La crise algérienne de 1958, combinée à l’incapacité de la 4ème République à gérer la situation, a été le catalyseur de la transition vers une nouvelle constitution, portée par le rôle central de de Gaulle, qui a permis l’émergence de la 5ème République.
Loi constitutionnelle du 3 juin 1958 : texte fondamental qui modifie la procédure de révision de la Constitution de 1946, permettant l’adoption d’une nouvelle constitution. Elle introduit notamment la possibilité de réviser la Constitution par référendum ou par le biais du congrès à la majorité des 3/5, et établit un cadre pour la mise en place des institutions de la Ve République.
Principes fondamentaux imposés par la loi : ensemble de règles essentielles que la future Constitution doit respecter, telles que le suffrage universel, la séparation des pouvoirs, l’indépendance judiciaire, et la souveraineté populaire. Ces principes assurent la légitimité démocratique et la stabilité institutionnelle.
Comité consultatif constitutionnel : organe composé majoritairement de parlementaires (2/3), chargé d’émettre un avis sur le projet de nouvelle Constitution. Son rôle est central dans la procédure de révision, en proposant un texte qui sera soumis à l’approbation du Conseil des ministres puis au référendum.
Soumission du projet au référendum : étape décisive dans la procédure de révision, où le peuple français est appelé à approuver ou rejeter le texte constitutionnel. La loi du 3 juin 1958 prévoit cette étape pour garantir la légitimité démocratique du changement constitutionnel.
Modification de la procédure de révision de 1946 : la loi de 1958 remplace la procédure initiale, jugée trop complexe, par une procédure simplifiée permettant une adoption plus rapide et plus démocratique, notamment via le référendum ou le congrès à la majorité qualifiée.
La loi constitutionnelle du 3 juin 1958 marque un tournant en permettant une révision plus souple de la Constitution de 1946, notamment en introduisant la possibilité d’un référendum pour valider le texte. Elle modifie l’article 90 de la Constitution de 1946, qui régissait la procédure de révision, en simplifiant les modalités et en élargissant les moyens d’adoption.
La procédure de révision repose sur plusieurs principes fondamentaux : le respect du suffrage universel, la séparation des pouvoirs, l’indépendance judiciaire, et la souveraineté populaire. Ces principes garantissent que la nouvelle Constitution reste fidèle aux valeurs démocratiques.
La mise en place d’un comité consultatif constitutionnel, composé majoritairement de parlementaires (2/3), permet d’émettre un avis éclairé sur le projet de Constitution. Ce comité travaille en lien avec le Conseil d’État, puis ses travaux sont arrêtés en Conseil des ministres avant d’être soumis à référendum.
La procédure prévoit deux voies d’adoption : par référendum ou par le congrès (réunion des deux chambres du Parlement) à la majorité des 3/5. La possibilité d’utiliser l’article 11 pour détourner la procédure classique a été exploitée par Charles de Gaulle en 1962 pour faire élire le président au suffrage universel direct.
La loi du 3 juin 1958 a permis la naissance de la Ve République en établissant un cadre législatif clair pour la révision constitutionnelle, favorisant la stabilité des institutions et la légitimité démocratique du régime.
La loi constitutionnelle du 3 juin 1958 a révolutionné la procédure de révision en France, en introduisant la souplesse nécessaire pour adapter la Constitution aux enjeux politiques tout en garantissant la légitimité démocratique par le référendum ou le congrès.
Procédure officielle de révision : Mode prévu par la Constitution permettant de modifier ses dispositions, impliquant une initiative soit du Président de la République (PR) ou du Parlement, un vote par les deux chambres, puis un référendum ou un vote du Congrès à la majorité des 3/5. (article 89)
Limites à la révision : Restrictions imposées pour préserver l’intégrité du territoire et la forme républicaine du gouvernement, qui ne peuvent faire l’objet d’une révision (article 89). La vérification de la conformité des révisions à ces limites n’est pas assurée par le Conseil constitutionnel, qui est déclaré incompétent pour contrôler la procédure (article 89).
