Fiche de révision : Introduction à la gestion des paysages et sites naturels

📋 Plan du Cours

  1. Paysage objet composite nature et culture
  2. Perception et construction sociale du paysage
  3. Inertie des logiques héritées et lente mobilité
  4. Structures agraires et organisation de l’agriculture
  5. Habitat dispersé et habitat groupé
  6. Paysages méditerranéens et aquitains
  7. Triade méditerranéenne blé vigne olivier
  8. Ouvrages de l’eau et marqueurs paysagers
  9. Déprise agricole et désagrégation de l’espace
  10. Paysages de l’eau vallées fluviales
  11. Documents d’urbanisme et mise en valeur paysagère
  12. Institutions de l’action paysagère parcs et conservatoire

📖 1. Paysage objet composite nature et culture

🔑 Notions clés & Définitions

  • Paysage : Objet géographique qui relie des composantes physiques et des manières de percevoir et d’interpréter un espace.
  • Objet composite nature et culture : Approche du paysage qui articule les éléments naturels et les pratiques sociales qui les façonnent et les signifient.
  • Écologie du paysage : Démarche centrée sur les relations entre milieux et organisation spatiale, pour comprendre comment la nature structure le paysage.
  • Approches culturalistes du paysage : Courant qui insiste sur le rôle de la perception, des représentations et des constructions sociales dans la définition du paysage.
  • Perception du paysage : Mécanisme par lequel le paysage devient objet de discours et d’analyse à partir de ce qui est effectivement perçu.

📝 Points essentiels

  • Les paysages ruraux expriment à la fois des structures physiques (sols, pentes, orientation) et l’histoire des sociétés locales (systèmes agraires, droits sur les sols).
  • L’action sur le paysage mobilise une attention à la nature via des approches naturalistes et des actions de préservation ou de restauration des milieux.
  • La TVB (trame verte et bleue) illustre une logique de préservation/restauration des continuités écologiques dans l’espace.
  • Le paysage est un concept ancien, lié à une origine artistique et à une analyse esthétique, ce qui explique sa dimension sensible.
  • Le paysage ne se réduit pas à un décor : il dépend des mécanismes perceptifs et devient une construction sociale et subjective.
  • On peut distinguer des lectures naturalistes (écologie/composantes physiques) et culturalistes (perception/construction sociale) pour analyser un même paysage.

💡 Astuce mémo

Nature = milieux (écologie) ; Culture = regard (perception) : le paysage se construit aux deux niveaux.

📖 2. Perception et construction sociale du paysage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Agriculture itinérante sur brûlis : Système agraire forestier où l’on cultive temporairement après essartage raisonné, puis on laisse la forêt se reconstituer.
  • Essartage raisonné : Mode de défrichement qui s’appuie sur une observation fine des équilibres biophysiques pour préserver la dynamique forestière.
  • Agriculture sèche sédentaire : Agriculture pluviale installée durablement, sans irrigation par canaux, où la production dépend uniquement des pluies.
  • Riziculture irriguée : Culture du riz fondée sur la maîtrise de l’eau, sans jachère et avec des parcelles souvent maintenues sur de longues durées.
  • Inondation naturelle : Forme de transition entre agriculture pluviale et irriguée, liée aux hautes eaux après la saison des pluies.

📝 Points essentiels

  • La perception du brûlis a longtemps été négative chez de nombreux techniciens et colonisateurs, jugé gaspilleur et « primitif ».
  • Le discours environnemental est aujourd’hui plus nuancé, car le brûlis peut maintenir un écosystème forestier en milieu tropical.
  • La logique première du système est de sauvegarder la reproduction et l’équilibre de la forêt via un essartage raisonné.
  • Le système exige de faibles densités : l’augmentation de population raccourcit les jachères, ce qui empêche le retour de la fertilité et déclenche l’érosion.
  • En agriculture sèche sédentaire, la fertilité ne se rétablit pas et l’érosion dépend uniquement des pluies naturelles, sans irrigation artificielle.
  • Les cultures en zones arides ou semi-arides sont adaptées à la sécheresse, notamment mil et sorgho, ainsi que certaines céréales.

