Fiche de révision : Justice, Crimes et Mémoire du XXe siècle

Plan du Cours

  1. Histoire, mémoire et justice au XXe siècle
  2. Crimes de masse et droit international
  3. Le rôle des historiens au procès
  4. Justice nationale et réconciliation
  5. Révisionnisme et contestation des verdicts
  6. Génocide des Juifs et des Tsiganes
  7. Le complexe d’Auschwitz-Birkenau
  8. La mémoire d’Auschwitz depuis 1947
  9. Tourisme et débats mémoriels
  10. Adolf Eichmann et la Solution finale

1. Histoire, mémoire et justice au XXe siècle

Notions clés & Définitions

  • Justice pénale : La justice pénale désigne les institutions chargées de punir les infractions à la loi afin de pacifier les sociétés après les violences.
  • Crimes de masse : Les crimes de masse sont des crimes commis à grande échelle contre un grand nombre de victimes.
  • Crimes contre l’humanité : Les crimes contre l’humanité visent des atteintes graves aux droits fondamentaux des populations civiles, qu’elles soient en temps de guerre ou non.
  • Justice pénale internationale : La justice pénale internationale est une justice supranationale destinée à juger les hauts responsables de crimes les plus graves touchant la communauté internationale.

Points essentiels

  • Le XXe siècle voit une violence destructrice en deux guerres mondiales puis, après la guerre froide, des conflits souvent intraétatiques provoquant à nouveau une violence massive.
  • La mission de la justice est de pacifier en dissuadant les crimes futurs et en apaisant les victimes par le jugement des responsables.
  • La justice a d’abord été conçue pour individualiser les peines selon la responsabilité de chacun, ce qui l’a obligée à créer de nouveaux types de crimes pour les violences de masse.
  • Après la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne occidentale, 186 000 suspects sont détenus jusqu’en 1947 et plus de 5 000 sont condamnés.
  • La justice pénale internationale se met en place à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale pour juger les dirigeants et hauts responsables des crimes les plus graves.

Astuce mémo

Trauma social → justice pour punir, dissuader et apaiser les victimes.

2. Crimes de masse et droit international

Notions clés & Définitions

  • Crime contre l’humanité : Le crime contre l’humanité recouvre des atteintes graves aux droits fondamentaux, visant des populations civiles et portées par une action organisée, en temps de guerre ou de paix.
  • Génocide : Le génocide est une catégorie extrême de crime de masse et de crime contre l’humanité, caractérisée par l’intention d’anéantir un groupe humain ciblé pour des motifs liés à son appartenance.

Points essentiels

  • La justice XXe siècle s’adapte aux violences de masse en créant juridiquement de nouveaux types de crimes, car son modèle initial visait à individualiser les responsabilités.
  • En 1965, l’ONU déclare les crimes contre l’humanité imprescriptibles et en fait une « préoccupation internationale », rendant les poursuites possibles sans limite de temps.
  • Dans les années 1990, le Statut de Rome fixe la définition actuelle du crime contre l’humanité et l’élargit en ajoutant notamment la torture, le viol et l’apartheid.
  • On ne qualifie juridiquement le génocide que si l’anéantissement vise un groupe pour des motifs ethniques, raciaux, religieux ou nationaux, pas pour des raisons politiques ou économiques.
  • Par la résolution 827, l’ONU crée en 1993 le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), chargé de juger des crimes commis pendant la guerre en lien avec des logiques de crimes contre l’humanité et de génocide.

Astuce mémo

3 mots pour distinguer : Humanité = atteintes + civils + organisation ; Génocide = intention d’anéantir un groupe ; Masse = grand nombre de victimes.

3. Le rôle des historiens au procès

Notions clés & Définitions

  • Témoin de contexte : L’historien intervient comme témoin pour expliquer le contexte historique général des faits jugés, afin d’aider la compréhension du dossier.
  • Salo Baron : Historien américain sollicité à partir du procès Eichmann pour retracer le contexte historique du génocide des Juifs.
  • Robert Paxton : Historien américain spécialiste du régime de Vichy appelé comme témoin lors du procès de Maurice Papon en 1997.
  • Henry Rousso : Historien qui refuse de participer aux procès, en contestant le rôle d’historien témoin et ses tensions avec la neutralité scientifique.

