Fiche de révision : Les enjeux de la présence et du regard

📋 Plan du Cours

  1. Conversation photographique et photographies manquantes
  2. Violence symbolique de la photographie
  3. Savoirs situés et perspective partielle
  4. Paradoxe de la présence du spectateur
  5. Effets de présence et spectation
  6. Performativité et métapiction de l’image
  7. Réversibilité du regard et figure du témoin
  8. Droits de regard et expérience du female gaze
  9. Partage du sensible et dissensus
  10. Incorporation du spectateur en environnement virtuel
  11. Téléprésence, téléaction et antiprésence
  12. Régimes de coprésences et sympoïèse

📖 1. Conversation photographique et photographies manquantes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conversation photographique : La conversation photographique désigne l’événement relationnel créé par la présence de l’appareil et du regard, au-delà de la simple prise d’image.
  • Photographies manquantes : Les photographies manquantes sont des images non réalisées mais rendues pensables par l’attente ou la supposition de l’appareil, et qu’on doit étudier.
  • Obligation de parler des photographies non prises : L’obligation de parler des photographies non prises affirme qu’on ne doit ni oublier ni ignorer les images absentes, mais les analyser.
  • Appareil instrument de prédation : L’appareil photo est décrit comme un instrument de prédation, conçu pour capturer vite et sans compétence particulière.
  • Photographier comme violation : Photographier est présenté comme une forme de violation, car l’image transforme les personnes en objets symboliquement possédables.

📝 Points essentiels

  • La présence, l’attente ou la simple supposition de l’appareil suffit à produire un événement photographique, même sans cliché final.
  • Quand l’événement a lieu sans image, les photographies sont dites « manquantes » et deviennent un objet d’étude plutôt qu’un oubli.
  • On peut même imaginer l’existence de photographies non prises comme premier pas pour leur donner une forme d’existence.
  • La technologie est vendue comme facile et invisible, promettant une machine « omnisciente » qui réagit à la moindre impulsion.
  • L’acte de photographier conserve une dimension de prédation : l’appareil capte et transforme symboliquement ce qu’il vise.
  • Photographier les gens est décrit comme une violation, car l’image donne sur eux une connaissance qu’ils ne peuvent pas avoir d’eux-mêmes.

💡 Astuce mémo

Présence de l’appareil = événement ; pas de photo = « manquante » à étudier (attente ≠ absence).

📖 2. Violence symbolique de la photographie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Violence symbolique : Notion désignant une domination qui s’exerce par des signes et des représentations plutôt que par la force directe.
  • Perspective partielle : Idée selon laquelle toute connaissance dépend d’un point de vue situé, donc limité et non universel.
  • Savoirs situés : Approche qui affirme que la production de savoirs est liée à la position sociale et matérielle de celui qui observe.
  • God trick : Concept qui critique l’illusion d’un regard “de nulle part” prétendant accéder à une vision objective totale.
  • Œil de dieu : Métaphore d’un point de vue surplombant, comme si l’on pouvait tout voir sans être situé.

📝 Points essentiels

  • La photographie peut produire une domination en cadrant ce qui est visible et en imposant une lecture au spectateur.
  • La perspective partielle rappelle que le regard photographique n’est jamais neutre : il dépend d’un point de vue situé.
  • Les savoirs situés relient la connaissance à la position de l’observateur, ce qui contredit l’idée d’une vision universelle.
  • Le god trick désigne l’illusion d’un accès “sans corps” à la réalité, comme si l’image parlait depuis nulle part.
  • L’“œil de dieu” correspond à un regard totalisant, utile pour penser comment certaines images prétendent à l’objectivité.
  • Les références à la performance et au spectateur (Fried, Chardin, etc.) servent à interroger la place du regardant et la manière dont l’image organise la relation au public.

💡 Astuce mémo

Perspective partielle = “je vois depuis où je suis” ; god trick = “je fais comme si je voyais de nulle part”.

