Fiche de révision : Les nouvelles perspectives de la représentation picturale

Plan du Cours

  1. Représentation en art occidental
  2. Fonction double de la représentation
  3. Lumière et métaphysique
  4. Perspectives et lumière
  5. Lumière chez Vermeer
  6. Lumière et science optique
  7. Peinture du Nord vs Italie
  8. Tableau comme système de regards
  9. Vision incarnée Merleau-Ponty
  10. Rejet de la représentation par Malevitch
  11. L’espace pictural all-over
  12. Art conceptuel de Duchamp

1. Représentation en art occidental

Notions clés & Définitions

Représentation en art occidental : codage du visible à travers un dispositif de représentation, où le tableau agit comme une fenêtre sur le monde, combinant opacité et transparence (Alberti, Louis Marin).
Tableau comme fenêtre : conception selon laquelle l’œuvre permet d’accéder à une vision du monde, à la fois comme espace opaque (effet d’objet) et comme espace transparent (effet de sujet) (Alberti, Marin).
Opacité et transparence : dualité dans la représentation, l’opacité renvoyant à la réflexion sur soi (auto-représentation) et la transparence à la mimésis, à la capacité de voir à travers l’image (Marin).
Double fonction de la représentation : à la fois réflexive (auto-représentation, effet d’objet) et mimétique (reproduction du visible, effet de sujet) (Chap. 15).
Effet d’objet et effet de sujet : l’image peut être perçue comme un objet autonome ou comme une fenêtre sur un sujet ou un monde (Marin).
Effet de surface et effet de flou dans la peinture de Vermeer : la peinture de Vermeer privilégie une lumière enveloppante, un effet de surface précis, et un flou subtil, notamment par la lumière indirecte, créant une atmosphère intime et détaillée (Vermeer).
Lumière indirecte : technique où la lumière semble provenir d’une source hors champ, diffusant une ambiance douce et enveloppante (Vermeer).
Technique du pointillisme : procédé pictural utilisant de petites touches de couleur juxtaposées pour créer des effets de surface et de flou, notamment dans la peinture de Vermeer (Vermeer).

Points essentiels

  • La représentation en art occidental encode le visible par un dispositif qui agit comme une fenêtre sur le monde, mêlant opacité (réflexive) et transparence (mimétique).
  • La conception de la fenêtre comme espace à la fois opaque et transparent permet de penser la peinture comme un espace de réflexion et de perception simultanée.
  • La double fonction de la représentation permet d’articuler un effet d’objet (l’image comme chose autonome) et un effet de sujet (l’image comme accès au monde ou à soi).
  • La peinture de Vermeer illustre cette dualité par l’usage de la lumière indirecte, d’effets de surface précis et de flous subtils, renforçant l’effet d’intimité et de réalisme.
  • La technique du pointillisme, en juxtaposant de petites touches, accentue l’effet de surface et de flou, contribuant à la perception d’un espace pictural à la fois précis et flou.
  • La lumière joue un rôle central, inscrite dans une tradition métaphysique, où elle devient signe du divin ou de la vérité, mais aussi comme un outil technique pour moduler opacité et transparence.

À retenir

La représentation en art occidental repose sur un dispositif qui encode le visible en mêlant opacité et transparence, permettant de créer des effets à la fois réflexifs et mimétiques, comme illustré par la technique du pointillisme et la lumière indirecte dans la peinture de Vermeer.

2. Fonction double de la représentation

Notions clés & Définitions

  • Fonction double de la représentation : Selon la théorie évoquée, la représentation possède deux rôles complémentaires. Elle établit un lien entre le visible et l’invisible en substituant un présent à un absent, permettant ainsi de relier ce qui est perçu à ce qui ne l’est pas directement (voir source). Elle fonctionne à la fois comme effet d’objet (ce qui est représenté) et comme effet de sujet (la manière dont le sujet perçoit ou se manifeste face à cette représentation). La double fonction implique une opacité réflexive (réflexion sur l’image elle-même) et une transparence mimétique (voir à travers l’image, effet de ressemblance).

  • Spectacularité-spécularité : La fenêtre est conçue comme un miroir, c’est-à-dire qu’elle ne se limite pas à une simple ouverture mais devient un espace de représentation de la représentation elle-même. La fenêtre devient un miroir, reflétant la scène ou le sujet, soulignant la nature auto-référentielle de la représentation (voir source).

