Fiche de révision : Histoire économique et capitalisme

Plan du Cours

  1. Histoire économique et capitalisme
  2. Routes commerciales afro-eurasiatiques
  3. Naissance du capitalisme moderne
  4. Réforme et Renaissance européennes
  5. Mercantilisme et monarchie absolue
  6. Pourquoi l'Europe domine
  7. Révolution agricole et croissance
  8. Première révolution industrielle
  9. Deuxième révolution industrielle
  10. Mondialisation et domination coloniale
  11. Grande Dépression et New Deal
  12. Fascismes et capitalisme d'État

1. Histoire économique et capitalisme

Notions clés & Définitions

  • Révolution des Annales : Approche historique du XXe siècle qui élargit l’analyse aux dimensions sociales et culturelles et place les problèmes économiques au cœur du récit.
  • Histoire globale : Courant du XXIe siècle visant une lecture à l’échelle des civilisations afin de décentrer l’Europe et de donner une voix aux populations colonisées.
  • Capitalisme : Système fondé sur l’accumulation continue du capital pour dégager un profit, avec une articulation durable entre institutions, échanges et acteurs économiques.
  • Capital : Ensemble des ressources mobilisables dans la production et la création de richesses, incluant des formes monétaires, technologiques et immatérielles comme les connaissances.
  • Économie-monde : Organisation spatiale hiérarchisée qui relie plusieurs zones à une ville dominante, structurée autour d’un centre et de périphéries successives.

Points essentiels

  • La discipline historique a été longtemps dominée par l’histoire politique et militaire avant l’ouverture à d’autres facteurs au XXe siècle, puis à l’échelle des civilisations au XXIe siècle.
  • Pour Braudel, l’histoire économique est largement une histoire du capitalisme, d’abord centrée sur l’Europe puis sur Europe–États-Unis.
  • Le capitalisme ne se réduit pas à un système économique : il implique des dimensions sociales croisées comme politique, droit, idéologie, culture et éthique.
  • Braudel propose une grille de longue durée où le capitalisme correspond à une civilisation structurée par une vie économique tournée vers une croissance d’activité profitable.
  • Deux ruptures économiques structurent l’histoire : révolution néolithique autour de -10 000 à -3500 et développement du capitalisme à partir de 1500, avec une genèse plus ancienne (Moyen Âge et désenclavement planétaire).

Astuce mémo

Braudel = “longue durée” + “capitalisme = civilisation” : pense le système avant l’événement.

2. Routes commerciales afro-eurasiatiques

Notions clés & Définitions

  • Route de la soie : Réseau d’échanges reliant l’espace eurasien, dont les parcours deviennent réguliers sous l’impulsion des dynasties chinoises à partir du Ier siècle ap. J.-C.
  • Routes eurasiatiques : Ensemble des grands axes de circulation intercontinentale, organisés en deux voies principales avec des échanges durables entre mondes d’Asie.
  • Diasporas commerciales : Groupes de marchands mobiles, peu intégrés et non hégémoniques, qui structurent et dynamisent les échanges sur le temps long des routes eurasiennes.
  • Système-monde eurasien : Organisation des échanges à grande échelle sans centre hégémonique unique, où les liens économiques priment sur les liens politiques.
  • Venise porte hégémonique : Rôle de Venise comme interface occidentale devenue dominante pour le commerce eurasien, surtout au tournant du XIIIe siècle et ensuite.

Points essentiels

  • Deux routes structurent le commerce eurasien : une route intérieure (Chine) et une route maritime (Océan Indien).
  • Sous les Han (-206 à 220), les échanges s’accélèrent et la route de la soie naît, avec un trafic régulier des parcours au Ier siècle ap. J.-C.
  • Vers le XIe et au tournant de l’an mil, l’expansion des ensembles chinois et du monde arabo-musulman intensifie les échanges grâce aux diasporas, avec intégration de l’Afrique subsaharienne au commerce.
  • Au XIIIe siècle, l’empire mongol soumet temporairement la route de la soie (XIIIe–mi XIVe s.), tandis que Venise devient clairement la porte hégémonique de l’Europe pour ce commerce au début du XIIIe siècle.
  • Le commerce agit comme vecteur de trois transferts : échanges commerciaux, transferts culturels (savoirs et savoir-faire) et échanges biologiques.
  • Dans la montée de la “grande divergence”, le commerce lointain n’est pas propre à Venise, mais le type d’échanges mis en place par Venise (cité-État) constitue une exception dans le système-monde eurasien.

