Fiche de révision : Histoire et Objectifs de l'Europe

Plan du Cours

  1. Organisations européennes
  2. Création du Conseil de l’Europe
  3. Genèse et histoire
  4. Objectifs du Conseil
  5. Critères d’adhésion
  6. Communautés européennes
  7. Naissance et développement
  8. Traités et institutions
  9. Approfondissement et élargissement
  10. Union européenne (UE)
  11. Traité de Maastricht
  12. Révisions et traités successifs

1. Organisations européennes

Notions clés & Définitions

Organisation à vocation européenne : Organisation dont le but principal est de favoriser la coopération entre États européens dans des domaines variés, notamment la paix, la justice, la culture, ou la protection des droits de l’Homme, sans nécessairement disposer d’une personnalité juridique propre ou d’un pouvoir législatif contraignant.

Protection des droits de l’Homme : Objectif principal du Conseil de l’Europe, visant à sauvegarder et promouvoir les libertés fondamentales, la justice et la dignité humaine sur le continent européen. Elle se traduit notamment par la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Organisation distincte de l’Union européenne : Organisation européenne qui n’est pas intégrée dans le cadre de l’Union européenne, mais qui possède ses propres objectifs, structures et domaines d’intervention, notamment la protection des droits de l’Homme et la consolidation de la paix.

Objectifs principaux du Conseil de l’Europe :

  • Consolider la paix par la justice et la coopération internationale.
  • Promouvoir les valeurs morales et spirituelles communes, notamment la liberté individuelle, la liberté politique et la prééminence du droit.
  • Favoriser la sauvegarde et le développement des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.
  • Favoriser une union plus étroite entre ses membres pour le progrès économique et social.

Points essentiels

  • Le Conseil de l’Europe a été créé par le Statut de Londres (mai 1949), à partir d’initiatives privées et de propositions de responsables politiques (Victor Hugo, Aristide Briand, Winston Churchill).
  • La genèse repose sur une division entre unionistes (coopération intergouvernementale, principalement britanniques) et fédéralistes (intégration avec transfert de compétences, principalement français, belges, néerlandais).
  • La création du Conseil de l’Europe résulte d’un compromis fusionnant ces deux approches, avec une organisation combinant coopération intergouvernementale et participation parlementaire.
  • Les objectifs sont explicitement définis dans l’Article 1er du Statut de Londres, insistant sur la sauvegarde des idéaux communs, la promotion de la paix, la justice, la coopération économique, sociale, culturelle, scientifique, juridique et administrative, ainsi que la protection des droits de l’Homme.
  • La Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH), adoptée en 1950, illustre l’objectif d’assurer la protection des libertés fondamentales.
  • La notion d’identité européenne repose sur des valeurs communes telles que la prééminence du droit, la liberté individuelle et politique, même si elle est confrontée à des conflits politiques et territoriaux.
  • Les critères d’adhésion (Articles 3 et 4 du Statut) incluent un critère géographique (être européen, avec des définitions précises dans les années 1990) et un critère politique (démocratie, respect du droit international, protection des minorités, adhésion à la CEDH).
  • La souveraineté des États est préservée, l’organisation n’intervenant pas dans la défense nationale ou la politique étrangère.
  • La procédure de retrait peut être volontaire ou forcée (en cas de violation grave des valeurs fondamentales).

À retenir

Le Conseil de l’Europe, organisation indépendante de l’Union européenne, se concentre principalement sur la protection des droits de l’Homme et la consolidation de la paix en Europe, en réunissant des États partageant des valeurs communes, tout en respectant leur souveraineté.

2. Création du Conseil de l’Europe

Notions clés & Définitions

Traité constitutif — Statut de Londres (5 mai 1949) : Document fondateur qui établit officiellement le Conseil de l’Europe, précisant ses objectifs, ses organes et ses modalités de fonctionnement. Il marque la naissance juridique de l’organisation.

