Origines religieuses et civiques : La tragédie grecque naît au Ve siècle av. J.-C. à Athènes, lors de cérémonies en l'honneur de Dionysos, combinant rites religieux et festivités civiques. La représentation théâtrale s'inscrit dans une fête religieuse collective, marquant l'union de la cité.
Étymologie incertaine : Le mot "tragédie" pourrait signifier "chant du bouc" (de tragos, bouc, et oidé, chant), reflet de rites anciens liés à Dionysos, mais cette origine est discutée. La tragédie, à ses débuts, était un rituel religieux.
Définition aristotélicienne : Selon Aristote dans La Poétique, la tragédie est une "imitation d'une action de caractère élevé et complète, faite par des personnages en action, suscitant pitié et crainte, et opérant la catharsis (purgation des passions)". Elle vise à représenter des actions nobles pour éveiller des émotions chez le spectateur.
Sujets et personnages : La tragédie puise ses thèmes dans la mythologie ou l'Histoire, mettant en scène des héros de rang élevé, légendaires ou historiques, confrontés à un conflit inextricable avec des forces supérieures ou internes, souvent aboutissant à une issue fatale.
Règles et structure : La tragédie classique suit la règle des "trois unités" (temps : 24h, lieu : décor unique, action : intrigue principale), utilise l'alexandrin, et doit respecter la vraisemblance et la bienséance. Elle comporte cinq actes, avec une action divisée en scènes, et doit créer l'illusion du vrai.
But esthétique et moral : La tragédie cherche à plaire et toucher le spectateur, tout en instruisant par la représentation de passions intenses. La catharsis permet au public de maîtriser ses passions en s'identifiant aux héros confrontés à leur destin.
La tragédie grecque, née d’un rituel religieux en l’honneur de Dionysos, est une représentation dramatique visant à éveiller des émotions fortes chez le spectateur tout en lui offrant une leçon morale sur la fatalité et la grandeur des passions humaines.
Poiesis : Action de créer ou de produire, en particulier dans le contexte théâtral, la représentation d'une action noble et complète. Selon Aristote, la tragédie doit imiter une action de caractère élevé, accomplie par des personnages en action.
Catharsis : Purgation émotionnelle que le spectateur ressent lors de la tragédie. Aristote la définit comme la purification ou la libération des passions telles que la pitié et la crainte, provoquées par la spectacle.
Mimesis : Imitation de la réalité ou de l'action humaine. La tragédie, selon Aristote, est une mimesis d'une action sérieuse et complète, visant à représenter la vie telle qu'elle est ou pourrait être.
Unité d'action : Principe selon lequel la pièce doit se concentrer sur une seule intrigue principale, évitant les sous-intrigues dispersives, pour respecter la cohérence et la vraisemblance.
Vraisemblance : Qualité de ce qui paraît vrai ou crédible. La tragédie doit respecter la vraisemblance pour que le spectateur accepte la fiction comme étant plausible dans le cadre de l'action représentée.
Décorum : Conformité du comportement, du langage et de l'apparence des personnages à leur rang, leur époque et leur caractère. La tragédie doit respecter le décorum pour maintenir la vraisemblance et la crédibilité.
La définition aristotélicienne de la tragédie insiste sur l'imitation d'une action noble, visant à provoquer une catharsis chez le spectateur, tout en respectant la vraisemblance et le décorum pour assurer la crédibilité de l'œuvre.
Tragédie : Genre théâtral d'origine grecque, représentant une action de caractère élevé, suscitant la pitié et la crainte, visant la catharsis. Elle met en scène des héros confrontés à un destin funeste ou des passions déchaînées.
Conflit tragique : Opposition irrémédiable entre deux exigences ou forces, souvent intérieur au héros, qui mène à sa chute. Il repose sur un dilemme où aucune solution ne peut satisfaire pleinement toutes les exigences.
Héros tragique : Personnage de rang élevé, souvent noble ou mythologique, confronté à un destin inévitable. Il possède des qualités mais aussi des défauts qui contribuent à sa chute (fautes, hubris).
