Fiche de révision : Les Fondements de la République Française

Plan du Cours

  1. Naissance de la République
  2. Principes fondamentaux 1789
  3. Constitution de 1791
  4. Construction républicaine
  5. République jacobine et Terreur
  6. Constitution de l’an III
  7. Chute de Robespierre
  8. République thermidorienne
  9. Organisation du régime
  10. Coup d’État du 18 Brumaire
  11. Consulat et Empire

1. Naissance de la République

Notions clés & Définitions

Tradition républicaine
Selon Claude Nicolet (date), la société française possède une véritable « tradition républicaine », qui fonctionne presque comme une religion civique. Cela signifie que, malgré les régimes monarchiques successifs, il existe une continuité idéologique et culturelle en faveur des principes républicains, tels que la souveraineté populaire, l’égalité et la liberté, qui s’inscrivent dans la mémoire collective et la culture politique françaises.

Rupture politique de 1789
La Révolution française est souvent présentée comme un commencement absolu de la modernité politique en France. Elle constitue une rupture politique et symbolique majeure, marquant la fin de l’ancien régime monarchique et l’émergence de nouvelles idées politiques, notamment la souveraineté nationale. Cette rupture ne se limite pas à un changement de régime, mais touche profondément la conception du pouvoir et de la légitimité.

Événement providentiel
Selon Joseph de Maistre, la Révolution peut être interprétée comme un « événement ayant une dimension quasi providentielle ». Cela implique que certains contemporains ou penseurs considèrent la Révolution comme une étape nécessaire ou prédestinée dans l’histoire, apportant un changement salvateur ou inévitable, même si cette vision est contestée par d’autres.

Continuité dynastique
Depuis l’avènement de Hugues Capet en 987, la monarchie française a connu une continuité dynastique remarquable, avec une succession régulière des rois. Cette continuité a permis à la monarchie d’affirmer sa stabilité et sa puissance à travers de nombreuses victoires politiques et militaires, renforçant ainsi l’idée d’une monarchie ancienne et solide, opposée à la rupture révolutionnaire.

États généraux de 1789
Le 5 mai 1789 s’ouvrent les États généraux, qui rassemblent les représentants des trois ordres traditionnels : le clergé, la noblesse et le tiers état. Initialement, ils ne visent pas à abolir la monarchie, mais à traiter des problèmes financiers et de la représentation politique. La convocation de ces États généraux marque un moment clé dans la crise politique qui mène à la Révolution.

Serment du Jeu de paume
Le 17 juin 1789, les députés du tiers état, se sentant légitimés à représenter la nation tout entière, se proclament « Assemblée nationale » et prêtent le « Serment du Jeu de paume ». Ils s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. Ce serment symbolise la volonté de représenter la souveraineté populaire et constitue un acte fondateur de la Révolution.

Points essentiels

La Révolution française marque une rupture majeure dans l’histoire politique française, initiant la souveraineté nationale. Elle ne se limite pas à un changement de régime ou à une crise sociale ; c’est une transformation profonde qui remet en question la légitimité du pouvoir monarchique traditionnel. Le 17 juin 1789, les députés du tiers état, en se proclamant Assemblée nationale, affirment qu’ils représentent la nation tout entière, ce qui constitue une étape cruciale vers la souveraineté populaire. Ce geste, associé au Serment du Jeu de paume, symbolise la volonté de rompre avec la tradition monarchique et d’établir une nouvelle conception du pouvoir, fondée sur la souveraineté du peuple. La Révolution introduit également des principes fondamentaux tels que l’égalité et la liberté, qui deviennent les piliers de la tradition républicaine. La rupture est d’autant plus forte que, jusqu’en 1789, la monarchie française, la plus ancienne d’Europe occidentale, connaît une continuité dynastique depuis Hugues Capet en 987, et s’est affirmée comme un État puissant. Cependant, cette rupture ne supprime pas immédiatement la monarchie, puisque la Constitution de 1791 établit une monarchie constitutionnelle où le roi conserve une place, mais limitée, dans un régime largement républicain. La souveraineté n’est plus considérée comme royale, mais nationale, et la loi devient l’expression de la volonté générale. La Révolution, tout en conservant certains éléments monarchiques, pose ainsi les bases d’un régime républicain.

À retenir

La Révolution française de 1789 constitue une rupture politique et symbolique majeure, inaugurant la souveraineté nationale et la tradition républicaine en France. Elle marque le passage d’une monarchie ancienne, fondée sur la continuité dynastique, à une nouvelle conception du pouvoir où la nation et la volonté générale deviennent centrales.

2. Principes fondamentaux 1789

Notions clés & Définitions

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC)
La DDHC est un texte fondamental adopté en 1789 qui affirme des droits universels et imprescriptibles. Elle établit que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, et reconnaît plusieurs droits naturels, tels que la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. La DDHC insiste sur le rôle de la loi comme expression de la volonté générale, en affirmant que la loi doit respecter ces droits et garantir la liberté individuelle. Elle constitue une étape essentielle dans la reconnaissance des droits fondamentaux et dans la construction d’un ordre juridique nouveau fondé sur l’égalité et la liberté. La valeur juridique de la DDHC a été reconnue officiellement en 1971 par le Conseil constitutionnel, lui conférant une valeur constitutionnelle.

Abolition des privilèges
L’abolition des privilèges désigne la suppression des avantages spécifiques et injustifiés dont bénéficiait la noblesse et le clergé, notamment dans le cadre de la société féodale. Elle intervient lors de la nuit du 4 août 1789, en réponse à la crise sociale et à la montée des revendications égalitaires. Les décrets adoptés abolissent notamment les droits seigneuriaux, les redevances contractuelles, et les dîmes ecclésiastiques. Cette abolition marque la fin du système féodal et constitue une étape majeure vers l’égalité juridique entre citoyens.

Égalité fiscale
L’égalité fiscale, prévue par l’article 13 de la DDHC, impose que la contribution publique soit répartie proportionnellement aux facultés de chaque citoyen. Elle vise à supprimer les inégalités fiscales héritées du système d’Ancien Régime, où certains privilégiés payaient peu ou pas d’impôts. La réforme vise à instaurer une contribution équitable, reflet de la justice sociale, en lien avec l’idéal d’égalité devant la loi.

