Regard actif : Le regard n’est pas simplement passif ou biologique, mais constitue une action qui influence et construit le monde social. Il participe à la description, à l’interprétation et à la hiérarchisation des espaces et des êtres, façonnant ainsi nos structures sociales.
Construction sociale du regard : Le regard est façonné par les espaces architecturaux et sociaux, souvent conçus pour un regard masculin dominant. Ces espaces orientent et encadrent la manière dont le regard est exercé, renforçant des rapports de pouvoir.
Hiérarchisation par le regard : Le regard participe à établir des hiérarchies sociales et spatiales, en valorisant certains corps ou espaces au détriment d’autres, selon des normes de pouvoir et de domination.
God trick (Haraway) : La vision prétendument neutre et objective, souvent attribuée à une position divine ou omnisciente, est en réalité située, partiale et genrée. Elle masque la subjectivité et la position de pouvoir du regardeur.
Absorbement (Michael Fried) : Dans l’art, cette notion désigne la capacité du spectateur à se plonger totalement dans l’œuvre, en oubliant sa propre présence, ce qui favorise une expérience immersive et contemplative.
Le regard n’est pas simplement une observation passive, mais une action performative qui participe à la construction des structures sociales. Il influence la perception et la hiérarchisation des espaces et des corps, notamment dans les espaces architecturaux conçus pour un regard masculin dominant. Le God trick désigne cette prétendue neutralité de la vision, qui en réalité est située et genrée, renforçant des rapports de pouvoir. Enfin, l’absorbement dans l’art permet au spectateur de s’immerger totalement dans l’œuvre, oubliant sa propre présence pour mieux s’y identifier ou se laisser influencer.
Le regard est une action performative qui façonne notre perception sociale et spatiale, dépassant la simple observation pour devenir un acte structurant et hiérarchisant.
Architecture impériale
AUTEUR inconnu (source) : architecture utilisée pour incarner et afficher le pouvoir politique et impérial, souvent par la grandeur, la symbolique et la mise en scène du lieu.
Perspective linéaire
AUTEUR inconnu (source) : technique architecturale qui oriente le regard du spectateur en créant une profondeur visuelle, renforçant ainsi la hiérarchie et la domination dans l’espace.
Symbolisme architectural
AUTEUR inconnu (source) : utilisation de formes, de motifs ou de structures pour représenter ou évoquer des idées, des valeurs ou la puissance, notamment dans le contexte de l’architecture impériale.
Pouvoir visible
AUTEUR inconnu (source) : manifestation concrète du pouvoir à travers l’architecture, accessible à la vue, qui sert à impressionner et à affirmer la domination.
Palais du Rhin
AUTEUR inconnu (source) : exemple d’architecture symbolisant la puissance allemande, illustrant la rivalité avec le palais U par la mise en scène architecturale.
L’architecture est un outil pour incarner et afficher le pouvoir politique et impérial. Elle sert à structurer la perception du pouvoir par des moyens visuels et symboliques. Le palais du Rhin, par son architecture, symbolise la puissance allemande face au palais U, illustrant ainsi la rivalité entre ces deux entités par leur architecture respective. La perspective linéaire joue un rôle clé en orientant le regard du spectateur pour renforcer la hiérarchie et la domination. En façonnant le regard, l’architecture influence également la perception du citoyen, notamment masculin, en le plaçant dans un espace urbain qui le valorise comme citoyen privilégié, participant ainsi à la mise en scène du pouvoir et de la domination sociale.
L’architecture est un outil de mise en scène du pouvoir qui structure le regard et la domination sociale, en utilisant la perspective et le symbolisme pour renforcer la hiérarchie et l’affirmation du pouvoir visible dans l’espace.
Événement photographique : La photographie peut documenter ou dénoncer des violences systémiques, mais l’absence d’images est aussi significative. La simple présence d’un appareil lors d’un événement agit sur l’environnement, en modifiant la dynamique et la perception de la scène.
Images manquantes : L’absence d’images dans certains contextes peut révéler une volonté de dissimulation ou de censure, ou encore souligner l’indicible de la violence, renforçant ainsi sa portée symbolique.
Violences systémiques : Violences exercées par des structures ou institutions qui oppriment ou marginalisent, souvent invisibles ou non représentées dans l’image. La photographie peut servir à révéler ces violences ou, au contraire, à les masquer.
