Fiche de révision : Introduction aux pratiques journalistiques et leurs enjeux

Plan du Cours

  1. Journalisme, cultures et stéréotypes
  2. Confiance, déontologie et liberté de presse
  3. Watergate et journalisme américain
  4. Gonzo et subjectivité radicale
  5. Postures journalistiques et narration
  6. Presse de masse et éditeurs
  7. Séverine et journalisme au féminin
  8. Albert Londres et grand reportage
  9. Journalisme engagé et immersion
  10. Grands reporters et littérature
  11. Enquêtes américaines et faits divers
  12. Méthode d’examen et questions clés

1. Journalisme, cultures et stéréotypes

Notions clés & Définitions

  • Culture journalistique : La notion désigne un ensemble de représentations partagées sur le métier, connues par beaucoup sans être réellement définies.
  • Stéréotypes du journaliste : Les stéréotypes sont des traits simplificateurs utilisés pour reconnaître rapidement un métier qui, en réalité, est très varié.
  • Presse industrielle : La presse industrielle regroupe des parutions régulières et périodiques, structurées comme un produit de diffusion.
  • Presse occasionnelle : La presse occasionnelle désigne des publications irrégulières de type collage, où l’information peut être présentée sans vérifications solides.

Points essentiels

  • Une mauvaise réputation du journalisme se lit dans son histoire, par exemple avec Delphine de Girardin qui dénonce le manque de sérieux de la profession.
  • La distinction presse industrielle versus presse occasionnelle renvoie à des standards de production différents, avec des sources souvent non vérifiées pour l’occasionnelle.
  • Les stéréotypes servent à donner une forme reconnaissable à une profession floue, en réduisant une réalité complexe à quelques signes.
  • Tintin et Rouletabille sont des figures construites comme des “étiquettes” de journaliste, même quand l’œuvre souligne qu’ils ne font pas véritablement le journalisme.
  • Le journalisme se fabrique aussi son propre mythe, ce que montre RSF avec l’opposition entre “journalisme de salon” et journalisme exposé au danger sur le terrain.

Astuce mémo

Presse industrielle = régulière; presse occasionnelle = irrégulière et sources fragiles (I comme Intervalle fixe).

2. Confiance, déontologie et liberté de presse

Notions clés & Définitions

  • Baromètres de confiance : Indicateurs qui mesurent le niveau de confiance du public envers le journalisme et qui varient dans le temps.
  • Liberté d’expression : Principe qui permet de critiquer et de s’exprimer sur l’information, ce qui soutient le débat démocratique.
  • Déontologie journalistique : Ensemble de valeurs qui encadre le traitement des faits et limite les choix pouvant nuire aux personnes ou aux publics.
  • Journalisme crédible et vérifié : Journalisme fondé sur la vérification des informations afin de réduire l’incertitude et de restaurer la confiance.

Points essentiels

  • La confiance envers le journalisme fluctue fortement, notamment avec l’incertitude liée à la question des fake news ou non.
  • En politique, la confiance envers le journalisme reste particulièrement basse avec 20% selon le cours.
  • La critique joue un rôle démocratique car elle s’appuie sur la liberté d’expression tout en permettant d’exiger un journalisme plus fiable.
  • Une photo peut soulever des problèmes déontologiques et, dans certains cas, des choix de mise en récit ou d’image peuvent au contraire détourner l’attention du public.
  • Le retour vers un journalisme crédible et vérifié est présenté comme une réponse pour reconstruire la confiance.

Astuce mémo

Crédible et vérifié → plus de confiance ; fake news/absence de preuve → confiance en baisse.

3. Watergate et journalisme américain

Notions clés & Définitions

  • Watergate : Affaire politique américaine du début des années 1970 où un cambriolage dans un siège du Parti démocrate lance une enquête journalistique majeure.
  • Bob Woodward et Carl Bernstein : Deux journalistes américains devenus emblématiques de l’enquête au long cours à partir de l’affaire du Watergate.
  • Mark Felt : Informateur au nom de code qui fournit des informations aux journalistes du Watergate et dont l’identité reste protégée longtemps.
  • Richard Nixon : Président des États-Unis dont l’affaire du Watergate conduit à la démission en 1974 après la reconnaissance de son parjure.
  • Méthode des 5W : Cadre de vérification du journalisme d’investigation présenté comme fondé sur les faits via les questions qui structurent l’enquête.