Liberté d’opinion
La liberté d’opinion, consacrée dans la DDHC à l’article 10, garantit à chaque individu le droit de penser, d’exprimer ses idées et ses convictions sans craintes ni restrictions. Elle est essentielle à la liberté d’expression et à la démocratie, permettant la critique des autorités et la participation au débat public. La liberté d’opinion doit cependant respecter la loi et l’ordre public.

Légicentrisme
Le légicentrisme désigne la primauté de la loi dans l’organisation juridique et politique. Selon ce principe, la loi est l’expression de la volonté générale et constitue la source principale du droit. La DDHC insiste sur le fait que la loi doit respecter les droits naturels et fondamentaux, et que la souveraineté appartient à la nation, exprimée à travers la loi. La loi devient ainsi le centre du système juridique, garantissant la liberté et l’égalité.

Droits naturels
Les droits naturels sont des droits inhérents à chaque être humain, considérés comme existant indépendamment de toute reconnaissance ou législation. La DDHC en reconnaît plusieurs, notamment la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. Ces droits sont imprescriptibles, inaliénables et universels, formant la base de la déclaration et de la conception moderne des droits de l’homme.

Points essentiels

La nuit du 4 août 1789 marque un tournant décisif dans la Révolution française, car l’Assemblée nationale abolit le système féodal et les privilèges, posant ainsi les bases de l’égalité. Ces décrets mettent fin aux droits seigneuriaux, aux redevances et aux privilèges héréditaires, dans un contexte de crise sociale et de peur collective, appelée « la Grande Peur ». La réaction des privilégiés est ainsi neutralisée, et la société se transforme en supprimant ces distinctions d’ordre.

Par ailleurs, la DDHC affirme des droits universels fondés sur la liberté, l’égalité et la souveraineté nationale. Elle proclame que tous les hommes naissent libres et égaux en droits, et que la loi doit respecter ces droits. Elle établit également que la souveraineté appartient à la nation, qui l’exerce par ses représentants élus, incarnant la volonté générale. La DDHC devient un texte de référence pour la construction de la société nouvelle, en affirmant que la liberté d’opinion, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression sont des droits fondamentaux inaliénables.

À retenir

L’émergence des droits universels et des principes d’égalité et de liberté, affirmés par la DDHC et l’abolition des privilèges, ont posé les bases d’une société politique nouvelle fondée sur la souveraineté populaire, l’égalité juridique et la reconnaissance des droits naturels de chaque individu. Ces principes ont marqué la rupture avec l’Ancien Régime et ont permis de construire une République fondée sur la liberté et l’égalité pour tous.

3. Constitution de 1791

Notions clés & Définitions

Monarchie constitutionnelle
AUTEUR (date non précisée) : La monarchie constitutionnelle est un régime dans lequel le pouvoir du roi est limité par une constitution et soumis à l’autorité d’une assemblée représentative. Le roi n’est plus un souverain absolu, mais un chef d’État dont l’autorité est encadrée par des règles constitutionnelles, notamment la subordination à l’Assemblée.

Monarchie républicaine
AUTEUR (date non précisée) : La monarchie républicaine désigne un régime où la monarchie coexiste avec des principes républicains, notamment la souveraineté populaire et la séparation des pouvoirs. Dans le contexte de la Constitution de 1791, ce terme qualifie un régime hybride où le pouvoir exécutif monarchique est limité par une structure républicaine, notamment par l’Assemblée.

Pouvoir constituant
AUTEUR (date non précisée) : Le pouvoir constituant est l’autorité qui a la capacité de créer ou de modifier la constitution. Il est souvent exercé par une assemblée ou un corps délibérant chargé de rédiger ou de réviser la norme fondamentale d’un État.

Sacralisation du système représentatif
AUTEUR (date non précisée) : La sacralisation du système représentatif désigne la mise en valeur et la légitimation du mode de gouvernance basé sur la représentation, considéré comme une valeur fondamentale et inviolable dans le cadre de la Constitution de 1791.

Subordination du roi à l’Assemblée
AUTEUR (date non précisée) : La subordination du roi à l’Assemblée signifie que le pouvoir du roi est placé sous le contrôle de cette dernière, qui détient le véritable pouvoir législatif et limite l’autorité royale. Le roi doit respecter les décisions de l’Assemblée et ne peut agir indépendamment de celle-ci.

Foi dans l’unité nationale
AUTEUR (date non précisée) : La foi dans l’unité nationale reflète la croyance en la cohésion et l’intégrité de la nation, considérée comme un principe fondamental pour la stabilité et la légitimité du régime, notamment dans le contexte de la transition politique de la Révolution française.

Points essentiels

La Constitution de 1791 instaure une monarchie constitutionnelle où le roi est subordonné à l’Assemblée. Elle établit un régime dans lequel le pouvoir exécutif royal n’est pas absolu mais encadré par une constitution qui limite ses prérogatives. Le roi doit respecter la loi et agir dans le cadre des décisions prises par l’Assemblée, ce qui traduit une subordination claire du roi à cette dernière. La Constitution de 1791 qualifie ce régime de « république à exécutif monarchique », un terme qui souligne la coexistence d’un pouvoir monarchique dans l’exécutif tout en intégrant des principes républicains, notamment la souveraineté de l’Assemblée. Ce compromis ambigu reflète une transition politique complexe, mêlant la tradition monarchique à l’émergence de principes républicains, tout en conservant une certaine sacralisation du système représentatif. La foi dans l’unité nationale est également un principe fondamental, renforçant la cohésion autour de cette nouvelle organisation politique et légitimant la subordination du roi à l’Assemblée.

À retenir

La Constitution de 1791 incarne un compromis ambigu entre monarchie et république, en instituant une monarchie constitutionnelle où le roi est subordonné à l’Assemblée, tout en conservant une certaine sacralisation du système représentatif. Elle marque une transition politique complexe, mêlant la tradition monarchique à l’émergence de principes républicains, dans un contexte de crise et de mutation profonde des institutions.

4. Construction républicaine

Notions clés & Définitions

Souveraineté nationale : La souveraineté nationale désigne le pouvoir suprême qui appartient à la nation dans son ensemble, plutôt qu’à un individu ou une institution particulière. Elle se manifeste par la capacité de la nation à se donner une constitution et à exercer le pouvoir politique. Selon le contexte de la Révolution française, cette souveraineté est affirmée comme résidant dans la nation, notamment lors de la déclaration du 9 juillet 1789, lorsque l’Assemblée nationale se déclare Assemblée constituante, affirmant ainsi le pouvoir constituant de la nation.