  • Rejet de la représentation par Malevitch : Malevitch refuse la représentation figurative traditionnelle, passant à l’abstraction. Il met en infini le vide, sort des codes perspectifs, et privilégie la sortie de la représentation figurative pour explorer l’infini du vide et des formes abstraites (voir source).

Points essentiels

  • La représentation en art occidental a longtemps codé le visible à travers un dispositif, comme une fenêtre ouverte sur le monde, combinant opacité et transparence. Elle relie le visible à l’invisible par la perspective, substituant un présent à un absent par ressemblance ou mimésis (voir source).

  • La double fonction de la représentation consiste à faire à la fois voir un objet (effet d’objet) et à faire apparaître la subjectivité du regard (effet de sujet). Elle oscille entre opacité réflexive (auto-référentielle) et transparence mimétique (voir à travers l’image).

  • La spectaculaire-spécularité évoque cette auto-référentialité où la fenêtre devient un miroir, soulignant la nature de la représentation comme un processus de réflexion sur elle-même.

  • Le rejet de la représentation par Malevitch marque une sortie vers l’abstraction, où le vide devient infini, et les codes perspectifs traditionnels sont abandonnés pour explorer l’infini du non-figuratif.

À retenir

La fonction double de la représentation relie le visible à l’invisible en oscillant entre effet d’objet et effet de sujet, tout en étant auto-référentielle, comme dans la métaphore de la fenêtre-miroir, et marque le rejet de la figuration par Malevitch vers l’abstraction et l’infini.

3. Lumière et métaphysique

Notions clés & Définitions

Lumière comme signe du divin : La lumière a longtemps été associée à la métaphysique et au divin, symbolisant la vérité, la pureté et la bonté, notamment dans la pensée platonicienne où la lumière intelligible est liée au bien et au divin.

Lien entre lumière intelligible et sensible : La lumière est perçue comme un pont entre le monde sensible et le monde intelligible, où la lumière sensible renvoie à la lumière de l’esprit ou de la connaissance, selon une tradition métaphysique.

Beauté supérieure : La beauté dans l’art est reliée à une beauté supérieure, qui dépasse la simple apparence sensible pour toucher une réalité métaphysique ou idéale, souvent associée à la lumière comme signe de cette beauté transcendante.

Vérité dans l’art : La lumière dans l’art est aussi un vecteur de vérité, révélant la réalité profonde ou ultime, en particulier à travers la lumière enveloppante, indirecte, et la technique du clair-obscur.

Lumière chez Vermeer : La lumière enveloppante chez Vermeer crée un effet de surface et de flou, utilisant la lumière indirecte pour donner une impression d’intimité et de profondeur, renforçant la dimension métaphysique de ses œuvres.

Points essentiels

  • La lumière est un symbole métaphysique, représentant le divin, la vérité et la beauté supérieure, notamment dans la tradition platonicienne et plotinienne.
  • La lumière relie le sensible à l’intelligible, incarnant la révélation et la connaissance ultime.
  • Chez Vermeer, la lumière enveloppante, indirecte, et le clair-obscur participent à une mise en scène de l’invisible, créant un effet de surface, de flou, et d’intimité, renforçant la dimension métaphysique de la peinture.
  • La lumière dans l’art ne se limite pas à l’éclairage, elle devient un signe du divin, une manifestation de la vérité et de la beauté supérieure, inscrite dans la technique et la composition.
  • La lumière est aussi un signe de la présence divine ou de la vérité ultime, en lien avec la métaphysique, comme dans la tradition philosophique où elle symbolise la lumière intelligible.

À retenir

La lumière dans l’art est bien plus qu’un simple phénomène optique ; elle est un signe métaphysique, incarnant la vérité, la beauté supérieure et le divin, en reliant le sensible à l’intelligible et révélant l’invisible dans la surface de l’œuvre.

4. Perspectives et lumière

Notions clés & Définitions

Perspectives astrométrique et aérienne : Approches de la construction lumineuse des corps et de l’air, distinguant trois perspectives : lumière, couleur et effacement. La perspective astrométrique se concentre sur la représentation de la distance et de la spatialité par la lumière et la couleur, avec un effacement progressif des contours pour créer une impression de profondeur et d’atmosphère. La perspective aérienne implique une couleur azur pour l’air et des ombres teintées d’humidité, avec des fonds jamais nets, donnant une impression d’infini et d’informe.

