📋 Plan du Cours
- Sensualité dans Première soirée et Sensation
- Le Forgeron et la critique monarchique
- Soleil et chair et nature sacrée
- Références littéraires et réécritures
- Fougue amoureuse dans Les réparties de Nina
- Roman, A la musique et Les Effarés
- Vagabondage et bonheur du poète
- Figures de jeunesse dans le recueil
- Engagement politique des Cahiers de Douai
- Modernité de l’écriture rimbaldienne
📖 1. Sensualité dans Première soirée et Sensation
🔑 Notions clés & Définitions
- Lexique des sens : En poésie, ensemble des mots qui sollicitent la vue, l’ouïe et le toucher pour rendre une expérience vécue.
- Synesthésie : Figure de style qui associe des sensations de natures différentes pour produire un effet de fusion sensorielle.
- Oxymore : Figure de style qui rapproche deux termes contraires afin de créer une impression frappante ou paradoxale.
- Polyptote du baiser : Répétition du même mot sous des formes grammaticales différentes, ici pour intensifier l’idée du baiser.
📝 Points essentiels
- Dans « Première soirée », la vue est sollicitée par les couleurs, les formes et les jeux de lumière, afin de peindre l’éveil amoureux.
- Dans « Première soirée », l’ouïe passe par le rire de la jeune fille, avec l’oxymore « doux rire brutal » et l’image du « rire de cristal ».
- Dans « Première soirée », le toucher domine grâce à des verbes de frémissement et de palpitations, et la répétition de « baisai » renforce la sensualité.
- Dans « Sensation », le titre annonce la quête sensorielle, et la strophe d’ouverture associe dès le départ des sensations par la synesthésie « soirs bleus d’été ».
- Dans « Sensation », les sensations tactiles viennent des verbes et termes liés à l’eau et au vent, tandis que « sentir » structure la strophe dès « v. 3 ».
💡 Astuce mémo
Bleus d’été = synesthésie (vue + toucher) ; baiser répété en série dans « Première soirée ».
📖 2. Le Forgeron et la critique monarchique
🔑 Notions clés & Définitions
- Louis XVI : Le roi est une figure utilisée pour porter la satire contre le pouvoir monarchique et faire passer un jugement de lâcheté et de soumission.
- Second Empire : Le Second Empire est la période politique visée par la critique, où la monarchie continue d’exploiter le peuple et de favoriser le luxe.
- Anticléricalisme : L’anticléricalisme est la dénonciation d’une religion jugée complice de l’ordre monarchique et responsable de l’asservissement du peuple.
- Dénonciation de la bourgeoisie : La dénonciation de la bourgeoisie vise sa position d’intermédiaires au pouvoir, perçue comme corrompue et méprisante envers les plus pauvres.
📝 Points essentiels
- Le poème s’appuie sur l’épisode du 20 juin 1792 aux Tuileries, quand le peuple s’empare du lieu où vit Louis XVI.
- La caricature de Louis XVI le présente comme petit et gros puis « soumis comme un chien », ce qui sert à renforcer la portée de la plainte du forgeron.
- Le forgeron dénonce la monarchie comme un système qui exploite le peuple, sacrifie la jeunesse aux guerres et prélève des impôts pour le luxe.
- Le poème contient une critique anticléricale où le clergé, décrit dans le luxe (or, cor, cravache), est opposé à un peuple affamé.
- La dénonciation vise aussi les bourgeois qui trament des lois et traitent les ouvriers de « crasseux », avant de chercher à les maintenir dans la misère.
- Le forgeron défend le peuple et promet des « grands temps nouveaux » où les ouvriers forgeront l’avenir, de « grands effets » vers « de grandes causes » jusqu’au soir.
💡 Astuce mémo
Louis XVI = « petit, gros, chien » : la satire du roi sert à condamner l’Empire, le clergé et les bourgeois, puis à valoriser l’ouvrier.
