📋 Plan du Cours
- Fracture religieuse et humanisme
- Répression de l'Église catholique
- Consolidation du catholicisme
- Diffusion de la Réforme
- Conflit religieux en Angleterre
- Principes de la société utopienne
- Diffusion des idées humanistes
- Portrait de Thomas More
- Organisation utopienne et humanisme
📖 1. Fracture religieuse et humanisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerres de religion (16e-17e siècle) : Conflits sanglants en Europe opposant catholiques et protestants, notamment en France, marqués par des massacres comme celui de la Saint Barthélemy (1572), illustrant la fracture religieuse profonde qui remet en cause l'idéal humaniste de tolérance et de paix.
- Massacre de la Saint Barthélemy (1572) : Épisode majeur des guerres de religion en France, où environ 3 000 protestants sont tués à Paris et dans le royaume, symbole de la violence extrême des conflits religieux.
- Idéal humaniste de tolérance et paix : Aspirations à une société harmonieuse basée sur la connaissance, la culture, et le respect mutuel, clairement contredites par les guerres de religion et la violence qu’elles engendrent.
- Retour aux sources antiques : Principe central de l'humanisme, consistant à se référer aux textes et valeurs de l’Antiquité pour renouveler la pensée et la société, en opposition à l’obscurantisme religieux.
- Recul critique sur la société (humanisme) : Attitude d’analyse et de remise en question des institutions, notamment religieuses, pour favoriser la connaissance et le progrès, face aux conflits et dogmes religieux du XVIe siècle.
- Fracture religieuse (voir section 2) : Séparation profonde entre catholiques et protestants, alimentant les conflits et remettant en cause l’unité religieuse et sociale, malgré l’idéal humaniste de paix.
📝 Points essentiels
- La centralité du livre et le retour aux sources antiques dans l'humanisme favorisent une remise en question des dogmes religieux et encouragent la connaissance rationnelle.
- La fracture religieuse, exacerbée par les guerres de religion (notamment en France avec le massacre de la Saint Barthélemy en 1572), oppose violemment catholiques et protestants, illustrant la contradiction entre l’idéal humaniste de tolérance et la réalité des conflits.
- La violence des guerres de religion, comme le massacre de la Saint Barthélemy, montre que la paix et la tolérance prônées par l’humanisme sont mises à mal par les enjeux religieux.
- Les humanistes, tout en valorisant la culture antique et la critique de la société, doivent faire face à cette fracture qui fragilise la cohésion sociale et religieuse.
- La remise en question des autorités religieuses et sociales par les humanistes constitue une critique implicite des conflits et dogmes qui divisent l’Europe au XVIe siècle.
💡 À retenir
La fracture religieuse du XVIe siècle, illustrée par des événements comme la Saint Barthélemy, remet en cause l’idéal humaniste de tolérance et de paix, révélant la tension entre la quête de connaissance et la violence des conflits religieux.
📖 2. Répression de l'Église catholique
🔑 Notions clés & Définitions
- Condamnation des thèses de Martin Luther (1520) : Décision du pape Léon X de rejeter officiellement les idées de Luther, le déclarant hérétique, et de condamner ses écrits comme contraires à la doctrine catholique.
- Interdiction et brûlage des livres de Martin Luther (à partir de 1520) : Mesure disciplinaire de l'Église visant à empêcher la diffusion des idées protestantes en confisquant et en détruisant ses ouvrages, notamment par le brûlage public.
- Excommunication de Martin Luther (1521) : Sanction ecclésiastique qui exclut Luther de la communauté chrétienne, suite à sa contestation de l'autorité papale et ses doctrines hérétiques.
- Publication de l'Index des Livres Interdits (1564) : Liste officielle de livres prohibés par l'Église, comprenant notamment les œuvres de Luther, Zwingli, Calvin, afin de limiter la lecture des textes considérés comme dangereux pour la foi catholique.
- Mesures disciplinaires contre le protestantisme : Ensemble d'actions de l'Église, telles que l'interdiction, la censure, la persécution, et la répression judiciaire, pour contenir et éradiquer le mouvement protestant naissant.
📝 Points essentiels
- La condamnation des thèses de Luther par Léon X en 1520 marque le début d'une politique de répression systématique contre la Réforme. La bulle Exsurge Domine (1520) condamne ses idées comme hérétiques, ordonnant la destruction de ses livres et la prohibition de leur lecture.
