Fiche de révision : Les relations internationales depuis 1890

📋 Plan du Cours

  1. Fin du concert européen et occidentalisation
  2. Mondialisation financière et impérialisme
  3. Entre-deux-guerres, refondation et SDN
  4. Globalisation interrompue et crise de 1929
  5. Guerre froide, compétition idéologique et nucléaire
  6. Décolonisation et champ stratégique unifié
  7. Bloc soviétique et bloc occidental
  8. Hégémonie américaine et environnement unipolaire
  9. Souveraineté et organisation de la scène interétatique
  10. Anarchie tempérée et société internationale
  11. Coordination, interdépendance et coopération intergouvernementale
  12. Multilatéralisme, autonomie fonctionnelle et contrôle

📖 1. Fin du concert européen et occidentalisation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Occidentalisation du monde : Processus d’universalisation du modèle occidental, porté par l’économie et la diffusion de valeurs présentées comme universelles.
  • Impérialisme : Forme d’expansion où des acteurs économiques influencent directement les orientations diplomatiques des États.
  • Société civile : Ensemble des acteurs non étatiques dont l’influence grandit grâce à l’opinion publique et à l’instruction, notamment au début du XXe siècle.
  • Concert européen : Système de gestion des relations entre grandes puissances européennes fondé sur l’équilibre des forces et la diplomatie.
  • Conférence de Berlin : Réunion de 1885 où les puissances européennes organisent leurs ambitions coloniales en Afrique.

📝 Points essentiels

  • La fin du système bismarckien est associée au départ de Bismarck en 1890 et à l’isolement accru de la France.
  • L’occidentalisation combine une dynamique économique (mobilité des capitaux, finance mondiale) et une diffusion politique (démocratie, émancipation de la société civile).
  • La globalisation financière de la fin du XIXe siècle repose sur l’absence de contrôle étatique des échanges et sur des monnaies convertibles en or.
  • La colonisation est décrite comme un mécanisme d’exportation de capitaux et de création de grands monopoles.
  • Le « jingoïsme » britannique et Jules Ferry en France illustrent des justifications idéologiques de l’expansion fondées sur des hiérarchies de « races ».
  • L’émancipation de la société civile se manifeste par la montée des syndicats et de l’anarchisme, et par des aspirations pacifistes et humanitaires.

💡 Astuce mémo

Occidentalisation = Finance (or + capitaux) + Valeurs (démocratie) + Société civile (école + opinion).

📖 2. Mondialisation financière et impérialisme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Crise de 1929 : Événement économique majeur qui révèle l’insuffisance des réponses publiques et fragilise les États face aux difficultés sociales et industrielles.
  • État providence : Modèle de protection sociale qui vise à amortir les effets de la crise en finançant des dépenses sociales et en soutenant les activités en difficulté.
  • Sécurité collective (SDN) : Principe de la Société des Nations selon lequel la sécurité de chaque État membre est garantie par l’ensemble des autres membres.
  • Pacte de la SDN : Accord fondateur de la Société des Nations qui organise la sécurité collective et prévoit des sanctions décidées par le conseil.
  • Politiques de force : Approche diplomatique fondée sur l’usage de la puissance et la logique de rapports de force plutôt que sur des mécanismes juridiques ou collectifs.

📝 Points essentiels

  • Les États prennent des engagements trop limités pour financer les dépenses sociales et soutenir les entreprises en difficulté pendant la crise de 1929.
  • Les pouvoirs publics sont incapables de répondre efficacement à la crise de 1929, ce qui met en évidence leurs carences.
  • Le New Deal américain et la publication de la thèse de Keynes sont présentés comme des solutions, mais une fracture persiste entre gouvernants et gouvernés.
  • Les traités de paix mal négociés et l’idéalisme de la SDN se heurtent aux rapports de force, ce qui conduit à l’échec de la sécurité collective.
  • Dans la SDN, les sanctions possibles par le conseil exigent l’unanimité, ce qui limite la capacité à agir contre les coups de force.
  • La mise hors la loi de la guerre repose sur l’idée que les États se déclarent contre l’usage de la force pour régler un conflit, mais la SDN ne parvient pas à sanctionner efficacement les agressions.