Origine historique du Conseil de l’Europe : La genèse de cette organisation trouve ses racines dans les propositions et idées de responsables politiques entre les deux guerres mondiales, notamment Victor Hugo (1849), Aristide Briand (1930), Winston Churchill (1940-1943, 1946), et la relance lors du Congrès de l’Europe à La Haye en 1948. Elle s’inscrit dans une volonté de construction européenne visant à assurer la paix, la sécurité et la coopération.

Division entre unionistes et fédéralistes : Divergences idéologiques lors de la conception de l’organisation. Les unionistes, principalement britanniques, prônent une coopération intergouvernementale où chaque État conserve ses compétences, sans transfert de souveraineté. Les fédéralistes, principalement français, belges et néerlandais, défendent une organisation basée sur l’intégration, avec transfert de compétences à des institutions communes pouvant adopter des décisions contraignantes.

3. Genèse et histoire

Notions clés & Définitions

Valeurs communes : Ensemble de principes fondamentaux partagés par les États membres, tels que la liberté individuelle, la liberté politique, la prééminence du droit, qui servent de base à la création et au fonctionnement du Conseil de l’Europe (source : introduction, objectifs du Conseil).

Objectifs de l’organisation : Finalités poursuivies par le Conseil de l’Europe, notamment la consolidation de la paix, la justice, la coopération internationale, la promotion des valeurs morales et spirituelles, ainsi que la sauvegarde et le développement des droits de l’homme et des libertés fondamentales (source : article 1er du Statut de Londres, préambule).

Principes de liberté et de démocratie : Idéaux fondamentaux visant à garantir la liberté individuelle, la liberté politique, le pluralisme politique, la participation démocratique et la prééminence du droit, qui justifient la création du Conseil de l’Europe et la nécessité de respecter ces principes pour l’adhésion (source : objectifs du Conseil, critères d’adhésion).

Critères d’adhésion : Conditions requises pour devenir membre du Conseil de l’Europe, comprenant un critère géographique (être européen, avec des précisions sur la frontière orientale et la culture européenne) et un critère politique (être démocratique, respecter la prééminence du droit, garantir la liberté d’expression, respecter le droit international, adhérer à la CEDH) (source : critères d’adhésion, articles 3 et 4 du Statut de Londres).

Points essentiels

  • La création du Conseil de l’Europe remonte à l’après-Seconde Guerre mondiale, avec la signature du Statut de Londres en 1949, sous l’impulsion de responsables politiques comme Victor Hugo, Aristide Briand, Winston Churchill, et la relance par le Congrès de l’Europe en 1948 à La Haye.
  • La genèse s’inscrit dans une volonté de concilier deux courants : les unionistes, favorables à une coopération intergouvernementale, et les fédéralistes, prônant une intégration avec transfert de compétences à des institutions communes.
  • La fusion de ces propositions aboutit au Statut de Londres, instituant le Conseil de l’Europe, avec dix États fondateurs.
  • Les objectifs principaux sont la sauvegarde de la paix, la promotion des valeurs morales, la justice, la coopération et la protection des droits de l’homme, notamment via la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).
  • L’identité européenne repose sur des valeurs communes : prééminence du droit, liberté individuelle et liberté politique, mais leur réalisation pratique est souvent compliquée par des conflits et des situations politiques divergentes.
  • Les critères d’adhésion combinent des aspects géographiques (être européen, avec des précisions sur la frontière orientale et la culture) et politiques (démocratie, respect du droit international, adhésion à la CEDH).

À retenir

La genèse du Conseil de l’Europe résulte d’un compromis entre coopération intergouvernementale et intégration, fondée sur des valeurs communes, des objectifs de paix et de droits de l’homme, et encadrée par des critères précis d’adhésion.

