📋 Plan du Cours
- Les grands genres littéraires
- Distinction fiction/non-fiction
- Fiction et non-fiction
- Récits d'immersion
- Journalisme d'infiltration
- Histoire du reportage
- Reportage de guerre
- Journalisme infiltré
📖 1. Les grands genres littéraires
🔑 Notions clés & Définitions
- Classification de la littérature : Organisation des œuvres littéraires en grands genres. La principale est la triade : poésie, théâtre, roman.
- La triade : Ensemble constitué de la poésie, du théâtre et du roman, considérés comme les genres fondamentaux de la littérature.
- Genres dérivés : Sous-catégories issues de la triade, notamment l’épopée (roman), la lyrique (poésie), le dramatique (théâtre).
- Littérature d’idée : Genre non inclus dans la triade, regroupant essais, autobiographies, et autres œuvres centrées sur la réflexion ou l’expression du moi.
- Fiction : Récit inventé ou imaginé, souvent associé au roman, mais pas exclusivement. Selon Aristote, la fiction concerne des textes qui évoquent le possible, non le réel.
- Non-fiction : Récit basé sur des faits réels ou vérifiables, qui prétend représenter la réalité. La distinction avec la fiction repose sur la référence au réel.
- Distinction Aristote : La poésie (fictions, récits possibles, œuvres esthétiques) ≠ Histoire (récits réels, faits vérifiables). La poésie évoque le possible, l’histoire le réel.
- Genres non inclus dans la triade : Littérature d’idée, essais, autobiographies, considérés comme des genres non constitutifs de la littérature au sens strict de la triade.
📝 Points essentiels
- La triade (poésie, théâtre, roman) est perçue comme constitutive de la littérature, même si ses œuvres sont mauvaises, elles restent dans le champ littéraire.
- Aristote, dans la Poétique, distingue la poésie de l’histoire : la première évoque le possible, la seconde le réel.
- La distinction entre fiction et non-fiction s’est affirmée avec le temps, notamment pour clarifier la nature des textes qui mêlent éléments réels et inventés.
- La fiction n’est pas uniquement associée au roman, elle peut aussi concerner le théâtre, même si ce dernier est souvent considéré comme mimétique.
- La frontière entre fiction et non-fiction est complexe : certains textes prétendent au réel tout en étant fictifs, et inversement.
- La terminologie « roman » est souvent utilisée dans le langage courant pour désigner tout récit narratif, même si cela ne correspond pas à la catégorie littéraire précise.
- La littérature d’idée, essais, autobiographies, ne font pas partie de la triade mais sont considérés comme des genres à part, souvent liés à la réflexion ou à l’expression du moi.
💡 À retenir
Les grands genres littéraires se structurent principalement autour de la triade (poésie, théâtre, roman), mais la distinction entre fiction et non-fiction, ainsi que l’existence de genres dérivés et non inclus, complexifient la classification. La conception aristotélicienne insiste sur la différence entre récit possible et récit réel, fondement de la distinction entre fiction et non-fiction.
📖 2. Distinction fiction/non-fiction
🔑 Notions clés & Définitions
Fiction : Récit inventé ou imaginé, souvent associé au roman. Elle implique une certaine invention ou imagination (voir section 3). La fiction suppose des gestes de la part du lecteur, comme accepter que des animaux parlent ou que des personnages fictifs existent dans un monde créé.
Non-fiction : Récit basé sur des faits réels, documentés ou vérifiables. Elle prétend représenter la réalité ou des événements véridiques (voir section 3). La non-fiction peut aussi inclure des récits référentiels ou factuels, mais la distinction réside dans la véracité des faits rapportés.
Difficulté de distinction : Certains textes mêlent fiction et non-fiction, rendant la frontière floue. La présence de références vérifiables ne garantit pas l'absence d'éléments fictifs, et certains récits vrais peuvent être modifiés par des effets littéraires ou techniques narratives.
📝 Points essentiels
- La distinction repose sur l'intention du récit : raconter une histoire inventée ou représenter la réalité.