💡 Astuce mémo

SDN = Sanctions à l’unanimité, donc Coup de force = passe entre les mailles.

📖 3. Entre-deux-guerres, refondation et SDN

🔑 Notions clés & Définitions

  • Configuration unipolaire : Configuration internationale où une seule grande puissance domine durablement l’ensemble du système mondial.
  • Pax americana : Période où la puissance américaine structure l’ordre international après la guerre froide, avec des formes d’action variables.
  • Multilatéralisme dégradé : Forme de multilatéralisme où les États coopèrent seulement de façon sélective, en gardant la main sur les décisions clés.
  • Sécurité globale : Approche de la sécurité qui combine dimensions politiques et militaires avec des critères économiques, sociaux et culturels.
  • Sécurité multilevel : Organisation de la sécurité pensée à plusieurs niveaux, articulant action extérieure et dispositifs internes/collectifs.

📝 Points essentiels

  • Benjamin Constant critique l’idée d’un empire prétendument universel en soulignant qu’il expose la nation à un risque accru.
  • Brzezinski décrit trois exigences pour une grande puissance : domination du continent eurasiatique par une puissance extérieure, exigence de puissance, et hégémonie de valeurs.
  • La mondialisation accélère circulation des capitaux et de l’information, mais s’accompagne de relocalisation des identités et de nouvelles formes de violence.
  • La démocratie libérale et l’économie de marché deviennent des référents universels, même si leur diffusion n’est pas présentée comme une victoire totale et automatique.
  • La conférence de Vienne de 1983 affirme l’universalité des droits de l’homme et des libertés, tandis que les conceptions socialistes privilégient droits économiques et sociaux.
  • Le « socialisme de marché » est adopté par la Chine en 1978, et la crise/dette du tiers-monde conduit en 1982 à un recours au FMI et à la Banque mondiale avec soumission à l’économie de marché.

💡 Astuce mémo

Unipolaire = Eurasie + Valeurs + Puissance (Brzezinski).

📖 4. Globalisation interrompue et crise de 1929

🔑 Notions clés & Définitions

  • Intégrité territoriale : Notion de droit international qui protège l’unité et la stabilité du territoire d’un État contre les atteintes extérieures.
  • Inviolabilité de la frontière : Principe selon lequel la frontière internationale ne peut pas être modifiée par la force, même si elle peut évoluer par accord.
  • Non-ingérence : Principe qui interdit à un État de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un autre État.
  • Égalité souveraine des États : Principe selon lequel tous les États ont la même base juridique de liberté d’action dans la communauté internationale.
  • Souveraineté positive : Idée selon laquelle un État peut maîtriser son destin et l’organisation de ses services publics.

📝 Points essentiels

  • Le droit international interdit l’acquisition de territoires par la force, tandis que la frontière peut bouger par négociation et acceptation.
  • La territorialisation a simplifié la carte ethnique mondiale, mais des frontières artificielles ont généré des tensions régulières (colonies européennes, anciens États socialistes).
  • L’État assure seul ses fonctions régaliennes et décide de ce qui se passe sur son territoire, ce qui rend la frontière « bornante » et donc politiquement sensible.
  • Le principe de non-ingérence est consacré par l’article 2 §7 de la Charte des Nations unies.
  • L’ingérence devient possible dans deux cas : menace contre la paix et non-respect des droits de l’homme.
  • Le droit international reconnaît l’égalité souveraine (art. 2 §1 de la Charte des NU), mais institutionnalise aussi des inégalités de puissance via la composition du Conseil de sécurité.

💡 Astuce mémo

Frontière = pas de force ; Non-ingérence = pas d’ingérence sauf paix menacée ou droits humains violés.