Points essentiels

  • En 1972, un cambriolage des locaux du Parti démocrate au Watergate déclenche une longue enquête menée par Woodward et Bernstein.
  • L’enquête s’appuie sur la recherche d’informations et sur des recoupements, tandis que Nixon tente d’étouffer l’affaire par le biais de l’Administration.
  • Une enquête sénatoriale intervient après le lancement de l’affaire et renforce la pression politique autour des faits.
  • En 1974, Richard Nixon démissionne après devoir reconnaître son parjure, présenté comme la faute la plus grave pour les Américains étant de mentir.
  • Mark Felt applique une déontologie de protection des sources qui risquent gros en cas d’identification, avec révélation de son identité seulement à sa mort.
  • Le journalisme d’investigation aux États-Unis est décrit comme fondé sur les faits grâce à la méthode des 5W plutôt que sur la seule quête de la “vérité”.

Astuce mémo

1972 cambrio → enquête longue (Woodward/Bernstein) → 1974 démission Nixon (parjure).

4. Gonzo et subjectivité radicale

Notions clés & Définitions

  • Subjectivité radicale : Approche du journalisme où la place du point de vue personnel du reporter devient centrale et assumée dans la façon de rapporter le réel.
  • Témoin-ambassadeur : Posture journalistique où le reporter se présente comme un “je” vécu, tout en parlant au nom d’un “nous” censé rassembler le public autour d’une réalité commune.
  • Journalisme de terrain : Pratique où le journaliste produit le récit à partir de sa présence et de ses sensations sur place, plutôt que de prétendre livrer une vérité distante.
  • Décentreur : Posture qui remet en cause le “nous” unificateur, en faisant émerger une autre communauté à partir des dominés et en dérangeant le consensus.

Points essentiels

  • Le modèle du témoin-ambassadeur mise sur des sensations rapportées par le “je”, tout en interdisant l’affichage d’opinions pour donner une réalité valable pour tous.
  • Dans le journalisme de terrain, le reporter devient une preuve par ce qu’il perçoit sur place, et la photographie est présentée comme un relais de cette vérité visible.
  • Le décentreur dissout le “nous” dominant en rassemblant les dominés dans une nouvelle communauté, ce qui correspond à une logique de révélation et de contestation.
  • La contestation de l’objectivité passe par une idée d’interaction : la question n’est plus seulement “quelle vérité ?” mais aussi “quelles responsabilités et quels effets sociaux et politiques ?”.
  • Le récit peut rendre visible le doute et l’engagement du dispositif (montre ses doutes face caméra) plutôt qu’effacer totalement l’énonciateur.

Astuce mémo

Témoin-ambassadeur = “je” sensations → “nous” vérité partagée ; décentreur = casse le “nous” et reconstruit un “nous” des dominés.

5. Postures journalistiques et narration

Notions clés & Définitions

  • Discours : Le discours est une forme où quelqu’un parle, et où la situation de cet énonciateur devient le foyer principal de signification.
  • Récit : Le récit est une forme où personne ne parle directement, le narrateur ne se montre pas et l’histoire paraît fonctionner par elle-même.
  • Effacement du narrateur : L’effacement du narrateur désigne la stratégie de narration où le médiateur se retire, laissant au spectateur l’impression d’un récit très efficace.
  • Pamphlet : Le pamphlet est une prise de parole où le pamphlétaire adopte une position d’infériorité, défendant sa cause face à un adversaire.

Points essentiels

  • Dans le discours, l’énonciateur est présent et sert de repère pour comprendre le sens, comme pour un prof expliquant son cours.
  • Dans le récit, personne ne parle directement et le narrateur reste invisible, ce qui peut rendre la narration particulièrement efficace.
  • Les deux pôles de la communication ne sont pas étanches, car le montage des positions (écouter/ne pas écouter l’autre) influence ce que le public reçoit.
  • Dans le reportage sur le terrain de guerre, le journalisme peut garder très peu d’extériorité entre le journaliste et la situation, notamment en mêlant archives et images sans lien direct.
  • Une pratique centrée sur le journaliste impose une vérité spectaculaire et héroïse son rôle au lieu d’accepter la discussion avec l’autre.