Procédure détournée via l’article 11 : Utilisation de l’article 11 de la Constitution, normalement réservé aux référendums législatifs, pour contourner la procédure classique et modifier la Constitution, notamment pour faire élire le président au suffrage universel direct en 1962. Ce procédé permet d’éviter le vote des deux chambres selon la procédure ordinaire.
Rôle du Conseil constitutionnel : Institution chargée de contrôler la conformité des lois et des révisions constitutionnelles, mais incompétente pour vérifier la conformité des révisions adoptées par l’article 89. Il peut toutefois être saisi pour vérifier la conformité des traités internationaux (article 54) ou des lois organiques (article 61).
Majorité des 3/5 au Congrès : Quorum requis pour adopter certaines révisions constitutionnelles par le Parlement réuni en Congrès, c’est-à-dire en assemblée extraordinaire, à la majorité qualifiée de 3/5 des suffrages exprimés (article 89). Ce mode est utilisé pour des révisions importantes.
La procédure officielle de révision est encadrée par l’article 89 de la Constitution, qui prévoit une initiative par le Président ou le Parlement, un vote dans chaque chambre, puis un référendum ou un vote du Congrès à la majorité des 3/5 pour adopter la modification.
La procédure est complexe pour assurer la stabilité de la Constitution, notamment par la nécessité d’un consensus large (majorité qualifiée). La majorité des 3/5 est requise pour certaines révisions, notamment celles touchant à la forme républicaine ou à l’intégrité du territoire.
La limite à la révision concernant la forme républicaine du gouvernement et l’intégrité territoriale est absolue : ces éléments ne peuvent faire l’objet d’une modification (article 89). La vérification de la conformité à ces limites n’est pas assurée par le Conseil constitutionnel, qui est déclaré incompétent pour contrôler la procédure de révision (article 89).
La procédure détournée via l’article 11 permet d’éviter la majorité des 3/5 et le vote du Congrès, en recourant à un référendum législatif pour faire adopter des réformes majeures, comme l’élection du président au suffrage universel direct en 1962.
La dernière révision date de mars 2024, avec 25 révisions depuis 1958, dont deux ont été adoptées par l’article 11 (1962, 1974), toutes les autres par le vote du Congrès à la majorité des 3/5.
La procédure de révision constitutionnelle combine un processus rigoureux de vote et des limites strictes pour préserver l’intégrité du territoire et la forme républicaine, tandis que l’article 11 offre une voie détournée permettant de contourner ces règles pour des réformes majeures.
Mise en place des institutions stables avec un exécutif fort : Organisation visant à assurer la stabilité politique par la création d’un pouvoir exécutif puissant, capable de gouverner efficacement, notamment par la concentration de pouvoirs dans la figure du président et la réduction des pouvoirs du Parlement (voir chapitre 1).
Rôle du Parlement et limitation de ses pouvoirs : Organisation qui confère au Parlement un rôle législatif, mais limite ses prérogatives, notamment dans la convocation, l’ordre du jour, et la dissolution, afin de renforcer l’exécutif (voir chapitre 1).
Dualisme exécutif : modèle où le gouvernement est responsable à la fois devant le Parlement et le Président de la République, assurant un équilibre institutionnel mais aussi une responsabilité partagée (voir chapitre 1).
Nomination des membres du Conseil constitutionnel et du Sénat : Processus de désignation où le Président de la République nomme certains membres du Conseil constitutionnel après audition par la commission des lois, et nomme les sénateurs, souvent avec un rôle consultatif ou selon des modalités précisées par la Constitution (voir chapitre 1).
Usage des ordonnances pour mise en place des institutions : Procédure permettant au gouvernement, sous autorisation du Parlement, de légiférer par ordonnances pour instaurer rapidement des institutions ou modifier le cadre législatif, notamment lors de la mise en œuvre de la Constitution (voir chapitre 1).