📖 5. Guerre froide, compétition idéologique et nucléaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Patrimoine commun de l’Humanité : Notion de droit international qui vise à traiter certains espaces et ressources comme relevant d’un intérêt collectif plutôt que d’appropriations nationales.
  • Convention de Montego : Traité de 1982 qui organise le régime juridique de la haute mer et encadre l’exploitation des ressources.
  • Club antarctique : Cadre de coopération entre États chargé de gérer l’Antarctique et de le protéger par des règles communes.
  • Dilemme de sécurité : Idée selon laquelle une mesure défensive d’un État peut être perçue comme menaçante par un voisin, alimentant une spirale d’insécurité.
  • Doctrine de la dissuasion nucléaire : Principe réaliste selon lequel la paix peut résulter du fait que l’usage de la force nucléaire est rendu trop risqué pour être rationnel.

📝 Points essentiels

  • La haute mer est organisée par la Convention de Montego (1982) pour encadrer l’exploitation des ressources.
  • L’Antarctique est présenté comme géré par coopération entre États, avec une protection fondée sur un cadre collectif.
  • La littérature réaliste décrit l’État comme rempart contre l’insécurité via le monopole de la violence légitime, en interne comme en externe.
  • Chez Hobbes, le Léviathan justifie l’ordre politique par la force publique contre le peuple, mais l’État n’offre pas une protection absolue.
  • Le dilemme de sécurité (John Herz, 1951) explique qu’un accroissement de la défense peut menacer le voisin, rendant indissociables armes défensives et offensives.
  • Raymond Aron relie souveraineté et pacification en soulignant que la primauté du politique freine l’ascension aux extrêmes et limite la brutalité sans restriction.

💡 Astuce mémo

Sécurité = Défense perçue menace : « je me protège, tu t’inquiètes ».

📖 6. Décolonisation et champ stratégique unifié

🔑 Notions clés & Définitions

  • Guerre juste : Approche de la guerre qui cherche à justifier moralement le recours à la force selon des critères de légitimité.
  • Guerre nécessaire : Approche de la guerre qui justifie le recours à la force par l’inéluctabilité stratégique et les contraintes du moment.
  • Dissuasion nucléaire : Principe selon lequel la menace d’une riposte rend la guerre moins probable et vise à contenir les passions des États.
  • Société monde : Courant qui critique les analyses centrées sur la guerre interétatique et insiste sur la place des échanges transnationaux.
  • Monopole de la violence légitime : Idée réaliste selon laquelle l’État doit concentrer l’usage légitime de la force pour limiter la violence dans l’ordre international.

📝 Points essentiels

  • John Keegan relie la justification du droit à l’excès au politique et à l’État, pour légitimer la violence étatique et délégaliser les manifestations de force.
  • Raymond Aron cherche une conciliation entre guerre juste et guerre nécessaire, en maintenant l’idée que la paix et la force restent liées par des contraintes réelles.
  • Sur le nucléaire, Aron privilégie l’analyse du meilleur instrument de contrôle des passions, et formule l’idée que la paix naît de la guerre plutôt que d’être une ruse de la raison.
  • Les transnationalistes critiquent l’approche réaliste car une grande partie des échanges internationaux ne se fait pas « à l’ombre de la guerre ».
  • Clausewitz est jugé trop abstrait et trop européanocentré, et la guerre n’est pas toujours la poursuite directe de la politique.
  • Lénine et Foucault critiquent l’idée que la guerre reste contrôlable par le politique, car l’ascension aux extrêmes échappe à la maîtrise étatique.

💡 Astuce mémo

Juste vs Nécessaire : Aron fait la jonction; Nucléaire : paix→guerre (dissuasion); Réalistes : force encadrée par l’État (monopole).

📖 7. Bloc soviétique et bloc occidental

🔑 Notions clés & Définitions

  • Désarmement : Le désarmement regroupe des règles visant à réduire ou éliminer des armes afin de limiter la capacité de nuisance des États.
  • Maitrise des armements : La maîtrise des armements vise à ralentir la croissance des arsenaux et à encadrer l’achat d’armes.
  • Droit des conflits armés : Le droit des conflits armés encadre la conduite de la guerre en proscrivant des méthodes ou armes causant des souffrances ou destructions inutiles.
  • Jus ad bellum : Le jus ad bellum règle le droit de faire la guerre, c’est-à-dire les conditions qui rendent l’usage de la force licite.
  • Jus in bello : Le jus in bello réglemente la manière dont la guerre est conduite, indépendamment de la licéité du recours initial à la force.

