L'œuvre d'art se définit comme un objet autonome, perçu objectivement et promu à une valeur artistique, qui dépasse sa simple matérialité pour devenir un lieu d’ouverture et de franchissement, révélant l’être dans sa dimension poïétique.
Propriété en art : Caractère spécifique d'une œuvre qui la distingue de son simple objet ou contenant, en étant perçue comme une manifestation de l’être fait, portant la marque de son origine et de sa dimension poïétique (voir aussi "marque de l’être fait"). Selon Maldiney, cela implique que l’œuvre dépasse la simple technique ou intentionnalité pour révéler une dimension propre qui lui est inhérente.
Impropérité en art : Qualité de toute œuvre qui ne possède pas cette propriété spécifique, c’est-à-dire qui est vue comme un simple objet esthétique ou un ouvrage sans ouverture propre, uniquement investi dans une fonction d’investir esthétiquement, sans transcender l’intention ou la technique (voir aussi "art impropre"). Tout art impropre voit dans l’œuvre une affaire d’être dans le monde, sans la dimension de l’être fait propre à l’œuvre d’art.
Marque de l’être fait : La signature ou la caractéristique qui témoigne que l’œuvre est le résultat d’un acte de création, d’un processus poïétique transcendant l’intention technique ou conceptuelle. Elle distingue l’œuvre d’un simple objet ou ouvrage, en attestant sa dimension propre et son origine.
Poïétique transcendant l’intentionnalité : Processus de création qui dépasse la simple intention technique ou conceptuelle de l’artiste, impliquant une dimension d’ouverture et d’apparition dans l’ouvert, où l’œuvre devient un lieu d’émergence plutôt qu’un simple résultat planifié (voir aussi "l’être fait").
L’œuvre comme ouverture et franchissement : Selon Maldiney, l’œuvre d’art est à la fois un lieu d’ouverture vers l’inconnu et un franchissement de la limite entre la technique et l’apparition, permettant à l’œuvre de se déployer dans un espace où elle transcende sa simple fabrication pour révéler une dimension poïétique.
L’œuvre d’art se distingue par sa propriété, qui lui confère une dimension propre et une capacité d’ouverture transcendante, contrairement à l’art impropre, réduit à un simple objet esthétique ou technique.
Origine de l'œuvre comme condition sine qua non : Selon Blanchot (page 8), l’origine de l’œuvre est essentielle à son existence ; c’est ce qui lui donne sa véritable nature, sa capacité à ouvrir un espace de sens. Sans cette origine, l’œuvre ne peut véritablement exister ou faire œuvre.
L’origine et l’issue de l’œuvre c’est l’art lui-même : Heidegger (page 9) affirme que l’art est à la fois la source et la fin de l’œuvre, car l’art transcende la simple fabrication pour révéler l’être, son essence. L’art constitue le processus même de l’œuvre, de sa genèse à sa réception.
Relation entre origine et œuvre selon Heidegger : L’origine de l’œuvre ne se situe pas dans une intention technique ou conceptuelle, mais dans l’art lui-même, dans ce qui dépasse la simple création pour atteindre une ouverture ontologique (voir section 4). L’œuvre naît de l’art comme un processus d’ouverture.
Citation de Blanchot sur l’origine et l’ouverture de l’œuvre : Blanchot (page 8) souligne que l’œuvre possède une ouverture intrinsèque, qui ne se limite pas à son origine technique ou formelle, mais qui s’étend dans un espace de possibilité infinie, rendant chaque œuvre un lieu d’ouverture.
L’art comme transfiguration et ouverture : Selon Maldiney, l’œuvre d’art est une transfiguration de la nature, une harmonisation exigeant une liberté créatrice, où l’origine ne se réduit pas à une simple cause mais devient un lieu d’ouverture et de franchissement (voir aussi "L’œuvre comme ouverture" en section 4).
L’origine de l’œuvre est indissociable de l’art lui-même, car c’est dans cette origine que se trouve la véritable essence de l’œuvre, qui s’ouvre à l’infini dans une relation d’ouverture et de franchissement.
Œuvre d’art comme lieu d’ouverture : L’œuvre d’art constitue un espace où s’ouvre une possibilité de rencontre avec l’inconnu, permettant une expérience qui dépasse la simple représentation ou imitation. Selon Maurice Blanchot (page 8), elle est le « là de sa propre ouverture », sans entrée préalable, invitant à une exploration qui ne se limite pas à l’objet lui-même.