- En 1521, Luther est excommunié, ce qui officialise son exclusion de l'Église catholique et justifie la répression à son encontre. La condamnation de ses œuvres est renforcée par la publication de l'Index en 1564, qui interdit leur lecture et leur diffusion dans toute l'Europe catholique.
- Le concile de Trente (1545-1563) réaffirme la doctrine catholique, condamne les erreurs protestantes, et met en place des mesures pour renforcer la discipline du clergé, tout en maintenant la lutte contre le protestantisme par des mesures disciplinaires strictes.
- La politique de l'Église consiste à associer condamnation doctrinale, censure, et persécutions pour lutter contre la diffusion des idées réformistes, tout en tentant de réformer l'intérieur de l'Église pour renforcer son autorité.
💡 À retenir
La Répression de l'Église catholique, par la condamnation doctrinale, l'interdiction et la destruction des livres, ainsi que l'excommunication, constitue une réponse rigoureuse visant à préserver l'orthodoxie catholique face à la menace protestante, tout en cherchant à contrôler la diffusion des idées hérétiques.
📖 3. Consolidation du catholicisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Conclusions du concile de Trente (1545-1563) : Ensemble de décisions doctrinales et disciplinaires visant à réaffirmer l’autorité de l’Église catholique face à la Réforme, notamment la reconnaissance de la Vulgate comme version officielle, la nécessité d’œuvres pour le salut, et la formation du clergé.
- Pape comme chef suprême de l’Église : Affirmation, lors du concile, que le pape détient l’autorité ultime dans la hiérarchie ecclésiastique, renforçant la centralisation du pouvoir religieux.
- Bible en latin (Vulgate) comme version authentique : Décision du concile de Trente de maintenir la Vulgate comme seule traduction officielle de la Bible, excluant les versions vernaculaires pour éviter des interprétations erronées.
- Salut par les œuvres (voir section 4) : Doctrine catholique selon laquelle le salut s’obtient par la pratique des bonnes actions, en opposition avec la foi seule prônée par la Réforme.
- Création de l’ordre des jésuites (1540) : Fondation par Ignace de Loyola, visant à renforcer l’éducation catholique, la formation du clergé, et la propagation de la foi par l’enseignement et la mission.
- Célibat du clergé : Instruction lors du concile que les prêtres doivent rester célibataires pour mieux servir l’Église et éviter la corruption.
📝 Points essentiels
Les conclusions du concile de Trente (1545-1563), convoqué par le pape Paul III, constituent une réponse doctrinale et disciplinaire à la Réforme protestante. Elles réaffirment la légitimité du pape comme chef suprême de l’Église, la Vulgate en latin comme version authentique de la Bible, et insistent sur le salut par les œuvres, en opposition à la doctrine de la foi seule. Le concile insiste également sur la nécessité d’une formation rigoureuse du clergé, notamment par la création de séminaires (voir section 4), et impose des règles strictes sur la conduite des prêtres, notamment le célibat. La création de l’ordre des jésuites en 1540, sous la direction d’Ignace de Loyola, vise à renforcer l’éducation catholique, la lutte contre l’hérésie, et la propagation de la foi par l’enseignement. La centralisation du pouvoir papal est affirmée, renforçant l’autorité du pape face aux défis de la Réforme. La condamnation des livres protestants, notamment par l’Index des Livres Interdits (1564), illustre la volonté de contrôler la doctrine et de limiter la diffusion des idées hérétiques.
💡 À retenir
Les décisions du concile de Trente ont permis de consolider l’autorité de l’Église catholique, de réaffirmer ses doctrines face à la Réforme, et de mettre en place des mesures disciplinaires et éducatives pour renforcer la cohésion religieuse et lutter contre l’hérésie.
🔑 Notions clés & Définitions
- Diffusion transnationale de la Réforme (XVIe siècle) : Mouvement religieux qui se répand dans plusieurs pays européens, dépassant les frontières nationales, avec des branches principales telles que le calvinisme, l’anglicanisme et le presbytérianisme, influençant diverses catégories sociales et politiques.
- Calvinisme : Branche de la Réforme initiée par Jean Calvin (1509-1564), caractérisée par la doctrine de la prédestination, une organisation ecclésiastique stricte, et une forte influence en Suisse, en France, et dans certains pays protestants.