📖 3. Savoirs situés et perspective partielle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Savoirs situés : Savoirs situés : approche où la connaissance dépend d’une position incarnée, toujours partielle, et où le point de vue fait partie du processus de savoir.
  • Perspective partielle : Perspective partielle : idée que toute vision est limitée par une position située, et qu’on ne peut viser une vue totale « d’en haut ».
  • Vue d’en haut : Vue d’en haut : modèle de connaissance présenté comme une vision sans lieu ni corps, supposée simple et surplombante.
  • Œil de dieu : Œil de dieu : figure d’une vision « depuis nulle part », présentée comme l’opposé d’une connaissance incarnée et complexe.
  • Conversation sociale : Conversation sociale : relation de dialogue qui soutient la description du monde, plutôt qu’une logique de découverte détachée des rapports sociaux.

📝 Points essentiels

  • Haraway oppose la vue depuis un corps, complexe et contradictoire, à la vue d’en haut, depuis nulle part et présentée comme simple.
  • Les savoirs situés exigent de traiter l’objet de connaissance comme un acteur et un agent, pas comme un simple support ou une ressource.
  • Dans les savoirs situés, l’objet n’est pas l’esclave d’un maître : la « capacité d’action » ne doit pas enfermer la dialectique derrière une prétendue objectivité.
  • La description du monde « réel » ne repose plus sur la logique de « découverte » : elle dépend d’une relation sociale forte de « conversation ».
  • Hayes mobilise l’« œil de dieu » pour critiquer une perspective totale, en lien avec l’idée de perspective messianique et de point de vue partiel (ex. Sirius).
  • Pierre Huyghe préfère le terme de « témoin » plutôt que « spectateur », pour marquer une posture active et non passive face à l’œuvre.

💡 Astuce mémo

Corps complexe ≠ vue d’en haut : savoirs situés = objet agent + conversation sociale + témoin (pas spectateur).

📖 4. Paradoxe de la présence du spectateur

🔑 Notions clés & Définitions

  • Spectateur : Spectateur : figure de réception d’une œuvre, souvent pensée comme extérieure à l’action qu’elle observe.
  • Témoin : Témoin : terme préféré pour désigner quelqu’un dont la présence participe à l’expérience plutôt qu’à une simple contemplation.
  • Miroir : Miroir : dispositif qui renvoie les positions et rend visibles les effets du regard sur soi et sur les autres.
  • Female gaze : Female gaze : approche qui adopte le point de vue d’un personnage féminin pour épouser son expérience.
  • Oppositional gaze : Oppositional gaze : regard critique qui refuse les cadres dominants et reconfigure la place des spectatrices noires.

📝 Points essentiels

  • Dan Graham préfère le terme de témoin à celui de spectateur pour décrire une présence active dans l’œuvre.
  • Dans Performer/Audience/Mirror, la position du public diffère de celle de l’artiste : la description et l’interprétation ne coïncident pas.
  • Le miroir permet au public de se voir et de constater que sa perception n’est pas identique à la description produite après coup.
  • Les spectateurs peuvent s’influencer mutuellement en se regardant dans le miroir, comme l’artiste influence aussi par des paroles.
  • Jenna Gribbon refuse de “détruire” le plaisir du spectateur : elle cherche plutôt à rendre visible le rôle de consommateur de beauté.
  • Le female gaze adopte le point de vue d’un personnage féminin pour faire correspondre l’expérience du regard à cette perspective.

💡 Astuce mémo

Témoin + miroir = regard qui se retourne : je vois l’autre voir, et l’autre me voit voir.

📖 5. Effets de présence et spectation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Oppositional gaze : L’oppositional gaze désigne un regard critique qui refuse les cadres dominants et transforme le plaisir visuel en interrogation.
  • Plaisir de l’interrogation : Le plaisir de l’interrogation est une forme de jouissance du spectateur qui consiste à questionner plutôt qu’à s’identifier passivement.
  • Spectation noire critique : La spectation noire critique renvoie à une manière de regarder qui construit des relations de regard alternatives au regard phallocentrique et à la féminité blanche comme manque.
  • Interdépendance du regard : L’interdépendance du regard désigne l’idée que voir exige d’autres corps et d’autres perceptions, rendant l’autre indispensable.
  • Performativité : La performativité est le résultat de la reconnaissance du potentiel performatif d’une action, d’un événement ou d’un objet.