💡 Astuce mémo

Brûlis = forêt maintenue si jachères longues ; population ↑ → jachères ↓ → fertilité ↓ → érosion ↑.

📖 3. Inertie des logiques héritées et lente mobilité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Inertie des logiques héritées : Notion expliquant que des pratiques et structures agricoles anciennes persistent longtemps malgré les changements techniques ou politiques.
  • Irrigation : Technique de maîtrise de l’eau visant à rendre les cultures plus régulières, mais qui demande organisation et gestion collective.
  • Systèmes agraires de polyculture-élevage : Ensemble de pratiques associant cultures et élevage, avec des complémentarités entre terres cultivées et ressources pour les troupeaux.
  • Culture attelée : Mode de production où la traction animale fournit la force de travail pour les labours et certaines opérations culturales.
  • Jachère : Terre laissée au repos pendant une partie du cycle agricole, utilisée pour préserver la fertilité et nourrir les troupeaux selon les systèmes.

📝 Points essentiels

  • Tous les deltas asiatiques ne sont pas irrigués, et les aménagements varient fortement entre deltas tropicaux et régions de moussons.
  • L’eau abondante en milieu tropical n’est pas automatiquement canalisée : l’irrigation exige attention, précaution et solidarité.
  • L’irrigation peut provoquer des conflits, car elle implique des choix de partage, de contrôle et d’entretien des infrastructures.
  • Dans les pays d’agriculture scientifique et mécanisée, l’organisation de l’espace et la production sont structurées par de grandes exploitations spécialisées.
  • Dans les plantations tropicales, la monoculture (café, cacao, soja, banane, canne à sucre) s’accompagne d’une forte hiérarchie sociale et d’une production tournée vers l’exportation.
  • Dans l’agriculture américaine, la mécanisation réduit la main-d’œuvre et l’espace est rationnalisé (parcelles régulières, routes, silos, fermes isolées).

💡 Astuce mémo

Irrigation = Eau + Organisation + Conflits possibles (si la maîtrise n’est pas partagée).

📖 4. Structures agraires et organisation de l’agriculture

🔑 Notions clés & Définitions

  • Culture attelée : Technique agricole fondée sur la traction animale pour mécaniser partiellement les travaux du sol et améliorer la productivité.
  • Polyculture vivrière : Système de production où plusieurs cultures nourrissent l’essentiel de la population, et seuls les excédents sont vendus.
  • Lande : Étendue de terre où ne poussent que certaines plantes sauvages, souvent associée à des milieux pauvres ou peu cultivés.
  • Remembrement : Opération de regroupement et de réorganisation des parcelles visant à créer des exploitations plus faciles à exploiter.
  • Multifonctionnalité de l’agriculture : Idée selon laquelle l’agriculture ne produit pas seulement des biens, mais remplit aussi des fonctions liées à l’alimentation, à l’environnement et aux territoires.

📝 Points essentiels

  • Au XVIIIe siècle (seconde moitié), l’Europe de l’Ouest connaît des transformations majeures en Grande-Bretagne : défrichements, assèchement de marais, chaulage des terres acides, abandon progressif de la jachère au bénéf
  • Dans la première « révolution agricole » (1850-1955), la mécanisation par traction animale, le développement de l’élevage et une fumure accrue soutiennent la hausse des rendements et la baisse des superficies.
  • En 1851, la France est rurale à 75% et la population agricole atteint son maximum en 1866, avec des exploitations moyennes de 5,5 ha.
  • En 1955-1993, la seconde « révolution » agricole rompt avec les pratiques antérieures : motorisation et mécanisation, sélection scientifique, engrais chimiques, irrigation et espaces « hors-sol ».
  • Entre 1955 et 1993, le nombre d’exploitations passe de 2,3 à 0,8 million (65% disparaissent) et la surface moyenne atteint 35 ha, avec des remembrements aux dépens des plus petits.
  • La CAP (politique agricole commune) vise initialement à garantir prix et écoulement via un tarif extérieur commun, conçu comme provisoire pour laisser le temps de moderniser et fournir une alimentation à bas prix.