📖 3. Soleil et chair et nature sacrée
🔑 Notions clés & Définitions
- Soleil et Chair : Soleil et Chair est un poème où la nature est célébrée comme une force sacrée, féconde et continuellement vivante.
- Nature vivante : « Nature vivante » est une expression majuscule qui transforme la nature en entité grandiose et presque mythique.
- Antiquité gréco-romaine : L’Antiquité gréco-romaine désigne l’âge des dieux présents dans la nature, dont la beauté et le plaisir des sens semblent perdus.
📝 Points essentiels
- Le poète associe le soleil à la fécondité de la terre grâce à des images de germination comme « sein », « sève » et « embryons » (v. 4-8).
- Il agrandit l’univers naturel en l’énonçant de façon globale et foisonnante : terre, océan et ensemble des animaux (v. 17 et v. 24-25).
- Il regrette explicitement « la vie infinie » et l’amour ancien de la nature, puis déroule sa nostalgie par l’anaphore « je regrette les temps » (v. 11-15 et v. 26).
- La nature est opposée au christianisme jugé moins proche des plaisirs des sens et du contact intime avec le monde vivant.
- Le poète convoque des figures de dieux et déesses de la tradition gréco-romaine pour souligner que la nature était autrefois peuplée et animée (liste évoquée dans la première partie).
💡 Astuce mémo
Soleil = sève : Rimbaud sacralise la nature, puis regrette le temps des dieux grecs (anaphore « je regrette »).
📖 4. Références littéraires et réécritures
🔑 Notions clés & Définitions
- Châtiments de Victor Hugo : Recueil de poèmes utilisé comme modèle de tonalité épique et critique contre l’oppression, dans lequel la misère du peuple est dénoncée.
- Ophélie (Hamlet) : Figure tragique issue de Hamlet, dont Rimbaud reprend la noyade et le désespoir tout en orientant la scène vers une lecture personnelle.
- Balade des pendus (Villon) : Poème médiéval associé à François Villon, que Rimbaud reprend en le transformant en satire et en parodie noire.
- Tartuffe (Molière) : Comédie de Molière centrée sur l’hypocrisie d’un faux dévot, que Rimbaud réécrit pour dénoncer la duplicité religieuse.
📝 Points essentiels
- « Le Forgeron » reprend une tonalité épique et critique qui rappelle les « Châtiments », où Hugo dénonce la misère populaire et la dictature de Napoléon III.
- Dans « Ophélie », Rimbaud mêle des indices directs d’Hamlet (Norvège, mers folles, évocation d’Hamlet) et une interprétation personnelle de la noyade comme fuite vers la paix.
- Dans « Bal des pendus », Rimbaud réécrit la « Ballade des pendus » en reprenant une structure médiévale (dont la reprise de la première strophe à la fin) pour ridiculiser les corps pendus.
- « Le Châtiment de Tartufe » transpose le Tartuffe de Molière en satire en montrant la sexualité dissimulée sous la « chaste robe noire » puis révélée par une mise à nu humiliante.
💡 Astuce mémo
Rimbaud réécrit en enchaînant : Hugo (épique critique), Shakespeare-Hamlet (Ophélie), Villon (pendus en parodie), Molière (Tartuffe en satire).
📖 5. Fougue amoureuse dans Les réparties de Nina
🔑 Notions clés & Définitions
- Dialogue amoureux : Un dialogue amoureux met en scène un “Lui” lyrique qui parle longuement, tandis que “Elle” répond de façon plus sobre, ce qui crée un contraste de ton.
- Conditionnel et désir : Le conditionnel dans la première partie exprime un projet de rencontre encore rêvé, donc un désir qui cherche à se concrétiser.
- Indicatif futur : L’indicatif futur, au changement de tempo vers la fin, donne l’illusion que le rêve amoureux se réalisera déjà.
- Champs lexicaux de l’érotisme : Les mots liés à l’amour et à l’érotisme construisent une intensité sensorielle, du frémissement des chairs aux gestes ou aux sensations corporelles.
