📋 Plan du Cours
- Notion de genre
- Analyse sociologique genre
- Travail du care
- Psychanalyse et genre
- Discours et pouvoir
- Critiques de la psychanalyse
- Histoire de la sexualité
- Normes et dispositifs discursifs
- Fluidité et non-binarité
- Construction sociale du genre
📖 1. Notion de genre
🔑 Notions clés & Définitions
- Genre comme outil d’analyse : Concept théorisé par Joan Scott, le genre est utilisé comme un outil pour analyser les rapports sociaux de sexe, notamment pour repérer les lieux de domination et de discrimination entre femmes et hommes (années 1970).
- Rapport social de sexe : Approche en sociologie qui considère le genre comme une relation sociale structurée, permettant d’étudier les inégalités et les rapports de pouvoir liés au sexe dans différents domaines (travail, salariat, salaires).
- Discours essentialisant sur le genre : Discours qui considère le genre comme une essence ou une nature intrinsèque, souvent critiqué pour produire des visions réductrices ou stéréotypées.
- Théorie du genre comme outil critique : Approche qui utilise la notion de genre pour remettre en question et analyser les dispositifs normatifs, les discours et les normes sociales, notamment ceux qui naturalisent ou essentialisent les différences de sexe.
📝 Points essentiels
- La notion de genre apparaît comme un outil d’analyse à partir des années 1970, notamment en sociologie en France, pour étudier les inégalités entre femmes et hommes.
- Le genre permet d’identifier les lieux de domination et de discrimination, tout en étant parfois associé à des discours essentialisants.
- La critique du discours essentialisant sur le genre vise à dénaturaliser les différences supposées entre sexes, en insistant sur leur construction sociale et culturelle.
- La théorie du genre critique la naturalisation et la biologisation des différences homme/femme, en soulignant leur dimension de construction sociale et politique.
- Les travaux de Foucault, Deleuze, Derrida, Cixous, Kristeva ou Irigaray ont fortement influencé la réflexion critique sur le genre, notamment en analysant comment les discours produisent des normes et invisibilisent certaines expériences.
- La notion de genre est aussi un outil pour analyser la production de normes et leur impact sur la subjectivité, en particulier dans le contexte de la psychanalyse et des discours sociaux.
💡 À retenir
La notion de genre, comme outil d’analyse critique, permet de déconstruire les discours essentialisants et de révéler la dimension sociale, culturelle et politique des différences entre sexes, en mettant en lumière les dispositifs de pouvoir et de domination.
📖 2. Analyse sociologique genre
🔑 Notions clés & Définitions
- Rapport social de sexe : Selon Joan Scott, c’est une manière d’analyser le genre comme un rapport social, qui structure les relations de pouvoir, notamment dans le travail, le travail domestique ou les salaires (à partir des années 1970 en France).
- Inégalités dans le travail, le salariat, le travail domestique : Disparités sociales et économiques entre femmes et hommes, souvent liées à la reconnaissance, la valorisation et la répartition des tâches, notamment celles du care, considérées comme naturelles ou féminines (Jacqueline Laufer).
- Discussions sur la domination et la discrimination : Les approches analytiques visent à repérer les lieux où se manifestent des formes de domination et de discrimination, en particulier celles liées aux normes de genre, aux discours et aux dispositifs discursifs (Foucault, Deleuze, Cixous).
📝 Points essentiels
- La notion de genre théorisée comme outil d’analyse par Joan Scott permet d’étudier les rapports sociaux de sexe, en particulier dans le contexte des inégalités professionnelles et domestiques.
- Les discours sur le genre peuvent produire des discours essentialisants, notamment en associant le care à une compétence « naturelle » ou « féminine », ce qui contribue à invisibiliser le coût social et économique de ce travail.
- La difficulté à penser ensemble la notion de genre et la psychanalyse réside dans le fait que cette dernière a longtemps privilégié le sexe biologique plutôt que la construction sociale du genre.
- Les dispositifs discursifs (Foucault), les agencements (Deleuze) ou le phallogocentrisme (Cixous) sont des outils pour analyser comment les discours produisent des normes et invisibilisent certaines expériences ou catégories sociales.
- La critique de la psychanalyse par Foucault, notamment ses ruptures avec la pathologisation de la folie et la théorie de la dégénérescence, montre ses limites dans l’analyse des rapports de pouvoir liés au genre.