📝 Points essentiels

  • bell hooks relie le regard critique des spectatrices noires à un plaisir visuel transformé en plaisir de l’interrogation.
  • Les spectatrices noires critiques construisent une théorie des relations de regard qui ne passe ni par l’identification au regard phallocentrique ni par la féminité blanche pensée comme manque.
  • L’idée d’une nécessité de voir collectivement implique de reconcevoir l’interdépendance du regard.
  • On ne peut pas voir les images seules : d’autres corps voient, informent et font évoluer le niveau de perception.
  • L’interdépendance du regard rend l’autre indispensable pour la perception.
  • La performativité correspond à la reconnaissance du potentiel performatif d’une action, d’un événement ou d’un objet.

💡 Astuce mémo

Opposition→Interrogation : refuser le cadre dominant transforme le plaisir visuel en questionnement; Collectif→Perception : voir seul = incomplet, l’autre fait grandir.

📖 6. Performativité et métapiction de l’image

🔑 Notions clés & Définitions

  • Performativité : La performativité désigne l’effet produit quand l’action, l’événement ou l’objet est reconnu comme ayant un potentiel d’action.
  • Potentiel performatif : Le potentiel performatif est la capacité attribuée à une action, un événement ou un objet d’engendrer des effets en situation.
  • Non-performance : La non-performance est une activité ordinaire qui peut être requalifiée comme performance en changeant le cadre de lecture.
  • Métapiction : La métapiction traite l’image comme une théorie de la représentation, une réflexion de second degré sur ce que les images font en se décrivant.
  • Métapicture : La métapicture est une image qui sert à penser la nature des images, y compris quand elle n’est pas conçue comme telle au départ.

📝 Points essentiels

  • La performativité dépend de la reconnaissance du potentiel performatif d’une action, d’un événement ou d’un objet.
  • Même l’absence de performance peut être transformée en performance si l’on conçoit des gestes ordinaires comme des performances.
  • La métapiction vise à comprendre ce que les images disent quand elles s’auto-théorisent ou s’auto-décrivent.
  • La métapiction cherche à établir une iconographie nouvelle à partir des images.
  • Toute image peut devenir une métapicture, c’est-à-dire une image qui sert à penser la nature des images.
  • La métapiction est une réflexion second degré sur la représentation picturale, centrée sur la manière dont les images se prennent elles-mêmes pour objet.

💡 Astuce mémo

Performativité : « on reconnaît le pouvoir d’agir » ; Métapiction : « l’image pense l’image ».

📖 7. Réversibilité du regard et figure du témoin

🔑 Notions clés & Définitions

  • Effets de présence : Notion désignant les manières dont la présence du/de la spectateur·rice se manifeste, au-delà du simple fait d’être physiquement là.
  • Présences à distance : Notion qui décrit une présence produite par déplacement virtuel et réseaux numériques, sans coïncider avec une présence physique unique.
  • Spectateur émancipé : Notion qui affirme que le/la spectateur·rice n’est pas passif·ve : sa position implique une activité interprétative.
  • Mise en scène de la vie quotidienne : Notion sociologique selon laquelle les interactions sociales fonctionnent comme une performance où chacun·e se présente.
  • Figure du témoin : Notion reliant la présence à une posture d’observation active, où le regard circule et engage celui/celle qui regarde.

📝 Points essentiels

  • La présence ne se réduit pas à l’unité de lieu et de temps : les espaces mentaux de la présence sont multiples et instables.
  • On peut être « là » sans coïncider avec l’instant où l’on croit l’être, car la présence se déplace continuellement même à l’état immobile.
  • La télévision et les dispositifs à distance peuvent produire une croyance fragile : la présence se reconfigure avec les réseaux numériques.
  • La position de spectateur·rice comporte une activité : regarder implique interpréter et agir sur le sens.
  • La relation à autrui est décrite comme un rapport concret où autrui me regarde à chaque instant, ce qui rend le regard réciproque.
  • La vie sociale est pensée comme une mise en scène : chacun·e entre dans une scène et se présente, ce qui rapproche spectateur·rice et témoin.

💡 Astuce mémo

Regard réversible : je regarde → je suis regardé ; présence = lieu + temps mentaux qui bougent.

📖 8. Droits de regard et expérience du female gaze

🔑 Notions clés & Définitions

  • Auto-exposition : Besoin d’être visible qui pousse l’individu à se mettre en scène comme s’il entrait sur une scène préparée.
  • Performance : Séquence d’actions communicatives réalisée dans un temps et un lieu donnés, selon des modalités fixées à l’avance.
  • Spectation : Activité consubstantielle à la performance, centrée sur la perception du spectateur plutôt que sur l’action seule.
  • Spectacle : Modèle dominant de la vie sociale où la mise en scène devient à la fois résultat et projet du mode de production.
  • Partage du sensible : Manière dont les formes d’inclusion et d’exclusion se dessinent d’abord dans l’expérience même du visible et du dicible.