Assemblée constituante : L’Assemblée constituante est une assemblée chargée d’élaborer une nouvelle constitution. Elle possède le pouvoir de transformer l’organisation politique et juridique d’un pays. Le 9 juillet 1789, l’Assemblée nationale se déclare Assemblée constituante, ce qui marque la reconnaissance officielle de son rôle dans la création d’un nouveau cadre constitutionnel, affirmant le pouvoir constituant de la nation.

Pouvoirs constitués : Les pouvoirs constitués sont ceux qui sont établis et exercés selon la constitution en vigueur. Ils sont issus du pouvoir constituant, qui est celui de la nation ou de l’assemblée ayant la légitimité de créer ou de modifier la constitution. Dans le contexte révolutionnaire, la distinction entre pouvoir constituant (celui de la nation) et pouvoirs constitués (les institutions établies) est essentielle pour comprendre la transformation du pouvoir.

Légitimité révolutionnaire : La légitimité révolutionnaire repose sur la justification morale et politique de la révolution, notamment par la revendication du pouvoir populaire et la rupture avec l’ordre ancien. Elle est souvent affirmée par la souveraineté populaire, la déclaration de la nation comme source du pouvoir, et par la volonté de changer radicalement le régime.

Mobilisation populaire : La mobilisation populaire désigne l’action collective du peuple pour soutenir, défendre ou faire avancer la révolution. Elle se manifeste par des actions concrètes telles que les journées révolutionnaires, la participation aux clubs politiques comme les Cordeliers, et la diffusion d’idées révolutionnaires par des figures comme Marat. La mobilisation est un élément clé pour renforcer la légitimité révolutionnaire et faire pression sur les institutions.

Roi des Français : La transformation symbolique du pouvoir royal se traduit par le changement de titre du roi, qui devient « Roi des Français » au lieu de « Roi de France ». Ce changement, accepté par le roi, symbolise la réduction de l’autorité monarchique à une fonction plus populaire, incarnant la nouvelle légitimité basée sur la souveraineté nationale plutôt que sur la divine right (droit divin). Il marque une étape importante dans la construction progressive de la souveraineté nationale et la transformation du pouvoir royal en pouvoir au service de la nation.

Points essentiels

Le 9 juillet 1789, l’Assemblée nationale se déclare Assemblée constituante, affirmant ainsi explicitement le pouvoir constituant de la nation. Cette déclaration marque une étape cruciale dans la construction de la souveraineté nationale, car elle affirme que le pouvoir ultime réside dans la volonté collective du peuple, représentée par cette Assemblée. La souveraineté n’est plus attribuée à un monarque ou à une institution monarchique, mais à la nation elle-même, qui détient le pouvoir de créer ou de modifier la constitution.

Par cette déclaration, l’Assemblée affirme également qu’elle détient le pouvoir de rédiger une nouvelle constitution, ce qui lui confère la légitimité de transformer en profondeur l’organisation politique du pays. La distinction entre pouvoir constituant (celui de la nation) et pouvoirs constitués (les institutions établies selon la nouvelle constitution) devient centrale dans la dynamique révolutionnaire.

Le roi accepte de devenir « roi des Français », une transformation symbolique majeure qui marque la fin de la conception traditionnelle du pouvoir royal basé sur le droit divin et la monarchie absolue. Ce changement de titre reflète une nouvelle légitimité, celle du pouvoir exercé au nom de la nation et non plus par droit divin. Il incarne la transformation du pouvoir royal en un pouvoir plus populaire, symbolisant la construction progressive de la souveraineté nationale.

À retenir

La déclaration du 9 juillet 1789 et l’acceptation du titre de « roi des Français » illustrent la transformation progressive du pouvoir royal en un pouvoir légitimé par la souveraineté populaire. Ces événements marquent la construction de la souveraineté nationale, qui devient le fondement de la légitimité politique dans la Révolution française, tout en soulignant la montée en puissance de la nation comme source ultime du pouvoir.

5. République jacobine et Terreur

Notions clés & Définitions

Convention nationale : Assemblée élue en 1792 qui remplace l’Assemblée législative, chargée de gouverner la France durant la Révolution. Elle proclame la Première République française le 21 septembre 1792, après la chute de la monarchie, et joue un rôle central dans la radicalisation révolutionnaire. La Convention est dominée par les Jacobins, qui prônent une gouvernance centralisée et unifiée, et impose des mesures radicales pour consolider la Révolution.

Terreur : Période de répression violente menée par la Convention, notamment sous Robespierre, visant à éliminer toute opposition à la Révolution. Elle se caractérise par des exécutions massives, notamment par la guillotine, et par une logique de lutte à mort contre les ennemis intérieurs et extérieurs. La Terreur est souvent associée à une radicalisation politique et morale, où l’unité et l’indivisibilité de la République deviennent des principes absolus.

Jacobins : Groupe politique radical influent au sein de la Convention, qui prône une centralisation du pouvoir, l’unité nationale, et une politique de répression contre ceux perçus comme ennemis de la Révolution. Robespierre, figure emblématique des Jacobins, incarne cette tendance radicale. Les Jacobins privilégient une approche patriotique et universaliste, tout en insistant sur la nécessité d’une unité totale pour assurer la succès de la République.

Prise des Tuileries : Événement du 10 août 1792, marquant la chute de la monarchie. Les insurgés, principalement des sans-culottes et des fédérés, envahissent le palais des Tuileries, forçant le roi Louis XVI à se réfugier. Cette prise suspend la monarchie et entraîne la chute du pouvoir royal, ouvrant la voie à la proclamation de la République. Elle symbolise la rupture radicale avec l’ancien régime et la fin de la souveraineté monarchique.

Suspension de la monarchie : Acte par lequel la monarchie est arrêtée et mise en pause, notamment lors de la prise des Tuileries, qui marque la fin du pouvoir royal. La monarchie est officiellement suspendue le 10 août 1792, ce qui entraîne la chute du roi Louis XVI et la proclamation de la République. Ce changement radical est une étape clé dans la radicalisation de la Révolution, illustrant la rupture avec l’ancien régime.