4. Objectifs du Conseil

Notions clés & Définitions

Communautés européennes : Structures institutionnelles créées pour réaliser une intégration économique et politique progressive entre États européens, notamment par la création de marchés communs et d’institutions supranationales. Elles ont été remplacées par l’Union européenne (UE) après 1992.

Union européenne (UE) : Organisation résultant de l’évolution et de la fusion des différentes Communautés européennes, visant à approfondir l’intégration économique, politique et sociale entre ses États membres, avec une structure institutionnelle commune.

Structure institutionnelle des Communautés : Ensemble d’organes tels que la Commission européenne, le Conseil des ministres, la Cour de justice, et l’Assemblée, qui permettent la prise de décisions, la gestion et le contrôle de l’intégration communautaire. Ces institutions ont évolué pour renforcer la coopération et l’intégration.

Évolution vers l’UE : Processus historique de transformation des Communautés européennes en une entité unique, l’Union européenne, par la signature de nouveaux traités (notamment Maastricht en 1992) qui ont étendu ses compétences et approfondi l’intégration politique et économique.

Points essentiels

  • Les Communautés européennes ont été créées à partir de 1951 avec la CECA, puis la CEE et la CEEA, pour instaurer un marché commun et favoriser l’intégration économique.
  • La structure institutionnelle des Communautés comprenait une Haute Autorité, une Assemblée, un Conseil des ministres et une Cour de justice, modèle qui a été repris et renforcé dans l’UE.
  • La logique d’intégration a été progressive, passant d’une coopération sectorielle (CECA) à une union économique plus intégrée (CEE), puis à une union politique avec la signature du traité de Maastricht en 1992.
  • La période de transition (1958-1969) a permis de concrétiser l’union douanière, la suppression des droits de douane internes, et la mise en place d’un tarif extérieur commun.
  • La création de l’UE a marqué une étape majeure, avec une intégration plus profonde, notamment par la mise en place de politiques communes et la création d’un espace politique partagé.

À retenir

Les Communautés européennes ont constitué la base de l’intégration européenne, évoluant vers une Union européenne plus intégrée et politique, avec une structure institutionnelle renforcée pour réaliser une union progressive.

5. Critères d’adhésion

Notions clés & Définitions

  • Traité de Maastricht (1992) : Traité qui a créé l’Union européenne en structurant celle-ci autour de trois piliers, intégrant une union économique, monétaire, politique, étrangère, de sécurité, et de justice. Il marque une étape majeure dans l’approfondissement de la construction européenne, notamment par la création de la monnaie unique et la reconnaissance de la citoyenneté européenne.

  • Création de l’Union européenne : Processus institutionnel lancé par le traité de Maastricht, qui a transformé la Communauté européenne en une entité plus large, intégrant des dimensions politique, économique et juridique, avec une structure à plusieurs piliers, mêlant méthodes d’intégration et de coopération intergouvernementale.

  • Élargissement des compétences communautaires : Processus de transfert progressif de matières et de responsabilités des États membres vers le premier pilier de l’Union, celui de la Communauté européenne, par le biais de la communautarisation lors des révisions des traités, permettant à l’Union d’agir dans de nouveaux domaines selon la méthode d’intégration.

  • Traités successifs : Traités qui ont modifié, complété ou approfondi le cadre juridique et institutionnel de l’Union européenne après le traité de Maastricht, notamment par des processus de communautarisation et d’extension du vote à la majorité, afin de renforcer l’intégration et la cohérence de l’Union.

Points essentiels

  • Le traité de Maastricht marque la naissance officielle de l’Union européenne, en structurant celle-ci autour de trois piliers : la Communauté européenne, la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), et la Justice et Affaires intérieures (JAI).
  • La création de l’Union européenne résulte d’un compromis entre fédéralistes et souverainistes, intégrant une méthode d’intégration dans le premier pilier et une méthode de coopération dans les deux autres piliers.
  • La communautarisation désigne le transfert progressif de compétences des piliers 2 et 3 vers le pilier 1, permettant une action communautaire renforcée dans ces domaines.
  • Les traités successifs (ex : Amsterdam, Nice, Lisbonne) ont permis d’étendre, d’approfondir et de réorganiser les compétences de l’Union, notamment par l’extension du vote à la majorité qualifiée et la création de coopérations renforcées.
  • La progression vers une intégration plus poussée s’accompagne d’un élargissement des compétences communautaires, avec une volonté de réduire la majorité d’actions intergouvernementales et d’accroître la prise de décision communautaire.