- La fiction est souvent associée au roman, mais peut aussi concerner d'autres formes comme le théâtre ou certains récits imaginaires.
- La non-fiction inclut des textes qui prétendent à la véracité, comme les récits de voyage, biographies ou reportages.
- La frontière est compliquée par la coexistence de récits qui utilisent des techniques littéraires dans la non-fiction, comme le roman sans-fiction ou le récit immersion.
- La difficulté de distinguer fiction et non-fiction pose des enjeux juridiques, historiques et esthétiques, notamment dans la question de la vérité et de la responsabilité.
💡 À retenir
La distinction entre fiction et non-fiction repose principalement sur la véracité des faits rapportés, mais cette frontière est souvent floue en raison des techniques narratives et des modifications littéraires, rendant parfois difficile de trancher entre les deux.
📖 3. Fiction et non-fiction
🔑 Notions clés & Définitions
-
Fiction : récit qui implique une certaine invention ou imagination. Elle peut prendre diverses formes, comme le roman, le théâtre ou d’autres œuvres narratives, et ne se limite pas uniquement à la narration inventée. La fiction suppose des gestes de la part du lecteur, acceptant des éléments non vérifiables ou imaginaires dans le récit. Elle peut aussi inclure des personnages réels entourés de rôles fictifs (ex : personnages historiques dans un roman). La fiction est souvent associée à la narration inventée, mais elle peut aussi désigner des récits où la réalité est modifiée ou embellie.
-
Non-fiction : récit qui prétend représenter la réalité ou des faits vérifiables. Elle peut inclure des récits référentiels ou factuels, mais aussi des œuvres qui utilisent des techniques littéraires tout en restant proches des faits réels. La non-fiction peut aussi désigner des textes qui, tout en étant basés sur des faits, comportent des éléments fictifs ou embellis, comme dans le cas du « roman sans-fiction » ou de l’auto-fiction.
-
Le double sens de non-fiction : peut inclure des récits fictifs ou référentiels. Certains textes, tout en étant référencés comme non-fiction, peuvent comporter des éléments fictifs ou modifiés, ce qui complique la distinction entre fiction et non-fiction.
-
Les enjeux de la frontière entre fiction et non-fiction : concernent principalement les questions juridiques (diffamation, délit d’opinion), historiques (vérité ou manipulation des faits), et esthétiques (légitimité des procédés littéraires). La difficulté réside dans la distinction entre récit inventé et récit basé sur le réel, notamment lorsque la réalité est modifiée ou que la frontière devient floue.
📝 Points essentiels
-
La distinction entre fiction et non-fiction remonte à l’opposition aristotélicienne : la poésie (fiction) ≠ histoire (réalité). Aristote précise que la poésie évoque le possible, tandis que l’histoire relate le réel. Cette distinction a permis de définir la frontière entre récit inventé et récit basé sur des faits vérifiables.
-
La fiction est souvent associée aux romans, mais elle peut aussi concerner des personnages réels entourés d’éléments fictifs. Par exemple, un récit où un personnage historique est placé dans une intrigue inventée reste une œuvre fictionnelle.
-
La distinction est compliquée par la présence d’un double sens de non-fiction, où certains récits mêlent réalité et fiction, rendant difficile la vérification de la véracité. Des œuvres comme le « roman sans-fiction » ou l’auto-fiction illustrent cette ambiguïté.
-
La question de la frontière entre fiction et non-fiction a des implications juridiques, notamment en matière de diffamation ou de vérité historique, ainsi qu’un enjeu intellectuel, car elle influence la perception de la crédibilité et de la légitimité des œuvres.
-
La notion de « récit référentiel » désigne des textes qui se basent sur des références vérifiables dans le monde réel, mais cela ne garantit pas leur véracité, car la fiction peut aussi utiliser des références connues.
-
La critique du reportage dans la littérature s’est développée dans les années 1880, avec l’idée que le reportage pourrait perdre de vue la vision d’ensemble en se concentrant sur des détails, et que la neutralité du journaliste pouvait masquer une subjectivité ou une manipulation.