Voyeurisme photographique : La tendance à observer ou à capturer la souffrance ou la violence de façon intrusive, souvent avec une volonté de posséder ou de contrôler l’autre par l’image. Ce regard peut devenir prédatoire et violent.
Sublimation de l'arme à feu : La photographie peut transformer la représentation de l’arme à feu en un symbole ou une image qui sublime la violence qu’elle incarne, en lui conférant une dimension esthétique ou mythique, détachée de sa fonction létale.
La photographie a la capacité de mettre en lumière ou de dénoncer des violences systémiques, mais l’absence d’images dans certains cas est tout aussi significative, pouvant souligner la censure ou l’indicible. La présence d’un appareil lors d’un événement photographique n’est pas neutre : elle influence et modifie l’environnement, soulignant que la simple action de prendre une photo peut devenir un acte à la fois politique et éthique.
La prise de vue peut rapidement devenir un acte prédatoire, notamment dans des contextes de violence ou de guerre. En capturant la scène, le photographe peut subliminer la violence par le regard, en transformant une réalité brutale en une image esthétique ou symbolique. Ce processus peut aussi révéler un voyeurisme photographique, où l’observateur ou le photographe cherche à posséder ou à exhiber la souffrance de l’autre, révélant une volonté de domination ou de contrôle par l’image.
La photographie, en tant qu’acte politique et éthique, peut à la fois révéler ou masquer la violence. Elle transforme le regard en arme ou en témoignage, selon l’intention et le contexte, soulignant ainsi la complexité du rapport entre image, pouvoir et vérité.
Performance test (Acconci) : La performance test, selon Acconci, consiste à mettre en scène une interaction où le regard et la présence de l’artiste provoquent une dynamique de pouvoir, notamment par la mise en scène de la domination ou de la soumission dans l’espace public ou artistique.
Dépendance réciproque : Relation où le pouvoir exercé par une partie dépend de la réaction ou de la reconnaissance de l’autre, créant une interdépendance où chaque acteur influence et est influencé par l’autre.
Relation de pouvoir par le regard : Mécanisme où le regard devient un outil de domination ou de reconnaissance, établissant une relation où celui qui regarde peut exercer une influence ou une pression sur l’autre, tout en étant lui-même soumis à ce regard.
Arroseur arrosé (Douillard) : Concept selon Douillard illustrant une situation où celui qui exerce une perturbation ou une domination se retrouve lui-même victime ou acteur d’une perturbation, remettant en question la hiérarchie initiale.
Perturbation urbaine : Intervention artistique ou performative qui modifie la circulation ou la visibilité dans l’espace public, questionnant la perception et la relation des usagers à cet espace.
La performance d’Acconci met en scène la domination par le regard entre l’artiste et le spectateur, illustrant la dynamique de pouvoir où le regard peut à la fois exercer une influence et être soumis à celle-ci. La relation de regard crée une interdépendance où le pouvoir n’est pas unilatéral, mais réciproque, chaque partie étant à la fois acteur et sujet. L'œuvre de Douillard, en transformant les spectateurs en acteurs, perturbe la circulation urbaine et remet en question la visibilité dans l’espace public, soulignant la capacité de l’art à modifier la perception et la dynamique sociale. Enfin, le regard performatif peut servir d’outil de reconnaissance et d’individuation, permettant à chaque individu de s’affirmer ou de se faire reconnaître dans un espace social ou public.
Le regard en performance est un champ de pouvoir dynamique où domination et reconnaissance s’entrelacent, révélant la complexité des interactions sociales dans l’espace public.
Actes de langage (Austin) : Selon John Langshaw Austin (1997), les actes de langage désignent la capacité d’un énoncé à faire advenir une réalité lorsqu’il est prononcé dans un contexte approprié. Par exemple, une déclaration lors d’un mariage, comme « Je vous déclare mari et femme », ne se limite pas à décrire une situation, mais la crée effectivement. La performativité verbale repose donc sur cette capacité à réaliser une action par le simple fait de parler.
Performativité verbale : Concept issu de la théorie des actes de langage, la performativité désigne l’action par laquelle un énoncé ou un regard fait advenir une réalité. Elle implique que certains mots ou gestes ne se contentent pas de représenter, mais produisent concrètement un changement ou une situation dans le réel.
Métapiction : La métapiction désigne l’idée que l’image porte en elle-même une signification sur sa nature et son acte de regard. Elle révèle que l’image n’est pas seulement un support de représentation, mais qu’elle possède une dimension réflexive, une capacité à commenter sa propre nature ou son processus de création.