À retenir

Le traité de Maastricht a été le point de départ d’une évolution continue, avec des traités successifs qui ont élargi et approfondi les compétences de l’Union européenne, en mêlant méthodes d’intégration et de coopération pour renforcer l’unité et l’efficacité de l’espace européen.

6. Communautés européennes

Notions clés & Définitions

Traité de Paris : Accord signé en 1951 qui établit la CECA, créant une organisation supranationale pour la gestion commune du charbon et de l’acier entre six États européens, avec des institutions préfigurant celles de l’UE.

CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) : Première communauté européenne créée par le Traité de Paris en 1951, visant à instaurer un marché commun du charbon et de l’acier, avec des institutions telles que la Haute Autorité, l’Assemblée commune, le Conseil des ministres et la Cour de justice.

Institutions préfigurant l’UE : Structures créées dans le cadre des premières communautés, notamment la Haute Autorité (préfigurant la Commission européenne), l’Assemblée (aujourd’hui Parlement européen), le Conseil des ministres et la Cour de justice, qui instaurent un modèle fédéral ou supranational.

Processus d’intégration économique : Démarche progressive visant à supprimer les barrières douanières, instaurer un marché commun, et renforcer la coopération entre États membres, notamment à travers la création de la CECA, la CEE, et la CEEA, avec pour objectif ultime une union économique et politique.

Points essentiels

  • La création des Communautés européennes marque le début d’un processus d’intégration progressive, principalement économique, avec une logique de solidarité concrète entre États.
  • La CECA, signée en 1951, constitue la première étape, avec la mise en place d’un marché commun du charbon et de l’acier, et la création d’institutions supranationales telles que la Haute Autorité, l’Assemblée, le Conseil des ministres et la Cour de justice.
  • La CEE et la CEEA, signées en 1957, poursuivent cette logique en instaurant un marché commun et une union économique, avec des institutions similaires, renforçant la coopération et la souveraineté partagée.
  • La dynamique d’intégration s’inscrit dans une logique de fédéralisme fonctionnel, avec une évolution vers des politiques communes et une union économique irréversible, sans clause de retrait initialement prévue.
  • La crise de 1965, liée à la souveraineté nationale et à la réticence de certains États, notamment la France, a conduit à des compromis institutionnels, comme le compromis de Luxembourg, tout en poursuivant l’approfondissement.
  • L’Acte unique européen de 1986 marque une étape importante, concrétisant l’union douanière et renforçant la coopération politique, préparant la création de l’Union européenne en 1992.

À retenir

Les Communautés européennes, premières étapes de l’intégration européenne, ont été fondées sur des institutions supranationales et une démarche économique progressive, visant à créer une union entre États par des réalisations concrètes et une solidarité effective.

7. Naissance et développement

Notions clés & Définitions

Organisation européenne de coopération économique (OECE) : Créée en 1948 par le traité de Paris, elle a pour objectif d’accueillir le Plan Marshall, facilitant la reconstruction économique de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Elle constitue une étape dans l’organisation de la coopération économique européenne.

Plan Schuman : Proposition formulée par Robert Schuman le 9 mai 1950, visant à placer la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, indépendante des États, afin d’éviter tout retour au conflit. Il préfigurait une étape vers l’intégration supranationale et la solidarité économique.