Astuce mémo

Discours = Ça parle (énonciateur visible) ; Récit = Ça raconte (narrateur absent).

6. Presse de masse et éditeurs

Notions clés & Définitions

  • New York World : Le New York World est un quotidien américain lancé par Joseph Pulitzer, pensé pour un lectorat populaire et porté par des idéaux démocratiques et militants.
  • William Randolph Hearst : William Randolph Hearst est un grand éditeur américain qui transforme ses journaux en machines sensationnalistes, en multipliant les rachats et la diffusion à grande échelle.
  • Yellow journalism : Le yellow journalism est un journalisme sensationnaliste qui privilégie crimes, pseudo-sciences et bellicisme pour attirer et mobiliser le public.
  • Faits divers : Les faits divers sont des contenus centrés sur des événements marquants qui deviennent un moteur de lectorat pour la presse industrialisée.

Points essentiels

  • Pulitzer veut en 1883 un quotidien bon marché, intelligent et tourné vers l’avenir, qui dénonce les escrocs et combats les abus dans les affaires publiques.
  • Le World mise sur des rubriques diversifiées (éditos, chroniques) et sur l’illustration, les caricaturistes, le sport, le divertissement et les faits divers.
  • Le World gagne fortement en diffusion (100 000 exemplaires à la fin des années 1880, puis jusqu’à 600 000) et se développe par spécialisation et industrialisation.
  • Hearst rachète plusieurs titres et recrute des journalistes renommés, ce qui intensifie le modèle sensationnaliste et la feuilletonisation.
  • Le yellow journalism associe baisse du prix (1 cent) et sélection d’informations centrées sur crimes et pseudo-sciences pour amplifier le tirage.

Astuce mémo

World = populaires + idéaux (faits divers, enquêtes, illustration) ; Hearst = sensation + couleur (feuilletons, comic strips, guerre).

7. Séverine et journalisme au féminin

Notions clés & Définitions

  • Séverine Caroline Rémy : Personnalité du journalisme français, connue pour une écriture très personnelle mêlant sensibilité et engagement.
  • Journalisme du jeu : Journalisme où la journaliste assume sa vision et sa subjectivité au lieu de dissimuler sa position face aux lecteurs.
  • Rubrique Les idées d’une Parisienne : Rubrique attribuée à Séverine où elle adopte une posture de regard de Parisienne pour commenter le monde.
  • Féminisme anarchisant : Courant de pensée associé à Séverine, qui combine une défense féministe et une participation à des milieux politiques de gauche.

Points essentiels

  • Séverine fait partie du groupe activiste parisien « la commune », divorce, et défend l’avortement.
  • En 1879 à Bruxelles, elle rencontre Jules Vallès et devient sa secrétaire pendant son exil politique.
  • Son journalisme revendique une dualité : elle s’affiche féministe et loue aussi la « virilité » attribuée à Vallès.
  • En 1889 à Saint-Étienne, elle traite le coup de grisou en se mettant en scène comme si elle était sur place au moment de l’accident.
  • En 1896, elle couvre en immersion la grève des casseuses de sucre de la rue de Flandres pour décrire l’expérience ouvrière de l’intérieur.
  • Séverine collabore pendant deux ans à La Libre Parole de Drumont, puis se retrouve en conflit avec ces milieux à cause d’enjeux autour de l’antisémitisme.

Astuce mémo

Salon→Terrain→Miroir : elle quitte le salon pour aller sur place (ou y donner l’illusion), puis écrit en miroir sincère de sa vision.

8. Albert Londres et grand reportage

Notions clés & Définitions

  • Témoin ambassadeur : Posture journalistique où le reporter incarne un témoin de terrain, engagé et capable de faire voir un monde complexe.
  • Photographie de reportage : Usage de l’image dans le travail d’Albert Londres pour compléter et soutenir la mise en évidence des situations rencontrées.
  • Indignation nuancée : Attitude qui critique sans condamner d’un seul bloc, en gardant une sensibilité tout en observant des mécanismes complexes.
  • Flâneur salarié : Figure du reporter décrit comme un observateur mêlé au travail de rédaction, qui écoute et rapporte plutôt que de fabriquer un discours théorique.