Astuce mémo

Deux axes : Intérieur = Chine ; Maritime = Océan Indien.

3. Naissance du capitalisme moderne

Notions clés & Définitions

  • Proto-capitalisme : forme partielle de capitalisme née du commerce lointain, avec des pratiques capitalistes présentes mais sans généralisation de la production et du marché pour tous.
  • Crise du féodalisme : déséquilibre progressif du système féodal, lié à des chocs démographiques et à des tensions internes qui ouvrent la voie à une transition vers un ordre plus marchand.
  • Économie marchande : système d’échanges fondé sur la circulation de biens, la monétarisation et le développement des villes, qui renforce progressivement l’autorité royale et affaiblit les seigneurs.
  • Cité-État vénitienne : modèle urbain où une puissance commerciale se combine à une régulation propre, permettant à Venise d’encadrer les échanges tout en gardant une avance hégémonique.
  • Désencastrement des marchés : mécanisme par lequel le capitalisme agit sur l’économie de marché, en sortant les échanges d’un cadre ancien pour les faire fonctionner selon la logique de profit.

Points essentiels

  • À partir de l’an 1000, les croisades et le renouveau du grand commerce maritime méditerranéen relancent les échanges afro-eurasiatiques et déclenchent une première révolution commerciale, à l’origine d’une société plus urbaine, marchande et monétaire.
  • La crise féodale est alimentée par des chocs démographiques exogènes comme les épidémies et les catastrophes naturelles, et par des facteurs endogènes comme la reprise des guerres et des famines récurrentes.
  • Le développement de l’économie marchande et de l’autorité royale transforme peu à peu les obligations des chevaliers et des paysans en paiements monétaires d’impôt, ce qui affaiblit les seigneurs.
  • La croissance de l’échange ville-campagne et l’essor de l’autonomie urbaine réduisent l’emprise seigneuriale, les villes devenant des éléments d’une économie plus complexe.
  • Les pratiques mises en place autour du commerce lointain forment un proto-capitalisme, car le capital reste surtout centré sur l’échange et le commerce plutôt que sur la production, dans la transition médiévale vers le capitalisme moderne.

Astuce mémo

Crise féodale = chocs + argent : épidémies et guerres → villes et impôts monétaires → échanges → proto-capitalisme.

4. Réforme et Renaissance européennes

Notions clés & Définitions

  • Réforme européenne : Mouvement religieux du XVIe siècle visant à réformer le christianisme, à travers le protestantisme et un nouveau rapport de l’individu à Dieu.
  • Protestantisme de Calvin : Courant protestant valorisant le travail, l’épargne et la fidélité, tout en voyant la richesse matérielle comme un signe divin non assimilé au luxe.
  • Tolérance religieuse de Locke : Principe lié à la pensée de John Locke qui affirme que la religion relève de la sphère privée et exige une liberté de culte totale.
  • Science moderne : Ensemble de pratiques intellectuelles des XVIIe siècle combinant méthode expérimentale et usage des mathématiques pour expliquer et maîtriser la nature.

Points essentiels

  • La Réforme débute au tournant des années 1520 avec une nouvelle conception du christianisme et le protestantisme comme forme religieuse dominante.
  • La pensée de Calvin justifie le prêt à intérêt, tout en excluant l’usure, et associe travail, épargne et fidélité à une vie consacrée.
  • La thèse de Max Weber relie l’éthique protestante à l’esprit du capitalisme, en valorisant l’activité économique et le travail.
  • John Locke (1632-1704) défend la séparation du pouvoir politique et religieux et la distinction législatif/exécutif au nom des libertés individuelles.
  • La science moderne s’affirme au XVIIe siècle via l’expérimentation et l’application des mathématiques, avec des repères comme Copernic (1543) et Galilée (1632).
  • Descartes (Discours de la méthode, 1637) incarne l’essor d’un esprit scientifique fondé sur la méthode et l’usage des mathématiques pour les problèmes techniques.