Fédéralisme fonctionnel : Approche selon laquelle l’efficacité de la gestion commune de secteurs clés (comme le charbon et l’acier) doit conduire à une intégration progressive, en créant des institutions supranationales capables d’agir indépendamment des intérêts étatiques, sans instaurer un État fédéral.

Intégration progressive : Processus de construction européenne caractérisé par l’adoption de réalisations concrètes et la création d’institutions qui renforcent la solidarité entre États, tout en restant dans une logique de développement étape par étape, sans transition immédiate vers un État fédéral.

Points essentiels

  • La création de l’OECE en 1948 marque le début de l’organisation européenne visant à gérer l’aide du Plan Marshall, dans un contexte de reconstruction économique après la guerre.
  • Le Plan Schuman (1950) propose une gestion commune de secteurs stratégiques, notamment le charbon et l’acier, sous une Haute Autorité indépendante, illustrant la démarche de fédéralisme fonctionnel.
  • La logique d’intégration européenne se distingue de la coopération classique par la création d’institutions pouvant agir de manière indépendante des intérêts étatiques, favorisant une intégration progressive.
  • La démarche repose sur des réalisations concrètes, telles que la CECA, qui ont permis de renforcer la solidarité entre États et de poser les bases d’une union économique et politique.
  • La construction européenne s’inscrit dans une dynamique d’intégration progressive, marquée par des étapes institutionnelles et des réalisations concrètes, sans viser immédiatement la création d’un État fédéral.

À retenir

L’intégration européenne s’est construite par étapes, à travers des réalisations concrètes et la création d’institutions supranationales, dans une logique de fédéralisme fonctionnel visant à renforcer la solidarité et l’efficacité, sans instaurer un État fédéral.

8. Traités et institutions

Notions clés & Définitions

Création de la CECA : Mise en place d’une organisation visant à gérer conjointement la production de charbon et d’acier entre plusieurs États, afin de favoriser la coopération économique et éviter les conflits.

Traité de Paris 1951 : Accord signé en avril 1951 par six États (France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas) qui établit la CECA, créant ainsi la première communauté européenne, avec une durée initiale de 50 ans.

Institutions de la CECA : Structures créées pour gérer la communauté, comprenant la Haute Autorité (pouvoir exécutif indépendant), l’Assemblée commune (contrôle démocratique), le Conseil des ministres (coordination entre États), et la Cour de justice (garantie du respect du traité).

Objectifs de la CECA : Assurer l’approvisionnement du marché commun, garantir un accès égal aux sources de production, fixer des prix bas, respecter la concurrence, favoriser les échanges intracommunautaires, et améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs.

Points essentiels

  • La CECA est la première étape de l’intégration européenne, fondée sur un marché commun pour le charbon et l’acier, avec une structure institutionnelle fédérale.
  • La Haute Autorité, préfigurant la Commission européenne, détient un pouvoir décisionnel indépendant et peut agir à l’échelle internationale.
  • La création de la CECA marque le début d’un processus d’intégration progressive, avec transfert de compétences des États vers des institutions supranationales.
  • Le traité de Paris a permis la mise en place de règles communes pour la gestion de secteurs stratégiques, dans un objectif de paix et de prospérité économique.
  • La CECA a duré jusqu’en 2002, laissant un bilan positif de cette première expérience communautaire.
  • La mise en œuvre du traité de Paris a permis de poser les bases institutionnelles et de fixer des objectifs précis pour la coopération économique.

À retenir

La création de la CECA par le traité de Paris en 1951 constitue la première étape concrète de l’intégration européenne, en instituant des institutions supranationales destinées à gérer conjointement des secteurs stratégiques pour assurer la paix et la prospérité entre États.