Perspective colorée : Construction lumineuse basée sur la différenciation des couleurs, notamment par la touche bleutée et l’imprécision des contours, pour représenter la spatialité et la profondeur. Elle privilégie la couleur comme vecteur de spatialité plutôt que la ligne ou la perspective géométrique.

Construction lumineuse des corps et de l’air : Processus par lequel la lumière enveloppe et modifie la perception des formes et de l’atmosphère, notamment par des effets d’effacement, de flou, et de touche colorée. La lumière ne provient pas d’une source unique mais est diffusée, indirecte, créant une atmosphère intime et mystérieuse.

Effacement des contours : Technique consistant à rendre les contours des formes flous ou indistincts, favorisant une impression d’informe, d’infini ou de vaporisation, en opposition à la ligne nette de la mode florentine. La frontière entre forme et espace devient poreuse, accentuant la spatialité atmosphérique.

L’espace pictural all-over : Glissement vers une spatialité où la ligne d’horizon est rejetée, favorisant une représentation en cube ou collage. La composition s’étend uniformément sur toute la surface, rejetant la perspective classique pour une spatialité sans hiérarchie, plus fluide et ouverte.

Points essentiels

  • La distinction entre perspectives astrométrique, aérienne et perspective colorée repose sur la manière dont la lumière, la couleur et l’effacement des contours construisent la profondeur et la spatialité dans la peinture.
  • La perspective astrométrique et aérienne privilégie la couleur azur et l’humidité pour représenter l’atmosphère, avec des fonds imprécis et des contours flous, évoquant l’infini et l’informe.
  • La construction lumineuse des corps et de l’air implique une touche bleutée, une diffusion de la lumière, et un effacement progressif des contours, créant une atmosphère douce et enveloppante.
  • L’effacement des contours s’oppose à la ligne nette, favorisant une perception plus fluide, informe, et moins hiérarchisée.
  • L’espace pictural all-over rejette la ligne d’horizon, favorise la représentation en cube ou collage, et privilégie une spatialité ouverte, sans perspective classique.

À retenir

Les différentes perspectives lumineuses et colorées modifient la perception de la profondeur en privilégiant la couleur, la lumière diffuse et l’effacement des contours, aboutissant à une spatialité fluide et atmosphérique, notamment dans l’espace pictural all-over.

5. Lumière chez Vermeer

Notions clés & Définitions

  • Lumière enveloppante : type de lumière qui semble entourer la scène ou le sujet, créant une atmosphère intime et douce, comme chez Vermeer.
  • Effet de surface : qualité de la peinture qui met en valeur la texture et la matérialité de la surface, contribuant à la perception tactile et visuelle.
  • Effet de flou : technique ou résultat où les contours et détails sont atténués ou estompés, renforçant la sensation de douceur ou d'intimité, notamment dans les œuvres de Vermeer.
  • Lumière indirecte : lumière qui n'arrive pas directement sur le sujet mais qui est diffusée ou réfléchie, créant une ambiance douce et naturelle, caractéristique des tableaux de Vermeer.
  • Technique du clair-obscur : procédé artistique utilisant des contrastes forts entre lumière et ombre pour modeler les formes et créer une profondeur dramatique.

Points essentiels

  • La lumière chez Vermeer est souvent enveloppante, diffusée et indirecte, comme si elle provenait d’une fenêtre hors champ, ce qui accentue l’effet de surface et de flou.
  • La technique du clair-obscur est utilisée pour modeler les formes et renforcer la perception de profondeur, tout en créant une atmosphère intime.
  • La composition de la lumière chez Vermeer s’inscrit dans une étude de la lumière et de l’ombre, influencée par la science optique, notamment par Kepler.
  • La lumière joue un rôle dans la perception de la texture, de la surface et de l’effet de flou, contribuant à l’effet de surface dans ses œuvres.
  • La lumière dans la peinture de Vermeer participe à une réflexion sur la réalité visible et l’invisible, renforçant la dimension réflexive de ses tableaux.

À retenir

La lumière chez Vermeer est une lumière enveloppante, indirecte, qui crée un effet de surface et de flou, utilisant la technique du clair-obscur pour modeler la forme et renforcer l’atmosphère intime et réflexive de ses œuvres.

