Fiche de révision : Histoire et enjeux du Brexit au Royaume-Uni

Plan du Cours

  1. Motivations économiques du Royaume-Uni pour rejoindre la CEE
  2. Candidatures britanniques à la CEE et veto français de Charles de Gaulle
  3. Racines historiques et culturelles de l'euroscepticisme britannique
  4. Facteurs économiques, sociaux et médiatiques alimentant l'euroscepticisme au Royaume-Uni
  5. Rôle et influence des figures clés du Brexit : Boris Johnson et Nigel Farage
  6. Résultats du référendum de 2016 et fractures sociales, régionales et générationnelles au Royaume-Uni
  7. Conséquences politiques, économiques et sociales du Brexit pour le Royaume-Uni et l'UE

1. Motivations économiques du Royaume-Uni pour rejoindre la CEE

Notions clés & Définitions

La Communauté économique européenne (CEE) est une union douanière créée par six États en 1957, qui établit un marché commun sans droits de douane entre membres, tout en maintenant des tarifs douaniers sur les importations extérieures. Elle vise à favoriser la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes entre ses membres, grâce à une politique commerciale commune.

Le Royaume-Uni désigne ici le pays insulaire qui, dans le contexte de la période, cherche à surmonter ses difficultés économiques en intégrant une organisation régionale plus dynamique. La référence à "the United Kingdom" englobe l’ensemble de ses nations constitutives, notamment l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande du Nord.

Le Customs Union, ou union douanière, correspond à une zone où les États membres appliquent des tarifs douaniers communs sur les produits venant de l’extérieur, tout en supprimant les droits de douane pour le commerce intra-membres.

Points essentiels

  • Dans les années 1950-60, la stagnation économique britannique contrastait fortement avec la croissance rapide des pays membres de la CEE, notamment la France et l’Allemagne, qui bénéficiaient du "Glorious Thirty" : une période de forte croissance, d’intégration du marché commun, d’attraction des investissements étrangers et de modernisation industrielle accélérée. La productivité britannique accusait un retard face à ces concurrents, notamment en raison de la difficulté de moderniser ses industries anciennes.

  • Le déficit commercial du Royaume-Uni s’aggravait, la compétitivité industrielle se dégradait, et la livre sterling subissait une pression accrue. La CEE, en tant que marché commun sans droits de douane entre membres, représentait une opportunité pour les exportateurs britanniques face à la concurrence extérieure, notamment en facilitant l’accès à un marché intégré et en réduisant les coûts liés aux barrières commerciales.

  • Historiquement, le Royaume-Uni s’appuyait sur ses liens économiques avec le Commonwealth, ses anciennes colonies devenues indépendantes, pour maintenir son influence commerciale globale. Cependant, ces préférences commerciales s’érodaient, rendant la CEE une alternative essentielle pour relancer la croissance économique et retrouver une dynamique commerciale plus favorable.

À retenir

L’adhésion à la CEE apparaissait comme une réponse pragmatique aux défis économiques structurels du Royaume-Uni, notamment la stagnation, la perte de compétitivité et le besoin d’accéder à un marché intégré et en croissance, face à la dégradation de ses liens traditionnels avec le Commonwealth.

2. Candidatures britanniques à la CEE et veto français de Charles de Gaulle

Notions clés & Définitions

  • Common Agricultural Policy (CAP) : politique agricole commune qui organise la coopération entre États membres pour soutenir l'agriculture, notamment par des subventions et des régulations, dont la France bénéficiait largement.

  • United Kingdom : pays insulaire qui, dans le contexte de l'intégration européenne, a présenté plusieurs candidatures à la Communauté économique européenne, mais a été bloqué à chaque fois par le veto français.

  • the United Kingdom : même que précédemment, désignant le pays insulaire souhaitant rejoindre la CEE, dont la candidature a été rejetée à deux reprises par la France.

Points essentiels

  • La première candidature britannique à la CEE en 1961 fut rejetée par le veto de Charles de Gaulle en 1963. Ce dernier considérait que le Royaume-Uni n’était pas véritablement européen, étant trop lié à la culture, à l’économie et aux intérêts stratégiques américains. Il craignait que l’entrée du Royaume-Uni ne dilue le projet européen, n’introduise un "cheval de Troie" américain dans la CEE, et ne mette en péril la politique agricole commune dont la France bénéficiait largement.

  • Malgré la négociation qui avait duré plus d’un an avant ce veto unilatéral, cette décision causa une grande déception parmi les partenaires européens de la France. La candidature britannique fut à nouveau bloquée en 1967 par de Gaulle, malgré un changement de gouvernement au Royaume-Uni, avec Harold Wilson et la majorité travailliste.