Élection du Président au suffrage universel direct (1962) : Mode d’élection du chef de l’État où tous les citoyens français majeurs votent directement pour leur candidat, renforçant la légitimité démocratique du président. (Référendum de 1962, général de Gaulle)
Conditions d’éligibilité et parrainages (500 signatures) : Critères pour se présenter à l’élection présidentielle : être de nationalité française, avoir au moins 18 ans, ne pas être frappé d’inéligibilité, et obtenir 500 parrainages d’élus issus d’au moins 30 départements, sans dépasser 10% des parrainages par département. (Article 6, Constitution 1958)
Déclaration de situation patrimoniale et d’intérêts : Obligation pour le président candidat ou élu de déclarer ses biens et intérêts afin d’assurer transparence et prévenir les conflits d’intérêt. La Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) en est chargée depuis 2013. (Loi 2013)
Limitation à deux mandats consécutifs : Disposition constitutionnelle adoptée en 2008 limitant le président à deux mandats successifs, permettant une alternance régulière du pouvoir. Un président peut se représenter après une interruption de mandat. (Révision 2008)
Vacance et empêchement du Président : La vacance du pouvoir survient en cas de décès, démission ou destitution. L’empêchement, constaté par le Conseil constitutionnel, correspond à une incapacité durable (maladie grave, perte de connaissance). En cas de vacance ou d’empêchement, l’intérim est assuré par le président du Sénat. (Articles 7 et 12, Constitution 1958)
Intérim assuré par le président du Sénat : Lors de vacance ou d’empêchement, le président du Sénat exerce temporairement les fonctions présidentielles, avec certaines restrictions (dissolution, référendum, nomination au Conseil constitutionnel). (Article 7, Constitution 1958)
Depuis 1962, le président est élu au suffrage universel direct, ce qui confère une légitimité démocratique forte et personnelle, contrairement à l’élection indirecte par le Parlement ou les élus locaux. (Référendum 1962, général de Gaulle)
La procédure d’élection impose des conditions strictes : 18 ans minimum, nationalité française, absence d’inéligibilité, et 500 parrainages d’élus répartis dans au moins 30 départements, avec une limite de 10% par département. Ces parrainages sont publics pour garantir transparence et légitimité. (Article 6, Constitution 1958)
La déclaration de situation patrimoniale et d’intérêts, obligatoire depuis 2013, vise à renforcer la transparence et à prévenir les conflits d’intérêt, dans un contexte de scandales politiques. La Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) en est responsable. (Loi 2013)
La limitation à deux mandats consécutifs, instaurée en 2008, a pour objectif de favoriser le renouvellement du personnel politique et d’éviter la concentration du pouvoir. La possibilité de se représenter après une interruption de mandat est maintenue. (Révision 2008)
En cas de vacance ou d’empêchement, le président du Sénat assure l’intérim, exerçant temporairement les fonctions présidentielles, tout en étant soumis à des restrictions (dissolution, référendum, nomination au Conseil constitutionnel). La procédure est encadrée par la Constitution pour garantir la continuité de l’État. (Articles 7 et 12, Constitution 1958)
Depuis 1962, l’élection du président au suffrage universel direct, combinée à des conditions strictes d’éligibilité et à la limitation à deux mandats, renforce la légitimité démocratique et la stabilité institutionnelle du chef de l’État français.
Évolution de la fonction présidentielle sous De Gaulle : La fonction présidentielle a été marquée par la volonté de renforcer le pouvoir personnel du président, notamment avec la réélection de Charles de Gaulle en 1965, et sa démission en 1969 après l’échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Cette période voit une consolidation du rôle présidentiel, avec une légitimité renforcée par le suffrage universel direct depuis 1962 (après référendum), et une utilisation accrue de l’état d’urgence pour faire face aux crises (2015-2017, 2020).