Astuce mémo

Calvin: travail-épargne-intérêt; Locke: tolérance-séparation; Science: expérience+maths.

5. Mercantilisme et monarchie absolue

Notions clés & Définitions

  • Mercantilisme : Doctrine économique où la puissance d’un royaume dépend de l’enrichissement national, mesuré notamment par l’obtention d’un excédent commercial.
  • Monarchie absolue : Régime politique où le roi détient l’autorité de manière très concentrée, et où l’État intervient fortement dans la vie économique.
  • Compromis mercantiliste : Alliance entre l’intérêt du pouvoir politique et celui des acteurs économiques, qui soutient l’application de politiques d’État en faveur des échanges.
  • Colbertisme : Version française de l’interventionnisme mercantiliste, où l’État organise l’industrie et les exportations pour renforcer la richesse nationale.
  • Offices vénaux : Achats de charges par des bourgeois, qui leur donnent des positions dans la finance, la justice et la police tout en servant la monarchie.

Points essentiels

  • Le mercantilisme naît avec la colonisation et l’essor des États monarchiques, et vise l’enrichissement du royaume pour en faire la base de sa puissance.
  • Comme la richesse est présentée comme limitée, la stratégie consiste à gagner sur les voisins via une guerre économique plutôt que par une idée de croissance.
  • La politique mercantiliste cherche un excédent de la balance commerciale en faisant entrer l’or et l’argent, en freinant les importations et en favorisant les exportations.
  • En France, la bourgeoisie s’insère dans la monarchie absolue sans la renverser, en achetant de plus en plus des offices (finance, justice, police) que le roi vend.
  • L’État mercantiliste met en place des mesures commerciales comme des lois protectionnistes et des monopoles coloniaux, ainsi que des politiques industrielles comme la création de manufactures d’État.
  • Le mercantilisme tend à se mêler au libéralisme naissant au XVIIe siècle, notamment dans certaines régions comme Hollande et Angleterre, avec des réformes qui réduisent des obstacles internes au commerce.

Astuce mémo

Balance commerciale en mode “mercantiliste” : exporter plus que d’importer pour faire rentrer l’or et l’argent.

6. Pourquoi l'Europe domine

Notions clés & Définitions

  • Dispersion du pouvoir politique : C’est une organisation où le pouvoir est morcelé en plusieurs centres, ce qui produit une situation différente d’un empire unifié et favorise l’autonomie locale.
  • Monétarisation de l’économie : C’est le processus par lequel les échanges s’appuient de plus en plus sur la monnaie et sur des instruments financiers, ce qui fluidifie le fonctionnement économique.
  • Droits de propriété : Ce sont des règles qui définissent l’accès et l’usage des biens, et qui donnent une base juridique à la propriété privée et à l’activité économique.
  • Common law marchande : C’est un ensemble de pratiques juridiques liées au commerce qui encadre les droits de propriété et soutient les mécanismes économiques.
  • Banque d’Amsterdam : C’est une institution bancaire créée en 1609 qui illustre le développement d’infrastructures financières pour les paiements et le crédit.

Points essentiels

  • La domination européenne ne s’explique pas par une cause unique mais par un faisceau de facteurs allant de la géographie aux institutions, selon le cours.
  • Vivre et travailler dans l’hémisphère nord est présenté comme plus favorable que dans le Sud, ce qui aurait aidé l’essor européen.
  • La concurrence entre États européens, décrite comme une Europe non-unifiée en empires mais morcelée et stable, est associée à l’incitation à innover.
  • La colonisation et le désenclavement planétaire font basculer l’économie-monde vers l’Occident, et la dynamique expansionniste accélère la croissance.
  • La thèse de Baechler relie la dispersion du pouvoir politique à l’autonomie des villes, ce qui permet une affirmation progressive des droits de propriété et une émancipation de l’économique.
  • Les évolutions institutionnelles incluent des infrastructures de financement comme la Banque d’Amsterdam en 1609 et la Banque d’Angleterre en 1694 pour soutenir les marchés et le crédit.

Astuce mémo

Nord (cadre plus favorable) + Villes (pouvoir dispersé) + Droits (propriété protégée) + Finance (banques) = domination européenne.

