La chronologie préhistorique est adossée à la géologie, ce qui signifie qu’elle repose sur l’étude des couches terrestres pour dater les périodes. Elle est également rythmée par la climatologie, notamment à travers l’analyse des isotopes de l’Oxygène, qui permettent de comprendre les variations climatiques au cours des périodes du Pleistocène et de l’Holocène. Ces deux périodes constituent des repères fondamentaux pour situer l’évolution climatique et géologique, et par extension, l’histoire humaine préhistorique. La période du Pleistocène est caractérisée par des glaciations successives, tandis que l’Holocène correspond à l’ère géologique actuelle, marquée par un climat plus stable.
John Lubbock (1834-1913) a introduit en 1865 la notion de "Pre-historic times" (temps préhistorique), en fondant la découpe chronologique basée sur l’étude des vestiges anciens, ainsi que sur les coutumes et modes de vie des sociétés dites "sauvages". Ce découpage a permis d’établir une première organisation temporelle de la préhistoire, en reliant les vestiges matériels à une chronologie scientifique.
La compréhension de la préhistoire repose sur une chronologie scientifique intégrant la géologie et la climatologie, ce qui est essentiel pour situer les évolutions culturelles et artistiques humaines dans leur contexte environnemental.
Image : La relation entre l'objet et son image est de nature iconique, c'est-à-dire qu'elle reproduit la forme ou l'aspect d'un être ou d'une chose (source).
Représentation : La représentation est une mise au présent d’un élément passé, permettant un retour à la vie au-delà de la simple répétition. Elle consiste à montrer quelque chose qui appartient au passé, mais qui doit exister maintenant, favorisant ainsi une forme de réactualisation ou de sauvegarde de la vie passée (P. Brook).
Dénotation : Désigne une chose en tant que signe de quelque chose, c'est-à-dire le sens commun ou la référence objective d’un terme ou d’une image.
Connotation : Signification affective ou subjective d’un terme ou d’une image, qui s’ajoute à la dénotation et varie selon les individus ou les cultures (d’après Dan Sperber).
Représentations mentales : Représentations produites par l’imagination ou l’esprit individuel, qui peuvent être partagées ou transmises pour former des représentations publiques ou culturelles.
Représentations publiques : Représentations mentales encodées, transmises et partagées au sein d’une culture, devenant ainsi des représentations communes ou partagées.
La représentation, en tant que mise au présent d’un passé, permet de faire revivre et de sauvegarder la vie antérieure, tandis que la distinction entre dénotation et connotation est essentielle pour comprendre la complexité des images et leur interprétation. Les représentations mentales individuelles peuvent ainsi se transformer en représentations culturelles partagées.
Culture matérielle : Ensemble des objets, images, supports matériels qui témoignent des pratiques culturelles, sociales et rituelles d’une société. Elle inclut la production, la création, la consommation et l’utilisation de ces éléments, soulignant leur rôle dans la vie sociale.
Production : Processus de fabrication ou de création d’images et d’objets matériels, souvent liés à des pratiques culturelles ou rituelles. Elle concerne la fabrication physique ou symbolique des supports.
Création : Acte de concevoir ou d’inventer des images ou objets, souvent porteurs de récits mythiques ou symboliques. La création peut être artistique ou rituelle, intégrée dans des pratiques sociales.
Consommation : Utilisation ou appropriation des images et objets matériels par une société ou un groupe social. Elle reflète leur rôle dans la vie quotidienne, rituelle ou symbolique.
Utilisation : Façon dont les images et objets matériels sont intégrés dans des pratiques sociales, rituelles ou symboliques. Elle met en évidence leur fonction dans la société et leur lien avec la culture.
La culture matérielle englobe la production, la création, la consommation et l’utilisation des images et objets, soulignant leur rôle central dans la vie sociale. Ces supports matériels peuvent porter des récits mythiques ou rituels, comme les peintures corporelles ou objets sacrés, qui sont souvent porteurs de significations profondes. La relation entre image et société est dynamique, impliquant des pratiques rituelles et symboliques spécifiques à chaque culture, où l’image devient un support porteur de récits et de valeurs partagées. La création d’images s’inscrit dans un contexte social, et leur utilisation dans des pratiques rituelles ou quotidiennes renforce leur importance dans la cohésion et l’identité culturelle.
Les images, en tant qu’objets matériels, sont intégrées dans des pratiques sociales et rituelles, révélant ainsi les liens étroits entre création, usage culturel et rôle symbolique dans la société.
Support matériel
Support tangible sur lequel une image ou un récit mythique peut être inscrit ou représenté. Dans certaines sociétés, ce support peut être absent ou éphémère, rendant l’image difficile à conserver ou à percevoir de manière visible.
Datation de l’image
Processus ou questionnement relatif à l’âge ou à la période à laquelle une image ou un support a été créé. Dans le contexte des sociétés sans images visibles, la datation concerne souvent des supports éphémères ou non visibles.