- Anglicanisme : Forme de protestantisme née en Angleterre sous Henri VIII, marquée par la rupture avec Rome en 1534, avec une liturgie en anglais et une organisation ecclésiastique distincte, visant à une certaine autonomie vis-à-vis du pape.
- Impact social : La Réforme remet en cause l’ordre social traditionnel en Europe, notamment par la remise en question de la hiérarchie sociale et de l’autorité religieuse, entraînant des révoltes paysannes et une aspiration à l’égalité devant Dieu.
- Princes et indépendance : Les princes et souverains européens cherchent à s’affranchir de l’autorité du pape, utilisant la Réforme pour renforcer leur pouvoir politique et obtenir une autonomie religieuse, comme en Angleterre ou en Écosse.
- Égalité des fidèles devant Dieu : La Réforme insiste sur la relation directe entre le croyant et Dieu, rejetant l’intermédiaire du clergé et affirmant que tous les fidèles sont égaux devant Dieu, ce qui favorise la diffusion des idées protestantes dans toutes les couches sociales.
📝 Points essentiels
- La Réforme se diffuse rapidement à partir du début du XVIe siècle, avec un mouvement transnational qui touche l’Allemagne, la Suisse, la France, l’Angleterre, et l’Écosse, entre autres.
- Le calvinisme, fondé par Jean Calvin, s’étend notamment en Suisse, en France (huguenots), et dans certains États allemands, en promouvant la prédestination et une organisation ecclésiastique rigoureuse.
- L’anglicanisme, initié par Henri VIII, se distingue par la rupture avec Rome en 1534, permettant aux princes de contrôler la religion dans leur royaume et de s’émanciper de l’autorité papale.
- La Réforme provoque une remise en cause de l’ordre social traditionnel, notamment par la revendication d’égalité des fidèles devant Dieu, ce qui entraîne des tensions sociales et politiques, notamment chez les paysans et dans la noblesse.
- Les princes cherchent à renforcer leur indépendance face au pape, utilisant la Réforme comme un levier pour s’affirmer politiquement et religieusement.
- La diffusion de la Réforme contribue à la fragmentation religieuse de l’Europe, à la fois sur le plan doctrinal et institutionnel, et influence profondément la société en remettant en question l’autorité religieuse et sociale.
💡 À retenir
La diffusion transnationale de la Réforme au XVIe siècle, à travers ses branches principales, bouleverse l’ordre social et politique en Europe, en affirmant l’égalité des fidèles devant Dieu et en permettant aux princes d’affirmer leur indépendance face au pape.
📖 5. Conflit religieux en Angleterre
🔑 Notions clés & Définitions
- Primauté du pape : La doctrine selon laquelle le pape est le chef suprême de l'Église catholique, au-dessus de toute autorité terrestre, y compris celle du roi. Selon Thomas More, cette primauté est divine et essentielle pour l’unité de l’Église (voir section 5).
- Refus de la reconnaissance de la primauté royale : La position de Thomas More qui refuse d’admettre que le roi d’Angleterre puisse s’arroger une autorité sur l’Église, notamment en matière de mariage et de divorce, en s’opposant à la rupture avec Rome initiée par Henri VIII (voir section 5).
- Conflit religieux entre Thomas More et Henri VIII : La divergence fondamentale entre More, défenseur de l’autorité papale, et Henri VIII, qui veut établir la suprématie du roi sur l’Église d’Angleterre, notamment en rejetant la primauté du pape et en rompant avec Rome pour faire reconnaître son divorce.
- Opposition de More au divorce d'Henri VIII avec Catherine d'Aragon : La position de Thomas More qui s’oppose fermement à la rupture du mariage royal, considérant que le divorce viole la doctrine chrétienne et la primauté du pape, ce qui le conduit à sa disgrâce et à son exécution.
- Rupture politique et religieuse en Angleterre : La transformation de l’Angleterre en un royaume indépendant de Rome, sous Henri VIII, qui rompt avec la papauté pour instaurer l’anglicanisme, marquant une rupture profonde entre la monarchie et l’Église catholique (voir section 5).
📝 Points essentiels
- La contestation de la primauté du pape par Henri VIII, motivée par le désir d’indépendance politique, entraîne une rupture religieuse majeure, symbolisée par la création de l’Église anglicane.
- Thomas More, humaniste et défenseur de l’unité de l’Église catholique, s’oppose à cette rupture, en insistant sur la primauté du pape comme fondement de l’autorité ecclésiastique, ce qui le place en opposition directe avec le roi.
