alsace-Lorraine par les Prussiens se concrétise fin août 1870, avec la prise de ces territoires, ce qui provoque un ressentiment durable en France.
  • Eugénie, l’épouse de Napoléon III, fuit en Angleterre pour échapper à la répression et à la capture.
  • La proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1870 à Paris marque la fin du Second Empire et le début d’un nouveau régime républicain, face à la défaite militaire et à la crise politique.
  • La guerre se poursuit avec la résistance parisienne et la formation du gouvernement de la Défense nationale, mais la défaite est irréversible.

À retenir

La déclaration de guerre en 1870 mène à une défaite éclatante pour la France, entraînant la chute du Second Empire et l’instauration de la IIIe République, dans un contexte de crise nationale et de perte territoriale.

9. Naissance IIIe République

Notions clés & Définitions

  • Proclamation de la IIIe République (4 septembre 1870) : Discours officiel annonçant la fin du Second Empire et l’instauration d’un régime républicain à Paris, suite à la défaite de Napoléon III lors de la guerre franco-prussienne.
  • Gouvernement provisoire dirigé par Gambetta (septembre 1870 - mai 1871) : Gouvernement de transition instauré pour organiser la défense nationale, négocier la paix et préparer la nouvelle constitution, avec Gambetta comme figure centrale.
  • Élections de l’Assemblée nationale (février 1871) : Scrutin organisé pour élire une assemblée constituante chargée de rédiger la nouvelle constitution, marquant la transition vers la IIIe République.
  • Signature du traité de Francfort (10 mai 1871) : Accord de paix entre la France et la Prusse, qui impose la perte de l’Alsace-Moselle et le paiement d’indemnités de guerre, suite à la défaite de 1870.
  • Perte de l’Alsace-Moselle et indemnités de guerre : Conséquences du traité de Francfort, la France cède ces territoires à l’Allemagne et doit verser une lourde indemnité, symbolisant la défaite et la fin de l’Empire.

Points essentiels

  • La proclamation de la IIIe République intervient le 4 septembre 1870, après la défaite de Napoléon III à Sedan, marquant la fin du Second Empire et la chute du régime impérial.
  • Le gouvernement provisoire, dirigé par Gambetta, est mis en place pour gérer la transition, organiser la résistance face à l’occupation prussienne, et préparer la rédaction d’une nouvelle constitution.
  • Les élections de février 1871 donnent naissance à une Assemblée nationale constituante, majoritairement monarchiste, qui doit négocier la paix avec la Prusse.
  • Le traité de Francfort, signé en mai 1871, impose à la France la perte de l’Alsace-Moselle, territoire riche en ressources et stratégique, ainsi que le paiement d’indemnités de guerre, renforçant la sentiment nationaliste et la volonté de reconstruction.
  • La capitulation et le traité marquent une étape cruciale dans la consolidation de la nouvelle République, malgré la division politique et les tensions entre monarchistes et républicains.

À retenir

La naissance de la IIIe République est le résultat d’une défaite militaire majeure, d’un régime provisoire dirigé par Gambetta, et de la signature du traité de Francfort, qui marque la fin du Second Empire et l’affirmation d’un régime républicain fragile mais durable.

10. Gouvernement provisoire

Notions clés & Définitions

Gouvernement provisoire de la défense nationale : Organe de transition instauré en septembre 1870, dirigé par Gambetta, chargé d'organiser la résistance face à l'encerclement prussien et de préparer la paix après la défaite de la France dans la guerre franco-prussienne.

Organisation de la résistance face à l’encerclement prussien : Ensemble des mesures et structures mises en place par le gouvernement provisoire pour défendre Paris et la France contre l'invasion prussienne, notamment la mobilisation de la population et la création d'armées de campagne.

Évasion de Gambetta en ballon pour lever une armée : Action symbolique et stratégique de Gambetta, qui, le 7 octobre 1870, s’échappe de Paris en ballon pour rallier la province et organiser la résistance contre l’envahisseur prussien.

Armistice signé en janvier 1871 : Accord de paix conclu le 28 janvier 1871 entre la France et la Prusse, qui met fin aux hostilités, impose la capitulation de Paris, et prévoit le paiement d’indemnités de guerre et la cession de l’Alsace-Moselle.

Composition politique du gouvernement provisoire : Regroupe des républicains modérés et radicaux, avec Gambetta à sa tête, comprenant des figures telles que Crémieux, Jules Favre, Camille Pelletan et Jules Ferry, qui cherchent à organiser la défense nationale et à préparer la reconstruction politique de la France.