Usage de l’état d’urgence : Pouvoir exceptionnel permettant au président de prendre des mesures restrictives des libertés publiques en cas de péril imminent. En France, il a été proclamé à plusieurs reprises : après les attentats de 2015 jusqu’en 2017, puis en 2020 durant la crise sanitaire liée au COVID-19. Ces usages illustrent le renforcement de la capacité présidentielle à gérer les crises majeures (voir aussi "Les régimes d’exception").
Réformes majeures modifiant la fonction présidentielle : La transformation du mode d’élection du président en 1962, passant d’un scrutin indirect à un suffrage universel direct, a accru la légitimité démocratique du président. La réforme de 2000 a réduit le mandat présidentiel de 7 à 5 ans (quinquennat), afin de limiter la déconnexion avec la majorité législative et réduire le risque de cohabitation, renforçant ainsi le rôle du président dans l’exécutif.
Renforcement progressif des pouvoirs présidentiels par les successeurs de De Gaulle : Après De Gaulle, ses successeurs ont consolidé le rôle présidentiel par diverses réformes et pratiques, notamment en utilisant davantage l’article 16 (pouvoirs exceptionnels), en renforçant la légitimité par le suffrage direct, et en multipliant les usages de l’état d’urgence pour répondre aux crises sécuritaires et sanitaires.
La démission de De Gaulle en 1969, suite à l’échec du référendum sur la régionalisation, marque une étape importante dans la critique et la limite de ses pouvoirs, mais aussi une reconnaissance de la légitimité du suffrage universel direct (depuis 1962) qui a renforcé la légitimité démocratique du président.
L’usage de l’état d’urgence s’est intensifié sous la Ve République, notamment en 2015-2017 avec la loi de 1955 modifiée, puis en 2020 durant la crise sanitaire du COVID-19. Ces périodes illustrent la capacité du président à mobiliser des pouvoirs exceptionnels pour faire face aux crises, tout en suscitant des débats sur la concentration des pouvoirs.
La réforme du suffrage universel direct en 1962 a transformé la fonction présidentielle en lui conférant une légitimité démocratique forte, permettant au président d’agir avec une légitimité personnelle accrue, notamment dans la conduite de la politique étrangère et de la défense.
La pratique de renforcer les pouvoirs présidentiels s’est poursuivie avec les présidents successifs, notamment par l’usage accru de l’article 16, la maîtrise de la procédure législative et la centralisation du pouvoir exécutif, consolidant le rôle du président comme chef de l’État et chef de l’exécutif.
L’évolution de la fonction présidentielle sous De Gaulle et ses successeurs a conduit à une concentration progressive des pouvoirs dans la main du président, renforcée par la réforme du suffrage direct, l’usage accru des régimes d’exception comme l’état d’urgence, et la pratique d’un pouvoir exécutif fort, consolidant le rôle du président comme acteur central de la Ve République.
Pouvoir législatif exercé par le Parlement bicaméral : La Constitution française prévoit une organisation du pouvoir législatif en deux chambres, généralement l’Assemblée nationale et le Sénat, qui partagent la fonction législative. Cette organisation permet une représentation différenciée des citoyens et des collectivités territoriales. AUTEUR (source) : principe de séparation des pouvoirs.
Rôle limité du Parlement dans la convocation et l’ordre du jour : La Constitution confère au Parlement un pouvoir restreint quant à sa propre organisation, notamment dans la convocation des sessions et la détermination de l’ordre du jour. Ces prérogatives sont souvent exercées sous l’autorité du Président ou du gouvernement, limitant l’autonomie parlementaire. AUTEUR (source) : principes de fonctionnement parlementaire.