💡 Astuce mémo

1re révolution : « traction + fourrages + fumure » ; 2e révolution : « moteur + chimie + irrigation » ; multifonction : « manger + protéger + garder les villages ».

📖 5. Habitat dispersé et habitat groupé

🔑 Notions clés & Définitions

  • Habitat dispersé : Forme d’habitat où les fermes et maisons sont éparpillées au milieu des terres, avec une implantation intercalée entre les parcelles.
  • Habitat groupé : Forme d’habitat où les maisons se regroupent en villages, concentrant la population loin des parcelles les plus éloignées.
  • Champs ouverts : Système agraire dominé par de grandes parcelles non encloses, organisé en quartiers et associé à des pratiques plus collectives.
  • Bocage : Paysage agraire structuré par des parcelles encloses (haies vives ou murets) qui favorisent une organisation plus individualisée de l’espace.
  • Openfield en lames de parquet : Variété très aboutie du paysage de champs ouverts, caractérisée par des parcelles lanières non encloses organisées en bandes.

📝 Points essentiels

  • Dans les champs ouverts, l’organisation en parcelles lanières non encloses s’accompagne de pratiques collectivistes et d’un habitat groupé en villages.
  • L’openfield « en lames de parquet » correspond à la forme la plus achevée des champs ouverts, avec des quartiers de parcelles non encloses.
  • Le bocage est présenté comme un paysage de l’Ouest lié à l’individualisme, avec un paysan installé près de ses champs et des parcelles encloses.
  • Le bocage est majoritairement tourné vers l’élevage et s’associe à un habitat dispersé intercalaire.
  • Les sols moins fertiles du bocage sont compensés par des terres labourables mises en défense par haies vives ou murets.
  • Dans les paysages aquitains, l’habitat peut être semi-dispersé (fermes/métairies « bordes ») et coexister avec des villages fortifiés (bastides, castelnau, sauvetés).

💡 Astuce mémo

Champs ouverts → villages (collectif) ; Bocage → fermes dispersées (enclos).

📖 6. Paysages méditerranéens et aquitains

🔑 Notions clés & Définitions

  • Canal de Carpentras : Ouvrage hydraulique lié à l’irrigation, cité comme repère paysager dans l’espace méditerranéen.
  • Pont canal de Galas : Ouvrage de franchissement hydraulique, mentionné comme élément structurant du paysage méditerranéen.
  • Déprise agricole : Processus de recul de l’activité agricole, associé à des transformations visibles des espaces ruraux.
  • Habitat semi-dispersé : Organisation de l’habitat où les fermes et métairies sont dispersées, plutôt que regroupées en un seul centre.
  • Bastides et castelnau : Types de villages fortifiés aquitains, regroupant des formes urbaines défensives comme bastides et castelnau.

📝 Points essentiels

  • Canaux et ponts-canaux (Carpentras, Galas) participent à la structuration des paysages méditerranéens par l’eau.
  • La déprise agricole est reliée à la transformation des espaces, notamment dans les plaines du Var.
  • La désagrégation de l’espace agricole dans les plaines du Var correspond à une fragmentation/affaiblissement des structures agricoles.
  • Les paysages aquitains combinent habitat semi-dispersé (fermes/métairies, bordes) et villages fortifiés (bastides, castelnau, sauvetés).
  • Les terres aquitaines peuvent être organisées en monocultures ou en polycultures selon les cultures dominantes et l’élevage.
  • Les monocultures s’appuient sur des cultures permanentes (fruitiers, vignes) et l’élevage de granivores (porcs, canards, oies, pigeons).

💡 Astuce mémo

Eau → ouvrages (Carpentras/Galas) ; campagne → formes (semi-dispersé + bastides) ; agriculture → déprise/désagrégation.