Points essentiels

  • À Nuremberg, aucun historien n’est à la barre car les faits sont jugés rapidement après leur déroulement et en présence des accusés.
  • À partir du procès Eichmann en 1961, des historiens sont davantage sollicités pour reconstituer le contexte des génocides, notamment celui des Juifs.
  • En 1997, six universitaires, dont Robert Paxton, sont appelés comme témoins au procès de Maurice Papon pour éclairer le contexte des crimes.
  • En 2014, Hélène Dumas intervient au TPIR en « témoin de contexte » dans des procès de génocidaires rwandais réfugiés en France.
  • Le recours à des historiens comme témoins suscite des controverses professionnelles sur la conciliation entre neutralité de la science historique et fonctions de la justice.

Astuce mémo

Eichmann 1961 = début des historiens à la barre : on apporte le contexte historique pour juger des crimes commis bien avant le procès.

4. Justice nationale et réconciliation

Notions clés & Définitions

  • Justice transitionnelle : La justice transitionnelle regroupe des mesures judiciaires utilisées après un conflit pour passer d’une société divisée vers une société pacifiée.
  • Épuration légale : L’épuration légale est une procédure judiciaire organisée par les autorités pour juger les personnes soupçonnées de collaboration plutôt que laisser agir la vengeance spontanée.
  • Amnistie : Une amnistie est un acte qui efface le caractère punissable des faits visés, ce qui réduit fortement les poursuites après un changement politique.
  • Tribunaux Gacaca : Les tribunaux gacaca sont des juridictions traditionnelles réactivées au Rwanda à partir de 2000 pour juger plus rapidement les responsables du génocide.

Points essentiels

  • Après 1944-1945 en France, une épuration spontanée vise des personnes soupçonnées de collaboration, puis une épuration légale est mise en place sur ordre du général de Gaulle.
  • En France en 1944-1945, l’épuration légale mène à près de 130 000 procès et environ 100 000 condamnations pour apaiser les tensions.
  • La justice transitionnelle est fortement encouragée par l’ONU, mais une large part des mesures prises après 1945 correspond à des amnisties.
  • Au Rwanda, après la création du TPIR, une loi organise les poursuites internes mais huit ans plus tard moins de 10 000 jugements sont prononcés contre environ 120 000 prévenus en prison.
  • À partir de 2000, Paul Kagamé réactive les tribunaux Gacaca pour éviter à la fois la revanche et le risque d’amnisties massives.
  • Les tribunaux Gacaca visent une justice locale plus rapide car les poursuites nationales ordinaires sont trop lentes pour traiter tous les accusés.

Astuce mémo

Transition = juger vite pour éviter vendetta et amnistie : gacaca = le “rattrapage local” au Rwanda après l’attente nationale.

5. Révisionnisme et contestation des verdicts

Notions clés & Définitions

  • Révisionnisme : Le révisionnisme est le fait de minimiser ou de contester un crime de génocide ou de crimes contre l’humanité, parfois en niant sa qualification.
  • Justice des vainqueurs : La justice des vainqueurs désigne l’idée que certains procès paraissent partiaux parce que les juges appartiennent au camp des vainqueurs de la guerre.
  • Contestation des verdicts du TPIY : La contestation des verdicts du TPIY renvoie aux critiques selon lesquelles des verdicts auraient favorisé une lecture au détriment des victimes d’un autre camp.
  • Contestation par le Rwanda : La contestation par le Rwanda correspond aux critiques qui affirment que les crimes du FPR n’auraient pas été jugés et qu’il faudrait parler d’un « génocide rwandais » plutôt que des seuls Tutsi.