- La construction sociale du genre implique que les rôles, normes et identités de genre sont façonnés par des discours, des dispositifs de pouvoir et des pratiques sociales, plutôt que par une essence biologique.
💡 À retenir
L’analyse sociologique du genre met en lumière comment les discours, les normes et les dispositifs discursifs structurent les inégalités et les relations de domination entre femmes et hommes, tout en soulignant la dimension construite et politique du genre.
📖 3. Travail du care
🔑 Notions clés & Définitions
- Travail du care : Ensemble des activités liées à la prise en charge des autres, souvent considéré comme une compétence « naturelle » ou « féminine » (Jacqueline Laufer). Ce travail inclut l’attention, la prévention, la réparation, et le soutien aux personnes vulnérables ou dépendantes.
- Compétence féminine : Idée selon laquelle le care serait une capacité intrinsèquement féminine, ce qui contribue à rendre invisible et peu valorisé ce travail (Jacqueline Laufer).
- Invisible et peu valorisé travail de care : Le travail de care est souvent considéré comme une tâche naturelle ou secondaire, peu reconnu socialement et économiquement, malgré l’investissement qu’il nécessite (Jacqueline Laufer).
- Impact social et économique du care : La non-reconnaissance du care a des conséquences sociales (invisibilisation des efforts et des coûts) et économiques (absence de valorisation, précarisation, et dévalorisation du travail). Ce travail, en étant peu valorisé, contribue à la reproduction des inégalités de genre et à la sous-estimation de sa contribution à la société.
📝 Points essentiels
- Le travail du care est souvent perçu comme une compétence féminine, ce qui contribue à son invisibilisation et à sa faible valorisation sociale et économique.
- La reconnaissance sociale et économique du care est limitée, malgré l’investissement personnel et collectif qu’il représente.
- La non-reconnaissance du care favorise la reproduction des inégalités de genre, en maintenant une division sexuée du travail où les femmes assument majoritairement ces tâches.
- La valorisation du care est essentielle pour une reconnaissance équitable de ce travail, qui joue un rôle crucial dans le fonctionnement social et la cohésion.
- L’impact du care dépasse le cadre individuel, en influençant la stabilité sociale et la santé économique globale.
💡 À retenir
Le travail du care, considéré comme une compétence féminine, reste invisible et peu valorisé, ce qui a des répercussions sociales et économiques importantes, notamment en renforçant les inégalités de genre.
📖 4. Psychanalyse et genre
🔑 Notions clés & Définitions
- Genre comme construction sociale : La conception selon laquelle le genre n’est pas une donnée biologique innée, mais une construction culturelle, sociale et épistémologique, qui façonne les normes, les rôles et les comportements attendus selon les sociétés (influencé par Foucault, Deleuze, Derrida, Cixous, Kristeva, Irigaray).
- Introduction du terme 'gender' par John Money : Dans les années 1950, ce psychologue américain introduit le terme 'gender' pour désigner la dimension sociale et culturelle du sexe, distincte du sexe biologique, ce qui marque un début d’usage clinique et théorique du concept.
- Difficultés de la psychanalyse à intégrer la notion de genre : La psychanalyse, centrée historiquement sur le sexe biologique et la binarité masculin/féminin, a longtemps eu du mal à penser le genre comme construction sociale. Elle a été critiquée pour son essentialisme, son insistance sur la différence biologique, et sa difficulté à prendre en compte la fluidité ou la non-binarité (impensé du genre). La notion de genre a été longtemps absente ou marginale dans la théorie psychanalytique, qui privilégie une approche normative et essentialiste.
📝 Points essentiels
- La notion de genre comme outil d’analyse théorisé par Joan Scott, utilisée depuis les années 1970 en sociologie pour analyser les rapports sociaux de sexe, notamment dans le travail, la domesticité, et les inégalités.
- La psychanalyse, malgré l’introduction du terme 'gender' par John Money dans les années 1950, a peiné à s’emparer de cette notion, restant centrée sur le sexe biologique et la binarité.
- Les théories critiques issues de la French Theory (Foucault, Deleuze, Derrida, Cixous, Kristeva, Irigaray) ont influencé la réflexion américaine sur le genre, le pouvoir et les normes, en proposant des outils pour analyser comment les discours produisent des normes et invisibilisent certaines expériences.