📝 Points essentiels
- Dans la première partie, les verbes au conditionnel expriment la volonté du narrateur de voir son désir devenir réalité.
- À partir du vers 57, l’usage de l’indicatif futur fait sentir une projection immédiate dans la scène rêvée.
- Les points d’exclamation et les points de suspension multiplient les élans et laissent des phrases ouvertes, comme si d’autres plaisirs restaient possibles.
- Les répétitions de formules amoureuses, comme “Ta poitrine sur ma poitrine” (v. 1 et 33) ou “Tu viendras, tu viendras, je t’aime” (v. 105), renforcent l’exaltation.
- Les hypallages et images fusionnent nature et corps, par exemple “bois frissonnant” lié à “Muet d’amour” (v. 7-8) ou un “vent” qui “baise” (v. 27).
- La chute “— Et mon bureau ?” remet brutalement le “Lui” face au réel, révélant le sens du titre par l’écart entre lyrisme et contraintes matérielles.
💡 Astuce mémo
Conditionnel = projet, Futur = réalisation ; Chute “Et mon bureau ?” = le rêve se casse.
📖 6. Roman, A la musique et Les Effarés
🔑 Notions clés & Définitions
- Roman : Roman est un poème racontant une histoire d’amour adolescente, construite comme une succession d’étapes et encadrée par une formule ironique.
- A la musique : A la musique est un poème où Rimbaud décrit des bourgeois avec des procédés d’ironie pour dénoncer leur snobisme et leur vie de province.
- Les Effarés : Les Effarés est un poème qui met en scène des enfants misérables regardant un boulanger, afin de rendre la scène pathétique et dénoncer la faim.
📝 Points essentiels
- Roman est organisé en quatre parties qui suivent la rencontre, le désir, le coup de foudre et la conquête, avec un retour final à la vie des cafés et des bocks.
- Dans Roman, la phrase encadrante « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » (v. 1 et 31) renforce une distance ironique vis-à-vis de l’émoi adolescent.
- Dans Roman, des marques comme la majuscule à « La » et l’abondance des pronoms « on » et « vous » soulignent l’idéalisation et la banalisation du coup de foudre.
- Dans A la musique, l’ironie dépeint une place « correcte » et des personnages ridicules, notamment via inversions et caricatures (notaire, rentiers à lorgnons, gros bureaux bouffis).
- Dans Les Effarés, le poème compte douze tercets, formés chacun de deux octosyllabes et d’un tétrasyllabe, ce qui crée une ritournelle légère pour un sujet tragique.
- Les Effarés repose sur des contrastes et une personnification du pain et du four (« croûtes parfumées » qui chantent, four qui « souffle la vie ») tandis que les enfants, eux, sont figés et affamés (ne bougent pas, « tremblote »).
💡 Astuce mémo
Ritournelle légère (forme) + misère lourde (sujet) dans Les Effarés : contraste permanent enfants figés vs chaleur du four.
📖 7. Vagabondage et bonheur du poète
🔑 Notions clés & Définitions
- Fugue heureuse : Fuite ou errance du poète qui devient une source directe de plaisir, de confort et de détente dans ses poèmes.
- Rêve d’auberge : Impression de bien-être associée aux lieux de passage, où la nourriture et le service renforcent le sentiment de liberté.
- Parenthèse amoureuse : Court épisode sentimental qui, chez le poète, revient à sa vie ordinaire dès que l’illusion s’achève.
📝 Points essentiels
- Dans « Au Cabaret-Vert », la scène est placée sous le signe du bien-être avec « Bienheureux, j’allongeai les jambes sous la table » (v. 5) et « ce fut adorable » (v. 7).
- Dans « La Maline », le narrateur dit s’épater dans son siège et se déclare « heureux et coi » (v. 4-5), reliant bonheur et service en auberge.