-
La notion de « roman sans-fiction » ou de « récit vrai » utilisant des techniques littéraires, comme l’illustrent des exemples de Javier Cercas ou Roberto Saviano, montre que la frontière entre fiction et non-fiction peut être floue, voire intentionnellement mélangée pour poser des questions ou explorer des vérités multiples.
💡 À retenir
La frontière entre fiction et non-fiction est complexe et souvent floue, car certains récits mêlent éléments vérifiables et inventés, soulevant des enjeux juridiques, historiques et esthétiques. La distinction repose autant sur l’intention de l’auteur que sur la véracité des faits présentés.
📖 4. Récits d'immersion
🔑 Notions clés & Définitions
Récits d’immersion : Récits où le narrateur s’intègre dans un monde ou une situation pour mieux la décrire, en adoptant une posture d’observation ou de participation directe afin de rendre compte de l’environnement ou des pratiques de l’intérieur.
Journalisme d’infiltration : Méthode journalistique consistant à s’introduire dans un milieu pour recueillir des informations, souvent en adoptant une identité ou un rôle spécifique pour observer et rapporter des faits ou pratiques cachés ou illicites.
📝 Points essentiels
- Les récits d’immersion concernent principalement des situations où le narrateur ou l’enquêteur s’intègre volontairement dans un environnement pour en faire une description fidèle et détaillée, comme dans l’ethnographie ou le reportage de terrain.
- Le journalisme d’infiltration est une technique spécifique où le journaliste ou l’enquêteur pénètre dans un milieu souvent secret ou dangereux (espaces illégaux, prisons, sectes, milieux sociaux difficiles) pour recueillir des informations en se faisant passer pour un membre ou un observateur.
- Ces formes d’immersion sont souvent utilisées par des acteurs variés : journalistes, forces de l’ordre, espions, détectives, sociologues, gardes du corps.
- Les modalités d’immersion incluent des observations ethnographiques ou des voyages lointains, où le narrateur ou l’enquêteur vit ou agit comme les membres du groupe ou dans le lieu étudié.
- La théorie de Malinowski (mentionnée dans le contexte historique) est considérée comme une référence pour l’immersion totale en ethnographie, où le chercheur vit pendant plusieurs années dans la communauté étudiée pour en comprendre les pratiques et la culture.
- La critique de certains anthropologues ou missionnaires souligne que l’immersion n’est pas toujours totale ou désintéressée, pouvant inclure des pratiques de pillage ou de souvenir, ce qui peut biaiser la description ou l’éthique de l’enquête.
💡 À retenir
Les récits d’immersion et le journalisme d’infiltration consistent à s’intégrer dans un milieu pour mieux le décrire ou l’étudier, en adoptant une posture d’observation ou de participation directe, ce qui permet d’obtenir une compréhension plus fidèle et détaillée des environnements ou pratiques explorés.
📖 5. Journalisme d'infiltration
🔑 Notions clés & Définitions
- Journalisme d'infiltration : Technique journalistique consistant à s'introduire dans un milieu pour recueillir des informations, souvent pour révéler des pratiques illicites ou cachées. Il peut aussi concerner d'autres acteurs comme les forces de l’ordre, espions, détectives, ou sociologues (source : contenu source).
- Reportage de guerre : Reportage spécifique qui couvre les conflits armés, souvent avec un regard immersif ou engagé (source : contenu source).
- Récit d’immersion : Récit où le narrateur s’intègre dans un monde ou une situation pour mieux la décrire, souvent par une observation prolongée ou une immersion totale (source : contenu source).
- Infiltration dans les espaces illégaux ou dangereux : Pratique consistant à pénétrer dans des lieux comme prisons, sectes, zones de conflits ou régimes dictatoriaux pour recueillir des informations (source : contenu source).
- Figures d’enquêteur : Personnes qui réalisent des infiltrations, telles que journalistes, forces de l’ordre, espions, détectives, gardes du corps ou sociologues (source : contenu source).
- Modalités d’immersion : Divers modes d’observation ou d’intégration, notamment ethnographiques, voyages lointains, ou immersion prolongée dans un milieu social ou culturel (source : contenu source).
