QCM : Le faux, le pouvoir et l’information (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans l’Iliade et l’Odyssée, comment la ruse est-elle principalement considérée lorsqu’elle sert l’action militaire ou politique ?

Comme une vertu pouvant compléter la force physique
Comme une technique dépourvue de portée politique
Comme une faiblesse réservée aux personnages secondaires
Comme une faute morale condamnée dans chaque situation

Comme une vertu pouvant compléter la force physique

Explication

La ruse peut être valorisée comme une vertu militaire et politique, au même titre que la force physique. L’idée qu’elle serait condamnée dans chaque situation confond la ruse héroïque avec une tromperie réprouvée.

2. Pourquoi le cheval de Troie est-il présenté comme un exemple de faux lié au pouvoir ?

Parce qu’il montre une négociation diplomatique fondée sur la transparence
Parce qu’il représente une invention technique sans fonction guerrière
Parce qu’il transforme une tromperie en stratégie militaire célébrée
Parce qu’il illustre une fraude économique sévèrement sanctionnée

Parce qu’il transforme une tromperie en stratégie militaire célébrée

Explication

Le cheval de Troie est une tromperie stratégique valorisée pour son efficacité militaire. L’assimiler à une fraude condamnée néglige le contexte guerrier qui lui donne sa valeur héroïque.

3. Quels moyens Auguste a-t-il combinés pour construire l’image de son régime ?

Les procès, les recensements, les lois et les tribunaux
L’architecture, la sculpture, la poésie et les monnaies
Les temples, les armées, les ports et les récoltes
Les récits populaires, les jeux, les banquets et les vêtements

L’architecture, la sculpture, la poésie et les monnaies

Explication

Auguste a mobilisé plusieurs formes artistiques et symboliques, notamment l’architecture, la sculpture, la poésie et les monnaies, avec Virgile et Horace. La réponse centrée sur les institutions judiciaires décrit des instruments administratifs plutôt que cette construction visuelle et culturelle du régime.

4. Quelle caractéristique distingue la propagande moderne des formes antiques de légitimation du pouvoir étudiées ici ?

Elle recourt à la manipulation émotionnelle par l’image
Elle diffuse l’autorité politique grâce aux monnaies frappées
Elle repose sur des récits héroïques transmis par la poésie
Elle valorise la ruse individuelle dans les récits guerriers

Elle recourt à la manipulation émotionnelle par l’image

Explication

La propagande moderne exploite notamment la puissance émotionnelle des images, comme dans les œuvres de Riefenstahl et d’Eisenstein. Les autres réponses renvoient à des procédés associés aux récits antiques ou à la communication politique d’Auguste.

5. Que désigne l’effet de vérité illusoire ?

Le fait qu’une affirmation répétée paraisse vraie grâce à sa familiarité
Le fait qu’une affirmation prouvée devienne vraie après une discussion
Le fait qu’une information complexe soit rejetée faute de preuve directe
Le fait qu’un souvenir ancien soit jugé faux parce qu’il est difficile à retrouver

Le fait qu’une affirmation répétée paraisse vraie grâce à sa familiarité

Explication

La répétition crée une familiarité que l’esprit peut interpréter comme un indice de vérité, même lorsque l’affirmation est fausse. Ce phénomène ne constitue donc pas une preuve de vérité, contrairement à la deuxième proposition.

6. Comment fonctionne l’heuristique de disponibilité lorsqu’une personne estime la probabilité d’un événement ?

Elle s’appuie sur la facilité avec laquelle l’événement peut être imaginé
Elle compare la fréquence réelle de l’événement avec celle d’événements voisins
Elle évalue la fiabilité d’une affirmation selon l’autorité de son émetteur
Elle calcule la probabilité à partir d’une série de données statistiques

Elle s’appuie sur la facilité avec laquelle l’événement peut être imaginé

Explication

L’heuristique de disponibilité conduit à juger un événement selon la facilité avec laquelle on peut se le représenter mentalement. Elle ne correspond pas à une évaluation statistique fondée sur des fréquences mesurées.