📖 7. Triade méditerranéenne blé vigne olivier

🔑 Notions clés & Définitions

  • Triade méditerranéenne : Ensemble de trois cultures emblématiques du monde méditerranéen, souvent mobilisées pour décrire les paysages ruraux et leurs dynamiques.
  • Blé : Culture céréalière associée aux paysages agricoles méditerranéens, structurante pour les formes d’exploitation et l’organisation des parcelles.
  • Vigne : Culture viticole qui façonne des paysages ruraux par ses parcelles, ses pratiques et ses transformations patrimoniales.
  • Olivier : Arbre cultivé typique des régions méditerranéennes, participant à la composition des paysages agricoles et à leur durabilité.

📝 Points essentiels

  • Les paysages viticoles peuvent évoluer sous l’effet du tourisme et de la patrimonialisation, avec des appellations qui se transforment progressivement (ex : vins de table ou pays vers des AOC contrôlées par l’INAO).
  • La patrimonialisation s’accompagne aussi de bonifications des vignobles et d’une meilleure maîtrise des circuits commerciaux.
  • Les climats viticoles (micro-terroirs) peuvent être classés à l’Unesco, comme exemple de reconnaissance internationale des terroirs viticoles.
  • La déprise viticole peut produire l’abandon et la transformation des vignes en prairies ou friches, modifiant fortement le paysage.
  • En viticulture, des parcelles peuvent être intégrées à des démarches patrimoniales (ex : inclusion dans un PAH pour le vignoble nantais).
  • En montagne, la logique agraire agro-sylvo-pastorale montre que les paysages ruraux dépendent des usages combinés (culture, forêt, pâturage), ce qui éclaire la lecture des paysages agricoles au sens large.

💡 Astuce mémo

Blé = champs, Vigne = terroirs valorisés, Olivier = permanence méditerranéenne.

📖 8. Ouvrages de l’eau et marqueurs paysagers

🔑 Notions clés & Définitions

  • Artificialisation des sols : Processus de transformation des milieux naturels ou agricoles en surfaces imperméabilisées ou fortement modifiées, avec des effets écologiques et hydrologiques durables.
  • Intensification agricole : Mode de production agricole qui augmente les rendements en simplifiant les milieux, en réduisant la diversité écologique et paysagère.
  • Homogénéisation paysagère : Tendance à la standardisation des paysages qui les rend plus uniformes visuellement et écologiquement.
  • Enfermement des paysages : Fermeture visuelle et écologique d’un paysage, liée notamment à la baisse d’entretien et à la progression de la végétation ligneuse.
  • Conflits d’usage : Tensions socio-spatiales entre acteurs aux objectifs différents, qui se traduisent par des arbitrages et des oppositions sur les territoires.

📝 Points essentiels

  • L’artificialisation entraîne une perte de fonctionnalité écologique des sols et modifie le cycle hydrologique, avec un ruissellement accru.
  • L’artificialisation contribue aussi à la formation d’îlots de chaleur urbains.
  • L’intensification agricole s’accompagne d’une simplification écologique et paysagère, notamment via remembrements, grandes parcelles et monocultures.
  • La simplification fait disparaître des éléments traditionnels comme les haies, talus et bosquets, ce qui réduit la diversité visuelle et écologique.
  • L’homogénéisation paysagère s’explique par la diffusion de modèles d’aménagement standardisés et par des logiques économiques globalisées.
  • L’enfermement des paysages peut venir de la déprise agricole, de la reforestation/plantations et de la disparition du pâturage, avec moins d’habitats des milieux ouverts.

💡 Astuce mémo

Artificialisation = sol scellé → eau qui ruisselle + chaleur; Intensification = simplifie → moins de haies; Enfermement = moins d’entretien → paysage se ferme.

📖 9. Déprise agricole et désagrégation de l’espace

🔑 Notions clés & Définitions

  • Loi de 1906 : Loi de 1906 portant sur la protection des monuments et des sites naturels, associée aux « œuvres de nature ».
  • Loi du 31 décembre 1913 : Loi du 31 décembre 1913 sur la protection des monuments historiques, prolongeant le régime des « œuvres de nature ».
  • Classement et inscription : Deux degrés de protection des sites, le classement étant plus contraignant que l’inscription.
  • Secteur sauvegardé : Dispositif des années 1960 protégeant un ensemble urbain remarquable, notamment des quartiers historiques.
  • Loi Malraux du 4 août 1962 : Loi créant le cadre des secteurs sauvegardés pour conserver, restaurer ou mettre en valeur des ensembles d’immeubles.