Théâtralité vs anti-théâtralité : La tension entre ces deux notions interroge l’implication physique du spectateur dans l’œuvre. La théâtralité suppose une mise en scène visible, une participation ou une mise en scène qui engage le corps et le regard du spectateur. L’anti-théâtralité, au contraire, cherche à minimiser cette implication, favorisant une réception plus passive ou discrète, où l’œuvre ne cherche pas à faire intervenir directement le spectateur.
Personnification de l'œuvre : La personnification consiste à attribuer à l’œuvre une identité ou une voix propre, créant un dialogue entre le spectateur et l’objet artistique. Cela permet de faire exister l’œuvre comme un acteur à part entière, capable d’interagir ou de réagir dans le processus de perception.
La performativité désigne l’action par laquelle un énoncé ou un regard fait advenir une réalité. Par exemple, un discours ou un regard peut transformer une situation ou une perception en une nouvelle réalité concrète. Dans le contexte de l’art et du cinéma, cette performativité du regard permet aux spectateurs de co-construire du sens, en agissant sur l’œuvre par leur regard critique ou leur participation active.
La métapiction révèle que l’image possède en elle-même une signification sur sa nature et son acte de regard. Elle montre que regarder n’est pas un acte neutre, mais un processus de sélection qui implique une réflexion sur la fonction et la signification de l’image. La métapiction invite à considérer l’image comme un espace réflexif, capable de commenter sa propre existence ou sa manière d’être regardée.
La tension entre théâtralité et anti-théâtralité questionne la nature de l’implication physique du spectateur dans l’œuvre. La théâtralité suppose une mise en scène visible, une participation active qui engage le corps et le regard, créant une expérience immersive. L’anti-théâtralité, en revanche, privilégie une réception plus discrète, où l’œuvre ne cherche pas à manipuler directement le spectateur, mais à laisser une impression plus subtile ou réflexive.
La personnification des œuvres crée un dialogue entre le spectateur et l’objet artistique. En attribuant une identité ou une voix à l’œuvre, cette dernière devient un acteur à part entière, capable d’interagir ou de susciter une réponse. Cela favorise une relation plus vivante et dynamique, où le sens se construit dans l’échange.
La performativité du regard et du langage transforme la perception en interaction créatrice, où l’image et le spectateur co-construisent du sens. La tension entre théâtralité et anti-théâtralité, ainsi que la personnification de l’œuvre, illustrent cette dynamique d’engagement et de dialogue dans l’expérience artistique.
Female gaze : Le female gaze renverse le male gaze en réifiant les hommes et en adoptant le point de vue féminin. Il s’agit d’un regard qui valorise la subjectivité et l’expérience des femmes, offrant une perspective alternative à la représentation traditionnelle masculine dans l’art et les médias.
Oppositional gaze (bell hooks) : Le regard oppositional est un regard critique et résistant des spectatrices noires face aux représentations dominantes. Il s’agit d’un regard qui remet en question, dénonce et refuse la passivité face aux images stéréotypées ou racistes, revendiquant une visibilité et une autonomie dans la perception.
Boucle de rétroaction scopique : Processus selon lequel le regard et l’image s’influencent mutuellement. La perception de l’image influence le regard, qui à son tour modifie la manière dont l’image est produite ou perçue, créant une dynamique de pouvoir et de construction identitaire.
Représentation raciale : Façon dont les groupes raciaux sont représentés dans les médias, l’art et la culture. Elle peut être source d’exclusion ou de stéréotypes, mais aussi d’affirmation identitaire lorsque les personnes racisées revendiquent leur image face aux biais racistes.
Capitalisme numérique : Système économique basé sur la production, la diffusion et la consommation d’images et de données via les technologies numériques. Il influence la visibilité et la représentation, souvent en excluant ou en marginalisant certains groupes raciaux ou sociaux, qui revendiquent leur image par l’art pour réaffirmer leur identité.
Le female gaze renverse le male gaze en adoptant une perspective féminine qui valorise la subjectivité des femmes, réaffirmant leur pouvoir de regard et leur visibilité. L’oppositional gaze, selon bell hooks, constitue une posture critique et résistante des spectatrices noires, face aux images dominantes qui stéréotypent ou marginalisent. Ces deux concepts illustrent que le regard n’est pas neutre mais un espace de lutte politique et d’affirmation identitaire.