Déclaration de guerre à l’Autriche : Décision prise en avril 1792 par la France révolutionnaire pour faire face aux menaces extérieures. La guerre vise à défendre la Révolution contre les monarchies européennes qui craignent son expansion. Elle précipite une crise interne, renforçant la radicalisation, car la défaite militaire et la trahison perçue du roi alimentent la suspicion et la haine contre la monarchie, contribuant à la chute de celle-ci le 10 août 1792.

Points essentiels

Le 10 août 1792, la prise des Tuileries suspend la monarchie et fait chuter le pouvoir royal. Cet événement marque une rupture décisive avec l’ancien régime, en mettant fin à la souveraineté de Louis XVI et en ouvrant la voie à la proclamation de la Première République française. La monarchie, qui avait été constitutionnelle depuis 1791, est désormais abandonnée, et la souveraineté populaire s’affirme comme principe central. La chute du roi est une étape cruciale dans la radicalisation révolutionnaire, illustrant la montée en puissance des forces populaires et des Jacobins, qui prônent une gouvernance unifiée et centralisée.

Le 21 septembre 1792, la Convention proclame officiellement la Première République française. Ce moment marque la fin de la monarchie absolue et la reconnaissance d’un nouveau régime basé sur la souveraineté du peuple. La République n’est plus simplement une aspiration, mais une réalité institutionnelle, affirmée par la loi et la volonté populaire. La République se veut universelle, dépassant le cadre national, et s’adresse à l’humanité entière, comme en témoigne l’enthousiasme de penseurs comme Kant ou des philosophes tels que Thomas Paine et Jean-Baptiste Cloots, qui voient dans cette révolution un modèle universel de liberté et de raison.

La période de la République jacobine se caractérise par une tension constante entre l’idéal universaliste et la nécessité de défendre la souveraineté nationale. La République, tout en revendiquant une portée universelle, doit faire face aux défis militaires et diplomatiques, notamment la guerre contre l’Autriche, qui impose une approche pragmatique. Les Jacobins, notamment Robespierre, privilégient une conception patriotique, insistant sur l’unité et l’indivisibilité du territoire et du droit. La loi du 25 septembre 1792 affirme que la France est une et indivisible, principe qui devient un dogme central, renforçant la centralisation administrative et la cohésion nationale.

L’indivisibilité de la République n’est pas seulement une règle juridique, mais une nécessité politique pour assurer la stabilité et l’efficacité du régime. Elle implique une organisation hiérarchisée, avec un contrôle étendu de l’État, notamment par la centralisation des institutions et le rôle prépondérant des fonctionnaires. La République, tout en prônant la liberté et l’égalité, adopte des méthodes parfois absolutistes, telles que la répression et la censure, pour maintenir l’unité. La logique binaire, ami ou ennemi, alimente la radicalisation, conduisant à la Terreur, période durant laquelle la République impose une obéissance totale et élimine toute opposition perçue comme une menace.

À retenir

La radicalisation révolutionnaire, illustrée par la prise des Tuileries et la proclamation de la République, conduit à une centralisation extrême et à une logique d’unité absolue, qui, tout en affirmant des idéaux universalistes, impose une gouvernance parfois dérogatoire et absolutiste, marquant la rupture entre l’idéal et la réalité politique de la période.

6. Constitution de l’an III

Notions clés & Définitions

Directoire
Le Directoire désigne la forme de gouvernement instaurée en France par la Constitution de l’an III, en 1795. Il s’agit d’un régime républicain modéré, caractérisé par un pouvoir exécutif partagé entre cinq directeurs nommés pour cinq ans, qui exercent collectivement le pouvoir exécutif. Ce régime se veut une réponse à la radicalisation de la Révolution, cherchant à stabiliser la République tout en évitant la concentration du pouvoir. Le Directoire succède au régime de la Convention et précède l’Empire, incarnant une tentative de gouvernance plus équilibrée, mais fragile, face aux tensions politiques, économiques et sociales persistantes.

Nouvelle Constitution
La Constitution de l’an III, adoptée en 1795, est la troisième constitution française depuis le début de la Révolution. Elle marque une rupture avec l’idéal démocratique de l’an I, en instaurant un régime plus conservateur et républicain modéré. Elle comporte 317 articles, une déclaration des droits et devoirs, et établit une organisation des pouvoirs bicamérale, avec un pouvoir législatif bicaméral (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens) et un pouvoir exécutif confié à un Directoire. La Constitution traduit une méfiance envers la démocratie directe et privilégie un suffrage censitaire, limitant la participation politique. Elle marque aussi un recul par rapport aux droits sociaux et à l’égalité absolue, valorisant la stabilité et la propriété.

Séparation des pouvoirs
Ce principe consiste à diviser le pouvoir en plusieurs organes indépendants pour éviter toute concentration ou abus. La Constitution de l’an III met en place une séparation entre le pouvoir législatif, exercé par un Parlement bicaméral (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens), le pouvoir exécutif, confié au Directoire, et le pouvoir judiciaire, indépendant. La séparation vise à équilibrer les institutions, à limiter le pouvoir de chaque branche, et à assurer une gouvernance plus stable, tout en étant sous la vigilance d’un contrôle mutuel.

République modérée
Ce terme désigne le régime instauré par la Constitution de l’an III, qui privilégie la stabilité et la propriété plutôt que la démocratie radicale. La République modérée limite la participation politique par le suffrage censitaire, réduit les libertés sociales, et privilégie un pouvoir exécutif fort mais contrôlé, incarné par le Directoire. Elle cherche à éviter les excès de la Terreur et à stabiliser la République en s’appuyant sur une élite de propriétaires et de notables, tout en conservant un cadre républicain.

Pouvoir exécutif collégial
Ce concept désigne la nature collective du pouvoir exécutif dans la Constitution de l’an III, où le Directoire, composé de cinq directeurs, exerce conjointement le pouvoir. Ce régime collégial vise à limiter le pouvoir individuel, à éviter la dictature, et à assurer une certaine stabilité. Les directeurs sont nommés par le corps législatif, renouvelés partiellement chaque année, et ont des responsabilités partagées, notamment la nomination des ministres et la conduite de la politique étrangère et intérieure.

Suffrage censitaire
Il s’agit d’un mode de suffrage qui limite le droit de vote aux citoyens payant un cens, c’est-à-dire une contribution financière ou foncière minimale. Dans la Constitution de l’an III, le suffrage censitaire est rétabli, ce qui restreint fortement la participation politique. Pour être citoyen, il faut avoir au moins 21 ans et payer un cens, tandis que pour être électeur, il faut avoir 25 ans et payer un cens plus élevé. Ce système privilégie la classe propriétaire et limite l’influence des classes populaires ou pauvres dans la vie politique.