7. Dans quelle situation une personne éprouve-t-elle une dissonance cognitive ?

Lorsqu’une information confirme une opinion déjà solidement établie
Lorsqu’un souvenir agréable revient facilement à la mémoire
Lorsqu’une information contredit une croyance à laquelle elle tient
Lorsqu’une décision complexe exige plusieurs informations compatibles

Lorsqu’une information contredit une croyance à laquelle elle tient

Explication

La dissonance cognitive est le malaise provoqué par un conflit entre une information et une croyance forte. Une information qui confirme cette croyance ne crée pas le conflit psychologique caractéristique de la dissonance.

8. Face à une information qui contredit une croyance forte, quelle réaction réduit le plus souvent la dissonance cognitive ?

Suspendre son jugement jusqu’à obtenir plusieurs avis extérieurs
Rejeter l’information contradictoire plutôt que modifier sa croyance
Modifier sa croyance après une analyse complète des faits
Adopter simultanément la croyance initiale et l’information nouvelle

Rejeter l’information contradictoire plutôt que modifier sa croyance

Explication

Pour diminuer son malaise, une personne peut changer de croyance ou écarter l’information, mais elle choisit le plus souvent cette seconde réaction. Modifier sa croyance est possible, sans constituer la réponse la plus fréquente décrite ici.

9. D’où vient principalement le plaisir esthétique du trompe-l’œil ?

De la dissimulation d’une tromperie que le spectateur ne peut identifier
De l’écart visible entre une représentation volontairement fausse et son modèle
De la reproduction fidèle d’un objet sans effet de surprise visuelle
De la découverte d’une illusion qui semblait se confondre avec le réel

De la découverte d’une illusion qui semblait se confondre avec le réel

Explication

Le trompe-l’œil produit une illusion assez parfaite pour être prise momentanément pour le réel, puis le plaisir naît de la découverte du faux. Une tromperie qui resterait dissimulée ne procurerait pas ce même effet de révélation.

10. Quelle apparence la galerie en trompe-l’œil de Borromini au Palazzo Spada donne-t-elle au visiteur ?

Une galerie réelle de 37 mètres agrandie par un décor peint
Une galerie longue de 37 mètres alors qu’elle en mesure 9
Une galerie circulaire de 37 mètres dans un espace de 9 mètres
Une galerie longue de 9 mètres alors qu’elle en mesure 37

Une galerie longue de 37 mètres alors qu’elle en mesure 9

Explication

La galerie de Borromini semble mesurer 37 mètres, mais sa longueur réelle est de 9 mètres. Elle ne constitue donc pas un espace réellement long de 37 mètres, mais une illusion architecturale.

11. Quelle différence oppose le pastiche à la parodie ?

Le pastiche transforme une œuvre en objet industriel, tandis que la parodie la rend photoréaliste
Le pastiche critique un style, tandis que la parodie cherche à le reproduire avec respect
Le pastiche rend hommage ou analyse un style, tandis que la parodie le critique ou le tourne en dérision
Le pastiche dissimule une illusion, tandis que la parodie révèle une construction architecturale

Le pastiche rend hommage ou analyse un style, tandis que la parodie le critique ou le tourne en dérision

Explication

Le pastiche reprend un style pour lui rendre hommage ou en examiner les mécanismes, alors que la parodie l’imite dans une intention critique ou comique. Les autres réponses inversent cette distinction ou décrivent des procédés sans rapport.

12. Quelle démarche Marcel Duchamp a-t-il engagée en 1917 avec un objet présenté comme une œuvre d’art ?

Il a cherché à reproduire fidèlement une peinture ancienne avec des matériaux nobles
Il a voulu distinguer une œuvre originale d’une copie réalisée industriellement
Il a transformé une illusion architecturale en sculpture destinée à tromper le regard
Il a interrogé les critères qui permettent de définir une chose comme de l’art

Il a interrogé les critères qui permettent de définir une chose comme de l’art

Explication

En présentant un objet comme une œuvre, Duchamp a questionné ce qui fonde le statut artistique d’une chose. Cette démarche relève de la réflexion sur la définition de l’art, et non de la reproduction ou du trompe-l’œil.