11. Commune de Paris

Notions clés & Définitions

  • Création de la Commune de Paris (26 mars 1871) : Gouvernement révolutionnaire mis en place par les Parisiens en réponse à la capitulation de Paris face aux Prussiens, incarnant une gestion autonome et révolutionnaire, symbolisée par le drapeau rouge et les barricades.

  • Insurrection parisienne de mars 1871 : Soulèvement populaire déclenché par la révolte contre la décision du gouvernement d’Adolphe Thiers de désarmer la Garde nationale, marquant le début de la Commune et la rupture avec le pouvoir central.

  • Semaine sanglante (21-28 mai 1871) : Opération militaire menée par le gouvernement d’Adolphe Thiers pour réprimer la Commune, caractérisée par une répression violente, avec exécutions massives, arrestations et déportations des communards, et une brutalité extrême.

Points essentiels

  • La Commune de Paris a été proclamée le 26 mars 1871, après l’insurrection qui a éclaté en réaction à la tentative du gouvernement Thiers de désarmer la Garde nationale, considérée comme un symbole de la souveraineté populaire. Elle a duré environ deux mois, incarnant une gestion autogérée et révolutionnaire, avec des symboles forts comme le drapeau rouge et les barricades érigées dans les quartiers populaires.

  • La répression de la Commune a été particulièrement violente lors de la "Semaine sanglante" (21-28 mai 1871), où l’armée versaillaise a repris Paris. Plus de 40 000 arrestations ont été effectuées, avec environ 13 000 communards déportés en Algérie ou en Nouvelle-Calédonie. La répression a été marquée par des exécutions sommaires, notamment au mur des fédérés, et une brutalité qui a marqué durablement la mémoire collective.

  • La répression a été soutenue par une majorité de la population française, qui a approuvé la violence contre la Commune, perçue comme une insurrection anarchiste. Les symboles de la Commune, tels que le drapeau rouge et les barricades, restent des emblèmes de la résistance populaire et révolutionnaire.

À retenir

La Commune de Paris, née d’un soulèvement populaire contre la capitulation, a été brutalement réprimée lors de la "Semaine sanglante", laissant un héritage fort en tant que symbole de la lutte révolutionnaire et de la résistance populaire face à l’autorité centralisée.

12. Tentatives restauration monarchie

Notions clés & Définitions

  • Division monarchiste (légitimistes vs orléanistes) : conflit au sein des royalistes pour savoir qui doit succéder au trône, les légitimistes soutenant le comte de Chambord, héritier de la branche légitimiste, et les orléanistes préférant le comte de Paris, représentant la branche orléaniste, avec des visions différentes sur la monarchie (drapeau blanc vs drapeau tricolore).
  • Comte de Chambord (1820-1883) : prétendant légitimiste, il refuse d’adopter le drapeau tricolore, souhaitant revenir au drapeau blanc, symbole de la monarchie traditionnelle, ce qui bloque toute restauration monarchique.
  • Comte de Paris (1838-1894) : prétendant orléaniste, il accepte le drapeau tricolore et représente une monarchie plus modérée, favorable à une monarchie constitutionnelle.
  • Échecs des tentatives de restauration monarchique (1871 et 1873) : refus du comte de Chambord en 1871 d’adopter le drapeau tricolore, empêchant la restauration, et en 1873, la seconde tentative échoue également car le comte de Chambord refuse le compromis avec le drapeau tricolore, ce qui entraîne la consolidation de la République.
  • Rôle d’Adolphe Thiers et Mac Mahon : acteurs clés dans la stabilisation républicaine, Thiers étant le premier président de la République après la chute de Napoléon III, il favorise la consolidation républicaine, tandis que Mac Mahon, élu président en 1873, incarne la tendance monarchiste et tente de restaurer la monarchie sans succès.
  • Lois constitutionnelles de 1875 : établissent durablement la République en France, en fixant les principes fondamentaux du régime républicain, notamment la séparation des pouvoirs, la souveraineté populaire, et la laïcité, mettant fin aux tentatives de restauration monarchique.

Points essentiels

  • La division monarchiste entre légitimistes et orléanistes reflète deux visions opposées de la monarchie : la légitimiste, soutenant le comte de Chambord, attaché au drapeau blanc et à la monarchie traditionnelle, et l’orléaniste, soutenant le comte de Paris, plus modéré et favorable au drapeau tricolore.
  • La figure du comte de Chambord symbolise la résistance à toute évolution vers une monarchie constitutionnelle moderne, notamment par son refus d’adopter le drapeau tricolore en 1871, ce qui bloque la restauration monarchique.
  • La première tentative de restauration en 1871 échoue à cause de ce refus, et la seconde en 1873 aussi, car le comte de Chambord n’accepte pas le compromis.
  • La victoire de la République est confirmée par l’adoption des lois constitutionnelles de 1875, qui instaurent un régime stable, démocratique et républicain, mettant fin aux ambitions monarchistes.
  • La stabilisation républicaine est également assurée par le rôle d’acteurs comme Adolphe Thiers, premier président de la République, et Mac Mahon, président en 1873, qui incarnent la résistance monarchiste sans succès.