- Ethnographie et enquête de terrain : Méthodes d’observation prolongée sur le terrain, souvent pour comprendre des peuples ou des communautés, avec une immersion totale ou partielle (source : contenu source).
📝 Points essentiels
- Le journalisme d’infiltration est utilisé pour révéler des pratiques illicites, des réalités sociales ou des événements difficiles d’accès, en s’intégrant dans le milieu concerné.
- La pratique s’est développée dans le contexte de reportages de guerre, de catastrophes ou de milieux clandestins, où la présence sur place est essentielle pour une compréhension fidèle.
- La distinction entre immersion ethnographique, enquête policière ou sociologique montre la diversité des acteurs et des méthodes dans ce type d’investigation.
- La critique sur cette pratique, notamment dans les années 1880, soulignait le risque de perte de perspective globale et de confusion entre réalité et fiction, notamment par la sur-immersion ou la tentation de dramatiser.
- La pratique a évolué avec le temps, passant d’une simple observation à une immersion plus profonde, parfois prolongée, pour mieux comprendre et rendre compte des réalités sociales ou politiques.
- La figure du journaliste infiltré ou enquêteur peut aussi se retrouver dans des missions plus secrètes ou clandestines, comme celles des espions ou des forces de l’ordre.
💡 À retenir
Le journalisme d’infiltration consiste à s’introduire dans des milieux difficiles ou secrets pour recueillir des témoignages et révéler des vérités, tout en étant sujet à des critiques sur la véracité et l’éthique de ces pratiques.
📖 6. Histoire du reportage
🔑 Notions clés & Définitions
- Journalisme d’infiltration : Technique où le journaliste s’introduit dans un milieu pour enquêter, en adoptant une posture d’observation ou d’immersion afin de recueillir des informations souvent difficiles d’accès.
- Journalisme infiltré : Pratique journalistique consistant à se faire passer pour un membre du milieu enquêté, souvent pour révéler des pratiques illicites ou cachées, en utilisant une identité fictive ou dissimulée.
📝 Points essentiels
- Le développement de la presse au 19ème siècle a permis l’émergence du reportage, initialement centré sur l’opinion politique, puis intégrant progressivement des descriptions factuelles d’événements et de faits divers.
- La croissance du nombre de journaux et l’apparition de quotidiens ont favorisé la multiplication des reportages, notamment sur le terrain, avec une importance croissante donnée à l’expérience directe.
- La fin du 19ème siècle voit l’essor du reportage photographique et la collaboration entre écrivains et journalistes, renforçant la légitimité du reportage comme genre littéraire.
- La critique se développe dans les années 1880, notamment avec Brunetière (1881), qui voit dans le reportage un danger pour la littérature, craignant que l’accent mis sur le détail et l’immédiateté ne nuise à une vision globale et à la créativité littéraire.
- L’âge d’or du grand reportage se situe entre l’entre-deux-guerres et les années 1950, avec la multiplication de journaux spécialisés, l’utilisation accrue de la photographie, et la publication en livre de reportages.
- La période des années 1960-70 voit l’émergence du New Journalism, avec une remise en question de la neutralité, une mise en avant du dialogue, des points de vue multiples, et une narration plus subjective. Tom Wolfe, Capote, Thompson, et d’autres innovent en intégrant techniques littéraires dans le journalisme.
- La pratique de l’infiltration se diversifie, notamment dans les milieux illégaux, prisons, sectes, ou espaces dangereux, où le journaliste ou l’enquêteur doit adopter une posture d’immersion totale ou partielle pour recueillir des informations sensibles.
- La théorie de Malinowski (20ème siècle) et d’autres anthropologues a permis de formaliser l’enquête ethnographique, où l’immersion prolongée dans un milieu est essentielle pour comprendre ses enjeux, tout en soulignant les risques de pillage ou de décontextualisation.