Points essentiels

  • Les procès de Nuremberg sont critiqués comme une « justice des vainqueurs » car les juges sont issus des 4 puissances victorieuses et leur impartialité est contestée.
  • Une critique majeure vise l’occultation de crimes de guerre commis par les Soviétiques entre 1939 et 1941 et même par des opérations comme Hiroshima et Nagasaki.
  • Au Rwanda, certains Hutus estiment que les crimes du FPR n’ont pas été jugés, ce qui alimente la contestation et l’usage du terme « génocide rwandais » plutôt que la qualification centrée sur les Tutsi.
  • En Serbie, des critiques visent le TPIY et portent sur des acquittements de responsables croates jugés pour des morts de civils et de soldats serbes en 2012.
  • La Serbie ne reconnaît pas le caractère génocidaire de Srebrenica en avançant que les femmes et enfants n’auraient pas été spécifiquement ciblés.
  • L’essor récent du révisionnisme s’accompagne aussi d’un discours local au Rwanda qui nie la planification des crimes contre les Tutsi et réduit la portée des faits.

6. Génocide des Juifs et des Tsiganes

Notions clés & Définitions

  • Shoah : La Shoah est le génocide planifié par le régime nazi visant en particulier les Juifs et entraînant la mise à mort à grande échelle pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Solution finale : La Solution finale désigne le plan nazi d’élimination systématique des Juifs et des Tsiganes, mis en place à partir de 1942 puis accéléré à partir de 1943.
  • Einsatzgruppen : Les Einsatzgruppen sont des commandos de police mobile créés en 1941 pour fusiller les Juifs à proximité du front, notamment en direction de l’Est.
  • Porajmos : Le Porajmos est le nom donné par les Tsiganes au génocide dont ils ont été victimes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Points essentiels

  • En 1935, les lois de Nuremberg puis, en 1938, la Nuit de Cristal installent une persécution systématique des Juifs et des Tsiganes en Allemagne et dans les territoires sous contrôle allemand.
  • À partir de 1940, les Juifs sont enfermés dans des ghettos comme celui de Varsovie, puis en 1941 des Einsatzgruppen organisent des fusillades : la Shoah par balle fait 1,3 million de victimes.
  • En 1942, la Solution finale met en place des camps d’extermination, surtout en Pologne, avec une accélération en 1943.
  • Entre 1939 et 1945, plus de 5 millions de Juifs sont tués et entre 300 000 et 500 000 Tsiganes sont assassinés en raison de leur naissance.
  • Les Tsiganes subissent aussi des violences extrêmes comme des expériences médicales et des stérilisations, notamment conduites sous la responsabilité de Dr Mengele.

Astuce mémo

1935-38 persécuter → 1940 ghetto → 1941 balle → 1942 extermination (Solution finale) : 1,3M + >5M + 300k-500k.

7. Le complexe d’Auschwitz-Birkenau

Notions clés & Définitions

  • Auschwitz I : Camp de concentration créé en 1940 sur le site d’Auschwitz pour emprisonner d’abord des opposants politiques puis des résistants et certains Juifs aptes au travail.
  • Auschwitz II Birkenau : Deuxième camp du complexe, complété en 1941, d’abord destiné aux prisonniers de guerre soviétiques puis transformé en centre de mise à mort après l’adoption de la Solution Finale en 1942.
  • Auschwitz III Monowitz : Camp de travail ouvert en 1942 pour une entreprise liée à la production allemande, intégré au complexe d’Auschwitz.
  • Hypermnésie : Notion utilisée pour décrire l’augmentation de la mise en avant et de la représentation des victimes après un mouvement de réveil mémoriel.
  • Grand Silence : Période d’oubli relatif où les institutions juives se désintéressent du site d’Auschwitz dans son ensemble, contribuant à une forme d’amnésie après-guerre.

Points essentiels

  • Auschwitz est une ville située en Silésie, à une cinquantaine de kilomètres de Cracovie, et Auschwitz I est créé en 1940 comme camp de concentration.
  • En 1941, Auschwitz II/Birkenau s’ajoute d’abord pour les prisonniers de guerre soviétiques, puis le site devient un centre de mise à mort à partir de 1942.
  • En 1942, le complexe comprend aussi Auschwitz III/Monowitz, un camp de travail lié à une société allemande.
  • Après 1945, Auschwitz est transformé en musée en 1947 par le parlement polonais, puis la mobilisation juive pour Birkenau s’intensifie à partir de la fin des années 1980 avec l’installation de carmélites, avant leur départ en 1993.
  • En 2018, 2,1 millions de touristes visitent Auschwitz, et la fréquentation déclenche des débats sur le respect du site et sur les restaurations pouvant le dénaturer.