📝 Points essentiels

  • Les négociations sur les armements apportent des réponses partielles au maintien de la paix car elles ne sont pas universelles et sont difficiles à contrôler.
  • Les armes restent des instruments politiques : même en désarmement nucléaire, des rapports dominant/dominés peuvent persister.
  • Jusqu’en 1987, les armes à détruire concernaient surtout des armes déjà dépassées, ce qui limite l’impact stratégique des accords.
  • Trois types de négos existent : sous l’égide des grandes puissances, régionales, et à caractère universel.
  • Exemple de négociation universelle : le protocole de Genève de 1925 interdit l’utilisation des armes chimiques.
  • Exemple de cadre onusien : la Convention de 1872 interdit les armes bactériologiques et à toxines, et la Convention de 1976 interdit de modifier l’environnement à des fins militaires.

💡 Astuce mémo

Désarmement = réduire, maîtrise = freiner, conflits armés = encadrer la conduite (in bello) et la licéité (ad bellum).

📖 8. Hégémonie américaine et environnement unipolaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Balance of power : Mécanisme d’équilibre où des puissances empêchent qu’une nation impose son hégémonie en soutenant le plus faible.
  • Dissuasion nucléaire : Stratégie de sécurité fondée sur la menace crédible de représailles pour empêcher une agression.
  • MAD : Doctrine de dissuasion par représailles massives où la réponse nucléaire est immédiate et mobilise tout le spectre d’armements.
  • Pax atomica : Modèle de paix par dissuasion nucléaire reposant sur une seconde frappe invulnérable et une vulnérabilité mutuelle acceptée.
  • Traité ABM : Accord qui limite les défenses antimissiles et a été intégré aux accords SALT au début des années 1970.

📝 Points essentiels

  • L’équilibre des pouvoirs vise à préserver le statu quo et à empêcher l’émergence d’une hégémonie imposée par une nation.
  • Le modèle décrit 4 traits : conservateur, défensif et préventif, automatique du côté du plus faible, et instable avec des ententes éphémères.
  • La balance of power est présentée comme un instrument des grandes puissances, surtout mis en œuvre via une diplomatie secrète.
  • La dissuasion nucléaire marque la guerre froide et s’appuie sur des doctrines successives comme MAD (1954) et la riposte graduée de McNamara (1962).
  • Les accords SALT instaurent une parité américano-soviétique sur les armes stratégiques et s’inscrivent dans un dialogue de gestion de l’armement.
  • La pax atomica repose sur une force de seconde frappe invulnérable, l’acceptation d’une vulnérabilité mutuelle, et l’absence de déploiement de moyens défensifs contre les missiles (ABM).

💡 Astuce mémo

Équilibre = « côté du plus faible » ; Dissuasion = « seconde frappe » (pas de bouclier).

📖 9. Souveraineté et organisation de la scène interétatique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Instance consultative : Une instance consultative est un organe qui émet des avis, sans pouvoir contraignant direct, tout en influençant les décisions des États.
  • Conseil de sécurité : Le Conseil de sécurité est l’organe central chargé du maintien de la paix, composé de membres permanents et non permanents, dont la présence limite l’autonomie d’autres organes.
  • Assemblée générale : L’Assemblée générale est l’organe où les États sont représentés et qui élit certains membres d’organes onusiens pour des mandats déterminés.
  • Secrétaire général : Le secrétaire général est le plus haut fonctionnaire de l’ONU, nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.
  • Article 101 §2 de la Charte : L’article 101 §2 fixe les critères de sélection du secrétaire général, en exigeant compétence, intégrité et impartialité.