Points essentiels

  • Albert Londres voyage beaucoup et se rend sur le terrain pour enquêter, donnant à son journalisme une place de témoin au regard complexe.
  • Son style est poétique par moments et privilégie un « coup d’œil » oblique qui met en scène l’observateur tout en décrivant les faits.
  • Dans Au bagne (Cayenne, 1923 puis dénonciation), il montre la déshumanisation et obtient des réactions, jusqu’à une intervention des autorités et la poursuite d’enquêtes ailleurs.
  • Dans Chez les fous, il doit se faire passer pour un proche pour accéder aux asiles, et décrit l’horreur des traitements et l’absence de soins, ce qui alimente une réforme.
  • Il écrit avec une ambition littéraire et une indignation nuancée : il interroge plutôt qu’il ne condamne, et fait progresser le raisonnement en revenant souvent au politique.

Astuce mémo

Londres = terrain + “je” discret + vision complexe : il fait voir la réalité avant de juger.

9. Journalisme engagé et immersion

Notions clés & Définitions

  • Journalisme d’immersion : Forme de journalisme où le reporter entre dans le quotidien d’un milieu pour comprendre de l’intérieur, plutôt que de seulement observer à distance.
  • Ted Conover : Journaliste-immersion américain qui s’infiltre dans des univers fermés pour enquêter, comme dans le cas de l’enfermement carcéral.
  • Florence Aubenas : Journaliste française qui mène des immersions en se mettant en situation réelle, jusqu’à chercher du travail sans révéler son identité.
  • Valentin Gendrot : Journaliste français qui infiltre la police pour révéler des dysfonctionnements et violences, en vivant la situation de l’intérieur.

Points essentiels

  • Le dilemme liberté de presse vs liberté d’exprimer des opinions se résout par la transparence sur la démarche journalistique plutôt que par le déni d’engagement.
  • Ted Conover s’est fait engager comme gardien de prison, afin d’enquêter avec une compréhension interne des réalités carcérales.
  • Florence Aubenas prend un congé sans solde en 2009, s’inscrit à Pôle Emploi à Caen et enchaîne de petits boulots en immersion à Ouistreham.
  • Victor Castané mène une enquête de trois ans en EHPAD, dénonçant maltraitances et carences liées à une logique de rentabilité, avec ORPEA au centre des révélations.
  • Valentin Gendrot infiltre la police pendant deux ans, après une formation de 12 semaines décrite comme low-cost, et rapporte notamment violences et mal-être, dont 59 suicides en un an.

Astuce mémo

Immerge→infiltre→raconte avec transparence : l’engagement passe par la méthode vécue et montrée.

10. Grands reporters et littérature

Notions clés & Définitions

  • Albert Camus : Un écrivain qui formule des exigences morales et stylistiques pour un journalisme lucide, critique et non moralisateur.
  • Choses vues : Un ensemble de textes laissés par Victor Hugo, réunis en volume à partir de 1887 après sa mort, relevant davantage de l’écriture que du pur reportage.
  • Joseph Kessel : Un grand reporter qui mêle observation précise et procédés littéraires pour rendre sensibles émotions, silences et scènes.
  • Blaise Cendrars : Un journaliste de terrain qui fait se croiser le réel et l’imaginaire en assumant parfois des libertés d’écriture.
  • Jean Hatzfeld : Un journaliste-écrivain qui affirme clairement sa position et critique l’insuffisance de la couverture journalistique du Rwanda.

Points essentiels

  • Camus oppose informer vite à informer bien en demandant un commentaire qui clarifie le sens de chaque nouvelle, sans que la politique remplace la morale.
  • Camus résume le journalisme libre en quatre exigences : lucidité, ironie, refus et obstination.
  • Dans Choses vues, Hugo passe de la description à la mise en récit et s’éloigne parfois du vrai reportage, jusqu’au doute sur l’invérifiable détail observé.
  • Kessel travaille le procès de Pétain en jouant sur l’émotion corporelle, des détails physiques en gros plan et des effets de suspense pour dramatiser la scène.
  • Cendrars annonce un mélange du réel et du littéraire en utilisant des faits dans romans et reportages, tout en pouvant prendre des libertés d’écriture.
  • Hatzfeld considère que le traitement médiatique du génocide du Rwanda est un échec car il manque de parole aux prisonniers et d’images au sujet.

