Troisième République
AUTEUR (date) : régime politique instauré en France à partir du 4 septembre 1870, succédant au Second Empire, marqué par une organisation républicaine du pouvoir.
Gouvernement provisoire de la défense nationale
AUTEUR (date) : gouvernement mis en place après la défaite de Sedan, en septembre 1870, chargé de défendre la France face à l'invasion prussienne, avec Léon Gambetta à sa tête.
Défaite de Sedan
AUTEUR (date) : défaite militaire survenue le 2 septembre 1870, qui entraîne la capitulation de Napoléon III et la fin du Second Empire.
Proclamation de la Troisième République
AUTEUR (date) : acte officiel du 4 septembre 1870, marquant la fin du Second Empire et l'établissement d’un nouveau régime républicain.
Léon Gambetta
AUTEUR (date) : figure politique qui devient président du gouvernement provisoire, jouant un rôle clé dans la résistance contre l'invasion prussienne.
Assemblée législative conservatrice
AUTEUR (date) : corps élu en janvier 1871, dominé par des royalistes, avec une majorité de députés favorables à une restauration monarchique, où les républicains sont minoritaires.
Le 4 septembre 1870 marque la fin du Second Empire et la proclamation de la Troisième République. L'année terrible (septembre 1870 - mai 1871) est caractérisée par la guerre contre la Prusse et la révolte de la Commune de Paris. Après la défaite de Sedan, Napoléon III capitule, ce qui entraîne la chute de l’Empire et la mise en place d’un gouvernement provisoire de la défense nationale. Ce gouvernement, dirigé par Léon Gambetta, se réfugie à Tours face à l'invasion prussienne. La guerre continue, et en janvier 1871, une assemblée législative est élue, majoritairement royaliste, avec Adolphe Thiers comme chef du gouvernement. La situation devient conflictuelle lorsque Paris se soulève contre ce gouvernement royaliste lors de la Commune, du 18 mars au 28 mai 1871, avec des figures comme Louise Michel. Pendant cette période, la République est encore incertaine, et la société s’engage dans des luttes politiques et sociales profondes.
La naissance de la Troisième République s’est faite dans un contexte difficile marqué par la défaite militaire, la guerre, et des divisions politiques profondes, entre monarchistes et républicains, ainsi qu’avec la révolte de la Commune de Paris.
Amendement Wallon (1875) : Disposition constitutionnelle qui établit une constitution parlementaire démocratique pour la Troisième République, renforçant le rôle du Parlement dans la vie politique.
Suffrage universel masculin : Système électoral permettant à tous les hommes adultes de voter, sans restriction de fortune, d’éducation ou de statut social, pour élire les représentants législatifs et municipaux.
Séparation des pouvoirs : Principe selon lequel le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire sont distincts, garantissant un équilibre institutionnel et limitant la concentration du pouvoir.
Président de la République élu par l'Assemblée : Mode de désignation du président, qui est choisi par l’Assemblée nationale démocratique, pour un mandat de sept ans, avec un pouvoir limité mais pouvant dissoudre l’Assemblée.
Mac Mahon : Président de la République (1873-1879), partisan de la monarchie, qui dissout l’Assemblée en 1877 pour tenter de revenir à un régime monarchique, mais dont les actions renforcent la légitimité du régime républicain.
Jules Grévy : Président de la République élu en 1879, représentant républicain, symbole de l’acceptation croissante du régime républicain par la population.
Dès 1871, les monarchistes se divisent entre partisans de la famille Bourbon et d'Orléans, ce qui fragilise leur position face à la montée des républicains. Un nouveau président, partisan d’un retour à la monarchie, est envisagé, mais la situation évolue rapidement.
En 1875, l’amendement Wallon est adopté, établissant une constitution parlementaire démocratique. La nouvelle Assemblée nationale élit un président de la République pour un mandat de sept ans, incarnant la séparation des pouvoirs. Le pouvoir législatif devient central, avec la capacité de voter les lois et d’investir ou de renverser le gouvernement. Le président peut dissoudre l’Assemblée, mais ses pouvoirs restent limités.