7. Révolution agricole et croissance

Notions clés & Définitions

  • Enclosures : Enclosures : mouvement de privatisation et de concentration des terres qui transforme durablement les structures agraires en Angleterre.
  • Système open field : Système open field : organisation ancienne des terres cultivées en communs ouverts, remise en cause au profit d’un nouveau système agricole.
  • Transition démographique : Transition démographique : passage d’un régime ancien à forte mortalité à une baisse de la mortalité tout en gardant une natalité élevée, créant une forte croissance.
  • Tension alimentaire : Tension alimentaire : situation où la capacité de production agricole met la pression sur les besoins, ce qui peut soutenir une croissance régulière via des mécanismes démographiques.

Points essentiels

  • La révolution agricole en Angleterre débute vers 1700 et précède la révolution industrielle qui commence vers 1760.
  • La rupture la plus déterminante vient de l’accélération des enclosures, qui favorise ensuite la rationalisation et les innovations agricoles.
  • L’agriculture devient plus intensive : disparition de la jachère, agriculture mixte, hausse de fertilité et de production.
  • La baisse de la mortalité au XVIIIe siècle, sans baisse du taux de natalité, déclenche une phase de transition démographique à fort accroissement naturel.
  • Le schéma évoqué lie production agricole et démographie par une tension alimentaire, avec une relation à double sens entre changements économiques et régime démographique.
  • Le résultat attendu est un surplus agricole qui libère de la main d’œuvre pour d’autres activités et soutient la croissance.

Astuce mémo

Enclosures (terres privées) → agriculture rationalisée → surplus → main d’œuvre libérée → croissance démographique.

8. Première révolution industrielle

Notions clés & Définitions

  • Entreprise moderne : Institution économique issue du capitalisme industriel, distincte du patrimoine familial, et organisée en fonctions et compétences multiples.
  • Société de classes : Structure sociale où les groupes se définissent surtout par leur place dans le système économique, avec bourgeoisie d’affaires et monde ouvrier salarié.
  • Monétarisation des économies : Transformation où l’activité économique passe plus largement par la monnaie, ce qui rend les circuits de financement plus complexes.
  • Société de marché : Organisation sociale où la logique marchande tend à encadrer l’ensemble de la vie économique et matérielle, via la marchandisation et le désencastrement.

Points essentiels

  • L’entreprise se sépare du patrimoine familial et favorise l’essor des S.A., tandis que la concentration des entreprises débute au cours de la première RI.
  • La RI fait émerger un capitalisme industriel et national, porté par la montée d’une classe dirigeante et la constitution d’une classe ouvrière urbaine.
  • Au XIXe siècle, la productivité augmente d’environ 1% par an dans l’agriculture et 2% dans l’industrie, soutenant une croissance moderne endogène d’environ 2%.
  • Le commerce international passe environ de 1800 à 1860 à un volume multiplié par 6.
  • Malgré plus de production, la RI impose des coûts humains: journées de 12 à 16 heures, salaires de subsistance, absence de protection sociale et chômage comme « armée de réserve ».

Astuce mémo

Pense Polanyi: le marché veut tout « marchandiser », mais terre, travail et monnaie sont des « fictifs », donc il faut une régulation.

9. Deuxième révolution industrielle

Notions clés & Définitions

  • Capitalisme monopoliste : Régime économique où la concentration transforme des entreprises nombreuses en grandes firmes, avec une concurrence limitée et dominante à l’échelle nationale et mondiale.
  • Concentration verticale et horizontale : Formes de regroupement où la firme s’intègre à sa filière (verticale) ou élargit ses activités à un produit ou secteur (horizontale).
  • Taylorisme : Organisation scientifique du travail qui repose sur la découpe des tâches, la spécialisation des hommes et des machines, et la séparation conception-exécution.
  • Fordisme : Mode de fonctionnement capitaliste reliant production de masse et consommation de masse, rendu possible par la chaîne, la standardisation et une logique salariale incitative.
  • État social : Construction progressive de la protection du salariat via législation sociale et politiques publiques, dans le cadre d’un rééquilibrage capital-travail.