Dilemme : Situation où le héros doit choisir entre deux options également difficiles ou incompatibles, chacune ayant des conséquences graves, renforçant la tension dramatique.
Catharsis : Purification des passions du spectateur par la pitié et la crainte éprouvées lors de la représentation, selon Aristote. Elle permet une libération morale ou émotionnelle.
Action dramatique : Ensemble des événements qui composent l'intrigue, structurée en trois phases : exposition, nœud (obstacles, péripéties) et dénouement. Elle doit respecter la vraisemblance et les règles classiques.
La tragédie met en scène un héros noble confronté à un conflit irrémédiable, dont la chute suscite la catharsis chez le spectateur, tout en illustrant la fatalité et les passions humaines.
Exposition : La première étape de l’action dramatique où sont présentés les personnages, le contexte, et la situation initiale. Elle doit être claire, courte, et vraisemblable pour capter l’attention du spectateur.
Nœud de l’action : Moment où apparaissent les obstacles, péripéties ou coups de théâtre qui font avancer l’intrigue. C’est le point de tension qui mène au dénouement.
Dénouement : La résolution de l’intrigue, qui doit être rapide, logique et nécessaire. Il clôt l’action en apportant une conclusion à l’histoire.
Actes et scènes : Divisions de la pièce. La tragédie classique comporte généralement cinq actes, chaque acte étant subdivisé en scènes. La liaison entre scènes doit préserver la continuité de l’action.
Les trois unités : Règles classiques selon lesquelles la pièce doit respecter un temps (24 heures), un lieu unique, et une action principale pour assurer la vraisemblance et l’unité de l’œuvre.
La structure de l’action dramatique, articulée autour de l’exposition, du nœud et du dénouement, garantit la cohérence et la tension de la pièce, tout en respectant les règles classiques d’unité pour renforcer la vraisemblance.
Vraisemblance : Principe selon lequel la représentation doit respecter la cohérence interne et la crédibilité de l'intrigue, en cohérence avec la réalité ou la logique dramatique. La vraisemblance permet d'illusionner le spectateur et de renforcer l'impact émotionnel.
Les trois unités : Règles fondamentales de la tragédie classique qui imposent que l'action se déroule en un seul lieu, en un seul jour, et autour d'une intrigue principale. Ces unités visent à concentrer l'action et à respecter la vraisemblance.
Catharsis : Concept aristotélicien désignant la purification ou le soulagement émotionnel que le spectateur ressent en assistant à une tragédie, par la pitié et la crainte suscitées par l'histoire. La catharsis a une fonction morale et thérapeutique.
Dénouement : La conclusion de la pièce où se résolvent les conflits, généralement de façon tragique dans la tragédie classique. Il doit être nécessaire et logique, permettant une clôture cohérente avec l'intrigue.
Le héros tragique : Personnage de haut rang, souvent noble ou légendaire, soumis à une fatalité ou à des passions qui le conduisent à sa perte. Il possède des qualités mais aussi des défauts qui contribuent à sa chute.
La tragédie classique repose sur la vraisemblance, le respect des trois unités, et la figure du héros tragique confronté à une fatalité, afin de susciter la catharsis et transmettre une leçon morale.
But esthétique
Objectif du théâtre visant à plaire et à émouvoir le spectateur par la beauté, la vraisemblance et la perfection formelle de la représentation. Il cherche à susciter le plaisir esthétique à travers la mise en scène, le langage et la structure de l'œuvre.
But moral
Objectif du théâtre visant à instruire, à corriger les mœurs et à faire réfléchir le public. La tragédie et la comédie ont pour vocation de transmettre des leçons de vie, souvent par la catharsis ou la satire, pour inciter à la vertu ou à la réflexion.
Catharsis (selon Aristote)
Purgation des passions par la représentation théâtrale, permettant au spectateur de vivre des émotions fortes (pitié, crainte) et de s’en libérer dans la vie réelle. Au XVIIe siècle, cette notion est souvent interprétée comme une purification morale.
Vraisemblance
Principe selon lequel la représentation doit respecter la cohérence interne et la crédibilité de l’histoire, en accord avec la réalité ou la logique dramatique, pour maintenir l’illusion et l’engagement du spectateur.