Les républicains progressent lors des élections législatives, devenant majoritaires dès 1876. Le président Mac Mahon, partisan de la monarchie, dissout l’Assemblée en 1877, mais les nouvelles élections confirment la majorité républicaine. En 1879, Jules Grévy, républicain, devient président, marquant l’acceptation progressive du régime républicain par la population française.
La Troisième République s’est progressivement structurée autour d’un régime parlementaire démocratique, renforcé par l’amendement Wallon, et a gagné en légitimité politique grâce à la majorité républicaine consolidée lors des élections législatives, malgré les tentatives monarchistes.
Lois libérales
Les lois libérales instaurent des libertés fondamentales telles que la liberté de réunion, de presse, d’association et syndicale. Elles visent à défendre les idées républicaines et à garantir les droits des citoyens dans leur vie quotidienne.
Liberté de réunion
Selon les lois libérales, cette liberté permet aux citoyens de se rassembler publiquement avec une autorisation préalable déposée en préfecture, favorisant l’expression collective et la participation à la vie publique.
Liberté de la presse
Elle se traduit par la multiplication des titres et des tirages, permettant une expression libre et diversifiée des opinions, notamment dans les campagnes, grâce aussi au développement du chemin de fer qui facilite la diffusion.
Liberté syndicale
Ce droit donne la possibilité aux travailleurs de s’organiser et de se réunir par profession ou métier pour défendre leurs intérêts, favorisant la revendication sociale et professionnelle.
École laïque et gratuite
L’école primaire devient obligatoire jusqu’à 12 ans, financée par l’État, et doit respecter la neutralité religieuse. L’enseignement vise à former des citoyens conscients de leurs droits et devoirs, avec un contenu patriotique, historique et géographique, tout en excluant toute influence religieuse.
Marianne
Allégorie féminine représentant la République et la France. Elle symbolise la liberté, la démocratie et l’unité nationale, souvent représentée avec un bonnet phrygien, symbole révolutionnaire.
Les lois libérales ont permis l’instauration de libertés fondamentales telles que la liberté de réunion, de presse, syndicale et d’association, essentielles à la vie démocratique. La liberté de réunion autorise les rassemblements publics, sous contrôle administratif, tandis que la liberté de presse connaît une expansion avec la multiplication des titres et la diffusion dans les campagnes, facilitée par le chemin de fer. La liberté syndicale donne aux travailleurs le droit de s’organiser pour défendre leurs intérêts, et la liberté d’association permet de regrouper des citoyens autour de causes variées.
L’école laïque, gratuite et obligatoire jusqu’à 12 ans, se développe pour former une génération instruite, patriotique et citoyenne, avec un enseignement qui valorise l’histoire nationale, la géographie, la langue française et les grandes figures historiques, tout en respectant la neutralité religieuse. La symbolique républicaine s’affirme à travers des figures et des symboles comme Marianne, le drapeau tricolore et la fête nationale du 14 juillet, qui renforcent l’identité commune.
Les funérailles nationales de Victor Hugo en 1885 illustrent l’usage des figures culturelles pour unir la nation. La République utilise la figure de Hugo, héros de la défense des libertés, pour incarner ses valeurs et rassembler tous les Français derrière ses idéaux.
Les lois libérales, l’éducation laïque et gratuite, ainsi que les symboles républicains, ont permis de construire une identité nationale partagée, fondée sur la liberté, l’instruction et l’unité culturelle, renforçant ainsi la cohésion de la République.
Crise économique et sociale : Période durant laquelle la France subit des faillites, une augmentation du chômage et de la pauvreté, fragilisant la stabilité sociale et économique du pays.
Oppositions monarchistes et bonapartistes : Groupes qui contestent la République en prônant le retour à la monarchie ou à l’Empire, remettant en cause la légitimité du régime républicain.
Républicains radicaux : Partisans d’un régime républicain plus avancé, souvent issus des anciens communards, qui critiquent le régime parlementaire et ses limites.
Lois scélérates : Lois adoptées pour renforcer la répression contre les anarchistes, limitant certaines libertés publiques et encadrant la lutte contre l’anarchisme.
Antisémitisme : Préjugés et discriminations à l’encontre des Juifs, qui se manifestent dans certains discours et actes de rejet social.
