★ À maîtriser
La population européenne sans la Russie atteint 60 millions d’habitants au début du XVIe siècle et environ 120 millions au milieu du XVIIIe siècle après une croissance irrégulière marquée par une stagnation après 1560 et une dépression liée à la guerre de Trente Ans.
Entre 1750 et 1900, la population de l’Europe, Russie comprise, passe de 167 à 430 millions d’habitants, soit une croissance absolue de 263 millions et une hausse de 157 %.
La part de l’Europe dans la population mondiale augmente de 20 % en 1800 à 26 % en 1900, soit le passage d’environ un homme sur cinq à un homme sur quatre.
Compléments
📌 La croissance européenne est inégale selon les espaces : elle est plus tardive en Europe orientale et méridionale qu’en Europe du Nord-Ouest et elle est précocement ralentie en France.
Croissance européenne → poids économique, social et international accru
Sous l’Ancien Régime démographique, le taux de mortalité est d’environ 35 à 40 ‰, l’espérance de vie moyenne atteint 34 ans à la fin du XVIIe siècle chez un Bénédictin et la mortalité infantile atteint environ 350 ‰ à la même période.
Environ la moitié des enfants nés n’atteignent pas l’âge adulte, selon la formule de Pierre Goubert : « il faut deux enfants pour faire un adulte ». — P. Goubert
📌 La croissance de la population est régulée par le mariage tardif, le célibat d’une partie des femmes et le contrôle social de la continence avant le mariage.
Mariage tardif en temps normal, rattrapage des naissances après les crises
Mortalité élevée → mortalité réduite → natalité réduite → croissance faible
★ À maîtriser
Au Royaume-Uni, la population passe de 7,3 millions d’habitants en 1750 à 42 millions en 1900 et double entre 1801 et 1851, puis à nouveau entre 1851 et 1900.
Entre 1750 et 1800, l’âge moyen au premier mariage des femmes britanniques baisse de 26 à 23 ans et la proportion de célibataires diminue de 15 % à 8 %, ce qui accroît les naissances.
Compléments
🔄 La révolution agricole britannique accroît les rendements grâce à:
Les enclosures regroupent les terres dans de grandes exploitations protégées par des clôtures contre les usages communautaires et favorisent l’émergence d’une agriculture capitaliste.
Mariages plus précoces et agriculture productive → forte croissance britannique
★ À maîtriser
La population française passe de 21,5 millions d’habitants en 1700 à 28,6 millions en 1790, soit une hausse de 33 %, tandis que la croissance entre 1740 et 1789 est estimée entre 13,4 % et 16 %.
🔄 La croissance française du XVIIIe siècle connaît quatre phases:
La croissance française du XVIIIe siècle provient surtout de l’espacement et de l’atténuation des crises de surmortalité, tandis que la natalité diminue de 40,5 ‰ entre 1755 et 1759 à 36,5 ‰ entre 1770 et 1774.
📌 La France ne connaît pas de véritable révolution démographique au XVIIIe siècle, car ses mécanismes autorégulateurs s’assouplissent sans disparaître et sa croissance reste plus modeste que celle de la Grande-Bretagne.
Compléments
France : crises atténuées ; Grande-Bretagne : natalité accrue
★ À maîtriser
De 1801 à 1911, la population française augmente de 12 millions d’habitants, soit 41 %, mais la moitié de cette croissance est acquise entre 1816 et 1845.
Le taux de natalité français passe de 33 ‰ en 1816-1820 à 26 ‰ en 1851-1855, se stabilise jusqu’en 1880, puis tombe à 18 ‰ en 1914.
La limitation volontaire des naissances se diffuse massivement en France au XIXe siècle, notamment par le coït interrompu et l’avortement, qui éviteraient environ 700 000 naissances par an, dont 10 % par avortement.
Compléments
📌 En France, la baisse de la natalité est liée au maintien d’une propriété agricole très morcelée, qui pousse les petits propriétaires à limiter les naissances pour éviter la division du patrimoine et adapter la population aux terres disponibles.
Contraception diffusée → natalité réduite → croissance française ralentie
★ À maîtriser
📌 La dénatalité française ne s'explique pas principalement par le partage égalitaire des héritages, la déchristianisation ou la petite propriété, car des régions de petite propriété et des régions très catholiques comme la Lorraine et la Franche-Comté restent parfois très fécondes.
🔄 Le mécanisme de limitation des naissances repose sur: le surpeuplement des campagnes, l'émiettement de la propriété, le recul de la mortalité infantile, la contraception pour éviter le morcellement des biens
La volonté d'ascension sociale conduit les petits notables, la petite bourgeoisie, les employés et les fonctionnaires à limiter les naissances, car la promotion sociale exige un travail intense du couple et une éducation coûteuse, notamment le lycée et le baccalauréat.
Sous le Second Empire, la forte croissance industrielle interrompt temporairement la diminution de la natalité, tandis qu'après 1870 la Grande Dépression et la crise agricole coïncident avec une nouvelle chute de la natalité, que la reprise de la Belle Époque ne renverse pas.
Compléments
📌 Le monde ouvrier reste relativement peu malthusien, car il possède rarement un patrimoine ou une perspective d'ascension sociale et peut parfois tirer un revenu du travail précoce des enfants.