Les trois unités (temps, lieu, action)
Règles classiques qui limitent la durée (24 heures), le lieu unique et l’intrigue principale pour renforcer la vraisemblance et l’unité de l’action dramatique.
Mise en scène
Choix artistiques opérés par le metteur en scène (décors, costumes, lumières, musique) pour donner vie au texte et renforcer l’effet esthétique et moral de la pièce.
Le théâtre classique cherche à allier le plaisir esthétique à une fonction morale, en utilisant la vraisemblance et la structure rigoureuse pour émouvoir, instruire et corriger les mœurs du public.
Comédie : Genre théâtral visant à représenter le ridicule de l'humanité à travers des personnages issus de la basse ou moyenne condition, souvent en s'inspirant de la vie quotidienne. Elle utilise le rire pour critiquer la société et corriger les mœurs.
Cômos : Procession religieuse en l'honneur de Dionysos, à l'origine de la comédie en Grèce antique. Ce terme désignait aussi le chant burlesque associé à cette procession.
Règle des trois unités : Principe classique selon lequel la pièce doit respecter un temps (24 heures), un lieu (décor unique) et une action (intrigue principale unique), afin de garantir la vraisemblance et la cohérence dramatique.
Vraisemblance : Principe selon lequel la représentation doit donner l'illusion du vrai, en respectant la cohérence temporelle, spatiale et morale pour que le spectateur accepte la fiction comme plausible.
But moral et didactique : Objectif de la comédie qui, par le rire, dénonce les défauts humains et incite à la correction des mœurs, tout en divertissant.
Comique de situation : Forme de comique basée sur des quiproquos, rencontres inattendues ou malentendus, qui provoque le rire par le décalage entre la situation et la perception des personnages ou du public.
La comédie grecque est née d'une procession religieuse en l'honneur de Dionysos, mêlant burlesque et satire politique, notamment chez Aristophane. Elle évolue vers une représentation plus centrée sur le caractère et la vie quotidienne avec Ménandre et la comédie nouvelle.
Aristote la définit comme l'imitation des hommes de condition inférieure dans le domaine du risible, mettant en scène le ridicule pour représenter le laid et provoquer le rire.
La structure de la comédie repose sur cinq actes, avec un dénouement généralement heureux, souvent par le mariage ou la réconciliation, contrairement à la tragédie qui se termine souvent par la mort ou la catastrophe.
La comédie utilise divers formes du comique : de mots (jeux de langage, calembours), de gestes (actions physiques), de situation (quiproquos) et de caractère (ridiculisation de traits obsessionnels).
Son objectif est à la fois esthétique (plaire) et moral (corriger les mœurs), en utilisant le rire comme outil de critique sociale et d'instruction.
La comédie grecque, née d’un rituel religieux, a évolué pour devenir un genre théâtral satirique et moral, utilisant le rire pour représenter le ridicule de l’humanité et inciter à la réflexion sur la société.
Imitation (mimèsis) : Représentation de la vie humaine ou de la société, selon Aristote, qui constitue la base de la comédie. Elle vise à représenter le ridicule de l'humanité dans ses aspects inférieurs ou faibles.
Risible : Ce qui provoque le rire ou le mépris, souvent associé à la représentation du caractère ridicule ou absurde des personnages ou situations dans la comédie.
Personnages de basse ou moyenne condition : Les figures typiques de la comédie, souvent issus du peuple ou de la bourgeoisie, qui incarnent des traits ridicules ou faibles pour susciter le rire.
Objectif moral et didactique : La comédie, selon Aristote, a pour but de corriger ou améliorer les mœurs par le rire, en montrant les ridicules de la société ou des comportements humains.
Miroir de la vie quotidienne : La comédie reflète la société et les comportements ordinaires, mettant en scène des situations familières pour faire rire tout en instruisant.
La comédie aristotélicienne est une imitation du risible, visant à divertir tout en instruisant, en montrant le ridicule de l'humanité pour encourager la réflexion et la correction des mœurs.