- La critique de la psychanalyse par Foucault et d’autres penseurs souligne qu’elle participe à la normalisation de la sexualité et à la construction normative des identités de genre, en particulier à travers la médicalisation et la pathologisation (transsexualisme, homosexualité).
- La difficulté de penser le genre comme construction sociale dans la psychanalyse est liée à son héritage essentialiste, à la binarité, et à une vision normative de la sexualité et des rôles sociaux.
💡 À retenir
La psychanalyse, malgré l’introduction du concept de 'gender', a longtemps rencontré des résistances à penser le genre comme construction sociale, restant souvent centrée sur des notions biologiques et binaires, ce qui limite sa capacité à intégrer la fluidité et la diversité des expériences de genre.
📖 5. Discours et pouvoir
🔑 Notions clés & Définitions
Dispositif discursif (Foucault) : Ensemble de discours, pratiques, institutions et dispositifs qui produisent, régulent et normalisent des savoirs et des normes, en particulier autour d’un sujet ou d’un objet. Il permet de comprendre comment le pouvoir s’inscrit dans la production du savoir et de la vérité.
Invisibilisation : Processus par lequel certaines expériences, catégories ou groupes sont rendus absents ou marginalisés dans le discours, de façon à ce qu’ils ne soient pas reconnus ou pris en compte dans la construction des normes sociales ou des savoirs.
Pouvoir : Capacité à influencer, à orienter ou à contrôler les comportements, les discours et les normes sociales. Selon Foucault, le pouvoir n’est pas centralisé mais diffus, omniprésent dans les dispositifs discursifs et dans la production de normes.
Discours : Ensemble de paroles, textes ou pratiques langagières qui participent à la construction des réalités sociales, en produisant des normes, des savoirs et des rapports de pouvoir. Le discours n’est pas neutre, il est un instrument de pouvoir.
Phallogocentrisme (Cixous) : Tendance à privilégier le phallus et la logique phallique dans la production du discours, ce qui contribue à invisibiliser ou marginaliser les autres formes de subjectivité et d’expérience. Il s’agit d’un mode de structuration du discours qui centralise la masculinité et la rationalité masculine.
Normes produites par le discours : Règles, critères ou modèles qui émergent et se stabilisent à travers les discours, façonnant les comportements, les identités et les rapports sociaux. Ces normes sont le résultat d’un processus discursif qui légitime certaines pratiques tout en rendant invisibles d’autres.
📝 Points essentiels
- Le dispositif discursif selon Foucault montre comment le pouvoir s’inscrit dans la production de discours qui façonnent la réalité sociale et produisent des normes.
- La notion d’invisibilisation soulève la question de ce qui est marginalisé ou occulté dans le discours, notamment en lien avec la production de normes et la légitimation de certains groupes ou expériences.
- Le pouvoir n’est pas une force centralisée mais diffus, opérant à travers les discours, les institutions et les pratiques sociales.
- Le discours agit comme un instrument de pouvoir en créant des vérités, en normalisant certains comportements et en rendant d’autres invisibles.
- Le phallogocentrisme selon Cixous désigne la centralisation du discours autour de la logique masculine et du phallus, contribuant à l’invisibilisation des autres subjectivités.
- Les normes sociales sont le produit d’un processus discursif, elles structurent la société en imposant des modèles de comportement, tout en marginalisant ou invisibilisant d’autres formes d’existence.
💡 À retenir
Le discours, en tant que dispositif, est un vecteur de pouvoir qui produit et normalise des normes sociales tout en rendant invisibles certaines expériences ou catégories, ce qui contribue à la construction et à la légitimation des rapports de pouvoir.
📖 6. Critiques de la psychanalyse
🔑 Notions clés & Définitions
- Critique externe de la psychanalyse : Analyse qui remet en question le pouvoir que peut produire le dispositif psychanalytique, notamment par des auteurs extérieurs au champ analytique (ex : Robert Castel). Elle interroge les présupposés théoriques et leurs effets cliniques.
- Pouvoir du dispositif psychanalytique : Capacité à produire des effets de pouvoir, notamment par la normalisation de la sexualité, la médicalisation et la discipline des corps sexués, comme analysé par Foucault.