À retenir

Les échecs successifs des tentatives de restauration monarchique, notamment en 1871 et 1873, ont permis l’affirmation durable de la République en France, consolidée par les lois constitutionnelles de 1875.

Repères chronologiques

DateÉvénement
Juin 1848Insurrection ouvrière lors des Journées de Juin
Juin 1848Intervention militaire de Cavaignac pour réprimer la révolte
Décembre 1848Élection présidentielle de Louis Napoléon Bonaparte
4 novembre 1848Adoption de la constitution de la Deuxième République
2 décembre 1852Proclamation du Second Empire par Louis Napoléon Bonaparte

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésActeurs / AuteursConcepts principaux
Comeback prisonniersJournées de Juin, répression sanglante, déportationsCavaignacRépression, barricades, fossé social
Répression juin 1848Intervention militaire, arrestations, exécutionsCavaignacViolence d’État, suppression des libertés
Louis Napoléon BonaparteÉlection 1848, Parti de l’Ordre, régime autoritaireLouis Napoléon BonaparteMonarchie constitutionnelle, légitimité démocratique
Second EmpireProclamation 1852, plébiscite, Napoléon IIILouis Napoléon BonaparteRégime autoritaire, centralisation du pouvoir

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la répression de juin 1848 avec la répression de la Commune de Paris (1871).
  2. Assimiler la victoire de Louis Napoléon Bonaparte en 1848 à une victoire républicaine, alors qu’il adopte une posture monarchiste.
  3. Confondre la constitution de 1848 avec la Constitution de la Ve République.
  4. Omettre la distinction entre régime républicain et régime autoritaire sous le Second Empire.
  5. Confondre la date de proclamation du Second Empire avec celle de la fin de la Deuxième République.
  6. Négliger le rôle du plébiscite dans la légitimation du Second Empire.
  7. Confondre la répression des Journées de Juin avec celle de la Commune de Paris.

Checklist Examen

  • Connaître la définition des Journées de Juin et leur contexte social (notamment la fermeture des ateliers nationaux) selon Marx et la République.
  • Maîtriser le rôle du général Cavaignac dans la répression de juin 1848.
  • Identifier les acteurs et les enjeux de l’élection présidentielle de décembre 1848, notamment Louis Napoléon Bonaparte et le Parti de l’Ordre.
  • Connaître la constitution du 4 novembre 1848 et ses implications pour le pouvoir présidentiel.
  • Comprendre la transformation de Louis Napoléon Bonaparte en Napoléon III lors de la proclamation du Second Empire.
  • Savoir ce qu’est le plébiscite du 21 novembre 1852 et son rôle dans la légitimation du régime.
  • Connaître la date de proclamation du Second Empire (2 décembre 1852) et ses caractéristiques principales.
  • Identifier les principaux événements de la répression des insurrections ouvrières en 1848, notamment la mobilisation de Cavaignac.
  • Maîtriser la distinction entre régime républicain, régime autoritaire, et monarchie selon les auteurs (ex : Tocqueville, Marx).
  • Connaître la chronologie des événements clés liés à la naissance du Second Empire.
  • Comprendre le contexte social, politique et économique de la France entre 1848 et 1852.
  • Savoir citer les auteurs clés : Louis Napoléon Bonaparte, Marx, Tocqueville, pour leurs concepts ou analyses.
  • Assimiler la différence entre la répression de juin 1848 et la répression ultérieure de la Commune.
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : barricades, plébiscite, répression, régime autoritaire, monarchie constitutionnelle.

Teste tes connaissances

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1. Combien de personnes ont été fusillées lors de la répression des Journées de Juin 1848 ?

2. Quels événements ont conduit à la fermeture des ateliers nationaux en juin 1848 ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de De la République à la Restauration Monarcale avec 9 flashcards interactives.

Comeback prisonniers — définition ?

Libération ou réintégration des prisonniers politiques ou révoltés après une insurrection.

Journées de Juin — insurrection?

Révolte ouvrière en juin 1848 à Paris.

Répression juin 1848 — rôle ?

Vise à rétablir l’ordre en utilisant la force contre la révolte ouvrière.

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