Points essentiels

La Constitution de l’an III, adoptée en 1795 par la Convention, établit un régime républicain modéré visant à stabiliser la jeune République après la période de la Terreur. Elle repose sur une organisation des pouvoirs qui cherche à éviter la concentration du pouvoir dans une seule institution, en instaurant une séparation claire entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire. La législature est bicamérale, avec le Conseil des Cinq-Cents qui propose les lois et le Conseil des Anciens qui les adopte ou les rejette sans pouvoir d’amendement. L’exécutif est confié à un Directoire composé de cinq directeurs nommés pour cinq ans par le corps législatif, avec un renouvellement partiel annuel, ce qui vise à limiter leur pouvoir individuel. La Constitution privilégie un pouvoir exécutif collégial, afin d’éviter la dictature et de garantir une gouvernance plus équilibrée.

Elle traduit une méfiance envers la démocratie directe, en limitant la participation politique par le suffrage censitaire. La participation est réservée aux citoyens payant un cens, ce qui exclut une grande partie de la population, notamment les pauvres, les femmes, et certains groupes sociaux. La Constitution abandonne certains droits sociaux et libertés fondamentales, tels que le droit au travail ou à l’insurrection, pour privilégier la stabilité et la propriété. Elle marque ainsi un recul par rapport aux idéaux démocratiques de l’an I, en cherchant à éviter les insurrections populaires et à renforcer la propriété privée.

Ce régime, bien que républicain, repose sur une organisation conservatrice, visant à assurer la stabilité face aux crises politiques, économiques et sociales. La Constitution de l’an III est aussi caractérisée par un contrôle accru de l’armée et une forte influence des propriétaires dans la vie politique, ce qui prépare le terrain à une évolution vers un régime plus autoritaire ou monarchique.

À retenir

La Constitution de l’an III incarne une tentative de stabiliser la République en instaurant un régime modéré, équilibré et conservateur, mais elle limite fortement la participation populaire et privilégie la propriété et l’ordre, marquant ainsi un recul par rapport aux idéaux démocratiques initiaux de la Révolution. Elle constitue une étape clé dans la transition vers un régime plus autoritaire, qui aboutira à l’Empire.

7. Chute de Robespierre

Notions clés & Définitions

Thermidor : La Thermidor désigne le mois du calendrier révolutionnaire correspondant à la période de la chute de Robespierre, soit du 27 juillet au 24 août 1794. Elle symbolise également la phase de réaction qui suit la fin de la Terreur, marquant la fin de la dictature jacobine et le début d’une période plus modérée. La chute de Robespierre, survenue en Thermidor, constitue un tournant décisif dans la Révolution française, mettant fin à la politique de terreur et amorçant une nouvelle phase politique.

Robespierre : Maximilien Robespierre est une figure centrale de la Révolution française, notamment en tant que leader du gouvernement révolutionnaire et principal artisan de la Terreur. Il incarne la radicalité jacobine, prônant une morale civique stricte, la vertu républicaine et la nécessité de mesures exceptionnelles pour sauver la République. Sa montée au pouvoir est marquée par la création du Comité de salut public, dont il devient le chef, et par la mise en œuvre de politiques répressives visant à éliminer ses ennemis politiques et à instaurer une nouvelle vertu civique. Sa chute en juillet 1794 marque la fin de la Terreur et la fin de sa dictature personnelle.

Fin de la Terreur : La fin de la Terreur correspond à la chute de Robespierre en Thermidor, qui met fin à la politique de répression systématique et à l’état d’exception instauré par le gouvernement révolutionnaire. La période de la Terreur, caractérisée par des procès sommaires, des exécutions massives et une centralisation extrême du pouvoir judiciaire et politique, est remplacée par une phase plus modérée où la répression diminue, et où la Convention cherche à stabiliser la République sans recourir à la violence systématique.

Coup d’État thermidorien : Le coup d’État thermidorien désigne la manœuvre politique menée par ses opposants au sein de la Convention pour renverser Robespierre. Le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II), Robespierre est arrêté et exécuté, ce qui marque la fin de sa dictature. Ce coup d’État est le résultat d’un compromis entre différentes factions qui craignent la radicalité de Robespierre et la violence de la Terreur, et qui souhaitent revenir à une gouvernance plus modérée.

Réaction contre la dictature jacobine : La réaction contre la dictature jacobine se manifeste par la chute de Robespierre et la fin de la Terreur. Elle traduit la volonté de la majorité des membres de la Convention, ainsi que des autres acteurs politiques, de mettre fin à la politique de répression systématique, de restaurer une certaine stabilité politique et de limiter le pouvoir concentré entre les mains d’un seul homme ou d’un groupe restreint. Cette réaction marque un tournant vers une République plus modérée, où la violence et la centralisation du pouvoir sont réduites.

Points essentiels

La chute de Robespierre en Thermidor marque la fin de la Terreur et ouvre une nouvelle phase politique en France. Ce moment crucial met fin à la dictature jacobine instaurée par Robespierre et ses alliés, qui avaient concentré tous les pouvoirs entre leurs mains pour sauvegarder la République face aux menaces extérieures et intérieures. La fin de la Terreur se traduit par la suppression des lois répressives, la libéralisation progressive des institutions, et la diminution de la violence politique. La chute de Robespierre est ainsi un tournant décisif vers une République plus modérée, où la violence systématique cède la place à une gouvernance plus équilibrée. Ce changement s’accompagne d’un recul de la centralisation autoritaire et d’un effort pour stabiliser la République, tout en évitant la réapparition des excès de la Terreur. La réaction contre la dictature jacobine, menée par ses opposants au sein de la Convention, traduit une volonté collective de revenir à des principes plus modérés, tout en consolidant la République naissante.

À retenir

La chute de Robespierre en Thermidor constitue un tournant décisif vers la modération politique et la fin de la Terreur, marquant la transition d’une dictature jacobine à une République plus équilibrée et moins violente.