Dissolutions de l’Assemblée nationale (1962, 1968, 1980, 1988, 1997, 2024) : La dissolution est une procédure par laquelle le Président de la République met fin prématurément au mandat de l’Assemblée nationale, généralement pour renouveler la majorité ou résoudre une crise politique. Elle peut avoir des conséquences majeures sur la stabilité gouvernementale. AUTEUR (source) : article 12 de la Constitution.
Mandat du Sénat réduit de 9 à 6 ans en 2002 : La durée du mandat sénatorial a été diminuée pour favoriser une meilleure adaptation aux cycles politiques et renforcer la légitimité démocratique du Sénat. La réforme vise aussi à renouveler plus rapidement ses membres. AUTEUR (source) : loi de 2002.
Procédures de contrôle et responsabilité du Parlement : Le Parlement dispose de moyens pour contrôler l’action du gouvernement, notamment par des questions, des commissions d’enquête, et la mise en cause de la responsabilité gouvernementale. La responsabilité politique peut conduire à une motion de censure ou à une mise en cause parlementaire. AUTEUR (source) : principes de la responsabilité politique.
Le Parlement bicaméral exerce un pouvoir législatif partagé, mais ses marges d’action sont souvent limitées par le rôle prééminent du Président et du gouvernement, notamment dans la convocation et l’agenda, tandis que la dissolution de l’Assemblée nationale constitue un levier stratégique pour le pouvoir exécutif.
Domaine de la loi (art 34 de la Constitution) : L'ensemble des matières dans lesquelles le législateur peut intervenir, limité par la Constitution. La loi ne peut traiter que des sujets prévus par cette disposition, sous peine d'inconstitutionnalité.
Limitation du champ législatif au profit du pouvoir réglementaire : La Constitution confère au pouvoir réglementaire (décrets, arrêtés) le soin de préciser ou d'appliquer la loi dans certains domaines, réduisant ainsi le domaine réservé à la loi (voir art 37 de la Constitution).
Évolution du domaine législatif avec les révisions constitutionnelles : Depuis 1958, notamment par la révision de 2008, le domaine de la loi a été précisé et restreint, notamment en limitant ses domaines à ceux expressément énumérés à l’art 34, tout en permettant une certaine flexibilité via la loi organique ou la loi de programmation.
Influence des traités internationaux sur le domaine de la loi : La Constitution prévoit que certains traités ou accords internationaux ratifiés ont une valeur supérieure à la loi (voir art 55), ce qui peut limiter ou orienter le contenu de la législation nationale.
Le domaine de la loi est strictement encadré par la Constitution, qui limite ses matières à celles énumérées à l’art 34, tout en laissant une place importante au pouvoir réglementaire pour l’application pratique, et il est influencé par les traités internationaux ratifiés.
Les procédures législatives ordinaires et référendaires offrent un cadre structuré pour l’adoption des lois, avec une possibilité d’implication directe du peuple via le référendum selon l’article 11, notamment pour des sujets d’intérêt majeur comme l’environnement.
Responsabilité politique du gouvernement devant le Parlement : Obligation pour le gouvernement de rendre compte de sa gestion et de sa politique devant l’Assemblée nationale, pouvant entraîner sa démission ou une motion de censure selon l’article 49 de la Constitution. Elle constitue un principe fondamental de la responsabilité ministérielle, renforcé par la pratique parlementaire et la Constitution.
Premiers Premiers ministres de la 5ème République (Michel Debré) : Michel Debré, nommé en 1958, est considéré comme le premier Premier ministre de la 5ème République, chargé de mettre en place le nouveau régime, notamment en élaborant la Constitution et en assurant la stabilité gouvernementale selon la vision de Charles de Gaulle.
Premières cohabitations (1986, 1993, 1997) : Périodes durant lesquelles le Président de la République et la majorité parlementaire appartiennent à des camps politiques opposés, obligeant le gouvernement à partager le pouvoir entre le Président et la majorité parlementaire, comme en 1986 avec Mitterrand et Chirac, ou en 1993 avec Mitterrand et Balladur, et en 1997 avec Chirac et Jospin.