6. Lumière et science optique

Notions clés & Définitions

Composition de la lumière : Étude de la nature et des composants de la lumière, notamment sa structure et ses propriétés physiques, en lien avec la réflexion, la réfraction et la dispersion (influence de Kepler).

Rapport entre lumière et ombre : Relation entre la lumière incidente et les zones d’ombre créées par un objet, permettant de moduler la perception de la forme et de la profondeur dans l’espace pictural.

Influence de Kepler : Apport de Kepler dans l’étude de la lumière, notamment sur la composition de la lumière et ses effets optiques, en lien avec la perspective atmosphérique et la construction lumineuse des formes.

Perspective atmosphérique : Technique picturale consistant à représenter la profondeur par la dégradation de la couleur et du détail, influencée par la science optique et la perspective atmosphérique.

Lumière enveloppante chez Vermeer : Lumière diffuse et diffuse qui semble entourer la scène, créant un effet de surface, de flou et d’indirecte, comme si elle provenait d’une fenêtre hors champ.

Effet de surface : Résultat de la lumière qui accentue la texture et la matérialité de la surface picturale, notamment par la technique du clair-obscur.

Effet de flou : Dissolution progressive des contours et des détails pour créer une impression de profondeur ou d’intimité, souvent obtenu par la lumière indirecte et la technique du clair-obscur.

Lumière indirecte : Lumière qui ne provient pas directement de la source mais qui est diffusée ou réfléchie, contribuant à l’atmosphère douce et enveloppante dans la peinture.

Technique du clair-obscur : Contraste marqué entre zones lumineuses et zones sombres pour modéliser la forme, accentuer la profondeur et créer un effet dramatique.

Lumière chez Vermeer : Lumière qui enveloppe la scène, souvent indirecte, avec un effet de surface et de flou, contribuant à une atmosphère intime et détaillée.

Lumière et métaphysique : La lumière comme signe du divin, représentant la lumière intelligible (connaissance, vérité) et sensible (monde matériel), liée à la beauté supérieure et à la vérité dans l’art.

Points essentiels

  • La composition de la lumière dans l’art occidental vise à représenter le visible en utilisant des dispositifs de représentation comme la fenêtre, mêlant opacité et transparence.
  • La perspective, notamment celle influencée par Kepler, permet de relier la lumière à la construction spatiale, notamment par la perspective atmosphérique qui modifie la perception de la profondeur par la couleur et la netteté.
  • Léonard de Vinci et Alberti ont souligné l’importance de la lumière dans la modélisation des formes, avec une attention particulière à l’ombre, qui est considérée comme plus puissante que la lumière.
  • La lumière chez Vermeer est caractérisée par une lumière enveloppante, indirecte, qui crée des effets de surface, de flou et de texture, renforçant l’intimité et la dimension réflexive de ses œuvres.
  • La technique du clair-obscur est essentielle pour modéliser la forme et créer une atmosphère dramatique ou intime.
  • La lumière dans l’art a une dimension métaphysique : elle est signe du divin, lien entre la lumière intelligible (connaissance, vérité) et sensible (monde matériel), incarnant une beauté supérieure.

À retenir

La lumière dans la science optique et l’art est à la fois un phénomène physique et un symbole métaphysique, permettant de modéliser l’espace, d’exprimer la vérité et de relier le visible à l’invisible. Vermeer illustre cette double dimension par une lumière enveloppante, indirecte, qui crée un effet de surface et de flou, renforçant la dimension réflexive et métaphysique de ses œuvres.

7. Peinture du Nord vs Italie

Notions clés & Définitions

Peinture du Nord vs Italie : distinction entre deux cultures picturales, où la culture scientifique et l’accueil de la lumière extérieure caractérisent la peinture du Nord, tandis que la narration et la recherche de l’infini dominent la peinture italienne. La peinture du Nord privilégie une perception scientifique avec une infinité de regards, tandis que l’Italie s’inscrit dans une représentation codée du visible, utilisant le tableau comme fenêtre sur le monde, avec une recherche d’opacité et de transparence.

Culture scientifique (peinture du Nord) : approche basée sur l’observation précise, l’explication et la perception scientifique, notamment par Kepler, qui valorise l’infinité de regards et l’étude de la lumière et de l’espace.

Accueil de la lumière extérieure : dans la peinture du Nord, la lumière naturelle extérieure pénètre dans la scène, accentuant la perception de détails sans hiérarchie, favorisant une vision réaliste et scientifique.