💡 À retenir
Le reportage, en particulier par le biais du journalisme d’infiltration, s’est développé comme un genre mêlant observation directe, immersion et narration, tout en étant sujet à des critiques sur ses limites éthiques et littéraires. Son évolution témoigne d’un mouvement constant entre recherche de vérité, innovation stylistique et enjeux éthiques.
📖 7. Reportage de guerre
🔑 Notions clés & Définitions
Genre non-fiction : Catégorie littéraire qui concerne des œuvres basées sur des faits réels, vérifiables ou documentés, visant à représenter la réalité (CMCM 14/01/26).
Reportage de guerre : Exemple spécifique de non-fiction, consistant en une enquête ou un récit basé sur des événements de conflit armé, souvent réalisé par des journalistes ou des écrivains engagés (CMCM 14/01/26).
Journalisme d’enquête : Technique journalistique qui consiste à recueillir des informations sur le terrain, souvent dans des contextes difficiles ou dangereux, pour produire un reportage précis et documenté (CMCM 14/01/26).
Non-fiction novel (roman non-fictionnel) : Forme narrative utilisant techniques littéraires tout en restant proche des faits, mêlant art et réalité, popularisée par T. Capote (CMCM 14/01/26).
Récit d’immersion : Technique où le narrateur s’intègre dans un monde ou une situation pour mieux la décrire, souvent utilisée dans le reportage de guerre ou d’autres enquêtes sur le terrain (CMCM 14/01/26).
Infiltration : Modalité d’immersion où le narrateur ou enquêteur s’introduit dans un espace ou un groupe pour observer ou recueillir des informations, souvent dans des milieux illégaux, prisons, sectes ou communautés (CMCM 14/01/26).
Journaliste littéraire : Professionnel qui exerce aussi une activité d’écrivain, dont l’enquête ou le reportage est considéré comme une œuvre littéraire, souvent publié sous forme de livres ou de récits (CMCM 14/01/26).
New journalism : Mouvement journalistique des années 1960-70, caractérisé par une narration non neutre, intégrant dialogues, points de vue multiples, et une subjectivité assumée, influençant la forme du reportage et du récit non-fictionnel (CMCM 14/01/26).
📝 Points essentiels
- Le reportage de guerre est une forme spécifique de non-fiction, mêlant enquête rigoureuse et récit immersif, visant à représenter la réalité des conflits armés.
- La distinction entre fiction et non-fiction repose sur la véracité des faits et l’intention de représenter la réalité, mais cette frontière peut être floue, notamment dans le cadre du roman non-fictionnel ou du récit référentiel.
- La critique sur le reportage dans les années 1880, notamment par Brunetière, soulignait le danger de perdre la vision d’ensemble en se concentrant trop sur les détails du terrain, au détriment d’une compréhension globale.
- Le développement du reportage photographique et de l’enquête sur le terrain a renforcé la légitimité du récit de terrain, tout en faisant évoluer la pratique journalistique vers une forme plus littéraire et immersive.
- Le mouvement du "New journalism" a innové en intégrant dialogues, points de vue multiples, et une narration plus subjective, influençant la manière de raconter les événements de guerre ou autres faits réels.
- La pratique de l’immersion permet d’accéder à des espaces souvent inaccessibles, comme les zones de conflit, prisons ou sectes, pour produire des récits authentiques et détaillés.
💡 À retenir
Le reportage de guerre, en tant que forme de non-fiction, mêle enquête rigoureuse et narration immersive, tout en étant soumis à des enjeux éthiques et esthétiques liés à la frontière entre réalité et fiction.
📖 8. Journalisme infiltré
🔑 Notions clés & Définitions
Journalisme d’infiltration : Technique où le journaliste s’introduit dans un milieu pour enquêter, souvent en se faisant passer pour un membre ou un observateur clandestin, afin de recueillir des informations non accessibles autrement.
Récit d’immersion : Type de récit où le narrateur s’intègre dans un monde ou une situation pour mieux la décrire, souvent utilisé dans le journalisme d’infiltration.
Infiltration : Action de pénétrer clandestinement dans un espace ou un groupe, généralement pour observer ou recueillir des informations, notamment dans des espaces illégaux, prisons, sectes, ou milieux dangereux.