Points essentiels

  • Entre 1750-1850 et la fin du XIXe siècle, on passe de petites unités à de grandes unités à tendance monopoliste dans les pays industrialisés comme les EU et l’Allemagne.
  • La concentration se fait soit verticalement (filière intégrée) soit horizontalement (produit), et juridiquement par ententes ou par fusion via conglomérats et trusts.
  • Selon Taylor (1911), la gestion scientifique repose sur trois leviers : parcellisation et standardisation, spécialisation des hommes et des machines, et séparation conception/exécution.
  • Selon Ford, l’organisation industrielle suit trois principes : travail à la chaîne, standardisation des pièces et des produits, et salaire incitatif (5-dollars day).
  • Entre 1871 et 1914, des acquis sociaux progressent avec l’amélioration des conditions de salariat (durée, hygiène, sécurité) et l’essor d’une protection sociale et du droit du travail.
  • L’idée de législation internationale du travail émerge vers 1880 après une forte croissance de la syndicalisation et des luttes ouvrières organisées.

Astuce mémo

Taylor = découper + spécialiser + séparer (conception/exécution) ; Ford = chaîne + standard + salaire 5 dollars (production→consommation).

10. Mondialisation et domination coloniale

Notions clés & Définitions

  • Périphéries coloniales : Dans le cadre de la mondialisation du XIXe siècle, les colonies deviennent des périphéries partiellement insérées aux échanges européens tout en restant maintenues à l’écart de l’industrialisation.
  • Diaspora européenne : La diaspora européenne désigne les migrations massives du XIXe siècle, avec une émigration très forte des Européens vers l’intérieur de l’Europe et surtout vers l’outre-mer.
  • Américanisation du commerce : L’américanisation du commerce correspond au basculement des échanges mondiaux vers une économie-monde occidentale dominée par les espaces liés aux États-Unis et à l’Occident.
  • Pacte colonial : Le pacte colonial est un ensemble de règles commerciales qui organise les colonies pour fournir des matières premières, importer des produits de la métropole et empêcher l’industrialisation locale.
  • Impérialisme : L’impérialisme est le processus de la fin du XIXe siècle qui approfondit la colonisation par la domination politique, économique, culturelle et militaire des puissances industrielles.

Points essentiels

  • Entre 1845 et 1915, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Allemagne font partie des pays les plus fortement émigrants, tandis que la France a un profil inverse sur les flux européens.
  • Les États-Unis sont le premier pays d’accueil des migrants européens, et une part importante des migrations vient d’Asie, notamment la diaspora indienne, en lien avec la pénurie de main-d’œuvre après l’abolition de la traite et de l’esclavage.
  • Le commerce mondial du XIXe siècle connaît une croissance moyenne d’environ 3 à 4% et reste dominé par des pays à peuplement européen, avec un renforcement de l’américanisation.
  • Dans le pacte colonial, les colonies ne peuvent importer que des produits provenant de la métropole.
  • Dans le pacte colonial, la production de produits manufacturés capables de concurrencer la métropole est interdite dans les colonies.

Astuce mémo

Pacte colonial = Import métropole, Export métropole, Pas de manufactures, Transport métropole (I E P T).

11. Grande Dépression et New Deal

Notions clés & Définitions

  • Grande Dépression : La Grande Dépression est une crise économique longue (initiée au-delà de 1873) qui s’étend via le commerce et les mouvements de capitaux avant de culminer dans les années 30.
  • New Deal : Le New Deal est un programme de relance lancé par les États-Unis à partir de 1933 qui combine mesures économiques et mesures sociales sous Roosevelt.
  • Politiques contra-cycliques : Les politiques contra-cycliques sont des interventions publiques visant à stabiliser l’économie en agissant sur la conjoncture pendant une phase de crise.
  • Étalon-or : L’étalon-or est un régime monétaire dont la désagrégation s’accélère pendant la crise, notamment au début des années 30.
  • Déflation : La déflation est un mécanisme où la baisse des prix s’accompagne de contraction de l’activité, de faillites et de chômage.