Procès du sang contaminé en 1999 : Affaire judiciaire et politique concernant la gestion de la crise du sang contaminé par le VIH, qui a mis en lumière la responsabilité du gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, entraînant des débats sur la responsabilité ministérielle et la transparence.
Dissolution de l’Assemblée nationale et ses effets sur la responsabilité gouvernementale : Pouvoir du Président de dissoudre l’Assemblée nationale (article 12), ce qui peut entraîner la chute du gouvernement si une nouvelle majorité ne se dégage pas, ou provoquer une crise politique, en modifiant la responsabilité du gouvernement vis-à-vis du Parlement. La dissolution peut aussi être utilisée pour renforcer la majorité présidentielle ou sortir d’une crise politique.
La responsabilité politique du gouvernement est un principe constitutionnel renforcé par la pratique, permettant à l’Assemblée nationale de censurer le gouvernement via une motion de censure (article 49). La responsabilité peut aussi être engagée par une question de confiance ou une motion de censure déposée par les députés.
Michel Debré, en 1958, a instauré le rôle central du Premier ministre dans la mise en place de la nouvelle Constitution, avec une forte responsabilité du gouvernement devant le Parlement, conformément à la vision gaulliste du régime.
La cohabitation, débutée en 1986, a marqué une période où le Président et la majorité parlementaire appartiennent à des camps opposés, obligeant le gouvernement à partager le pouvoir et à adapter ses stratégies, ce qui a modifié la dynamique de responsabilité gouvernementale.
Le procès du sang contaminé en 1999 a illustré la responsabilité du gouvernement dans la gestion des crises sanitaires, suscitant un débat sur la responsabilité pénale et politique des ministres.
La dissolution de l’Assemblée nationale, utilisée à plusieurs reprises (1962, 1968, 1988, 1997, 2024), a pour effet de provoquer une nouvelle majorité parlementaire ou de renforcer la majorité présidentielle, impactant directement la responsabilité du gouvernement devant le Parlement.
La responsabilité politique du gouvernement devant le Parlement est un pilier du régime démocratique français, pouvant être mise en cause par une motion de censure ou une crise politique, comme lors des cohabitations ou des dissolutions, tandis que les responsabilités pénale et déontologique complètent cette responsabilité en cas de faute ou de manquement.
| Critère | 4ème République | 5ème République | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|
| Origine | Crise de la guerre d'Algérie, instabilité ministérielle | Crise de 1958, rôle central de de Gaulle | Perroux, "Croissance et stabilité" |
| Mode de changement | Révision classique, procédure complexe | Révision simplifiée, référendum ou congrès | Loi constitutionnelle du 3 juin 1958 |
| Pouvoir du Président | Limitée, dépendante du Parlement | Fort, président élu au suffrage universel, pouvoir exécutif renforcé | De Gaulle, "Discours de 1958" |
| Instabilité | Fréquente, gouvernement d’assemblée | Stabilisée, régime présidentiel | Constitution de 1946 vs 1958 |
| Critère | Procédure de révision | Modalités | Limites | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|---|
| Initiation | Président ou Parlement | Référendum ou Congrès | Limites territoriales et forme républicaine | Article 89, Constitution 1958 |
| Adoption | Vote par deux chambres | Référendum ou majorité de 3/5 | Incompétence du Conseil constitutionnel | Article 89, 11 |
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1. Quelle est la fonction principale de la procédure de révision de la Constitution ?
2. Qui est crédité d’avoir formulé la nouvelle fonction présidentielle lors de la transition vers la Ve République en 1958?
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Guerre d’Algérie — origine ?
Crise majeure entraînant la fin de la 4ème République.
Comités de salut public — rôle ?
Contestaient le gouvernement central en Algérie en 1958.
De Gaulle — rôle en 1958 ?
Revenu au pouvoir pour restaurer l’autorité de l’État.
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