Figures d’enquêteur : Personnes qui réalisent des infiltrations, telles que le journaliste, l’espion, le détective, le garde du corps, ou la sociologie.
Modalités de l’immersion : Divers modes d’infiltration, incluant l’observation ethnographique, le voyage lointain, ou l’intégration dans des espaces spécifiques (prisons, sectes, milieux sociaux).
📝 Points essentiels
- Le journalisme d’infiltration vise à obtenir des informations sur des espaces ou des groupes difficiles d’accès, souvent pour révéler des pratiques illicites ou cachées.
- La figure du journaliste infiltré est souvent associée à des enquêtes longues, où il doit adopter une posture d’observation discrète ou de participation active.
- Les espaces souvent infiltrés comprennent des milieux illégaux, des prisons, des sectes, ou des communautés religieuses ou sociales fermées.
- La pratique d’infiltration peut aussi concerner d’autres acteurs comme les forces de l’ordre, les espions, ou les sociologues.
- La théorie de l’immersion distingue différentes modalités, telles que l’observation ethnographique ou la participation prolongée, avec une attention particulière à la durée et à l’engagement.
- La critique de cette pratique, notamment dans les années 1880, soulève le danger de déformer la réalité ou de mélanger fiction et réalité, notamment par Brunetière qui voit dans le reportage une menace pour la littérature.
💡 À retenir
Le journalisme infiltré consiste à s’immiscer dans des milieux difficiles d’accès pour recueillir des informations authentiques, mais il soulève aussi des enjeux éthiques et de véracité, notamment en ce qui concerne la frontière entre réalité et fiction.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère | Fiction | Non-fiction | Auteur / Référence |
|---|
| Définition | Récit inventé ou imaginé, associé au roman, théâtre, etc. | Récit basé sur des faits réels ou vérifiables | Aristote (Poétique) |
| Objectif | Inventer, divertir, évoquer le possible | Représenter la réalité, informer | Aristote (Poétique) |
| Nature des récits | Imagination, invention, éléments non vérifiables | Véracité, faits réels, références vérifiables | Aristote (Poétique) |
| Techniques narratives | Techniques littéraires, embellissement, invention | Techniques référentielles, documentaires | — |
| Exemple typique | Roman, théâtre fictif | Reportage, autobiographie, récit de voyage | — |
| Complexité de la frontière | Faible, mais parfois floue | Faible, mais parfois floue | — |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre fiction et non-fiction dans un récit mêlant éléments réels et inventés.
- Croire qu’un récit référentiel est forcément véridique, alors qu’il peut comporter des éléments fictifs.
- Assimiler automatiquement le roman à la fiction, sans considérer d’autres formes narratives.
- Oublier que la distinction repose sur l’intention du récit : inventer ou représenter la réalité.
- Confondre la littérature d’idée ou autobiographie avec la triade (poésie, théâtre, roman).
- Négliger la complexité introduite par la technique du « roman sans-fiction » ou de l’auto-fiction.
- Ignorer que la frontière entre fiction et non-fiction a des enjeux juridiques, historiques et esthétiques.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de la triade selon la classification de la littérature.
- Maîtriser la distinction aristotélicienne entre poésie (fiction) et histoire (réalité).
- Savoir que la littérature d’idée, autobiographies, et essais ne font pas partie de la triade.
- Comprendre que la fiction évoque le possible, la non-fiction le réel, selon Aristote.
- Identifier les formes de fiction : roman, théâtre, récits inventés.
- Reconnaître que la non-fiction inclut récits référentiels, documentaires, et factuels.
- Connaître le double sens de non-fiction : récit référentiel ou fictif.
- Savoir que la frontière entre fiction et non-fiction est souvent floue en raison des techniques narratives.
- Être capable d’identifier un récit mêlant éléments réels et inventés.
- Comprendre les enjeux juridiques et esthétiques liés à la distinction fiction/non-fiction.
- Se rappeler que la distinction repose sur l’intention du récit : inventer ou représenter la réalité.
- Connaître la définition de Perroux sur la croissance.