Astuce mémo

Camus = L.I.R.O : Lucidité, Ironie, Refus, Obstination.

11. Enquêtes américaines et faits divers

Notions clés & Définitions

  • Fait divers : Un fait divers est un événement singulier, souvent tragique ou mystérieux, qui sert de point de départ à une enquête journalistique.
  • John Krakauer Into the Wild : Into the Wild est une enquête journalistique menée à partir d’un fait divers, centrée sur un jeune mort de froid dans un bus abandonné.
  • Gay Talese Motel du voyeur : Motel du voyeur est une enquête menée par Gay Talese sur un hôtelier muni de caméras, questionnant ce que le public voit et comprend.
  • Secret des sources 33 ans : Le secret des sources correspond à une conservation volontaire de l’identité ou des informations jusqu’à la levée par la source elle-même, ici pendant 33 ans.

Points essentiels

  • Into the Wild part d’un fait divers lié à un jeune fugueur mort de froid dans un bus abandonné en 2007, et l’auteur relie l’histoire à un passé personnel similaire.
  • Gay Talese interroge le lecteur sur le malaise à être spectateur, sur la nature de l’homme enquêté et sur la généralisation du voyeurisme dans la société.
  • Dans Motel du voyeur, la méthode à l’américaine repose sur la garantie d’un secret des sources pendant 33 ans, tant que la source ne le lève pas elle-même.
  • Xavier Dupont de Ligonnès fait l’objet d’une longue enquête racontée en deux parties, construite comme un récit de type polar à partir d’interviews et de détails donnés au lecteur.

Astuce mémo

Talese = 33 ans de secret ; Krakauer = fait divers + sa propre vie ; Dupont = polar à deux parties.

12. Méthode d’examen et questions clés

Notions clés & Définitions

  • Axes de lecture : Méthode de préparation qui organise le travail autour de plusieurs angles pour analyser les œuvres et auteurs vus en cours.
  • Anthologie d’auteurs : Ensemble d’auteurs et de textes à connaître pour relier histoire, cultures et références, sans se focaliser sur les dates.
  • Sociologie du journalisme : Approche centrée sur les acteurs et les rôles du journalisme, pour examiner pouvoir narratif, identité professionnelle et indépendance.
  • Techniques de narration : Outils d’écriture qui couvrent l’énonciation et les procédés de récit pour comprendre comment le texte organise le sens.

Points essentiels

  • L’examen demande une préparation par axes de lecture autour de la culture et de l’histoire, de la sociologie du journalisme et de l’écriture.
  • Pour l’histoire et la culture, l’objectif est de connaître les auteurs et références via une anthologie plutôt que de mémoriser des dates.
  • La sociologie du journalisme se lit à travers le pouvoir narratif, l’identité professionnelle, l’indépendance, les héros et les mythes, y compris le journalisme au féminin.
  • L’épreuve comporte trois questions ouvertes et dure deux heures.
  • Les questions portent notamment sur l’impact durable du Watergate et sur la manière dont les grands éditeurs de la fin du 19e ont façonné des cultures journalistiques en France et aux États-Unis.

Astuce mémo

3 questions ouvertes en 2 heures : Watergate + éditeurs 19e.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1804-1855Delphine de Girardin (directrice de La Presse, chroniqueuse sous pseudo), exemple de la mauvaise réputation du journalisme liée à l’histoire
1879Rencontre de Séverine Caroline Rémy avec Jules Vallès à Bruxelles et début de sa période comme secrétaire
1972Cambriolage des locaux du Parti démocrate au Watergate, déclenchant une enquête journalistique
1974Démission de Richard Nixon après la reconnaissance de son parjure
1907Sortie du Mystère de la chambre jaune (personnage de Rouletabille)