Astuce mémo

1-2-3 pour le complexe : 1940 Auschwitz I (concentration), 1941 Auschwitz II (POWs), 1942 Auschwitz II (mise à mort) + Auschwitz III (travail).

8. La mémoire d’Auschwitz depuis 1947

Notions clés & Définitions

  • Musée du martyre polonais : Le musée créé en 1947 à Auschwitz présente surtout la souffrance des résistants polonais et met moins en avant le meurtre des Juifs.
  • Carmélites sur le site : L’installation de religieuses carmélites à la fin des années 1980 dans un bâtiment proche du musée déclenche une mobilisation et des tensions avec la communauté juive.
  • Mise en valeur des destins individuels : La mémorialisation évolue à partir de 1993 vers une muséographie qui insiste sur des objets et éléments personnels laissés par les victimes juives.

Points essentiels

  • Dès 1947, le parlement polonais transforme Auschwitz en musée en occultant le caractère du lieu comme camp d’extermination des Juifs, au profit d’une mémoire centrée sur les résistants polonais.
  • À la fin des années 1980, l’autorisation d’installer des carmélites près du musée provoque une opposition de la communauté juive, jugée inconvenante sur un site majeur pour le judaïsme.
  • En 1993, les carmélites quittent le site et la démocratisation de la Pologne entraîne une réorientation muséographique vers les destins individuels des Juifs morts à Auschwitz.
  • La suppression des traces de 1942 à 1944 peut avoir nourri le négationnisme, ce que contrent aujourd’hui des fouilles et l’archéologie qui redécouvrent des fondations et des charniers.
  • En 2018, 2,1 millions de touristes visitent Auschwitz-Birkenau, ce qui alimente des débats sur le respect des victimes et sur la dégradation du site liée aux restaurations.
  • Le tourisme peut conduire à un site perçu comme « décor de carton-pâte », selon le témoignage de Ginette Kolinka, et certains visiteurs adoptent des pratiques jugées irrespectueuses comme des selfies sur les rails.

Astuce mémo

47 = musée des résistants, 80 = carmélites et controverse, 93 = Shoah recentrée sur les destins individuels, puis tourisme = respect et dégradation.

9. Tourisme et débats mémoriels

Notions clés & Définitions

  • Tourisme d’Auschwitz-Birkenau : Le tourisme d’Auschwitz-Birkenau désigne la visite de masse d’un site de mise à mort, qui pose des enjeux de respect et de conservation.
  • Respect des victimes : Le respect des victimes regroupe les comportements attendus des visiteurs sur le site, car les gestes déplacés heurtent la mémoire des personnes assassinées.
  • Hypermnésie muséographique : L’hypermnésie muséographique correspond à une mise en récit qui individualise les destinées des victimes à partir des objets retrouvés, après des changements de muséographie.
  • Mémoriaux hors site : Les mémoriaux hors site sont des lieux dédiés à la mémoire et aux archives du génocide, construits ailleurs que dans les camps.

Points essentiels

  • En 2018, 2,1 millions de touristes ont visité Auschwitz, surtout originaires d’Europe (dont la Pologne et le Royaume-Uni), ainsi que des États-Unis et d’Israël.
  • La fréquentation alimente des critiques sur le comportement des touristes, par exemple lorsqu’ils montent sur les rails, font des selfies devant l’entrée ou utilisent des filtres pour embellir les photos.
  • La visite de masse entraîne aussi des débats sur la dégradation du site, car des restaurations régulières peuvent en modifier l’apparence au risque de le dénaturer.
  • Le mémorial Yad Vashem (1953) à Jérusalem abrite la Salle des Noms avec 600 photographies et 2 millions de feuilles de témoignages.
  • Le mémorial de la Shoah (Paris, 2005) comporte le Mur des Noms avec 75 568 noms de Juifs déportés de France, dont 11 400 enfants.
  • En 2018, 2 619 élèves se sont rendus au mémorial de la Shoah pour des activités pédagogiques adaptées à la transmission de la mémoire.