- Critique de la normalisation de la sexualité : Analyse dénonçant la tendance de la psychanalyse à participer à la construction et à la reproduction de normes sociales et morales sur la sexualité, en particulier par la médicalisation et la pathologisation des comportements sexuels (ex : homosexualité, transsexualisme).
📝 Points essentiels
- La psychanalyse a été critiquée pour sa participation à la normalisation de la sexualité, notamment à travers la médicalisation et la pathologisation des identités et comportements sexuels (ex : retrait de l’homosexualité du DSM en 1973, introduction puis retrait du transsexualisme).
- Foucault analyse comment la sexualité est entrée dans le champ moral et comment elle est devenue un objet de surveillance et de production de vérité sur les sujets, participant à une normalisation normative.
- La critique externe insiste sur le pouvoir du dispositif psychanalytique à produire des normes, notamment par le biais des discours, des agencements et du phallogocentrisme, rendant invisibles ou minorés certains vécus ou expériences.
- La psychanalyse est aussi critiquée pour son essentialisation des catégories homme/femme, sa tendance à naturaliser et biologiser ces distinctions, et son universalisation des concepts (Œdipe, inconscient, désir).
- La critique de la psychanalyse par des auteurs comme Foucault, Wittig, Rubin souligne qu’elle participe à la construction de normes sociales et morales, en particulier dans la gestion des corps et des sexualités, plutôt que de s’en libérer.
- La re-psychiatrisation et la médicalisation du genre, notamment avec l’introduction du transsexualisme comme catégorie psychiatrique, ont aussi été pointées comme des processus de normalisation et de contrôle social.
💡 À retenir
Les critiques externes de la psychanalyse dénoncent son rôle dans la production et la reproduction des normes sociales et morales, notamment en matière de sexualité, en soulignant son pouvoir de normalisation et ses effets de discipline sur les corps et les identités.
📖 7. Histoire de la sexualité
🔑 Notions clés & Définitions
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Histoire de la sexualité (Foucault) : Approche qui analyse comment les discours sur la sexualité ont évolué, en mettant en lumière leur rôle dans la production de savoirs et de pouvoirs, plutôt que de suivre une simple chronologie. Foucault propose une archéologie des savoirs, révélant comment la sexualité est devenue un objet de normalisation, de surveillance et de vérité sur les sujets (Foucault, 1978-1984).
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Analyse archéologique des discours sur la sexualité : Méthode qui consiste à décomposer les discours pour révéler leurs strates, leurs conditions de production et leur rôle dans la construction des savoirs et des normes. Elle vise à comprendre comment ces discours façonnent la perception de la sexualité comme objet de savoir et de pouvoir, en s’intéressant aux dispositifs discursifs, aux agencements et au phallogocentrisme.
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Transformation du sujet à travers les pratiques spirituelles : Processus par lequel le sujet se construit et se modifie dans ses rapports à lui-même, notamment par des exercices spirituels. Foucault montre que ces pratiques, notamment dans l’Antiquité, participent à une subjectivation active, où le « soi » se constitue dans un travail continu sur soi, en opposition à une conception fixe de l’identité.
📝 Points essentiels
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La notion de genre, théorisée par Joan Scott, devient un outil d’analyse pour repérer les rapports sociaux de sexe, notamment dans le travail, le salariat et la discrimination, tout en étant confrontée à des discours essentialisants et à la résistance autour de la « théorie du genre ».
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La critique de la psychanalyse par Foucault souligne ses ruptures avec l’idée que la folie serait uniquement pathologique et sa tendance à participer à la normalisation de la sexualité, notamment à partir des années 1960-1970.
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La notion de dispositif discursif (Foucault), d’agencements (Deleuze), et de phallogocentrisme (Cixous) permettent d’analyser comment les discours produisent des normes et invisibilisent certaines expériences, comme dans l’exemple de Lévi-Strauss.
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La réflexion sur la sexualité dans l’histoire montre comment elle est entrée dans le champ moral, devenant un objet de normalisation, de surveillance et de vérité, notamment à travers l’analyse de l’Antiquité grecque et romaine, où la sexualité renvoie principalement au statut social et aux rapports de domination.
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La transformation du sujet par les pratiques spirituelles, notamment dans le christianisme, illustre un processus de subjectivation où le corps et la pulsion sont contrôlés et transformés, passant du crime à la maladie, selon Foucault.
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La critique de la sexualité comme étant une construction sociale et discursive, qui peut être déployée pour une éthique sexuelle pluraliste, en opposition à une hiérarchisation ou une médicalisation normative.
💡 À retenir
L’histoire de la sexualité selon Foucault dévoile comment les discours ont façonné la perception de la sexualité comme un objet de pouvoir et de normalisation, tout en mettant en lumière la transformation du sujet à travers des pratiques spirituelles et discursives.
📖 8. Normes et dispositifs discursifs
🔑 Notions clés & Définitions
Dispositif discursif (Foucault) : Ensemble de discours, pratiques, institutions et savoirs qui produisent, régulent et normalisent des normes sociales et subjectives, en particulier celles liées à la sexualité et au genre. Il s’agit d’un système qui organise la production de vérité et d’expérience selon des stratégies de pouvoir.
Agencements (Deleuze) : Structures ou configurations de dispositifs variés qui s’articulent pour produire des effets de pouvoir, de savoir ou de subjectivation. Les agencements sont des assemblages dynamiques qui participent à la fabrication des normes.
Phallogocentrisme (Cixous) : Dispositif discursif qui privilégie la logique du phallus et du logos comme fondements de la construction du sens, excluant ou marginalisant d’autres formes de discours ou de subjectivités. Il s’agit d’un mode de production de normes basé sur la centralité du phallus et du langage masculin.
📝 Points essentiels
- Les dispositifs discursifs, selon Foucault, sont des systèmes complexes qui produisent des normes et rendent invisibles ou minorent certaines expériences ou catégories sociales, notamment dans le contexte du genre et de la sexualité. Exemple : Lévi-Strauss évoque comment certaines catégories (femmes, enfants) sont reléguées dans le discours social.
- La notion d’agencements, introduite par Deleuze, désigne la configuration de dispositifs variés qui s’articulent pour produire des effets de pouvoir et de subjectivation.
- Le phallogocentrisme, selon Cixous, désigne un mode de discursivité qui privilégie la logique masculine et le langage du phallus, excluant d’autres formes de subjectivité ou de discours.
- Ces concepts permettent d’analyser comment les normes sont construites, maintenues ou contestées dans les discours et pratiques sociales.
💡 À retenir
Les dispositifs discursifs, selon Foucault, sont des systèmes de production de normes et de savoirs qui façonnent la société et les subjectivités, tandis que les agencements et le phallogocentrisme analysent la configuration des discours et leur centralité dans la construction des normes sociales.
📖 9. Fluidité et non-binarité
🔑 Notions clés & Définitions
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Fluidité : Concept qui désigne la capacité du genre à ne pas être fixé ou immuable, permettant une variation dans l’expression et l’expérience du genre, sans se limiter à une identité rigide ou binaire. La fluidité remet en question la stabilité des catégories de genre traditionnelles.
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Non-binarité : Définition moderne du genre qui s’oppose à la binarité homme/femme. Selon la théorisation, le genre ne se limite pas à deux catégories opposées, mais peut prendre des formes diverses, fluides ou multiples, sans correspondre à une identité strictement masculine ou féminine.
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Critique de la binarité homme/femme : Analyse qui remet en cause la conception dualiste du genre, considérant qu’elle impose une vision normative et essentialisante. La binarité est vue comme une construction sociale, historique et politique, qui limite la diversité des expériences et des identités de genre.
📝 Points essentiels
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La notion de genre comme outil d’analyse théorisé par Joan Scott (années 1970) permet d’étudier le genre comme rapport social de sexe, en particulier dans les domaines du travail, du care, et des inégalités. Elle met en lumière la dimension sociale et non biologique du genre.
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La théorie moderne du genre non binaire s’appuie sur une critique de la binarité homme/femme, considérant que cette dernière est une construction qui sert à produire des normes et des dispositifs de pouvoir, notamment dans le discours et la société.
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La fluidité du genre s’inscrit dans une perspective qui valorise la diversité et la variabilité des expériences, en opposition à une vision essentialiste et fixiste. Elle permet de penser le genre comme un continuum ou un espace de possibles.
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La critique de la binarité homme/femme s’appuie aussi sur les travaux de penseurs comme Foucault, Deleuze, Irigaray, qui analysent comment ces catégories ont été historiquement construites et instrumentalisées pour maintenir des rapports de pouvoir.
💡 À retenir
La fluidité et la non-binarité remettent en question la conception traditionnelle du genre en proposant une vision dynamique, plurielle et décentrée de l’identité de genre, tout en critiquant la binarité homme/femme comme une construction sociale et politique.
📖 10. Construction sociale du genre
🔑 Notions clés & Définitions
Construction sociale du genre : Processus par lequel les rôles, normes, et attentes liés au genre sont produits, maintenus et transmis par la société, plutôt que par une origine biologique. Selon la théorie, le genre n’est pas inné mais façonné par des dispositifs sociaux et culturels.
Genre comme construction sociale et culturelle : Approche qui considère que le genre résulte d’un ensemble de représentations, discours et pratiques sociales, influencés par des contextes historiques, politiques et culturels. Il s’agit d’un construit qui évolue selon les sociétés et les époques.
Implication politique et épistémologique : La conception du genre comme construction sociale implique une réflexion sur ses effets de pouvoir, ses normes et ses dispositifs discursifs. Elle remet en question les savoirs et les discours qui naturalisent ou essentialisent le genre, et invite à une critique épistémologique des catégories de genre pour déjouer leur dimension normative et hiérarchisante.
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions clés | Approche principale | Auteur / Référence | Points importants |
|---|
| Notion de genre | Genre comme outil d’analyse, rapport social de sexe, discours essentialisant | Analyse critique des discours et normes sociales | Joan Scott | Le genre comme outil pour analyser domination et discrimination, critique du discours essentialisant |
| Analyse sociologique genre | Inégalités dans le travail, le salariat, le care, dispositifs discursifs | Analyse des rapports de pouvoir et construction sociale | Joan Scott, Foucault, Deleuze, Cixous | Le genre comme construction sociale, rôle des discours dans la reproduction des inégalités |
| Travail du care | Invisibilité, valorisation, impact social et économique | Analyse des tâches de soin comme travail social et politique | Jacqueline Laufer | La reconnaissance limitée du care, rôle dans reproduction des inégalités |
| Psychanalyse et genre | Construction sociale, influence de Foucault, Deleuze, Kristeva | Difficulté d’intégration du genre dans la psychanalyse | John Money (terme 'gender') | Le genre comme construction culturelle, critique de la binarité |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre le genre avec le sexe biologique : le genre est une construction sociale, pas une donnée biologique innée.
- Croire que le discours essentialisant naturalise les différences de genre : il les présente comme naturelles alors qu’elles sont socialement construites.
- Confondre analyse sociologique et psychanalytique : la première insiste sur la construction sociale, la seconde sur le biologique (souvent).
- Sous-estimer la dimension politique du genre : il ne s’agit pas seulement d’individus, mais de rapports de pouvoir.
- Confondre le travail du care avec des tâches naturelles ou biologiques : ce travail est socialement construit et souvent invisible.
- Penser que la psychanalyse a intégré la notion de genre sans critique : elle a longtemps privilégié le sexe biologique.
- Confondre discours et réalité : les discours produisent des normes, mais ne reflètent pas forcément une réalité biologique ou naturelle.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de Joan Scott sur le genre comme outil d’analyse des rapports sociaux de sexe.
- Savoir expliquer la différence entre genre et sexe biologique.
- Maîtriser la critique du discours essentialisant sur le genre et ses implications.
- Identifier les principaux dispositifs discursifs analysés par Foucault, Deleuze, Cixous dans le contexte du genre.
- Connaître la notion de rapport social de sexe selon Joan Scott et son application dans l’analyse des inégalités professionnelles et domestiques.
- Expliquer le concept de travail du care, ses caractéristiques, et ses enjeux sociaux et économiques selon Jacqueline Laufer.
- Comprendre la conception du genre comme construction sociale influencée par Foucault, Derrida, Kristeva, Irigaray.
- Savoir que John Money a introduit le terme 'gender' dans un contexte clinique dans les années 1950.
- Identifier les limites de la psychanalyse dans l’analyse du genre, notamment sa focalisation sur le biologique.
- Connaître les principaux auteurs et concepts liés à la critique de la naturalisation des différences de genre.
- Être capable d’analyser comment les discours produisent des normes et invisibilisent certaines expériences sociales.
- Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : genre, rapport social de sexe, discours essentialisant, dispositif discursif, care, construction sociale.