  • Le départ de de Gaulle en 1969 fut un tournant décisif, permettant la réouverture des négociations. La candidature britannique fut finalement acceptée en 1973, marquant la fin de la période de blocage liée aux veto français.

À retenir

Les veto successifs de Charles de Gaulle ont retardé l’intégration du Royaume-Uni dans la CEE, reflétant des divergences profondes sur la nature du projet européen et la place de la relation avec les États-Unis.

3. Racines historiques et culturelles de l'euroscepticisme britannique

Notions clés & Définitions

  • Bruges speech : A 1988 address delivered by Margaret Thatcher in Bruges that strongly criticized the structure and direction of European integration, helping to crystallize modern Euroscepticism within the British Conservative Party.
  • British political : This decision marks one of the most brutal career endings in recent British political history.

Points essentiels

  • Le discours de Bruges de Margaret Thatcher en 1988 a cristallisé un euroscepticisme moderne au sein du Parti conservateur.
  • Le Parlement de Westminster est sacralisé comme l'organe suprême de décision, alimentant un sentiment de perte de souveraineté face à Bruxelles.

À retenir

Le discours de Bruges de Margaret Thatcher en 1988 a cristallisé un euroscepticisme moderne au sein du Parti conservateur.

4. Facteurs économiques, sociaux et médiatiques alimentant l'euroscepticisme au Royaume-Uni

Notions clés & Définitions

  • Project Fear : Campagne menée par le camp du maintien lors du référendum sur le Brexit, mettant en avant les risques économiques et politiques d'une sortie de l'Union européenne.
  • United States : Puissance mondiale alliée du Royaume-Uni, avec laquelle il entretient une 'relation spéciale' et une alliance atlantique, tout en souhaitant rester en dehors de l'intégration européenne.
  • British economy : Économie du Royaume-Uni affectée par la compétitivité réduite des exportateurs britanniques, l'immigration en provenance d'Europe de l'Est et la crise économique de 2008.

Points essentiels

  • Les médias tabloïds comme The Sun et le Daily Mail ont diffusé une image négative de l'UE, contribuant à un sentiment anti-européen.
  • Le UKIP, sous Nigel Farage, a radicalisé l'euroscepticisme en insistant sur la souveraineté, l'immigration et le déficit démocratique de l'UE.

À retenir

L'euroscepticisme s'est nourri d'un cocktail de facteurs économiques, sociaux et médiatiques qui ont exacerbé les peurs et frustrations populaires.

5. Rôle et influence des figures clés du Brexit : Boris Johnson et Nigel Farage

Notions clés & Définitions

  • Boris Johnson : Ancien journaliste et homme politique britannique qui a contribué à forger une image négative et souvent déformée de l'Union européenne, jouant un rôle central dans la campagne Leave du référendum sur le Brexit.
  • Nigel Farage : Homme politique britannique et leader emblématique du UKIP à partir de 2006, qui a incarné la radicalisation de l'euroscepticisme en insistant sur la souveraineté nationale, le contrôle de l'immigration et le déficit démocratique, exerçant une pression politique majeure ayant conduit à l'organisation du référendum de 2016.

Points essentiels

  • Alexander Boris of Pfeffel Johnson.
  • Nigel Farage (UKIP leader)
  • David Cameron (Prime Minister 2010–2016)

À retenir

Nigel Farage (UKIP leader)

6. Résultats du référendum de 2016 et fractures sociales, régionales et générationnelles au Royaume-Uni

Notions clés & Définitions

  • More than : quantifie une supériorité numérique ou une majorité qui dépasse un certain seuil, indiquant une différence significative dans un vote ou une opinion.
  • Voted more than : exprime qu’un groupe ou une catégorie a exprimé une préférence ou un vote supérieur à un certain pourcentage, illustrant une majorité claire dans un contexte électoral ou référendaire.

Points essentiels

  • Le référendum de 2016 a mis en évidence une division nette : l’Angleterre et le Pays de Galles ont majoritairement voté Leave, tandis que l’Écosse et l’Irlande du Nord ont préféré Remain. La majorité des électeurs en Écosse (62%) et en Irlande du Nord (55,8%) ont voté pour rester dans l’UE, contrairement à l’Angleterre et au Pays de Galles où le Leave a été majoritaire. Londres, ville cosmopolite et universitaire, a massivement voté Remain (60%), tout comme la majorité des grandes villes universitaires. À l’inverse, les zones rurales et les villes moyennes du Nord, du Pays de Galles et des Midlands ont fortement soutenu le Leave.