Astuce mémo

Sur les rails, pas de selfie : sur Auschwitz, on se place du côté du souvenir, pas du côté de l’image.

10. Adolf Eichmann et la Solution finale

Notions clés & Définitions

  • Office central allemand : Structure créée après les limites des procès d’après-guerre pour organiser la poursuite judiciaire des responsables nazis, notamment avec un procès à Francfort.
  • Mossad : Services secrets israéliens impliqués dans la capture d’Adolf Eichmann en Argentine et dans son transfert vers Israël pour jugement.
  • Procès Eichmann : Procès tenu à Jérusalem en 1961-1962 qui juge Eichmann pour crimes graves liés au génocide, avec une médiatisation et des témoins venus des survivants.
  • Imprescriptibilité des crimes : Principe selon lequel certains crimes (notamment contre l’humanité et le génocide) peuvent être poursuivis même après un long délai depuis les faits.

Points essentiels

  • En 1958, le procès d’Ulm contre 10 Einsatzgruppen condamne pour crimes contre les Juifs sans qualifier le génocide, ce qui conduit à la création d’un office central et au procès de Francfort en 1963 contre des responsables d’Auschwitz.
  • Dans le procès de Sobibor, sur 12 accusés, 6 sont acquittés, notamment à cause d’une justice dominée par des juges anciens nazis amnistiés et d’une opinion publique hostile à de nouvelles condamnations.
  • À la fin des années 1950, Fritz Bauer informe le Mossad plutôt que la justice allemande quand il apprend qu’Eichmann a été retrouvé en Argentine.
  • Le Mossad enlève Eichmann en pleine rue à Buenos Aires en mai 1960 puis le fait transférer en Israël, et son procès se déroule à Jérusalem en 1961-1962 pour crime contre le peuple juif, crime contre l’humanité et crime de guerre.
  • Le procès d’Eichmann est présenté comme un tournant de la mémoire (111 témoins appelés, médiatisation mondiale) et il fait émerger l’idée que des criminels de génocide puissent être jugés à l’étranger.
  • Le débat sur l’imprescriptibilité progresse jusqu’à l’adoption en 1968, et en 2012 on comptait encore 3 000 fugitifs nazis échappant aux poursuites.

Astuce mémo

Eichmann : Bauer alerte 1950s → Mossad capture mai 1960 → procès à Jérusalem 1961-1962 → médiatisation mondiale et débat sur l’imprescriptibilité (1968).

Repères chronologiques

DateÉvénement
mai 1993Création du TPIY à La Haye (siège à partir de mai 1993)
1965Crimes contre l’humanité déclarés imprescriptibles et préoccupation internationale (ONU)
années 1990Statut de Rome : définition actuelle du crime contre l’humanité, élargie (torture, viol, apartheid)
2000Réinstauration des tribunaux Gacaca (justice locale)
mai 1960Enlèvement d’Adolf Eichmann à Buenos Aires par le Mossad
1961-1962Procès Eichmann à Jérusalem
1968Adoption de l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité et de génocide
1947Transformation d’Auschwitz en musée par le parlement polonais
1993Fin de l’installation des carmélites sur le site et réorientation de la muséographie
20182,1 M de touristes visitent Auschwitz (fréquentation et débats)