📝 Points essentiels

  • Le Conseil économique et social est une instance consultative composée de 54 membres élus pour 3 ans par l’Assemblée générale afin d’établir un rapport.
  • Le Conseil économique et social a des pouvoirs restreints mais un domaine d’action étendu, et ses commissions économiques régionales contribuent à former des élites locales.
  • La présence des 5 membres permanents du Conseil de sécurité réduit l’autonomie du Conseil économique et social, montrant la dépendance de l’ONU aux États.
  • Le secrétaire général doit incarner l’organisation et est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.
  • L’article 101 §2 impose au candidat de démontrer les plus hautes qualités de travail, de compétence et d’intégrité, notamment l’impartialité.
  • Les organisations de coopération ont pour fonction de représenter les États et de structurer la coopération, avec peu de pouvoirs contraignants (sauf le tribunal administratif des Nations Unies).

💡 Astuce mémo

CES = Consultatif, Économie, Social : pouvoirs limités mais terrain large; Conseil de sécurité = verrou permanent.

📖 10. Anarchie tempérée et société internationale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Haut-commissariat aux réfugiés : Institution onusienne chargée de la protection des réfugiés, dont l’action dépend fortement des moyens et des demandes qui lui sont adressées.
  • Contributions volontaires des États : Mécanisme de financement où les États alimentent les organisations selon leur décision, ce qui limite l’autonomie et la capacité d’action.
  • Agendas comme instrument de légitimation : Outils de mobilisation internationale qui organisent des priorités sur plusieurs années et servent à donner une cohérence politique aux engagements.
  • Européanisation : Processus d’extension des schémas politiques existants à de nouveaux domaines ou niveaux, en élargissant la portée des politiques.
  • Europification : Expansion continue d’un nouvel espace d’action publique européen, qui transforme progressivement les pratiques politiques.

📝 Points essentiels

  • Les organisations internationales ne remplacent pas la scène interétatique : elles restent des acteurs secondaires, avec une capacité d’adaptation et une visibilité variables.
  • Le HCR apparaît comme un remède aux dysfonctionnements des États et aux lacunes du droit international, mais il ne peut pas absorber toutes les demandes faute de moyens suffisants.
  • Les agendas servent à mobiliser sur le long terme (décennies, semaines, années) et ont une triple utilité : investissement durable, ouverture de nouvelles problématiques, et influence via les majorités à l’AG.
  • Les agendas sont critiqués car ils énoncent des principes trop vagues, répètent des formules généreuses et demandent souvent un soutien aux pays du tiers-monde, ce qui nourrit la défiance des grandes puissances.
  • Les accords internationaux issus des agendas sont souvent à minima : les États doivent respecter leurs engagements, et les consensus portent fréquemment sur des sujets techniques.
  • L’UE est décrite comme un nouvel espace d’action politique, avec un fonctionnement en réseau, sans équivalent direct avec les formes traditionnelles d’action publique.

💡 Astuce mémo

HCR + agendas = “secours” et “cadre” : secours quand les États manquent, cadre quand les États s’accordent au minimum.

📖 11. Coordination, interdépendance et coopération intergouvernementale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Ministres des affaires étrangères de l’UNION : Poste institutionnel de coordination extérieure qui vise à relancer l’unité européenne en matière de défense et de sécurité.
  • Coopérations structurées permanentes : Mécanisme permettant à des États volontaires de coopérer durablement et de façon plus intégrée dans le domaine de la défense.
  • Agence européenne de la défense : Institution créée en 2004 pour coordonner l’investissement industriel lié à la défense.
  • Fonds européen de défense : Dispositif lancé en 2016 pour financer des projets concrets de défense au niveau européen.
  • Coopération structurée permanente : Cadre de coopération de défense réunissant un groupe d’États et orienté vers le financement de capacités et de projets opérationnels.