13. Qu’est-ce qui caractérise principalement un mensonge social ?

Une stratégie de propagande destinée à imposer une vision politique au public
Une dissimulation juridique visant à éviter systématiquement une sanction officielle
Une petite tromperie ordinaire qui préserve l’harmonie au prix d’un écart limité à la vérité
Une falsification commerciale conçue pour obtenir un avantage financier important

Une petite tromperie ordinaire qui préserve l’harmonie au prix d’un écart limité à la vérité

Explication

Le mensonge social est une tromperie ordinaire qui protège les relations collectives en acceptant un écart limité par rapport à la vérité stricte. La propagande manipulatrice poursuit une influence organisée sur l’opinion et ne correspond donc pas à cette fonction relationnelle.

14. Face à une vérité complète susceptible de blesser quelqu’un, quel arbitrage un mensonge social peut-il impliquer ?

Privilégier la bienveillance, l’harmonie ou le respect plutôt qu’une vérité entièrement exposée
Éviter toute réponse afin de ne prendre position ni pour la vérité ni pour la bienveillance
Choisir la vérité complète parce qu’elle prime sur toute considération relationnelle
Remplacer une relation personnelle par une communication fondée sur des règles administratives

Privilégier la bienveillance, l’harmonie ou le respect plutôt qu’une vérité entièrement exposée

Explication

Les mensonges sociaux obligent à mettre en balance la vérité complète avec la bienveillance, l’harmonie et le respect. L’idée centrale n’est donc pas que la vérité complète soit systématiquement privilégiée dans ce type de situation.

15. Que désigne l’expression « masque social » ?

La propagation d’un récit trompeur destiné à modifier les croyances d’une population
La dissimulation permanente d’une identité afin d’échapper à toute interaction sociale
La conformité d’un comportement personnel à des règles professionnelles identiques dans chaque contexte
L’adaptation des rôles, de la façade et du discours selon le contexte et le public

L’adaptation des rôles, de la façade et du discours selon le contexte et le public

Explication

Le masque social correspond à l’ajustement de la présentation de soi selon la situation et les personnes présentes. Il ne désigne pas une dissimulation permanente ni une campagne de manipulation de l’opinion.

16. Quel sociologue a théorisé dans les années 1950 l’idée que les interactions sociales sont une mise en scène ?

Erving Goffman
Pierre Bourdieu
Émile Durkheim
Gérald Bronner

Erving Goffman

Explication

Erving Goffman a développé dans les années 1950 l’analyse des interactions sociales comme une forme de représentation. Gérald Bronner est associé ici à l’analyse de la délégation du savoir, tandis que les deux autres auteurs ne correspondent pas à cette attribution.

17. Quelle caractéristique distingue le modèle des médias traditionnels ?

Une transmission privée entre proches qui privilégie la rapidité sur l’examen des informations
Une production automatisée de contenus où les algorithmes contrôlent la validité des faits
Une circulation horizontale où chaque utilisateur peut publier sans cadre déontologique journalistique
Une diffusion descendante assurée par des professionnels soumis à la vérification des sources et des faits

Une diffusion descendante assurée par des professionnels soumis à la vérification des sources et des faits

Explication

Les médias traditionnels reposent sur une production et une diffusion professionnelles, accompagnées notamment d’un contrôle des sources et des faits. La diffusion horizontale sans exigence journalistique correspond davantage au fonctionnement des réseaux sociaux.

18. Pourquoi les réseaux sociaux sont-ils associés à un modèle horizontal de circulation de l’information ?

Parce que les utilisateurs y reçoivent des informations vérifiées selon les règles de la presse
Parce que chacun peut y diffuser ou relayer une information sans être nécessairement soumis à l’éthique journalistique
Parce que les contenus y sont diffusés par une institution centrale qui sélectionne les sources
Parce que des professionnels y contrôlent chaque publication avant sa transmission au public

Parce que chacun peut y diffuser ou relayer une information sans être nécessairement soumis à l’éthique journalistique

Explication

Le modèle horizontal permet à chaque utilisateur de transmettre ou de relayer un contenu, sans être nécessairement soumis aux normes de l’éthique journalistique. Le contrôle professionnel préalable caractérise plutôt le modèle descendant des médias traditionnels.