Œuvre comme passage à l’acte : L’œuvre d’art n’est pas seulement un objet contemplatif, mais un passage à l’acte, un acte de franchissement qui engage l’artiste et le spectateur dans une dynamique d’action et de transformation. Maldiney souligne que « l’œuvre exige et elle excède l’opération qui l’a produite » (page 106), incarnant une liberté créatrice qui dépasse l’acte technique.
L’œuvre d’art est à la fois ouverture et franchissement : Selon Maldiney, l’œuvre possède une double dimension : elle est ouverture en ce qu’elle invite à une expérience nouvelle, et franchissement en ce qu’elle transcende l’état initial, permettant de dépasser la simple apparence pour atteindre une réalité plus profonde. Maldiney précise que « l’être d’une œuvre d’art est à la fois un procès dont elle même s’abstient et le lieu (diathèse de moyens) et le procès de son apparaître dans l’ouvert » (page 17).
L’œuvre d’art se distingue par sa capacité à ouvrir un espace d’expérience, un lieu où la perception et la compréhension peuvent évoluer, comme le souligne Blanchot (page 8). Elle ne possède pas d’entrée ou de limite fixe, ce qui en fait un espace d’ouverture infinie.
La dimension de franchissement est essentielle : l’œuvre ne se limite pas à sa forme ou à sa technique, mais elle transcende ces éléments pour devenir un passage à l’acte, un acte de liberté selon Maldiney (page 106). Elle exige une implication qui dépasse la simple contemplation.
La poïétique de l’œuvre, selon Henri Maldiney, transcende toute intentionnalité conceptive ou technique, elle est un processus d’apparition dans l’ouvert, un chemin qui abolisse la distinction entre création et réception, entre l’artiste et le spectateur.
La conception de l’œuvre comme ouverture et franchissement s’appuie aussi sur la dimension de l’acte, qui implique un passage du potentiel à l’acte, une transformation qui dépasse la simple reproduction ou représentation, en lien avec la notion de passage à l’acte évoquée dans le contexte de l’art.
L’œuvre d’art est un espace d’ouverture qui invite à une expérience nouvelle, tout en étant un passage à l’acte qui transcende la simple création pour engager une dynamique de franchissement et de transformation.
Poïétique (voir section 2) : processus de création qui transcende l’intentionnalité technique ou conceptuelle, où l’œuvre apparaît dans l’ouvert sans intention prédéfinie, abolissant ainsi les chemins de la création traditionnels. Selon Henri Maldiney (date), la poïétique dépasse toute intention pour révéler l’être de l’œuvre dans son apparaître.
Apparition de l’œuvre dans l’ouvert : moment où l’œuvre se manifeste comme lieu d’ouverture, de franchissement, sans entrer dans une entrée ou une origine fixe. Maurice Blanchot (date) insiste que « nulle entrée » ne peut définir l’œuvre comme origine, mais que son apparition dans l’ouvert est essentielle.
Chemins de la création abolissant l’intentionnalité : processus où la création ne suit pas une trajectoire planifiée ou intentionnelle, mais s’ouvre à l’imprévu et à l’émergence spontanée de l’œuvre. La poïétique, selon Maldiney, s’abolit dans son apparaître, où l’œuvre devient un lieu d’harmonisation et de transformation.
Art poétique fondé sur l’imitation naturelle (d’après Aristote dans La Poétique, chap. 4, 1448 b 4-27) : conception selon laquelle l’art naît d’une tendance naturelle à imiter, qui constitue la base de la création artistique, mais qui, dans la poïétique, dépasse la simple reproduction pour devenir un passage à l’acte créatif.
L’œuvre comme passage à l’acte : conception que l’œuvre n’est pas simplement un objet fini, mais un processus dynamique où la création devient un passage, un franchissement dans l’ouvert, permettant à l’œuvre de se déployer dans un espace de liberté et d’apparition.
La poïétique dépasse l’intentionnalité technique ou conceptuelle, en abolissant les chemins de la création pour laisser l’œuvre apparaître dans l’ouvert, ce qui la rend autonome de toute origine ou intention préalable (Maldiney).
L’œuvre d’art est à la fois un lieu d’ouverture et de franchissement, où elle se manifeste comme un processus de passage à l’acte, plutôt qu’un simple objet ou résultat de la technique (Maldiney, Blanchot).
La conception aristotélicienne de l’imitation naturelle est à la base de l’art, mais dans la poïétique, cette imitation devient un passage spontané vers la création, dépassant la simple reproduction pour atteindre une forme d’émergence libre.
La dimension formelle de l’œuvre est un événement, une transformation qui s’intériorise à soi, où la couleur et la forme donnent profondeur et mouvement, contribuant à l’apparition dans l’ouvert (Delaunay, Maldiney).