  • Sur le plan générationnel, un écart considérable s’est manifesté : plus de 70% des moins de 25 ans ont voté pour rester, alors que plus de 60% des plus de 65 ans ont voté pour quitter. La différence d’opinion entre ces groupes reflète un clivage générationnel profond.

  • Au niveau socio-économique, le niveau d’éducation a été déterminant. Les diplômés universitaires ont tendance à voter Remain, tandis que les non-diplômés ont majoritairement voté Leave. Ce contraste illustre une fracture liée à la formation et à l’accès à l’éducation.

  • Les raisons principales du vote Leave incluent la volonté de retrouver la souveraineté nationale, ainsi qu’un rejet du système considéré comme injuste et inégal. Pour beaucoup, voter Leave était une protestation contre les élites politiques, les experts et les dirigeants, perçus comme déconnectés de la réalité populaire.

À retenir

Le vote Brexit a cristallisé des divisions profondes au sein de la société britannique, révélant des clivages générationnels, géographiques et socio-économiques, qui continuent d’influencer le paysage politique et social du Royaume-Uni.

7. Conséquences politiques, économiques et sociales du Brexit pour le Royaume-Uni et l'UE

Notions clés & Définitions

  • The political consequences : The political consequences refer to the immediate and profound effects of Brexit on the UK's political landscape, including leadership instability and constitutional tensions.
  • Consequences of Brexit : The consequences of Brexit encompass the political instability, constitutional challenges, economic disruptions, and social divisions experienced by the United Kingdom following its departure from the EU.

Points essentiels

  • Le référendum a ravivé les tensions constitutionnelles, notamment en Écosse où le SNP a relancé la question de l'indépendance.
  • Le Brexit a provoqué une instabilité politique majeure au Royaume-Uni, avec quatre Premiers ministres entre 2016 et 2022.

À retenir

Le Brexit a eu des répercussions multidimensionnelles, bouleversant la politique intérieure britannique, les relations commerciales et la cohésion sociale.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1957Création de la CEE
1950-60Croissance économique contrastée
1961Première candidature britannique
1963Veto de de Gaulle
1967Veto de de Gaulle
1969Deuxième candidature britannique après veto de de Gaulle},{

Tableaux de Synthèse

Comparaison des candidatures britanniques à la CEE

AnnéeMotif de rejetActeur principal du veto
1961Refus de de Gaulle, considéré comme non européenCharles de Gaulle
1967Même motifCharles de Gaulle

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confusion entre la CEE et l'Union européenne actuelle.
  2. Oublier le contexte historique de la Guerre froide dans la relation transatlantique.
  3. Confondre les motivations économiques et politiques du veto français.
  4. Ignorer l'impact du discours de Bruges sur l'euroscepticisme.
  5. Confusion entre les figures clés et leurs rôles.
  6. Sous-estimer l'importance des fractures sociales et régionales dans le vote de 2016.
  7. Confondre les conséquences politiques et économiques du Brexit.

Checklist Examen

  1. Comprendre la création de la CEE en 1957.
  2. Identifier les raisons du veto français en 1963 et 1967.
  3. Expliquer le rôle de Margaret Thatcher dans l'euroscepticisme.
  4. Analyser les facteurs alimentant l'euroscepticisme au Royaume-Uni.
  5. Connaître les figures clés du Brexit et leur influence.
  6. Décrire les résultats du référendum de 2016.
  7. Énumérer les conséquences du Brexit pour le Royaume-Uni.
  8. Différencier les enjeux économiques, sociaux et politiques liés au Brexit.
  9. Situer le contexte historique de l'intégration européenne.
  10. Comprendre les fractures sociales et régionales au Royaume-Uni.
  11. Analyser l'impact médiatique sur l'opinion publique.
  12. Identifier les principales figures politiques britanniques impliquées.

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Teste tes connaissances sur Histoire et enjeux du Brexit au Royaume-Uni avec 7 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle affirmation correspond au sujet « Motivations économiques du Royaume-Uni pour rejoindre la CEE » ?

2. Quelle affirmation correspond au sujet « Candidatures britanniques à la CEE et veto français de Charles de Gaulle » ?

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Motivations économiques du Royaume-Uni

Chercher croissance et marché intégré.

Veto français de de Gaulle

Bloqué l'adhésion britannique à la CEE en 1963 et 1967.

Racines de l'euroscepticisme britannique

Héritage historique, culture et souveraineté.

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