Songline
Récit mythique mis en image, souvent sous forme de parcours symboliques liés au territoire, aux ancêtres et aux performances rituelles. Il constitue un support narratif et mythologique, permettant de transmettre des savoirs et des histoires.
Tjurunga (Churinga)
Support matériel en image ou en objet, utilisé pour représenter ou contenir des récits mythiques. Il est associé à des pratiques rituelles et à la transmission de connaissances liées au territoire et aux ancêtres.
Peintures corporelles
Forme d’image éphémère appliquée sur le corps, utilisée dans des rituels, notamment féminins, pour transmettre des savoirs, des mythes ou pour des cérémonies spécifiques. Leur nature transitoire pose la question de leur support et de leur conservation.
Rituels féminins Warlpiri
Pratiques rituelles exclusivement féminines en Australie, utilisant notamment des peintures corporelles pour transmettre des mythes et des savoirs. Ces images corporelles sont souvent éphémères, liées à des performances et à des traditions orales.
Les sociétés sans images visibles soulèvent la question du support et de la conservation des images, qui sont souvent éphémères comme les peintures corporelles. Ces formes d’images ne laissent pas toujours de traces matérielles durables, ce qui complique leur datation et leur étude.
Les images peuvent néanmoins servir de supports matériels de récits mythiques liés au territoire et aux ancêtres. Par exemple, les songlines en Australie sont des parcours mythiques qui incarnent ces récits, permettant de transmettre des connaissances à travers des parcours symboliques.
Les Tjurunga ou Churinga sont des supports matériels en image ou en objet, utilisés pour représenter ou contenir des récits mythiques, souvent dans un contexte rituel. Ils jouent un rôle central dans la transmission des mythes liés au territoire et aux ancêtres.
Les peintures corporelles, notamment dans les rituels féminins Warlpiri, illustrent une autre forme de représentation, utilisant le corps comme support éphémère pour transmettre des mythes et des savoirs lors de cérémonies.
Ces rituels, parfois genrés, utilisent ces images corporelles pour transmettre des savoirs et des mythes, montrant que la représentation ne se limite pas à des supports visibles ou durables, mais inclut aussi des pratiques orales et corporelles.
L’absence apparente d’images dans certaines sociétés résulte de supports éphémères ou de pratiques rituelles spécifiques, élargissant la conception d’image à des formes non visibles ou transitoires, telles que les peintures corporelles ou les parcours mythiques.
Les ouvrages de J.P. Demoule et V. Kruta sont des références majeures pour l’étude du Néolithique et des origines de la figure, offrant une compréhension approfondie des transformations sociales et culturelles de cette période. La bibliographie rassemble également des sources clés pour approfondir la compréhension des images préhistoriques et de leur contexte culturel. H. Belting et P. Descola apportent des perspectives anthropologiques essentielles pour dépasser une vision occidentale et saisir la diversité des formes du visible dans différentes sociétés. Se référer à cette bibliographie spécialisée permet ainsi d’approfondir les connaissances et d’intégrer des approches pluridisciplinaires sur les images et la préhistoire.
Se référer à une bibliographie spécialisée permet d’approfondir ses connaissances et d’adopter une approche pluridisciplinaire pour mieux comprendre les images préhistoriques et leur contexte culturel.
| Thème | Notions clés | Points essentiels | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|
| Chronologie préhistorique | Périodes géologiques : Paléolithique, Néolithique, Mésolithique, Pleistocène, Holocène | La chronologie repose sur la géologie et la climatologie, notamment via isotopes de l’Oxygène. La période du Pleistocène est marquée par des glaciations successives, l’Holocène par un climat plus stable. John Lubbock (1865) a introduit la notion de "Pre-historic times" en reliant vestiges matériels à une chronologie scientifique. | John Lubbock |
| Lexique et concepts | Image, Représentation, Dénotation, Connotation, Représentations mentales et publiques | La représentation est une mise au présent d’un passé. La dénotation désigne le sens objectif, la connotation le sens affectif. Les représentations mentales peuvent devenir publiques via encodage et transmission. | P. Brook, Dan Sperber |
| Représentation et image | Culture matérielle, Production, Création, Consommation, Utilisation | La culture matérielle témoigne des pratiques sociales et rituelles. Les images portent des récits mythiques ou symboliques. La relation entre image et société est dynamique et contextuelle. | - |
| Sociétés sans images | Support matériel, Datation de l’image, Songline, Tjurunga, Peintures corporelles | Certaines sociétés utilisent des supports éphémères ou invisibles (peintures corporelles, supports non visibles). Le récit mythique peut être inscrit dans un support ou transmis oralement via des rites comme le Songline ou les Tjurunga. | - |
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1. En quoi la contribution de John Lubbock en 1865 à la chronologie préhistorique se distingue-t-elle d'une simple datation géologique ou climatologique ?
2. Qui a formulé la notion de "Pre-historic times" en 1865, en fondant la découpe chronologique de la préhistoire ?
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Période du Pleistocène — caractéristique ?
Glaciations successives
Holocène — caractéristique ?
Climat stable actuel
John Lubbock — contribution ?
Découpage chronologique de la préhistoire
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