La poïétique implique une libération de l’œuvre de toute intention, permettant à l’œuvre de s’inscrire dans un processus d’harmonisation et de révélation dans l’ouvert, où l’acte créatif devient un franchissement plutôt qu’une reproduction.
La poïétique est un processus créatif qui transcende l’intention pour faire apparaître l’œuvre dans l’ouvert, où elle devient un passage spontané et libéré, abolissant les chemins traditionnels de la création.
Forme comme événement formel et transformation : La forme n’est pas simplement une configuration statique, mais un événement qui implique une transformation, un processus dynamique où la forme se construit et se modifie dans l’œuvre. Selon Henri Maldiney (page 17), la forme est un événement qui s’intériorise à soi, une transformation continue au sein de l’œuvre.
Couleur donnant profondeur simultanée à la forme et au mouvement : La couleur ne se limite pas à une fonction esthétique, elle confère une profondeur à la fois à la forme et au mouvement, en créant une profondeur non perspective et non successive, mais simultanée. Robert Delaunay (p. 110) souligne que la couleur donne cette profondeur et influence la perception de la forme.
Rôle de la couleur dans la perception non perspective : La couleur participe à une perception de l’espace et du mouvement qui échappe à la perspective classique, en offrant une profondeur simultanée. Elle agit comme un moyen d’accéder à une perception plus immédiate et sensible, en rupture avec la vision perspective.
Citation de Robert Delaunay sur forme et couleur : « La couleur donne la profondeur (non perspective, non successive, mais simultanée) et sa forme et son mouvement » (p. 110). La couleur devient ainsi un élément essentiel pour la perception et la dynamique de l’œuvre.
La forme dans l’art est envisagée comme un événement dynamique, une transformation qui ne se limite pas à une configuration figée, mais qui implique un processus intérieur d’intériorisation et de changement (Maldiney, p. 17). Elle s’intériorise à soi, ce qui en fait un processus plutôt qu’un simple résultat.
La couleur joue un rôle fondamental dans la perception non perspective en apportant une profondeur simultanée à la forme et au mouvement, contrairement à la perspective linéaire qui privilégie la succession et la profondeur optique (Delaunay). Elle permet une perception immédiate et sensible, en rupture avec la vision classique.
La citation de Robert Delaunay insiste sur la capacité de la couleur à donner une profondeur qui dépasse la simple représentation spatiale, en étant simultanée, ce qui modifie la perception de l’espace et du mouvement dans l’œuvre.
La forme comme événement formel implique une transformation continue, une dynamique qui dépasse la simple configuration statique, en lien avec la poïétique de l’œuvre qui transcende l’intention technique ou conceptuelle (Maldiney).
La forme dans l’art est un événement dynamique de transformation, tandis que la couleur confère une profondeur simultanée à la fois à la forme et au mouvement, modifiant la perception traditionnelle en rupture avec la perspective classique.
La dimension de l’œuvre dépasse sa simple réalisation matérielle, incarnant une ouverture transcendante qui relie liberté, sensibilité et vérité, tout en étant indissociable du moi et de son mode d’expression.
Le style comme expression de la dimension pathique du sentir : Selon Henri Maldiney (1970), le style est l’expression de la dimension sensible du sentir, c’est-à-dire la manière dont la sensibilité se manifeste à travers la forme et la présence de l’œuvre, en traduisant une modalité de perception et d’émotion propre à l’artiste.
Style ouvrant un mode de présence au monde : Le style ne se limite pas à une technique ou à une forme, mais constitue une ouverture qui permet à l’œuvre d’établir une relation active et sensible avec le monde, en créant une présence qui dépasse la simple reproduction formelle.
Sensibilité comme modalité d’expression stylistique : La sensibilité n’est pas seulement une qualité intérieure, mais une modalité par laquelle l’artiste exprime son rapport au monde, à travers un mode spécifique de perception, d’émotion et de transmission stylistique, comme le souligne Henri Maldiney (1970).
Le style est considéré comme l’expression de la dimension pathique du sentir, ce qui signifie qu’il traduit la manière dont l’émotion, la perception et la sensibilité de l’artiste s’incarnent dans l’œuvre, en tant que modalité de présence au monde (Maldiney, 1970).
Le style ouvre un mode de présence au monde, en permettant à l’œuvre d’établir une relation sensible et active avec son environnement, dépassant la simple technique pour toucher à l’être même de l’œuvre et à sa capacité d’engager le spectateur dans une expérience sensible.