9. Approfondissement et élargissement

Notions clés & Définitions

  • Organisation à vocation européenne : Organisation dont le but principal est de promouvoir la coopération entre États européens dans divers domaines, notamment la protection des droits de l’Homme, tout en étant distincte de l’Union européenne (voir organisation 1).
  • Protection des droits de l’Homme : Engagement à garantir et à respecter les droits fondamentaux et libertés publiques, principe central du Conseil de l’Europe (voir organisation 1).
  • Organisation distincte de l’Union européenne : Organisation qui, bien qu’européenne, n’a pas pour objectif la construction d’un marché commun ou d’une union politique, mais se concentre sur la protection des droits de l’Homme et la coopération intergouvernementale (voir organisation 1).
  • Objectifs principaux du Conseil de l’Europe : Promouvoir la démocratie, les droits de l’Homme et l’État de droit en Europe, notamment à travers la protection des droits fondamentaux et la lutte contre les violations des droits de l’Homme (voir organisation 1).

Points essentiels

  • Plusieurs sommets européens (La Haye 1969, Paris 1972, 1974, 1984, 1986) ont approfondi la construction européenne, notamment par la réalisation progressive d’une union économique et monétaire, la réforme institutionnelle, et l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct.
  • L’Acte unique européen (1986) a concrétisé l’union douanière, initié des politiques communes, renforcé le rôle du Parlement européen, et affirmé la prééminence de la Communauté européenne dans l’intégration.
  • La création de l’Union européenne (1992) par le traité de Maastricht a structuré l’organisation en trois piliers : la Communauté européenne, la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), et la Justice et des Affaires intérieures (JAI).
  • La méthode d’intégration dans le premier pilier est supranationale, tandis que les deuxième et troisième piliers relèvent d’une coopération intergouvernementale.
  • Les révisions successives (Amsterdam 1997, Nice 2001) ont permis la communautarisation de certaines matières, l’extension du vote à la majorité qualifiée, et la création de la Charte des droits fondamentaux, renforçant la dimension juridique et démocratique de l’Union.
  • La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, adoptée en 2000, constitue un recueil de droits civils, politiques, économiques et sociaux, avec une valeur juridique renforcée par le traité de Lisbonne.

À retenir

L’approfondissement et l’élargissement de l’intégration européenne ont été marqués par une évolution progressive vers une union plus intégrée, tout en conservant une logique hybride entre coopération intergouvernementale et intégration supranationale, afin de répondre aux enjeux politiques, économiques et sociaux de l’Europe.

10. Union européenne (UE)

Notions clés & Définitions

Traité de Bruxelles : Traité signé en 1948 entre la Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, établissant un cadre de collaboration économique, sociale, culturelle et de légitime défense, marquant la volonté de coopération entre ces États.

Alliance Atlantique Nord (OTAN) : Organisation créée en 1949 pour la défense collective des pays membres, visant à assurer la sécurité face aux menaces extérieures, notamment dans le contexte de la Guerre froide.

Rôle de la France dans l’intégration européenne : La France a joué un rôle central dans la démarche communautaire, notamment à travers l’initiative du Plan Schuman en 1950, qui proposait la création d’une communauté du charbon et de l’acier, préfigurant l’intégration économique et institutionnelle européenne.

Démarche communautaire : Processus d’intégration progressive des États européens par la création d’institutions communes, la mise en place de marchés communs, et le transfert de compétences, visant à réaliser une union plus étroite tout en conservant la souveraineté nationale, selon une logique de fédéralisme fonctionnel ou d’intégration.

11. Traité de Maastricht

Notions clés & Définitions

Traité de Paris 1951 : Accord international signé en avril 1951 par six États (France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas) qui établit la CECA. Il crée une communauté économique visant à gérer conjointement la production de charbon et d’acier pour éviter de futurs conflits, en posant les bases des institutions communautaires.

CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) : Première étape de l’intégration européenne, créée par le Traité de Paris en 1951. Elle vise à instaurer un marché commun pour le charbon et l’acier, avec pour objectifs de favoriser la libre circulation, la concurrence, et de garantir la stabilité économique et sociale dans ces secteurs. Elle repose sur des institutions telles que la Haute Autorité, l’Assemblée commune, le Conseil des ministres, et la Cour de justice.