8. République thermidorienne

Notions clés & Définitions

Thermidor
Le terme "Thermidor" désigne le 11e mois du calendrier révolutionnaire, correspondant approximativement à la période de fin juillet à début août. Dans le contexte historique de la Révolution française, il évoque la période du 27 juillet 1794 (9 Thermidor an II), marquée par le coup d’État qui met fin à la Terreur. Ce coup d’État, appelé la "Réaction thermidorienne", aboutit à la chute de Robespierre et à une nouvelle phase de stabilisation politique. La période qui suit est connue sous le nom de "République thermidorienne", caractérisée par une volonté de rétablir l’ordre et de limiter les excès révolutionnaires.

République modérée
La République modérée désigne une conception de la République qui privilégie la stabilité, la prudence et la progression graduelle plutôt que la radicalité. Elle est incarnée par des penseurs tels que Nicolas de Condorcet et Jacques Pierre Brissot, qui prônent une transformation politique et sociale progressive, évitant les excès et les violences. La République modérée cherche à instaurer un régime qui respecte les principes fondamentaux de la souveraineté populaire tout en évitant les dérives autoritaires ou révolutionnaires excessives.

Réaction thermidorienne
La réaction thermidorienne correspond à la période qui suit le coup d’État du 9 Thermidor (27 juillet 1794). Elle marque la fin de la Terreur et la mise en place d’un régime plus modéré. Elle se caractérise par la répression des jacobins, considérés comme responsables des excès révolutionnaires, ainsi que par une volonté de stabiliser le régime en rétablissant un ordre plus conservateur. La réaction thermidorienne est donc une phase de retour à l’ordre, de rééquilibrage politique, et de lutte contre la radicalité révolutionnaire.

Répression des jacobins
Après le 9 Thermidor, une politique de répression s’abat sur les jacobins, qui sont perçus comme responsables des excès de la Terreur. Les jacobins, groupe révolutionnaire radical, sont marginalisés, arrêtés ou exécutés, afin d’éliminer leur influence et de prévenir toute résurgence de la radicalité. Cette répression vise à consolider la nouvelle orientation modérée du régime et à instaurer une stabilité politique durable.

Stabilisation politique
La stabilisation politique désigne l’ensemble des efforts et des mesures prises pour assurer la paix et la stabilité du régime après une période de crise ou de conflit. Dans le contexte de la République thermidorienne, cela implique la répression des factions radicales, la mise en place d’un gouvernement plus modéré, et la recherche d’un équilibre entre les différentes forces politiques. La stabilisation vise à éviter de nouvelles violences ou upheavals, en rétablissant un ordre politique plus durable.

Points essentiels

La République thermidorienne cherche à stabiliser le régime en réprimant les jacobins. Après la chute de Robespierre et la fin de la Terreur, cette période se caractérise par une volonté claire de mettre fin aux excès révolutionnaires qui ont marqué la phase précédente. La répression des jacobins, considérés comme responsables des violences et des radicalités, est une étape centrale pour instaurer un climat de paix et de sécurité. La République thermidorienne incarne ainsi une réaction contre les excès révolutionnaires, cherchant à revenir à un ordre plus modéré et équilibré. Elle incarne une période de rééquilibrage politique, où la priorité est donnée à la stabilité, à la paix sociale et à la prévention de nouvelles crises. La période est aussi marquée par une volonté de limiter l’influence des factions radicales, tout en conservant certains principes fondamentaux de la Révolution, tels que la souveraineté populaire.

À retenir

La République thermidorienne constitue une étape clé de la Révolution française, incarnant un retour à l’ordre et à la stabilité après la période de la Terreur. Elle se caractérise par une réaction contre les excès révolutionnaires et par une politique de répression des jacobins, afin de rétablir un équilibre politique durable.

9. Organisation du régime

Notions clés & Définitions

Séparation des pouvoirs
La séparation des pouvoirs désigne la division des fonctions politiques en différentes institutions afin d’éviter la concentration du pouvoir et de garantir un contrôle mutuel. Selon Montesquieu (notamment dans "De l’esprit des lois"), cette séparation permet de préserver la liberté politique en empêchant tout pouvoir d’être exercé de manière arbitraire. Dans le contexte de la République décrite, cette règle impose une distinction stricte entre le pouvoir législatif, chargé de faire les lois, et le pouvoir exécutif, chargé de leur application.

Pouvoir législatif bicaméral
Le pouvoir législatif est celui qui élabore, modifie et adopte les lois. Lorsqu’il est bicaméral, il se compose de deux chambres ou assemblées distinctes, chacune ayant des fonctions spécifiques. La Constitution évoquée prévoit un pouvoir législatif étendu mais tempéré par l’intervention du peuple, ce qui indique une organisation institutionnelle complexe où deux corps législatifs peuvent coexister pour équilibrer le processus législatif.

Pouvoir exécutif
Le pouvoir exécutif regroupe l’ensemble des institutions chargées de mettre en œuvre les lois et de diriger l’administration publique. Dans cette organisation, il est soumis strictement à la loi, sans pouvoir réglementaire ni initiative législative, se limitant à l’exécution des lois et décrets. La Constitution insiste sur une subordination stricte de l’exécutif au législatif, ce qui limite ses prérogatives et évite une concentration du pouvoir.

Suffrage censitaire
Le suffrage censitaire limite la participation politique à ceux qui paient un impôt ou une contribution financière d’un certain seuil, excluant ainsi une large partie de la population. La Constitution de la République établit un suffrage universel direct masculin, mais sous certaines conditions, notamment pour les étrangers, ce qui montre une évolution par rapport au suffrage censitaire, tout en conservant des restrictions pour certains citoyens.

Institutions républicaines
Les institutions républicaines désignent l’ensemble des organes et structures politiques qui organisent la souveraineté populaire et garantissent la démocratie. La Constitution de 1793, plus ambitieuse que celle de 1789, établit des droits fondamentaux, un suffrage élargi, et des mécanismes comme le référendum, pour assurer la participation du peuple à la vie politique tout en maintenant un contrôle strict des pouvoirs.

Points essentiels

Le régime organise une séparation stricte des pouvoirs entre législatif et exécutif. La Constitution de la République française de 1793 établit un cadre où ces deux pouvoirs sont clairement distincts, avec une prééminence du législatif. La séparation vise à éviter toute concentration du pouvoir et à garantir un équilibre institutionnel, tout en permettant au peuple une intervention directe dans la vie politique. La mise en place d’un pouvoir législatif bicaméral, avec deux chambres, permet de modérer la législation et d’assurer une représentation équilibrée.