📝 Points essentiels

  • En 1906 puis en 1913, la protection vise des monuments et sites naturels qualifiés d’« œuvres de nature ».
  • Le régime distingue deux niveaux : le classement (sites classés) et l’inscription (sites inscrits).
  • Le 25 février 1943, un champ de visibilité est défini et un régime d’autorisation est mis en place.
  • Les immeubles dont la conservation présente un intérêt public peuvent être classés comme monuments historiques ou inscrits à l’inventaire.
  • Les conséquences portent sur les travaux et sur l’existence d’un périmètre de co-visibilité.
  • La loi Malraux du 4 août 1962 permet de créer des secteurs sauvegardés pour des ensembles présentant un intérêt historique, esthétique ou de nature (art. L. 313-1 du Code du patrimoine).

💡 Astuce mémo

Classement = plus contraignant ; Inscription = plus léger ; 25/02/1943 = visibilité + autorisations.

📖 10. Paysages de l’eau vallées fluviales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Plan de sauvegarde et de mise en valeur : Document d’urbanisme qui organise la protection et la mise en valeur d’un territoire patrimonial.
  • Plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine : Servitude d’utilité publique qui encadre la protection et la valorisation d’un patrimoine architectural et paysager.
  • PVAP : Plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine, dispositif de protection du paysage à l’échelle des sites concernés.
  • Opérations Grands Sites : Dispositif de mise en valeur destiné à des sites remarquables, avec une logique de valorisation structurée.
  • Atlas de paysage : Démarche de mise en valeur qui sert d’abord à inventorier et connaître les paysages d’un territoire.

📝 Points essentiels

  • Les plans de gestion du territoire peuvent prendre deux formes : plan de sauvegarde et de mise en valeur (document d’urbanisme) ou plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (servitude d’utilité publique).
  • Plus de 800 sites patrimoniaux remarquables ont été créés le 8 juillet 2016.
  • On compte près de 650 PVAP, présents dans la quasi-totalité des départements, avec des niveaux plus élevés dans certains départements comme le Finistère et la Dordogne.
  • Les PVAP couvrent des territoires très variés, du rural aux quartiers urbains (ex. Dieppe, Marseille, Le Havre).
  • Contrairement aux Secteurs Sauvegardés (autre type de SPR), les PVAP ne peuvent pas réglementer les travaux à l’intérieur des immeubles.
  • Les dispositifs de mise en valeur paysagère se structurent en deux ensembles : ceux visant les sites remarquables (Opérations Grands Sites et Label des Grands Sites de France) et ceux visant les paysages du quotidien (at

💡 Astuce mémo

PVAP = Protection du paysage sans toucher aux intérieurs (contrairement aux Secteurs Sauvegardés).

📖 11. Documents d’urbanisme et mise en valeur paysagère

🔑 Notions clés & Définitions

  • Parc national : Institution de protection créée pour préserver des espaces terrestres ou maritimes présentant un intérêt spécial, notamment pour la biodiversité et les paysages.
  • Charte de Parc : Document de référence d’un parc qui fixe des objectifs de protection et les modalités d’application, ainsi que des orientations pour les zones concernées.
  • Parc naturel régional : Territoire à dominante rurale classé pour protéger et mettre en valeur des paysages, milieux naturels et patrimoine culturel, malgré un équilibre fragile.
  • Syndicat mixte : Structure intercommunale qui regroupe les collectivités concernées et organise la gouvernance d’un parc naturel régional.
  • Conservatoire du littoral : Établissement public de l’État chargé d’une politique foncière visant à protéger des espaces naturels, paysages et habitats littoraux via acquisitions et conventions de gestion.