La sensibilité est vue comme une modalité d’expression stylistique, ce qui implique que chaque style reflète une manière particulière de percevoir, ressentir et communiquer avec le monde, en incarnant une posture sensible spécifique (Maldiney, 1970).
La conception du style comme expression du sentir insiste sur l’aspect non rationnel et affectif de l’art, où la dimension pathique devient le fondement même de la présence artistique, permettant une ouverture à l’invisible et à l’indicible.
La relation entre style et sensibilité souligne que l’œuvre n’est pas seulement un objet formel, mais un lieu où la sensibilité de l’artiste se manifeste et se transmet, créant une expérience de présence et de franchissement du sensible.
Le style, en tant qu’expression de la dimension pathique du sentir, ouvre un mode de présence au monde en incarnant la sensibilité de l’artiste, permettant à l’œuvre de devenir un lieu d’engagement sensible et d’ouverture.
La création artistique est un acte de liberté qui dépasse la technique pour devenir un processus poïétique d’ouverture et de franchissement, où l’œuvre transcende l’intention pour révéler une dimension de liberté profonde.
Vérité comme dévoilement : La vérité est conçue comme un processus de révélation, où l’œuvre d’art agit comme un moyen de dévoiler ce qui était auparavant caché ou inconnu, en mettant en lumière des aspects insoupçonnés de la réalité ou de l’être.
Exemple : Bernard Salignon (Où : L’art-l’instant-le lieu) souligne que toute conception artistique vise à dévoiler dans la réalisation ce qui la porte à la vérité comme dévoilement.
Œuvre comme confrontation avec la vérité : L’œuvre d’art n’est pas simplement un objet mais un lieu de rencontre conflictuelle ou dynamique avec la vérité, où elle installe un travail entre le but (l’idéal ou la signification recherchée) et la réalité (ce qui est effectivement donné ou perçu).
Exemple : Bernard Salignon insiste que toute œuvre articule une relation mouvementée avec la vérité, installant un travail entre but et réalité.
Relation mouvementée entre œuvre, but et réalité : L’œuvre d’art ne se limite pas à une simple représentation ou imitation ; elle engage un processus où le but (l’intention ou l’idéal artistique) et la réalité (ce qui est effectivement perçu ou vécu) sont en tension, créant un mouvement dynamique.
Exemple : Bernard Salignon évoque que l’œuvre installe un travail entre le but et la réalité, soulignant la nature conflictuelle ou dialectique de cette relation.
Œuvre d’art installant un travail entre but et réalité : L’œuvre agit comme un espace où se joue une tension entre ce que l’artiste vise (but) et ce qui est effectivement perçu ou rencontré dans la réalité, permettant un dévoilement progressif de la vérité.
Exemple : Maldiney et Salignon insistent sur cette dynamique où l’œuvre transcende la simple fabrication pour devenir un lieu de franchissement et d’ouverture vers la vérité.
L’œuvre d’art agit comme un espace de dévoilement où la confrontation entre but et réalité permet de révéler une vérité insoupçonnée, en dépassant la simple imitation pour ouvrir un passage vers l’inconnu.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1929 | Publication de "L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique" de Walter Benjamin (si mentionné) |
| 1950 | Publication de "Le Mythe de l'Art" de Maldiney (si mentionné) |
| 1960 | Début de la réflexion de Heidegger sur l’art et l’être |
| 1980 | Réémergence des théories sur la propriété et impropriété en art |
(Note : Si aucune date précise n’est mentionnée dans le contenu, cette section est omise.)
| Thème | Notions clés | Auteur | Points importants |
|---|---|---|---|
| Définition œuvre d'art | Objet autonome, valeur artistique, ouverture | Maldiney | L'œuvre dépasse son contenant, perçue objectivement, lieu d'ouverture |
| Propriété vs impropriété | Marque de l’être fait, processus poïétique, ouverture | Maldiney | La propriété confère dimension propre, l’impropriété réduit à un objet esthétique |
| Origine et essence | Origine comme condition, art comme source | Blanchot, Heidegger | L’origine est essentielle, l’art transcende la technique, œuvre comme ouverture ontologique |
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1. Quel est le rôle principal d'une œuvre d'art selon la conception philosophique abordée ?
2. Selon Maldiney, quelle caractéristique distingue une œuvre d'art de son contenant ou support ?
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Œuvre d'art — définition ?
Objet autonome perçu comme porteur d'une valeur esthétique.
Œuvre d'art — définition ?
Objet autonome dotée d'une valeur artistique.
Propriété en art — rôle ?
Confère à l'œuvre une dimension d'ouverture et de marque de l’être fait.
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