📝 Points essentiels

  • Le TCE relance l’idée d’une unité européenne en défense et sécurité via la création d’un poste de ministres des affaires étrangères de l’Union.
  • Le vote à l’unanimité aurait permis à un État de bloquer pour des raisons vitales, et le seuil de la coopération renforcée a été abaissé au tiers des États membres.
  • La France et les Pays-Bas ont rejeté le processus, ce qui a conduit à l’échec de la mise en place envisagée.
  • L’article 47 du traité de Lisbonne (2007) reconnaît à l’UE une personnalité juridique, permettant la conclusion d’accords internationaux.
  • Le Haut représentant dépend à la fois du Conseil et de la Commission (vice-président), ce qui rend l’articulation institutionnelle plus complexe.
  • La possibilité de lancer des coopérations structurées permanentes existe, mais la mise en œuvre a été jugée compliquée (échec associé à Catherine Ashton).

💡 Astuce mémo

TCE→Lisbonne: personnalité juridique (art.47) + défense: agences et fonds pour passer de l’intention aux capacités.

📖 12. Multilatéralisme, autonomie fonctionnelle et contrôle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Autonomie fonctionnelle : Notion désignant le fait que des mécanismes internationaux peuvent agir avec une marge propre, sans se réduire à la seule volonté étatique immédiate.
  • Juridictionnalisation des droits de l’homme : Processus par lequel des droits humains deviennent justiciables devant des instances supra nationales, permettant un contrôle des pratiques étatiques.
  • Cour pénale internationale : Institution pénale internationale chargée de juger certains crimes graves lorsque les États ne peuvent ou ne veulent pas le faire.
  • Responsabilité de protéger : Principe selon lequel l’État a d’abord la responsabilité de protéger sa population, et que la communauté internationale peut agir en cas d’incapacité.
  • Humanité : Référent du droit international qui dépasse la seule communauté d’États et renvoie à des valeurs et à une solidarité entre peuples et individus.

📝 Points essentiels

  • Les engagements multilatéraux ont d’abord été marqués par une mise en place lente et une faible contrainte, avec des principes solennels peu assortis d’effets juridiques.
  • La contrainte augmente avec des instruments plus fermes comme les conventions, pactes et protocoles, les dispositions les plus strictes pouvant figurer dans des protocoles soumis à approbation parallèle.
  • Des dérogations fondées sur des coutumes locales peuvent limiter l’application de certains textes, par exemple sur des questions comme l’âge minimum au mariage.
  • L’article 26 de la Convention de Vienne de 1969 impose une logique de bonne foi dans le processus traité, notamment lors de la ratification et de la remise des documents.
  • La Conférence de Vienne de 1993 marque un tournant avec l’idée d’un caractère universel des droits de l’homme et une conception libérale et individualiste.
  • Le développement du droit commun international réduit la compétence nationale exclusive en matière de droits de l’homme, en permettant à l’individu de se prévaloir de droits liés à sa personne.

💡 Astuce mémo

Traités d’abord mous → protocoles plus durs → contrôle via juges (CPI) quand l’État carence.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1890Départ de Bismarck, fin de la primauté du système bismarckien et isolement accru de la France
1885Conférence de Berlin, organisation des ambitions coloniales en Afrique
mai 1968(Aucune date verbatim correspondante dans le contenu source fourni)

📊 Tableaux de synthèse

Périodes et configurations du système international

PériodeCadre dominantLogique de lecture
Jusqu’à 1ère guerre mondialeFin du concert européenOccidentalisation et mondialisation financière/impérialisme
Traité de Versailles – 2nde WWEntre-deux-guerresFragmentation, crise de 1929, refondation et SDN
Guerre froideBipolaritéCompétition idéologique et nucléaire, interdépendance
Monde contemporain après-guerreHégémonie américaine puis post-américaineUnipolarité, multilatéralisme dégradé, gouvernance globale

SDN vs ONU : sécurité et maintien de la paix

OrganisationPrincipeLimite/échec
SDNSécurité collective (art. 11 du Pacte)Sanctions à l’unanimité et incapacité à sanctionner efficacement les coups de force
ONUMaintien de la paix (opérations)Non-ingérence et neutralité difficiles à respecter dans les conflits asymétriques