Le suffrage censitaire, qui limitait la participation politique aux citoyens payant un impôt, est remplacé ou complété par un suffrage universel direct masculin, élargissant ainsi la base électorale. Cependant, cette universalisation reste encadrée par des conditions spécifiques pour certains groupes, notamment les étrangers ou ceux qui ne remplissent pas certaines conditions de résidence ou de contribution.

L’ensemble de ces institutions républicaines vise à instaurer un régime démocratique, mais avec des contrôles et des limitations qui reflètent une organisation institutionnelle équilibrée, où la participation populaire est encadrée pour éviter tout excès ou dérive.

À retenir

L’organisation institutionnelle de la République repose sur une séparation stricte des pouvoirs entre législatif et exécutif, afin d’assurer un contrôle mutuel et d’éviter la concentration du pouvoir. Le régime cherche à équilibrer contrôle et limitation démocratique, notamment par un suffrage élargi mais encadré, tout en maintenant une hiérarchie claire entre les institutions.

10. Coup d’État du 18 Brumaire

Notions clés & Définitions

  • AUTEUR : voir section 3

Napoléon Bonaparte : Général et homme politique français, Napoléon Bonaparte s’impose comme le principal acteur du coup d’État du 18 Brumaire. Il devient le chef du régime, consolidant son pouvoir et amorçant une période de centralisation autoritaire. Sa figure incarne la fin de la République révolutionnaire et le début d’un régime personnel et autoritaire. AUTEUR (date) décrit Napoléon comme le nouvel homme fort du régime.

Fin du Directoire : Le Directoire était le régime politique en vigueur en France après la Révolution, caractérisé par un pouvoir exécutif partagé entre cinq directeurs. Son déclin est marqué par l’incapacité à stabiliser la République face aux crises politiques, économiques et sociales. La fin du Directoire est scellée par le coup d’État du 18 Brumaire, qui le remplace par le Consulat, marquant la fin d’une période républicaine fragile.

Prise du pouvoir : La prise du pouvoir par Napoléon Bonaparte lors du 18 Brumaire s’effectue par un coup d’État, utilisant la force pour renverser le régime en place. Ce mouvement lui permet de s’imposer comme le dirigeant de la France, en consolidant son autorité face aux oppositions et aux crises internes. La prise du pouvoir est ainsi le point culminant de la transition vers un régime autoritaire.

Transition vers le Consulat : La transition désigne la période de passage entre la fin du Directoire et l’instauration du Consulat. Après le coup d’État, un nouveau régime est mis en place, dans lequel Napoléon Bonaparte exerce le pouvoir en tant que Premier Consul. Ce changement marque la fin de la République révolutionnaire et le début d’un régime autoritaire, centralisé et personnel.

Points essentiels

Le coup d’État du 18 Brumaire met fin au Directoire et instaure le Consulat. Ce mouvement, orchestré par Napoléon Bonaparte, marque une rupture avec la République révolutionnaire en supprimant le régime du Directoire, qui était caractérisé par une instabilité politique chronique, une crise économique persistante et une opposition croissante. La mise en œuvre du coup d’État s’appuie sur une utilisation stratégique de la force, notamment par le biais d’un comité de défense et de la mobilisation de l’armée, afin de neutraliser les opposants politiques et de sécuriser le pouvoir.

Napoléon Bonaparte s’impose comme le nouvel homme fort du régime. Son rôle central est consolidé par sa capacité à contrôler les institutions, à manipuler l’opinion publique et à s’appuyer sur le soutien de l’armée. Il devient le principal acteur de la nouvelle phase politique, incarnant la fin de la République révolutionnaire et le début d’un régime autoritaire. Son ascension est aussi facilitée par la crise du Directoire, qui apparaît comme incapable de résoudre les crises internes et externes, et par la faiblesse des autres acteurs politiques face à sa puissance.

Ce coup d’État marque donc une étape décisive dans l’histoire de France, en mettant fin à la période révolutionnaire et en amorçant une nouvelle ère où Napoléon Bonaparte exerce un pouvoir personnel, consolidé par la transition vers le régime du Consulat, qui prépare la naissance de l’Empire.

À retenir

Le 18 Brumaire constitue la fin de la République révolutionnaire et le début d’un régime autoritaire sous Napoléon Bonaparte, qui s’impose comme le nouvel homme fort du régime, en utilisant la force et la manipulation pour instaurer le Consulat. Ce moment marque une rupture avec la démocratie révolutionnaire et l’avènement d’un régime centralisé et personnel.

11. Consulat et Empire

Notions clés & Définitions

Consulat
Le Consulat désigne la période de gouvernement en France entre 1799 et 1804, instaurée après le coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799). Elle voit la concentration du pouvoir autour de trois consuls, avec Napoléon Bonaparte en premier consul, qui détient la majorité des pouvoirs exécutifs. Le Consulat marque la fin de la Révolution et le début d’un régime autoritaire, tout en conservant certains aspects institutionnels révolutionnaires.

Empire
L’Empire correspond à la période à partir de 1804, lorsque Napoléon Ier se proclame empereur des Français. Il s’agit d’un régime monarchique autoritaire, où le pouvoir est centralisé autour de l’empereur, qui exerce une autorité absolue. L’Empire se caractérise par une forte centralisation du pouvoir, une politique de conquête et d’expansion territoriale, ainsi qu’un régime autoritaire.

Napoléon Ier
Napoléon Bonaparte, figure centrale de cette période, incarne la synthèse entre héritage révolutionnaire et autoritarisme. Il exerce une domination personnelle sur la France durant le Consulat puis l’Empire, en centralisant le pouvoir et en imposant des réformes juridiques, administratives et éducatives. Son nom reste associé à la transformation profonde de la France et à sa domination européenne.

Centralisation du pouvoir
Ce concept désigne la concentration des pouvoirs politiques, administratifs et juridiques autour d’une autorité unique, en l’occurrence Napoléon Ier. Le Consulat et l’Empire mettent en place un régime où le pouvoir exécutif est fortement renforcé, notamment par la suppression des contre-pouvoirs et la mise en place d’un contrôle centralisé sur l’ensemble des institutions.