- La position de More est également liée à sa fidélité à la doctrine catholique et à l’autorité divine du pape, en opposition à la souveraineté royale revendiquée par Henri VIII.
- La rupture politique et religieuse en Angleterre sous Henri VIII marque la fin de l’unité religieuse européenne, avec des conséquences durables sur la société, la politique et la religion.
💡 À retenir
Le conflit en Angleterre entre Thomas More et Henri VIII illustre la tension entre l’autorité religieuse du pape et la souveraineté politique du roi, conduisant à une rupture religieuse et politique majeure, symbolisée par la création de l’Église anglicane.
📖 6. Principes de la société utopienne
🔑 Notions clés & Définitions
- Liberté religieuse : Principe selon lequel chaque individu doit pouvoir choisir et pratiquer sa religion sans contrainte ni persécution, comme le préconise THOMAS MORE (1516) dans L'Utopie, où il évoque la liberté de conscience et la tolérance religieuse.
- Interdiction de la violence et du fanatisme religieux : Rejet de toute forme de violence, de persécution ou de fanatisme au nom de la religion, illustré par la critique implicite de l'intolérance religieuse dans la société utopienne, visant à éviter les conflits religieux contemporains.
- Persuasion par la raison et non par la force : Approche éducative et argumentaire pour faire accepter les croyances, en opposition à la violence ou à la coercition, comme le souligne THOMAS MORE dans sa critique de l'intolérance religieuse.
- Tolérance et rejet de l'intolérance religieuse : Attitude d'ouverture et de respect envers toutes les croyances, rejetant la persécution et la haine religieuse, en lien avec la critique implicite des conflits religieux du XVIe siècle.
- Critique implicite des conflits religieux contemporains : La société utopienne, par ses principes, dénonce la violence et la division engendrées par les fanatismes et les conflits religieux de son époque, prônant la paix et la coexistence pacifique.
Point à retenir
La société utopienne, selon THOMAS MORE, repose sur la liberté de conscience, la tolérance, et la persuasion rationnelle, en opposition aux violences et fanatismes religieux qui alimentent les conflits de son temps.
📖 7. Diffusion des idées humanistes
🔑 Notions clés & Définitions
- Retour aux textes antiques : Pratique consistant à étudier, traduire et s'inspirer des œuvres de l'Antiquité grecque et romaine, afin de renouveler la pensée et la culture de la Renaissance, comme le souligne Erasme (1518) dans ses échanges avec Thomas More.
- Centralité de l'étude et du livre : L'humanisme valorise la lecture, l'apprentissage et la circulation du savoir par le biais des livres, notamment grâce à l'imprimerie, qui permet une diffusion plus large et plus rapide des idées, comme le montre l'importance accordée à la traduction de la Bible par Martin Luther (1517-1534).
- Promotion de la culture et du savoir individuel : Insistance sur l'éducation personnelle, la formation intellectuelle et la liberté de conscience, illustrée par Martin Luther (1530) qui cherche à rendre la Bible accessible dans la langue vernaculaire pour favoriser la compréhension individuelle.
- Influence de l'imprimerie : Innovation technique permettant la reproduction massive des textes, facilitant la diffusion des idées humanistes à travers l'Europe, notamment par la publication de traductions, de traités et de correspondances entre humanistes comme Erasme et Thomas More (1518).
- Réseaux de correspondance : Circulation épistolaire entre humanistes européens, favorisant l’échange d’idées, la critique, et la construction d’une pensée commune, comme en témoigne la lettre d’Erasme à Thomas More (1518).
- La « République des lettres » : Espace transnational où les savants, écrivains et humanistes échangent, critiquent et diffusent leurs œuvres, contribuant à la diffusion des valeurs humanistes à l’échelle européenne.
📝 Points essentiels
- La redécouverte et l’étude des textes antiques grecques et romains constituent le socle de la Renaissance humaniste, avec un retour critique à ces sources, comme le prône Erasme (1518).
- La centralité de l’étude et du livre, renforcée par l’invention de l’imprimerie (XVe siècle), permet une diffusion rapide et étendue des idées, notamment par la traduction de la Bible en langue vernaculaire par Martin Luther (1517-1534).
- La promotion de la culture et du savoir individuel se traduit par l’encouragement à l’éducation, à la lecture critique et à la formation personnelle, comme le montre la volonté de Luther de rendre la Bible accessible à tous.
- Les réseaux de correspondance, notamment entre humanistes européens, jouent un rôle clé dans la circulation des idées, la critique mutuelle et la construction d’un espace intellectuel commun, illustré par la lettre d’Erasme à Thomas More (1518).
- La « République des lettres » constitue un espace transnational où se diffusent les valeurs de liberté de pensée, d’esprit critique et de partage de savoir, essentiels à l’esprit humaniste.
💡 À retenir
La diffusion des idées humanistes au XVIe siècle repose sur le retour aux textes antiques, la circulation du savoir par l’imprimerie et les réseaux de correspondance, favorisant une culture centrée sur l’étude individuelle et la critique.
📖 8. Portrait de Thomas More
🔑 Notions clés & Définitions
- Thomas More (1478-1535) : Humaniste catholique anglais, conseiller du roi Henri VIII, défenseur de l’unité de l’Église et de la papauté, opposé à la Réforme luthérienne, incarnant les tensions religieuses et politiques de son temps.
- Humanisme catholique : Courant de pensée qui valorise la foi, la tradition chrétienne, la culture classique, et la réforme interne de l’Église tout en restant fidèle à la doctrine catholique.
- Opposition à la Réforme luthérienne : Refus de Thomas More de reconnaître la légitimité des critiques de Luther, notamment la généralisation abusive des fautes de certains clercs, et la remise en cause de la primauté du Pape.
- Défense de la papauté : Position de More selon laquelle le Pape est le chef suprême de l’Église, et que la primauté du Pape est divine, comme il l’affirme dans ses écrits et ses discours, notamment face aux idées de Luther.
- Tensions religieuses et politiques : Conflits incarnés par More, notamment son refus d’accepter la rupture avec Rome et la primauté royale d’Henri VIII, ce qui le conduit à son exécution pour trahison.
- Critique de Luther pour généralisation abusive : More reproche à Luther de faire une critique généralisée de l’Église en se concentrant sur des abus, tout en ignorant la doctrine authentique, ce qui menace l’unité de l’Église catholique (voir notamment ses réponses en 1523).
📝 Points essentiels
Thomas More, humaniste catholique du XVIe siècle, incarne à la fois l’idéal de la culture classique et la fidélité à l’Église catholique. Son portrait reflète une opposition ferme à la Réforme luthérienne, qu’il critique pour sa généralisation abusive des fautes des clercs et sa remise en cause de la primauté du Pape, qu’il considère comme divine et essentielle à l’unité de l’Église.
Il défend la papauté dans ses écrits, notamment dans ses réponses à Luther, où il insiste sur la nécessité de respecter la tradition et la hiérarchie ecclésiastique. Son engagement le conduit à s’opposer à la rupture politique et religieuse d’Henri VIII, qu’il refuse d’accepter, ce qui lui vaut d’être condamné à mort.
Les tensions incarnées par More illustrent la complexité des conflits religieux et politiques du XVIe siècle, où la défense de l’unité de l’Église se heurte aux ambitions politiques et aux réformes religieuses. Son opposition à Luther repose sur la critique de la généralisation abusive, la défense de la doctrine catholique et la préservation de l’autorité papale, en accord avec l’esprit humaniste de son époque.
💡 À retenir
Thomas More incarne l’idéal humaniste catholique, fidèle à la papauté, et s’oppose fermement à la Réforme luthérienne, incarnant ainsi les tensions religieuses et politiques de son temps. Son engagement témoigne de la lutte pour l’unité de l’Église face aux critiques et aux ambitions politiques.
📖 9. Organisation utopienne et humanisme
🔑 Notions clés & Définitions
-
Organisation utopienne : Modèle de société idéale imaginée par THOMAS MORE (1516), fondée sur la coopération, l'égalité et la liberté individuelle, sans persécution ni fanatisme religieux. Elle privilégie la raison et la tolérance comme principes fondamentaux pour assurer la paix sociale.
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Liberté de conscience : Principe selon lequel chaque individu doit pouvoir choisir et pratiquer sa religion selon sa propre conviction, sans contrainte ni persécution, reflet de l'humanisme et de la critique de l'intolérance religieuse.
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Absence de persécution religieuse : Caractère de la société utopienne qui rejette toute violence ou répression à l’encontre des croyances différentes, en accord avec l'idéal humaniste de tolérance et de respect des différences.
-
Usage de la raison pour le prosélytisme : Approche rationnelle et argumentée pour convaincre ou faire évoluer les convictions religieuses, en opposition à la violence ou au fanatisme, illustrant l'esprit critique et la valorisation de la réflexion propre à l'humanisme.
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Rejet du fanatisme et de la violence religieuse : Refus de toute forme d'extrémisme ou de violence motivée par la religion, considéré comme contraire aux valeurs humanistes de paix, de dialogue et de respect mutuel.
📝 Points essentiels
L'organisation utopienne, telle que décrite par THOMAS MORE (1516), repose sur la liberté de conscience, permettant à chaque individu de croire ou de ne pas croire selon sa propre raison, sans subir de persécutions ou de violences. La société utopienne privilégie la tolérance, en rejetant le fanatisme religieux et la violence qui en découle, ce qui constitue une critique implicite des conflits religieux de son temps. La société utopienne valorise l'usage de la raison dans le prosélytisme, favorisant le dialogue et la persuasion plutôt que la force ou la contrainte. Ce modèle incarne une conception humaniste de la société, où la paix et la cohésion sociale sont assurées par le respect des différences et la recherche rationnelle de la vérité.
💡 À retenir
L'idéal utopien de THOMAS MORE propose une société fondée sur la liberté de conscience, la tolérance et la raison, en opposition aux violences et fanatismes religieux, illustrant la vision humaniste d'une société pacifique et respectueuse des différences.
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions clés | Auteur / Référence | Points importants |
|---|
| Fracture religieuse et humanisme | Guerres de religion, Saint Barthélemy, idéal humaniste de tolérance, retour aux sources antiques | Aucun auteur spécifique | Conflit entre idéal humaniste et violence religieuse, remise en question des dogmes |
| Répression de l'Église catholique | Condamnation de Luther, excommunication, Index des Livres Interdits, mesures disciplinaires | Léon X, Pape Paul III | Politique de lutte contre la Réforme, censure et persécutions |
| Consolidation du catholicisme | Concile de Trente, papauté, Vulgate, salut par les œuvres, ordre des jésuites | Pape Paul III, Ignace de Loyola | Renforcement doctrinal, centralisation du pouvoir, réforme interne |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre la condamnation de Luther (1520) avec l'excommunication (1521) : la première est une condamnation doctrinale, la seconde une sanction ecclésiastique officielle.
- Croire que l'Index des Livres Interdits interdit tous les livres protestants, alors qu'il cible spécifiquement ceux jugés dangereux.
- Confondre la Réforme (XVIe siècle) avec la Révolution française : contexte, enjeux et acteurs très différents.
- Confondre la tolérance humaniste avec la réalité des guerres de religion, qui montrent une opposition entre idéal et pratique.
- Confondre le rôle du pape dans la consolidation du catholicisme avec celui des autorités civiles ou politiques.
- Confondre la Bible en latin (Vulgate) avec les versions en langues vernaculaires, qui seront promues plus tard par la Réforme.
- Confondre la création des jésuites (1540) avec d’autres ordres religieux ou mouvements de réforme.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de la guerre de religion et ses principales manifestations en Europe au XVIe siècle.
- Identifier les événements majeurs de la fracture religieuse en France, notamment le massacre de la Saint Barthélemy (1572).
- Expliquer la position de l'humanisme sur la tolérance et la paix, en lien avec le retour aux sources antiques.
- Décrire la politique de répression de l'Église catholique contre la Réforme, notamment la condamnation de Luther par Léon X et l'Index des Livres Interdits.
- Connaître la date et les principales décisions du concile de Trente (1545-1563) pour la consolidation du catholicisme.
- Identifier le rôle du pape comme chef suprême de l’Église dans la réponse à la Réforme.
- Expliquer la doctrine du salut par les œuvres et sa différence avec la doctrine protestante de la foi seule.
- Connaître la création de l’ordre des jésuites en 1540 et ses objectifs principaux.
- Comprendre le rôle de la Vulgate comme version officielle de la Bible selon le concile de Trente.
- Savoir que la centralisation du pouvoir papal est renforcée par le concile de Trente.
- Connaître la fonction de l’Index des Livres Interdits dans la lutte contre la diffusion des idées protestantes.
- Connaître la définition et le rôle de l'humanisme dans la remise en question des autorités religieuses et sociales.