Perception scientifique : manière de voir et représenter le monde en intégrant une approche expérimentale et rationnelle, notamment par l’étude de la lumière, de l’espace et de la surface, comme chez Vermeer ou les peintres hollandais.

Infinité de regards : dans la peinture du Nord, la multiplicité des points de vue et la capacité d’accueillir une infinité de regards participent à une perception ouverte et scientifique du monde.

Représentation en art occidental (dispositif de représentation) : codage du visible à travers un dispositif, où le tableau est considéré comme une fenêtre sur le monde, permettant à la fois l’opacité (réflexive) et la transparence (mimétique). La représentation est une auto-représentation mêlant effet d’objet et effet de sujet.

Tableau comme fenêtre sur le monde : conception selon laquelle l’œuvre picturale ouvre une vue sur la réalité extérieure, en utilisant la perspective pour relier visible et invisible.

Opacité et transparence : dans la représentation occidentale, l’opacité renvoie à la réflexion sur l’objet représenté, tandis que la transparence évoque la capacité de voir à travers l’image, comme une fenêtre ouverte.

Points essentiels

  • La peinture du Nord privilégie une approche scientifique, intégrant l’étude de la lumière, de l’espace et de la surface, avec une perception ouverte et infinie, notamment par Kepler.
  • La lumière extérieure est accueillie dans la scène, ce qui permet un rendu détaillé et une perception sans hiérarchie, contrastant avec la peinture italienne.
  • La culture scientifique du Nord se traduit par une maîtrise de la surface, des textures, et une vision qui accueille la multiplicité des regards, favorisant une perception expérimentale.
  • La peinture italienne, en revanche, s’inscrit dans une représentation codée du visible, utilisant la perspective pour créer une illusion d’infini, avec une recherche d’opacité et de transparence.
  • La représentation en art occidental fonctionne comme un dispositif où le tableau est une fenêtre, mêlant effet d’objet et effet de sujet, avec une double fonction de la surface : réflexive et mimétique.

À retenir

La peinture du Nord se distingue par une approche scientifique et une perception ouverte à l’infini des regards, tandis que la peinture italienne privilégie la représentation codée du visible, utilisant la perspective pour ouvrir une fenêtre sur le monde.

8. Tableau comme système de regards

Notions clés & Définitions

  • Tableau comme système de regards : Organisation du regard dans l’art, où le tableau fonctionne comme un dispositif permettant de voir ou de faire voir, en relation avec la perspective et la position du spectateur. Il s’agit d’un point de vue unique qui organise la relation entre le spectateur et l’œuvre, représentant une connaissance structurée de ce qui est visible ou invisible (d’après Louis Marin).
  • Organisation du regard : Dispositif ou principe qui structure la manière dont le regard est dirigé et organisé dans la perception d’un tableau, notamment par la perspective ou la composition.
  • Point de vue unique : Position privilégiée du spectateur qui, par la perspective ou la composition, voit l’œuvre selon une seule et même organisation du regard, souvent liée à la conception classique de la représentation.
  • Relation entre spectateur et œuvre : Interaction instaurée par la mise en scène du tableau, où le regard du spectateur est guidé ou limité par la structure de l’image, créant un rapport de connaissance ou de dévoilement.
  • Représentation de la connaissance : Fonction du tableau qui, par sa composition, organise la perception pour transmettre une certaine vision du monde ou de la connaissance, en jouant sur la transparence ou l’opacité de l’image.
  • Vision incarnée (Merleau-Ponty) : Perception du corps comme opérateur de la vision, où la vision n’est pas seulement optique mais opération corporelle, impliquant l’entrelacement du visible et de l’invisible (d’après Merleau-Ponty).

Points essentiels

  • Le tableau est conçu comme un dispositif qui organise le regard, souvent selon une perspective unique, pour relier le visible à l’invisible, en créant une relation spécifique entre le spectateur et l’œuvre.
  • La représentation en art occidental a longtemps été codée par un dispositif de perspective, où le tableau fonctionne comme une fenêtre ouverte sur le monde, mêlant opacité et transparence.
  • La double fonction de la représentation est d’être à la fois réflexive (opacité) et mimétique (transparence), permettant de voir à travers l’image tout en étant en présence d’un objet.
  • La lumière a été historiquement inscrite dans une dimension métaphysique, signe du divin, avec une importance particulière dans la perception et la représentation (ex : lumière enveloppante chez Vermeer).
  • La perception du corps, selon Merleau-Ponty, implique une vision comme opération corporelle, où le visible est entrelacé avec l’invisible, et la perception est une réaction du corps, non séparée du sujet.