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre occidentalisation (finance + diffusion politique) et simple “occidentalisation culturelle” : le cours insiste sur l’articulation économique et politique.
  2. Croire que la SDN garantit automatiquement la sécurité : le texte souligne l’unanimité et l’impossibilité de sanctionner efficacement.
  3. Mélanger jus ad bellum et jus in bello : le premier encadre la licéité de recourir à la force, le second la conduite de la guerre.
  4. Penser que la souveraineté signifie absence totale de contraintes : le cours montre égalité juridique mais aussi institutionnalisation d’inégalités de puissance.
  5. Réduire la sécurité au militaire : la “sécurité globale” inclut dimensions politiques, économiques, sociales et culturelles.
  6. Croire que les organisations internationales remplacent l’État : le cours insiste sur leur rôle secondaire et leur dépendance aux États (budgets, initiatives encadrées).
  7. Confondre “société-monde” et “monde westphalien” : la première met l’accent sur les échanges transnationaux et l’humanité, le second sur l’ordre interétatique territorial.

✅ Checklist Examen

  1. Identifier l’objet des relations internationales et la rupture méthodologique avec l’histoire diplomatique et le droit international (analyse sociologique, rôle de la puissance).
  2. Expliquer pourquoi le choc de 1989 met en défaut les grilles de la discipline et comment il faut intégrer ordre interne/désordre extérieur et transformation de la violence.
  3. Décrire l’occidentalisation : universalisation du modèle occidental, mondialisation financière (or, convertibilité, absence de contrôle étatique) et diffusion des valeurs (démocratie, société civile).
  4. Relier mondialisation et impérialisme : affranchissement des acteurs économiques influençant les orientations diplomatiques, et colonisation comme exportation de capitaux/monopoles.
  5. Exposer les résistances à l’universalisation : justifications idéologiques (races supérieures), oppositions religieuses et identitaires, et exemples du cours (Jules Ferry, Meiji, Pékin 1900).
  6. Maîtriser l’entre-deux-guerres : fragmentation du marché mondial, crise de 1929, rupture idéologique (révolution russe, pacte germano-soviétique 1939) et crise de l’État (carences publiques, État providence/New Deal/Keyn
  7. Expliquer l’idéalisme de la SDN (sécurité collective, pacte, mise hors la loi de la guerre, désarmement, arbitrage) et les politiques de force (Versailles, échecs, coups de force, abandon du désarmement).
  8. Présenter la guerre froide : champ stratégique unifié, nucléaire (dissuasion, riposte graduée, pax atomica), bipolarité (blocs, non-intervention, communication) et compétition/coexistence pacifique.
  9. Décrire l’hégémonie américaine et l’environnement unipolaire : démocratie libérale/économie de marché comme référents, multilatéralisme dégradé, et déplacement des rivalités vers l’économique.
  10. Expliquer la souveraineté dans la scène interétatique : éléments constitutifs (population/citoyenneté, territoire/intégrité et frontière, organisation interne/non-ingérence) et égalité juridique vs inégalités de fait.
  11. Maîtriser le monde westphalien : expansion du modèle étatique, diffusion du droit public européen, centralité de l’État et limites (déterritorialisation, murs, exceptions Antarctique/haute mer).
  12. Connaître la régulation juridique et les instruments : droit international (coordination), régimes internationaux (principes/normes/règles/procédures), désarmement/maîtrise/conflits armés (ad bellum/in bello) et règ. pac
  13. examChecklist2?

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Les relations internationales depuis 1890 avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel trait caractérise le mieux l’occidentalisation du monde au tournant du XXe siècle ?

2. Que désigne le terme 'occidentalisation du monde' dans le contexte de la fin du concert européen et occidentalisation?

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Mémorisez les concepts clés de Les relations internationales depuis 1890 avec 9 flashcards interactives.

Occidentalisation du monde

Processus d’universalisation du modèle occidental.

Occidentalisation du monde

Universalisation du modèle occidental par économie et valeurs.

Mondialisation financière

Expansion sans contrôle étatique des capitaux et monnaies.

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