📝 Points essentiels

  • La performance implique au moins un performeur et au moins un spectateur, chacun conscient de son rôle dans un processus intersubjectif.
  • La performance se comprend par la spectation, car elle ne peut pas être pensée indépendamment de la perception du spectateur.
  • Le spectacle n’est pas un simple décor ajouté au réel : il en devient le cœur et le modèle social dominant.
  • Le spectacle fonctionne comme une affirmation du choix déjà fait, dont la consommation est le corollaire.
  • Le partage du sensible décrit comment l’ordre du monde est pré-inscrit dans ce qui peut être vu, dit, ou au contraire ignoré.
  • Le dissensus est une reconfiguration de l’expérience commune du sensible, produisant un conflit entre régimes de sensorialité.

💡 Astuce mémo

Performance = Performeur + Spectateur ; Spectation = condition de sens de la performance.

📖 9. Partage du sensible et dissensus

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dissensus : Le dissensus est une opération qui reconfigure l’expérience commune du sensible en faisant entrer en conflit plusieurs régimes de perception.
  • Efficacité esthétique de l’art : L’efficacité esthétique de l’art désigne la capacité de l’œuvre à produire des effets sur la manière dont le sensible est organisé et partagé.
  • Régime de l’immédiateté éthique : Le régime de l’immédiateté éthique correspond à une façon de percevoir et d’évaluer le monde comme si l’éthique se jouait dans l’instant.
  • Émancipation du spectateur : L’émancipation du spectateur est l’autonomie gagnée grâce au pouvoir d’associer et de dissocier les éléments du sensible.
  • Économie de l’attention : L’économie de l’attention étudie comment l’attention devient une ressource mesurable et exploitée dans les logiques contemporaines.

📝 Points essentiels

  • Le dissensus fonctionne comme une reconfiguration de l’expérience commune du sensible, donc comme un conflit entre régimes de sensorialité.
  • L’art est décrit comme ayant une efficacité esthétique, c’est-à-dire une action sur l’organisation du sensible plutôt qu’un simple divertissement.
  • Le « régime de l’immédiateté éthique » renvoie à une configuration où la perception et l’évaluation morale semblent se décider dans l’immédiat.
  • L’émancipation du spectateur repose sur le pouvoir d’associer et de dissocier, ce qui émancipe chacun comme spectateur.
  • La réception du spectateur n’est pas pensée comme fascination ou domination, mais comme une affaire de langage visant à prendre ou donner la parole.
  • Le passage de la vision à la compréhension, puis à l’action, est remplacé par un passage d’un monde sensible à un autre, avec d’autres tolérances/intolérances et capacités/incapacités.

💡 Astuce mémo

Dissensus = « reconfigurer le sensible » : plusieurs régimes se heurtent, et le spectateur gagne en liberté en recomposant (associer/dissocier).

📖 10. Incorporation du spectateur en environnement virtuel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Présence à distance : Présence à distance : expérience où le spectateur se sent « là » malgré l’absence physique, grâce à des dispositifs de médiation.
  • Réalité virtuelle : Réalité virtuelle : technologie qui simule, via informatique et interfaces, des entités 3D en interaction temps réel avec un ou plusieurs utilisateurs en immersion pseudo-naturelle.
  • Vision bubble : Vision bubble : idée de « bulles » de vision qui cadrent ce que l’on peut percevoir et naviguer dans un environnement visuel.
  • Image navigable : Image navigable : représentation visuelle permettant un déplacement ou une exploration, où le spectateur peut agir sur le point de vue.
  • Écran incorporé : Écran incorporé : dispositif d’affichage qui engage le corps du spectateur, notamment via des casques, pour produire une expérience plus « incarnée ».