À retenir

Le tableau comme système de regards organise la perception en structurant la relation entre le spectateur et l’œuvre, où la vision incarnée de Merleau-Ponty souligne que cette perception est une opération corporelle entrelacsant visible et invisible.

9. Vision incarnée Merleau-Ponty

Notions clés & Définitions

Vision comme opération corporelle : Selon Merleau-Ponty, la perception visuelle ne se limite pas à un acte optique mais implique une opération du corps tout entier, où le corps agit comme un organe de perception. La vision est donc incarnée, intégrée à l’expérience sensible du corps.

Perception du corps : La manière dont le corps lui-même est perçu dans l’acte de voir, impliquant une conscience corporelle qui relie le visible à l’invisible, et qui constitue la base de toute expérience perceptive.

Entrelacement du visible et de l’invisible : La perception ne se limite pas au visible, elle tisse un lien entre ce qui est apparent et ce qui ne l’est pas, entre la surface visible et ce qui échappe à la vue, dans une relation dynamique où l’invisible participe à la perception.

Vision comme opération corporelle : La vision n’est pas une simple réception d’images mais une activité qui engage le corps dans une interaction continue avec le monde, où le corps perçoit par ses mouvements, ses sensations et ses actions.

L’espace pictural all-over : Glissement vers une spatialité où la représentation ne se limite pas à une perspective unique ou à une ligne d’horizon, mais s’étend dans toutes les directions. Elle rejette la perspective classique, privilégie la représentation en cube, le collage, et favorise une spatialité sans hiérarchie ni centre fixe.

Points essentiels

  • Merleau-Ponty insiste sur le fait que la perception visuelle est une opération corporelle, intégrée à l’expérience sensible du corps, et non une simple réception d’images passives.
  • La perception du corps implique une relation entre le visible et l’invisible, où l’invisible participe activement à la perception, tissant un entrelacement dynamique.
  • La vision est indissociable du corps, elle se manifeste comme une opération qui engage tout le système sensoriel et moteur, rendant la perception incarnée.
  • L’espace pictural all-over marque une évolution dans la représentation, s’éloignant de la perspective classique pour une spatialité qui englobe toutes les directions, rejetant la ligne d’horizon et la hiérarchie spatiale.
  • Ce rejet de la perspective classique et cette spatialité sans centre reflètent une conception où la perception est une expérience globale, incarnée, et non centrée sur un point de fuite ou une ligne d’horizon.

À retenir

La vision chez Merleau-Ponty est une opération incarnée, où le corps participe activement à la perception, entrelacent le visible et l’invisible, et favorise une spatialité all-over qui rejette la perspective classique.

10. Rejet de la représentation par Malevitch

Notions clés & Définitions

  • Rejet de la représentation par Malevitch : Passage à l’abstraction, abandon des codes perspectifs traditionnels, mise en infini du vide, et sortie de la représentation mimétique du réel. Malevitch privilégie une approche non figurative, centrée sur la forme pure et l’infini du vide.

  • L’espace pictural all-over : Glissement vers une spatialité où la surface de la toile ne se limite pas à une composition centrée ou hiérarchisée. Rejet de la ligne d’horizon, avec une représentation qui couvre toute la surface, favorisant une spatialité continue, sans point focal unique.

  • Rejet de la ligne d’horizon : Abandon de la ligne qui délimite traditionnellement le sol et le ciel dans la perspective classique, permettant une spatialité fluide et sans hiérarchie, favorisant l’unité de la surface picturale.

  • Représentation en cube : Utilisation de formes géométriques simples, comme le cube, pour organiser l’espace pictural, en rejetant la perspective classique et ses codes de profondeur.

  • Collage : Technique ou concept associé à la déconstruction de la représentation traditionnelle, intégrant divers éléments ou formes pour composer une œuvre qui échappe à la représentation mimétique.

  • Rejet de la perspective classique : Abandon des règles de la perspective linéaire et aérienne, favorisant une spatialité non conventionnelle, souvent associée à l’abstraction et à la recherche de l’infini.