Surpeuplement rural → contraception et limitation des naissances
L'immigration ne représente que 3 % de l'augmentation de la population française au XIXe siècle, mais elle devient plus importante à partir des années 1880 avec les besoins d'une croissance économique accélérée.
Dès 1870, la France compte 12 % de personnes âgées de plus de 60 ans, proportion qui ne sera atteinte en Grande-Bretagne et en Allemagne que dans les années 1930.
📌 Le vieillissement est plus marqué dans les campagnes à faible fécondité ou à forte émigration, tandis que les départements industriels peuvent rajeunir grâce à l'immigration de jeunes adultes.
📌 La faible croissance démographique ne constitue pas nécessairement un frein à la croissance économique, car elle peut réduire les investissements nécessaires pour éduquer les nouveaux venus et dégager des capitaux pour l'investissement intérieur ou les placements internationaux.
France rurale vieillissante, France industrielle rajeunie
★ À maîtriser
Les migrations internes à l'Europe comprennent un courant d'Est en Ouest de Polonais et de Tchèques vers l'Allemagne et la France, des courants du Sud vers le Nord et un courant d'Ouest en Est organisé par la Russie européenne vers la Sibérie.
Après l'abolition du servage en 1861, la pression démographique et le surpeuplement des terres favorisent la migration russe vers la Sibérie, organisée par le pouvoir, notamment grâce au Transsibérien construit entre 1890 et 1901.
Compléments
Sur 7 millions d'Italiens émigrés entre 1861 et 1900, 4 millions restent en Europe, tandis que sur 8 millions d'émigrés italiens entre 1900 et 1914, 3 millions restent encore en Europe.
Le régime tsariste installe au total 10 millions de colons à l'est de l'Oural, malgré des retours représentant environ 20 % des migrants.
Est-Ouest, Sud-Nord, puis Ouest-Est vers la Sibérie
★ À maîtriser
Le volume global de l'émigration européenne entre 1840 et 1914 est estimé à 30-35 millions de personnes, malgré l'imprécision des enregistrements, les migrations clandestines et les retours.
🔄 Les quatre grandes vagues d'émigration se situent en:
Les départs atteignent environ 500 000 par an en 1880, 800 000 à la fin des années 1880, plus d'un million en 1905 et 1,4 million en 1908.
Compléments
1845, 1858, 1878, 1898 : quatre vagues majeures
★ À maîtriser
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'émigration européenne est principalement anglo-saxonne ; avant 1845, les Britanniques représentent 50 % des émigrants européens.
Entre 1840 et 1914, le Royaume-Uni fournit près de la moitié des émigrants européens, soit environ 15 millions de personnes, dont 5 millions d'Irlandais.
La grande vague de 1898-1908 est surtout méditerranéenne, balkanique et centre-européenne ; les Italiens fournissent 7 millions de départs entre 1861 et 1914, répartis pour moitié vers les États-Unis et pour moitié vers l'Amérique latine.
Compléments
D’abord anglo-saxonne, puis méditerranéenne et slave
La révolution industrielle facilite l'émigration grâce au chemin de fer, à la navigation à vapeur, aux compagnies de transport, à la diffusion de l'information et aux lois améliorant les conditions de voyage.
La durée de la traversée entre Le Havre et New York passe de 5 semaines pour les bateaux à voile jusqu'en 1860-1870 à 12 jours à partir des années 1880, tandis que la mortalité à bord baisse de 1 % en 1850 à 0,06 % en 1880.
Les réseaux familiaux et de connaissance entretiennent l'émigration en permettant aux migrants installés outre-mer d'informer leurs proches et de les faire venir, ce qui nourrit le mythe de l'ascension sociale possible.
Les arrivées aux États-Unis se répartissent ainsi: 3,5 millions entre 1840 et 1860, 4,5 millions entre 1860 et 1880,7 millions entre 1880 et 1890,10 millions entre 1900 et 1914
📌 Le melting-pot américain fonctionne surtout entre Blancs anglo-saxons protestants et exclut largement les Indiens et les Noirs, tandis que l'intégration des Irlandais catholiques puis des immigrés méditerranéens et slaves est plus difficile.
Pression démographique et transports → peuplement et transformations sociales
Comparaison des modèles démographiques
| Élément | Grande-Bretagne | France |
|---|---|---|
| Natalité au XVIIIe siècle | Augmente grâce aux mariages plus précoces et plus nombreux | Diminue progressivement, surtout après 1775 |
| Mortalité | Baisse surtout après 1820 | Baisse, mais les crises et l’urbanisation ralentissent le recul |
| Croissance | Forte et précoce | Modérée et ralentie |
| Régulation | Réponse économique et industrielle à la croissance | Limitation des naissances et maintien de l’autorégulation |
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1. Quelle évolution caractérise la population européenne sans la Russie entre le début du XVIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle ?
2. Quelle croissance la population de l’Europe, Russie comprise, connaît-elle entre 1750 et 1900 ?
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Quelle était la population européenne sans la Russie au début du XVIe siècle ?
60 millions d'habitants.
Quelle population européenne sans la Russie vers le milieu du XVIIIe siècle ?
Environ 120 millions d'habitants.
Quelle évolution démographique européenne après 1560 ?
Une stagnation suivie d'une dépression liée à la guerre de Trente Ans.
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