- Dans « Ma bohème », les exclamations sur des « amours splendides » (v. 4) et l’image des « bons soirs de septembre » (v. 10) expriment un bonheur mêlé au rêve et à l’enfance.
- Dans « Roman », le poème encadre la scène par « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » (v. 1 et 31) et banalise le coup de foudre via « on » et « vous ».
- Dans « Roman », après la réponse de la jeune fille, le narrateur retourne à ses activités avec « cafés éclatants » (v. 29), ce qui réduit l’amour à une parenthèse d’été.
💡 Astuce mémo
CAB–MAL–BOH : Cabaret-Vert (bienheureux), La Maline (heureux et coi), Ma bohème (amours splendides) = bonheur de vagabondage.
🔑 Notions clés & Définitions
- Nina : Nom d’une jeune fille qui apparaît dans les Reparties de Nina et incarne une jeunesse vive au cœur de scènes dialoguées.
- Elle : Pronom qui désigne parfois une jeune fille dans Première soirée et dans la dédicace de Rêvé pour l’hiver, marquant sa présence sans la nommer.
- Ophélie : Jeune figure féminine évoquée comme blanche et insistant sur sa jeunesse, associée à une mort brutale dans le recueil.
- Dormeur du val : Figure masculine jeune servant de pendant à Ophélie et décrite comme souriante comme un enfant malade, portée par la Nature.
📝 Points essentiels
- Le recueil met en avant plusieurs jeunes filles, parfois nommées (Nina) et parfois seulement désignées par Elle ou par des expressions comme alertes fillettes.
- Les serveuses d’Au Cabaret-Vert et de La Maline apparaissent au centre de la scène et stimulent le regard du jeune poète par une attitude feinte d’ingénuité.
- Des figures de jeunesse sont associées à une mort violente, notamment Ophélie, présentée avec insistance et blancheur.
- Le Dormeur du val apparaît comme un soldat jeune et souriant à la manière d’un enfant malade, bercé par la Nature.
- Les enfants des Effarés sont montrés dans la misère par des gestes de fragilité (tremblotant) et par la présence du lange blanc.
- La jeunesse s’organise donc en portraits contrastés : séduction (serveuses), tragédie (Ophélie), et souffrance (enfants des rues).
💡 Astuce mémo
Pôles en 3 images : séduction (serveuses), tragédie (Ophélie), faim (Les Effarés).
📖 9. Engagement politique des Cahiers de Douai
🔑 Notions clés & Définitions
- Le Forgeron : Poème d’ouverture qui met en scène un artisan opposé au roi Louis XVI et défenseur d’un idéal républicain.
- Morts de Quatre-Vingt-Douze... : Poème qui attaque le Second Empire et dénonce sa propagande belliciste et hypocrite par le biais d’une citation reprise en titre.
- Le Mal : Poème opposant le pouvoir de Napoléon III aux soldats mourant au front, en montrant le cynisme des dirigeants.
- L’Éclatante Victoire de Sarrebrück : Sonnet qui tourne en dérision la victoire impériale, à partir d’une gravure orientée faisant l’éloge du camp au pouvoir.
📝 Points essentiels
- Dans « Le Forgeron », le roi Louis XVI est affronté au profit d’une vision républicaine, tandis que Napoléon III apparaît en arrière-plan comme un affameur du peuple et un sacrificateur de la jeunesse.
- « Morts de Quatre-Vingt-Douze... » vise le Second Empire et sa mise en scène de la guerre, en dénonçant le double discours de journalistes liés à Napoléon III.
- Dans « Le Mal », la rime « mitraille » / « roi qui les raille » met en évidence la dangerosité des gouvernants qui envoient les jeunes gens au combat avec désinvolture.
- « Rages de Césars » et « L’Éclatante Victoire de Sarrebrück » dénigrent la figure impériale et insistent sur le caractère ridicule de Napoléon III, présenté comme enfant fier d’une victoire pourtant minime.