Code civil
Le Code civil, promulgué en 1804, est une codification juridique qui unifie le droit français. Rédigé par une commission de juristes issus de différentes traditions juridiques françaises, il vise à synthétiser les lois et coutumes issues de l’Ancien Régime et de la Révolution. Il comporte initialement 2281 articles et devient un symbole national, unificateur et un instrument politique, diffusé dans les territoires conquis et influençant d’autres pays.

Autoritarisme
L’autoritarisme désigne un régime politique où le pouvoir est concentré entre les mains d’un seul homme ou d’un groupe restreint, avec peu de place pour la participation démocratique. Dans le contexte du Consulat et de l’Empire, il se manifeste par la suppression ou la limitation des libertés politiques, la centralisation du pouvoir et la mise en place d’un régime où l’autorité de Napoléon est incontestée.

Points essentiels

Le Consulat et l’Empire centralisent le pouvoir autour de Napoléon Ier, incarnant une forte concentration du pouvoir exécutif.
Le Consulat, instauré après le coup d’État de 1799, voit Napoléon exercer une domination quasi absolue en tant que premier consul, tout en conservant certains aspects institutionnels issus de la Révolution.
L’Empire, proclamé en 1804, établit un régime monarchique autoritaire avec Napoléon comme empereur, renforçant la centralisation du pouvoir et la domination personnelle.
Le Code civil, élaboré en 1804 par une commission de juristes issus de l’Ancien Régime, constitue une œuvre de synthèse entre traditions juridiques françaises et acquis révolutionnaires. Il vise à unifier le droit français, devenant un symbole national, un outil d’unification juridique et un instrument politique.
Ce code est largement diffusé, imposé dans les territoires conquis et utilisé comme modèle dans d’autres pays, notamment le Japon et la Roumanie, dans une stratégie d’expansion et d’influence.
Par ailleurs, la réforme scolaire mise en œuvre sous l’Empire structure l’enseignement avec la création des lycées, destinés à former une élite fidèle au régime, et l’Université impériale, qui vise à unifier le système éducatif et à contrôler idéologiquement la jeunesse.
Cependant, l’enseignement primaire reste insuffisamment développé, avec un manque d’encadrement et d’instituteurs, et un coût élevé qui limite l’accès à l’éducation, constituant un point faible de la politique éducative impériale.

À retenir

La période du Consulat et de l’Empire représente une synthèse entre l’héritage révolutionnaire et l’autoritarisme napoléonien, avec une centralisation du pouvoir incarnée par Napoléon Ier et la mise en place de réformes juridiques et éducatives visant à unifier et renforcer l’État.

Tableaux de Synthèse

ThèmeÉvénement / Notions clésAuteur / RéférenceCommentaire
Naissance de la RépubliqueTradition républicaine : continuité idéologique malgré monarchies successivesClaude NicoletLa société française possède une « tradition républicaine » comme une religion civique
Rupture politique de 1789 : fin de l’ancien régime, émergence de la souveraineté nationaleLa Révolution marque un changement profond dans la conception du pouvoir
Serment du Jeu de paume : affirmation de la souveraineté populaireDéputés du tiers état se déclarent Assemblée nationale, acte fondateur
Principes fondamentaux 1789Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) : droits universels, égalité, libertéAdoptée en 1789, valeur constitutionnelle reconnue en 1971
Abolition des privilèges : fin du système féodal, égalité juridiqueNuit du 4 août 1789, suppression des droits seigneuriaux et dîmes
Égalité fiscale : contribution proportionnelle aux facultésArticle 13 de la DDHC
Liberté d’opinion : droit à l’expression sans craintes ni restrictionsArticle 10 de la DDHC
Légicentrisme : primauté de la loi, expression de la volonté généraleLa loi comme source principale du droit, souveraineté populaire

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la rupture symbolique de 1789 avec une rupture immédiate dans la monarchie (la monarchie n’est pas immédiatement abolie).
  2. Confondre la tradition républicaine (Claude Nicolet) avec une rupture totale ou une absence de continuité culturelle.
  3. Assimiler la Constitution de 1791 à une démocratie complète alors qu’elle établit une monarchie constitutionnelle.
  4. Confondre abolition des privilèges (nuit du 4 août 1789) avec la fin immédiate de toutes les inégalités sociales.
  5. Confondre la DDHC avec un texte purement déclaratif ou symbolique ; elle a une valeur juridique reconnue en 1971.
  6. Négliger que la souveraineté populaire s’affirme dès le serment du Jeu de paume, pas uniquement avec la DDHC.
  7. Confondre le principe de légicentrisme avec une conception absolutiste du droit, alors qu’il insiste sur le respect des droits naturels.
  8. Confusion entre droits naturels (liberté, propriété) et droits civiques ou politiques spécifiques.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de « tradition républicaine » selon Claude Nicolet.
  2. Expliquer en quoi la Révolution française constitue une rupture politique majeure en 1789.
  3. Identifier les événements clés liés au Serment du Jeu de paume et leur importance symbolique.
  4. Définir et analyser le contenu et la portée de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC).
  5. Comprendre le rôle et les conséquences de l’abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789.
  6. Expliquer le principe d’égalité fiscale selon l’article 13 de la DDHC.
  7. Décrire ce que garantit la liberté d’opinion dans le contexte révolutionnaire.
  8. Analyser le principe de légicentrisme dans l’organisation juridique révolutionnaire.
  9. Connaître les concepts clés liés à la continuité dynastique depuis Hugues Capet jusqu’à 1789.
  10. Identifier les auteurs et références clés : Claude Nicolet pour la tradition républicaine, Joseph de Maistre pour l’événement providentiel.
  11. Maîtriser les principes fondamentaux inscrits dans la DDHC et leur impact sur le régime révolutionnaire.
  12. Vérifier que l’on maîtrise bien tous les événements liés à la nuit du 4 août et leur signification pour l’abolition des privilèges.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les Fondements de la République Française avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est le rôle principal de la déclaration du 9 juillet 1789 dans la naissance de la République ?

2. Comment cette déclaration du 9 juillet 1789 a-t-elle permis à la nation de renforcer sa légitimité dans la construction du nouveau régime ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les Fondements de la République Française avec 22 flashcards interactives.

Naissance de la République — date ?

1792, proclamation de la Première République.

Principes fondamentaux 1789 — affirmation ?

Liberté, égalité, propriété, souveraineté populaire.

Constitution de 1791 — régime ?

Monarchie constitutionnelle limitée.

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