Tableaux de synthèse

Presse industrielle vs presse occasionnelle

TypeRégularitéSources
Presse industriellepériodiquemieux structurées (standard de production)
Presse occasionnelleponctuellefatras avec sources pas vérifiées

Discours vs récit

FormeÉnonciateurEffet de narration
Discoursquelqu’un parle (présence de l’énonciateur)situation de l’énonciateur foyer principal de signification
Récitpersonne ne parle directement (narrateur invisible)efficacité par disparition de la voix narrative

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre objectivité et absence d’opinions : le cours insiste qu’on peut avoir une opinion mais ne pas faire de la propagande.
  2. Croire que Tintin ou Rouletabille “font” du journalisme : ce sont des stéréotypes/figures-étiquettes, critiqués pour leur rapport au métier.
  3. Inverser presse industrielle et presse occasionnelle : l’occasionnelle est liée à des parutions irrégulières et à des sources pas vérifiées.
  4. Prendre “journalisme gonzo” pour un simple style : ici c’est une ultra-subjectivité assumée, pensée en opposition à l’“hyper-objectivisme”.
  5. Mélanger témoin-ambassadeur et témoin-vision purement personnelle : le “je” sert à légitimer un “nous” qui prétend porter une réalité valable pour tous.
  6. Réduire “méthode des 5W” à une quête de “la vérité” : le cours la présente comme un cadre fondé sur les faits, distinct de la vérité philosophique.
  7. Croire que l’immersion se fait forcément en dévoilant l’identité dans tous les cas : le cours propose plutôt la transparence sur la démarche (ex. Aubenas sans dire qu’elle est journaliste).

Checklist Examen

  1. Relier la mauvaise réputation du journalisme à l’histoire : Delphine de Girardin et sa critique de la non-sérieusité de la profession.
  2. Définir et opposer presse industrielle et presse occasionnelle (régularité, sources pas vérifiées pour l’occasionnelle).
  3. Expliquer comment les stéréotypes rendent reconnaissable un métier “flou” : Tintin (journaliste-enquêteur sans faire réellement de journalisme) et Rouletabille (rôle-étiquette).
  4. Présenter la confiance envers le journalisme : baromètres, chute en politique (20%), et rôle de l’incertitude fake news/non-fake news.
  5. Justifier le “retour” vers un journalisme crédible et vérifié et le lien avec la reconstruction de la confiance (déontologie/vérification).
  6. Expliquer l’idée de “mythe” journalistique et l’opposition RSF entre journalisme de salon et journalisme visé/dangereux sur le terrain.
  7. Savoir analyser la déontologie via l’exemple de la photographie : ce qu’elle peut produire ou détourner (ex. respect des valeurs, effet sur l’attention).
  8. Raconter Watergate avec les repères clés (1972 enquête Woodward/Bernstein, enquête sénatoriale, 1974 démission Nixon) et la logique 5W (faits plutôt que vérité).
  9. Définir les postures narratives et leurs liens au “pouvoir de raconter” : discours vs récit, effacement du narrateur, et formes de mise en question (doute face caméra).
  10. Opposer les deux représentations fortes : investigation fondée sur la méthode (Watergate/5W) versus subjectivité radicale (gonzo), en citant les traits attendus du gonzo.
  11. Maîtriser la posture témoin-ambassadeur et le décentreur : je sensations/terrain et nous de rassemblement, puis dissolution du “nous” dominant via les dominés.
  12. Mobiliser les études de cas d’immersion/enquête engagée (Conover/Wallraff/Aubenas/Gendrot) : principe, démarche, et finalité (révéler des réalités de l’intérieur).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction aux pratiques journalistiques et leurs enjeux avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Qu’illustre le mieux la notion de culture journalistique ?

2. Quelle distinction correspond à l’opposition entre presse industrielle et presse occasionnelle ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction aux pratiques journalistiques et leurs enjeux avec 24 flashcards interactives.

Culture journalistique — définition ?

Ensemble de représentations partagées sur le métier

Stéréotypes du journaliste — rôle ?

Faciliter la reconnaissance d’un métier complexe

Presse industrielle — caractéristique ?

Parutions régulières, sources structurées

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