Les œuvres de Jenna Gribbon, en particulier, explorent la construction intime de l’identité à travers le regard réciproque, soulignant que le regard est un outil de reconnaissance et de construction personnelle. Par ailleurs, les biais racistes présents dans les technologies numériques excluent souvent les personnes racisées, qui revendiquent leur image et leur visibilité par l’art, comme moyen de résistance face à ces exclusions.
Enfin, le regard est un espace de lutte politique et d’affirmation dans les sociétés coloniales et capitalistes. Il devient un enjeu où les sujets marginalisés réinventent leur visibilité et leur pouvoir, en utilisant l’art et la représentation pour contester les systèmes d’oppression et revendiquer leur identité.
Le droit de regard constitue un enjeu politique et identitaire majeur, où les sujets marginalisés, notamment racisés ou féminins, réinventent leur visibilité et leur pouvoir face aux représentations dominantes et aux biais du capitalisme numérique.
Réversibilité du regard : Relation d’échange où regardeur et regardé se renvoient mutuellement leur image, créant une dynamique d’interaction. La perception n’est pas unilatérale, mais devient un processus partagé, où chacun devient à la fois observateur et observé.
Art de la situation (Pierre Huyghe) : Approche artistique qui privilégie des expositions vivantes où œuvres et visiteurs coexistent dans un écosystème dynamique, favorisant une interaction continue et fluide entre tous les éléments.
Témoins vs spectateurs : Distinction entre ceux qui assistent passivement à une œuvre ou un événement (spectateurs) et ceux qui participent activement ou en tant que témoins directs, impliqués dans la dynamique de l’échange.
Miroir vidéographique (Dan Graham) : Outil artistique utilisant un miroir vidéo pour instaurer un dialogue entre l’artiste et le public, modifiant la perception mutuelle par la mise en abyme de l’image et du regard.
Conversation performative : Interaction où le regard et le comportement des participants sont en dialogue, transformant la relation en une performance où chaque acte contribue à la construction du sens partagé.
La réversibilité du regard implique une relation d’échange où regardeur et regardé se renvoient mutuellement leur image, établissant ainsi une dynamique d’interaction performative. Pierre Huyghe, par ses expositions vivantes, crée des espaces où œuvres et visiteurs coexistent dans un écosystème dynamique, renforçant cette interaction. Dan Graham, quant à lui, utilise le miroir vidéographique pour instaurer un dialogue entre artiste et public, modifiant la perception mutuelle par la mise en miroir. Le délai dans la vidéo introduit une mécanique des regards qui transforme l’attitude des spectateurs, en leur faisant prendre conscience d’être vus, ce qui intensifie la relation de réciprocité. La frontière entre observateur et observé s’efface, permettant une co-construction de sens où chaque regard participe à l’élaboration de l’expérience.
La réversibilité du regard instaure une interaction performative où la frontière entre observateur et observé s’efface, favorisant une co-construction de sens et une dynamique d’échange actif.
| Thème | Notions clés | Auteur | Concepts principaux |
|---|---|---|---|
| Le regard comme action | Regard actif, construction sociale du regard, hiérarchisation, God trick, absorbement | Haraway, Fried | Le regard comme une action performative, façonnant la société et l’espace |
| Architecture et pouvoir | Architecture impériale, perspective linéaire, symbolisme architectural, pouvoir visible | Inconnu | Architecture comme outil de mise en scène du pouvoir, influence sur perception et hiérarchie |
| Photographie et violence | Événement photographique, images manquantes, violences systémiques, voyeurisme, sublimation | Inconnu | La photographie comme révélateur ou masque de la violence, influence du regard |
| Performances et domination | Performance test (Acconci), dépendance réciproque, relation de pouvoir par le regard, arroseur arrosé | Douillard | La performance comme mise en scène du pouvoir et de la domination par le regard |
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1. Quelle est la conséquence de considérer le regard comme une action dans la construction sociale et spatiale ?
2. Comment peut-on appliquer concrètement l'architecture pour renforcer la représentation du pouvoir dans un espace urbain ou monumental ?
Mémorisez les concepts clés de Le regard comme action performative avec 14 flashcards interactives.
Regard comme action — définition ?
Le regard influence et construit le monde social.
Architecture et pouvoir — rôle ?
Afficher et renforcer la domination par la mise en scène.
Photographie et violence — lien ?
Documenter ou masquer la violence selon le contexte.
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