Points essentiels

  • Malevitch s’inscrit dans une démarche d’abandon des codes perspectifs traditionnels, pour explorer une forme d’art non figuratif, centrée sur la forme, la couleur et la spatialité infinie.

  • La mise en infini du vide est une réponse à la nécessité de dépasser la représentation mimétique, en favorisant une spatialité qui ne se limite pas à un point de fuite ou une hiérarchie des plans.

  • L’espace pictural all-over traduit cette volonté par une surface sans hiérarchie, où la composition s’étend uniformément, sans ligne d’horizon ni point focal, permettant une immersion totale dans la surface.

  • La représentation en cube et le collage sont des moyens de structurer l’espace sans recourir à la perspective classique, favorisant une organisation géométrique et abstraite.

  • Ce rejet de la perspective classique et de la représentation figurative marque une rupture avec l’art occidental traditionnel, en proposant une nouvelle conception de l’espace pictural, infinie et sans limites.

À retenir

Malevitch rejette la représentation mimétique et la perspective classique pour privilégier une abstraction géométrique, une spatialité infinie et une surface picturale unifiée, incarnant une sortie radicale du réalisme traditionnel.

11. L’espace pictural all-over

Notions clés & Définitions

  • L’espace pictural all-over : Concept selon lequel la spatialité dans la peinture se déplace vers une organisation qui évite la hiérarchie entre le premier plan et l’arrière-plan. Il s’agit d’une représentation où l’espace est uniformément distribué, sans ligne d’horizon ni profondeur traditionnelle, favorisant une composition qui couvre toute la surface du tableau.
  • Rejet de la ligne d’horizon : Abandon de la ligne qui sépare traditionnellement le ciel de la terre dans la composition picturale, permettant une spatialité sans point de fuite.
  • Représentation en cube : Utilisation de formes cubiques ou géométriques pour structurer l’espace, s’éloignant de la perspective classique.
  • Collage : Technique artistique consistant à assembler divers matériaux ou éléments pour créer une composition, contribuant à la dématérialisation de l’espace pictural.
  • Rejet de la perspective classique : Abandon des codes perspectifs traditionnels (linéaire, aérienne, colorée) pour privilégier une spatialité qui ne repose pas sur la construction optique de la profondeur.
  • Glissement vers une spatialité : Transition dans l’art vers une organisation spatiale qui privilégie la surface et la composition globale plutôt que la profondeur illusionniste.

Points essentiels

  • La théorie de l’art évoque un déplacement de la représentation vers une spatialité qui évite la hiérarchie entre les plans, favorisant une composition uniforme (all-over).
  • Ce concept s’oppose à la perspective classique qui construit l’espace par un point de fuite et une ligne d’horizon.
  • La représentation en cube et le collage participent à cette dématérialisation et à la nouvelle organisation spatiale.
  • La spatialité all-over implique un rejet de la ligne d’horizon, ce qui permet une distribution homogène des formes et des couleurs sur toute la surface du tableau.
  • La technique de collage, en assemblant divers matériaux, contribue à cette nouvelle conception de l’espace, en rompant avec la représentation unifiée et hiérarchisée.
  • La glissade vers une spatialité nouvelle favorise une perception où l’espace devient un tout indifférencié, sans profondeur perceptible selon les codes traditionnels.

À retenir

L’espace pictural all-over marque une rupture avec la perspective classique en favorisant une composition uniforme, sans ligne d’horizon ni hiérarchie entre les plans, à travers le rejet de la spatialité traditionnelle, la représentation en cube et l’usage du collage.

12. Art conceptuel de Duchamp

Notions clés & Définitions

Représentation en art occidental : codage du visible à travers un dispositif de représentation, où le tableau agit comme une fenêtre sur le monde, mêlant opacité (réflexive) et transparence (mimétique). La représentation sert à relier le visible à l’invisible, en substituant un présent à un absent par ressemblance ou mimésis (Louis Marin). Elle possède une double fonction : effet d’objet (réel, tangible) et effet de sujet (auto-réflexif, symbolique).

Effet d’objet et effet de sujet : dans la représentation, l’image peut être perçue comme un objet autonome ou comme un miroir de la conscience ou de l’intériorité du sujet.

Effet de surface et effet de flou dans la peinture de Vermeer : Vermeer privilégie une lumière indirecte, créant une surface peinte détaillée avec un effet de surface et un flou subtil, renforçant l’aspect réflexif et intime de ses œuvres.