📝 Points essentiels

  • Un parc national peut être créé si le milieu naturel et les paysages présentent un intérêt spécial et qu’il importe d’en assurer la protection contre les dégradations.
  • La charte d’un parc est établie pour 15 ans avec un cœur définissant objectifs de protection et application de la réglementation nationale.
  • La charte comporte aussi une aire d’adhésion qui fixe des orientations de protection pour les territoires concernés.
  • Les PNR sont créés à l’initiative des conseils régionaux pour protéger et valoriser de grands espaces ruraux habités.
  • Un PNR s’organise autour d’un syndicat mixte regroupant communes et conseils départementaux/régionaux concernés, et autour d’un projet concerté de développement.
  • La charte d’un PNR comprend un diagnostic, un projet de protection et de développement pour 12/15 ans, un programme d’actions prévisionnel sur 3 ans, et les statuts avec moyens financiers et humains.

💡 Astuce mémo

Charte = 15 ans (cœur) + orientations (adhésion) ; PNR = syndicat mixte + projet concerté.

📖 12. Institutions de l’action paysagère parcs et conservatoire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conservatoire du littoral : Établissement public créé en 1975, placé sous la tutelle du ministère chargé de la protection de la nature, pour protéger les rivages et leurs habitats.
  • Politique foncière : Ensemble des actions d’acquisition et de maîtrise du foncier utilisées pour permettre la protection durable des espaces naturels et paysagers.
  • Conventions de gestion : Accords organisant l’entretien et la protection d’espaces acquis, afin d’assurer la gestion patrimoniale des milieux et des paysages.
  • Marais Vernier : Exemple de site géré dans le cadre d’actions de protection des espaces naturels et des paysages littoraux.

📝 Points essentiels

  • Le Conservatoire du littoral agit majoritairement via l’acquisition de terrains puis la mise en place de conventions de gestion.
  • Les conventions de gestion visent à protéger des espaces naturels, des paysages sur les rivages et les habitats naturels associés.
  • Les critères d’intervention incluent les pressions liées à l’urbanisation et la dégradation nécessitant une gestion patrimoniale pour restaurer biodiversité et paysages.
  • Le Conservatoire peut intervenir sur des sites fermés au public tout en maintenant des activités économiques traditionnelles compatibles avec des équilibres écologiques remarquables.
  • Les modalités d’action comprennent l’acquisition foncière par voie amiable, préemption, expropriation, remise en gestion, attribution de biens publics, dons, etc.
  • L’action vise une protection définitive, avec un entretien le plus souvent organisé par conventions de gestion.

💡 Astuce mémo

Conservatoire du littoral = « Foncier puis Gestion » : j’achète (1975) → je sécurise → je gère par convention.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1906Loi portant sur la protection des monuments et des sites naturels (« œuvres de nature »)
1913Loi du 31 décembre 1913 sur la protection des monuments historiques (deux degrés : classement/inscription)
25 février 1943Définition du champ de visibilité et mise en place du régime d’autorisation
4 août 1962Loi Malraux créant le cadre des secteurs sauvegardés (art. L. 313-1 du Code du patrimoine)
1993Loi « Paysage » (n°93-24 du 8 janvier 1993) sur la protection et la mise en valeur des paysages
8 juillet 2016Création de plus de 800 sites patrimoniaux remarquables
1975Création du Conservatoire du littoral (établissement public de l’État)

📊 Tableaux de synthèse

Approches du paysage : naturaliste vs culturaliste

EntréeNaturalisteCulturaliste
Ce que le paysage mobiliseÉcologie du paysage et composante physiquePerception, représentations et construction sociale
Idée centraleComprendre les relations milieux/organisation spatialeOn ne parle du paysage qu’à partir de sa perception
Statut du paysageObjet articulé à la nature (milieux)Construction sociale, subjective, liée aux mécanismes perceptifs

Systèmes agraires : brûlis vs irrigation

SystèmeCaractéristiquesConséquences/conditions
Agriculture itinérante sur brûlisDéplacement de parcelles, brûlis aux dépens de la forêt/savane, champs éphémères, cendres fertilisentNécessite de faibles densités : jachères raccourcies → fertilité ↓ → érosion
Riziculture irriguéeParcelles maintenues sur de longues durées, maîtrise de l’eau, casiers plans et irrigablesAménagements nécessitant coopération et règles de partage/distribution de l’eau