- Le choix de la gravure comme base textuelle dans « L’Éclatante Victoire de Sarrebrück » sert à montrer que la propagande peut construire un récit de victoire au service du pouvoir.
💡 Astuce mémo
Forgeron = république contre roi ; Quatre-Vingt-Douze + Mal = dénoncer propagande et cynisme ; Sarrebrück = victoire impériale ridiculisée.
📖 10. Modernité de l’écriture rimbaldienne
🔑 Notions clés & Définitions
- Versification souple : La versification souple est une écriture qui adapte la forme des vers au mouvement de la phrase plutôt qu’aux règles classiques de coupe et de rythme.
- Enjambements déstabilisants : Les enjambements déstabilisants sont des rejets et contre-rejets qui déplacent la syntaxe par rapport au découpage des vers et parfois des strophes.
- Sonnet déstructuré : Le sonnet déstructuré est un sonnet dont la logique des parties (quatrains puis tercets) est brouillée par la continuité des phrases et du rythme.
- Lexique prosaïque : Le lexique prosaïque rassemble nourriture, boisson, vulgarités et mots du quotidien pour créer des ruptures de ton dans le poème.
📝 Points essentiels
- Dans les alexandrins, Rimbaud ne respecte pas toujours la coupe à l’hémistiche et coupe le vers quand il le décide, ce qui rend le vers plus mobile.
- Il multiplie les enjambements (rejets et contre-rejets) et peut les étendre d’une strophe à l’autre, ce qui empêche la synchronisation de la syntaxe et du vers.
- Dans « Venus anadyomène », il poursuit ses phrases sans interruption sur les premières strophes, gommant la séparation classique entre quatrains et tercets.
- « Rêvé pour l’hiver » transgresse le sonnet en devenant hétérométrique : chaque strophe alterne alexandrins avec des vers de longueurs différentes (hexasyllabes ou octosyllabes).
- Rimbaud introduit des mots et expressions très prosaïques ou familières, comme « Et mon bureau ? », « un ulcère à l’anus », « Merde à ces chiens-là ! », « culs », « dada », et des interjections comme « Peuh » ou « Oh ! là ! là ! ».
- Il ajoute aussi ponctuellement des écarts de langue ou régionalismes, par exemple « malinement » pour « malignement » et « une froid sur la joue ».
💡 Astuce mémo
Sonnet cassé + rythme bousculé + mots de la rue.
📊 Tableaux de synthèse
Lexique des sens : « Première soirée » vs « Sensation »
| Poème | Vue | Ouïe / Toucher |
|---|
| Première soirée | Couleurs, formes, jeux de lumière (v. 8-10, ex. « couleur de cire », « Un petit rayon buissonnier ») | Ouïe : rires de la jeune fille, oxymore « doux rire brutal » et « rire de cristal » (v. 14-16). Toucher : frémissements/palpitations (ex. |
| Sensation | Synesthésie initiale « soirs bleus d’été » (v. 1) | Toucher dominant : verbes et termes tactiles liés à l’eau/au vent (« picoté », « fouler », « baigner », « fraîcheur », « vent »), et verbe central « sentir »… |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre synesthésie et oxymore : dans « Sensation », « soirs bleus d’été » mélange des sens, alors que « doux rire brutal » rapproche deux termes contraires.
- Attribuer à « Sensation » la répétition de « baisai » : cette répétition relève de « Première soirée » (v. 13, 22, 27).
- Rater la fonction de la chute dans « Les réparties de Nina » : « Et mon bureau ? » ne développe pas le lyrisme, elle le casse et ramène au réel.
- Se tromper sur l’opposition religieuse dans « Le Forgeron » : le clergé est critiqué comme complice de la monarchie (luxe vs peuple affamé), pas seulement comme religion en général.
- Inverser le sens de la versification dans « Les Effarés » : la ritournelle légère (forme) sert à rendre plus cruel le sort des enfants affamés (sujet).