📝 Points essentiels

  • La réalité virtuelle vise à simuler des comportements d’entités 3D en interaction temps réel avec des utilisateurs en immersion pseudo-naturelle via des canaux sensori-moteurs.
  • L’incorporation du spectateur passe par l’engagement du corps : la VR place le spectateur dans une perception énaction, où le corps est mis à l’épreuve.
  • L’« écran incorporé » et le « corps casqué » soulignent des enjeux esthétiques liés à l’expérience corporelle produite par la VR.
  • L’image navigable renvoie à une exploration guidée par l’utilisateur, où la navigation transforme la relation entre perception et contrôle.
  • La notion de vision bubble décrit des environnements visuels en « bulles » qui structurent l’accès à la perception et à la navigation.

💡 Astuce mémo

VR = « corps + capteurs + simulation » : tu bouges → tes sens reçoivent une scène qui répond en temps réel.

📖 11. Téléprésence, téléaction et antiprésence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Téléprésence : La téléprésence désigne une expérience où l’on a l’impression d’être présent à distance grâce à un dispositif technique et sensoriel.
  • Téléaction : La téléaction correspond à l’action exercée à distance sur un environnement ou un autre corps via des systèmes techniques.
  • Antiprésence : L’antiprésence désigne des dispositifs qui perturbent ou empêchent l’impression de présence, en rendant la distance sensible ou en la rendant visible.
  • Medium froid : Un medium froid est un type de média qui encourage la participation du public en lui fournissant peu d’informations.
  • Medium chaud : Un medium chaud est un type de média qui fournit beaucoup d’informations et favorise la passivité du public.

📝 Points essentiels

  • La téléprésence et la téléaction sont illustrées par des œuvres de réalité virtuelle et d’interfaces numériques où le corps et l’action sont médiés par des dispositifs.
  • Des performances et expositions en ligne (VR, AR, conversation à distance) mettent en jeu la présence comme expérience construite, pas comme simple “être là”.
  • L’antiprésence se repère quand le dispositif rend la distance, la médiation ou l’interface perceptibles au lieu de les effacer.
  • McLuhan définit un medium froid par son faible niveau d’information, ce qui pousse le public à compléter et participer.
  • McLuhan définit un medium chaud par un niveau élevé d’information, ce qui tend à réduire l’activité du public.
  • La distinction “froid/chaud” sert de grille pour analyser comment un dispositif oriente la participation ou la passivité du public.

💡 Astuce mémo

Froid = peu d’infos → je complète (participation) ; Chaud = beaucoup d’infos → je subis (passivité).

📖 12. Régimes de coprésences et sympoïèse

🔑 Notions clés & Définitions

  • Medium froid : Un medium froid est un type de média qui encourage la participation du public en lui fournissant peu d’informations.
  • Medium chaud : Un medium chaud est un type de média qui fournit beaucoup d’informations et favorise en même temps la passivité du public.
  • Téléprésence : La téléprésence est un médium qui permet de se transporter avec son corps dans un autre environnement en y emportant une partie des facultés sensorielles.
  • Téléaction : La téléaction désigne l’idée d’agir à distance via des dispositifs médiés, en lien avec les interactions à distance.
  • Antiprésence : L’antiprésence renvoie à une forme de présence médiée qui ne produit pas une coprésence pleine, mais une présence décalée ou contrariée.

📝 Points essentiels

  • McLuhan oppose les médias froids et chauds par la quantité d’informations fournies et par l’effet sur l’activité ou la passivité du public.
  • Un medium froid stimule la participation car il laisse davantage de travail interprétatif au public en apportant peu d’éléments.
  • Un medium chaud tend à produire la passivité car il fournit beaucoup d’informations au public.
  • La téléprésence peut viser un environnement de synthèse, un environnement issu d’une caméra, ou un mélange des deux.
  • La téléprésence est définie comme un transport corporel vers un autre environnement, avec transfert d’un sous-ensemble des facultés sensorielles.