Institutions de la CECA : Structures créées pour gérer la communauté, comprenant :

  • La Haute Autorité (préfigurant la Commission européenne) : dispose de la personnalité juridique, agit au niveau international, et détient un pouvoir décisionnel indépendant.
  • L’Assemblée commune (aujourd’hui Parlement européen) : contrôle démocratique sur la Haute Autorité.
  • Le Conseil des ministres : coordonne entre la CECA et les États membres.
  • La Cour de justice : veille à la bonne application du traité et règle les différends.

Objectifs de la CECA :

  • Assurer l’approvisionnement du marché commun.
  • Garantir un accès égal des consommateurs aux sources de production.
  • Fixer des prix bas.
  • Respecter les règles de concurrence.
  • Favoriser les échanges intracommunautaires.
  • Améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs.

Points essentiels

  • Le Traité de Paris (1951) a créé la CECA, première étape concrète vers l’intégration européenne, avec une structure institutionnelle fédérale.
  • La CECA a posé les bases d’un marché commun, permettant la libre circulation des produits, notamment dans les secteurs du charbon et de l’acier.
  • Les institutions de la CECA ont anticipé celles de l’Union européenne, avec une Haute Autorité indépendante, un contrôle démocratique via l’Assemblée, et un organe exécutif, le Conseil des ministres.
  • La CECA a permis une gestion commune des secteurs stratégiques, évitant la reprise des conflits, tout en favorisant la coopération économique.
  • Son traité a expiré en 2002, laissant un bilan positif de cette première expérience communautaire.

À retenir

Le Traité de Paris de 1951 a instauré la CECA, la première étape de l’intégration européenne, en créant des institutions supranationales pour gérer conjointement des secteurs clés, dans une logique de paix et de coopération économique.

12. Révisions et traités successifs

Notions clés & Définitions

  • Organisation européenne de coopération économique (OECE) : (voir section 7) Organisation créée pour gérer la répartition des ressources issues du Plan Marshall, avant la naissance de la CEE, visant à favoriser la coopération économique entre États européens.

  • Plan Schuman : (voir section 7) Initiative proposée par Robert Schuman en 1950, qui consiste à mettre en commun la production de charbon et d’acier des États européens afin de garantir la paix et de favoriser l’intégration économique, à l’origine de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA).

  • Fédéralisme fonctionnel : (voir section 7) Approche d’intégration prônant la réalisation progressive de compétences communes dans des domaines précis, permettant une union de plus en plus intégrée par le biais de politiques spécialisées, sans nécessité d’un fédéralisme politique complet.

  • Intégration progressive : (voir section 7) Processus d’approfondissement et d’élargissement de la coopération entre États européens, passant par plusieurs étapes successives, permettant une union de plus en plus étroite dans différents domaines, jusqu’à la formation d’une Union européenne.

Points essentiels

  • Plusieurs sommets européens (La Haye 1969, Paris 1972, 1974, 1984) ont approfondi la construction européenne, notamment en programmant une union économique et monétaire, en institutionnalisant le Parlement européen, et en adoptant le projet Spinelli pour une Union européenne.

  • L’Acte unique européen (1986) concrétise l’union douanière, introduit des politiques communes, renforce le rôle du Parlement, et facilite la prise de décision par majorité qualifiée, préparant la voie à l’Union européenne de 1992.

  • La création de l’Union européenne (1992) par le traité de Maastricht repose sur une architecture à trois piliers : la Communauté européenne, la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), et la Justice et Affaires intérieures (JAI). Elle marque une étape majeure dans l’intégration politique et économique.

  • Les révisions successives (Amsterdam 1997, Nice 2001) ont permis la communautarisation de certaines matières, l’extension du vote à la majorité qualifiée, la création de coopérations renforcées, et l’adoption de la Charte des droits fondamentaux, renforçant la dimension juridique et démocratique de l’Union.