Comédie : Genre théâtral visant à divertir en représentant des situations ridicules ou absurdes de personnages de condition moyenne ou inférieure, souvent avec un but moral ou éducatif. Elle utilise le rire pour corriger les mœurs.
Comique : Effet ou procédé visant à provoquer le rire ou l'amusement. Il se décline en plusieurs formes : comique de mots, gestes, situation ou caractère.
Personnages de comédie : Personnages issus du peuple ou de la bourgeoisie, souvent ridiculisés par leurs défauts, manies ou travers, représentant la vie quotidienne ou des traits sociaux.
Les formes du comique : Divers procédés utilisés pour produire le rire, notamment le comique de mots (jeux de langage, calembours), de gestes (actions physiques, chutes), de situation (malentendus, quiproquos) et de caractère (obsessions, ridiculisation).
But de la comédie : Plaire au public tout en ayant une fonction morale ou critique, en dénonçant ou en ridiculisant les travers de la société ou des individus, dans une optique éducative.
La comédie, par ses procédés variés et ses personnages issus du quotidien, utilise le rire comme un outil à la fois divertissant et moral, visant à corriger les mœurs tout en plairant au spectateur.
La comédie du XVIIe siècle, tout en respectant des règles strictes d’unité et de vraisemblance, utilise diverses formes de comique pour divertir, critiquer la société, et corriger les mœurs par le rire.
Vraisemblance : Principe selon lequel la représentation doit respecter la cohérence interne et la crédibilité de l’histoire, en cohérence avec la réalité ou la vie quotidienne, afin de favoriser l’illusion pour le spectateur.
Catharsis : Concept aristotélicien désignant la purification ou le soulagement des passions du spectateur par la représentation de la terreur et de la pitié, permettant une libération morale.
Trois unités : Règle classique selon laquelle la pièce doit respecter un temps (24 heures), un lieu unique, et une intrigue principale unique, afin de renforcer la vraisemblance et la concentration de l’action.
Bienseances : Normes de décence et de convenance qui régissent la représentation, notamment en évitant la violence ou la sexualité choquantes, pour respecter la morale et les attentes du public.
Comique de mots : Forme d’humour exploitant le langage, par le biais de jeux de mots, calembours, répétitions ou déformations, pour provoquer le rire.
But de la comédie : Plaire tout en instruisant, en dénonçant les ridicules de la société et en incitant à la correction morale par le rire.
La comédie classique du XVIIe siècle cherche à plaire et à corriger les mœurs par le rire, en respectant la vraisemblance et les règles strictes du théâtre pour transmettre un message moral tout en divertissant.
| Critères | Tragédie grecque | Comédie grecque |
|---|---|---|
| Origines | Rituel religieux en l'honneur de Dionysos, rites civiques | Rites liés à Dionysos, fêtes populaires, satire sociale |
| Sujet principal | Mythes, héros légendaires, destin tragique | Satire, moquerie des mœurs, situations quotidiennes |
| Personnages | Héros de haut rang, confrontés à la fatalité | Personnages ordinaires ou caricatures, souvent des types |
| Structure | 5 actes, respect des unités (temps, lieu, action) | Variée, souvent en scènes, formes plus libres |
| Objectifs | Émouvoir, instruire, purger les passions (catharsis) | Divertir, critiquer, faire rire |
| Critères | Tragédie aristotélicienne | Comédie aristotélicienne |
|---|---|---|
| Mimesis | Imitation d'une action noble et sérieuse | Imitation de la vie quotidienne ou de situations ridicules |
| Catharsis | Purification des passions par la pitié et la crainte | Rire, satire, critique des mœurs |
| Unités | 1 intrigue, 24h, décor unique | Libre, souvent plusieurs intrigues ou scènes |
| Vraisemblance | Essentielle pour crédibilité | Moins stricte, souvent exagérée ou caricaturale |
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Origines religieuses de la tragédie
Rituels en l'honneur de Dionysos, rites civiques
Définition aristotélicienne de la tragédie
Imitation d'une action noble, suscitant pitié et crainte, avec catharsis
Sujets tragiques
Mythes, héros légendaires, destin inéluctable
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