💡 Astuce mémo

Froid = peu d’infos = public actif ; Chaud = beaucoup d’infos = public passif.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
2012Ariella Azoulay, « L’obligation de parler des photographies non prises » (Les carnets du BAL : Les images manquantes, n° 3)
1977Susan Sontag, Sur la photographie (référence de l’édition mentionnée)
1969Vito Acconci, Performance test (photographie, 1969)
1988Donna Haraway, « Savoirs situés… » (Manifeste cyborg et autres essais, 1988)
1975Dan Graham, Performer/Audience/Mirror (1975)
1991Austin John Langshaw Austin, Quand dire, c’est faire (référence 1991 [1955])
2010Marina Abramović, The Artist Is Present (2010)
2018Hito Steyerl, « Bubbles vision » (28 janvier 2018)
1967Guy Debord, La société du spectacle (1967)
2014Jonas Lund, VIP (Viewer Improved Painting) (2014)

📊 Tableaux de synthèse

Froid vs chaud (médias)

CatégorieQuantité d’infosEffet sur le public
Medium froidpeu d’informationsencourage la participation du public
Medium chaudbeaucoup d’informationsfavorise la passivité du public

Performance vs spectation

TermeRôleLien
Performanceactions communicatives en temps et lieu fixésne peut se penser qu’en fonction de la spectation
Spectationactivité consubstantielle centrée sur la perceptioncondition de possibilité de la performance

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « photographies manquantes » avec un simple oubli : elles sont à étudier car l’événement photographique naît de la présence/attente/supposition de l’appareil.
  2. Croire que le regard photographique serait neutre : la perspective est toujours située (god trick/œil de dieu = illusion d’un point de vue « de nulle part »).
  3. Prendre « spectateur » pour une figure passive : le cours insiste sur l’activité interprétative et préfère souvent « témoin » (présence qui participe).
  4. Réduire la performativité à la performance spectaculaire : la non-performance peut être requalifiée en performance si on change le cadre de lecture.
  5. Penser que la métapiction concerne seulement des images « faites pour théoriser » : toute image peut devenir métapicture si elle sert à penser la nature des images.
  6. Croire que la présence implique une unité de lieu et de temps : la présence se déplace (espaces mentaux multiples) et peut être à distance.
  7. Confondre téléprésence et antiprésence : la première produit une impression de présence à distance, la seconde rend la distance/médiation sensible ou visible.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer comment la simple présence/attente/supposition de l’appareil suffit à créer l’évènement photographique et pourquoi les photographies sont dites « manquantes » à étudier.
  2. Justifier, à partir de Sontag, en quoi l’acte de photographier relève d’une logique de prédation et pourquoi photographier les gens est présenté comme une violation.
  3. Définir et mobiliser les notions de perspective partielle, savoirs situés, god trick et œil de dieu pour critiquer l’illusion d’un regard « de nulle part ».
  4. Expliquer pourquoi, dans les savoirs situés, l’objet de connaissance doit être vu comme acteur/agent et non comme ressource ou écran, et relier cela à la « conversation » sociale.
  5. Décrire le paradoxe de la présence : distinguer spectateur et témoin, et montrer comment le miroir rend visibles les écarts entre description et perception.
  6. Expliquer le female gaze comme adoption du point de vue d’un personnage féminin, puis relier oppositional gaze à une reconfiguration critique des cadres dominants.
  7. Présenter la spectation noire critique et la thèse de bell hooks : plaisir visuel transformé en plaisir de l’interrogation, sans identification au regard phallocentrique ni à la féminité blanche comme manque.
  8. Expliquer l’idée de nécessité de voir collectivement et l’interdépendance du regard : pourquoi on ne peut pas voir les images seules et comment l’autre fait grandir la perception.
  9. Définir performativité et potentiel performatif, puis montrer comment la non-performance peut devenir performance par changement de cadre.
  10. Définir métapiction/métapicture et expliquer ce que les images « disent » quand elles s’auto-théorisent ou s’auto-décrivent.
  11. Expliquer les effets de présence et la réversibilité du regard (je regarde → je suis regardé) en insistant sur la non-coïncidence de la présence avec l’instant supposé.
  12. Définir téléprésence, téléaction et antiprésence, puis relier froid/chaud (McLuhan) à l’orientation participation vs passivité, et enfin décrire les notions de VR : vision bubble, image navigable, écran incorporé.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Les enjeux de la présence et du regard avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel énoncé décrit le mieux la conversation photographique ?

2. Que sont les photographies manquantes ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les enjeux de la présence et du regard avec 24 flashcards interactives.

Conversation photographique — définition ?

Événement relationnel créé par présence et regard, au-delà de la prise.

Photographies manquantes — concept ?

Images non réalisées mais rendues pensables par attente ou supposition.

Obligation de parler — pourquoi ?

Il faut analyser les images absentes, pas les ignorer.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches