📋 Plan du Cours
- Univers de discours
- Sens énonciatif
- Performativité
- Sens référentiel
- Polysémie
- Sens en emploi
- Signifiant et signifié
- Triangle sémiotique
- Signes linguistiques
- Réalités du mot
📖 1. Univers de discours
🔑 Notions clés & Définitions
- Univers de discours : Cadre dans lequel le locuteur place l’énoncé, même contrefactuel, en lien avec la réalité familière. Il reflète la manière dont le langage humain se situe toujours dans un contexte qui reste connecté à une certaine réalité connue ou reconnue, empêchant la conception d’un monde totalement déconnecté (voir critique).
- Création ex nihilo : Exemple illustrant l’imaginaire dans le discours, où le locuteur peut évoquer ou inventer un monde ou un objet qui n’a aucune existence dans la réalité, mais reste limité par le cadre de l’univers de discours (voir critique).
- Incapacité du langage humain : Limitation fondamentale selon laquelle le langage ne peut concevoir ou décrire un monde totalement déconnecté de la réalité familière, ce qui implique que tout énoncé, même contrefactuel, reste lié à une certaine forme de réalité ou de référence connue (voir critique).
- Contrefactuel : Énoncé ou situation qui suppose une réalité différente de celle connue, mais qui reste placé dans un univers de discours lié à la réalité familière, permettant d’explorer des mondes imaginaires tout en restant dans un cadre référentiel (voir critique).
- Exemple de création ex nihilo : Illustration de l’imaginaire dans le discours, où le locuteur peut produire des éléments ou mondes sans référence à une réalité préexistante, mais toujours dans un cadre discursif lié à la réalité familière (voir critique).
📝 Points essentiels
- Le concept d’univers de discours souligne que tout énoncé, même fictif ou contrefactuel, doit être placé dans un cadre qui reste relié à la réalité familière, empêchant la conception d’un monde totalement déconnecté du réel.
- La limite fondamentale du langage humain réside dans son incapacité à concevoir ou décrire un monde totalement déconnecté de la réalité connue, ce qui explique la difficulté à créer ex nihilo ou à évoquer des univers totalement étrangers.
- Même dans le cas d’énoncés contrefactuels ou imaginaires, le locuteur doit situer son discours dans un univers qui conserve certains points de référence avec la réalité, explicitement ou implicitement.
- La création ex nihilo, comme illustration de l’imaginaire, montre que le discours peut produire des mondes sans référence directe, mais toujours dans un cadre discursif lié à la réalité familière, ce qui limite la pure imagination.
💡 À retenir
L’univers de discours est le cadre dans lequel le langage humain opère, toujours relié à une réalité familière, ce qui limite la capacité à concevoir ou évoquer un monde totalement déconnecté de cette réalité, même dans des situations fictives ou contrefactuelles.
📖 2. Sens énonciatif
🔑 Notions clés & Définitions
- Sens énonciatif : rapport entre les signes linguistiques et leurs utilisateurs, lié à l’acte de communication. Il concerne la manière dont un énoncé est produit pour influencer autrui ou réaliser une action, indépendamment de sa référence au monde (voir aussi "fonction conative" de Jakobson).
- Actes énonciatifs : actes de langage qui ont une fonction performative ou conative, tels que inviter, conseiller, ordonner, demander pardon, prier. Ces actes peuvent être multiples dans un même énoncé (affirmation, interrogation, promesse, menace).
- John Austin (date) : théoricien qui définit la performativité des énoncés, soulignant que certains énoncés ne décrivent pas la réalité mais la modifient par leur simple énonciation.
- Fonction conative (Jakobson) : fonction du langage visant à influencer ou agir sur l’interlocuteur, liée à l’acte de communication.
- Distinction sens énonciatif / sens référentiel : le sens énonciatif concerne la relation entre signes et utilisateurs, tandis que le sens référentiel concerne la relation entre signes et le monde (voir "sens référentiel").
📝 Points essentiels
- Le sens énonciatif ne se limite pas à la simple description du monde ; il inclut la capacité de l’énoncé à agir sur autrui, comme le montre la théorie de John Austin (date) sur la performativité.
- Les actes énonciatifs sont souvent implicites et dépendent du contexte, ce qui rend leur identification complexe. Par exemple, un énoncé comme "Il fait chaud aujourd’hui" peut exprimer une simple constatation ou une plainte selon l’intonation et le contexte.
- La fonction conative, selon Jakobson, est essentielle pour comprendre l’impact d’un énoncé dans la communication, notamment dans les actes de commandement ou de demande.
- La distinction entre sens énonciatif et sens référentiel est fondamentale : le premier concerne la relation entre signe et utilisateur, le second la relation entre signe et réalité.
💡 À retenir
Le sens énonciatif désigne la capacité du langage à agir sur autrui par des actes de communication implicites ou explicites, en s’appuyant sur la relation entre signes et utilisateurs plutôt que sur la simple référence au monde.
🔑 Notions clés & Définitions
- John Austin (1962) : théoricien qui a introduit la notion de performativité, définissant ces énoncés comme ceux capables de réaliser une action simplement par leur énonciation, sans nécessiter de description supplémentaire de la réalité.
- Performativité des énoncés : capacité d’un énoncé à modifier la réalité en lui-même, en accomplissant une action par le simple fait de son énonciation. Par exemple, un ordre à l’impératif « Arrête ! » n’est pas seulement une déclaration mais une action qui peut faire cesser une action en cours.
- Relation entre performativité et fonction conative du langage : la performativité est liée à la fonction conative selon Jakobson, qui concerne l’impact de l’énoncé sur l’interlocuteur, visant à influencer, ordonner, ou faire agir.
- Énoncés performatifs : énoncés qui, par leur forme et leur contexte, accomplissent une action. Exemple : « Je vous promets », « Je vous ordonne », « Je vous baptise ».
- Univers de discours (voir section 1) : cadre dans lequel le locuteur place l’énoncé, qui influence la nature performative de celui-ci, notamment dans le cas des univers contrefactuels ou fictifs.
- Exemple d’énoncé performatif : ordre à l’impératif « Arrête ! », qui a pour effet de faire cesser une action en cours, illustrant la capacité de l’énoncé à agir sur la réalité.
📝 Points essentiels
- La performativité, selon John Austin (1962), distingue certains énoncés qui ne se contentent pas de décrire la réalité mais la modifient par leur simple énonciation.
- Ces énoncés performatifs sont souvent liés à la fonction conative du langage, qui vise à influencer autrui, comme le montrent les exemples d’actes énonciatifs : ordonner, promettre, baptiser, demander pardon.
- La performativité dépend du contexte et de la situation d’énonciation, notamment de l’univers de discours dans lequel l’énoncé est produit, qui doit être approprié pour que l’acte soit considéré comme accompli (ex : un baptême dans un cadre religieux).
- La distinction entre sens énonciatif et sens référentiel est essentielle : le performatif ne décrit pas une réalité mais agit sur elle, ce qui fait que l’énoncé performatif ne peut pas toujours être réduit à une simple description ou référence.
- La relation entre performativité et fonction conative du langage souligne que ces énoncés ont pour but de produire un effet immédiat sur l’interlocuteur, en modifiant la situation ou l’état des choses.
💡 À retenir
La performativité désigne la capacité de certains énoncés à agir concrètement sur la réalité par leur seule énonciation, illustrant la puissance du langage à réaliser des actes plutôt qu’à simplement en décrire.
📖 4. Sens référentiel
🔑 Notions clés & Définitions
- Sens référentiel : Relation entre le sens des unités linguistiques et le monde réel ou imaginaire. La catégorisation du réel varie selon chaque langue, ce qui explique la variabilité des signifiés entre langues. Selon Jakobson (voir section 3), la fonction référentielle du langage consiste à penser et parler du monde, en distinguant le sens en langue (référence virtuelle) du sens en emploi (référence actuelle).
- Catégorisation du réel : Processus par lequel chaque langue classe et nomme le monde selon ses propres critères, ce qui entraîne une variabilité des signifiés entre langues.
- Polysémie : Multiplicité de sens d’un même mot, permettant une économie lexicale et une flexibilité dans la découpe de la réalité. La polysémie est essentielle dans toute langue naturelle, même si elle peut entraîner des incompréhensions, généralement résolues par le contexte.
- Référence virtuelle vs référence actuelle : La référence virtuelle correspond au sens en langue, stable et partagé, tandis que la référence actuelle désigne le référent concret dans un contexte précis, en emploi. La distinction concerne principalement les noms communs.
- Référent : Réalité extérieure ou imaginée à laquelle un signe linguistique peut se rapporter. La relation entre signe et référent peut être : préexistant, imaginé ou inexistant (absence de référent).
📝 Points essentiels
- La relation entre le sens et le référent est au cœur de la fonction référentielle du langage, qui permet de penser et de parler du monde selon Jakobson.
- La catégorisation du réel varie énormément selon les langues, ce qui rend la polysémie indispensable pour la flexibilité du langage. La polysémie permet aussi d’éviter un découpage rigide de la réalité, tout en étant source d’éventuelles incompréhensions, généralement résolues par le contexte.
- La distinction entre sens en langue (référence virtuelle) et sens en emploi (référence actuelle) est essentielle, notamment pour les noms communs. Le sens dénotatif peut être contrebalancé par un sens connotatif, lié à la culture ou à la subjectivité.
- La relation entre signifiant et signifié est arbitraire et conventionnelle, mais leur association est nécessaire pour que le signe linguistique fonctionne. La relation entre forme (signifiant), sens (signifié) et référent est illustrée par le triangle sémiotique.
- Les mots référentiels peuvent renvoyer à un référent préexistant, à un référent imaginé ou à aucun référent (ex : mots fictifs ou abstraits).
💡 À retenir
Le sens référentiel relie le langage au monde réel ou imaginaire, sa variabilité entre langues et la polysémie étant essentielles pour la flexibilité et la richesse du langage, tout en étant souvent contextualisée pour éviter l’incompréhension.
📖 5. Polysémie
🔑 Notions clés & Définitions
- Polysémie : existence d’un même mot ayant plusieurs sens ou significations. Elle permet une compatibilité avec la mémoire humaine et une flexibilité dans la découpe de la réalité (source).
- Avantages de la polysémie : elle facilite la mémorisation en utilisant un nombre limité de mots pour exprimer des concepts variés, et évite un découpage rigide de la réalité, permettant ainsi une adaptation contextuelle (source).
- Source d’incompréhension : la polysémie peut engendrer des ambiguïtés ou des malentendus, mais ceux-ci sont généralement résolus par le contexte (source).
- Exemples de polysémie : le mot "cheval" peut désigner un animal, un cheval fiscal, ou un cheval de gym, illustrant la diversité des sens selon le contexte (source).
- Compatibilité avec la mémoire humaine : la polysémie optimise l’utilisation du lexique en réduisant le nombre de mots nécessaires pour couvrir une large gamme de concepts, ce qui facilite la mémorisation et l’apprentissage linguistique (source).
📝 Points essentiels
- La polysémie est une caractéristique fondamentale des langues naturelles, indispensable pour leur fonctionnement. Elle permet de parler avec un nombre limité de mots tout en étant capable d’évoquer une diversité de réalités ou d’idées (source).
- La polysémie, tout en étant une source potentielle d’incompréhension, est majoritairement maîtrisée par le contexte, ce qui limite les erreurs pour le locuteur natif (source).
- Elle offre deux avantages majeurs : d’une part, la compatibilité avec la mémoire humaine en réduisant la nécessité d’un lexique exhaustif, d’autre part, la possibilité d’employer des sens figurés pour enrichir la communication (source).
- La catégorisation du réel par chaque langue étant différente, la polysémie reflète cette variabilité et constitue une adaptation linguistique à la complexité du monde (source).
- La distinction entre sens en langue (référence virtuelle) et sens en emploi (référence actuelle) est essentielle pour comprendre la polysémie, notamment dans le contexte de l’usage des noms communs (source).
💡 À retenir
La polysémie, en permettant à un même mot d’avoir plusieurs sens selon le contexte, optimise la communication en réduisant la nécessité d’un lexique trop étendu, tout en étant une source d’ambiguïté maîtrisée par le contexte.
📖 6. Sens en emploi
🔑 Notions clés & Définitions
- Sens en emploi : sens actualisé d’un mot ou d’une expression dans un énoncé précis, dépendant du contexte et du moment de l’énonciation. Il désigne la signification que le locuteur veut transmettre dans une situation donnée.
- Sens en langue : sens stable et généralement partagé, correspondant à la définition dans le dictionnaire ou à la référence virtuelle, indépendamment du contexte spécifique.
- Sens connotatif : dimension subjective ou culturelle du sens, associée à des valeurs, des émotions ou des connotations sociales liées à un mot, qui peut varier selon les individus ou les cultures.
- Distinction entre sens en langue et sens en emploi : le premier est stable et référentiel, le second est contextuel, dépendant du cadre précis de l’énonciation, comme le souligne la nécessité du contexte pour déterminer le sens en emploi.
- Importance du contexte : le contexte (circonstances, interlocuteurs, situation) est essentiel pour identifier le sens en emploi, notamment pour distinguer le sens connotatif et pour déchiffrer les actes énonciatifs implicites.
📝 Points essentiels
- Le sens en emploi est dynamique et dépend du contexte précis dans lequel l’énoncé est produit, contrairement au sens en langue qui est plus stable et référentiel.
- La distinction entre sens en langue et sens en emploi permet de comprendre que le même mot peut avoir plusieurs sens selon la situation, la tonalité ou l’intention du locuteur.
- Le sens connotatif, souvent subjectif ou culturel, enrichit le sens en emploi en y ajoutant une dimension affective ou symbolique, ce qui peut influencer l’interprétation.
- La polysémie, en offrant plusieurs sens à un même mot, illustre la nécessité de considérer le contexte pour déchiffrer le sens précis dans un énoncé.
- La théorie de Jakobson (voir section 4) insiste sur la fonction référentielle du langage, mais le sens en emploi va au-delà en intégrant la dimension énonciative et contextuelle.
💡 À retenir
Le sens en emploi est une interprétation contextuelle et dynamique du sens en langue, dépendante du cadre précis de l’énonciation, et enrichie par le contexte, la connotation et la situation.
📖 7. Signifiant et signifié
🔑 Notions clés & Définitions
- Signifiant : forme perceptible d’un mot, c’est-à-dire son aspect sonore, écrit ou visuel, qui peut être perçu par les sens (son, image, écriture).
- Signifié : concept ou image mentale associée au signifiant, représentant la notion ou l’idée que le mot évoque dans l’esprit de l’utilisateur.
- Caractère arbitraire et conventionnel : selon SAUSSURE (1916), l’association entre le signifiant et le signifié n’est pas naturelle mais repose sur une convention tacite au sein d’une communauté linguistique, sans lien intrinsèque ou naturel.
- Présupposition réciproque : le signifiant et le signifié dépendent l’un de l’autre pour exister, leur relation étant indissociable et mutuellement conditionnée.
📝 Points essentiels
- Le signifiant est la forme perceptible du mot, qu’il s’agisse d’un son, d’une image ou d’une écriture, permettant de distinguer un mot dans la langue.
- Le signifié correspond à la représentation mentale ou au concept que le signifiant évoque. La relation entre eux est arbitraire et conventionnelle, ce qui signifie qu’elle n’est pas dictée par la nature mais par l’usage social (voir SAUSSURE, 1916).
- La relation entre signifiant et signifié est présupposée réciproque : le signifiant ne peut exister sans le signifié, et inversement, leur lien étant basé sur une convention partagée.
- La distinction entre signifiant et signifié est fondamentale pour comprendre le fonctionnement du signe linguistique dans la sémiotique.
💡 À retenir
Le signe linguistique repose sur une relation arbitraire et conventionnelle entre une forme perceptible (signifiant) et une idée ou concept (signifié), une relation qui est mutuellement dépendante et essentielle au fonctionnement du langage.
📖 8. Triangle sémiotique
🔑 Notions clés & Définitions
- Signifiant : forme perceptible d’un mot (son, image, écriture) qui sert à évoquer le signifié.
- Signifié : concept ou image mentale associé au signifiant, représentant la dimension psychologique du signe.
- Référent : réalité extérieure (physique ou imaginaire) à laquelle le signe peut faire référence, correspondant à la réalité concrète ou fictive.
- Triangle sémiotique : modèle qui étudie la relation entre forme (signifiant), sens (signifié) et réalité (référent), en soulignant que le lien entre eux est arbitraire et conventionnel.
- Réalités psychologique et physique : le sens (signifié) appartient à la réalité psychologique, tandis que le référent (réalité extérieure) relève de la réalité physique ou imaginaire.
📝 Points essentiels
- Le triangle sémiotique montre que le lien entre le signifiant, le signifié et le référent est arbitraire et conventionnel, comme le souligne PEIRCE (1897).
- Le signifiant est la forme perceptible (son, image, écriture), tandis que le signifié est la représentation mentale ou concept associée. La relation entre eux est présupposée réciproque, mais non naturelle.
- Le référent désigne la réalité extérieure ou imaginaire à laquelle le signe peut faire référence, mais il n’est pas une partie du mot lui-même. La fonction référentielle du langage permet de penser et de parler du monde, selon Jakobson.
- Le fonctionnement du signe-mot dans le langage dépend du référent, qui peut être :
- un référent préexistant (ex : le chat de Justine s’appelle Pistache),
- un référent imaginé (ex : licorne),
- ou aucun référent (ex : Jules n’a pas de chat).
- La polysémie, ou la multiplicité des sens d’un même mot, illustre la flexibilité du signe et la dépendance du sens au contexte.
💡 À retenir
Le triangle sémiotique illustre que le lien entre forme, sens et réalité est arbitraire et conventionnel, permettant au langage de représenter à la fois le monde réel et l’imaginaire à travers des signes.
📖 9. Signes linguistiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Signe linguistique : association arbitraire et conventionnelle entre un signifiant (forme perceptible) et un signifié (concept ou image mentale), selon la théorie de Saussure.
- Signifiant : la forme perceptible d’un mot, pouvant être auditif (phonèmes, onomatopées, intonation), visuel (écriture, pictogrammes, langage corporel), ou tactile (braille, contact physique).
- Signifié : le concept ou l’image mentale associé au signifiant, dont l’association est arbitraire et conventionnelle, et qui présuppose réciproquement le signifiant.
- Divers ordres de signifiants : différentes formes perceptives du signe, incluant l’auditif (phonèmes, onomatopées), le visuel (écriture, arts plastiques), et le tactile (braille, contact).
- Caractère arbitraire et conventionnel : l’association entre signifiant et signifié n’est pas motivée par une ressemblance ou une nécessité naturelle, mais repose sur un accord tacite au sein d’une communauté linguistique, selon Saussure.
📝 Points essentiels
- La théorie du signe linguistique insiste sur le caractère arbitraire et conventionnel de l’association entre le signifiant et le signifié, ce qui distingue le langage humain d’autres systèmes de communication.
- Les signifiants peuvent prendre diverses formes perceptives : auditives (phonèmes, intonation, onomatopées), visuelles (écriture, langage corporel, arts plastiques), ou tactiles (braille, contact physique).
- La diversité des ordres de signifiants permet au langage de s’adapter à différentes modalités sensorielles et contextes de communication.
- La relation entre signifiant et signifié est présupposée réciproque, ce qui signifie que la perception du signifiant évoque le signifié et vice versa, selon la conception de Saussure.
💡 À retenir
Le signe linguistique repose sur une association arbitraire et conventionnelle entre une forme perceptible (signifiant) et un concept (signifié), pouvant prendre diverses formes selon les modalités sensorielles.
📖 10. Réalités du mot
🔑 Notions clés & Définitions
- Forme (signifiant) : La représentation perceptible d’un mot, qu’elle soit sonore, écrite ou autre, qui permet d’identifier le mot dans la communication.
- Sens (signifié) : La notion ou l’image mentale associée au signifiant, représentant la signification du mot. Selon Ducrot (1972), c’est la « valeur cognitive » que le mot évoque dans l’esprit de l’utilisateur.
- Référent : La réalité extérieure ou la chose concrète ou abstraite à laquelle le mot se réfère dans le monde réel ou dans un univers imaginaire. La distinction entre référent et signifié est essentielle, le référent étant la réalité tangible ou fictive que le mot désigne.
- Distinction entre mots référentiels et non référentiels : Les mots référentiels (noms) désignent des êtres ou objets réels ou imaginés ayant un référent identifiable, tandis que les mots non référentiels (mots grammaticaux) n’ont pas de référent extérieur précis, leur rôle étant grammatical ou structurel.
- Emplois du mot selon la présence ou l’absence de référent : Un mot peut désigner un référent existant (ex : « chat » pour un animal réel), un référent imaginé (ex : « licorne »), ou ne pas désigner de référent du tout (ex : « Jules n’a pas de chat »), dans ce dernier cas, le mot n’a pas de référent concret.
📝 Points essentiels
- La forme (signifiant) est la représentation perceptible du mot, qui peut être sonore, écrite ou autre, et elle est arbitraire et conventionnelle, comme le souligne Saussure (1916).
- La relation entre le signifiant et le signifié est arbitraire et présuppose une convention tacite, ce qui explique la diversité des langues et la variabilité des significations.
- Le référent désigne la réalité extérieure ou imaginaire à laquelle le mot se rapporte. La catégorisation du référent varie selon les langues, rendant la fonction référentielle essentielle dans la capacité du langage à penser et parler du monde, selon Jakobson.
- La distinction entre mots référentiels (noms) et mots non référentiels (mots grammaticaux) est fondamentale : les premiers désignent des réalités concrètes ou imaginaires, tandis que les seconds structurent la langue sans référent direct.
- La polysemie (multiplicité des sens d’un mot) est une caractéristique essentielle du langage naturel, permettant une économie lexicale et une flexibilité dans la représentation de la réalité, tout en posant des défis d’interprétation.
💡 À retenir
Le mot possède une triple réalité : sa forme perceptible (signifiant), sa signification mentale (signifié), et le référent extérieur ou intérieur qu’il désigne, avec une distinction claire entre mots référentiels et non référentiels, essentielle pour comprendre la fonction et la nature du langage.
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions Clés | Définition / Exemple | Auteur / Référence |
|---|
| Univers de discours | Cadre du langage | Cadre dans lequel tout énoncé, même fictif, reste relié à la réalité familière. | Critique (absence d'auteur spécifique) |
| Création ex nihilo | Imagination limitée | Production d’un monde ou objet sans référence directe, mais dans un cadre discursif lié à la réalité. | Critique |
| Sens énonciatif | Rapport signe/utilisateur | Relation entre un énoncé et l’acte de communication, influençant autrui. | Jakobson, Austin |
| Performativité | Énoncés qui agissent | Énoncés capables de réaliser une action par leur simple énonciation. | John Austin (1962) |
| Sens référentiel | Relation signe-monde | Relation entre le sens linguistique et la réalité ou l’imaginaire. | Critique |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre univers de discours et création ex nihilo : croire que tout univers fictif est totalement déconnecté du réel, alors qu’il reste encadré par le discours.
- Confusion entre sens énonciatif et sens référentiel : penser que le sens énonciatif concerne uniquement la référence au monde.
- Assimiler la performativité à une simple description : oublier que certains énoncés modifient la réalité par leur énonciation.
- Confondre actes énonciatifs et actes performatifs : tous les actes énonciatifs ne sont pas performatifs, mais tous performatifs sont actes énonciatifs.
- Négliger le contexte dans la performativité : croire qu’un énoncé performatif fonctionne sans cadre approprié.
- Confondre signifiant et signifié : oublier que le signifiant est la forme du mot, le signifié sa représentation mentale.
- Ignorer la polysémie : penser qu’un mot a une seule signification, alors qu’il peut en avoir plusieurs selon le contexte.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de l’univers de discours selon Critique, et ses limites dans la conception d’un monde totalement déconnecté.
- Maîtriser la notion de création ex nihilo et ses implications pour l’imaginaire dans le discours.
- Savoir distinguer le sens énonciatif du sens référentiel, en se référant aux travaux de Jakobson et Austin.
- Comprendre la théorie de John Austin sur la performativité et identifier des exemples d’énoncés performatifs.
- Expliquer la relation entre performativité et fonction conative du langage.
- Connaître le triangle sémiotique de Saussure : signifiant, signifié, référent.
- Savoir définir et différencier signes linguistiques et signes en général.
- Identifier les signes linguistiques dans un exemple donné et analyser leur rôle.
- Maîtriser la distinction entre signifiant et signifié, en s’appuyant sur les concepts de Saussure.
- Connaître la notion de polysémie et ses enjeux dans l’interprétation.
- Comprendre la différence entre sens en emploi et sens en emploi contextuel.
- Se référer aux auteurs clés : Perroux (croissance), Jakobson (fonctions du langage), Austin (performativité), Saussure (triangle sémiotique).
- Savoir analyser un exemple de discours en identifiant l’univers de discours, le sens énonciatif, la performativité, et le sens référentiel.
- Être capable d’identifier les pièges fréquents liés à la polysémie et à la confusion entre signifiant et signifié.
- Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : contrefactuel, univers de discours, acte énonciatif, performatif, référent.
- Connaître la limite fondamentale du langage humain selon la critique : incapacité à concevoir un monde totalement déconnecté de la réalité.
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