19. Comment peut-on définir une infox ?

Une manipulation délibérée de l’opinion par la diffusion d’une information erronée
Une information spécialisée rendue accessible au public par un vocabulaire simplifié
Une erreur involontaire publiée après une vérification journalistique incomplète
Une opinion personnelle exprimée sur un réseau social sans intention d’influencer autrui

Une manipulation délibérée de l’opinion par la diffusion d’une information erronée

Explication

Une infox est une manœuvre intentionnelle qui cherche à manipuler l’opinion au moyen d’une information erronée. Une simple erreur involontaire ne comporte pas cette intention de manipulation et ne relève donc pas de la même définition.

20. Quelle place le Global Risks Report 2024 accorde-t-il à la désinformation produite par l’intelligence artificielle ?

Il l’exclut de son analyse parce qu’elle relève uniquement de la technologie
Il la considère comme un phénomène secondaire sans lien avec les risques majeurs
Il l’inclut parmi les premiers dangers identifiés pour l’humanité
Il la présente comme une solution permettant de réduire les crises informationnelles

Il l’inclut parmi les premiers dangers identifiés pour l’humanité

Explication

Le rapport du Forum économique mondial classe la désinformation, y compris celle produite par l’intelligence artificielle, parmi les dangers majeurs pour l’humanité. Elle n’est donc pas exclue de l’analyse des risques et n’est pas présentée comme un remède aux crises informationnelles.

21. À quels phénomènes collectifs la désinformation est-elle étroitement liée ?

À la diminution des conflits et au rapprochement des positions politiques
Aux troubles sociétaux et à la polarisation des débats
À la neutralisation des controverses et à l’unification des opinions
À l’amélioration de la confiance publique et à la stabilité des institutions

Aux troubles sociétaux et à la polarisation des débats

Explication

La désinformation entretient des liens étroits avec les troubles sociétaux et la polarisation des débats. Elle ne produit donc pas, par définition, une diminution des conflits ni une convergence générale des opinions.

22. Quelle proportion de l’information accessible aujourd’hui aurait été produite au cours des deux dernières années ?

Environ 50 %
Environ 90 %
Environ 10 %
Environ 25 %

Environ 90 %

Explication

L’estimation donnée est de 90 % de l’information accessible produite durant les deux dernières années. Les autres proportions sous-estiment fortement le renouvellement récent du volume informationnel.

23. Selon Gérald Bronner, pourquoi l’accumulation collective des connaissances peut-elle réduire le savoir individuel ?

Parce que l’expertise individuelle disparaît lorsque les institutions remplacent toute réflexion personnelle
Parce que les sociétés modernes transmettent moins d’informations et limitent ainsi la formation personnelle
Parce que personne ne peut tout maîtriser et que chacun doit croire certaines personnes par délégation
Parce que l’abondance des connaissances rend les individus capables de vérifier directement chaque affirmation

Parce que personne ne peut tout maîtriser et que chacun doit croire certaines personnes par délégation

Explication

Pour Gérald Bronner, l’accumulation des connaissances dépasse les capacités de chaque personne, qui doit donc s’en remettre à des savoirs détenus par autrui. L’abondance collective ne permet pas à chacun de vérifier directement toutes les affirmations.

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Comment la ruse est-elle présentée dans l’Iliade et l’Odyssée ?

Comme une vertu militaire et politique autant que la force physique.

Quelle est la réputation du cheval de Troie dans la stratégie ?

Une tromperie stratégique célébrée plutôt que condamnée.

Quels moyens Auguste a-t-il utilisés pour construire l’image de son régime ?

L’architecture, la sculpture, la poésie et les monnaies.

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