- Réduire « Roman » à un récit linéaire sans ironie : l’émotion est volontairement excessive et mise à distance par « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » (v. 1 et 31) et par les pronoms « on »/« vous ».
- Croire que « modernité » signifie seulement des mots familiers : elle vient aussi de la versification souple, des enjambements et de la mise en page qui cassent la logique des formes fixes.
✅ Checklist Examen
- Distinguer, pour « Première soirée », les 3 champs sensoriels (vue/couleurs-lumières-formes, ouïe/rires oxymoriques, toucher/frémissements et répétition de « baisai » + polyptote de « baiser »).
- Expliquer comment « Sensation » sollicite les sens : synesthésie « soirs bleus d’été » (v. 1), sensations tactiles (eau/vent) et place centrale du verbe « sentir » (v. 3).
- Présenter « Le Forgeron » comme critique de la monarchie/Second empire via Louis XVI (caricature petit/gros, « soumis comme un chien ») et relier la satire à Napoléon III.
- Lister les autres dénonciations de « Le Forgeron » : tyrannie exploitante (guerres/impôts pour luxe), anticléricalisme (luxe du clergé vs peuple affamé), et critique de la bourgeoisie (corruption, lois, mépris).
- Montrer comment « Soleil et Chair » sacralise la nature : fécondité (sein/sève/embryons), « Nature vivante » (v. 22), agrandissement de l’univers, puis nostalgie (« je regrette les temps ») et opposition au christianisme.
- Pour les références littéraires, relier chaque texte à son modèle : « Ophélie » (Hamlet), « Bal des pendus » (Villon), « Le Châtiment de Tartuffe » (Molière/Tartuffe), en précisant ce que Rimbaud transforme (noyade/interprétation, parodie/humour noir, satire/hypocrisie).
- Dans « Les réparties de Nina », relever la fougue amoureuse à partir : conditionnel (projet), futur (projection), ponctuation (exclamations/suspensions), répétitions et champs lexicaux de l’érotisme.
- Expliquer la chute « — Et mon bureau ? » de « Les réparties de Nina » comme retour brutal au réel et lien avec le titre.
- Raconter les étapes de « Roman » (4 parties : rencontre/désir/coup de foudre/conquête) et montrer l’excès ironisé (cadre « On n’est pas sérieux… », pronoms « on »/« vous », retour aux « cafés éclatants »).
- Identifier dans « A la musique » les procédés d’ironie contre la bourgeoisie de province (décor « correct », portraits caricaturaux : notaire, rentiers à lorgnons, « gros bureaux bouffis », etc.) et dans « Les Effarés » les procédés de pathétique (contrastes, personnification du pain/four, animalisation des enfants,…
- Montrer que le vagabondage est associé au bonheur dans « Au Cabaret-Vert », « La Maline » et « Ma bohème » (bien-être/serveurs/rêve et enfance) et rappeler la logique de « parenthèse amoureuse » dans « Roman » (amour réduit à une période d’été).
- Recenser les figures de jeunesse : Nina et les jeunes filles (« Elle », demoiselle, alertes fillettes), serveuses, jeunesse tragique (Ophélie), pendant masculin (Dormeur du val) et jeunesse souffrante (enfants des « Effarés »).
- Décrire l’engagement politique des Cahiers de Douai en reliant chaque poème dénonciateur au parti pris : Forgeron (république vs monarchie), « Morts de Quatre-Vingt-Douze… » et « Le Mal » (propagande belliciste/hypocrisie impériale), « Rages de Césars »/« L’Éclatante Victoire de Sarrebrück » (ridiculisation impériale,…
- Énoncer les marqueurs de la modernité rimbaldienne : versification souple (coupe mobile), enjambements déstabilisants (jusqu’à strophes), sonnet déstructuré (continuations), et lexique prosaïque/argot/interjections (ex. « Et mon bureau ? », mots crus, « Peuh »).
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