Points essentiels

  • La représentation en art occidental a longtemps été conçue comme une fenêtre ouverte sur le monde, combinant opacité et transparence, permettant de voir à travers l’image tout en conservant une dimension réflexive.
  • La double fonction de la représentation oscille entre effet d’objet (réalité tangible) et effet de sujet (auto-réflexion, symbolisme).
  • La technique du pointillisme et l’effet de surface dans la peinture de Vermeer accentuent cette idée de surface peinte, où la lumière indirecte et le flou créent une intimité et une profondeur réflexive.
  • La représentation relie le visible à l’invisible, en substituant un présent à un absent, par la ressemblance ou la mimésis, selon Louis Marin.
  • La lumière, dans la peinture de Vermeer, joue un rôle central dans la création d’effets subtils de surface et de flou, renforçant la dimension réflexive et intime de l’œuvre.

À retenir

La représentation en art occidental combine opacité et transparence pour relier le visible à l’invisible, en jouant sur l’effet de surface et de flou, notamment chez Vermeer, afin de créer une dimension réflexive et intime.

Repères chronologiques

DateÉvénement
(Aucune date explicitement mentionnée dans le contenu fourni)

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésConceptsAuteur / Référence
Représentation en art occidentalDispositif de représentation, fenêtre, opacité, transparenceEffet d’objet, effet de sujet, double fonctionAlberti, Louis Marin, Chap. 15
Fonction double de la représentationEffet d’objet, effet de sujet, opacité réflexive, transparence mimétiqueRejet de la figuration, abstractionMalevitch
Lumière et métaphysiqueLumière comme signe divin, vérité, beauté supérieureLumière sensible, lumière intelligible, effet de surfacePlaton, Plotin, Vermeer

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre opacité (auto-représentation) et transparence (mimésis) comme étant des notions opposées, alors qu'elles sont complémentaires dans la représentation.
  2. Assimiler la lumière chez Vermeer uniquement à un éclairage naturel sans considérer son rôle symbolique et métaphysique.
  3. Confondre la fonction double de la représentation avec une simple dualité formelle, alors qu’elle relie le visible à l’invisible.
  4. Croire que Malevitch pratique la figuration, alors qu’il rejette la représentation figurative pour l’abstraction.
  5. Confondre la lumière comme signe du divin avec une simple technique d’éclairage dans la peinture.
  6. Assimiler la fenêtre comme un simple cadre sans percevoir sa fonction métaphorique de lien entre intérieur et extérieur.
  7. Confondre l’effet de surface dans la peinture de Vermeer avec une absence de profondeur, alors qu il s’agit d’un effet de surface renforçant l’intimité.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la représentation en art occidental selon Alberti et Louis Marin.
  2. Expliquer la double fonction de la représentation : effet d’objet et effet de sujet.
  3. Définir l’effet d’opacité et de transparence dans la peinture, avec des exemples.
  4. Décrire la technique du pointillisme et son rôle dans la perception de surface et de flou.
  5. Analyser la fonction métaphysique de la lumière dans l’art, notamment chez Vermeer.
  6. Comprendre la symbolique de la lumière comme signe du divin et de la vérité dans la tradition philosophique.
  7. Expliquer la métaphore de la fenêtre comme espace auto-référentiel et miroir.
  8. Identifier la position de Malevitch concernant la figuration et l’abstraction.
  9. Connaître la notion d’espace pictural all-over et ses implications.
  10. Relier la conception de la représentation à la théorie de Merleau-Ponty sur la vision incarnée.
  11. Définir l’espace all-over dans la peinture et ses caractéristiques.
  12. Maîtriser le rôle de l’art conceptuel de Duchamp dans la remise en question de la représentation traditionnelle.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les nouvelles perspectives de la représentation picturale avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelles sont les causes principales de la remise en question de la fonction de l'œuvre d'art dans l'art conceptuel de Duchamp ?

2. Quelle est la conséquence de la fonction métaphysique de la lumière dans l’art et la philosophie ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les nouvelles perspectives de la représentation picturale avec 24 flashcards interactives.

Représentation en art occidental — définition ?

Codage du visible par un dispositif de fenêtre.

Double fonction de la représentation — rôle ?

Effet d’objet et effet de sujet.

Opacité et transparence — différence ?

Auto-représentation vs mimésis.

Voir les flashcards →

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