Tableaux de synthèse

Crime contre l’humanité vs génocide

ElémentsCrime contre l’humanitéGénocide
Actes/CiblesAtteintes aux droits fondamentaux : actes (assassinat, réduction en esclavage, déportation, persécution) et cibles : groupes de populations civiles, à…Même cadre (catégorie extrême de crime de masse et de crime contre l’humanité), avec des critères propres
ObjectifObjectif d’anéantissement (destruction totale ou partielle)
MotifsMotifs variés (ethniques et « raciaux », religieux, politiques)Motifs nationaux, raciaux, religieux ou ethniques ; on prend en compte la nature des victimes (leur naissance)
Cas où le terme ne s’applique pasOn ne parle pas juridiquement de génocide si l’anéantissement a des raisons politiques ou économiques (dans ce cas, crime contre l’humanité)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre crime contre l’humanité et génocide : l’un suffit à l’atteinte massive, l’autre exige un objectif d’anéantissement d’un groupe pour des motifs liés à la naissance (et pas des motifs politiques/économiques).
  2. Croire que Nuremberg juge la notion de génocide : selon le cours, le concept de « génocide » n’est finalement pas retenu par le tribunal de Nuremberg.
  3. Penser que la CPI est universelle : le cours insiste sur le fait qu’elle n’est pas universelle car tous les États ne sont pas signataires/ratificateurs.
  4. Mélanger justice internationale et tribunaux exceptionnels : la justice pénale internationale naît à la fin de la 2GM (Nuremberg/Tokyo), puis se renforce avec des tribunaux comme le TPIY et aboutit à la CPI.
  5. Atteindre le seul “retard” du TPIY : le cours explique aussi la lenteur (pièces, témoins) et surtout des blocages/délais de livraisons liés aux protections jusqu’à 2000.
  6. Croire que l’installation des carmélites est un simple détail : le cours montre que la fin des carmélites (1993) coïncide avec une réorientation de la muséographie vers des destins individuels juifs.

Checklist Examen

  1. Identifier pourquoi la justice a dû créer de nouveaux types de crimes (inadaptation initiale à la logique d’individualisation face à des violences de masse).
  2. Définir et distinguer crime de masse / crime contre l’humanité / génocide, en utilisant les critères attendus (actes, cibles, organisation, objectif d’anéantissement, motifs).
  3. Expliquer l’évolution juridique du crime contre l’humanité : 1965 (imprescriptibilité et préoccupation internationale) puis les années 1990 (Statut de Rome et ajouts : torture, viol, apartheid).
  4. Relier la création de la justice pénale internationale à la fin de la 2GM et citer les premiers tribunaux : Nuremberg (1945-1946) et Tokyo (1946-1948).
  5. Raconter la genèse du TPIY : contexte de la Bosnie, résolution 827, et localisation/prise de siège à La Haye à partir de mai 1993.
  6. Donner la mission du TPIY (juger les crimes) et relever une limite d’efficacité illustrée par Srebrenica (1995, création en 1993, procès ouvert ensuite).
  7. Compléter l’analyse du TPIY à partir du cours : types de crimes jugés, nombre d’accusés et de condamnations, et durée (1996-2017) expliquée par lenteur + livraisons conditionnées à l’UE (jusqu’en 2000 puis après).
  8. Expliquer pourquoi la justice fait appel à des experts et donner au moins deux catégories d’experts (ex. historiens/historiens de contexte, médecins légistes/archéologues/anthropologues, psychiatres).
  9. Décrire la justice transitionnelle en lien avec la France 1944-1945 (épuration spontanée puis épuration légale sur ordre de de Gaulle, près de 130 000 procès et environ 100 000 condamnations).
  10. Exposer la logique des Gacaca au Rwanda : pourquoi elles sont créées à l’échelle locale à partir de 2000 (éviter revanche et amnisties, répondre au blocage des poursuites nationales).
  11. Situer l’enchaînement mémoriel et judiciaire autour de la Shoah : Nuremberg (pas de génocide retenu), puis Eichmann (mai 1960, procès 1961-1962, 111 témoins, débat sur l’imprescriptibilité jusqu’à 1968).
  12. Conclure par les débats mémoriels liés aux lieux de mémoire : évolution de la muséographie d’Auschwitz (1947 puis 1993) et problèmes posés par le tourisme (2018, comportements et dégradation).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Justice, Crimes et Mémoire du XXe siècle avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est le rôle principal de la justice pénale face aux violences de masse au XXe siècle ?

2. Qu'est-ce que la justice pénale au sens large dans le contexte historique du XXe siècle?

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Justice pénale — rôle ?

Punir infractions et pacifier la société

Justice pénale

Punir infractions pour pacifier la société.

Crimes contre l’humanité — définition ?

Atteintes graves aux droits fondamentaux, ciblant civils

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