Points essentiels

  • Le 9 mai 1873 débute par un krach boursier à Vienne puis provoque des paniques bancaires et une dépression qui atteint tous les pays via commerce et capitaux.
  • En 1932, la production industrielle mondiale tombe à moins de 40% du niveau de 1929 et le chômage atteint en moyenne 25% de la population active.
  • La crise de 1929 part des États-Unis : le krach boursier déclenche crise monétaire puis bascule l’économie réelle vers une surproduction durable.
  • Le premier New Deal (1933-1935) lance notamment l’Emergency Banking Act et le Securities Act, abandonne l’étalon-or en avril 1933, et met en place des grands travaux.
  • Le second New Deal (après 1935) comprend notamment le Wagner Act (juillet 1935) et le Social Security Act (août 1935) pour structurer syndicats et protection sociale.

Astuce mémo

Déflation = prix qui baissent → chômage → revenus qui chutent → demande qui baisse → production qui baisse : la spirale se nourrit elle-même.

12. Fascismes et capitalisme d'État

Notions clés & Définitions

  • Solution fasciste : Concept désignant une réponse politique présentée comme alternative à l’impasse du capitalisme libéral, passant par une réforme de l’économie de marché et la remise en cause des institutions démocratiques.
  • Situation fasciste : Notion décrivant un contexte de crise où s’ajoutent une idéologie raciale et un rejet du régime démocratique, de l’anticapitalisme et de l’anticommunisme.
  • Nazisme : Forme de fascisme combinant un capitalisme dirigé et militaire, une logique de lutte des races et une propagande justifiant le régime par des succès diplomatiques et économiques.
  • Keynésianisme militaire : Principe de relance propre aux dictatures fascistes où la consommation est soutenue par les dépenses militaires de l’État plutôt que par une relance sociale classique.

Points essentiels

  • La montée du fascisme touche d’abord des zones rurales du Sud et de l’Est en Europe, avant le basculement de l’Allemagne (1933) et de l’Autriche (1932).
  • Le nazisme combine des mesures liberticides (dissolution des partis, camps pour opposants, abolition de la constitution) avec des lois discriminatoires contre les Juifs jusqu’à la décision d’extermination en janvier 42.
  • Le régime nazi encadre la société (Front du travail, interdiction de la grève, encadrement des loisirs et de la jeunesse) et supprime liberté de presse et d’enseignement.
  • La forme économique du nazisme repose sur un capitalisme d’État fortement militarisé, résumée par la formule « autant de beurre que nécessaire, autant de canons que possible ».
  • En 1938, les dépenses militaires représentent 50% du budget et 30% du PNB en Allemagne.

Astuce mémo

« Beurre minimal, canons maximum » : le keynésianisme militaire du fascisme.

Repères chronologiques

DateÉvénement
-10 000 ansRévolution néolithique, première grande rupture économique
-3500Repère associé à la fin de la révolution néolithique (invention de l’écriture)
1500Début de la transition vers le développement du capitalisme
1520Début de la Réforme européenne (tournant des années 1520)
1543Repère lié à Copernic (1543) pour la science moderne
1609Banque d’Amsterdam (création)
1632-1704John Locke (défendu dans le cours pour tolérance et séparation)
1671Fin du premier New Deal : “first New Deal (1933-1935)” n’est pas 1671, donc on ignore (aucune)
1700Début de la révolution agricole (repère du cours)
1760Début de la Révolution industrielle anglaise (≈ 1760)

Tableaux de synthèse

Mercantilisme vs libéralisme (logiques d’État)

NotionsObjectifMécanismes
MercantilismeEnrichissement national et excédent commercialOr/argent via frein des importations, exportations, lois protectionnistes, monopoles coloniaux, politiques industrielles (manufactures d’État)
LibéralismeEfficacité et optimum social par le marchéLaissez-faire, réduction/fin d’obstacles internes au commerce, réglementation limitée, sacralisation des “lois naturelles” du marché

New Deal : premier vs second (1933-1945)

PériodeMesures centralesIdée dominante
Premier New DealEmergency Banking Act et Securities Act (mars/mai 1933), abandon de l’étalon-or (avril 1933), grands travaux ; Agricultural Adjustment Act ;Relancer en stabilisant monnaie/banques et freinant la spirale déflationniste
Second New DealWagner Act (juillet 1935) et Social Security Act (août 1935) ; Fair Labor Standard Act (38) ; politique de grands travaux (37)Structurer syndicats et protection sociale, compromis social et soutien du salariat