Séparation de l'Église et de l'État (1905) : Loi qui établit la neutralité religieuse de l’État, mettant fin au financement public des cultes et séparant clairement les institutions religieuses et publiques.
La fin du XIXe siècle en France est marquée par une affirmation progressive de la République, malgré une forte opposition. La majorité de la population soutient la République, sauf dans certaines régions comme la Bretagne et la Vendée, où les conservateurs attachés au catholicisme restent résistants. La République doit faire face à plusieurs crises majeures :
Avant 1914, la République française a su dépasser de multiples crises politiques, sociales et économiques, mais elle a été mise à rude épreuve par des oppositions diverses et des tensions internes, qui ont façonné son évolution vers la stabilité.
Le général Boulanger, nommé ministre de la Guerre en 1886, gagne rapidement en popularité grâce à ses réformes du service militaire, qui incluent l’égalité des hommes face au service militaire, l’amélioration des conditions de vie des militaires, et un discours nationaliste hostile à l’Allemagne. Il incarne ainsi les valeurs républicaines telles que liberté, égalité, fraternité, tout en étant perçu comme un symbole de patriotisme et de force nationale.
Sa popularité se traduit par une cérémonie funéraire grandiose, organisée sur décision de la Chambre des députés, qui en fait un lieu de mémoire au Panthéon. Cependant, face à la menace qu’il représente pour la stabilité républicaine, Boulanger est démis de ses fonctions et envoyé à Off. Il se présente ensuite à plusieurs élections législatives, est élu député, mais son mouvement se radicalise, culminant avec un coup d’État manqué en 1885. Face à cette menace, les républicains l’emportent, et Boulanger s’exile à l’étranger, où il se suicide en 1891.
La crise boulangiste illustre la fragilité de la République face à des mouvements populistes et autoritaires, révélant la vulnérabilité du régime face aux tentatives de coup d’État et aux idéologies nationalistes radicales. La menace que représentait Boulanger a permis de mettre en évidence la nécessité de renforcer la stabilité et la légitimité républicaine.
La crise boulangiste a révélé la vulnérabilité de la République face aux mouvements nationalistes et autoritaires, en montrant que des figures populistes comme Boulanger pouvaient menacer la stabilité du régime. Elle a aussi illustré la difficulté pour la République de résister à une opposition forte et populiste tout en maintenant ses valeurs fondamentales.
Mouvement libertaire : Courant politique et idéologique associé à l’anarchisme, développé au 19e siècle, qui rejette la prise de pouvoir par voie électorale et privilégie l’action directe, notamment par la violence si nécessaire, pour défendre les libertés individuelles. AUTEUR (date) : concept.
Attentats anarchistes : Actions violentes, souvent à la bombe ou par assassinats, visant des représentants de l’État ou des institutions pour déstabiliser le pouvoir et promouvoir la révolution. La série d’attentats débute en 1892 avec Ravachol, se poursuit avec Auguste Vaillant et l’assassinat de Sadi Carnot en 1894. AUTEUR (date) : concept.
Opposition à la République parlementaire : L’anarchisme critique la République jugée trop bourgeoise, inégalitaire et insuffisamment démocratique. Les anarchistes rejettent la prise du pouvoir par élections et privilégient la révolution directe, ce qui les met en opposition avec le régime républicain parlementaire.
L’anarchisme se développe comme un mouvement anti-autoritaire, critique la République parlementaire qu’il considère comme bourgeoise et inégalitaire. Il s’inscrit dans une opposition radicale, notamment chez les ouvriers, qui diffusent ses idées via brochures, journaux et militants. Les anarchistes privilégient la révolution directe plutôt que la prise du pouvoir par élections. Pour atteindre leurs objectifs, ils recourent à des attentats contre des représentants de l’État, comme ceux de Ravachol en 1892, d’Auguste Vaillant en 1893, ou encore l’assassinat du président Sadi Carnot en 1894. En réponse, le gouvernement adopte des lois scélérates pour renforcer la répression policière et judiciaire, limitant ainsi les libertés publiques et individuelles. Ces lois sont perçues comme une atteinte à la démocratie par certains républicains. La montée de l’anarchisme entraîne une augmentation des tensions sociales, avec une répression violente des grèves et manifestations ouvrières, accentuant le climat de conflit.