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre paysage et simple décor : le paysage dépend des mécanismes perceptifs et devient une construction sociale.
  2. Croire que l’irrigation est automatique en milieu tropical : l’eau abondante n’est pas canalisée sans organisation, précaution et solidarité.
  3. Penser que le brûlis est toujours uniquement destructeur : le discours environnemental est plus nuancé car il peut maintenir un écosystème forestier via essartage raisonné.
  4. Mélanger classement et inscription des sites : le classement est plus contraignant que l’inscription.
  5. Oublier que les PVAP ne réglementent pas les travaux à l’intérieur des immeubles (contrairement aux Secteurs sauvegardés).
  6. Confondre ZPPAU/ZPPAUP et AVAP : les AVAP sont instituées pour remplacer les ZPPAUP d’ici la fin 2015.
  7. Réduire les paysages méditerranéens à la seule triade : la structuration passe aussi par les ouvrages de l’eau (canaux, ponts-canaux) et par la déprise/désagrégation.

✅ Checklist Examen

  1. Définir le paysage comme objet composite reliant composantes physiques et manières de percevoir/interpréter un espace.
  2. Expliquer l’opposition naturaliste/culturaliste à partir des notions : écologie du paysage, composante physique, perception et construction sociale.
  3. Décrire l’agriculture itinérante sur brûlis : déplacement, champs éphémères, rôle des cendres, retour forêt/brousse après baisse de fertilité.
  4. Expliquer la logique du brûlis (essartage raisonné) et les conditions de permanence : faibles densités, jachères longues, fertilité qui se rétablit.
  5. Décrire l’agriculture sèche sédentaire : fertilité ne se rétablit pas, érosion dépend des pluies naturelles, cultures adaptées à la sécheresse (mil, sorgho).
  6. Décrire la riziculture irriguée : absence de jachère, parcelles maintenues sur de longues durées, maîtrise de l’eau, coopération et règles de partage.
  7. Expliquer l’inondation naturelle comme transition entre pluvial et irrigué et donner l’idée générale d’aménagement progressif des crues.
  8. Comparer les pays d’agriculture scientifique/mécanisée (plantations tropicales, monoculture, hiérarchie sociale, export) et l’agriculture américaine (grandes parcelles régulières, mécanisation, spécialisation).
  9. Identifier les formes paysagères : champs ouverts et openfield « en lames de parquet » (habitat groupé, parcelles lanières non encloses) vs bocage (haies/murets, habitat dispersé intercalaire).
  10. Expliquer les paysages méditerranéens et aquitains : rôle des ouvrages de l’eau (Carpentras/Galas), déprise/désagrégation (Var), habitat semi-dispersé et villages fortifiés (bastides/castelnau/sauvetés).
  11. Mobiliser la triade méditerranéenne (blé/vigne/olivier) et décrire au moins deux dynamiques viticoles : patrimonialisation (AOC/INAO, bonification) et déprise (vignes → prairies/friches).
  12. Expliquer les effets des transformations récentes : artificialisation (ruissellement/îlots de chaleur), intensification (simplification, disparition haies), homogénéisation et enfermement, puis conflits d’usage.
  13. Présenter les dispositifs de protection : lois 1906/1913, classement vs inscription, champ de visibilité du 25/02/1943, secteurs sauvegardés (loi Malraux 1962) et loi Paysage 1993 (insertion/impact visuel).
  14. Décrire les dispositifs de mise en valeur : atlas → charte → plan, et distinguer PVAP vs Secteurs sauvegardés (pas de réglementation des intérieurs).

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1. Comment peut-on définir le paysage comme objet géographique ?

2. Quelle opposition permet de distinguer deux grandes façons d’analyser le paysage ?

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Paysage — définition ?

Objet géographique mêlant nature et culture.

Objet composite nature et culture — rôle ?

Articuler éléments naturels et pratiques sociales.

Écologie du paysage — objectif ?

Comprendre relations milieux et organisation spatiale.

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