  • La Charte des droits fondamentaux, adoptée en 2000, consacre la protection des droits civiques, économiques et sociaux, et la Cour de justice peut sanctionner les États violant ces principes.

  • La mise en œuvre concrète de l’euro en 1999 constitue une étape clé de l’intégration économique, avec une zone euro comptant aujourd’hui 20 États.

À retenir

L’évolution de l’Union européenne, à travers une série de traités et de révisions, illustre une progression vers une intégration plus profonde, mêlant méthodes communautaires et intergouvernementales, tout en renforçant la dimension juridique, démocratique et sociale de l’Union.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1949Signature du Statut de Londres, création du Conseil de l’Europe
1950Adoption de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH)

Tableaux de Synthèse

Critère d’adhésionDescriptionAuteur / Source
Critère géographiqueÊtre européen, avec définitions précises dans les années 1990Articles 3 et 4 du Statut de Londres
Critère politiqueDémocratie, respect du droit international, protection des minorités, adhésion à la CEDHArticles 3 et 4 du Statut de Londres
OrganisationObjectifs principauxDomaines d’interventionParticularités
Conseil de l’EuropeConsolider la paix, promouvoir les droits de l’Homme, favoriser la coopérationJustice, culture, droits de l’Homme, sécuritéOrganisation indépendante de l’UE, pas de transfert de souveraineté

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre Conseil de l’Europe et Union européenne : organisation distincte, pas d’intégration dans l’UE.
  2. Croire que la CEDH est une institution de l’UE : elle appartient au Conseil de l’Europe.
  3. Confondre les objectifs de coopération intergouvernementale et d’intégration fédéraliste : le Conseil combine ces deux approches.
  4. Penser que l’adhésion est automatique pour tous les pays européens : critères géographiques et politiques stricts.
  5. Confondre la souveraineté des États avec l’autorité du Conseil : la souveraineté est préservée.
  6. Omettre que la procédure de retrait peut être volontaire ou forcée en cas de violation grave.
  7. Ignorer que la genèse du Conseil repose sur un compromis entre deux courants idéologiques : unionistes et fédéralistes.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition d’une organisation à vocation européenne et ses différences avec l’Union européenne.
  2. Maîtriser la date de création du Conseil de l’Europe (Statut de Londres, 1949).
  3. Savoir que la Convention européenne des droits de l’Homme a été adoptée en 1950.
  4. Identifier les objectifs principaux du Conseil de l’Europe : paix, droits de l’Homme, coopération.
  5. Connaître les critères d’adhésion : critères géographiques (être européen) et politiques (démocratie, respect du droit international, adhésion à la CEDH).
  6. Comprendre la distinction entre organisation intergouvernementale et fédéraliste dans la genèse.
  7. Savoir que la souveraineté des États est préservée dans le cadre du Conseil.
  8. Connaître la procédure de retrait volontaire ou forcé.
  9. Identifier les responsables politiques et penseurs ayant influencé la création : Victor Hugo, Aristide Briand, Winston Churchill.
  10. Maîtriser la différence entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne.
  11. Connaître les principes fondamentaux de l’identité européenne : liberté, prééminence du droit, respect des valeurs communes.
  12. Savoir que la genèse s’inscrit dans une volonté de concilier coopération intergouvernementale et intégration fédéraliste.

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1. Quelle est la nature principale du Conseil de l’Europe ?

2. En quelle année le Conseil de l’Europe a-t-il été officiellement créé par la signature du Statut de Londres?

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Organisation européenne — définition ?

Organisation favorisant la coopération entre États européens.

Création du Conseil de l’Europe — année ?

1949, par le Statut de Londres.

Genèse du Conseil — acteurs clés ?

Victor Hugo, Briand, Churchill, La Haye 1948.

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