La montée de l’anarchisme, en opposition radicale à la République, entraîne une série d’attentats violents et une répression accrue, ce qui limite les libertés publiques et met en danger la stabilité du régime républicain.
Capitaine Dreyfus
Dreyfus (1894) : Officier de l’état-major français accusé à tort d’avoir révélé des secrets militaires à l’ennemi, condamné pour espionnage suite à la découverte d’un bordereau.
Bordereau
Bordereau : Lettre manuscrite, supposément écrite par Dreyfus, qui aurait révélé des secrets militaires aux Allemands. Ce document est à l’origine de l’accusation contre Dreyfus.
Dreyfusards
Dreyfusards : Partisans de la justice pour Dreyfus, souvent des républicains, intellectuels, qui dénoncent une erreur judiciaire et la manipulation de preuves.
Antidreyfusards
Antidreyfusards : Opposants à Dreyfus, persuadés de sa culpabilité, souvent influencés par une presse antisémite, qui défendent l’armée et l’accusation.
Article "J'accuse"
"J'accuse" (1898) : Article publié par Émile Zola dénonçant la falsification de preuves par l’armée et la condamnation injuste de Dreyfus, révélant une erreur judiciaire.
Grâces présidentielles
Grâces présidentielles (1906) : Décision de clémence accordée à Dreyfus, qui permet sa réhabilitation et sa réintégration dans l’armée, mettant fin à la crise judiciaire.
L’affaire débute en 1894 avec l’accusation de trahison contre le capitaine Dreyfus, basée sur un bordereau suspect. La presse antisémite s’empare de l’affaire, divisant profondément l’opinion publique entre dreyfusards, qui défendent la justice, et antidreyfusards, qui croient en la culpabilité de Dreyfus. Dreyfus est jugé, dégradé et condamné à la déportation en Guyane. Son père et des intellectuels se mobilisent pour sa défense. En 1898, Émile Zola publie "J'accuse", dénonçant la falsification de preuves et l’erreur judiciaire. Dreyfus est rejugé, mais l’armée refuse de reconnaître ses torts. Finalement, en 1906, Dreyfus est gracié et réintégré dans l’armée, mais l’affaire laisse une fracture durable dans la société française, révélant les tensions sociales, politiques et antisémites, et marquant un tournant dans la République.
L’affaire Dreyfus a mis en lumière les tensions sociales et politiques en France, notamment l’antisémitisme, tout en révélant la fragilité des valeurs républicaines face à des enjeux de justice et de nationalisme.
| Date | Événement |
|---|---|
| 2 septembre 1870 | Défaite de Sedan, capitulation de Napoléon III |
| 4 septembre 1870 | Proclamation de la Troisième République |
| 18 mars - 28 mai 1871 | Révolte de la Commune de Paris |
| 1875 | Adoption de l’amendement Wallon |
| 1876 | Majorité républicaine lors des élections législatives |
| 1877 | Dissolution de l’Assemblée par Mac Mahon |
| 1879 | Élection de Jules Grévy comme président |
| Thème | Notions clés | Auteurs / Concepts |
|---|---|---|
| Mise en place de la République | Fin du Second Empire, gouvernement provisoire, défaite de Sedan, Commune | Léon Gambetta, Adolphe Thiers, Louise Michel |
| Consolidation républicaine (1871-1875) | Amendement Wallon, séparation des pouvoirs, régime parlementaire, majorité républicaine | Mac Mahon, Jules Grévy |
| Culture et pratiques républicaines | Lois libérales, liberté de réunion, liberté de presse, école laïque et gratuite, Marianne | Lois libérales, Marianne |
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1. Comment la défaite de Sedan a-t-elle influencé la mise en place de la République ?
2. Que désigne l'amendement Wallon adopté en 1875 dans le contexte de la consolidation républicaine ?
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Troisième République — définition ?
Régime instauré en 1870 après le Second Empire.
Gouvernement provisoire — rôle ?
Dirigé la France face à l'invasion prussienne en 1870.
Défaite de Sedan — date ?
2 septembre 1870.
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