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre “capitalisme” (accumulation + institutions) et “capitalisme libéral” : le cours insiste sur des formes multiples (marchand, industriel, monopoliste).
  2. Croire que Venise est “le commerce eurasien” : le cours dit que le commerce lointain n’est pas spécifiquement vénitien, mais que le type (cité-État) est une exception.
  3. Mélanger “économie de marché” et “capitalisme” : l’économie de marché a plusieurs niveaux, tandis que le capitalisme vise à fausser/conjoncturer la concurrence.
  4. Penser que la crise de 1929 vient seulement du krach : le cours relie aussi crise monétaire, déflation, manque de mécanismes stabilisateurs et diffusion internationale.
  5. Inverser l’ordre Taylor/Ford : Taylor = parcellisation + standardisation + séparation conception/exécution, Ford = travail à la chaîne + standardisation + salaire incitatif.
  6. Croire que le pacte colonial permet l’industrialisation locale : au contraire, il interdit les produits manufacturés capables de concurrencer la métropole.
  7. Dire que la science moderne repose sur la théorie seule : le cours met l’accent sur méthode expérimentale + usage des mathématiques.

Checklist Examen

  1. Définir “Révolution des Annales” et “histoire globale” et préciser leur objectif commun de décentrage (société/culture ; “sans voix”).
  2. Expliquer pourquoi, selon Braudel, l’histoire économique est largement l’histoire du capitalisme et situer le capitalisme d’abord en Europe puis Europe–États-Unis.
  3. Donner la définition du capitalisme (accumulation du capital pour profit) et distinguer capital, capitaliste, capitalisme : rôle des institutions/droit/éthique et structure sociale capital/travail.
  4. Présenter les “deux ruptures économiques” du cours : révolution néolithique (-10 000 à -3500) puis développement du capitalisme à partir de 1500 (avec genèse antérieure).
  5. Expliquer la grille de Braudel : longue durée, économie-monde (centre-ville dominante + périphéries hiérarchisées) puis système-monde (pas de centre hégémonique unique).
  6. Rappeler les axes du commerce eurasien (intérieur Chine ; maritime Océan Indien) et les étapes clés (Han : -206 à 220 ; tournant de l’an mil ; Mongols XIIIe–mi XIVe ; rôle de Venise XIIIe-début XIVe).
  7. Expliquer l’articulation commerce lointain → transferts (commerciaux, culturels, biologiques) et le lien proto-capitalisme/création de conditions d’apparition du capitalisme en Occident.
  8. Décrire la crise du féodalisme : chocs démographiques (épidémies/catastrophes naturelles) + facteurs endogènes (guerres/famines) et ses effets (paiements monétaires, affaiblissement des seigneurs).
  9. Définir Réforme européenne, protestantisme de Calvin et la justification du prêt à intérêt (sauf usure), puis rappeler la thèse de Weber sur l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.
  10. Expliquer la pensée de Locke (tolérance religieuse : religion sphère privée ; séparation pouvoir politique/ religieux ; distinction législatif/exécutif) et rappeler les repères science moderne (expérimentation + mathématiques).
  11. Définir mercantilisme, monarchie absolue, compromis mercantiliste et colbertisme, puis donner la logique de la balance commerciale (excédent, or/argent, protection).
  12. Expliquer la transition mercantilisme → interventions “favorisant le libéralisme” au XVIIe (libéralisation interne, fin progressive des obstacles, common law marchande, banques : Banque d’Amsterdam 1609, Banque d’Angleterre 1694).
  13. Présenter la révolution agricole (enclosures) et le schéma tension alimentaire/transition démographique, puis relier surplus agricole et main-d’œuvre libérée vers la croissance.
  14. Expliquer les mécanismes de la première RI : révolution agricole + croissance démographique + transports ; puis transformation organisationnelle (factory system), salarisation et société de classes.

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1. Quelles sont les deux grandes voies qui structurent le commerce afro-eurasien ?

2. Qu'est-ce que la révolution des Annales en histoire économique et sociale?

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Histoire économique — définition ?

Étude des transformations économiques à travers le temps.

Histoire globale

Lecture à l’échelle des civilisations.

Routes afro-eurasiatiques — rôle ?

Faciliter échanges commerciaux, culturels et biologiques entre continents.

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